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Mathias Malzieu interview : on a parlé imagination, coeur et slam

Le canot de sauvetage de Mathias Malzieu ? Définitivement l’écriture, car il est seul maitre à bord !
Alors qu’il va partir en tournée de festivals avec le groupe Dionysos, il est en train de boucler l’adaptation ciné de son romain Une sirène à Paris

Suite de notre entretien avec ce génial surprisier capable des plus belles inventions fictionnelles et d’enchainer les projets sans épuisement.

 

INTERVIEW  / MATHIAS MALZIEU 

Mathias Malzieu

UsofParis : Je suis admiratif de ta capacité à enchainer tous tes projets.

Mathias Malzieu : Ca fait une bonne gymnastique créative mais ça consomme un peu. Quand je passe de la direction artistique des Trois Baudets à l’expo au Zénith. Qu’ensuite on me pose des questions sur le film Une sirène à Paris, puis groupe. Ensuite, je pars préparer le film et chercher de l’argent.
Je découvre ça : le développement de film.
Il faut faire un switch. Ca fatigue et ça muscle, en même temps. Devoir s’adapter tout le temps, c’est positif.
Le but est de s’amuser et de travailler à son rêve.

Il y a un temps pour la musique, le cinéma, le roman, le dessin ?

Le premier temps est toujours celui de l’idée, de l’imagination, de l’envie. Et ensuite, il y a un arbre généalogique inversé qui se met en route, où je commence à faire des connexions, à voir les images de clips ou de films.
Est-ce que Gaspard chantera plusieurs chansons ? Par exemple, dans le prochain album de Dionysos, il y aura les chansons sur le passé de Gaspard qui ne sont présentes pas dans le livre.
Et c’est la matière première pour la bande-originale du film, s’il se fait.

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Est-ce que tu convoques ton imagination ou tu te rends disponible quand une idée arrive ?

C’est exactement ça : je me rends disponible. Comme j’ai horreur d’être en automatique. A l’hôpital, c’est ce qui m’a sauvé : le personnel était vraiment présent, même pour m’apporter un jus de fruit. J’ai un vrai agacement pour les gens qui font des choses en automatique. Faut que je me réhabitue à la normalité. Tout le monde ne peut pas avoir vécu ce que j’ai vécu et tant mieux. 
Le fait d’être comme ça, je suis une éponge. C’est encore pire qu’avant ! Dès qu’il y a quelque chose qui me déplait, je réagis un peu fort. Et inversement, quand ça me plait, je le prends et j’ai absolument besoin de le transformer en chanson, livre ou film ou parfois les trois.
Parfois, il faut que je range un peu ma chambre et fasse les choses les unes après les autres.

Ton cœur bat toujours au même rythme, depuis ton problème de santé ? 

C’est pire, c’est plus fort encore. Je ne le fais pas exprès. Ça m’a affaibli sur certaines choses. Je suis hypocondriaque comme ce n’est pas permis. Il y a la fameuse phrase de Nietzsche : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » Mais Il a oublié de rajouter : « et abime parfois quand même. »
Il y a des choses qui ont été renforcées mais un peu de travers. Je ne suis plus exactement le même. Je suis mieux et plus fort pour certaines choses et affaiblis pour d’autres.
Je compense comme je peux.

C’est assez fou : ton corps est devenu un souvenir fort pour les fans qui t’ont porté en concert, en festival… 

Mathias Malzieu : Je ne m’en rends pas compte. Et si je le faisais, j’aurais un melon terrible.
Je suis dans un truc de don et de confiance avec le public quand je fais le slam. Parfois, en festival, c’est presque du combat de rue pour revenir. Mais ce sont des gens qui veulent jouer. Je joue au super héros mais je ne suis pas invincible.
C’est un moment jouissif car d’abandon et de confiance. Un de mes films préférés, Trust me de Hal Hartley. Une des plus belles scènes : une fille se met en haut d’un rocher et se laisse tomber en arrière pour montrer à son homme qu’elle a confiance en lui. C’est ça le slam !

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Après l’Islande et la Norvège, vas-tu chercher le merveilleux dans un autre pays ?

C’est possible. Il y a peut-être une histoire de bayou, de Mississippi, de Louisiane. Le blues du Mississippi. Il y a aura un épisode 2. 😉

Interview by Alexandre 

 

Mathias Malzieu 

Roman : Une sirène à Paris 
(Albin Michel)

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Mathias Malzieu – Une sirène à Paris : “un grand souffle de liberté”

Mathias Malzieu nous comble une nouvelle fois de petits bonheurs, de poésie et de joie à chaque page de son dernier roman Une sirène à Paris.
Et pure folie : le chanteur-réalisateur-romancier a écrit le scénario en même temps que le roman.
Il avoue « logistiquement, c’est un peu le bordel ! Mais dans la connexion artistique, c’était un grand souffle de liberté et très joyeux ! »

Il aura fallu 6 ans à Mathias pour réaliser le film La Mécanique du cœur. Pour Une Sirène à Paris version cinéma, il en est déjà à 2 ans et demi de travail. Notre cœur de cinéphile bat en attendant de savourer l’aventure de Gaspard et Luna sur grand écran. 

INTERVIEW / UNE SIRÈNE A PARIS

Une sirène à Paris

UsofParis : Un grand nombre de tes fidèles a débuté la lecture le jour J de la sortie d’Une sirène à Paris. As-tu senti une communion, de la magie ?

Mathias Malzieu : C’est joli ce qui se passe. La réponse est très forte, notamment via les stories sur Instagram. Après c’est le filtre des réseaux sociaux, ce sont les personnes qui me suivent directement. La sensation des premiers jours ce sont les fans qui l’attendait beaucoup et qui se sont jetés dessus et l’ont lu tout de suite. C’est un peu biaisé mais ça reste aussi important car la réponse des fidèles qui me suivent est bonne. Ce sont eux les « cousins télépathiques ».
Le but est aussi de s’inscrire sur la durée, de se faire découvrir par les autres, ceux qui n’attendaient pas le roman.

J’ai vu passer dans une storie de fan : « Mathias Malzieu, le nouveau Jack London. »

Il reste un de mes écrivains préférés. C’est un mec qui a tenté des choses : un tour du monde, il a découvert le surf, est parti en bateau, a fait naufrage et est reparti.
C’est un vrai aventurier au sens propre comme au sens figuré, dans ses livres comme dans sa vie.
La comparaison ne me donne pas de pression mais vraiment de l’élan.
Ces personnes comme Jack London me donnent du désir. C’est en rapport à ce que disait Brel : « le talent, c’est l’envie. »

J’ai pensé naïvement à une sirène adorable. Avais-tu tout de suite idée d’une demi-femme fatale capable de tuer ?

Oui. La sirène est la métaphore de quelque chose qui peut arriver. Ce qui m’intéressait c’est la situation universelle de la rupture amoureuse et on va rencontrer trop vite quelqu’un d’autre alors que l’on n’est pas prêt ou plus capable de donner (soit par dénis, conviction ou que l’orgueil est blessé). J’aimais l’idée que le personnage puisse rencontrer à la fois ce qu’il y a de pire et de mieux : la plus belle femme possible et la plus dangereuse.
Je m’amuse avec le mythe de la sirène et l’intérêt de la voix. La sirène ne connaît pas l’amour. C’est un livre sur la passion, pas uniquement déchirante mais aussi la joie qu’elle procure.
Enfin, la question de l’imagination est fonction narrative sur l’histoire des surprisiers.

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Il y a de vraies belles trouvailles dans Une sirène à Paris : le coquelicophone, le burger à fleurs, le camion recycleur de rêves…

J’aime bien quand ça se mélange à quelque chose de vrai. Par exemple, le coquelicophone c’est un cadeau de ma sœur. C’est un quadruple harmonica monté sur une tige. Et ça m’a amusé de le rebaptiser.
Le voice-o-graph existe vraiment. J’aimerais en faire venir un aux Trois Baudets pour les concerts de Dionysos.
Tout est lié ! Le flowerburger va aussi me donner des idées pour mettre en scène la tournée. C’est aussi un peu Dionysos. Je me bats depuis des années pour que ce bateau continue de fonctionner à l’ancienne. Parce qu’un groupe de rock qui habite en Province et qui existe depuis 25 ans, il y en a pas beaucoup qui persiste.
Même quand je chante sur une sirène ou un chat, il y a toujours une part de réalité qui m’amuse de distorde. Ce ne sont pas des bulles de savon.

“Le merveilleux, l’imaginaire ne sont pas des régressions, et ne sont pas que légers au mauvais sens du terme. On a tous besoin de ça. On rêve tous et on a tous de l’imagination.
L’imagination c’est aussi la capacité d’avoir de l’empathie.
Le rêve fait partie intégrante de la réalité.”

Le corps est toujours une gourmandise avec toi. C’est ultra poétique !

J’ai toujours trouvé qu’il y avait un érotisme dans la gourmandise. Les fruits, le sucre, le sel, le goût, l’envie. On en revient au désir.
Les analogies, je les ai très rapidement faites, dès les premières chansons : Ciel en sauce. C’était une chanson gourmande et amoureuse.

Est-ce qu’un surprisier, pour toi, est guidé ? Ou sa folle imagination est en lui ?

Pour moi, ça vient de l’intérieur. C’est de l’artisanat.
Chacun puise sa force où il peut et où il veut.
Les surprisiers sont des artisans du rêve et non des mystiques.

« Rêveur de combat…vivre en accéléré… burn-in » page 24. Ce n’est pas Gaspard que tu décris, mais bien toi. Tu es un inébranlable super actif !

C’est toujours des autobiographies émotionnelles.
Ça a empiré. J’ai eu des strates d’augmentation d’hyperactivité après avoir perdu ma mère, dans un premier temps. Et ensuite, le souci de santé.
L’art c’est toujours une forme de compensation. C’est joyeux mais je me suis rendu addict à mon imagination. En chambre stérile, je n’avais que ça. Ma liberté c’était de continuer à imaginer.
Après les hôpitaux, la première idée qui m’a excité c’était l’histoire de ce gars qui trouve une sirène et qui la ramène chez lui et lui fait du poisson pané. J’imaginais la scène et ça m’amusait.
Ça m’amusait qu’après cette crue réelle de 2016 – où on avait trouvé des vieilles télé, des vélos rouillés, des poissons morts – que quelqu’un au cœur brisé trouve une sirène. Avec un Paris irréel et de conte de fée, je pouvais partir en voyage loin.

Ton corps supporte le rythme ? 

Il a dit stop cet été, entre la Norvège, le mix de l’album et la fin du livre.
Je l’écoute. Je me suis calmé. J’ai fini le livre dans une cabane à 12 mètres de haut, dans un arbre. J’étais tranquille. Ma compagne est venue me rejoindre. Et comme elle est arachnophobe, on a eu une crise avec des araignées et c’était très amusant. 😉

Une Sirène à Paris aura-t-elle une suite ?

C’est possible. Je suis dans l’élan.
J’ai fini le roman à 10h du matin après une nuit blanche à écrire. Et après, je n’avais plus rien à faire. Je n’avais plus sommeil, car excité.
Du coup, j’ai pris une douche, un p’tit déj seul. Et pendant le p’tit déj, j’ai eu des idées de suite parce que j’étais dans l’élan créatif. Ensuite, je suis retourné devant mon ordi, ouvert un nouveau dossier : Le retour des sirènes. Une heure après, coup de pompe, suis allé dormir.
J’aurais plein d’autres idées. J’ai souvent des mini-fécondations de romans qui, des fois, ne tiennent pas alors que d’autres fois oui.
En tout cas, aujourd’hui, ça me fait très envie, car je suis à fond.
Est-ce qu’après la tournée, je voudrais poursuivre ? 😉

Interview by Alexandre

Une Sirène à Paris

Une Sirène à Paris 

un roman de Mathias Malzieu 
(Albin Michel)

Et un long-métrage en préparation

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Marianne BP : Rose ascendant Pourpre réinvente la langue

Marianne BP à la différence de l’héroïne de son tout premier roman, Rose ascendant Pourpre, ne se cache pas pour éviter de travailler. C’est une bosseuse qui filme, chante, écrit, travaille les mots en chansons et en récit,
Alors qu’elle sort son EP Aparté parisienne, elle capte notre attention une nouvelle fois avec une histoire barrée, comblée d’uppercuts bien sentis.

8h la narratrice, Mélinda, rentre chez elle.
8h je commence la lecture de Rose ascendant pourpre pour ne pas lâcher.
Son brouillard est visuel, le mien est sonore, très sonore. Des voix masculines en débit continu. La concentration est vacillante par certains moments mais les mots accrochent l’œil, malgré moi.

Gilbert gambade sur le terrain vague de ma déduction
Marianne BP
joue avec la langue, use de quelques formules creuses pour raconter la banalité de la vie, puis nous emporte dans des envolées, des jeux d’énumération, de mots, de décalage (à la manière de Raymond Devos, certaines pages) et de mots inventés.
Nécrochrétienté, bucc-haleine, Dare winnisme, existentialcoolique, brain toy L’auteure renouvelle la langue française en jouant allègrement d’associations jubilatoires.
Ça claque, ça surprend, réveille aussi et donne envie de suivre le récit. Et de ne pas s’en éloigner trop longtemps.. 

“Mon ventre abritait, alors, l’œil d’un cyclone réjouisseur”
Une trentenaire qui manie aussi bien le passé antérieur – Bernard Pivot en serait tout émoustillé – ne peut que nous emporter dans son épopée.
Mélinda semble se réveiller d’un bad trip en plein milieu de son bureau. Ses collègues ont-ils halluciné ? Bref, sa vie prend un virage ascensionnel quand il s’agit d’assumer avec son père la responsabilité de la mort de sa mère. Tout n’est pas tout de suite limpide sur les circonstances de la mort, le rôle de chacun, le mobile.
Alors elle file, prend le large direction le plein soleil pour se retrouver. S’ensuit des rencontres, un cocktail d’aventures et des idées folles boostées à 200 km/h.
Marianne BP n’a pas peur de la vitesse, ni d’envoyer le lecteur quelques fois dans le fossé. Faut rester bien accrocher au siège pour apprécier les belles inventions de cette auteurE aussi irrésistible qu’audacieuse.

Un moment de pure littérature d’un nouveau genre. A vous de définir lequel.


Rose ascendant pourpre
roman de Marianne BP

Livre auto-édité en format broché ou à télécharger en toute légalité sur :
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Kobo

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