Archives de catégorie : Exposition

Les expositions du moment à ne pas manquer

LES BAINS DOUCHES: du club branché à la résidence de street artistes internationaux : C215, l’Atlas, Nasty, Villeglé, Mesnager, YZ…

L’histoire récente de Paris est riche de lieux mythiques.
Alors lorsque l’on nous propose de visiter un des spots les plus emblématiques des nuits parisiennes fermé depuis 3 ans, l’équipe ne se fait pas prier.
Et cela pour une visite exclusive car malheureusement le chantier-résidence est fermé au public.

Imaginer LES BAINS DOUCHES – l’ancien décor hype des aficionados de la night et des VIP de passage à Paris, comme Prince, Keith Haring et Jean-Michel Basquiat –
qui reprend vie à la force de bombes aérosol, de collages, recyclages impressionnants ou de coups de craie, sur plus de 3 000 m².

Photo Jérome Coton

Depuis sa fermeture, l’ancien immeuble s’est vidé de presque tous ces occupants.
L’opportunité pour la galerie Magda Danysz de créer dans ce lieu une résidence d’artistes contemporains, essentiellement des street artistes, un projet unique avant que la réhabilitation du lieu ne débute.
Car l’actuel propriétaire souhaite faire des Bains, un hôtel et un restaurant.

Photo Jérome Coton1

Sur 6 étages, jusque dans les sous-sols de l’ancien club, les appartements et espaces sont investis par des œuvres achevées ou en cours de réalisation.
C’est aussi l’originalité du projet : pouvoir mettre en place une résidence d’artistes dans le lieu même de leur création. Un appartement a été réaménagé afin de pouvoir accueillir 1 à 2 artistes et surtout de permettre aux créateurs étrangers de se loger à Paris.

Photo Stéphane Bisseuil

Une visite très privée donc pour notre équipe au milieu des plus grands noms de la scène street-art contemporaine.

Au préalable de ce projet, chaque artiste invité a visité les lieux pour choisir le décor de son intervention in-situ.
Aussi étrange que cela puisse paraître, parmi la quarantaine de noms, jamais deux artistes n’ont voulu le même décor.
Certains n’ont pas manqué de partager: “pour une fois que je peux rentrer!”

Nous vous proposons de découvrir quelques-unes des pièces que nous avons jugées incontournables dans leur état d’avancement ou achevées.

Commençons par Sambre et sa sculpture monumentale en 3D.
Pour créer son installation, l’artiste a récupéré la totalité du parquet d’un appartement, situé un étage plus haut.
Un globe en bois, comme une boule à facettes, qui se répand de part et d’autre d’un trou béant creusé dans le plancher d’un appartement.
Pour cet artiste ardéchois, ne connaissant pas les belles heures des Bains, la volonté était d’être en accord avec l’architecture du lieu.

L’avantage de cette résidence, actuellement en travaux, est de me mettre à disposition du matériel aux artistes
Comme un marteau-piqueur pour creuser le plancher de l’intervention de Sambre ou un échafaudage pour Parole.

Photo Stéphane Bisseuil

Pour faire lien avec Sambre, le travail de Julien Seth.
Cette création se trouve à l’étage au dessus de celle de Sambre. Et ce détail a son importance.
En effet, c’est dans cet appartement que Sambre a retiré tout le parquet, donnant encore plus de force au travail de Seth.
Sa création apparaît comme une note suspendue dans cette chambre isolée.

Les couleurs, la poésie de son travail apportent un souffle de vitalité et de légèreté dans cet environnement fantomatique.

Précision, minutie et  émotion.
Ce sont les premières impressions que nous laisse une des œuvres de Philippe Baudelocque.
Il travaille à la craie uniquement. Et cette chouette traduit parfaitement la rigueur qu’imposent ses créations.
Un véritable moment de joie visuelle, d’une discrétion déroutante.

Présent lors de notre visite, l’artiste s’adonnait à dessiner sur un coin de pilier, encore vierge, dans l’ancienne boîte de nuit.
Son travail reste un coup de cœur de la visite !

Dans un style tout autre, il faut reconnaître la finesse du trait d’YZ.
Dans les étages supérieurs du bâtiment, son art léger et figuratif  surplombe les autres créations.

Photo Jérome Coton

L’utilisation du noir et blanc et des dégradés de gris donnent au lieu, abandonné de toute vie, un caractère de recueillement et de plénitude.

Au cours de notre visite, nous rencontrons aussi deux autre artistes en plein travail.
SOWAT qui s’inspire de la calligraphie “cholo writing” initiée à Los Angeles par Chaz Bojorquez.
Gilbert1, lui, s’est installé dans la loge de l’ancienne concierge pour une intervention faite de recyclage de tout ce qu’il a trouvé dans le chantier.
Sa dernière découverte, surprenante: la carte de crédit de l’ancien gérant de la boîte de nuit, a désormais toute sa place dans son installation.

Au détour d’un mur, la trace du passage de Jacques Villeglé – invité par SOWAT – qui impose aux visiteurs, un silence poétique.

Dernier coup de projecteur sur une intervention que n’aurait pas reniée l’artiste François Morellet.
L’une des rares artistes plasticiennes à investir ce lieu est Jeanne Susplugas.

Et cette œuvre résume parfaitement la situation à la fin de la visite: une addiction totale à ce lieu.
Et l’on vous avoue. On n’aurait pas bouder notre plaisir de passer encore quelques heures à voir les créations en devenir, sous le regard des deux premiers artistes à avoir laissé leurs marques sur les murs.
L’Américain Futura, composa une fresque en 1985 et Space Invader colla deux mosaïques en 2002. Des interventions à retrouver dans la boîte de nuit et qui ont résisté aux années de folie.

L’aventure est à suivre, en photo et en vidéo, sur le site:
www.lesbains-paris.com

Et dans l’ouvrage LES BAINS, résidences d’artistes aux Editions Drago
regroupant les photographie de Stéphane Bisseuil et Jérôme Cotton

Exposition des photographies jusqu’au 27 juillet 2013
à la Gallery Magda Danysz
78, rue Amelot 75011 PARIS

Un grand merci à notre “guide-conférencière” Clémence ! 

Share

Exposition spectaculaire : DYNAMO un siècle de lumière et de mouvement dans l’art au Grand Palais

Funfair @ Le Grand Palais, Paris.
DYNAMO, the spectacular new exhibition in Paris untill 22 July.

Fête foraine arty au Grand Palais avec le tourbillon DYNAMO.

Compositions visuelles abstraites, kaléidoscopes, miroirs transcendants, installations ludiques et autres objets cinétiques vont stimuler vos pupilles et zygomatiques jusqu’au 22 juillet.
Les Galeries nationales du Grand Palais s’ouvrent dans l’intégralité de leurs 4 000 m²  pour une exposition dense, spectaculaire et euphorisante.
Une première en France: l’art érudit est grand public et connecté.
Dynamo ou la preuve qu’une expo peut aussi vous envoyer une sacrée décharge dans la cornée !

Mais attention: les bloggers ont des cheveux blancs à se faire. Car tout visiteur est reporter de lui-même.
Armés de son appareil connecté, il peut se tirer le portrait en solo, duo ou groupe, commenter les oeuvres qui lui font du charme et partager les installations qui l’impressionnent.
Un mur interactif recueille l’ensemble des contributions des visiteurs en temps réel à l’aide d’une application gratuite pour smartphones à télécharger avant de faire votre entrée dans ce parcours étourdissant.

Parmi les nombreuses propositions, les deux créations in-situ ont été réalisées exclusivement pour le Grand Palais offrent un argument imparable pour ne pas rater ce rendez-vous artistique de la saison.
Comme il y a eu un avant et après Picasso et ses maîtres et Edward Hopper, il y aura un après Dynamo dans la mémoire de chaque visiteur. Le Bal Electro prévu le 16 mai va finir d’imprimer les cerveaux.
Fin de la parenthèse.

Le mobile géant de l’artiste français Xavier Veilhan offre un moment de pose aérien et rêveur. Bleu et à facettes, les éléments de cette installation se meuvent avec lenteur et beauté, jouant des reflets de la lumière du jour à travers les larges baies vitrées du grand escalier.
Avantage à la visite en journée ensoleillée.

Un étage plus bas, une  oeuvre se déploie dans toute la profondeur de la terrasse. Un trompe-l’oeil renversant de Felice Varini dont vous aurez les plus grandes difficultés à vous extraire.

Petit conseil au passage: pour apprécier cette exposition, ne prévoyez pas de jouer le contre-la-montre. Ne prévoyez pas non plus un rendez-vous avec votre copine d’enfance de passage à Paris, à la sortie de l’expo.
Ce parcours nécessite toute votre attention car vos sens vont êtres sollicités de toute part.

Discrètes, provocantes, ostensiblement grandes ou mini pour un maximum d’effets, les oeuvres dialoguent les unes, les autres.
Le reflet de l’une se laisse deviner sur les contours de sa voisine. Et leur prise dans l’espace est une sinusoïdale sans fin.

L’entrée en matière dans le parcours de Dynamo se fait tour à tour lumineuse et rayonnante, avec une série de déclics visuels comme pour éveiller l’oeil endormi par  nos tristes feux tricolores. Votre immersion dans l’art cinétique se fait donc à grands coups de néons et d’oeuvres fines, voire malignes, car il faut parfois les apprivoiser dans le mouvement.

Parmi cet ensemble, deux artistes tiennent les visiteurs en haleine. L’argentin Julio Le Parc – à l’honneur au Palais de Tokyo – crée des variations de lumière et autres moments de poésie pure faite de faisceaux lumineux.

François Morellet, lui, joue avec la lumière froide et clinique des néons. Il conçoit à partir de ces éléments des sculptures abstraites et géométriques. Ça clignote, palpite et excite toujours le regard.

Ces deux octogénaires font figure, non pas de paires à vénérer, mais bien d’avant-gardes terriblement juvéniles. Leurs créations étant autant des invitations au dialogue que des parenthèses réjouissantes loin de se regarder le nombril.

A vous de choisir l’installation qui réveillera l’enfant en vous.
A ce jour, l’équipe du blog n’a toujours pas réussi à valider définitivement son Top 5.

 Exposition DYNAMO

UN SIÈCLE DE LUMIÈRE ET DE MOUVEMENT DANS L’ART 1913-2013

Jusqu’au 22 Juillet 2013

Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 20 h
nocturne le mercredi jusqu’à 22 h
Le 14 juillet l’exposition sera ouverte de 14 h à 20 h et sera fermée exceptionnellement à 17 h le 30 mai
Fermeture le 1er mai

au GRAND PALAIS

 

We Love Dynamo le 16 mai à partir de 20h

Share

Emotions by ERWIN OLAF l’exposition installation du photographe culte à La Sucrière à Lyon

Erwin Olaf est un metteur en scène avant d’être un photographe.
Et cette affirmation est encore plus évidente quand on pénètre le 3e étage de La Sucrière. Au coeur d’une actualité intense entre London et New York, Lyon s’offre une première avec cette exposition panorama sur le travail de l’artiste phare de la photo studio oeuvre d’art, de 2001 à 2012.
Cet habitué des cimaises parisiennes et résident en 2012 de la galerie Rabouan Moussion pour une exploration The Dark Side, dévoile son théâtre de personnages peuplé de reines de beauté, d’autoportraits et autres éphèbes dénudés.

Parmi ces figures, le clown imprègne nombre de projets de l’artiste hollandais. A la fois meilleur ami des enfants et possible monstre en version Stephen King et son chef d’oeuvre Ça. Ces deux visages sont déclinés à travers une installation et des portraits grands formats pour que le trouble soit plus fort. 
A cela, la citation d’André Suarès confirme le malaise: “L’art du clown va bien au-delà de ce qu’on pense.
Il n’est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie.” 

Entre installations qui jouent sur le voyeurisme du visiteur comme cette vidéo à regarder à travers un rideau de douche,  Erwin Olaf alterne gravité et dérision.
La première se trouve au cœur d’une projection à double écran. Deux filtres, le positif et le négatif se font face pour conter la perte dans deux familles.
La dérision est à retrouver dans ce rendez-vous très Desperate Housewives où les préoccupations sont d’un attrait tout esthétique.
“Il est magnifique ton dernier implant, ma chérie!”
Un future proche ou une force réaliste des interrogations de l’artiste Orlan?

Dans ce télescopage d’images, de séquences, se trouve une oeuvre The Keyhole devant laquelle, il faudra attendre son tour. Seule une personne à la fois peut avoir accès, par le trou de la serrure, à une séquence domestique.
C’est sans doute l’installation qui questionne le plus. A-t-on bien perçu la tendresse du père de famille ? Qu’en est-il de cette mère ?

Le trouble est là. Il ne tient qu’à vous de refermer la porte sur ce que vous avez aperçu au cours de votre visite.
Ou quand la beauté plastique peut aussi bien glacer le sang qu’un film d’horreur.

Emotions
Installations till 2012
by Erwin Olaf

du mercredi au dimanche de 11h à 18h
ouverture les jours fériés

@ La Sucrière
49-50 quai Rambaud
69002 LYON

Bon plan:
tarif réduit pour tous les jeudis et vendredis !

Share

Exposition FRAGILE / MURANO : le verre vénitien dans tous ses états au Musée Maillol Paris d’Othoniel à Orlan

 Le verre de Murano n’est pas synonyme de vintage ou encore de vieilleries !
Au contraire, il se patine de mille inspirations et de multiples transparences au fil des siècles.

Pour preuve, le Musée Maillol propose actuellement un voyage initiatique à travers les oeuvres contemporaines d’artistes, transportés, avec l’exposition FRAGILE / MURANO.

Nous connaissions la passion de l’artiste de Jean-Michel Othoniel pour le verre vénitien. Il a fait sien ce matériau raffiné et capable des plus belles clartés.
Ses créations composées de boules de verre colorées sont régulièrement mises en lumière à la Galerie Emmanuel Perrotin à Paris.
Et la station Palais Royal, quant à elle, reste la création la plus accessible pour tout visiteur rêveur.

A ses côtés, nous découvrons des dialogues surprenants entre les artistes eux-mêmes, se répondant les uns les autres dans la vaste salle du rez-de-chaussée du Musée.
Époustouflant voyage auquel vous êtes conviés, entre le verre et l’imagination foisonnante de chaque personnalité présente.

Étonnante aussi la proposition de l’artiste Orlan spécialiste de la transformation physique sur son corps ou via Photoshop.
Elle nous offre, ici, une composition faite de miroirs incrustés, Miroir-portrait, Stress of our society, qui nous renvoie à quelques-unes de nos obsessions.

Mais notre oeil est resté en suspension devant cette forme nommée Oxygène, Graine de vie créé par Marie-Laure Viébel.
Une matière minérale qui offre un jeu de couleurs et d’aspérités magnifiées, à jamais prisonnières du verre.
La lumière offre également des ombres incroyables sur le mur.


Autre forme et autres couleurs avec la création
Il Bacio de l’artiste vénitien Luciano Vistosi, issu d’une famille de maîtres-verriers.

Sa conception de la sculpture sur verre opère une poésie simple et pourtant intense avec comme meilleure alliée la lumière.

 Troublante simplicité d’Il Gioco de Livio Seguso, à quelques pas de la précédente oeuvre.

 Aux côtés des propositions contemporaines, des pièces historiques rappellent les grandes heures du verre qui se fait véritable objet de décoration.

Assiettes, coupes, vases et aussi tables dévoilent les riches heures de minutie d’artistes et artisans anonymes.

 L’objectif de l’équipe s’est arrêté sur deux pièces.
Cette danse des amours lumineuse datée entre 1550 et 1600. L’intensité des couleurs renvoie aux plus belles heures de la création vénitienne, de son savoir-faire et de son inspiration à la mythologie et aux scènes historiques.

 En provenance de Florence, ce calice décoré à l’émail datant de la fin du XVe siècle suspend le visiteur dans un espace-temps enchanteur.

La dernière surprise du parcours reste cette œuvre de Man Ray. Une oeuvre plutôt discrète quand on se remémore les nombreuses provocations ou autres détournements auxquels il nous avait habitués.
Un hommage à Sade lumineux et aussi tranchant, qui ne craindra pas le regard de vos bambins.

 Exposition FRAGILE / MURANO
Chefs-d’oeuvre de verre de la Renaissance au XXIe siècle

 

jusqu’au 28 juillet 2013
au Musée Maillol
59/61 rue de Grenelle – 75007 PARIS

Ouvert tous les jours, y compris le mardi et les jours fériés
Le musée est ouvert les 1er avril, 1er mai, 8 mai, 9 mai, 20 mai, et 14 juillet.

Share

Expo Old Up: COMBO, culture kidnapper, un mashup street art à la Galerie des Petits Carreaux Paris 2e

Dans le street art, un combo est l’assemblage de plusieurs stickers.
En visitant l’exposition événement Old Up à la Galerie des Petits Carreaux à Paris, on confirme que l’artiste COMBO porte bien son nom.

Ça fait déjà quelques mois que cet artiste français nous tape dans l’oeil au détour d’une rue et qu’il convoque des figures de la culture populaire pour des détournements aussi joyeux que dérangeants.

Pour cette exposition dans le 2e arrondissement, Combo s’est armé d’un échafaudage – un peu à la manière d’un Jef Aérosol sur la Place Stravinski – pour coller un Yoda moustachu sur le flanc d’un immeuble. Très solennel, en parrain d’un autre temps, le personnage de la saga Star Wars ne lâche pas du regard tout arpenteur du bitume qui remonterait la Rue Montorgueil, en plein jour.

Une fois le seuil de la galerie franchi, une flopée de personnages colorés nous taquine la rétine. Mickey Mouse, Tintin, Kermit la grenouille ou encore Bugs Bunny et Sangoku sont les modèles de séquences inédites et improbables. Des nouvelles aventures pour certains, des portraits de famille Noir et Blanc pour d’autres. La galerie de portraits ne manque pas d’audace ni de piquant.

Même les grands maîtres de la peinture comme Edward Hopper sont convoqués pour cette invention au décalage, recyclage et bouillonnement d’influences.

On ne saurait trop vous conseiller de vous laisser porter par ce vent frais de culture pop inspirée, régressive en diable.

OLD UP
Combo, culture kidnapper

jusqu’au 6 avril 2013

@ La Galerie des Petits Carreaux

43, rue des Petits Carreaux 75002 Paris
Ouverture du mardi au samedi 12h-19h

Share

Exposition Femme / Objet par LINDER au Musée d’Art Moderne de Paris : provoc, photomontages et Morrissey

Féministe ! On vous le dit: Linder Sterling est féministe !
Donc à priori, il n’y a pas raison de la suspecter d’un quelconque détournement des bonnes moeurs à des seules fins de choquer la ménagère de plus de 50 ans.

Son créneau: révéler l’absurdité du rôle dans lequel la femme a été placée.
La dénonciation s’opère par des images fortes, comme autant de coups de poing visuels lancés aux visiteurs qui oseront affrontés la première rétrospective de l’artiste britannique en France.

Le décor de ses frasques prend place au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
Cet établissement qui nous avait comblés pas plus tard qu’en 2012 avec l’exposition événement du dessinateur underground et tout aussi subversif Robert Crumb.

Les intrépides, comme nous, comme vous, qui lisez ces lignes, se moqueront bien des quelques critiques qui mettraient en doute la légitimité de l’artiste (cf l’avis de Thomas Schlesser dans le numéro de février de Beaux Arts Magazine)
Ses seules photographies du chanteur Morrissey prouve la qualité de son oeil et que sa notoriété n’est pas le simple fait d’être l’initiatrice d’un art très particulier.
Celui de la performance en robe en morceaux de viande. Lady Gaga n’a fait que plagier, comme elle l’a fait également avec Madonna.
Respect Linder.

Mais parlons de ses photomontages qui composent un vrai cabinet de curiosités.
Les compositions sont aussi bien insensées que poétiques quand, par exemple, le visage d’une pin-up est remplacé par le bouton d’une rose.
Stylée aussi quand l’artiste prend la pose en parfaite femme domestiquée pour la série de photos datant de 2009.

D’un côté, les bouches de certaines protagonistes sont démesurément voluptueuses et rouges vif. A croire que l’ombre de Mick Jagger des Rolling Stones aurait marqué aussi à la culotte cette artiste qui a trouvé un souffle dans le mouvement punk.
De l’autre, les danseurs et danseuses arborent une tout autre sensualité auréolés de délicieux gâteaux crémeux.

Manque de délicatesse ?
Et pourquoi pas un savoureux bain d’influences, surréalistes à la manière d’un Salvador Dali ou d’un Marcel  Duchamp.
A vous de jouer et de partager vos commentaires.
On est preneurs!

Exposition LINDER Femme / Objet
A l’Arc jusqu’au 21 avril 2013

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président Wilson
75116 PARIS

Mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi de 10h à 22h (seulement pour les expositions)
Fermeture le lundi et les jours fériés

Share

Concours Musée du Louvre: des invitations pour la conférence du jeudi 14 février – Cycle L’image-récit – L’art américain

Si vous nous avez rendu visite récemment, vous savez que le Musée du Louvre a récemment inauguré une exposition et un cycle de conférences autour de la peinture américaine.

Pour vous consoler de la clôture de l’exposition événement consacrée au peinture Edward Hopper et poursuivre le dialogue avec la culture américaine, United States of Paris vous offre des invitations pour l’une des conférences du cycle L’image-récit – L’art américain XVIIIe–XXe siècles

Jeudi 14 février à 18 h 30
Histoires visuelles à l’aube de la presse illustrée : le cas de Winslow Homer

par Michael Leja, University of Pennsylvania

Présentation de la conférence:

« La folie de l’“illustration” a gagné notre peuple… magazines et journaux illustrés sont entre toute les mains » observait, en 1857, le Cosmopolitan Art Journal (New York). L’immense popularité de la presse illustrée, au milieu du XIXe siècle, était largement due à ses images qui, pour la plupart, racontaient des histoires. Elles contribuèrent à en faire l’une des premières formes de culture visuelle de masse, avec des centaines de milliers d’abonnés. Parmi les histoires véhiculées par ces images figuraient des faits d’actualité, des récits de voyages, de la fiction littéraire et des vignettes humoristiques sur la vie moderne. Ces images pouvaient raconter une histoire en elles-mêmes ou de concert avec d’autres images et textes. Les artistes firent de cette presse illustrée un terrain d’expérimentation très vivant pour les histoires visuelles. L’un des plus intéressants de ces artistes fut Winslow Homer qui atteignit son apogée, en tant qu’illustrateur et peintre, dans les années 1860-1870. Son succès dut beaucoup à son talent narratif, et au fait qu’il avait parfaitement adapté son art aux attentes du public ainsi qu’aux atouts et aux conventions du média.

LES 5 PREMIERS LECTEURS A NOUS ENVOYER UN MAIL GAGNERONT UNE INVITATION POUR CETTE CONFÉRENCE

Bravo à nos gagnants !

 

Share

NEW FRONTIER : l’art américain entre au Musée du Louvre – exposition, cycles de conférences & cinéma

Depuis que vous avez découvert l’ampleur de la palette graphique du maître Edward Hopper aux Galeries nationales, votre regard sur la peinture américaine a définitivement changé.

Vous avez sans doute, comme nous, envie de redécouvrir les classiques picturaux de ce continent.
Le Musée du Louvre nous offre une première immersion avec une programmation autour du peintre Thomas Cole, en collaboration avec le Crystal Bridges Museum of American Art de Bentonville, le High Museum of Art d’Atlanta et la Terra Foundation for American Art.

Ces quatre institutions prestigieuses ont fait le choix d’une collaboration ambitieuse et grand public pour une meilleure connaissance de l’art from USA.

Et vous connaissez sans doute une des toiles de l’artiste Thomas Cole, dont le cachet et l’attrait aurait retenu toute votre attention: La Croix dans la contrée sauvage. L’unique oeuvre du peintre présentes dans les collections du Louvre.

En parallèle, de cette première exposition sur la peinture de paysage en Amérique, une série de 4 conférences vous donnera toute lumière sur des thématiques qui feront aussi bien appel à la presse illustrée qu’à la force des photographies du début du XXe siècle ou encore de la bande dessinée des premiers temps avec son illustre pionnier: Winsor McCay.

Pour cette programmation originale qui débute à partir du lundi 4 février, ce ne sont pas uniquement les tableaux qui font le voyage jusqu’à nous mais aussi les plus brillants spécialistes. Ainsi, il vous sera donné de rencontrer des intervenants prestigieux comme Leo Mazow, professeur d’histoire de l’art américain à l’Univertisty of Arkansas ou Tom Gunning de l’University of Chicago.

Lundi 4 février à 18 h 30
La peinture de genre américaine : communication et transmission

Lundi 11 février à 18 h 30
La photographie américaine du XIXe siècle : entre récit national et anecdotes privées

Jeudi 14 février à 18 h 30
Histoires visuelles à l’aube de la presse illustrée : le cas de Winslow Homer

Lundi 18 février à 18 h 30
Succession, mouvement et histoire : panoramas, bandes dessinées, séries photographiques, jeux d’optique, cinéma

Quatre films seront également présentés le samedi 23 et le dimanche 24 février pour renouer avec les décors naturels américains en cinémascope pour La Piste des Géants par Raoul Walsh.
Au programme: épopées sauvage et amour hollywoodien. Marilyn Monroe sera l’éclat final de ce cycle cinéma présenté à l’Auditorium du Louvre (sous la pyramide).

Exposition New Frontier II. L’art américain entre au Louvre
Aux sources de la peinture de genre américaine

du 19 Janvier 2013 au 22 Avril 2013

Au Musée du Louvre

Share

Exposition événement: la rétrospective du peintre EDWARD HOPPER aux Galeries nationales du Grand Palais en 4 oeuvres PROLONGATIONS

Avec plus de 580 000 visiteurs, Edward Hopper joue les prolongations !

Vous croyez tout connaître du peintre du multi-célébré et parodié Nighthawks.
Pourtant, au Grand Palais, l’Américain vous surprendra là où vous ne l’attendrez pas.
Là où les médias ne se sont pas forcément arrêtés.

Edward Hopper, Conference at night, 1949. Huile sur toile, 71,75 x 102,4 cm. Wichita Art Museum, Roland P. Murdock Collection.

Tout d’abord, l’influence française sur l’œuvre du maître se retrouve dans des figures au sujet 100 % Frenchie. Comme cette évocation puissante et symbolique de l’oeuvre de Victor Hugo sur la Commune de Paris illustrée, et pendant troublant de La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, actuellement exposée au Louvre Lens.

Edward Hopper, Victor Hugo, L’Année terrible : On the Rooftops, 1906

Autre vision déconcertante, ce couple de buveurs qui pourraient sortir d’une arrière-salle d’une toile de Toulouse-Lautrec. Un regard visiteur-spectateur qui interpelle. Une question subsiste sur la nature du rapport entre ces deux figures de la Bohème parisienne.

Edward Hopper, Couple Drinking, 1906-1907. Aquarelle, 34,3 x 50,5 cm. New York, Whitney Museum of American Art, Josephine N. Hopper Bequest.

Les autres œuvres plus discrètes sont à chercher dans la salle des gravures et des pastels.

L’impression et la reproduction noir et blanc de paysages et autres scènes urbaines nous rappelleraient les films d’Orson Welles.
La splendeur des Amberson d’un côté ou La Soif du Mal pour cette plongée nocturne sur une rue, l’ombre-portée d’un passant invitant mille scénarios.

Edward Hopper, Night shadows, 1921. Gravure, 17,5 x 21 cm. Philadelphia Museum of Art : Purchased with the Thomas Skelton Harrison Fund, 1962.

Cinéma encore avec cette vue sur le toit du peintre (My Roof) qui pourrait être aussi bien le terrain de jeu d’une Mary Poppins ou d’un affrontement à la West Side Story. Ce décor sans personnage offre le cadre à de délirantes mises en scène pour l’enfant qui se réveille en vous.

Edward Hopper, My Roof, 1928. Collection Thyssen Bornemisza

Encore faudrait-il que vous puissiez être seul(e) à seul(e) avec l’œuvre pour prendre le temps à la rêverie. Face à l’affluence, cette option est difficilement envisageable.

De nouveaux billets sont à nouveau disponibles pour cette nouvelle année. Ne reculez pas devant l’appel de ce monument de la peinture cinématographique.

Exposition Edward Hopper

aux Galeries nationales du Grand Palais
Jusqu’au 3 févier 2013

 Lundi : 10h-20h
Mardi : fermé
Mercredi, jeudi, vendredi : 10h-22h
Samedi, dimanche : 9h-22h

Du 29 au jeudi 31 janvier: 9h-23h
Du vendredi 1er février 9h au dimanche 3 février 23h ouverture en continu.
62 heures d’ouverture sans interruption. 

3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Entrée : Square Jean Perrin

Share

Exposition YUE MINJUN, l’ombre du fou rire à la Fondation Cartier, prescrite sans modération

“L’homme généreux est souriant; l’avare est contracté” – Proverbe zaïrois.

L’équipe ne boude pas son plaisir en partageant avec vous son coup de coeur dans la catégorie expo euphorisante!
Cela faisait maintenant un petit moment que la Fondation Cartier se prenait un peu trop au sérieux et était en rétention de bonnes inspirations.
L’institution sort enfin de sa léthargie pour nous proposer une rencontre en lévitation.

Adieu tristes Mathématiques et autres David Lynch et Takeshi Kitano resservis à toutes les sauces, sous prétexte de nouvelles thématiques.
Welcome to Yue Minjun ! Un artiste chinois, doublé d’un chapeau de trublion.

A voir les visages durs affichés par certains de nos artistes contemporains les plus fameux (Sophie Calle hors catégorie), on n’en viendrait presque à souhaiter qu’ils fassent une cure dans l’atelier du peintre chinois Yue Minjun.

Cette exposition sous-titrée l’ombre du fou rire est LA parenthèse enchantée inespérée plantée en plein milieu de la grisaille parisienne, qui se regarde un peu trop le nombril.

Les parents ont enfin leur expo d’art contemporain a partagé avec leurs bambins.
Un artiste qui s’affiche sur des dizaines de tableaux avec une méga banane ne peut qu’interpeller la petite tête blonde qui vous tient la main.

Étonnement la naïveté est laissée de côté dans ce parcours inédit sur le sol français et européen.
En effet, à aucun moment, votre voisin ou vous-même allez vous poser la question de la faiblesse de la démarche artistique.

D’une part, parce que l’artiste a le don de vous rendre complice de ce rire à pleines dents.
Et d’autre part, les situations sont parfois tellement décalées qu’elles finissent par vous faire baisser ses douces prétentions.

C’est le cas de l’oeuvre The Execution  (1995) rappelant les sombres heures de la dictature maoïste –  avec suppliciés en slip et bourreaux mimant le port d’une arme – incite au plus profond respect.

Mais que dire de ces ballons sortant du crâne de cet homme ou encore de la réinterprétant du célèbre tableau de David ?
La mort de Marat (The Death of Marat) allégée de son personnage principal: le mort dans sa baignoire.

Les oeuvres de Yue Minjun sont autant de propositions déconcertantes qui malmènent aussi bien notre connaissance de l’histoire de l’art que les travers de simples humains.

L’homme à l’index dans le nez ou plutôt Spring Tale-3 a une dimension quasi métaphysique, tant le geste croqué est essentiel.

Aux côtés de ces pièces issues d’institutions internationales et de collections privées, une série de dessins présentées dans une vitrine, viennent donner quelques indices supplémentaires du génie de cet artiste venant nous réapprendre la modestie.
A méditer après la fin du monde.

Exposition YUE MINJUN, l’ombre du fou rire
PROLONGATIONS jusqu’au 24 mars 2013

La Fondation Cartier
261, boulevard Raspail
75014 PARIS

Share