Archives de catégorie : Musique

Live report, chronique, interview…

Live report: concert-teaser de Coldplay à Bercy avant le Stade France le 2 septembre 2012

Deux jours avant la mise en vente des places pour leur Stade de France, Coldplay offre à leur public français un concert teaser de fin d’année dans un Bercy sold out en quelques minutes. En tournée européenne pour le nouvel album Mylo Xyloto, Chris Martin et ses potes font une halte à Paris.

Ce mercredi, dix minutes avant l’entrée  du groupe sur la bo du film Retour vers le futur, le sujet de toutes les interrogations est ce bracelet énigmatique distribué à l’entrée de la salle. Dans les gradins et la fosse, ça secoue frénétiquement, ça tapote ou torture ferme l’objet, pour en espérer une petite lueur. Certains y arrivent plus facilement que d’autres, histoire de vous faire enrager un peu plus de ne pas avoir le coup de main.

Le premier morceau de la soirée va lever le voile: les bracelets colorés – inventés par Jason, un créateur de sex toy – se mettent à clignoter en choeur.
Le spectacle est si intense qu’on en oublierait de regarder le groupe s’époumoner sur Hurts Like Heaven.
Les lasers finissent d’achever la déflagration visuelle.

Au deuxième titre, Yellow, lancement de ballons dans la fosse et jeux de rebonds. In My Place invite au bal avec jets épais de confettis.
Les premières de minutes de concert ne laissent donc aucun repit aux spectateurs, plus habitués à savourer pareils effets en fin de show. Difficile après de reprendre le dessus. Major Minus opère la transition sur une partie calmée après sa prise d’adrénaline.

Tout au long du concert, il n’est pourtant pas rare de poser un oeil attendri sur son petit poignet et d’attendre un nouvel éclat.

La setlist se déploie à un rythme effréné. Une phrase en français, quelques mercis. Le tee-shirt bleu clair de Chris Martin se fonce avec la transpiration.
Le groupe se rapproche du public en enchaînant Up in flames et Us against the world, sur l’avancée de scène au centre de la fosse.

Malgré un succès qui pourrait faire tourner à moins talentueux, le vrai trip c’est que Chris Martin et ses acolytes sont toujours aussi complices pour nous en donner plein les oreilles. Ca se voit sur scène, se ressent dans les gradins.  Le show est une nouvelle fois musicalement et visuellement parfait, comme les concerts à Bercy et au Parc des Princes lors de la tournée précédente. Et c’est suffisamment rare ces dernier temps pour ne pas vouloir le partager en groupe et/ou en famille.

Très vite, nouvelle euphorie contagieuse avec Viva la vida, petite larme sur Fix you et le concert-éclair se termine en 1h30 chrono sur Every Teardrop in a waterfall. Un concert teaser qui donne un petit goût de frustration.

Le lancement produit parfait. Aux côtés de tous ceux qui n’ont pas eu leur billet de Bercy se rajoutent maintenant ceux qui en voulaient plus. Autant de bonnes raisons de ne plus hésiter à se jeter sur les places du concert au Stade de France qui aura lieu 2 septembre 2012.

Dans le métro de retour, les bracelets ont fini de nous divertir. Une amoureuse lance à son compagnon aux yeux bleu intense: “T’as kiffé, ce soir!” pendant que d’autres s’organisent pour l’achat des billets vendredi sur le internet.

Petite vidéo live d’ambiance : Hurts Like Heaven

Autre concert à Nice, le 22 mai 2012 au Stade Charles Ehrmann

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Carmen Maria Vega s’encanaille avec Mathieu Malzieu à la Cigale

Ce jeudi, la mutine Carmen Maria Vega foule à nouveau le sol parisien pour une soirée tonitruante à la Cigale.

Avant d’entamer une longue tournée française à partir de janvier 2012 et histoire de faire patienter son public avant la sortie d’un album en avril, la jeune artiste lyonnaise se paie une dernière tranche de scène pour finir en éclat son année. S’offrant, au passage, un duo très félin avec Mathias Malzieu, leader du groupe Dionysos.

Cravate rouge sur veste blanche, pantalon en cuir moulant, Carmen M.V chauffe une salle comble et bouillonnante dès les premières notes de Hiérarchie. Délicieusement garçonne, elle demande assez vite à son équipe d’éclairer la salle pour voir “ses lapins” et avoue “être contente ce soir, car je pète la forme!”

Toute menue, encadrée par quatre grands gaillards, la diablesse nous fait oublier la fadeur d’un Delerm, actuellement aux Bouffes du Nord ou d’une Cherhal, en envoyant valser la bêtise qui nous entoure, d’un tour de rein ou d’une salve bien placée.

De nouveaux titres, dont Soldat délicieusement tragique et On s’en fout en guise d’uppercut contre la bienséance! Qu’on se le dise la Carmen n’a pas choisie “politiquement correct” en seconde langue et c’est pour ça qu’on a un sacré faible pour elle. Sa “chanson de droite pour les cons” est de très bon augure en pleine campagne électorale. Jusqu’où allons-nous accepter les plans de rigueur ?

Changement de shoes entre deux titres, micro-étirement avant d’accueillir le sautillant Mathias Malzieu, et la soirée pétille de peu de moyens et d’une fureur contagieuse. La chaleur dense pousse la chanteuse à un dernier effeuillage.

Elle n’a décidément pas son pareil pour nous faire oublier la crise. A nous chauffer de trop, on lui donnerait bien rendez-vous à la Marquise pour un dernier slow, cette fois collé-serré.

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Kasabian de cris et de fureur: concert au Zénith de Paris

Retour en force du groupe Kasabian au Zénith, pour un concert unique à Paris à l’occasion de la promo de leur dernier album Velociraptor.

Vous aviez pourtant été prévenus, non? Kasabian n’a pas son décibelmètre dans sa poche. Ce mardi, le groupe a embarqué le Zénith dans un trip rare, comme seul un festival d’été pourrait nous le donner.

Dès l’entrée sur scène, les projecteurs ne vont pas lacher le public. Lumières rasant la foule, projos braqués frontal pour un fond de l’oeil, les Britanniques jouent dans la même cour qu’un Daft Punk ou un Chemical Brothers.
Les gradins se lèvent pour l’arrivée du charismatique Tom Meighan sur Days are forgotten.

Nerveuses et d’une redoutable efficacité, les compositions sont taillées pour exalter les foules. Si bien que la première partie du show ne lachera aucune note de repis.

Les airs hypnotisent, comme cette intro aérienne du titre ID.

Dans la tourmente rock, un tee-shirt survole la foule quand une ceinture finit de rendre l’âme dans les toilettes pour hommes (preuve à l’appui avec la photo postée sur la page FB du blog).

Deux “ballades” plus tard pour dégourdir les oreilles et c’est reparti pour une salve tonitruante. Beaucoup de “fuck” au cours de la soirée adoucis par des “Merci Paris.”

Et ne croyez pas que Kasabian soit le fournisseur officiel des bad boys et autres gars sportifs en survêt ou débardeur comme ce soir. Vous n’en reviendriez pas de voir le nombre de couples d’amoureux se bécoter pendant les chansons.

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Live-report: concert d’Heather Nova au Bataclan pour 300 days at sea

Heather Nova a retrouvé son public fidèle au Bataclan ce dimanche pour un concert intime et sensible.

La blonde angélique se fait rare sur les scènes et dans les médias français et c’est donc à l’occasion de la sortie de son dernier album 300 Days at sea qu’elle fait une halte à Paris.

La ballade sensible, Every things, ouvre le show tout en douceur. Puis, très vite, la belle réchauffe le coeur de ses admirateurs passionnés avec son tube Heart and Shoulder.  Un“Paris t’es très jolie” en guise de message d’accueil et la tonalité du concert est donnée: échange a minima et communion musicale.

La chanteuse introduit pourtant un nouveau titre, Save a little peace of tomorrow, qu’elle dédie à son fils. Une chanson qui parle de son futur et de la mer. Un élément qui lui tient à coeur d’évoquer dans plusieurs de ses morceaux car elle vit sur un bateau, en souvenir de l’enfance passée sur les mers avec son père.

Au cours de la soirée, on se prend à apprécier les nouveaux airs: Higher Ground ouThe good ship man, qui pourraient devenir plus familiers.

Progressivement, Heather sort de son répertoire folk pour entamer un dernier tour de piste plus rock avec Do something scares you, suivi du tube London Rain, hymne de la série américaine Dawson’s Creek. Les mains finissent par se lever sur Beautiful Ride, nouveau single calibré pour être un tube.

 Malgré le côté désuet de ces lys sur le bras de son micro – voudrait-elle forcer le trait de son tempérament romantique, comme le ferait une Tori Amos vieillissante? – la belle quadra adoucit la perspective d’une nouvelle semaine de crise en Europe.

Prochain concert le 28 novembre 2011 à Tourcoing.

SETLIST DU CONCERT

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Concert: Greenshape à l’épreuve de la scène pour son premier album Storyteller

Après Joseph d’Anvers, un nouveau boxeur reconverti en chanteur et songwriter fait une entrée remarquée sur la scène française.
Régis Israël devient Greenshape.

Joseph, le premier, bien installé avec 3 albums au compteur, a vite fait oublié qu’il n’était pas qu’une gueule. Le second vient tout juste de sortir un premier opus, le jour de l’anniversaire de sa soeur.

Les premiers extraits de cet album, intitulé StoryTeller, laissaient déjà entrevoir un univers tantôt poétique et sombre, tantôt sensible et désabusé. La bande-son idéale pour illustrer le road movie d’un héros made in US, écorché vif, à la James Dean.

Belle gueule, Greenshape l’a. Pour Marie, spectatrice d’une soirée de concert au Ciné 13, point d’alternative: “c’est un chanteur à minettes!”. Cécile, confortablement assise dans son fauteuil, est plus nuancée: “on sent bien qu’il essaie de casser son image de beau gosse!”  

Notre nouvel ami n’aurait donc rien d’un héros romantique. Preuve en est cette première blague sur le dress code qu’il partage avec son musicien. Un style qu’on pourrait qualifier de décontract’ – pas encore assez péchu pour avoir droit à une pleine page dans le mag ModZik.

Armée de sa voix et de sa guitare, le garçon envoie assez vite un bon upercute, “du lourd” comme dirait Cécile, histoire de calmer les mauvaises langues, sans forcer pour autant.

Et c’est bluffant de maîtrise. Dans le coffre, il n’y a pas que du Cat Stevens, sa référence depuis qu’il a 8 ans, mais on retrouve aussi du Jeff Buckley.
La version acoustique de ces premiers soirs de concerts lui apporte le plus bel écrin pour ce timbre envoutant.

Une chanson dédiée à son père en mauvaise passe. Une autre à une amie défunte. La soirée pourrait paraître plombante et pourtant, elle est hautement sensible et débordante de générosité. 

Image de prévisualisation YouTube

Lors de son tour de chant, il ose un hommage à un mec qu’il aime bien. La reprise de Wicked Game d’un autre ancien adepte du ring devenu chanteur, Chris Isaak, prouve le talent et l’audace du jeune homme.

Storyteller est la ballade parfaite pour réchauffer les coeurs amoureux, en hiver.
Alors que When finit de nous envoyer dans les airs, pour un dernier tour de planeur.

Greenshape poursuit sa route de France. Guettez-le pour profiter de l’intimité de ces premiers rendez-vous avec l’artiste.

A noter la découverte d’une jeune artiste venue de Norvège, Thea Hjelmeland, en première partie de soirée. Seule avec ces instruments à cordes (guitare, ukulele, banjo), elle a su capter la pleine attention du public. A suivre la sortie de son premier album en avril.

Greenshape, Album Storyteller
Sober And Gentle

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INNI de Sigur Ros, film live de Vincent Morisset à la Géode

Tout fan du groupe islandais, Sigur Ros, qui se respecte se devait d’être au rendez-vous ce samedi soir à la Géode pour découvrir dans des conditions proches du live, le film INNI.

Que  savaient concrètement les spectateurs présents dans la salle, de ce nouveau projet filmé après le très beau Heima, en 2007? Peu de choses. Certains, comme moi, n’avaient visionné aucun extrait. Et ma voisine, quant à elle, prenait son premier bain de mélodies du groupe ce soir-là.

La surprise et l’émotion ne pouvaient donc qu’être plus intenses.

Débutant avec le titre, ny batteri, la proposition visuelle de Vincent Morisset – réalisateur du clip Miroir Noir d’Arcade Fire – déconcerte dans ses premiers instants. Noir et blanc, décadrage,  flou, images altérées, saturation, solarisation, les effets surprennent. Le public du Alexandra Palace de Londre, où a été filmé le concert en 2008, est absent des premiers morceaux.

Mais l’attention ne se perd pas pour autant. Entraînés par le rythme des partitions que l’on connaît sur le bout des doigts, le spectacle qui nous est donné à voir est fait de menus détails vibrants.

Comme dans un film des Frères Quay, cinéastes américains et jumeaux, les images palpitent, crépitent et sont faites de petits éléments, accrochés les uns les autres. Pour ce film, le réalisateur a utilisé des minicaméras disséminées à travers la scène, offrant des points de vue originaux sur les musiciens et leurs instruments. Le plan en contre-plongée sur les pédales du piano est surprenant.

La déflagration est proche, tant les images sont pénétrantes. INNI est donc une véritable oeuvre artistique, réinventant l’art de la captation du concert.

A noter, une édition limitée du coffret avec vinylel, dvd, blue-ray, photographie et cd.

Et pour les impatients, les titres Ny batteri et Festival sont à télécharger gratuitement sur le site du groupe.

Prochaine projection à la Géode le 24 novembre 2011.

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Live Report – Concert de KATERINE, Francis et ses Peintres à la Gaité Lyrique Paris

Beau brassage à la Gaîté Lyrique, ce mardi soir pour le retour de Katerine, accompagnés de l’orcheste Francis et ses peintres. De la bretelle, un déguisement peau de vache rehaussé d’un gros réveil en tour de cou, des chaussures fluo sur talons aiguilles, des amoureux du dimanche qui se tiennent la main.

C’est bien connu: Philippe Katerine n’est jamais là où on l’attend. Alors que certains l’espéraient: “A poil!”, dans un cri du coeur lancé avant l’entrée en scène du chanteur. Surprise générale. Le sieur revête, pour cette dernière date à Paris, une queue-de-pie du plus bel effet. Un autre cri confirme l’étonnement du public: “Quel beau gosse!”

Ce soir, nous aurons donc la version crooner. Chemise blanche, tabouret sur scène, un seul doigt devant la bouche pour demander à l’ingé son de remonter son retour son. La classe quoi.

Son répertoire n’est pourtant pas celui d’un Franck Sinatra, Dean Martin ou Paul Anka, ni même d’un Tom Jones. Les grands standards de notre artiste hexagonal  sont les plus inavouables chansons populaires françaises de ces dernières années.

Et ces grands airs ont sacrément inspiré nos quatre compères qui se sont amusés à dénaturer, sublimer ou parasiter des versions originales devenues tiédasses, surannées et soporifiques.

Et quel bonheur de redécouvrir un succès de notre jeunesse: Partir un jour, en version balade, plus romantique encore que celle des 2 Be 3. Une chanson, de l’aveu même de son nouvel interprète, “qui veut bien dire ce qu’elle veut dire.”

Au cours de cette soirée, on devinera assez vite les chansons qui ont grâce à leurs oreilles et sur lesquelles Katerine s’applique (Partir un jour donc, Maman à tort, Confidences pour confidences) et celles qu’il a vraiment envie d’écorner comme Elle est d’ailleurs ou Sous le vent de Garou et Céline Dion, chantées à la limite du faux. Mais aussi les tubes encore plus poussifs que les originaux: Quand t’es dans le désert de Capdevielle et Capri c’est fini de Vilard. Si bien qu’on se croirait parfois dans un vieux piano-bar désincarné, essoufflé par un manque d’inspiration.

Pas étonnant que Les Inrocks soient encore partagés sur le triple album, 52 reprises dans l’espace. Tant le résultat peut être aussi bien fleurissant que dangereusement ringard.

Ce dernier soir à Paris, il manquera, bien sûr, d’autres belles réussites du band: Toi mon toit ou Comme un roc, toutes deux transfigurées. Mais Katerine nous a révélé un autre de ses talents cachés: sa maîtrise du saxo.

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Concert : The Joy Formidable au Nouveau Casino

Après une performance très remarquée dans l’émission du Late Show de David Letterman, The Joy Formidable s’est amaré ce lundi au Nouveau Casino.

Le trio gallois mené par la tonitruante Ritzy Bryan, au chant et à la guitare, ne s’est pas ménagé pour ce nouveau et dernier rendez-vous avec le public parisien. Avant de partir en studio pour l’enregistrement d’un nouvel album, le groupe savoure les dernières dates de sa tournée européenne.

En 1h15 de concert, The Joy Formidable a balancé un pur son comme on les aime. Joueuse et complice, Ritzy galvanise les foules d’un simple regard. De grands yeux ouverts invitant le public à réagir ou à sautiller comme elle, la guitare en moins. Elle nous ferait penser à une cousine éloignée, irlandaise: Dolores O’Riordan, chanteuse du groupe The Cranberries – dont le nouvel album “Roses” sort le 14 février 2012.

A la différence de ce dernier groupe, les Joy Formidable ont l’avantage de communiquer avec leur public par de simples gestes et courts échanges. Pas de long discours, la musique avant tout.

Les trois membres ne faiblissent pas de la soirée, malgré un premier rang de fans bien indiscipliné: l’un, avec son appareil, saisit systématiquement la chanteuse en contre-plongée (essayez d’être photogénique après ça!), l’autre chipe la setlist pendant le rappel et la dernière répond à son tél, au milieu d’un morceau, pour retrouver sa copine après le concert.

Pas de petite balade à la Red Hot Chili Peppers pour vous dégourdir les oreilles. Le rythme, soutenu, s’arme d’une batterie appuyée, d’une basse profonde et d’une guitare bigrement aérienne.

Certains connaissent les titres par coeur. D’autres se sont préparés pour la déflagration du titre phare du band: Whirring.

Alors que le doute plane toujours côté filles: savoir si le bassiste Rhydian est réellement irrésistible sous sa casquette; la ténébreuse chanteuse avoue qu’apprendre le français est dans son Top Ten des choses à faire dans sa vie. Et espère que pour leur prochaine date à Paris, elle pouvoir dire plus que “Merci“, “Bonsoir, je m’appelle bonbon“.

Rendez-vous est pris pour voir si elle tient toutes ses promesses.

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Concerts : New Order au Bataclan VS Red Hot Chili Peppers à Bercy

Ce mardi, #UsofParis se trouvait face à un choix cornélien avec deux têtes d’affiche qu’il affectionne. Manchester contre Los Angeles.
New Order contre Red Hot Chili Peppers. Deux concerts événements. Et toujours pas de don d’ubiquité.

N’ayant jamais savouré l’électro-pop du groupe culte de Manchester, l’équipe a choisi le cocon intime et surchauffé du Bataclan.

Et très bonne nouvelle, on peut être fan de New Order et de Madonna. Chose qui n’est pas forcément évidente à premier abord, surtout quand on ne se pose pas la question! Preuve en est avec ce fan croisé dans la fosse arborant un tee-shirt avec sa madone à 4 pattes et en perruque façon Marie-Antoinette bad girl.

Au cours d’une (trop) longue attente maquillée par le set d’un DJ Tintin invisible, un autre jeune cherche les raisons d’acheter sa place pour le concert de Paul Mc Cartney à Bercy. Il n’en trouve que deux: entendre quelques titres des Beatles en live et voir au moins une fois, un Beatles en vie sur scène. Deux arguments jugés “trop faibles” pour débourser de 67 à 133 euros pour une place.

Bref. Fraîchement débarqués de Bruxelles pour un concert la veille, Bernard Sumner et son band ouvrent la partie avec un titre daté de 1985: Elegia, enchaîné illico avec un Crystal tonitruant. Le morceau live est la copie quasi conforme de la version album, mais le public ne boude pas son plaisir de se déhancher.

Les hits s’enchaînent à vitesse grand V: Regret, Ceremony – devenu hymne du Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Avec Age of Content, la pop s’emballe et excite la fosse jusqu’à une rareté, la seule de la soirée: 1963. Un B-side de 1987 plutôt méconnu.

Bernard Sumner lâche la guitare pour entonner un Blue Monday efficace. Le set se finit, tout mouillé de chaud sur Love Will Tear Us Apart.

A quelques kilomètres d’intervalles, le concert des RHCP Bercy se termine aussi, si bien que les deux publics peuvent se retrouver sur la ligne 6. Alors que certains balancent, désinvoltes, leur déception face au show des Américains, d’autres, le billet en main ne ne se privent pas de frustrer les potes rester à la maison avec un : “sur scène, c’est vraiment n’importe quoi !“.

Dernière info : un remix gratuit de Bad Lieutenant à télécharger sur le site officiel du groupe.

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Concert: la chanteuse Camille présente son dernier album Ilo Veyou à Madame Lune

Après une série de concerts événement au Couvent des Récollets et avant de poursuivre ses tours de chant à la Cigale (en décembre) et au Trianon (en mai), Camille a fait une halte dans le Salon Musical de l’Eglise Saint-Eustache.

Ce samedi, Madame Lune est en joie pour son dernier rendez-vous de l’année, qui a affiché complet en moins de 15 minutes. Camille, chaussée de sabots dorés, entre seule dans le cadre ultra intimiste de ce salon du premier étage, ouvrant la soirée avec un Aujourd’hui a cappella.

Sans micro, sa voix pure subjugue. Les dix rangs de privilégiés dont l’artiste Sophie Calle assise à même le sol, ne bronchent pas et profitent de cet instant de grâce.

Les trois musiciens rejoignent la chanteuse pour L’étourderie, le premier single du nouvel album Ilo Veyou, . Un flash crépite, l’oeil de l’artiste  interroge l’audience mais la voix ne s’interrompue. Espiègle, elle s’amuse de ses erreurs, des petits ratés de sa voix. Elle expérimente, invente et nous comble de nouveaux titres hypnotiques: Mars in not fun, Bubble Lady, My Man Is Married But Not To Me, La France.

En  fille de son temps, Camille se rappelle l’échéance du premier tour des primaires socialistes et avoue être perdue face à ces 6 candidats.

La première partie du concert se termine sur le titre entrainant Allez Allez Allez, en invitant le public à une procession. Nouvelle salle, nouvelle ambiance. Une ampoule à filament comme source de lumière. Et une voix qui se fait encore plus douce pour offrir une version sublimée de Ta douleur. Dans l’inconfort de cette nouvelle salle, le public n’ose plus bouger pour tout entendre.

La soirée trop courte se termine par une invitation aux grands espaces avec  Le Berger, poétique. Un dernier trip pour un public qui a définitivement chaviré dans une autre dimension.

Quelques jours avant la sortie de cet album tant attendu, les concerts de la belle se suivent et ne se ressemblent pas, de l’aveu de la preneuse de son de l’artiste. Certains spectateurs appréhendaient que les voies empruntées soient plus abstraites. A l’écoute de ces premiers titres, le coeur est rassuré et envolé.

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