Archives par mot-clé : théâtre

Garden Party au Théâtre Antoine : l’absurde à son apogée !

La Compagnie N°8 donne absolument tout pour faire vivre son univers barré à souhait.
Garden Party est un pot pourri joyeux, musical et parfois dégueu de Deschiens, Tati, Monty Python et Robins des Bois.

Le Théâtre Antoine n’est pas habitué à pareil délire qui salit la scène chaque soir. Saluons son audace !

Garden Party

« Ils ont un sacré univers ! »

Ce n’est pas de moi mais d’un spectateur à la sortie du Théâtre Antoine.
Une sorte de tourbillon a effectivement déferlé sur la scène. Ça rit, danse, chante, parle une langue incompréhensible, se bat en duel, vole dans les airs… Tout est possible avec la Compagnie N°8.
Les séquences s’enchaînent dans un délire continu. On croit avoir tout vu, mais non, le nombre des gags n’a plus de limite.

« Ils disaient que ça allait être barjot mais à ce point-là ! » une autre spectatrice à sa voisine.
Il est effefctivement nécessaire d’avoir l’esprit ouvert. D’avoir une case (même petite) en moins pour accepter le délire qui se joue devant nous. Tout n’est pas raisonnable, censé et subtil. Après tout, vous avez déjà une soirée entre amis finir bien ?

Garden Party
photo Gilles Rammant

«  Je n’ai pas tout compris ! »

Une autre spectatrice contente malgré tout de l’expérience.
C’est un risque à prendre mais vous n’aurez jamais vu pareil spectacle.

Garden Party peut profondément déstabiliser, mais c’est un risque à prendre quand on a envie de passer une soirée totalement différentes de toutes les autres.

Garden Party Garden Party
par la Compagnie N°8
Mise en scène : Alexandre Pavlata
avec Benjamin Bernard, Stéfania Brannetti, Gregory Corre, Carole Fages, Matthieu Lemeunier, Fabrice Peineau, Hélène Risterucci, Frédéric Ruiz et Charlotte Saliou

au Théâtre Antoine
14 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris

du mercredi au samedi à 19h

Share

L’Affranchie : révélation ardente au Théâtre de Nesle

Le travail de construction identitaire menant à notre épanouissement personnel est fastidieux, surtout si nous évoluons dans un milieu hostile…
L’Affranchie, c’est
une femme qui était sous le contrôle d’un entourage malveillant lui délivrant avec parcimonie des échantillons de sa vie. Mais un jour, elle trouve la force de briser son flacon d’existence. C’est ainsi que vous sentirez se répandre, au Théâtre de Nesle à Paris, le souffle libérateur et enchanteur d’une personne s’éveillant de nouveau à la vie.

L'AffranchieAlice nous accueille dans son nouvel appartement où tout est à construire. Elle espère y recevoir bientôt son fils qu’elle n’a pas revu depuis la plus tendre enfance. En attendant, elle commence à faire du tri dans ses cartons, mais également dans son esprit, en se remémorant son passé.

Après avoir perdu sa mère à 4 ans, Alice grandit au sein d’une famille recomposée. Avec son frère adoptif Vincent, elle partage un amour fusionnel, passionné, au point de tomber enceinte à l’âge de 13 ans. En conséquence de quoi sa mère de substitution demande la garde de l’enfant et la fait interner jusqu’à ses 18 ans, ne supportant pas cette grossesse précoce et quasi-incestueuse.

Aujourd’hui, libérée de sa camisole chimique annihilante, Alice découvre qu’elle possède un don. En effet, elle développe une hyper-sensorialité transformant son rapport au monde en un instant serein et éternel. Alors, sans amertume, elle part à la redécouverte du bonheur et tend à retrouver l’amour de son fils.

L affranchie

Pauline Moingeon Vallès incarne avec ferveur un personnage prenant, troublant et extrêmement attachant. Lorsque le visage d’Alice s’illumine enfin, vous sentez presque de la chaleur vous atteindre, c’est un enchantement…

Ce seule-en-scène dégage énormément d’espoir. Il nous rappelle qu’en dépit de situations difficiles, il faut toujours croire en notre propre force. C’est le sel de notre vie, accordant toute sa saveur aux moments vécus, en nous reliant les uns aux autres…

by Jean-Philippe
Pièce vue au Théâtre La Croisée des Chemins

L'affranchie

L’Affranchie

Auteur et Interprète : Pauline Moingeon Vallès
Metteur en scène : Elise Touchon Ferreira

mercredi 13 et 20 mars 2019 à 19h30
vendredi 15 et 22 mars 2019 à 21h 

au Théâtre de Nesle
8, rue de Nesle
75006 PARIS

Share

Deux frères et les lions au Poche-Montparnasse : caustique et espiègle

La réussite advient bien souvent d’une revanche à prendre sur la vie. Avec Deux frères et les lions, nous en avons l’exemple probant.
En effet, des frères jumeaux issus d’un milieu modeste vont construire au fil du temps un solide empire financier. Inspirant mystère, admiration ou convoitise, il semblerait que leur influence soit illimitée. Et pourtant… Un évènement, aussi surprenant qu’inattendu, va les bousculer… Au Théâtre de Poche-Montparnasse, découvrez une pièce où se mêlent adroitement esprit, satire et bonne humeur ! 

Tandis que nous attendions sagement d’être placés, des scones et des tasses de thé bien chaudes nous sont proposés. C’est assez inhabituel, mais loin d’être désagréable vu le temps. Mêlé au salon cossu d’influence britannique présent sur scène, nous sommes tout de suite pris au jeu et transportés dans une ambiance intimiste. L’endroit est propice aux confessions !

Deux hommes nous livrent alors leur histoire. Nés en Écosse, ces  jumeaux grandissent en ayant l’ambition de faire partie de ceux qui ont marqué le monde. Ainsi, avec un peu d’audace, un talent avéré et la conjoncture aidant, ils nous racontent leur ascension fulgurante, au point de devenir une des plus importantes fortunes de Grande-Bretagne.

Forts de leur succès, ils achètent une île afin d’y vivre à l’abri du monde alentour, cultivant une image énigmatique. Cependant, cette île Anglo-normande a plusieurs particularités. Outre le fait d’être un paradis fiscal, elle est toujours régie par un droit féodal ! Ce qui complique la transmission de cette propriété à leurs filles respectives… De ce fait, les deux frères vont devoir faire face à d’insolites déconvenues. Vont-ils vaincre le droit normand ?

Deux frères et les lions

Deux frères et des lions : votre soutien compte !

Nous prenons un véritable plaisir à suivre les aventures de ces deux frères, brillamment interprétés par Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Romain Berger. Tantôt drôles ou sérieux, ils ne jouent pas la simple carte du mimétisme gémellaire mais bien de la complicité. L’interaction avec le public est effective par de petites attentions et un rapport scène-salle quasiment inexistant. D’ailleurs, après les derniers mots s’installe naturellement une conversation avec les comédiens afin de prolonger un peu ce moment !

Le texte est aussi subtil que l’interprétation. Malgré des termes abordés parfois délicats tels que le capitalisme, le féminisme, la famille ou les traditions ancestrales, il n’y a ni jugement, revendication ou provocation. Le message délivré par cette pièce est multiple et universel. Libre à chacun d’y trouver le sien ! Étant ce jour-là avec mon frère de cœur, j’ai opté pour l’optimisme et la force. Ensemble, tout est possible. 🙂

Très librement inspirée d’une histoire vraie, les deux frères tentent d’interdire l’utilisation du texte et l’exploitation de la pièce. Certains se battent pour changer un droit féodal alors pourquoi ne pas défendre la liberté d’expression et la diffusion d’un art fragile mais néanmoins nécessaire ?

Que ce soit par conviction ou simplement pour passer un bon moment, vous savez où aller !

Bonus : Vous l’aurez compris, le spectacle commence avant le lever de rideau, alors n’hésitez pas à arriver un peu en avance… 😉

by Jean-Philippe

Deux frères et les lions

Deux frères et les lions

De : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
Avec : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, Lisa Pajon et Romain Berger
Mise en scène : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Vincent Debost

du mardi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 15h.

jusqu’au 17 mars 2019
Relâches exceptionnelles les 25 et 26 février; 8 et 13 mars.

au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard de Montparnasse
75014 Paris
Tél. 01 45 44 50 21

Image de prévisualisation YouTube
Share

Rabbit Hole aux Bouffes Parisiens : l’impossible deuil touche au cœur

Rabbit Hole, universels parallèles aux Bouffes Parisiens frappe par sa singularité.
David Lindsay-Abaire déploie une écriture stimulante autour du deuil avec des bulles de rires, de légèreté. Chaque personnage de la mère à la grand-mère, du père à la tante essaie de supporter comme il peut la perte, l’absence et de vivre avec ses souvenirs.
Julie Gayet est cette mère en deuil à fleur de peau, aux réactions qui peuvent parfois choquer, étonner et qui opère une symbolique évolution tout au long de la pièce.

Rabbit Hole

Avec Rabbit Hole, il est question de la perte d’un enfant, un sujet douloureux.
Mais ce n’est pas une raison d’éviter de l’affronter via la fiction théâtrale. Au contraire !

La mise en scène de Claudia Stavisky ponctue le récit de respirations musicales délicates (on reconnaît la voix d’Anohni Hegarty du groupe Antony & The Johnsons). Les projections vidéo sur les murs de la maison viennent témoigner des jours heureux avant l’accident. C’est subtil, sans pathos.

Le décor évolue tout au long au récit comme une bouffée d’air pour sortir de la pesanteur qui se joue au sein du couple et de la famille.
Christiane Cohendy de nous révéler : “Il y a des salles parfois plus saisies par le drame, d’autres ont la disponibilité de se laisser rire des choses de vie.”

Et c’est justement ce qui est fascinant avec Rabbit Hole, quand on se laisse happer par le récit, on peut aussi bien pleurer que rire, être déstabilisé ou enchanté par ce qui se joue devant nous.

Rabbit Hole

“La vraie vie c’est se trouver dans des situations folles”

Julie Gayet revient au théâtre avec Rabbit Hole après de longues années de cinéma en tant que comédienne et productrice.
Elle nous a révélé son hésitation à remonter sur les planches, lors de la rencontre à sa descente de scène. En cause : la contrainte d’être tous les soirs au théâtre et la peur que sa voix ne porte pas assez.
Du Théâtre des Célestins aux Bouffes Parisiens, elle confie son plaisir de “vivre l’instant présent” et son “envie de ne pas faire la même chose chaque soir.
Comme ce mercredi, où elle est volontairement restée en retrait, recroquevillée au sol lors d’une scène alors que d’habitude, elle est plus proche de son partenaire.

“Quand on s’entend aussi bien, on n’a plus envie d’arrêter.”
Souhaitons que la pièce joue des prolongations et poursuive sa belle tournée.

Rabbit Hole

Rabbit Hole, univers parallèles 

de David Lindsay-Abaire
adaptation : Marc Lesage 
Mise en scène : Claudia Stavisky

Avec Julie Gayet, Patrick Catalifo, Lolita Chammah, Christiane Cohendy, Renan Prevot 

au Théâtre Bouffes Parisiens
4, rue Monsigny
75002 PARIS

Share

Comme en 14 : doutes et espoirs des femmes de l’ombre

Comme en 14 c’est la guerre qui bouleverse les vies, les déchire mais aussi qui réunit des hommes et des femmes qui ne se seraient jamais rencontrés autrement.
C’est donc aussi l’espoir, l’inattendu.
Au Théâtre La Bruyère, nous sommes transportés dans un hôpital militaire de fortune tenu par des femmes volontaires et bénévoles.
L’interprétation est parfaite.

Comme en 14

Comme en 14 est un portrait humain et bienveillant de femmes de l’ombre. La piècenous fait rencontrer quatre femmes toutes touchées par la folie de la guerre. Marguerite, l’infirmière en chef, semble trouver un sens à sa vie en étant au chevet des malades et des mourants.
Suzy est pacifiste, elle veut en finir avec la guerre et son injustice.
Alors que Louise a le cœur qui bat pour Georges son futur mari qui est sur le front.
La comtesse, elle, affronte l’adversité : après la mort de son mari, l’infirmité de son fils blessé à la guerre.
Le second fils de cette celle-ci est resté lui car pas du tout apte à combattre.

L’équilibre de cet hôpital est précaire. C’est l’urgence qui prime, elle impose à ces femmes de devoir s’adapter à toutes situations. Quand elles se retrouvent autour du poêle qui chauffe, la vie reprend son cours, il est possible de rire, d’espérer à nouveau. Mais le rappel à la dure réalité des malades en souffrance interrompt régulièrement les échanges.

Comme en 14

La force de cette pièce de Dany Laurent est d’arriver à unir ces quatre figures de femmes que tout semble opposer. Elles ont une capacité de résilience qui touche, un sens du devoir et une disponibilité qui impressionnent.

Sur scène, Marie Vincent, Virginie Lemoine, Ariane Brousse, Katia Miran sont ces femmes courages que la vie n’a pas épargnées.
Mention spéciale à Axel Huet qui est impressionnant en jeune homme souffrant de handicap.

Comme en 14

Comme en 14

une pièce de Dany Laurent
mise en scène : Yves Pignot
Avec Marie Vincent, Virginie Lemoine, Arianne Brousse, Katia Miran, Axel Huet

au Théâtre la Bruyère
5 rue la Bruyère
75009 Paris

du mardi au samedi à 21h
matinée samedi à 15h30

Image de prévisualisation YouTube
Share

Huit euros de l’heure : un couple, une femme de ménage, l’angoisse

L’auteur turbulent, Sébastien Thiéry, nous comble avec son art du surréalisme, de l’absurde.
Huit euros de l’heure est une pièce inventive qui a le don de bousculer avec brio les rapports humains.
Valérie Bonneton et Dany Boon forment un couple sous tension. Et ils vont très vite découvrir le lien troublant qui les unit à leur femme de ménage.
Jouissif !

Sébastien Thiéry nous embarque dans l’appartement d’un couple de nantis. Jacques est cadre sup ++, Laurence est archi d’intérieur.
Cette dernière réalise que sa femme de ménage, Rosa, porte une minerve comme elle. Et aussi qu’elles ont toutes deux perdu leur téléphone portable au cours de la matinée.
Les similitudes sont surprenantes. Tension et angoisse commencent à poindre.

Le couple doit se rendre à l’évidence : ce qui arrive à sa femme de ménage lui tombe dessus ensuite. Est-ce de la sorcellerie ? Un châtiment ? La panique est palpable.

Huit euros de l'heure

Valérie Bonneton campe Laurence à la fois déboussolée et lucide quant à l’évidence de la situation. Elle va se démener pour faire prendre conscience son mari, Dany Boon, qui aimerait rester incrédule.

Les deux comédiens sont excellents, pris entre de multiples tensions : hystérie, panique, doute, fatalisme…

Face à eux, Rosa, à l’accent espagnol parfait, ne manque pas de piquant. L’interprète est made in Spain. Et c’est un vrai plaisir pour le public qui est souvent habitué à des accents approximatifs qui ne tiennent pas la longueur de la pièce.

Huit euros de l’heure révèle nos failles, mais aussi notre sidérante capacité à accepter parfois les incohérences, les paradoxes qui s’offrent à nous.

Huit euros de l'heure

Huit euros de l’heure
pièce de Sébastien Thiéry
mise en scène Stéphane Hillel 

avec Valérie Bonneton, Dany Boon, Jorge Calvo, Antonio Ruil 

jusqu’au 31 mars 2019

au Théâtre Antoine
14 boulevard de Strasbourg
75010 PARIS

du mardi au samedi à 21h
matinées : samedi et dimanche à 16h

Share

La Moustâche : comédie survoltée au Splendid

Au Splendid, un scénario catastrophe se joue dans la vie de Sylvain simplement à cause d’une moustache. Mais pas n’importe laquelle non plus !
Quiproquos à gogo, gags, portes qui claquent – dont celle du congélo – coups, un peu de sang. La pièce La Moustâche, comédie réjouissante, brille par son rythme soutenu d’un bout à l’autre.

La Moustache

La pièce adaptée d’un sketch

Ce n’est pas si courant qu’un sketch télé soit étiré pour en faire une pièce.
Mais il faut admettre que l’idée était trop brillante pour ne pas lui donner une longue et belle vie sur une scène de théâtre.
La Moustâche dézingue à merveille la rencontre la plus délicate, voire tendue d’une vie : celle d’un gendre avec son futur beau-père.
Une panne d’électricité, une moustache mal taillée et c’est l’avalanche d’incidents les plus fâcheux qui  déboule. Sacha Judaszko et Fabrice Donnio ont le don pour jouer avec les doubles sens, les situations embarrassantes et le rythme des vannes.

La Moustache

Un rôle en or pour Arnaud Gidoin

Non que l’on doutait des talents de comédien d’Arnaud Gidoin. Mais dans La Moustâche, le comédien trouve tous les moyens de nous bluffer. Il est presque de toutes les scènes, infatigable. Toute l’attention est concentrée sur lui et il sait diablement en jouer.
Alors que le postulat de départ présente un homme effacé pour l’ensemble de son entourage – petite amie, ami et gardien – ce nouvel élément physique et inhabituel va venir tout bouleverser et contrarier sa petite vie « calme ».
Se révélera-t-il à lui-même ? En tout cas, les apparences peuvent révéler des traits de personnalité insoupçonnés.

A ses côtés, Joy Ester à la fois amoureuse, délicate mais qui a tendance à porter la culotte. Fabrice Donnio se tape l’incruste en caleçon avec brio, on ne peut pas espérer de pote plus relou.
Le concierge campé par Sacha Judaszko est collant et indélicat. Enfin, Daniel-Jean Colloredo est un patriarche surprenant, aussi excessif, imprévisible que redoutable.

 

La Moustâche 

de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio
mise en scène : Jean-Luc Moreau
avec : Daniel-Jean Colloredo, Fabrice Donnio, Joy Ester, Arnaud Gidoin, Sacha Judaszko ou Matthieu Burnel 

du mardi au samedi à 21h
matinées les samedi à 17h et dimanche à 15h

Le Splendid
48 rue du Faubourg Saint Martin
75010 PARIS

Image de prévisualisation YouTube
Share

L’ombre de la baleine au Théâtre Lepic : éloquent message personnel

Même si elle reste une composante indissociable de notre personne, la famille n’est pas forcément une bénédiction… Avec L’ombre de la baleine, Mikaël Chirinian se sert des personnages de son roman préféré Moby Dick comme point de départ à une subtile et ingénieuse délivrance.
Au Théâtre Lepic, laissez-vous saisir par cette brillante aventure. Car une chose est sûre, ce récit, intelligemment mené où les mots délivrent enfin des maux, vous touchera intimement…

L'ombre de la baleine

En arrivant dans la salle nous attend sur scène un décor sobre et neutre. Cependant, l’impression de vide fait naître en nous une étrange sensation de duperie. Tandis que nos sens sont en alerte, Mikaël Chirinian surgit du fond de la pièce. Dès les premiers mots, nous sommes captivés. Déjà par son charisme immédiat, mais surtout par la douceur et l’éclat émanant de son regard.

Un pantin articulé l’accompagne. Il s’agit de son double lorsqu’il était encore enfant. Cette ombre de lui-même facilite l’échappée de mots parfois difficiles à exprimer. Nous embarquons alors pour un voyage au plus profond de son intimité.

Les rencontres s’enchaînent en ayant une particularité commune : leur intensité. Ainsi, il incarne tour à tour une mère algérienne se réfugiant dans sa cuisine, un père arménien trompant son réconfort avec des westerns, une grand-mère juive aimante et bienveillante ou une sœur aînée sombrant dans une folie que personne ne semble admettre…

Le texte est fort, puissant ; tandis que le jeu délivré par Mikaël Chirinian est dépouillé, tendre et saisissant. Les décors simples du début évoluent et s’épanouissent au fur et à mesure avec poésie jusqu’à un remarquable final. En définitive, tout dans cette pièce semble partir des ténèbres tumultueuses de la nuit pour finir dans l’éblouissement d’un soleil chaud nous effleurant…

À l’issue de la représentation, en applaudissant avec ferveur, ma voisine avait des larmes aux yeux. Mais il y avait également autre chose sur ce visage : un large et sincère sourire. Ce soir-là, elle a capté toute la force et l’espoir de cette pièce. Elle n’en était alors que plus vivante…

by Jean-Philippe 

L'ombre de la baleine

L’ombre de la baleine

De : Mikaël Chirinian et Océan
Mise en scène : Anne Bouvier
Avec : Mikaël Chirinian

Au Théâtre Lepic
1, avenue Junot
75018 Paris

jusqu’au 9 mars 2019

du mercredi au samedi à 19h30
le dimanche à 18h30

Share

Peau d’âne à Marigny : éblouissante fantaisie

Audacieux d’adapter un des chefs-d’œuvre de Jacques Demy, Peau d’âne, pour la scène.
Jean-Luc Choplin, le tout nouveau directeur du Théâtre Marigny, comble les passionnées de comédies musicales, les amoureux de contes à dormir debout et tous les spectateurs qui gardent leur âme d’enfant vissée au corps.
Un vent so 70’s souffle sur la scène du Théâtre Marigny pour le meilleur et l’enchantement jusqu’au 17 février 2019.

Peau d'âne

Une fantaisie totale

Forêt sur scène, boules à facettes, fée sur patins à roulettes, fleurs géantes, robes de princesse… Le directeur artistique, Emilio Sagi, et son équipe déploient un enchanteur cadre pour adapter ce conte connu de tous et toutes.
Un roi esseulé. Sa fille est belle comme un cœur si bien qu’il envisage de l’épouser. Une fée délurée à souhait vient jouer les farceuses en conseillant la pauvre enfant de retarder l’inévitable mariage.
Et un prince charmant.
L’histoire est simple, cousue de fils blancs ou d’or. Mais le charme est bel et bien intact. Surtout qu’Emilio convoque l’esprit et le kitsch de Jacques Demy et que les ritournelles de Michel Legrand sont intemporelles.

Peau d'âne

Marie Oppert qui incarne Peau d’âne est pétillante comme il se doit. La fée-marraine (Emma Kate Nelson) est délurée et drôle. La mère du prince charmant (Marie-Agnès Gillot) en fait des caisses avec sa robe, ses  bras, drama queen à mort, et ça nous plaît.

Je me souviens encore, enfant, d’avoir été étonné qu’un hélicoptère fasse son apparition en toute fin de film. Je trouvais que ça ne collait pas forcément aux contes que je découvrais. Mais ce détail-là m’a marqué suffisamment pour m’en souvenir, environ 30 ans après.
C’est aussi ça la beauté du spectacle vivant, pouvoir renouer avec ses souvenirs d’enfance, ces histoires qui ont marqué notre jeunesse et nous rappeler notre légèreté.

Peau d'âne

Peau d’âne

d’après un film de Jacques Demy adapté de Charles Perrault
Musique de Michel Legrand

Direction artistique : Emilio Sagi avec Daniel Bianco, Pepa Ojanguren, Eduardo Bravo et Nuria Castejon

Direction musicale : Thierry Boulanger et Patrice Peyrieras

Avec : Marie Oppert, Michael Denard, Emma Kate Nelson, Olivier Fredj, Marie-Agnès Gillot, Christine Gagnieux, Franck Lopez et la participation exceptionnelle de Claire Chazal.

Orchestre et Chœurs du Théâtre Marigny

Peau d'âne

au Théâtre Marigny
Carré Marigny
75008 Paris
Réservation : 01 76 49 47 12
billetterie@theatremarigny.fr

jusqu’au 17 février 2019

en soirée à 20h
en matinée à 15h le samedi et à 16h le dimanche

Image de prévisualisation YouTube
Share

Fragments de femmes : 1001 facettes de la femme d’aujourd’hui

Fragments de femmes au Théâtre de la Contrescarpe.
Trois actrices pétillantes nous délivrent les mille et une facettes de la femme d’aujourd’hui.
Une rencontre sans égale jusqu’au 3 janvier 2019.

Fragments de femmes

Fragments de femmes en solo, duo, trio

Au-delà et en-dessous des apparences, ces trois femmes nous invitent en plein cœur de leur intimité, de leur sensibilité, de leurs émotions…
Dans un florilège de solos, de duos, et même de trios, elles nous dressent avec talent une galerie de portraits de femmes contemporaines qui sont autant de masques affichés pour cacher leurs blessures…

D’ailleurs, ce masque, elles l’enlèvent pour le spectateur chanceux venu les écouter… On reçoit et comprend leurs envies, leurs rêves, leurs peurs, leurs incompréhensions des hommes, leurs déceptions, mais aussi leurs stratégies mises en place pour aller de l’avant !

Sans jamais baisser les bras, et toujours avec beaucoup d’humour, elles nous touchent dans leur lutte pour continuer à croire en l’amour véritable.

Fragments de femmes

Des femmes mises en lumière par des hommes 

Ce n’est pas un hasard si la pièce est adaptée par l’auteur, de son propre livre : Brèves de femmes (éditions Edilivre). Fabien Le Mouël a écouté et recueilli pendant des années les confessions de ses amies, avant de décider de les déposer à l’écrit, puis de les exposer à l’oral.

La mise en scène de François Rimbau est simple mais efficace. Trois cubes lumineux au centre de la scène, changent de place et de couleur au gré des humeurs des comédiennes…

La musique, toujours bien utilisée, nous rappelle quelques-uns des grands classiques du cinéma qui nous ont tous marqués.

Enfin, un corridor de souliers vides sur le devant de la scène, viendra nous rappeler que ces femmes n’ont visiblement pas encore trouvé chaussures à leurs pieds, sur le chemin de leur vie…

by Damien Val 

Fragments de femmes

Fragments de femmes 

Auteur : Fabien Le Mouël
Mise en scène : François Rimbau assisté de Fabien Le Mouël
Avec en alternance : Solène Gentric, Alix Schmidt, Cécile Théodore et Leanna Chea

au Théâtre de la Contrescarpe
5, rue Blainville
75005 PARIS 

 le mercredi et le jeudi à 21h30

jusqu’au 3 janvier 2019 

Image de prévisualisation YouTube
Share