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Critique cinéma : Le dernier Catherine Breillat ABUS DE FAIBLESSE avec Isabelle Huppert & Kool Shen ou comment la réalisatrice succombe au charme d’un escroc

Ce lundi, l’équipe d’US of Paris a découvert en avant-première le dernier film de Catherine Breillat, ABUS DE FAIBLESSE, au Centre Pompidou, avec Les Inrocks et vous livre ses impressions.

Isabelle Huppert est restée amie avec Catherine Breillat même à la fin du film, “une prouesse” raconte l’actrice car fidèle à sa réputation la réalisatrice a visiblement malmené – ou en tout cas pas épargné- ses acteurs sur ce film. Mais Mme Huppert que Kool Shen a qualifié de meilleure actrice française a dit continuer à aimer Catherine Breillat “comme ma sœur, ce qui n’est pas peu dire”.

C’est une histoire simple que Catherine Breillat raconte dans Abus de Faiblesse. La sienne. Mais elle tient à préciser que le film n’est pas complètement autobiographique. Une femme, Maud fait un AVC qui la laisse hémiplégique. Elle est réalisatrice et à sa sortie de l’hôpital elle cherche des acteurs pour son nouveau film. La malchance la guide vers un truand. Maud tombe vite sous le charme vénéneux de cet homme.

Au fil du temps une amitié se créée entre eux, qui ressemble à un amour malsain. Il lui soutire de l’argent sans véritablement la contraindre mais elle est accro et ne lui refuse rien. 18 000 d’abord, puis 220 000 ensuite et jusqu’à 500 000 euros. C’est la spirale. Elle dit à la fin du film “ça me semblait beaucoup mais je ne pouvais pas m’arrêter”. Elle est totalement sous l’emprise de ce Vilko, interprété avec justesse par Kool Shen, qui vit là sa première grande expérience de cinéma.

La grande Isabelle Huppert est parfaite dans ce rôle, elle occupe le film, l’habite, est présente sur chaque plan. Elle est dans le ton quand elle joue les AVC à répétitions, le handicap qui la rend parfois odieuse avec les autres. Le jeu des corps est comme un ballet. Une danse s’instaure entre une Maud maigrissime et un Vilko tout en muscle. Elle rit beaucoup, lui est taciturne. Le contraste entre les deux est fort.

Quelques longueurs et une manière particulière de filmer déroutent le spectateur. Les plans sont parfois fixes sur des détails, ce qui manque de naturel. Certaines répliques restent en tête. Comme quand Vilko dit à Maud “tu as la schkoumoune” et qu’elle répond “Je suis la personne la plus chanceuse de la terre car tout ce qui m’arrive je peux le supporter”.

http://www.dailymotion.com/video/x19o9dc

Le film met mal à l’aise quand ce petit bout de femme qui paraît si costaude n’a plus un sous pour payer un déjeuner à sa fille mais qu’elle continue à croire aux énormes bobards du truand qui lui promet sans cesse de la rembourser. On l’est aussi -mal à l’aise- quand elle n’arrive pas à faire des gestes du quotidien : monter dans sa voiture seule, ouvrir un paquet de jambon.

Malgré un entourage assez présent, Maud paraît isolée et c’est sans doute parce que Vilko n’est pas tendre avec elle et ne la traite pas comme une handicapée qu’elle aime le fréquenter au point de tomber sous sa coupe.

Le film laisse le spectateur très libre de penser ce qu’il veut à propos de Maud qui n’est pas très attachante ni très détestable. On ne comprend pas très bien pourquoi elle cède si facilement aux caprices d’un type pas très violent et pas si intelligent. En définitive Breillat laisse au spectateur la possibilité d’interpréter les situations comme il veut et c’est sans doute ce qui fait la force de ce film.

By Hermine Mauzé

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Evénément Cinéma BD : SNOWPIERCER – Le Transperceneige de Bong Joon Ho avec Chris Evans & Tilda Swinton

SNOWPIERCER ou le premier rôle de (Ken) Chris Evans qui n’impose pas sa plastique.

Une projection au dernier festival de Deauville et une avant-première à Paris avec journalistes et bloggers ciné assoiffés, le film de Bong Joon Ho, Le Transperceneige, n’en finit pas de susciter les plus passionnants pronostics, Next de Libération y est allé du sien, bien avant d’avoir vu le film.

Trop tard pour se faire l’intégrale BD avant la séance ciné !

Il faut dire que les arguments – les plus favorables – sont en ordre de bataille pour en faire un objet culte: adaptation d’une BD française sortie en 1984 – qu’il ne faut absolument pas lire avant de voir le film – apocalypse, cinéaste sud-coréen vénéré et nouvelle performance de l’actrice Tilda Swinton.

Et à coup sûr, vous ressortirez moite de ce train qui file à plein régime traversant des paysages grandioses mais gelés par la nouvelle ère glacière.
En parallèle, une autre course débute et retentit dans les bas-fonds de ce train recréant une parfaite inégalité terrestre pour les quelques survivants-élus n’ayant pas sombré.
Certains ont payé cher le confort de leur première classe – le créateur de cette machine future, en premier lieu – alors que d’autres zonent, attendent et se soumettent au bon vouloir d’une force militaire.

Il est donc tout naturel qu’une révolte gronde à nouveau, après des tentatives avortées, un enlèvement d’enfants et un bras sectionné.  Les wagons vont devenir un oppressant et passionnant cadre d’action pour une épopée digne d’une chevauchée dans le Far West, en compartiments inconnus.

Un peu à la manière du premier Cube, chaque wagon recèle non pas une énigme, mais une révélation plus ou moins rassurante. Et votre coeur a intérêt à être bien accroché, car l’ouverture de chaque porte est un moment d’anthologie. Sachant que le confinement de l’espace participe à ce malaise.

Aussi à l’aise dans le registre de l’horreur que de l’humour – depuis le film qui l’a révélé en France, Memories of Murder  – le cinéaste Bong Joon Ho  a une pleine maîtrise des éléments visuels. Scénographie de génie mais aussi burlesque, marques de fabrique du réalisateur, font toujours bon ménage. A notre grand étonnement.

Ce film fait peur mais pas au sens gore, comme on peut l’éprouver avec la série des Saw.
La frayeur est plus subtile et psychologique. Elle est ensuite vite balayée avec l’introduction d’une situation décalée. Puis nouveau rebondissement.

Et surprise: il nous aura fallu attendre la direction d’un cinéaste étranger pour que le beau Chris Evans range sa panoplie de beau gosse et nous fournisse pleine mesure de son talent.

SNOWPIERCER
Le Transperceneige

 

de Bong Joon Ho
avec Chris Evans, Tilda Swinton, John Hurt, Jamie Bell, Ed Harris et Song Kang-ho
Scénario: Jacques Lob, Jean Marc Rochette, Bong Joon Ho

sortie le 30 octobre 2013

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Cinéma – MA VIE AVEC LIBERACE de Steven Soderbergh : Festival de Cannes, Deauville et Emmy Awards

Projeté en sélection officielle lors du dernier Festival de Cannes et en avant-première au Festival de Deauville, Ma Vie avec Liberace est en piste pour les Emmy Awards (récompenses de la télévision américaine) avec 15 nominations, avant sa sortie en France le 18 septembre.

Si Scott Thorson, l’un des principaux protagonistes ayant inspiré ce film, n’avait pas encore récemment accordé une interview pour, entre autres, rappeler son histoire d’amour tumultueuse avec Liberace, et exposer son visage marqué par la chirurgie, on aurait toujours peine à croire le récit du Steven Soderbergh.

Pourtant la fiction ici ne dépasse pas la réalité. Bien au contraire, on serait en droit d’avoir quelques sueurs froides sur les possibles zones d’ombres non évoquées par ce film.

Ma vie avec Liberace (Behind the Candelabra, en VO) est, en fait, un fascinant documentaire sur les mœurs d’un pianiste américain super star de la télé dans les années 70 – 80, inconnu en France. Une sorte d’André Rieu qui aurait croisé le fer avec une Barbara Cartland (auteure anglaise).

Ce qui trouble le plus c’est que malgré quelques scènes incroyables – un Matt Damon rajeuni, parfait gigolo au corps de dieu grec faisant face à un Michael Douglas très Elizabeth Taylor vieillissante avec ses bagues et ses chiens – le film ne tombe jamais dans le potache.
Bien au contraire, le réalisateur de Magic Mike et Ocean’s Eleven, ne masque rien: ni le ridicule, ni la manipulation, ni la déchéance.

C’est parfois cru, par d’autres moments pure désillusion, quand l’amant naïf, Scott Thorson, doit accepter les souhaits parfois malsains de son mentor. Pourtant ce téléfilm – diffusé sur la chaine américaine HBO et qui a droit aux écrans noirs partout dans le monde – est un mélodrame moderne à la force tenace.

A la découverte des tenues scéniques de Liberace, l’on peut imaginer sans trop de difficultés l’influence qu’il a certainement pu avoir sur un Elton John, diablement sage par rapport à son modèle.

Manteau à fourrure avec traine incroyable, candélabres posés sur le piano, strass, l’univers de Liberace ne souffre d’aucune offense au bon goût. Tout est assumé, exposé. Excepté un point de détail: son homosexualité. Car cet artiste a poursuivi, à l’époque, tout titre de presse qui osait évoquer sa vie privée.

Bluffant aussi de retrouver Scott Bakula (Code Quantum), 57 ans au compteur – à l’époque du tournage – qui affiche une forme olympique et naturelle.
A noter enfin le clin d’oeil aussi à l’âge d’or du cinéma hollywoodien avec la présence d’une des interprètes du film Chantons sous la pluie: Debbie Reynolds.

Ma vie avec Liberace

(Behind the Candelabra)

Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Richard Lagravenese
avec : Dan Aykroyd (Seymour Heller), Scott Bakula (Bob Black), Matt Damon (Scott Thorson), Michael Douglas (Liberace), Rob Lowe (Dr. Jack Startz), Tom Papa (Ray Arnett), Paul Reiser (M.Felder), Debbie Reynolds (Frances Liberace)

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CINEMA PARADISO @ Grand Palais drive-in, food, roller, art & video games

Le Grand Palais n’en finit de plus de créer l’événement et d’offrir de nouveaux décors propices à toutes sortes d’activités et d’expériences.
A peine l’Art du Jardin plié qu’un nouveau terrain de jeux s’installe.
Cinéma Paradiso c’est un drive-in sous serre, un diner, une piste de rollers

L’équipe a arpenté le lieu à l’occasion du Collette Day, ce mercredi.
Un programme de réjouissances entre compet’ de roller, élection du meilleur milk-shake et réinvention des recettes cultes de films.

Car on sait aussi très bien manger au cinéma. Comme on peut en juger avec la Soupe aux choux ou plus déglingos encore: le KLOUG du Père Noël est une ordure.
Et c’est à la réalisation de ce dessert au chocolat que nous avons été conviés

Aux fourneaux, la chef “volante” Céline Pham qui cuisine dans les pages du Fricote Magazine et que l’on peut retrouver au resto Chez Aline dans le 11e.
Elle rit de ce que le dessert peut provoquer comme souvenir en chacun de nous. Il était pour la Bande du Splendid, un met ragoûtant aussi horrible à voir qu’à manger.

Pour couper court à tout écoeurement possible, Céline a trouvé une combine pour contrecarrer le goût tout chocolat avec une petite crème argousier-citron et des finitions qui peuvent surprendre comme ces feuilles de thym citron ou ces fleurs de sauge aux côtés des cacahuètes et autres amandes et noisettes enrobées.

Le résultat est au final assez photogénique. Même si l’on croirait un amas de terre avec des petits cailloux.
La volonté de la chef était de coller à l’esprit du film et de ne surtout pas faire un beau gâteau.
Lors de la dégustation, elle confie qu’elle était prête aussi à relever le challenge de réaliser le plat du film L’Aile ou la Cuisse avec Louis de Funès.

En bouche, la mousse au chocolat donne corps au fondant au chocolat noir. C’est dense mais savoureux.
Bref, un dessert trompe l’oeil à concocter pour une soirée entre potes.

Au coeur du Grand Palais, au centre de la Nef, un diner US offre un havre de détente pour bikers en fuite.

Les nostalgiques des jeux d’arcade ne vont pas en croire leurs yeux avec les quelques pièces historiques exposées et en libre accès.
De fiévreuses parties ont déjà été annoncées avant et après les séances ciné du soir.

Et pour finir, autour des différents stands et des animations, le public peut également revoir ses gammes avec les dernières créations de quelques figures reconnues du street-art et de l’art contemporain avec L’Échappée Belle.
Vous croiserez, dans le désordre, l’artiste Yue Minjun, récemment célébré à la Fondation Cartier, le collectif H5 côtoient Shepard Fairey, Rero, l’Atlas ou encore Seth, vu récemment dans la résidence d’artistes aux Bains Douches.

L’artiste ZEVS a fait un clin d’oeil a un des occupants réguliers du Grand Palais: Karl Lagerfeld.
A travers une installation originale les objets sont des suspects potentiels. Ne causent-ils pas de sérieux dommages à vos portefeuilles ?

CINEMA PARADISO

au Grand Palais

tous les jours à partir de 11h
et jusqu’au 21 juin 2013

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The Dark Knight Rises de Christopher Nolan – Batman ou la fin d’un univers

Comme le réalisateur l’avait annoncé: la Saga Batman de Christopher Nolan se clôt avec The Dark Knight Rises.
Et  ses 2h44 donnent l’impression que le film ne dure que 90 minutes.
J’en aurais bien pris 1 heure de plus! Surtout en version originale dans le texte.
C’est dire si l’opus précédent The Dark Knight nous avait laissés sur notre faim d’homme chauve-souris.

N’étant pas un grand fanatique de comics, mon univers “batmanien” se résumait aux films de Tim Burton,
aux dernières franchises des jeux vidéos de notre héros masqué et aux dessins animés diffusés sur France Télévisions.
Mais malgré tout,  Batman fait partie de mon panthéon des super héros avec les X-men (dans un autre style).

Batman Begins avait bouleversé l’univers noir et gothique crée autour de l’acteur Michael Keaton,
et on oublie volontairement les versions de Joel Schumacher.
D’ailleurs, l’univers créé par Christopher Nolan pour le premier volet de ces nouveaux épisodes ne m’avait pas convaincu.

Sceptique à l’idée de voir resurgir un Joker “Nolanisé”, j’ai plutôt été bluffé par la majesté de The Dark Knight,  la maitrise de la réalisation et un jeu d’acteur à couper le souffle.

Mais revenons à The Dark Knight Rises. J’espère ne pas trop spoilé ce film pour ceux qui ne l’ont encore pas vu.
Tout d’abord, il ne faut pas s’attendre à une resucée de l’opus précédent.  Ce nouvel épisode a son rythme propre: plus lent, plus dialogué, plus introspectif. En lien direct avec le premier.
Nous assistons à la lente agonie de Gotham City et de son héros en prise avec ses démons du passé. Mais il n’est pas le seul à subir ces turpitudes face à la menace Bane.
Voilà pour l’intrigue. En dire plus serait gâcher le plaisir des futurs spectateurs.

Après cette séance, éliminons en premier les aspects négatifs de ce long métrage.
1/ Gotham City:  l’action  quitte  Chicago, et son architecture unique, pour New York. Même si Gotham est un des surnoms de cette ville,
j’ai été un peu déstabilisé par ce changement d’environnement. Même si, au final, la Grosse Pomme sert beaucoup plus l’intrigue.

Notamment par le fourmillement d’immeubles et les plans de nuits magnifiques.

2/Le ralentissement de l’action : lié à la structure introspective de l’histoire. Cela crée parfois quelques lenteurs.

3/Marion Cotillard!  Et ce n’est que purement personnel et viscéral.  A tel point que j’avais oublié qu’elle jouait dans ce film.
Et Malheureusement, un personnage central du scénario…

4/Le film tombe parfois dans les travers liés aux blockbusters made in US: romantisme lénifiant, baisers trop calculés et rebondissements prévisibles.

Reste que TDKR est un film vraiment réussi, dans la veine des deux autres réalisés par Mister Nolan.
La première séquence arienne  rivalise sans problème avec celle de l’introduction du Joker.
Il réussit à perpétuer son univers, ringardisant, un peu,  celui de Tim Burton en le rendant quelque peu suranné et hors d’âge.
Ce Batman est toujours moderne, emprunt de réalité sociale et d’actualité.

Le plaisir est augmenté par  la pléiade de seconds rôles, issus des séries TV, pour lesquels vous vous demanderez “où les ai-je vu déjà?” : 
Jason Wiles
et Josh Stewart ( de NY 911) ou encore Christopher Judge (Teal’c dans Stargate SG1).

Mais la vraie révélation reste Joseph Gordon-Levitt alias Blake.
Au milieu des personnages récurrents que sont le Commissaire Gordon (Gary Oldman) ou Alfred (Michael Caine),

il ne fait pas mauvaise figure et devient même très attachant, une future star du petit écran.

Avec  The Dark Knight Rises, comme dans Inception,  Christopher Nolan arrive à faire se rejoindre, encore une fois, film d’auteur et film commercial.
Une vraie réussite pour les critiques  anglo-saxonnes et un accueil mitigé pour les Françaises.
Mais nous adorons brûler nos idoles.

Alors il est sûr que ce Batman n’est pas à prendre comme un unitaire, mais à inclure dans l’œuvre du réalisateur (Following – Le suiveur , Memento, Inception).

AU final, on aimerait bien les 2 Chris (Nolan et Bale) se remettent en scène pour un quatrième opus.
Même si cela restera, semble-t-il, impossible!

By E.M.

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Exposition à la Cinémathèque Française: la vague Tim Burton s’empare de Paris

C’est l’Evénement du début d’année, voire de 2012 tout entier. Le vaisseau Burton s’amarre enfin à Paris, à La Cinémathèque Française jusqu’au 5 août.

Alors que l’exposition que le MOMA à New York a consacré au cinéaste l’année dernière suscitait toutes les convoitises et poussait certains fans français à traverser l’Océan pour ne pas rater une occasion rare de pénétrer l’univers burtonien, la blogosphère n’en finit plus de trépigner depuis plusieurs jours, euphorique d’avoir un Maître à vénérer en chair et en os sur son sol.

Et quel plaisir effectivement d’avoir désormais les preuves originales des nombreux talents du cinéaste américain – expatrié à Londres – que l’on peut présenter aux grincheux convaincus que Burton ferait toujours le même film.

L’ouverture de l’exposition et de la rétrospective a été marquée par une master class sold out en moins de 10 minutes, un vernissage tapis rouge avec refoulement d’invités et une séance de dédicaces qui aurait, au final, fait plus de malheureux que de chanceux. A ce jour, le mystère reste entier sur les raisons de ne pas avoir stopper l’allongement de la file d’attente, quand il en était encore temps et avant qu’elle n’atteigne le Palais Omnisport de Bercy.

Au 5 étage du bâtiment dévolu aux expositions temporaires, ce n’est que surprises, régression, jubilation et longue contemplation individuelle. Face à autant de merveilles, vous ne pourrez pas commenter toutes les œuvres avec voisin.

Les superlatifs ou substantifs ne manquent donc pas devant l’ensemble des pièces ponctuant un parcours vaste dans l’univers de Tim Burton. Dessins, sculptures, courts-métrages de jeunesse, publicités et reliques de films dont le pull angora d’Ed Wood. L’interdiction de toute reproduction de cet objet fétiche est un nouveau mystère à soulever.

Autant être prévenu avant de grimacer sur le prix du billet ou devant la queue à prévoir au cours des week-ends. L’enfant qui est en vous, ne vous sera jamais autant reconnaissant de l’inviter à traverser l’imaginaire d’un maître de l’image : dessinée, animée et filmée.

Après que le carrousel d’animaux étranges (inspiré d’un dessin pour le film Beetlejuice) accompagné de la musique de Danny Elfman a fini de vous fasciner, vous allez entrer dans une vaste salle réunissant dessins, esquisses et autres tableaux. Vous reconnaîtrez l’enfant huitre, et rencontrerez aussi bien de drôles de couples que des personnages improbables. Galerie de portrait géante avec monstres, ogres, squelettes, gravures de mode métalliques, personnages tentaculaires et brouillons de Mister Jack.

L’œil en perdrait l’équilibre, si la curiosité ne nous poussait pas à explorer chaque nouveau thème qui s’offre à nous.

Un bébé bleu, certainement l’enfant caché de Sally, héroïne de L’Etrange Noël de Monsieur Jack, nous accueille dans une autre salle. Rencontre silencieuse avec ce enfant immobile, au visage rafistolé.

La sélection thématique est aussi l’occasion de revenir, entre autres, sur une légende. Celle de propositions refusées par Disney pour le dessin animé culte : Taram et le chaudron magique. Les pièces à conviction encadrées épatent car l’univers Burtonnien est bien présent. Néanmoins, on se prend à sourire en imaginant la tête des décideurs quand ils ont découvert des monstres à poil ou des tables anthropomorphiques. Plus d’un « gloups » a dû être étouffé.

Suit une enfilade consacrée aux courts et longs métrages. Les films sont évoqués par quelques dessins et pièces maîtresses : le costume et le gant de Johnny Deep dans Edward aux mains d’argent, une série de visages de Mister Jack, des maquettes de martiens pour Mars Attack !, un épouvantail à tête de citrouille évoque Sleepy Hollow.

Batman avec trois masques en latex.
Au sujet de ce dernier film, saviez-vous que Burton écoutait l’album The Wall de Pink Floyd pendant le tournage des aventures du superhéros masqué?
Les présentations sont parfois un peu synthétiques quand vous croisez l’un des films chers à votre cœur.

On en aurait bien pris plus dans les mirettes : des costumes par exemple, une ou deux exclus sur le prochain film 3D Frankynwinnie, du studio Disney.
Souvenons-nous de l’exposition consacrée à Stanley Kubrick qui s’étalait sur deux étages.  Tim Burton l’aurait tout autant mérité.

Reste une dernière question. Celle de l’achat du catalogue en version luxe avec lithographie signée de la main du maître. A 1000 exemplaires, cette édition a-t-elle quelque chance de prendre de la valeur avec le nombre des années?

Exposition et rétrospective Tim Burton
Jusqu’au 5 août 2012

à La Cinémathèque Française
51 rue de Bercy -75012 PARIS

Horaires :

Lundi, mercredi à vendredi  :12h-19h.
Week-end, jours fériés et vacances scolaires (14 au 29 avril et 4 juillet au 5 août) : 10h-20h.
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Fermeture le mardi et le 1er mai

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POSSESSIONS avec Jérémie Rénier – Polar autour de l’affaire Flactif, de Eric Guirado

L’affaire Flactif, le meurtre sanglant d’une famille au Grand Bornand, a défrayé la chronique judiciaire et les faits divers en 2003.
Presque dix ans ans après les faits, Possessionsle film du réalisateur Eric Guirado s’empare de cette histoire pour en faire une fiction dont les rôles principaux sont tenus
par Julie Depardieu, Alexandra Lamy, Jérémie Rénier et Lucien Jean-Baptiste.

Saluons tout de suite leur performance, le casting est à un niveau de jeu exceptionnel.
Outre Jérémie Rénier (Bruno Caron), qui a pris 18 kilos pour le rôle afin de laisser le personnage l’envahir de l’intérieur.  Julie Depardieu campe une Maryline Caron parfaite, déçue que son rêve d’une vie meilleure s’étiole au fil des déconvenues, contaminant son mari.
Face à eux, Lucien Jean-Baptiste et Alexandra Lamy sont parfaits dans ce couple de “bourgeois provincial” qui affiche sa réussite et sa domination sur le couple Caron.

Mais la mention spéciale revient à Appollonia Luisetti, âgée de 8 ans,  qui interprète Morgane Caron, la fille du couple Caron.
On se demande comment cette fillette a pu sortir indemne d’un tournage décrivant des rapports humains d’une telle violence. De l’aveu même du réalisateur,  c’est une véritable actrice, qui à son âge, est pleinement consciente de jouer un rôle. La preuve, dixit le réalisateur, la réaction de la jeune actrice à la fin des prises:  “Eric, j’ai été bonne ?

Dans cette fiction tirée de ce fait divers, le réalisateur ne veut que s’attarder sur les liens humains entre les différents protagonistes.
Et malgré l’avertissement que ce film n’est que pure fiction, résonne et remonte en nous le souvenir de ce meurtre ultra médiatisé tout au long du récit. A tel point qu’il est difficile de se décoller de l’actualité de l’époque qui a inondé les médias.

Il est évident que le cinéaste s’est beaucoup documenté pour écrire son scénario.
Mais outre  le jeu d’acteurs, la maîtrise de ce film réside dans des images parfaitement construites, des cadrages justes et des paysages mis en valeur. Un réel plaisir.
Eric Guirado saisit le bon regard, le juste mouvement, le moment clef de chaque scène. Et comment ne pas être touché par la retenue  de la mise en scène lors du point culminant du film.

Malgré ces atouts artistiques , on regrettera cependant que le scénario ne s’attarde pas plus sur la vie de la famille Castang.

Possessions est un polar psychologique juste et maîtrisé qui nous fait oublier la déception d’Avant l’Aube de Raphaël Jacoulot.

POSSESSIONS d’Eric Guirado
Sortie le 7 mars 2012

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Peter Lord et ses Pirates : le cinéma d’animation en majesté

Peter Lord, producteur de Wallace et Gromit, du Mystère du Lapin Garou et de Chicken Run, a tenu en haleine pendant 2 heures le public du Forum des Images lors d’ une master class exclusive, ce samedi.

En effet, ce doux-dingue de l’animation britannique ne venait  pas les mains vides. Il avait avec lui, trailer, marionnette et images de making of du dernier né des studios Aardman Animations : The Pirates! Band of Misfits.

The Pirates! Band of Misfits Captain Pirates Aardman Animations Studios
Au cours d’une joyeuse soirée, Peter Lord, accompagné de son directeur de la photo, a partagé ses confidences autour des coulisses de ses productions. Au passage, il avouera sans mal qu’il a un vrai attachement, voire une sorte de gémellité avec le Capitaine Pirate, héros de son nouveau film.

On apprendra ainsi qu’il ne se fait pas prier pour servir de modèle aux personnages du film pour que les animateurs puissent s’en inspirer ensuite.
Heureux producteur aussi, car les cadences de tournage ont augmenté, passant de 5 secondes de film tournées par semaine à l’époque de Wallace et Gromit, à 6 secondes pour Pirates. Un record, sachant que 25 équipes tournent en même temps dans le studio.
Un travail de titan, on vous dit.

Les premières images et les nouvelles prouesses techniques en termes de décors, de modelage des mâchoires et aussi d’utilisation de la 3D nous font saliver d’avance avant de découvrir le film sur grand écran. Alors que l’acteur Hugh Grant prête sa voix pour le Capitaine Pirate pour le marché anglo-saxon, nous prenons les paris sur le nom de la star française qui prendra le relais.

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Rutger Hauer: Interview One night in Paris à L’Etrange Festival

Invité de la dernière édition de L’Etrange Festival, au Forum des Images, l’acteur culte des films Blade Runner et de Hitcher, Rutger Hauer, a savouré standing ovation et bain de foule que son public français lui a réservé.

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De l’aveu même de l’acteur, il ne participe que très rarement aux festivals. Non qu’il refuse les invitations. Mais voyageant constamment,  il ne veut donner son accord sans pouvoir l’honorer. Ce samedi soir, les festivaliers étaient  donc chanceux de pouvoir passer cette nuit avec lui. De leur côté, les journalistes avaient aussi été nombreux à vouloir approcher ces yeux bleus mythiques, au cours d’une série d’interviews accordées au compte-goutte.

3 films au programme. Un inédit The Mill and the cross, qui laisse encore dubitatif une nuit de sommeil passée. Et deux pépites incontournables: La Chair et le sang (de Paul Verhoeven) et Hitcher (de Robert Harmon).

Se prêtant au jeu de la présentation pour le premier film, l’acteur regrettera de ne pas avoir pu présenter le makin-of en bonus au programme. Les joies culinaires l’ont, au passage, fait chavirer au point d’oublier son second rendez-vous et surtout le premier débat organisé avec le public en fin de séance.

Il se rattrapera, en fin de soirée, avec Hitcher dont il se plait à rappeler qu’il n’avait  jamais lu un scripte de film qui soit resté aussi fidèle à l’écran, une fois le film tourné.

Le temps d’une séance de dédicaces, Rutger Hauer a répondu aux questions décalées à souhait de la fine équipe d’ United States of Paris.

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Exposition Stanley Kubrick : le cinéaste de tous les possibles à la Cinémathèque Française

A l’entrée de l’exposition que lui consacre la Cinémathèque Française, deux citations du cinéaste Stanley Kubrick  frappent l’œil: « La meilleure formation en matière de films c’est d’en faire un » et « si on peut l’écrire ou le penser, on peut le filmer ».

Dès le tout premier film, Stanley Kubrick s’est donné les moyens de son art : une documentation minutieuse (des étagères entières pour le projet Napoléon),  une maitrise totale de la préparation et du matériel technique, une exigence déployée sur le tournage (1 ans ½ de tournage pour Eyes Wide Shut) et la précision d’un compositeur au montage.

Au-delà de ces faits connus des cinéphiles, le visiteur fait un véritable pèlerinage, approchant des objets cultes, effleurant le maître à chaque détour, tout en renouant le fil de ses émotions de cinéma.

Le cœur de tout passionné de Kubrick doit être bien accroché car des pièces majeures sont au rendez-vous : la hache et les costumes des sœurs jumelles de The Shining, le costume d’Alex, héros d’Orange Mécanique,  quelques esquisses du Docteur Folamour, une cuirasse de Spartacus, un élément de décor de 2001, l’Odysée de l’Espace.

Avec cette exposition, le cinéma deviendrait presque palpable tant la documentation présentée est exceptionnelle, allant de notes préparatoires avec dessins du maître à des essais photographiques de l’actrice Sue Lyon, révélation du film Lolita.

Cette exposition est aussi l’occasion de croiser le regard touchant de la femme du cinéaste, Christiane, rencontrée sur le tournage des Sentiers de la gloire et qui l’aura croqué à l’occasion de tournages ou de moments plus intimes.

Exposition Stanley Kubrick
A la Cinémathèque Française jusqu’au 31 juillet 2011

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