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Exposition LES MAITRES DU DESORDRE – Musée du Quai Branly Paris

L’exposition Les Maîtres du désordre offre un ambitieux dialogue entre oeuvres ancestrales et créations contemporaines.
Un parcours foisonnant autour de la question du désordre, des tensions entre ordre et chaos et entre forces bénéfiques et esprits destructeurs.

Le titre volontairement énigmatique peut ralentir plus d’un intrépide amateur d’art.
Quid du désordre?
à l’entrée de l’exposition du Musée du Quai Branly, quelle thématique pourrait bien nous écraser de toute la réflexion qui l’accompagne?

Chant des ourses de Julien Salaud
Bois, acrylique, clous coton
Oeuvre créée pour l’exposition Les Maîtres du Désordre

Si les sujets du rite, du chamanisme ou du chaos à l’échelle d’une petite communauté ne semblent pas de prime abord des questions fondamentales de notre existence si ce n’est les catastrophes naturelles ou les conflits humains.
Et force est d’apprécier que la structure décharnée de la scénographie invite à un éclairage saisissant sur des pièces chargées d’histoires et de croyances qu’il nous est donné d’entrevoir.

Prêtre Brahmane Pedanla
Bali, Indonésie

A partir de l’énoncé d’un désordre inhérent au monde permettant en quelque sorte de saisir l’équilibre fragile d’une vie, le parcours s’arrête sur l’imperfection. Face à ce constat, l’homme va chercher à apprivoiser soit le mauvais génie, soit l’esprit du mal avec force d’inventions.

Masque de chamane, population tlingit Etats-Unis
(1840-1860)

Dans cet ensemble de moyens de conjuration, le chamane apparaît comme une des figures orchestrant un dialogue avec les esprits à apaiser.
Dans certains pays, le chamanisme devient une danse et un véritable rite, comme le vaudou.

Costume de Sourvaskar
Bulgarie, avant 1990

 Dans ce parcours foisonnant et sonore – les vidéos retentissent de rugissements ou autres hurlements – les oeuvres de Picasso, d’Annette Messager, de Ben ou encore de Cameron Jamie viennent affirmer leur filiation avec les questionnements anciens.

La dernière salle offre un concentré chaotique de propositions contemporaines décalées, provocatrices et étrangement régressives.

Exposition Les Maîtres du Désordre
Musée du Quai Branly
Jusqu’au 29 juillet 2012

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LABYRINTH OF MEMORY : installation incroyable de Chiharu Shiota à la Sucrière Lyon

 Jusqu’au 31 juillet, les visiteurs de la Sucrière sont invités à une déambulation originale composée de 600 km de fil de laine 100% acrylique. Spectaculaire, l’installation ouvre sur un univers spectral et suspendu.

Certains avaient peut-être déjà croisé les toiles d’araignées noires de Chiharu Shiota déployées à la Maison Rouge à Paris ou dans un écrin réduit à la taille d’une maison de poupée aux Musée des Beaux-Arts de Lyon lors de la présentation de la collection d’Antoine De Galbert, intitulée Ainsi soit-il.

Jamais encore en France, la toile tissée par l’artiste japonaise n’aura trouvé une telle ampleur qu’au 3e étage de la Sucrière. Après une commande de la direction artistique du lieu, il aura fallu 1 mois d’installation dont 2 semaines de tissage pur mené par une équipe de 10 personnes.

Et à l’entrée, l’œuvre radicale portée par la blancheur immaculée de 12 robes du styliste lyonnais Mongi Guibane, suspendues émergeant d’une nuée de fils, envahie le champ visuel du visiteur. Aucune sortie de secours, le rapport à l’œuvre est frontal. Les allées de chaque côté de la scénographie centrale forment des tunnels où pourrait se nicher tout type d’insecte plus ou moins attentionné.

A la manière d’une Yayoi Kusama qui aime envahir des espaces clos de ses pois pour mieux perdre le visiteur dans une dimension inédite, Chiharu Shiota crée une proposition plastique immersive et obsédante. Difficile de prendre la décision de s’extirper de ce cadre de contemplation unique.

Sur le livre d’or, l’œuvre ne laisse aucun visiteur indifférent. On peut y lire par exemple: « Introspection, j’ai gagné ma journée. » La contemplation a un pouvoir d’inspiration et de transcendance que l’on est loin d’imaginer.

Et pour celles et ceux qui aimeraient en rapporter un bout. Le 31 juillet, le public est convié à venir armé d’une paire de ciseaux pour emporter quelques fils de laine. Infos et inscriptions à l’accueil de la Sucrière.

Labyrinth of Memory de Chiharu Shiota
Jusqu’au 31 juillet
Du mercredi au dimanche 11h à 18h

La Sucrière
49-50 quai Rambaud
69002 Lyon

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Grande Halle de la Villette : The Big Show Decouflé avec PANORAMA, OPTICON et SOLO

Philippe Decouflé à la Villette!

Pour les passionnés de danse contemporaine joyeuse et euphorique, les curieux de tous poils et les amateurs d’installations interactives, le show Decouflé qui vient d’envahir la Grand Halle de la Villette va vous retourner.

Alors qu’Octopus, son dernier spectacle à succès, n’en finit plus de jouer les prolongations et qu’il sera de retour au Théâtre de Chaillot en décembre, le chorégraphe quinqua s’offre un terrain de jeu pendant plus d’un mois.

Pour commencer, OPTICON: une exposition rétrospective et expérimentale.


Une entrée dans les grandes heures de la foisonnante inspiration du chorégraphe.  Dessins de sa main, costumes de scène, photographies (de spectacle, coulisses et tournées), maquettes de décors. Croquis pour un clip du groupe New Order qui continue de le diffuser lors de ses concerts.  Souvenirs d’un événement ayant fait basculer Decouflé dans le gigantisme: les cérémonies des JO d’Albertville.
C’était en 1992 et les enfants et ados de l’époque s’en souviennent encore.

Passé ce premier sas, les plus drolatiques attractions vont vous conduire dans des jeux de perspectives et d’illusions optiques.
Le parcours, dense en expériences en tout genre et pas de danse, force le visiteur à se désinhiber, à jouer de son corps face aux autres.
Vous serez surpris de vous faire prendre au jeu du Plasma japonais, de l’hexaboite noire ou du kaléidoscope gratuit.
Demandez le guide: la comédienne Julie Ferrier parcourrait les allées certains week-ends. Mais chut…

Pour continuer deux spectacles.

PANORAMA : une création à partir d’un patchwork de pièces diverses de la longue carrière du directeur artistique de la Compagnie DCA. Des oeuvres de jeunesse comme Jump et quelques valeurs sures, comme ce duo d’amoureux porté par des élastiques.
Dans un premier temps, déroutant car aucun lien n’unit les extraits d’oeuvres, les uns les autres, le spectacle séduit doucement entre instants de poésie pure, de savoureuses lenteurs et de délicieuses folies surréalistes.
Le décor rappellera à certains le spectacle culte Shazam! avec l’arche métallique et les coulisses apparents. Alors que d’autres, cherchent et décortiquent le spectacle auquel appartient chaque extrait.
Pour les connaisseurs de la Compagnie DCA, ce jeu peut vite décontenancé.

Le second rendez-vous chorégraphié débutera le 4 juillet.
SOLO: une reprise d’un spectacle crée il y a quelques années.
Alors que certains solos sont parfois prodigieusement désastreux comme Le Funambule d’Angelin Preljocaj, celui de Philippe Decouflé est un modèle du genre. Mélangeant projections, jeux de mains et pas de danse, audace et moments d’intenses émotions, le chorégraphe se dépouille de tout artifice et d’exercice de facilité.
Il n’est pas forcément tendre avec ce corps vieillissant et pourtant l’alchimie est intense en émotions.

Compagnie DCA – Philippe Decouflé
Deux spectacles: Panorama et Solo
Une exposition Opticon

Grande Halle de la Villette
Jusqu’au 15 juillet 2012

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MOMUMENTA 2012: Excentrique(s) de Daniel Buren au Grand Palais – Spectacle addictif

Après l’immersion gonflée d’Anish Kapoor en 2011 et son Léviathan toujours aussi obsédant une année plus tard, il semblait impossible au public fidèle du rendez-vous Monumenta de pouvoir être étonné une nouvelle fois par une toute autre proposition spatiale.

Et pourtant, Daniel Buren produit un spectacle absolument addictif fait de couleurs et de lumières dans la nef du Grand Palais.
377 cercles de couleur portés par 1300 pieds composent une sorte de forêt ou de prairie. Pour une expérience à vivre de jour comme de nuit.
De jour, les rayons jouent avec les reflets de couleur. De nuit, ce sont les projecteurs parcourant la Nef qui créent des jeux de lumière fugaces.

Lieu d’expérimentation pour les visiteurs. Faisant partie de l’oeuvre, le public a pleine liberté de points de vue dans ce terrain de jeu plastique. La conception du parcours permet ainsi de multiplier les surprises. Après la première immersion à votre entrée, la vue saisissante sur le dôme du Grand Palais grâce aux miroirs installés au sol ne laissera aucun photographe amateur insensible.
Il n’est pas rare de croiser des groupes d’amis se tirant le portrait debout ou couchés à même le verre. Tandis que d’autres prennent la pose pour une séance photo fashion.

D’ailleurs, le public est invité à partager ses clichés les plus créatifs pour la section PHOTOGRAPHIER MONUMENTA mise en ligne sur le site officiel et le Tumblr.

Véritable évènement, Monumenta 2012 est aussi hautement attractif pour tout touriste et autre artiste étranger de passage à Paris, bien renseigné. Comme ici Jake Shears. Alors en pleine promotion du dernier album Magic Hour des Scissor Sisters, le leader du groupe n’a pas hésité à se faire tirer le portrait couché sur le miroir central. Photo ensuite partagée avec ses followers on twitter.

Excentrique(s) Travail in situ
Monumenta par Daniel Buren

Au Grand Palais
jusqu’au 21 juin 2012

Tous les jours sauf le mardi
De 10h à 19h le lundi et le mercredi
Et de 10h à minuit du jeudi au dimanche

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Galerie Intuiti Paris: Exposition SUNSHINE – first solo show de l’artiste Pierre-Loup Auger PROLONGATIONS

20 ans. L’artiste Pierre-Loup Auger n’a que 20 ans.
Autodidacte, il avoue avoir réellement débuter le dessin il y a 2 ans.
Alors qu’il poursuit des études d’art à Bruxelles et après une participation à une expo collective au Musée en Herbe en 2011, la Galerie Intuiti a choisi de braquer les projecteurs sur ce jeune homme et de présenter ses premières oeuvres.

Les passionné(e)s de graff se souviennent sans doute d’avoir croisé son coup de crayon à la soirée Street Kube Volume 2, qui s’est tenue le 20 mars dernier, passage Ruelle dans le 18e.
Sous les yeux d’invités curieux, bruyants et divertis par les propositions exposées au sein du Kube Hôtel, Pierre-Loup s’était attelé, studieux, le casque d’Ipod sur les oreilles sur une toile blanche.

L’oeuvre conçue en plein air, dans une fraîcheur toute nocturne, est exposée dans la rue des Coutures St Gervais, depuis le 26 avril.

Ce qui frappe chez ce jeune artiste c’est la précision du trait. Lors de l’exécution de la toile, la concentration était totale, malgré les nombreuses paires d’yeux qui se sont penchées sur son travail.
Malgré un ou deux verres de cocktail, l’amateur n’a pas pu être insensible à la maîtrise de Pierre-Loup Auger qui joue de son feutre noir comme d’autres de leurs bombes aérosol.


Et avouons que l’oeil bienveillant de Christophe de la Galerie Intuiti a commis un sans faute en exposant ce premier ensemble de toiles en noir et blanc.
Aucun titre donné aux oeuvres. L’interprétation est laissée à la libre appréciation de chaque visiteur.
C’est pour cela que l’équipe du blog se gardera bien de tout commentaire.


Une chose est sûre c’est que la cohérence de l’univers figuratif impressionne. Les références sont nombreuses, comme ici où l’on peut croiser sur une même toile Mister Jack de Tim Burton, la silhouette chapeautée made by André (graffeur et figure du Baron) que le Père Noël. Pas de thème à proprement parler, mais une composition faite d’une multitude de portraits.
Pour un résultat qui excite l’oeil en manque cruel de nouvelle sources de narration ambitieuses dans l’art contemporain.

Vous aurez compris qu’il faut s’approcher pour apprécier le travail du dessinateur. Car les sensations fortes sont aussi bien dans la vue d’ensemble que dans le détail.

A noter, pour célébrer cette première expo solo un tirage d’art est édité à 30 exemplaires seulement.
Plus d’une dizaine a déjà été réservée. Il faut faire vite.

Il est sûr que l’esprit de Picasso qui fait face à la galerie augure du meilleur pour la jeune carrière de ce prodige de la toile.

Exposition SUNSHINE de Pierre-Loup Auger
Galerie Intuiti
16, rue des Coutures St Gervais – 75003 Paris

Prolongations jusqu’au 23 mai 2012

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Exposition événement et évolutive : WILLEM PRESIDENT ! au Point Éphémère @Paris

Au soir du 6 mai 2012, la France risque de changer de couleur politique.
Mais pas seulement. La source d’inspiration d’un de nos plus talentueux dessinateurs satiriques de presse risque aussi d’arborer un nouveau visage.

Les 5 années de présidence de Sarkozy ont fourni un formidable terreau à l’humour de Willem, dans les colonnes du journal Libération.
Pour fêter ces années fastes en détournement, mauvais esprit, provocations et surréalisme aigu et aussi pour ne rien oublier des excès de notre hyper président, le Point Éphémère invite à se replonger dans une série de plus de 100 dessins en petit et grand format.
Le dessinateur se réservant le droit de faire évoluer l’exposition Willem Président! en l’agrémentant des dernières esquisses de la campagne en cours.

Et force est de constater que Willem prend un malin plaisir à accentuer les contradictions et les fausses notes de Nicolas S. tout en révélant la relative inertie d’une opposition en pleine désolation.
Le trait fin est d’une efficacité désarmante.

Le poids des mots n’a bien souvent plus de raison d’être face un tel génie du dessin.

Il se chuchote que parmi les visiteurs, certains ne cacheraient pas une précoce nostalgie face à la perte de leur tête de turc qu’ils avaient tant aimé détester et critiquer.
D’autant plus que DSK, qui nous réservait de savoureux coups de théâtre au cours de son hypothétique quinquennat,  s’est saboté en les livrant tous en une salve.

Bonne nouvelle toutefois. L’exposition est accompagnée du recueil de dessins, Plus jamais ça !, édité aux Requins Marteaux. L’occasion de célébrer la bonne santé de cette maison d’édition originale, engagée et téméraire qui était proche de la banque-route.

Vive les Requins! Et vive Willem !

Willem qui offre à chacun de ses lecteurs, une dédicace originale. Votre voisin(e) n’aura jamais le même dessin que vous.
Nous l’avons vérifié lors du vernissage.

Exposition évolutive Willem Président ! 

jusqu’au 10 mai 2012

Au Point Ephémère
200, quai de Valmy 75010 PARIS

Ouvert tous les jours de 14h à 19h
Entrée libre

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Exposition HELMUT NEWTON au Grand Palais: audace, glamour et humour – Paris célèbre le photographe – VIDEO

Paris célèbre le photographe Helmut Newton jusqu’au 30 juillet au Grand Palais.

Provocateur, maître du noir et blanc, passionné de polaroids, influenceur de génie et aussi “kidnappeur” selon sa femme June, au vue des nombreuses références présentes dans ses photos, l’artiste a célébré la sensualité de la femme tout au long de sa carrière.

Image de prévisualisation YouTube

La caméra de la fine équipe  est allée à la rencontre de deux correspondantes de médias étrangers, premières visiteuses de l’exposition. Raquel du journal espagnol El Mundo et Anne Christine de la radio allemande ARD nous confient leurs premières impressions.
Nous avons aussi réussi à poser deux questions à Philip Pavel, ancien directeur de l’Hôtel Château Marmont à Beverly Hills, acteur et ami du couple  Newton, présent lors du vernissage.

 Première rétrospective de l’oeuvre du grand photographe depuis sa mort en 2004, l’exposition offre un passionnant voyage dans l’audace, l’avant-garde, le glamour et le décalage. En effet, l’humour n’est jamais très loin dans les oeuvres exposées même quand il s’agit de nus.

Car le corps de la femme, telle l‘Olympia de Manet (1863), ne s’expose pas de manière systématiquement frontale dans l’oeuvre de l’artiste. Il y a un contexte, un cadre, une mise à distance parfois subtile qui détourne bien souvent le regard ou le divertit. Prenons par exemple l’autoportrait de Newton avec son épouse June, spectatrice assise et le mannequin Sylvia Gobbel en 1981.
Le résultat donne à voir bien plus qu’un nu. Il s’agit avant tout d’une scène de studio comme seuls quelques privilégiés pourraient y assister. Une mise en abyme d’une séance photo plus spontanée que posée aux dires de June, qui a démystifié, lors de la conférence de presse, le contexte de préparation de cette photo. Elle a justifié,  au passage, sa présence comme accidentelle, car elle patientait.

Mais, dans cet ensemble original, se dessine une relation toute particulière entre un artiste et une ville d’inspiration. Paris, après Berlin, s’est révélé un formidable terrain de jeu. Peut-être parce qu’il avait une vouait une passion certaine pour le créateur de mode Yves Saint-Laurent symbole du Paris chic de l’époque.

L’affiche de l’exposition n’a sans doute pas été choisie par hasard quand on sait que le modèle a pris la pose en 1975, rue Aubriot dans le 4e, lieu de résidence du couple Helmut et June à partir de 61.
S’en suit une vue plongeante sur le modèle Bergstrom, au-dessus de Paris.
Les clins d’oeil à la capitale ponctuent le parcours: une station de métro, l’Île Saint-Louis et un portrait de June

A noter que l’ensemble des tirages a été réalisé du vivant de l’artiste.

Exposition Helmut Newton
Grand Palais
Galerie sud-est – entrée avenue Winston Churchill

Ouverture tous les jours de 10h à 22h sauf le mardi – jusqu’au 17 juin 2012
Fermé le 1er mai
Prolongation jusqu’au 30 juillet 2012

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Exposition BD Winshluss vs Pinocchio – La fin est proche! à la Galerie Vallois

Alors qu’il se disait dans le milieu de la bande dessinée que le dessinateur Winshluss (Vincent Paronnaud) ne céderait jamais aux offres d’achat des planches originales de l’album qui l’a consacré au grand public, Pinocchio, la Galerie Vallois a semble-t-il trouvé les meilleurs arguments pour faire changer d’avis leur poulain.

En effet, lors de la première exposition du dessinateur à la galerie, il y a 2 ans, aucune pièce de l’album culte n’avait été présentée. Certains chanceux avaient, toutefois, réussi à mettre la main sur une ou deux évocations du petit personnage en bois à la Librairie  Super Héros. C’était à l’époque où l’artiste était encore accessible, un dernier pied dans la création underground, pas très au fait de l’inflation des planches de bd.

Cette fois, vérifiez que votre cœur est bien accroché avant de prendre la route de la rue de Seine, sinon vous risquez une attaque à chaque seconde.
Se découvrent sur les murs de la galerie, les crayonnés de la couverture originale de l’oeuvre bd, prix du meilleur album au Festival d’Angoulême, et quelques-unes es scènes phares de cette histoire réadaptée, transfigurée par le génie d’un artiste enfin reconnu.

Planches au feutre noir, esquisses préparatoires et toiles en couleurs, les pièces exposées enchanteront tout passionné de l’œuvre de Winshluss. Et ils sont nombreux désormais.
Le dessinateur, également réalisateur (en duo avec Marjane Satrapi ou en solo pour l’objet filmique non identifié Villemolle 81) , a l’art d’offrir une oeuvre dense et protéiforme.

Le cynisme est toujours au détour de son trait, comme cette toile parodique détournant les figures magistrales la bande dessinée internationale. Fear offre une image de la dérive du monde avec l’exacerbation de tous ses penchants pervers: Tintin à terre est joyeusement tabassé alors que Captain America est en mauvaise passe.

Plus inattendu pour les fins connaisseurs, cette nouvelle exposition est l’occasion de découvrir l’oeuvre sculptée de l’artiste. Un poing accueillant dans la salle principale, rappelle le film La nuit du chasseur. Il y est inscrit, comme un tatouage, le mot Amour. Souvenez-vous des mains tatouées de Robert Mitchum dans l’oeuvre de Laughton.

La rencontre avec Winshluss ne laisse aucun visiteur indifférent, séduisant au passage les collectionneurs d’art contemporain à la recherche de nouvelles approches artistiques figuratives.

Exposition La fin du monde ?

Jusqu’au 7 avril 2012
Galerie Vallois
38, rue de Seine 75006 PARIS

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2062 aller-retour vers le futur : exposition, concerts, projections Gaîté Lyrique

La Gaîté Lyrique vous offre une First Class pour un retour dans le futur. Immersion dans un monde de tous les possibles, imaginé, fantasmé, euphorisé par un noyau dur d’artistes contemporains.

Vous avez prévu quoi en HELLO™? Les paris sont ouverts et les inspirations sont bouillonnantes pour inventer les prochaines décennies.

Une mise en bouche d’abord avec deux vidéos tournées en extérieur: une mer dialogue avec elle-même à côté d’un point de vue sur route montagneuse over-fréquentée par une transhumance de voitures et autres camping-cars. Un peu plus loin un tableau cinétique propose un point de vue sur un loisir bien apprécié par les Frenchies: le pédalo.

Les chenilles de nos poubelles se sont métamorphosées en sac de couchage et l’on ne comprend toujours pas à quoi peut bien servir ce Watercool inventé par le collectif Pleix. Ce groupe d’artistes a d’ailleurs une place de choix au sein de l’exposition avec une série de plusieurs propositions.

Ainsi, les sept artistes qui composent Pleix nous délectent les papilles de leurs inventions culinaires Pop avec un mur de vidéos de produits colorés, onctueux et avant-garde.

Le collectif nous prouve aussi, si l’on en doutait encore, que l’animal n’est pas le meilleur ami de l’homme.  En tout cas, dans le futur, chaton, vache et ourson ne se cacheront plus pour montrer leur dégoût de l’espèce humaine. Bien fait pour nous, depuis le temps qu’on leur pourrissait leur espace vital.

Au fil des salles d’exposition, le visiteur s’étonne de l’absence de questionnement autour du corps humain. Il semble que pour les artistes qui ont planché sur la question, c’est plus l’environnement de l’homme et de la femme qui va s’adapter que l’inverse.

En tout cas, les trouvailles sont nombreuses et réjouissantes. Comme cette caverne imagée par François Olislaeger. Tel un Indiana Jones, à la lumière d’une led, le visiteur se retrouve à explorer les peintures rupestres futuristes de l’artiste. L’ingéniosité de cette installation fixe des images fortes de cette projection de nos années à venir.

Le parcours se finit par un petit frisson: franchir une autre dimension et devenir un spectre. Comment? En  adressant un mail à envoi retardé à un proche ou à soi-même mais aussi en enregistrant un message par téléphone ou une vidéo avec l’Urne transtemporelle.
Imaginez plutôt la jubilation d’Interroger l’autre à distance et dans le temps. D’envoyer une déclaration d’amour qui sera lue dans 10, 20 ou 40 ans. Ou de se poser une question qui n’aura pas de réponse immédiate.

A la fin de l’aventure, certains se demandent si les inventions de David Guez et Michel Reilhac ne pourraient pas se dérober avec le temps ou s’autodétruire. C’est plutôt amusant de penser que notre message enregistré pourrait partir dans lymbes de l’espace-temps. En tout cas, pour tous ceux qui n’habitent pas Paris, vous pouvez participer à cette performance interstellaire en vous connectant sur site 2067.hypermoi.net

2062 Aller-retour vers le futur
Expo, performances, concerts, projections et théâtre

A la Gaîté Lyrique jusqu’au 25 mars 2012
3 bis rue Papin 75003 PARIS

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Exposition DANSER SA VIE au Centre Pompidou : la mienne est plus joyeuse

Les partitions de l’exposition Danser sa vie à Pompidou ne manquent pas d’audace, d’esthétisme, de théorie, ni de rythme.

Et Pourtant. Après une entrée majestueuse avec les grandes toiles de Matisse,  les salles qui se succèdent donnent un curieux sentiment que cet exceptionnel tourbillon s’est  regardé un peu trop le nombril créatif.
Le constat est sans appel: l’humour et l’auto-dérision ne sont pas de mise dans un grand ensemble de propositions chorégraphiques du XXe siècle.

Il y a bien entendu de belles envolée comme la joie et les hanches de Joséphine Baker à jamais immortelle dans les archives Gaumont Pathé.
Un des trop rares sourires généreux de l’exposition.

On ne peut totalement reprocher le choix des oeuvres présenté. Comment ne pas s’émouvoir de l’animalité brute et sensuelle du Sacre du Printemps de la chorégraphe allemande Pina Bausch? Peut-on ignorer le ballet coloré des toiles du peintre allemand Emile Nolde ou l’épure Cézanienne qui nous éclairent encore?
Pourquoi résister plus longtemps à la fulgurante beauté du ballet tout en nudité sur huile d’olive intitulé Luomo et imaginé par le flamand Jan Fabre?

Cependant, alors que l’abstraction des costumes de scène de Picasso nous amuse, la dimension festive de la danse reste absente du parcours.
Point de trublions dénommés Philippe Decouflé ou Blanca Li.

Toutefois la dernière partie de l’exposition intitulée sombrement POP pourrait nous redonner quelques espoirs dans la danse contemporaine.
Une sérigraphie de pas de danse par Warhol, une scène saturée d’ampoules pour un show qui n’aura jamais lieu par l’artiste Félix González-Torres.
La danse se fait alors jeu avec le spectateur.

Au détour d’une salle de projection, on se retrouve nez-à-nez avec un couple tout droit sorti des années 70. Imaginez  le duo mythique du film Saturday Night Fever, John Travolta en dieu de la piste disco, saturé de couleurs. La séquence est littéralement déstructurée, réécrite et s’offre un nouvel habillage sonore en la voix de l’unique Eartha Kitt et son Where is my man. Cette scène de cinéma devient une nouvelle oeuvre mouvante sous la palette de l’artiste corse Ange Leccia, insufflant au passage une nouvelle dimension mythologie.

Mais le point d’orgue de cette tentation de l’ironie, voire même de la parodie est à vivre du côté du spectacle: The Show must go one de Jérôme Bel.
Il fallait un pied de nez à toute cette réflexion sur le corps et celle proposée par le chorégraphe est jubilatoire. Une vingtaine de comédiens danse selon l’humeur de l’instant sur de grands airs de la musique contemporaine. David Bowie, Freddy Mercury convoqués pour une performance aussi provocante qu’inspirée. N’oublions pas que lors des dernières représentations du spectacle au Théâtre de la ville, certains spectateurs ont préféré quitter la salle.

Exposition Danse sa vie
Au Centre Pompidou

Jusqu’au 2 avril 2012

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