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Tablettes Démentes par la Maison du Chocolat : totale addiction

Décidément, l’inspiration de Nicolas Cloiseau n’en finira jamais de nous surprendre ! Son secret réside sans doute dans la manière à susciter le désir. Le fait d’amener de nouvelles saveurs à ses tablettes suffisait déjà à nous combler… Mais une fois de plus, ce Meilleur Ouvrier de France va y ajouter sa note personnelle afin de les transformer en Tablettes Démentes pour La Maison du Chocolat ! Le principe ? Déconstruire la tablette afin de multiplier par deux la source du plaisir… Maintenant, à vous de savoir si vous désirez partager ! 😉

tablettes démentes

Pour tous les goûts

Les Tablettes Démentes se déclinent en six combinaisons capables de satisfaire tout un chacun.

Tout d’abord, les régressives à souhait, fleurant bon les souvenirs d’enfance… Avec Blanc Frissonnant, au chocolat blanc et riz soufflé, légèrement vanillé, nous retournons directement dans une cour d’école. Quant à Noisettes Démentes avec son chocolat au lait et ses noisettes entières légèrement caramélisées, je voyais discrètement ma grand-mère, sourire aux lèvres, me chiper un carré, l’air de rien !

tablettes démentes

Ensuite, viennent Tapage Noisette avec sa bicouche chocolat noir, chocolat au lait noisette-éclats de noisettes et Cavale Fruits Secs au chocolat noir et éclats de fruits secs (noisettes, amandes et pistaches). Des tablettes certes plus classiques. Mais là où l’innovation semble moins évidente, le parfait équilibre des saveurs contraste le tout. Mon père peut vous le confirmer à en juger sa façon de partager sa tablette Cavale Fruits Secs

Enfin, celles que nous avons trouvées les plus gourmandes ! Pécan Blondinet, avec une couche chocolat blanc caramélisé et une chocolat au lait, noix de pécan. Probablement un des mélanges le plus subtil. Pour terminer, le coup de cœur unanime du blog : Passion Vibrante ! Une bicouche fruit de la passion, chocolat noir et crêpe dentelle. Chaque élément est présent en étant justement dosé afin de laisser ressortir uniquement les qualités de chacun.

Une présentation interactive

Lors de la soirée de découverte à l’Atelier des Chefs, nous avons eu la chance de pouvoir créer nos propres tablettes. Le coup de main n’est pas si évident.

tablettes démentes

Nous avons pu attester de la qualité des matières premières en les goûtant plusieurs fois. Dans un but d’éthique et d’objectivité, bien entendu ! De surcroît, Nicolas Cloiseau a clairement validé notre travail, ce qui nous a rendu assez fiers, nous devons l’avouer.

tablettes démentes

Malgré le fait que la chaleur s’installe, ne boudez pas ces tablettes, ce serait une erreur ! À vous de choisir de quelle façon vous souhaitez être raisonnable. Pour le chef de La Maison du Chocolat, c’est jusqu’à six kilogrammes de chocolat par mois ! Mais bon, comme il m’a dit droit dans les yeux : « Ça dépend du métabolisme de chacun ! »

by Jean-Philippe

Tablettes Démentes

Créations originales de La Maison du Chocolat

Collection de six tablettes vendues par deux pièces identiques
Poids entre 80 g et 100 g

Disponible en ligne et en boutique

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Mystères aux Tuileries : le surprenant adventure game du Musée du Louvre !

Situé en plein cœur de Paris, le jardin des Tuileries est l’endroit idéal pour qui désire se relaxer le temps d’une pause. Souvent traversé à la hâte, mais rarement observé dans le détail, que savons-nous de ce jardin maintes fois foulé pour rejoindre l’Étoile ?
Tout l’été, le Musée du Louvre, en partenariat avec GameScape, nous offre un jeu stimulant totalement gratuit pour (re)découvrir un décor aux mille secrets. Nous avons adoré !

Mystères aux Tuileries : La mission

Un archiviste du Louvre a retrouvé par hasard les plans d’énigmatiques colonnes érigées par André Le Nôtre, jardinier du Roi, peu de temps avant sa mort. Elles détiendraient le secret pouvant mener à un trésor jusqu’ici bien conservé…
Mais pour permettre à ces colonnes de s’ouvrir, il nous faut trouver un mot de passe…

mystères aux tuileries

Ainsi, comme seules pistes, nous avons un objet insolite, une lettre au contenu nébuleux, des plans d’époque et un décodeur d’un autre temps.

C’est parti !

mystères aux tuileries

Des surprises à foison

Nous commençons alors à sillonner le jardin à la recherche d’indices en rapport avec le peu que nous avons. De ce fait, nous l’observons bien plus attentivement et nous sommes surpris par tout ce que nous voyons. Les bassins, forcément, mais aussi les nombreuses statues et d’autres choses bien plus inattendues !

mystères aux tuileries

Des œuvres d’art contemporain sont disséminées un peu partout, à côté d’aires de jeux pour enfants, de divers kiosques et même de trampolines ! (D’ailleurs, nous les avons testés au cours de la mission mais, chut, ça reste entre nous…).

Autre curiosité : saviez-vous que Charles Perrault avait une statue en son honneur dans un des bosquets ?

La végétation est également surprenante… Ici, se dresse un jardin à la française étriqué tandis qu’à côté profite une petite jungle luxuriante, quasiment sauvage !

mystères aux tuileries

Le déroulement des énigmes

Le jeu est vraiment bien conçu et totalement adapté à l’endroit. Pour réussir, il faut, bien sûr, faire preuve d’une bonne observation, de pas mal de réflexion et d’un esprit logique.

Mais si vous êtes bloqués, pas de panique ! Vous avez deux indices à déchiffrer pour avancer. Et si vous n’y arrivez toujours pas, de nombreuses personnes du Louvre sillonnent le parc pour vous aiguiller. Ainsi, que vous soyez un joueur habitué ou novice, vous trouverez votre plaisir.

mystères aux tuileries

Nous avons particulièrement apprécié la qualité des supports ! Les parchemins, les visuels ou le souci du détail, tout est vraiment là pour rentrer dans l’histoire. Et ce n’est tout de même pas gagné lorsque le jeu se fait en plein air !

Au final, la seule chose nous ayant perturbé est une touriste américaine au goût vestimentaire incertain hurlant en voyant mon canotier : «Oh ! It’s so cute, it’s so French !!»... Ahem…

mystères aux tuileries

USofParis a particulièrement aimé :

  • Les supports !
  • Être en extérieur avec ce temps.
  • Se poser tranquillement sur les fauteuils verts pour réfléchir aux énigmes.
  • Discuter avec les passants intrigués autour de nous.
  • Pouvoir aller à notre rythme et du coup profiter du jardin en même temps. Notre équipe a mis environ deux heures.
  • Découvrir le lieu avec attention.
  • Pouvoir utiliser au moins une fois dans nos vies le théorème de Pythagore !
  • L’investissement du personnel du Louvre, pourtant peu habitué à ce genre d’expérience.

Lorsque vous arrivez enfin à découvrir le mot mystère, une véritable surprise vous attend ! Et si finalement l’aventure ne faisait que commencer ?… 😉

by Jean-Philippe

Mystères aux Tuileries

Du 6 juillet au 25 août 2019 au jardin des Tuileries.

Tous les jours de 11h à 17h.

Sessions nocturnes jusqu’à 20h les mercredis et vendredis, et les samedis 6 juillet et 3 août 2019.

Jeu gratuit, conseillé par équipes de 2 à 4 dès 12 ans.

Réservations : mysteres-aux-tuileries-l-adventure-game-du-louvre

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La Rose du Louvre, délicate rencontre entre Othoniel et Rubens

Qu’il est bon de stimuler un esprit créatif déjà foisonnant ! Afin de célébrer les trente ans de la Pyramide, le Musée du Louvre a laissé libre cours à Jean-Michel Othoniel pour une création originale : La Rose du Louvre.

Outre l’attrait artistique de cette installation composée de six peintures inédites, c’est tout le processus menant à sa création qui nous a saisis. En effet, chaque œuvre possède en elle un point de départ, une histoire et des anecdotes… C’est cette âme insufflée par l’artiste qui en donne tout le caractère, la beauté et la pérennité. Alors, prêts à partir à la rencontre de La Rose du Louvre ? 😉 

Othoniel

Un voyage dans le temps 

Lorsque Jean-Michel Othoniel évoque ses souvenirs, il se métamorphose. Son visage s’illumine, ses yeux pétillent et son sourire devient malicieux. Il évoque son enfance marquée par la nature à observer les végétaux et composer des herbiers. Mais également son job d’étudiant comme gardien au Musée du Louvre.

«Dans l’ancien musée, celui d’avant la Pyramide ! Nous changions de salles tout le temps. J’étais un piètre gardien d’ailleurs… Je passais plus de temps à observer les œuvres autour de moi plutôt que le public ! Revenir ici n’est pas sans émotion…»

Othoniel

Lorsque le Louvre le contacte pour les trente ans de la Pyramide, l’artiste appréhende le musée d’un œil nouveau en quête d’inspiration.

«Je me suis intéressé à la symbolique des fleurs dans la peinture. Elles transmettent des choses et amènent du sens. C’est un peu comme la 3D dans les films ! Puis elles sont populaires, universelles et peuvent même être des emblèmes comme avec la révolution des œillets ou celle du jasmin.»Othoniel

Toutes ces recherches font d’ailleurs l’objet d’un recueil atypique que nous vous recommandons : «L’herbier merveilleux».

 

L’emplacement idéal

En déambulant à la recherche de sa muse, Jean-Michel Othoniel remarque un détail du tableau de Rubens «Le mariage de Marie de Médicis et d’Henri IV». Au pied des mariés gît une rose, délicate, subtile et furtive, tel un pinceau essuyé sur la toile.

Othoniel

«C’est la reine des fleurs, elle inaugure l’histoire à venir ! C’est exactement ce qu’il fallait pour le Louvre !»

S’ensuit alors la réalisation de six tableaux à l’encre sur feuilles d’or, représentant chacun une variation de cette rose de Rubens.

Quant au choix de l’endroit, la cour Puget s’est assez naturellement imposée. Effectivement, six tableaux pour les six niches vides entourées d’anciennes statues venues du Château de Versailles, représentant les différentes saisons. La Rose du Louvre ne pouvait que s’y épanouir !

Othoniel
Selfie original pour USofParis

En quittant le musée, j’en profite pour faire un détour par le Kiosque des Noctambules. Même artiste mais autre œuvre, autre époque, autre style et donc autre histoire. Alors, je m’arrête un instant, j’observe et j’imagine. Amusé, je me rends compte que j’arbore un petit sourire à la Jean-Michel Othoniel. 🙂

by Jean-Philippe

Jean-Michel Othoniel au Louvre
La Rose du Louvre

Jusqu’au 24 février 2020

Cour Puget

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

À découvrir également le livre :
L’herbier Merveilleux de Jean-Michel Othoniel
Coédition Musée du Louvre éditions / Actes Sud

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Femme, Femme, Femme au Théâtre Lepic : addictives Divalala

« Un de perdu, dix de retrouvés ! »
En réalité, lorsqu’on se fait larguer, ce qu’on récolte, ce sont plutôt dix névroses… Après une (lente) période d’agonie, surgissent des questions sur la vie, les imbéciles dans nos vies, le temps qui passe ou encore nos innombrables forces et nos négligeables faiblesses. Il en résulte un sujet de prédilection pour les chansons de variété ! Avec Femme, Femme, Femme au Théâtre Lepic, les Divalala explorent avec ingéniosité ces tubes où les femmes sont mises en lumière. Grâce à leur univers atypique, drôle, sensible et délicieusement glamour, vous allez succomber !

Les divalala

Autant vous le dire tout de suite, je me suis totalement laissé surprendre par les Divala ! Le concept est pourtant simple : reprendre des chansons a capella en y ajoutant une note personnelle. Et c’est justement là où la magie opère !

Alors, bien entendu, il y a de grands classiques comme Clara Luciani, Stromae ou Beyoncé. Mais aussi des plaisirs inavoués (pas totalement assumés) comme Herbert Léonard ou Jean-Pierre François. Il nous arrive même de vouloir les accompagner. Sincèrement, massacrer du Lara Fabian en s’époumonant, ça n’a pas de prix !

Là où le spectacle se démarque, c’est dans sa subtilité et son talent. Déjà parce que vocalement, on tombe sous le charme… En effet, les trois voix s’expriment en toute complémentarité. Tantôt séductrices, espiègles ou passionnées, elles sont toujours justes,  complices et pétillantes. Pour vous dire, elles arrivent quand même à rendre Ophélie Winter classe… Quant aux reprises, il m’est arrivé d’en trouver certaines plus abouties que les originales !

Il y a également de nombreux et étonnants accessoires. Ici, une flûte de pan improvisée avec des bouteilles de champagne et de bière, là, des verres-percussions plus ou moins remplis d’eau ou encore une cravate-vibraphone… L’ensemble formé est ainsi astucieux et subtil. À chacun de trouver le message délivré !

L’amie qui m’accompagnait ce soir-là était plutôt d’humeur mélancolique. Au final, elle a beaucoup ri, un peu pleuré mais elle a surtout beaucoup vibré. De là à dire que les Divalala sont un remède miracle, ce serait exagéré… Néanmoins, elles permettent probablement de donner l’impulsion à un lâcher-prise nécessaire pour avancer ou tout simplement de se faire plaisir.

Alors, ça vaut le coup de tenter, non ? 😉

Bonus : Si vous êtes gentils (comme moi), vous aurez droit à une bise à la fin du spectacle !

by Jean-Philippe 

Les divalalas

Femme, Femme, Femme

Avec les Divalala : Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine
Mise en scène : Freddy Viau

du 1er au 9 mai
les mercredis et jeudis à 21h

au Théâtre Lepic
1, avenue Junot
75018 Paris

Et le 18 mai à 20h

Au Théâtre Le Blanc-Mesnil

1-5 place de la Libération
93150 Le Blanc-Mesnil

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L’Affranchie : révélation ardente au Théâtre de Nesle

Le travail de construction identitaire menant à notre épanouissement personnel est fastidieux, surtout si nous évoluons dans un milieu hostile…
L’Affranchie, c’est
une femme qui était sous le contrôle d’un entourage malveillant lui délivrant avec parcimonie des échantillons de sa vie. Mais un jour, elle trouve la force de briser son flacon d’existence. C’est ainsi que vous sentirez se répandre, au Théâtre de Nesle à Paris, le souffle libérateur et enchanteur d’une personne s’éveillant de nouveau à la vie.

L'AffranchieAlice nous accueille dans son nouvel appartement où tout est à construire. Elle espère y recevoir bientôt son fils qu’elle n’a pas revu depuis la plus tendre enfance. En attendant, elle commence à faire du tri dans ses cartons, mais également dans son esprit, en se remémorant son passé.

Après avoir perdu sa mère à 4 ans, Alice grandit au sein d’une famille recomposée. Avec son frère adoptif Vincent, elle partage un amour fusionnel, passionné, au point de tomber enceinte à l’âge de 13 ans. En conséquence de quoi sa mère de substitution demande la garde de l’enfant et la fait interner jusqu’à ses 18 ans, ne supportant pas cette grossesse précoce et quasi-incestueuse.

Aujourd’hui, libérée de sa camisole chimique annihilante, Alice découvre qu’elle possède un don. En effet, elle développe une hyper-sensorialité transformant son rapport au monde en un instant serein et éternel. Alors, sans amertume, elle part à la redécouverte du bonheur et tend à retrouver l’amour de son fils.

L affranchie

Pauline Moingeon Vallès incarne avec ferveur un personnage prenant, troublant et extrêmement attachant. Lorsque le visage d’Alice s’illumine enfin, vous sentez presque de la chaleur vous atteindre, c’est un enchantement…

Ce seule-en-scène dégage énormément d’espoir. Il nous rappelle qu’en dépit de situations difficiles, il faut toujours croire en notre propre force. C’est le sel de notre vie, accordant toute sa saveur aux moments vécus, en nous reliant les uns aux autres…

by Jean-Philippe
Pièce vue au Théâtre La Croisée des Chemins

L'affranchie

L’Affranchie

Auteur et Interprète : Pauline Moingeon Vallès
Metteur en scène : Elise Touchon Ferreira

mercredi 13 et 20 mars 2019 à 19h30
vendredi 15 et 22 mars 2019 à 21h 

au Théâtre de Nesle
8, rue de Nesle
75006 PARIS

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Deux frères et les lions au Poche-Montparnasse : caustique et espiègle

La réussite advient bien souvent d’une revanche à prendre sur la vie. Avec Deux frères et les lions, nous en avons l’exemple probant.
En effet, des frères jumeaux issus d’un milieu modeste vont construire au fil du temps un solide empire financier. Inspirant mystère, admiration ou convoitise, il semblerait que leur influence soit illimitée. Et pourtant… Un évènement, aussi surprenant qu’inattendu, va les bousculer… Au Théâtre de Poche-Montparnasse, découvrez une pièce où se mêlent adroitement esprit, satire et bonne humeur ! 

Tandis que nous attendions sagement d’être placés, des scones et des tasses de thé bien chaudes nous sont proposés. C’est assez inhabituel, mais loin d’être désagréable vu le temps. Mêlé au salon cossu d’influence britannique présent sur scène, nous sommes tout de suite pris au jeu et transportés dans une ambiance intimiste. L’endroit est propice aux confessions !

Deux hommes nous livrent alors leur histoire. Nés en Écosse, ces  jumeaux grandissent en ayant l’ambition de faire partie de ceux qui ont marqué le monde. Ainsi, avec un peu d’audace, un talent avéré et la conjoncture aidant, ils nous racontent leur ascension fulgurante, au point de devenir une des plus importantes fortunes de Grande-Bretagne.

Forts de leur succès, ils achètent une île afin d’y vivre à l’abri du monde alentour, cultivant une image énigmatique. Cependant, cette île Anglo-normande a plusieurs particularités. Outre le fait d’être un paradis fiscal, elle est toujours régie par un droit féodal ! Ce qui complique la transmission de cette propriété à leurs filles respectives… De ce fait, les deux frères vont devoir faire face à d’insolites déconvenues. Vont-ils vaincre le droit normand ?

Deux frères et les lions

Deux frères et des lions : votre soutien compte !

Nous prenons un véritable plaisir à suivre les aventures de ces deux frères, brillamment interprétés par Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Romain Berger. Tantôt drôles ou sérieux, ils ne jouent pas la simple carte du mimétisme gémellaire mais bien de la complicité. L’interaction avec le public est effective par de petites attentions et un rapport scène-salle quasiment inexistant. D’ailleurs, après les derniers mots s’installe naturellement une conversation avec les comédiens afin de prolonger un peu ce moment !

Le texte est aussi subtil que l’interprétation. Malgré des termes abordés parfois délicats tels que le capitalisme, le féminisme, la famille ou les traditions ancestrales, il n’y a ni jugement, revendication ou provocation. Le message délivré par cette pièce est multiple et universel. Libre à chacun d’y trouver le sien ! Étant ce jour-là avec mon frère de cœur, j’ai opté pour l’optimisme et la force. Ensemble, tout est possible. 🙂

Très librement inspirée d’une histoire vraie, les deux frères tentent d’interdire l’utilisation du texte et l’exploitation de la pièce. Certains se battent pour changer un droit féodal alors pourquoi ne pas défendre la liberté d’expression et la diffusion d’un art fragile mais néanmoins nécessaire ?

Que ce soit par conviction ou simplement pour passer un bon moment, vous savez où aller !

Bonus : Vous l’aurez compris, le spectacle commence avant le lever de rideau, alors n’hésitez pas à arriver un peu en avance… 😉

by Jean-Philippe

Deux frères et les lions

Deux frères et les lions

De : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
Avec : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, Lisa Pajon et Romain Berger
Mise en scène : Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Vincent Debost

du mardi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 15h.

jusqu’au 17 mars 2019
Relâches exceptionnelles les 25 et 26 février; 8 et 13 mars.

au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard de Montparnasse
75014 Paris
Tél. 01 45 44 50 21

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Un rêve d’Italie – Collection Campana : l’ambition d’un homme passionné

Faut-il nécessairement choisir entre rêve et vie ? Au final, l’un et l’autre ne restent qu’une question de désir… Un rêve d’Italie au Musée du Louvre présente celui du Marquis Campana. Un homme dont la passion dévorante lui a permis de constituer une des plus importantes collections privées du XIXème siècle.
Dispersée aujourd’hui, cette collection a servi à étoffer de nombreux musées dont celui du Louvre ou de l’Ermitage de Saint-Saint-Pétersbourg. Comme un hommage, ils s’associent afin de nous livrer un rare et magnifique aperçu d’un héritage sans égal.

Collection CampanaCollection Campana

La volonté d’un homme

Le marquis Giampetro Campana a eu la chance de vivre dans une période de pleine effervescence, propice aux explorations archéologiques. Il est totalement fasciné par l’aspect pédagogique mais également par la mémoire intrinsèque de ces découvertes. C’est pourquoi il sillonne très tôt l’Italie afin de rassembler des œuvres en tout genre. Son désir est d’offrir une vision globale de l’art italien.

Il s’agit pour lui d’un vaste projet culturel mais également politique. En effet, dans une nation encore divisée, il cherche à unir ses habitants grâce au génie de leur patrimoine riche et foisonnant. Il finance alors ses propres fouilles archéologiques mais ce n’est pas suffisant. Profitant de son poste de directeur du mont-de-piété à Rome, il agrandit assez rapidement sa collection, de façon plus ou moins légale…

Attisant les jalousies, le marquis est arrêté et emprisonné en 1857. S’organise alors une vente historique de plus de 12 000 pièces ! De nombreux pays se portent acquéreurs dont la France, la Russie et la Grande-Bretagne.

Ironie du sort : c’est au même moment qu’a lieu l’unification italienne. Bien que la finalité n’était pas celle désirée, le rêve de Giampetro Campana se réalise d’une certaine façon…

Collection CampanaCollection Campana

Des goûts éclectiques

Vous l’aurez bien compris, le marquis est un collectionneur boulimique, que tout passionne. Ainsi, son immense collection se caractérise par sa diversité dont voici un petit aperçu…

Tout d’abord les vases antiques. À eux seuls, ils fournissent une encyclopédie de la céramique et de la peinture sur vase. Ensuite, de nombreuses terres cuites avec statues, urnes funéraires ou plaques à décor figuré. D’ailleurs, Giampetro Campana en était tellement friand qu’il les a rebaptisées les «plaques Campana» !

Les bronzes honorent les objets du quotidien tels que miroirs ou figurines, mais aussi de nombreuses armes. Elles évoquent au marquis les exploits des guerriers italiens. Quant aux sculptures antiques et de la renaissance, nombreuses et variées, elles tentent de rivaliser avec les grandes collections romaines des Borghèse ou des Ludovisi.

Les peintures sont particulièrement représentées. Se mêlent alors toutes les époques, techniques, formats ainsi que l’évocation des différentes écoles régionales (toscane, florentine, Italie du nord…).

Les bijoux et monnaies montrent à l’Europe la virtuosité des orfèvres de la péninsule. Les verres ne sont pas en reste avec des vases à parfum, des coupelles… Autant d’objets préfigurant les plus belles créations de Murano. Nous sommes également surpris par de magnifiques majoliques, faïences typiques de la renaissance italienne.

Et, enfin, les objets de curiosité. Totalement inclassables et surprenants ! Fragments de mobiliers, épingles, instruments de musique mais également de plaisir…

En arrivant, une citation un peu présomptueuse attise la curiosité. Pour autant, après avoir visité cette exposition, nous ne pouvons que la partager…

« C’est une histoire belle comme une légende que celle de la collection Campana et pourtant une histoire vraie… »

by Jean-Philippe

Collection CampanaCollection Campana

Un rêve d’Italie. La collection du marquis Campana

Jusqu’au 18 février 2019

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h.
21h45 les mercredis et vendredis.
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45.

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

Collection Campana

Collection Campana

Collection Campana

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L’ombre de la baleine au Théâtre Lepic : éloquent message personnel

Même si elle reste une composante indissociable de notre personne, la famille n’est pas forcément une bénédiction… Avec L’ombre de la baleine, Mikaël Chirinian se sert des personnages de son roman préféré Moby Dick comme point de départ à une subtile et ingénieuse délivrance.
Au Théâtre Lepic, laissez-vous saisir par cette brillante aventure. Car une chose est sûre, ce récit, intelligemment mené où les mots délivrent enfin des maux, vous touchera intimement…

L'ombre de la baleine

En arrivant dans la salle nous attend sur scène un décor sobre et neutre. Cependant, l’impression de vide fait naître en nous une étrange sensation de duperie. Tandis que nos sens sont en alerte, Mikaël Chirinian surgit du fond de la pièce. Dès les premiers mots, nous sommes captivés. Déjà par son charisme immédiat, mais surtout par la douceur et l’éclat émanant de son regard.

Un pantin articulé l’accompagne. Il s’agit de son double lorsqu’il était encore enfant. Cette ombre de lui-même facilite l’échappée de mots parfois difficiles à exprimer. Nous embarquons alors pour un voyage au plus profond de son intimité.

Les rencontres s’enchaînent en ayant une particularité commune : leur intensité. Ainsi, il incarne tour à tour une mère algérienne se réfugiant dans sa cuisine, un père arménien trompant son réconfort avec des westerns, une grand-mère juive aimante et bienveillante ou une sœur aînée sombrant dans une folie que personne ne semble admettre…

Le texte est fort, puissant ; tandis que le jeu délivré par Mikaël Chirinian est dépouillé, tendre et saisissant. Les décors simples du début évoluent et s’épanouissent au fur et à mesure avec poésie jusqu’à un remarquable final. En définitive, tout dans cette pièce semble partir des ténèbres tumultueuses de la nuit pour finir dans l’éblouissement d’un soleil chaud nous effleurant…

À l’issue de la représentation, en applaudissant avec ferveur, ma voisine avait des larmes aux yeux. Mais il y avait également autre chose sur ce visage : un large et sincère sourire. Ce soir-là, elle a capté toute la force et l’espoir de cette pièce. Elle n’en était alors que plus vivante…

by Jean-Philippe 

L'ombre de la baleine

L’ombre de la baleine

De : Mikaël Chirinian et Océan
Mise en scène : Anne Bouvier
Avec : Mikaël Chirinian

Au Théâtre Lepic
1, avenue Junot
75018 Paris

jusqu’au 9 mars 2019

du mercredi au samedi à 19h30
le dimanche à 18h30

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Kiss & Cry à La Scala : entre poésie et douce mélancolie



«La poésie est mémoire, mémoire de l’intensité perdue». Grâce à cette citation de Yves Bonnefoy, nous captons l’essence même de la création Kiss & Cry présentée en ce mois de décembre à La Scala Paris. En effet, cette performance hybride au style propre explore avec éloquence cette sensation nécessaire, aussi vibrante que pesante dont nous ne pouvons nous défaire : le souvenir. 

Dès notre arrivée, la scène interroge. Nous avons l’impression d’être en coulisses. Alors, à côté de caméras se mêlent un aquarium, une maison de poupée ou encore un circuit de train électrique. Et, trônant au dessus de tout ça, un grand écran blanc, vide.

Kiss & Cry

Lorsqu’il s’allume, voix off, vue sur un décor de gare avec une femme, seule. Elle s’appelle Gisèle. Nous apprenons qu’en voyant défiler les trains, elle se rappelle le délicieux moment où, pour la première fois, elle s’est mise à aimer… L’unique souvenir de cet instant précieux se résume à une main. Mais aujourd’hui encore, il résonne en elle. Suivront ensuite quatre histoires à la durée, à l’intensité ou à l’impact différents. Débute alors devant nos yeux un tendre voyage au plus intime de sa mémoire…

Comme un hommage à ce premier amour, ce sont les mains qui s’expriment. Passés les premiers sourires, nous sommes étonnés et saisis. Ainsi, il se dégage volupté, grâce et profondeur de ces membres dansants et virevoltants dans un délicieux ballet. Accompagnés de musiques judicieusement choisies, nous vibrons avec ces corps s’aimant un temps, se séparant ou se retrouvant…

Kiss & Cry

Un style inédit

Le fait que les scènes soient filmées devant nous, en direct, rend chaque représentation unique et atypique. C’est fascinant de distinguer le rendu de l’œuvre pendant sa création. Deux moments, deux perceptions, deux effets, à nous de choisir si nous préférons observer les coulisses plutôt que l’écran !

En réalité, il est assez difficile d’exprimer par écrit le ressenti de cette expérience totalement innovante. Car clairement, Kiss & Cry n’est pas du genre à s’expliquer, il se vit ! Et ce soir-là, au vu de la durée des applaudissements, aucun doute que le spectacle en a fait vivre plus d’un… 😉

Bonus : Vous avez aimé Kiss & Cry ? Découvrez le reste de la trilogie avec Cold Blood et AMOR à partir de janvier à La Scala !

by Jean-Philippe 

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Kiss & Cry

De Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormaelen
création collective avec Grégory Grosjean, Thomas Gunzig, Julien Lambert, Sylvie Olivé, Nicolas Olivier, Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean

Jusqu’au 31 décembre 2018

du mardi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

à La Scala Paris 
13, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30

 

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Pupille de Jeanne Herry : sensible et prenante aventure humaine

Hormis pour les personnes directement impliquées, tout ce qui entoure l’adoption reste une obscure nébuleuse. Avec Pupille, Jeanne Herry nous offre un regard précis, intense et juste sur la période allant de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption. Les maillons d’une chaîne humaine et bienveillante se mettent alors en place pour conserver ce qui importe le plus à la venue au monde d’un enfant : le lien d’attachement.

Pupille

Un sujet délicat

Le thème n’a pas réellement été choisi par Jeanne Herry, il s’est plutôt naturellement imposé. En effet, l’appel d’une proche a tout déclenché. Après des années d’attente, cette amie allait enfin devenir mère grâce à l’adoption. Dans l’euphorie, les langues se délient. En marchant dans la rue, la réalisatrice se rend compte qu’elle ignore beaucoup de choses sur le processus par lequel son amie est passée.

Sa curiosité prend le dessus. Des échanges avec une assistante sociale retraitée lui font découvrir les dessous d’un univers méconnu. À partir de là, les rencontres se multiplient et la trame de son futur film se dessine !

« J’ai l’impression d’avoir été dans une place centrale, en regardant tous les points de vue, tous les personnages et tous les enjeux. »

Elle a été frappée par les mots et les rapports aux mots employés par les différents travailleurs sociaux. Mais également par l’investissement, l’accompagnement ou les difficultés d’entretenir la juste distance avec l’autre.

« Je voulais interroger le moment où le bébé passe des bras d’une mère biologique à une mère adoptive, en passant par beaucoup d’autres bras. »

C’est donc autour de Théo que vont s’articuler tous les personnages, et ils sont nombreux ! Une attention particulière est donnée au regard qui se retrouve être le fil conducteur du film. Nous ressentons les émotions, les craintes mais aussi la joie de tout le monde, même du plus petit rôle n’intervenant que quelques secondes… Car le regard exprime bien plus que les mots et surtout, il ne trompe pas.

PupillePupille

Casting d’exception !

Sandrine Kiberlain combine assurance et fragilité dans la peau de cette éducatrice spécialisée qu’elle incarne à merveille. Elle apporte de la fraîcheur, de la légèreté et nous fait sourire par ses obsessions autant qu’elle nous touche par ses sentiments. Elle est fidèle à elle-même, bref, une fois de plus, on l’adore !

Ensuite, Gilles Lellouche campe l’assistant familial. Il va accueillir Théo de sa naissance jusqu’à son adoption. Au début, ce choix déroute, surprend puis convainc. Sa carapace de virilité d’ours révèle donc une sensibilité cachée. Sa délicatesse, sa retenue et sa pudeur nous touchent et nous font découvrir une nouvelle facette du comédien. Mais on vous rassure, il conserve quand même quelques blagues lourdes nous faisant rire ! Il faut bien donner le change. 😉

Enfin, Elodie Bouchez submerge… Au début, son côté effacé et candide ne marque pas les esprits voire agace. Tandis que le film avance (ainsi que les années), elle prend de l’assurance, s’émancipe et surprend. On ne la voit pas du tout venir et, d’un coup, elle se révèle. En mère en devenir, elle finit par pleinement rayonner et c’est beau, très beau… Lorsqu’elle rencontre Théo pour la première fois, je dois vous avouer que des larmes ont perlé le long de mes joues alors que je suis plutôt du genre insensible et cynique. Mais chut, ça reste entre nous…

Tourné avec authenticité et passion, Pupille retrace fidèlement un de ces moments où la vie n’en finit pas de nouer ses complications. Pour autant, il est générateur d’espoir et malgré un sujet difficile, il nous rappelle la bonté dont peut être capable l’être humain. Et ça fait du bien… 🙂

Merci à Ciné + pour cette belle découverte. 
Les vidéos de la rencontre sont en ligne

by Jean-Philippe 

Pupille

Pupille

Un film de Jeanne Herry

Avec Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Clotilde Mollet et Olivia Côte

Sortie le 5 décembre 2018

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