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Trahisons à Avignon Off 2018 : l’amour et ses réminiscences

La complexité des liens rapprochant les hommes et les femmes reste pour le théâtre une source inépuisable d’inspiration. Deux hommes, une femme et l’amour. Avec Trahisons, Harold Pinter reprend les codes ayant fait le succès du vaudeville en y incorporant sa vision moderne, mouvementée et éclairée sur le sujet.
À travers la mémoire d’un trio amoureux, assistez au Théâtre Buffon à un surprenant voyage où chaque protagoniste compose sa propre vérité entre confessions, cachotteries et duperies…

Trahisons

Deux anciens amants se retrouvent. Deux ans se sont écoulés depuis leur séparation. La douceur des regards retrouvés contraste avec une nervosité ressentie. Passés les effluves réconfortants de la nostalgie, Emma prévient Jerry que son mari est au courant de leur liaison passée.

Mais il se trouve que Robert, le mari, est aussi le meilleur ami de Jerry.

Intrigués, nous voulons en connaître davantage sur ces vies entremêlées. Ainsi, une remontée dans le temps par étapes successives allant jusqu’à l’origine de cette relation triangulaire se met en place. Elle nous permet d’établir les liens entre ces personnages allant se croiser, s’aimer, se trahir ou se quitter…

Trahisons

Une interprétation juste

D’abord Yannick Laurent, jouant un amant attachant et tourmenté, pris au piège entre son amour pour Emma et son amitié pour Robert. Il est tellement préoccupé par l’impact de la révélation de l’adultère sur sa vie qu’il est incapable de voir ce qui se passe autour de lui.

Ensuite, en mari et ami bafoué, François Feroleto excelle… Personnage introverti et tout en retenue, nous devinons pourtant ses blessures. À travers son attitude, ses mimiques et surtout son regard, nous ressentons bien la fragilité de l’homme, impuissant, n’ayant d’autre choix que d’accepter une situation lui échappant.

Enfin, comme vous l’aurez deviné, Gaëlle Billaut-Danno est la femme. À la lumière du temps remonté, nous découvrons avec délicatesse sa quête de liberté et d’autonomie. Personnage mutin et ambivalent, elle incarne à merveille l’objet de tous les désirs mais également de toutes les incompréhensions des hommes.

Finalement, ce qui ressort indubitablement, c’est l’amour et l’attachement des personnages les uns pour les autres malgré l’issue ne pouvant être que fatale. D’où le choix judicieux de Harold Pinter de débuter par la fin d’une histoire dont la suite est impossible…

Pour conclure, une pièce à découvrir absolument !

Bonus : La transition des décors est orchestrée par un garçon espiègle, Vincent Arfa, dont le style apporte une agréable légèreté.

by Jean-Philippe

Trahisons

De Harold Pinter
Mise en scène : Christophe Gand
Avec Gaelle Billaut-Danno, François Feroleto, Yannick Laurent
et Vincent Arfa

à Avignon Off 2018

du 6 au 29 juillet à 19h55

au Théâtre Buffon
18, rue Buffon
84000 AVIGNON
Tel. 04 90 27 36 89

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Douce-Amère aux Bouffes Parisiens : une partition incroyable

Avec Douce-Amère, Michel Fau, passionné de textes oubliés, nous révèle une facette surprenante de Jean Poiret. Dans les années 70, l’auteur a croqué avec une justesse folle les réalités du couple, de l’amour et a saisi les contours d’une femme libre. Une pièce audacieuse, captivante et intelligente qui nous renvoie à nos propres questionnements intimes. 

Philippe a la clairvoyance d’observer que son couple est malade, proche de la fin. Il se rend vite compte aussi que Michel, son invité, est son « antidote » parfait pour que son épouse se détourne de lui. Mais il souhaite garder le contrôle et ne pas être totalement dessaisi de sa vie conjugale. Ainsi, il s’intéresse aux hommes de la constellation de sa femme.

Un texte d’une folle modernité

Le constat est saisissant :  les dialogues sont d’une intelligence, d’une finesse qui emporte. Cette histoire de couple nous révèle à notre propre vécu. Car oui, il faut avoir connu l’amour pour vibrer à l’unisson de ces personnages. Leur questionnement a été le nôtre ou le sera.
Écrite en 1970, ce texte corrosif à l’époque à l’humour un poil acide, résonne encore avec modernité aujourd’hui.

Comment éviter, une fois séparés, de se cogner au souvenir de lieux et décors que nous avons fréquenté avec notre ex ?
Dans quelle mesure effacer les traces de l’autre dans nos habitudes, notre nouvelle relation ?
Et quid de la vitale nécessite d’enchaîner sur un autre amour ou de succomber à sa pleine liberté ?

Le décor inspiré par le désigner Pierre Paulin, les costumes colorés, barrés, aux coupes improbables plantent le cadre de jeu so 70’s.
Mélanie Doutey est belle, vibrante, exaltée, irraisonnable face à un Michel Fau qui en impose en assurance, bons mots et cynisme.
Quant aux prétendants, ils composent à eux trois l’image de l’homme parfait. Michel (Christophe Paou) est cultivé, classe et raisonné, Stéphane (David Kammenos) un baroudeur aux cheveux ras, brut de forme et aventureux. Et Gilles (Rémy Laquittant) un petit oiseau tombé du nid, musclé et imberbe, peau parfaite, personnalité à façonner.

Douce-Amère, « une pièce imprévisible »
Lors de notre rencontre d’après représentation, Michel Fau nous a confié sa passion pour Jean Poiret et pour cette pièce à « l’écriture très sophistiquée et à la forme particulière. Il apprécie « ce qu’elle dit des différents fantasmes : charnel, platonique, virtuel… Les sentiments humains n’ont pas changé, à la différence des codes. »
Il ajoute au sujet du choix de remonter cette œuvre sortie de l’oubli : « Je n’aime pas les textes qui donnent des leçons. J’aime l’ambiguïté. C’est une pièce qui a des mystères. »
La complicité qu’il a avec son interprète, Mélanie Doutey est évidente. Il lui a offert un rôle en or : « ce qui est beau, c’est qu’Élisabeth est aussi fascinante qu’agaçante ! »

Et au sujet de sa nécessité de mettre en scène et jouer, Michel Fau a la parole sage : « Je suis un chef d’orchestre et c’est important que le metteur en scène soit sur le plateau. Certains metteurs en scène deviennent paranoïaques quand ils ne jouent pas, car ils finissent par se sentir extérieur à tout ce qui se passe sur le plateau.
Mes angoisses de metteur en scène sont calmées quand je monte sur scène. Et mon ego d’acteur est remis à sa place. »

BONUS : Michel Fau garde en continu un œil sur ses partenaires. Et il fait donc des notes, qu’il dépose en loges, après les représentations pour que les comédiens restent dans la vérité et la justesse de leur jeu et personnage. Classe ! 

Douce Amère

Douce-Amère
de Jean POIRET
mise en scène Michel FAU
avec Mélanie DOUTEY, Michel FAU, David KAMMENOS, Christophe PAOU, Rémy LAQUITTANT

jusqu’au 22 avril 2018

de mardi au samedi à 21h
en matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h

Bouffes Parisiens
4 Rue Monsigny
75002 Paris
Tel. 01 42 96 92 42

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Scènes de la vie conjugale : Personnaz & Casta intenses !

Marianne et Johan éprouvent leur amour. Mais au juste à quel point sommes-nous préparés à aimer ? Et si l’un des deux part est-ce la fin de tout ? Ingmar Bergman a su formidablement capter les écarts, les doutes et la dislocation d’un couple.
Scènes de la vie conjugale au Théâtre de l’Oeuvre est une leçon concentrée de nos vies amoureuses, tout à la fois passionnante, fine et juste. 


Étonnant de voir quelques bribes d’une de ses histoires d’amour sur scène. Quelques ?
Alors quand vous apercevez votre psy qui a été témoin de votre fin d’histoire sortir de la salle le même soir que vous, la fiction sait jouer à merveille avec la réalité.
Le théâtre est le reflet troublant de nos vies, certains soirs plus que d’autres. 

La force du texte de Bergman est de parler à tous, à toutes, d’avoir une résonance sur une faille, un malentendu, un échec, une vérité.
Raphaël Personnaz  et Lætitia Casta incarnent à merveille ce couple de trentenaires, petits bourgeois, au confort certain, à l’image soignée.

L’austérité assumée par le metteur en scène, Saffy Nebbou, peut décontenancer pendant les premières minutes de la pièce. Le jeune couple porte des tonalités ternes loin du glamour qui auréolent les interprètes.

« Je fais de mon mieux, je fais de mon mieux » Marianne

On comprend vite que le couple opère un équilibre périlleux. Que les 10 ans de vie commune ne sont pas si heureux. La complicité s’altère, les reproches et l’incompréhension balaient tout effort de tendresse.
Le cynisme de Johan est parfois si direct que les rires ne peuvent être retenus, même avec du Bergman.

« Nous sommes des illettrés » Johan

Aucun des personnages ne détient la vérité et pourtant leurs paroles sont souvent révélatrices et justes. Raphaël qui « aime quand le spectateur participe à la création » avoue au sortir de la représentation que la patience n’est pas sa qualité première alors que « les choses infusent progressivement au fil des répétitions et représentations. » Lætitia poursuit en avouant : « on cherche à être déstabilisé chaque soir. » Raphaël de conclure  : « c’est un peu malgré nous. »

Scènes de la vie conjugale est une pièce intense, dépouillée, troublante. À voir pour tenter de comprendre un peu mieux ce qui nous anime le cœur. 

Merci à Théâtre Parisiens associés pour cette découverte et la rencontre d’après spectacle.

Scènes de la vie conjugale

jusqu’au 28 mai 2017

du mercredi au samedi à 21h
matinées : samedi et dimanche à 17h

mise en scène : Safy Nebbou
adaptation de Jacques Fieschi et Safy Nebbou
avec Lætitia Casta et Raphaël Personnaz
assistante à la mise en scène : Natalie Beder
scénographe et collaboration artistique : Cyril Gomez-Mathieu

au Théâtre de l’Oeuvre
55, rue de Clichy
75009 PARIS

* Lætitia Casta contrôlant rigoureusement son image, nous avons fait le choix de ne pas la solliciter pour le selfie d’équipe et de la retirer de la photo de salut pour éviter tout désagrément.

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FOOD’AMOUR par Arnaud Lohyer la box pour un dîner de Saint-Valentin bluffant avec rose et pomme d’amour – Chef à domicile

Arnaud Lohyer créateur du concept Chef à domicile depuis 2009 lance la box pour les trentenaires pressés qui veulent se surprendre pour une Saint-Valentin à la maison.
Food’Amour c’est un menu de fête pour deux, avec la rose rouge pour sa belle et tous les ingrédients pour un dîner so romantic !

Notre équipe a eu l’honneur de goûter en avant-première aux bons petits plats de Food’Amour à l’atelier d’Arnaud Lohyer dans le quartier Ledru-Rollin. L’idée a germé en décembre. Il a fallu un mois environ pour la mise en place : conception du menu, l’assurance de l’apprivoisement en produits frais via un producteur fidèle, la réalisation du dossier de presse et du site. Les nuits blanches s’enchainent depuis plusieurs jours pour Arnaud et son équipe. Il garde pourtant le sourire en ce début de semaine avant le gros rush de vendredi.
Son inspiration pour cette box est née des produits de saison, de la volonté d’assurer une facilité de réalisation et le caractère sain de chaque ingrédient.

La box pour les amoureux est conçu pour que l’homme – voulant émoustiller gustativement sa belle – puisse réaliser ce menu en 30 minutes. Comment ?
La livraison sur Paris et sa région est assurée toute la journée de vendredi pour assurer la fraîcheur des produits. Un mode d’emploi simple pour mettre en assiette les différents plats accompagne l’ensemble.

Pour débuter après un petit K de caviar, le carpaccio de Saint-Jacques de Normandie. Car autre particularité du menu : tous les ingrédients sont made in France, excepté le pomelo… chinois. L’entrée aérée vous fait voltiger le palais.

Suit le sauté de veau du Limousin au gingembre – seul ingrédient aphrodisiaque de la soirée – goûteux, avec petit épeautre de biologique. La finesse prime avec des légumes fermes venus d’Ile-de-France et une viande qui se laisse découper à petits coups de fourchette.

Et on peut dire que l’on a chaviré avec la pomme d’amour qui finit en feu d’artifice de délices sucrés. Cette pomme est une sphère de chocolat blanc garnie de mousse vanille/calvados à cent lieux de la pomme de fête de foraine écoeurante et qui vous arrache un plombage au passage. Celle d’Arnaud est délicate.

Un menu sans fosse note pour laisser pleine mesure aux déclarations, baisers volés ou assumés et aux regards complices.

A noter que le chef gardera une oreille attentive toute la soirée via sa hotline. Il sacrifiera sa Saint-Valentin pour que celle de ses clients-convices soit inoubliable. Il semblerait qu’un coeur soit à prendre en cuisine. Affaire à suivre. Et bon à savoir, Arnaud ne serait pas contre de prolonger la livraison de sa box pour le samedi, pour les retardataires et tête en l’air. A bon entendeur.

Toutes les infos sur le menu de Saint-Valentin sur : http://www.chefadomicile-paris.com/Foodamour.htm

 

BONUS : Quelle est la plus belle leçon qu’Arnaud Lohyer ait reçu en cuisine ?

Il l’a tient du chef Pierre Gagnaire – le chef qui était le soir même de notre rencontre sur M6 dans Top Chef pour une apparition exceptionnelle.
« En commençant à travailler avec le chef stéphanois, j’ai appris à lire le produit, à chercher le goût, à leur accorder pleine attention et à sortir du carcan de la cuisine habituel. J’ai appris à cuisiner avec amour et à ne pas suivre la recette comme avec Ducasse, par exemple. Avec Pierre Gagnaire, on va au bout de l’équilibre. C’est un homme d’une grande humanité, il s’imprègne de tout le monde.
Ca n’a pas été facile de quitter Gagnaire. Partir c’est un peu renier. Je devais prendre mon envol. »

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