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Rock en Seine 2017 : The XX, Deluxe, The Lemon Twigs #report

Rock en Seine J3. The XX était le point culminant de la journée, le public français étant particulièrement attaché au trio formé par Oliver, Romy et Jamie.
Mais avant Car Seat Headrest nous a fait détester Seattle, George Ezra nous a parlé de son nouvel album, Deluxe s’est offert un délire jumb moustachu, The Lemon Twigs a frisé le glamrock. Sans oublier Rone et les beaux festivaliers déguisés et joyeux. 

The XX

Car seat Headrest : no smile

Entrée sur scène sur boucle musicale, tirage de tronche généralisé – à la différence de George Ezra. On se la joue bad boys venu de Seattle. Come on!
Quand le chanteur se met au micro, comme l’impression qu’il s’est mal réveillé. Articulation désastreuse, pire que Beck.
Charisme proche de zéro et présence sur scène oubliable. 

Le bassiste donne l’impression qu’il fait de la figuration, à la cool, sans réelle conviction.  Le t-shirt Dinosaure jr du guitariste nous aura fait marrer 5 secondes.
Et puis finalement, on se laisse prendre au jeu. On en profite pour rêver un peu au Nord de la Côte Ouest.

Deluxe : délire jumb généralisé

Carmina Burana pour faire lever les foules. C’est joyeusement mégalo et rigolo. Ça sautille, ça arpente la scène dans tous les sens. Le groupe est déguisé, festif et majoritairement barbus. Certains membres portent mieux la moustache que d’autres. À vous de deviner lesquels. 

Selfie original pour USofParis

Sessions de jump collectifs pour dégourdir les mollets. “On a l’impression de faire du patinage artistique” lâche LiliBoy, la chanteuse, en conf de presse.
Rock en Seine est la dernière date de la tournée de Deluxe : 35 dates cet été ! Avant un grand final à Marseille avec max de moyens et pause bien méritée. 

Et peut-être d’exaucer deux rêves : participer à Fort Boyard et faire un duo avec Orelsan. 

Rendez-vous : french punk revival 

Il y a une réelle curiosité à écouter et voir le groupe français de néo-punk. C’est hurlant, brut, fiévreux.
Un festivalier à un autre : “j’ai l’impression d’avoir la fièvre tellement que je transpire

Une épingle à nourrice sur la casquette, un peu plus de piercings que d’habitude sur les festivaliers, une chemise rétro 90’s rose avec des tâches noires siglée MTV, des colorations de cheveux improbables.
Le rythme prend les corps, libère les esprits. Exhalation !

Mac Demarco le bon copain

De jeunes VIP bien installés sur scène – on les déteste – avec sièges, petite table, pots de fleurs, glacière : c’est ça aussi le style inimitable de Mac Demarco. Une décontraction totale, de l’absurde et de la bonne musique pour tous et toutes.
Il distille ses mélodies avec simplicité, joie et complicité. 

Il nous offre une étonnante reprise du tube de Vanessa Carlton, Thousand Miles à sa manière, avec un tout autre texte : “make my way downtown” et accélérations surprises. Démoniaque ! 

George Ezra : easy listening 

Le blondinet arrive avec un putain de smile qui fait plaisir !
C’est marrant un artiste qui se sent encore obligé de partir en tournée avec son nom écrit en grand sur toile derrière lui et qui le rappelle après la 1ère chanson.
Ce concert est l’occasion de découvrir de nouvelles chansons ayant pour thèmes l’évasion, le rêve comme Getaway.

Il en a écrites à Barcelone où il a passé 1 mois. Il aimerait y passer plus de temps. Il est adorable ! 

The Lemon Twigs : half glamrock 

Étrange show que celui des frères D’Addario.
Y’a un côté Freddy Mercury imberbe des débuts avec Brian au chant, en moins cuir forcément.
Et puis Michael lâche sa batterie pour prendre le micro d’abord pour les choeurs et ensuite pour chanter en front-man : ça devient glamrock à la David Bowie mais à la voix qui aurait un peu trop abuser d’alcool.
Levés de jambe incroyables, jeu de scène hystérique.
I walk with a zombie” putain flippant.
Fin de show torse poil sans muscles des deux frères. 

Rone tout simplement 

L’artiste électro prouve qu’avec peu de moyens – une toile peinte en fond, une platine plus proche d’une amorce d’échafaudage que d’une création de designer – on peut faire le show aussi bien qu’un bogosse nommé Flume vendredi.
Leçon d’humilité donc pour un set coloré, dansant, trippant. 

The XX : les superbes

Exit le petit escalier, place à une rampe, sans doute plus praticable pour l’avant-scène.
Chemise à la Elvis avec col relevé, fleurs et dragons pour Oliver. Deux dragons sur veste pour Romy. Haut de survet pour Jamie.
Début du show sur une instru puis Crystalised qui fait crier une très grosse majorité du public. 

The XX

Oliver Sim, une voix qui te donne envie d’embrasser ton voisine / ta voisine même si tu ne les connais pas. Un timbre de crooner qui trouble quand même pas.
Alors quand il est lover en chantant “Say something loving“, on aurait presque envie d’y croire.
On cherche ses défauts, à part la chemise, on voit pas grand chose d’autre.
Un sourire de tombeur pour dire merci et que Paris est la ville préférée du groupe, dans le monde entier, pour un soir de concert, comme celui-ci. On le sent sincère. 

I Dare you : romantique à souhait. 

Oliver descend la rampe pour quelques mots. Il distribue des free hugs avant de dire qu’il aime les festivals. “On a plein de raisons d’être contrarié dans la vie. Au festival, on lâche tout pour le fun.” 

Puis ça enchaîne vite avec une version remixée de Fiction, des lasers : “c’est Ibiza !” lance mon voisin. 

The XXC’est vrai que ça ressemble à du clubbing avec les lumières rainbow, le déferlement de fumée en continu.
Oliver et Romy apparaissent très touchés par les applaudissements enthousiastes. Jamie est plus réservé. 

Une dernière déclaration, de Romy, cette fois : “Ça représente beaucoup pour nous que vous soyez là. On aime chacun d’entre vous ! 

Fin de festival sur un nuage. On n’aurait pas très envie que ça s’arrête comme ça. 

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Rock en Seine 2017 : PJ Harvey, Therapie Taxi, Jain #report

Rock en Seine 2017 J2. Beaucoup attendent 22h pour découvrir enfin la nouvelle performance de PJ Harvey.
Mais avant de très beaux lives ont enthousiasmé les festivaliers comme : Thérapie Taxi, Girls in Hawaii, Jain, Band of Horses, The Kills, Lee Fiels and The Expressions… 

PJ Harvey

Thérapie Taxi : set brûlant ! 

Un regret : ne pas avoir assisté au set complet de ce jeune groupe déchaîné, à la pop furieuse et entraînante.
J’arrive en pleine chanson d’amour crue : Salope. C’est génial, pas besoin de me tenir la main. Je me prends la vague d’énergie en pleine gueule. Et je kiffe !
Le temps d’apercevoir le t-shirt de la bassiste et son The future is female, le dos complément trempé de Raphaël, le numéro de maillot d’Adelaïde. Pour le dernier titre Pigalle, c’est Thérapie Taxi qui paie sa tournée avec bouteille à la main servie aux festivaliers déshydratés. Raph finit torse poil, rugissant, surexcité.
On en croit pas nos yeux. On est prêt à un second round. 

Band of Horses : rock barbu, poilu, à casquette 

Ça commence par un I can’t sleep. Avec le putain de soleil en pleine face en milieu de journée : on n’y arriverait pas non plus.
Les Américains balancent un rock sans artifice, pas révolutionnaire mais suffisamment entrainant pour emporter le public dans des paysages plus bruts que nos prairies. 

Sages Girls in Hawaii

L’accueil français est à revoir. Les “À poil !” sont inutiles quand on connaît la réserve des Belges.
Keep your distance…” les mots sont bien trouvés parfois pour certains voisins de festival.

L’adhésion à la pop de Girls in Hawaii est intacte. On aurait peut-être aimé être un peu surpris, un peu malmené, dans le bon sens du terme, par les nouveaux titres.
I Miss you nous rappelle aux bons souvenirs.
Et on s’étonne que ce soit la 1ère fois du groupe à Rock en Seine.
Antoine conseille de voir le live PJ Harvey, classe ! Nombreux.ses sont ceux qui suivront le conseil. 

Jain : une dernière après 2 ans 

Jain se souvient d’être rentrée d’Abou D’habi et d’avoir trippé total sur Justice, sur cette même scène, il y a quelques années. Ce concert est doublement symbolique puisqu’après être spectatrice, elle se retrouve au centre de toutes les attentions. Après avoir tutoyer le public américain, elle termine sa tournée de 2 ans ici. Le pied !
Et aussi les larmes quand elle en parle. Ça signifie aussi se séparer de toute son équipe.
Les tubes sont là et soulèvent les bras : Come, Mabeka, Dynabeat

Seule fosse note. Ce sample de l’intro de la série culte L’inspecteur Gadget pour un nouveau titre. Notre souhait, que cette chanson ne se retrouve pas sur son prochain album.

Final dans une boule, Jain portée par la foule suivi d’un salut avec musicos et équipe technique. #Beautiful

The Kills : waouh ! 

C’est une tornade blonde qui arrive, arpente son bout de scène comme un prédateur prêt à attaquer. Alison observe.
Premiers couplets, décollement de racines à grands coups de tête. Elle ne craint pas pour ses cervicales, malgré le léger poids des années.
Alison a une façon toute à elle de s’accroupir sur les retours son. Sexy demain !

The Fever emporte les yeux complément sous le charme de ces retrouvailles. On ne se souvenait plus de cette folie gestuelle.
Elle est tellement subjuguante que j’ai mis 5-6 chansons avant de regarder les 2 autres membres du groupe derrière elle : le bassiste et le batteur. Shame on me!
Jamie, plus discret se IggyPopise avec l’âge, ça lui va plutôt bien. 

PJ Harvey l’ensorceleuse 

PJ Harvey

Arrivée sous forme de procession. Serait-ce un enterrement ? Tout le monde est en noir. Polly Jean porte une robe tunique et se trouve encadrée par 9 hommes. Chain of Keys, premier titre instru. Elle a quitté sa guitare des précédentes tournées pour se mettre au saxo. 

L’univers est noir, mais captif. Il est question de mort, de ténèbres : The mininistry of defense, Dear Darkness, In the dark places
Le titre The Community of hope nous apporte un peu plus de la lumière dans tous les sens du terme. 

Polly Jean se fait conteuse, expressive, très gestuelle, n’ayant plus de guitare sous la main. Son jeu de scène est troublant, inhabituel, théâtral.

À côté de moi, un jeune à une autre : Elle en rien à battre de nous. Elle a pas dit un mot
Le titre Shame vient à point nommer. Au contraire, la chanteuse préfère rester sur ce fil narratif tout au long du set.  

Parfois, la prêtresse souffle dans le micro à la fin d’un titre donnant l’impression qu’elle nous dirait quelque chose. Nous sommes totalement collés à ses lèvres.  Bien joué !

PJ Harvey

Un “merci beaucoup” en français dans le texte viendra au bout d’une heure de concert, le bon moment pour présenter ses musiciens. 

Final avec To bring you my love toujours aussi trippant et River Anacostia qui se termine avec lumières discrètes et en acoustique, comme pour l’ouverture du set. Magnifique ! 
Elle s’autorise un rappel avec une reprise de Dylan, Highway 61 et The River. 

Certainement on a raté des choses, des paroles. Sans doute le temps a été un peu long parfois, la fatigue se faisant sentir.
Mais nous quittons PJ Harvey avec regret.

Rock en Seine se poursuit demain avec The XX, Marc Demarco, George Ezra, Rone, The Shoes 

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Rock en Seine 2017 : Inüit, Flume, Mø, Hercules & TLA #report J1

Édition anniversaire. Rock en Seine a 15 ans. Pour ce J1, les lives de Inüit, Cabbage, Témé Tan, Barbagallo, Hercules and the Love Affair, Mø, Flume ont charmé les festivaliers qui avaient les pieds dans la boue.
Nouveauté : un drone avec cam survole le Domaine national de Saint-Cloud pour offrir des images sensationnelles des concerts. 

Rock en Seine 2017Rock en Seine 2017

Inüit : une bande-son venue de Nantes 

Les Nantais ont le live crescendo. Chanson plutôt douce pour débuter, histoire de faire connaissance avec les visages devant eux. À mesure que la pluie laisse place au soleil, la pulsation est plus intense, le groupe prend son aise physiquement pour capter l’attention.
Bien sûr, le summum est Dodo Mafutsi ce tube imparable mais énigmatique par son gimmick entêtant. La plate-forme de la batterie bouge pas mal, on se demande si elle va résister à la tension.
Le set se clôture par un titre sur les violences policières : intrigant et énergique à souhait !

Rock en Seine 2017

Rock en Seine 2017

Sollicitation maximale à la sortie de scène, côté backstage. Le groupe se scinde en 2 puis en 3 pour assurer la promo.
Ç
a confirme qu’Inuit est bien la sensation du moment à ne pas lâcher des oreilles.

Rock en Sein 2017

Cabbage : bad boys de Manchester

Le leader garde sa cigarette pendant la 1ère chanson ainsi que son manteau. Style particulier.
Je ne suis pas le seul à penser à la filiation direct avec Oasis. Une quinqua collée à la barrière porte un t-shirt au nom de Liam Gallagher. Pas loin un sac à dos licorne se déhanche.
Cabbage n’est pas fashion addict, mais sait envoyer le son qui ne laisse aucun échappatoire. C’est aussi désinvolte dans le jeu de scène que rugissant dans la voix. 

Rock en Seine 2017

Le smile de Témé Tan 

Une voix qui fait penser à celle de Jonsi, le chanteur de Sigur Ros quand elle monte dans les hauteurs. Témé Tan assure en solo à la manière de Christine and The Queen ou Jain à leurs débuts.
A métisse et des bulles de savon prennent leur envol dans la fosse.
Ç
a va pas la tête ? n’est pas un texte de ouf mais le rythme prend les corps des festivaliers.

Des sons de cloche appelle les fidèles de The Pretty Reckless avant le début du set. C’est bruyant, une voix qui frise la caricature du chanteur de hard-rock. Les chemins dissimulent la plupart du temps le visage. Rien de novateur. 

Rock en Seine 2017

Dernière de Barbagallo

Rare de voir un chanteur-batteur sur Scène. Excepté Phil Collins à l’époque de son plein succès.  Alors forcément, on s’arrête par curiosité et on est plutôt séduit par la bande-son qui nous est proposé, comme une parenthèse joyeuse. 
On découvre que les chansons de Julien Barbagallo ont été toutes composées en Australie et que Rock en Seine 2017 sera le dernier concert de la tournée.
On a d’yeux que pour Theodora à la basse. 

Rock en Seine 2017

The Jesus and Mary Chain : mou du genou 

Le chanteur semble impressionné par la foule face à lui. Il est emprunté, ne sait pas quoi faire de son pied de micro et  il finira par le faire tomber au 2e titre. Il est souvent voûté pour chanter. On pense un peu à New Order mais avec le trip en moins. Comme si le band était épuisé. 

Hercules and The Love Affair : Rejoice! 

Premier titre, Omnion, du nom du prochain album du groupe. Planant, énigmatique à souhait.
Andy Butler en salopette marron s’est associé à deux chanteurs le Belge Gustave et la divine Rouge Mary made in France à la personnalité réjouissante. Deux danseurs (dont Andrea qui est vidéaste dans la vie) capables de belles contorsions, viennent stimuler le show visuellement.
Une jeune femme danse avec un haut rouge passion à l’inscription joliment naïve : Angel. Andy réajuste son bob. 
Rouge Mary amuse le public, entre les chansons, comme avec son : “Oui, ça travaille ce soir !
Hercules and The Love Affair nous revient des titres revigorant comme avec ce Rejoice qui vient clôturer ce set clubbing élégant et débridé.

Rock en Seine 2017

Mø captivante 

Toujours aussi fascinant de voir en live. C’est une vraie force de la nature, capable de capter son public dès le premier titre.
T-shirt à l’effigie du Debbie Harry du groupe Blondie, mini-short et bas noir, elle est à l’aise pour s’agenouiller, sauter de scène, jouer de son corps.
Elle ne résiste pas à l’appel du bain de foule, le contact physique avec son public.
Difficile de s’éloigner d’une bête de scène comme Mø, même pour aller se ravitailler en boissons. On a trop peur qu’elle fasse un truc de ouf dans notre dos. 

En attendant Flume, je peux entendre un photographe à un autre : “ils sont calmes les Parisiens en festival !
La réponse est surprenante :”au prix du billet…

Flume hypnotique 

Un problème de rideau de scène retarde l’arrivée de l’Australien Harley Streten. Puis la fleur sur fond noir commence à pulser sous les projecteurs. Elle change de couleur, les cris du public commencent à monter. 
Les smartphones sont aux anges. 

Rock en Sein 2017

Le rideau tombe et le visage juvénile de Flume apparaît.
Déflagration lumineuse. Le show est impressionnant et offre une série d’images fortes. Les photographes ne lâchent pas leur objectif.
Il emportera le public jusqu’à la fermeture avec une bonne-son excellente où l’on peut reconnaitre des guests comme Beck ou AlanuGeorge.

 

Côté goodies distribués : beaucoup moins de totebags cette année. Mais un max de couvre-chef : chapeaux de paille, rouge, jaune ou casquettes à customiser sur place. Des ballons noirs – hype plutôt que réellement festif – pour prouver à tout le monde : “I did it !

 

Rock en Seine 2017 continue ce samedi et dimanche avec un max de beaux concerts et un temps clément.

Site officiel Rock en Seine 2017 : rockenseine.com

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Nuit du Tango aux Nuits de Fourvière : chants d’amour et danses sensuelles

Les Nuits de Fouvière, ce sont des concerts, des créations théâtrales, de la danse, du cirque et aussi des nuits thématiques.
Coup de cœur des blogueurs 2017, la Nuit du Tango à Lyon nous a réservé  une soirée passionnantes en rencontres artistiques.

La scène du Grand théâtre de Fourvière paraît très épurée ce dimanche. On aperçoit les colonnes romaines, habituellement cachées par les décors, l’espace paraît immense. Les gradins ont gardé la chaleur de cette journée estivale. Les rangs sont clairsemés, la première vague de départ en vacances du 14 juillet n’y sans doute pas étrangère. J’ai hâte d’être embarquée dans cette nuit du tango.

Il est 20h30, les musiciens font leur entrée : pianiste, violoncelliste, bassiste et accordéoniste. Ils commencent à jouer et nous embarquent directement dans l’ambiance du tango comme si nous étions en Argentine. Puis Daniel Melingo arrive, entièrement vêtu de noir, avec un long manteau et un chapeau qui donnent le caractère à son personnage de scène. Sa voix rauque de vieux rockeur contraste avec la douceur de la musique. Il a une manière très théâtrale de chanter, il appuie sur les syllabes, fait beaucoup de gestes. Il nous raconte des histoires en déambulant sur la scène, donnant parfois l’impression d’être perdu, parachuté dans une autre réalité. Il parle et chante l’amour, le tango avec une pointe de mélancolie comme d’une époque révolue qui contraste avec sa dureté apparente.

Il nous chuchote même à plusieurs reprises Una noche sin luna en el cielo, se couche sur la scène comme s’il était allongé sur l’herbe. Son univers est à la fois poétique et cabossé. C’est un écorché vif dont on ne peut pas prédire la réaction. Il joue aussi de la clarinette, nous entraine parfois dans un registre plus jazzy. Il nous incite à taper dans nos mains comme une invitation à rentrer dans son histoire. Puis, il revient à notre réalité au moment du salut quittant son personnage de fou du tango.

La deuxième partie de la soirée nous emmène dans un salon de danse pour le spectacle No exit. Le pianiste Gustavo Beytelmann a pris place et commence à jouer. 16 danseurs sont assis en arc de cercle. Ils sont immobiles comme en attente d’être réveillés. L’ambiance est intimiste.

Soudain le bal s’anime, les couples se forment et esquissent leurs premiers pas de danse, se suivant dans une rotation autour de la piste. On peut même entendre le bruit des talons sur le sol. Puis le couple Claudia Codega et Esteban Moreno fait son entrée, chacun séparément, lui habillé en noir et elle vêtue d’une robe rouge, contrastant avec les vêtements plus simples des autres danseurs. Ils se jaugent, s’approchent puis s’éloignent comme deux bêtes qui s’apprivoisent. Nous assistons à la rencontre d’un couple de danseurs comme si nous étions présents à leurs côtés.

Ils se mêlent alors au groupe, changeant de partenaire pour quelques instants. Les voici assis à une table, une bande enregistrée nous livre leur conversation. Elle ne vient pas souvent danser car elle habite de l’autre côté de la ville. Il lui propose d’aller faire un tour. Ils partent et la danse reprend, toujours au cœur du spectacle, comme immuable. C’est elle qui permet la rencontre des êtres.

Une interview de Jean Paul Sartre est alors diffusée à propos de sa pièce Huis Clos. La citation “L’enfer c’est les autres” aurait été mal comprise, affirme-t-il. Ces propos sont de nouveau diffusés comme un disque rayé. J’ai du mal à saisir cette incursion de l’existentialisme dans ce spectacle de tango.
Un nouveau couple de danseurs arrive remplaçant le premier. La boucle est bouclée. No exit? Je ne ressens pourtant pas l’enfermement dans cette salle de bal argentine. J’ai pris plaisir à regarder cette danse à la fois sensuelle, maîtrisée et retenue.

by Emilie Jacquemier

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MaMA Festival 2017 prépare-toi aux très bons sons !

MaMA Festival 2017 vient de dévoiler une 2e vague d’artistes qui rejoignent une programmation qui s’annonce excitante, décapante et qui nous réchauffera des premières fraicheurs automnales.
SAVE THE DATE et RDV du 18 au 20 octobre à Paris pour un max de concerts et découvertes lives. 

On les aime !

Bertrand Burgalat c’est la classe assurée avec ce style à la fois élégant et décalé qui nous plait tant du chanteur-producteur.
Inüit, vu au Printemps de Bourges 2017, offre une pop sautillante et fraiche qui nous embarque à chaque fois.
Kiddy Smile n’est pas uniquement le meilleur ami de Beth Ditto, la bête de scène américaine. Il est aussi un artiste électro de plus d’1m90 que Les Inrocks aime, comme nous. Un vrai performeur capable de looks aussi barrés qu’osés. On a tous et toutes un Kiddy Smile qui sommeille en nous.
Eddy de Pretto, vu en plein soleil au Fnac Live 2017 et à Bars à Trans : une silhouette improbable, un song writing percutant et des titres qui font danser.
Theo Lawrence & The Hearts vu à Rock en Seine 2016, preuve que c’est un groupe qui dure. La belle gueule de Theo n’est pas le seul atout de cette formation. Niveau musique ça décape.

Mama festival 2017 Mama festival 2017

On veut les voir ! 

Chilla, c’est la sensation du moment. Carmen Maria Vega n’en revient toujours pas de l’avoir croisée.
Dani, une icône capable de ressusciter musicalement alors qu’on ne l’attendait plus. Culte forcément !
Delv!s : parce que les Belges sont nos amis. Et qu’à part Come My Way, on veut entendre les autres titres de ce jeune ours.
Sandor, une chanteuse suffisamment énigmatique pour nous donner envie de la découvrir sur scène.Mama festival 2017

Pour le référencement on repassera 

Et il y a toujours des artistes – finalement ils sont touchants – qui n’ont pas forcément choisi le meilleur de nom de scène pour leur référencement Google. Qu’on pardonne cette année, en allant les voir en concert : PaupièreMillionnaire ou encore Chelou et Le Club.
Et La Meute, géniale fanfare allemande, qui fait des reprises des tubes electro et techno totalement hallucinés.

Mama festival 2017

Focus sur FGO-Barbara

Sa situation géographique lui permet d’être accessible de tous et toutes. Ligne 2 directement le laboratoire des nouveaux créateurs. De belles rencontres en perspectives pour les pro, les artistes, les passionnés et inventeurs de musique…

Image de prévisualisation YouTube

MaMA Festival 2017
du 18 au 20 octobre 2017

Site officiel : mamafestival.com

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FNAC LIVE 2017 : Julien Doré subjuguant, The Blaze assure, The Horrors en exclu #livereport

3e jour au Fnac Live 2017 intense de concerts avec des grands attendus : Julien Doré, le retour chargé d’émotions, The Blaze, le deuxième concert d’une longue carrière, The Horrors en exclu. Des révélations : Eddy de Pretto bluffant, Clara Luciani et Aliocha seuls à la guitare face à un public en nombre.

 

Eddy de Pretto bluffant

Ça débute par une Fête de trop, un titre fougueux et frontal. Ça claque direct.

Eddy a une peau de blond qui rougit vite au soleil mais il assure sans se plaindre. Pantalon porté taille haute, la main gauche qui se touche le haut de la cuisse comme un gimmick quand il se déhanche ou un tic ou toc d’artiste.
Malin, le jeune chanteur quand il se présente en précisant : “Je suis sur tous les réseaux sociaux
Virilité abusive, une chanson qui fait du bien quand on n’est pas un dieu du stade comme lui comme nous.


Je suis complément normal, complément banal“, il y a du Stromae dans cette façon de déclamer ses mots dans une musicalité troublante.
Eddy de Pretto c’est un talent d’écriture inouï avec une rythmique imparable. 

Valerie June : from Tennessee to Paris

Les dreadlocks en vrac, mini-jupe en avec un haut en strass pour réfléchir les rayons du soleil. Bien joué !
L’Américaine débute certaines de ses chansons comme des sortes d’incantations jazzy, incompréhensibles, mystérieuses. Valerie June peut surprendre, subjuguer voir déplaire avec cette voix à la Betty Boop. Elle nous embarque dans une Amérique pleine de contrastes, de références, entre faux calme et de fulgurance. 

The Horrors are back! 

Exclu totale pour le Fnac Live, le premier concert du groupe pour annoncer la sortie de V, son nouvel album, est pour Paris.

Fnac Live 2017


Début de set tout en puissance, décibels et rythmiques à donf. Pas le temps de comprendre si ce sont des nouveaux titres ou des anciens. On shoote à mort les musiciens lookés, le chanteur, Faris Badwan, s’entortillant les bras avec le fil de son micro, balançant son pied de micro puis le retrouvant au titre suivant.

Fnac Live 2017


Celui qui se balade en coulisses avec un sac à main rétro – qu’on croirait sorti d’un cabinet de médecin du début du XXe siècle – a une manière très particulière de baisser le visage quand il ne chante pas, pendant les instru.
Le leader enlèvera ses lunettes malgré le fait qu’il soit “aveuglé par le soleil” (en français dans le texte). Classe !

Fnac Live 2017

Still Life fait rabaisser la tension. Le titre est moins en force, plus ténébreux. The Horrors fascine. Le groupe est capable d’envolées sensibles comme de coups de poings musicaux bien pensés.
On apprend à tomber sous le charme. Ce n’est pas forcément immédiat. 

Le charme assumé de Clara Luciani 

Seule à la guitare électrique, “je vais faire comme si je n’étais pas intimidée ! La nuit n’est effectivement pas encore tombée. La jeune révélation ne peut donc qu’apprécier l’étendue de festivaliers face elle.

 La vingtaine de minutes de set nous fait découvrir un univers passionnant. Le titre Monstre d’Amour offrant une belle ballade électrique.

Julien Doré : “les yeux dans les yeux !”

Affichant un petit 35 ans tout frais au compteur depuis 2 jours, assumant le choix de sa chemise fleurie et à manches courtes, Julien Doré est de retour au Fnac Live, festival qui avait marqué la pourtant longue liste de souvenirs scéniques de l’artiste. 
Un panneau “merci pour les animaux” sera aperçu dans le public, certainement pour la réhabilitation du bichon ou du panda dansant.

À quelques centimètres de l’artiste bondissant, il faut lâcher l’objectif pour apprécier la fougue qui s’abat sur soi. C’est impressionnant d’être aux pieds du chanteur.
Le Lac dont il fera chanter le refrain au public est l’occasion d’une montée d’émotion pour le beau Julien qui sourit au bord des larmes. 

Il n’hésitera pas longtemps à fouler l’avancée de scène, lui ouvrant une prise directe avec le public qui l’entoure.  Coco Câline et le public se soulève. Il a le don de savoir pousser ses spectateurs.trices au meilleur de leur enthousiasme. 

J. Doré innove ausi en introduisant une position de karaté en début de Kiss Me Forever, totalement improvisée. Comme Presley ou Cloclo, il balance sa serviette mouillée dans le public. Fétichisme en vue pour celle ou celui qui l’a rattrapée au vol. 

Il sort sa mob en milieu de set et non à la fin, comme lors de son premier concert en festival à Saint-Etienne.
En plus d’avoir une repartie d’enfer (cf notre échange mémorable sur Twitter), le chanteur a le don aussi de la douceur comme avec Eden (“et m’exiler de toi”), une superbe ballade au piano.

Il s’attache les cheveux qui fait l’effet d’un chignon avant de débuter On attendra l’hiver. On a du mal à valider, mais on pardonne forcément.
Quand au dernier morceau, il relâche ses cheveux, fait tomber la chemise en se retournant, dans une vague de fumée, la vision est ultra cinématographique. On parle de femme fatale, Julien Doré est un homme fatal, qui porte fier le débardeur à la manière d’un Brando.
En coulisses, les invités se masseront pour voir furtivement l’artiste descendre de scène.  On ne perd aucune miette d’un Julien Doré en live. 

The Blaze : sensationnel ! 

Une sensation qui a déjà eu droit aux pages des Inrocks. L’attente était très grande pour ce groupe dont un de son titre a servi de musique au teaser du festival.
Début de set, le duo envoie le son dissimulés derrière des écrans. Les photographes attendent que les DJ se dévoilent.


Il faudra attendre le 2e titre pour les voir en mouvement sur leurs platines et avoir confirmation que c’est bien eux qui assurent les parties vocales de leurs titres.
Leur show visuellement fait l’effet plus d’une installation artistique que d’un DJ est à la manière de Cassius. Projections d’images sur écran, jeu de formats aussi avec réduction du cadre, teintes de lumière en fonds, table réfléchissante.

Certains festivaliers ont gardé leurs lunettes de soleil face à la déferlante des spots lumineux.
La maîtrise est bluffante. L’électro de The Blaze débride l’adolescent qui est en nous.  On se déhanche et surkiffe comme les jeunots du bord de scène.
5 titres et puis s’en vont, les deux écrans se referment sur les dernières notes de l’excellent Juvenile. Générique de fin comme pour un film lumineux, intense et devenu en moins d’une heure une référence.

Rdv en juillet 2018 pour le prochain Fnac Live ! 

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FNAC Live 2017 / Jour 2 : Camille, Cassius, Otzeki, Alltta, Paradis … #LiveReport

Encore un soleil de plomb pour ce deuxième jour du FNAC Live 2017.
Au programme côté musiques : hip hop,  électro, pop et chansons françaises qui prend de la hauteur, avec des artistes qui prennent leur pied sur scène.
C’est parti pour le report du jour des concerts de Cassius, Otzeki, Alltta Loyle Carner, Paradis, Irene Dresel et Camille.

 

FNAC Live 2017

Otzeki : London is calling 

Les deux boys d’Otzeki – Mike au chant et Joel derrière les machines – étrennent les festivaliers en cette fin de vendredi avec leur électro-pop minimaliste, pour les compositions en tout cas.

FNAC Live 2017

Car Mike prend rapidement possession de la scène.
Voix déchirante d’écorché vif aux accents proches de Radiohead d’antan, guitare électrique épurée combinée aux beats électro.
Ce mélange produit une espèce de soul qui caresse les corps brûlés par le soleil encore à son maximum.

FNAC Live 2017
Je suis chaude !” : on pardonnera la petite erreur de grammaire du chanteur.
Le soleil tape tellement sur scène qu’au quatrième titre, le chanteur tombe la chemise, puis rapidement le pantalon. Il finira le concert en boxer paré d’une serviette. Son acolyte aussi.
Un brin de folie londonienne qui nous plait tant.

Alltta : pure énergie

Allta est le projet franco-américain qui unit 20syl (producteur de C2C) et  Mr. J. Medeiros (MC de Procussions et chanteur dans le groupe Knives).
Avec leur hip hop énergique et festif très Est Coast, c’est le feu dès leur entrée sur scène.

FNAC Live 2017

Mr. J. Medeiros  parcourt la scène de long en large, avec toute la gestuelle des rappeurs US. Son énergie et sa volonté de communiquer avec le public en font vrai un showman. Et même s’il ne dit que quelques mots en français, il emporte le public massé contre les crash barrières.

FNAC Live 2017

Si 20syl reste le plus souvent derrière ses platines, il rejoint Mr. J. Medeiros sur le devant de scène pour des duos en forme de battle.
Du coup, ça saute  grave et ça court sur scène, ça chante et ça fait les chœurs dans le public. Thank you Alltta!

Loyle Carner : il a kiffé

Retour à Londres, mais encore en mode rap.
Loyle Carner fait partie des talents qui évoluent uniquement sur l’avancée de scène. Mais le p’tit british de 22 ans semble plus qu’heureux d’être présent au Fnac live.
Entre chaque titre, il jette un regard halluciné sur le public.  Comme s’il n’en revenait pas d’être à Paris. Attendrissant !

FNAC Live 2017

Rap vocal pur et musique agrémentée de choeur gospel, de guitares électriques et basses rageuses, le kid de London offre une fusion musicale au cordeau.

FNAC Live 2017
Petit impro pour finir ? Un Buy our CD en forme de clin d’œil, une pointe d’esprit so british.
Sans oublier quelques “Fuck Brexit” disséminés entre chaque titre. On appréciera.

Paradis : le grand contraste

Paradis est la bascule musicale de la soirée. On passe direct d’un rap franc à de l’électro-pop française.
On sent de la réserve sur scène, une sorte de timidité du chanteur.

FNAC Live 2017
Mais la fraîcheur de la musique emporte le public.
Dans la fosse photographes, les VIP se font engueulés par la sécurité car ils sortent de leur espace pour tenter de photographier de plus près le groupe. Tout n’est pas permis !

FNAC Live 2017

Le set se terminera avec une reprise de La ballade de Jim. La touche électro, apportée par Paradis au tube d’Alain Souchon donne un côté nonchalant et un ton plus désabusé aux paroles.

Irène Drésel : l’ovni

C’est la première impression.
Looks et instruments : tous semble incongru.
Attention talent, comme on pourrait dire. Soit vous vous laissez embarquer par cette électro-celtique, un Enya moderne en somme, soit vous y êtes d’emblée réfractaire.

FNAC Live 2017Irène Drésel et ses musiciens sont tout de même une vraie sensation. Nous, on a adoré cette alliance moderne d’électronique et de flûte à bec.
Une musique à rapprocher du trublion Jacques qui crée sa musique électro avec des objets du quotidien.

FNAC Live 2017

FNAC Live 2017

Un live de 20 minutes qui amène parfaitement le grand moment de ce vendredi soir au FNAC live 2017, la tumultueuse Camille.

Camille planante

Cela faisait 7 ans que Benoit Brayer le programmateur cherchait à tout prix à accueillir Camille au Fnac Live. Des rendez-vous manqués, des impossibilités d’agenda, et finalement la chamane de la chanson française est enfin apparue.

Après avoir réjoui We Love Green, la chanteuse qui refuse aux photographes accrédités de la shooter sur les premiers titres, apparaît tout à la fois charmante, mystérieuse, distante, barrée en début de set avec son beau Lasso.
Son image en noir et blanc s’affiche sur grand écran, donnant une tonalité particulière à ce rendez-vous avec les festivaliers.
Suit la Fontaine de lait, le premier single de son dernier album Ouï.

Camille au Printemps de Bourges 2017

La belle se laisse désirer avant de saluer le public. Est-ce qu’elle le jauge avant ? Prend mesure de l’énergie qui lui arrive ?
Elle s’approche enfin avec Ilo Veyou, foulant l’avancée de scène. Elle semble prendre plaisir à ce contact.
Albin de la Simone fait son entrée discrète en zone VIP pour être au premier rang du concert. Il ne lâchera plus Camille des yeux de tout le concert.

Camille est capable de tout, comme se mettre à 4 pattes pour récupérer son micro et débute la chanson coup de poing Too good to fuck à genoux. Ou faire danser la bourrée à un couple qu’elle invite à monter sur scène.
Mais aussi à un déhancher de folie sur le titre Paris.
Elle finira la petite heure de concert en faisant des bisous avec les mains, tendre et espiègle à la fois.

Cassius : électro volcanique

Fin de journée intense avec le DJ set de Cassius. I love U so nous fait remonter les souvenirs du clip sensation (à l’époque) avec le jeu de bouches sur smartphone.

FNAC Live 2017
Constat, l’électro du groupe français n’a pas faibli avec les années – rappelons que Cassius a toujours son compte Myspace répertorié sur Google. Le duo est installé derrière ses platines, au-dessus d’un mini-volcan lumineux. Le public réagit aux titres connus dont certains sont remixés à des tubes d’autres artistes. Le set impulse une belle énergie.
En coulisses, Mr J Medeiros du groupe Alltta restera bloqué devant l’écran large de retransmission. Et nous devant ses sneakers.

FNAC Live 2017

Il ne vous reste plus que ce samedi pour vous joindre au FNAC Live 2017 avec le retour de Julien Doré !! 

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FNAC Live 2017 Jour 1 : The Pirouettes, Fishbach, Calypso Rose, Benjamin Biolay et Møme #LiveReport

Jeudi, premier jour du Fnac Live 2017 avec un line up assez éclectique sur le papier et une nouveauté de taille cette année : la scène se pare d’une avancée pour donner plus de rythme et de temps aux découvertes musicales.
La soirée s’annonce forte en montagnes russes musicales. Sensations garanties avec The Pirouettes, Fishbach,  Témé Tan, Polo & Pan, Møme, Benjamin Biolay et la reine Calypso Rose.

FNAC Live 2017

Alors que les rayons ardents du soleil lèchent avec force  les dalles du parvis de l’Hôtel de ville, le public arrivent petit à petit, profitant de la playlist du label Microqlima.

18h premier show : The Pirouettes

Léo arrive sur scène t-shirt manche longue à l’effigie de Justin Bieber. Le ton est donné. Le duo, Vickie et Léo, entouré de leur band balance une pop chaleureuse, énergique et espiègle, pour la musique en tout cas. Les textes semblent plus sombres.

FNAC live 2017
A l’instar de ceux des années 80’s, des références assumées avec cet insert de Marcia Baila des Rita Mitsouko en plein milieu de leur titre Dernier Métro.
Un jeune dans la foule crie “Tu l’enlèves ton pull ?” Eh bien non, malgré la chaleur, Léo le gardera jusqu’à la fin du set.
Une belle entrée en matière pour ce FNAC Live 2017.

Fishbach : de la retenue au rock

On continue sur cette lancée 80’s avec Fishbach.
A l’arrivée de la demoiselle et de ses musiciens sur scène, on se demande s’il faut tirer la tronche pour faire des chansons en français.
Mais le visage à la John Lenon de Fishbach, avec ses lunettes miroir rondes, s’égayera d’un sourire dès le deuxième titre.

FNAC live 2017Batterie électronique, guitare électrique très claire, synthés en nappes (surtout sur les premiers titres), la voix rauque de la chanteuse surprend et tranche avec ses sonorités vieilles de 30 ans.

Des ballades graves avec des guitares planantes, font quitter l’univers 80’s pour emmener le set vers dans une énergie plus rock, plus dark aussi.
Night bird, reprise de Bernard Lavilliers, clôt le concert.

On a flashé sur cette jeune fille qui dessine les artistes en live. .
En trois titres (la consigne pour les photographes), elle crayonne puis s’en va. C’est du grand art !

FNAC live 2017
FNAC Live 2017 : les talents en avant

C’est peu de le dire ! L’avancée de scène, nouveauté de l’année permet, en 20 minutes, à des artistes en devenir de présenter leur univers entre les changements de plateaux.
2017, c’est de la musique sans temps mort pour le public.

Le premier à l’inaugurer est Témé Tan.
D’origine congolaise, ce belge, cheveux crinière de lion,  propose des titres électro métissés. Seul avec ces machines et sa guitare, il fait le show.

FNAC live 2017

Il n’y a pas que les girls comme Christine and The Queens ou Sônge qui  ont du talent avec un pad et un looper sur scène, les mecs aussi !
En 20 minutes, Témé Tan embarque le public dans son univers groove et catchy aux nappes musicales envoûtantes.

La madone : Calypso Rose

A 78 ans, Dame Rose fait une entrée sur scène hésitante. Il ne lui faut que 30 secondes pour se remplir d’une énergie dingue, et arboré son sourire qui nous avait fait craquer au dernier Printemps de Bourges.

FNAC live 2017

Calypso Rose est d’humeur friponne ce soir, en moins d’une minute, elle montre une épaule, secoue son postérieur de façon canaille. Il faut dire qu’il y a foule de jeunes gens à aguicher devant la scène.

C’est un vrai rayon de joie et de soleil qui a déboulé sur scène.
Dans la fosse des photographes, Il n’y a jamais eu une ambiance pareille. Le smile sur tous les visages, ça danse, ça sourit… Presque un miracle de la madone de Tinidad.

FNAC live 2017

L’averse aussi soudaine que brève qui s’abat sur les premières notes du tube Calypso Queen n’enlève pas les sourires sur les visages.
On s’en réjouirait même tellement cette pluie donne un charme de plus à ce concert.

Polo & Pan : tout en retenue

Les deux DJ  développent un set très smooth et cloudy,  à l’opposé de la fougue de Calypso Rose.

FNAC live 2017
Même si le mix est de qualité, cette programmation découverte fait un peu retomber l’ambiance surchauffée. #Bizarre
Témé Tan aurait certainement eu plus sa place à ce moment là pour conserver l’énergie engrangée par le public.

Benjamin Biolay : magistral ! 

Il faut dire que le dandy lyonnais est parfois perturbant sur scène.
Que l’on adhère ou pas à sa musique, ses concerts sont parfois en demi-teinte.
Mi-soft mi-rock, une ballade à la Biolay par monts et vaux de ses émotions, qui parfois se rapprochent des nôtres.

FNAC live 2017

La superbe (2ème chanson du set !), Dans la Merco Benz, Négatif, Padam : les classiques du gone, le gars de Lyon, emportent tout sur scène et sur le parvis.
Reprise aussi pour Benjamin avec Mon amour, ma chérie (d’Amadou et Mariam)

FNAC live 2017
Commencé dans la douceur, le concert finit en apothéose rock. Un grand écart que l’artiste maîtrise à la perfection. Très beau set.

Møme : le bogosse de l’électro

Oui c’est réducteur, mais oui il est bogosse.
Derrière son décor en forme de nuage-bonbon, Møme (alias Jérémy hors scène) aguiche l’oreille.

FNAC live 2017
Toutes ses titres ont été composés en Australie.
C’est certainement l’esprit particulier de ce pays et ses grands espaces qui ont permis à Møme de créer cette électro fraîche et légère, aux sonorités différentes et uniques.

FNAC live 2017
Un mix prenant et ultra dansant qui transforme le parvis de l’Hôtel de ville en dancefloor géant.
Sûr que pour certains, ce dernier concert aura été une before avant une nuit tout aussi électro en club.

Fnac live 2017
Le Fnac Live 2017, c’est encore deux soirées de concerts !

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L’homme cirque aux Nuits de Fourvière : David Dimitri incroyable !

En ce premier week-end de juillet, le village cirque guinguette des Nuits de Fourvière est officiellement lancé au sein du Domaine Lacroix-Laval. Malgré un temps mitigé et quelques averses, les familles sont venues nombreuses. Les enfants sont occupés aux différents ateliers cirque proposés en partenariat avec la MJC Ménival (Lyon 5ème) et l’École de Cirque de Lyon : ruban, trapèze volant, jeux d’acrobaties et d’équilibre. Certains adultes semblent même regarder leurs bambins avec envie, se voyant volontiers prendre leur place. Une petite fille aux cheveux blonds de 3-4 ans fait l’admiration du public, n’hésitant pas à s’accrocher par les pieds au trapèze. Elle vole avec une facilité déconcertante, peut-être une future vocation. On peut facilement se laisser aller à se rêver en artiste de cirque faisant écho à la fameuse chanson « J’aurais voulu être un artiste… »

Ce village placé au milieu du parc vallonné de Lacroix Laval nous emmène hors du temps, dans une ambiance de saltimbanque. A cette occasion, deux chapiteaux ont été dressés, le Cirque des Nuits qui accueille le spectacle des acrobates de Simple Space et celui de L’Homme Cirque de David Dimitri, que les spectateurs pourront découvrir tout au long du mois de juillet. Des bals, apéritifs musicaux et projections de films sont aussi au programme.

Nous apercevons alors David Dimitri se diriger discrètement vers son camion, un poids lourd imposant siglé « David Dimitri, L’Homme Cirque ». Le temps des roulottes est bien révolu, nous rappelant que ces spectacles nécessitent des moyens matériels et une logistique importante.

Il est maintenant 20h15, nous sommes invités découvrir l’univers de L’Homme Cirque. L’ambiance est intimiste. Je suis ravie de la proximité que nous allons avoir avec l’artiste. Des objets comme un cheval d’arçon roulant avec sa tête surmontée d’une crinière de laine, un accordéon, un tapis roulant recouvert d’un tissu rouge, disposés sur la piste nous donnent des indications sur l’univers de l’artiste, situé entre modernité et tradition.

Je suis impatience de le découvrir cet Homme Cirque, comme sorti d’un cabinet de curiosités, mi-homme mi-animal de cirque, sorte d’hybride, capable de tenir son public en haleine, seul en scène, pendant plus d’une heure. Son spectacle est hallucinant mais n’est rien dû au hasard. David Dimitri est, en effet, le fils du célèbre clown Dimitri et a évolué dans l’univers du cirque depuis son plus jeune âge. Il sait que les arts du cirque requièrent une grande exigence. Son CV est impressionnant : il se forme à l’École du Cirque de Budapest, à la Juilliard School de New York puis intègre ensuite les célèbres Cirque Knie, Cirque du Soleil et Metropolitan Opera House.

Il est 20h35, le fameux Homme Cirque se présente à nous. La cinquantaine, de taille moyenne, son corps fin donnerait presque une impression de fragilité mais celle-ci est trompeuse. Un large sourire éclaire son visage. Il change de chaussures et nous embarque dans un numéro clownesque sur le tapis roulant. Le public commence à rire. Puis, le voilà parti à exécuter quelques acrobaties comme s’il avait des ressorts sous les pieds.

Vient ensuite un numéro à la fois poétique et drôle avec le cheval d’Arçon. Il fait venir un garçon sur scène qui fait semblant de donner à manger à l’animal. Il joue aussi de l’accordéon, nous emmenant ainsi dans une autre époque. Il ne parle pas, son corps et son visage suffisent à exprimer ses émotions et à les transmettre au public.

David Dimitri n’a aucune aide extérieure pour le son et les lumières. Il gère cela tout seul grâce à un petit boitier en bois vers lequel il fait fréquemment des allers et venues. Il n’y a pas de jeux de lumière spectaculaires mais l’essence de son spectacle n’est pas là. L’Homme Cirque préfère la simplicité et la proximité avec le public.

Le voici désormais suspendu sur un fil. Il enchaîne pirouettes, saltos, danse avec une facilité déconcertante, tout en jouant de la trompette ou de l’accordéon. Avec une malice non dissimulée, il fait même semblant d’échouer sur une acrobatie et recommence son numéro devant un public déjà conquis par ce personnage attachant.

Il est maintenant 21h20, nous le voyons découvrir et placer le fameux canon sur la piste, drôle d’engin métallique avec des roues en bois. Notre Homme Cirque est aussi un sacré bricoleur. Nous sommes impatients de voir ce numéro spectaculaire. On se demande comment il va s’y prendre.

Le voici désormais en haut du chapiteau, il ouvre une petite fenêtre découpée dans la toile, par laquelle il souhaite s’engouffrer et nous fait signe de sortir. Chacun a hâte de voir ce qu’il nous a réservé. Nous l’apercevons alors suspendu sur un fil à environ 20 mètres au-dessus du sol, sans aucune protection. Il avance confiant et précis, simplement aidé par une longue barre horizontale. Tout le monde retient son souffle. Ouf, le voici arrivé de l’autre côté, les applaudissements retentissent dans le parc. David Dimitri descend l’échelle rapidement avec une grande aisance puis nous salue tout en se dirigeant vers son chapiteau. C’est un homme discret qui ne s’attarde pas avec des saluts interminables. Il a déjà ouvert la porte de son chapiteau, nous salue une dernière fois et disparaît.

by Émilie Jacquemier

L’homme cirque

spectacle sous chapiteau de et avec David Dimitri

au Domaine de Lacroix-Laval

jusqu’au 23 juillet 2017

dans le cadre des Nuits de Fourvière

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Fnac Live 2017 – Benoit Brayer en itw : “l’excitation de la nouveauté !”

Benoit Brayer, le programmateur du festival, dévoile les nouveautés de l’édition 2017, les talents à ne surtout pas manquer et quelques coulisses avec Julien Doré, Camille en guest !
Pour coller au nouveau calendrier de Paris Plages, le Fnac Live prend place, cette année, plus tôt sur le Parvis de l’Hôtel de ville RDV du 6 au 8 juillet.


INTERVIEW BENOIT BRAYER

Pourquoi être passé de 4 à 3 jours de festival ?
Cette année, on avait une volonté de rafraichir notre format d’événement, avec l’envie de changer plein de choses. Et dans les premières idées (indépendamment d’avancer la date, de changer le logo et de modifier l’organisation des soirées), s’est posée la question de changer le tempo. Et on a trouvé un bon équilibre sur 3 soirs. Le nombre d’artistes proposés n’est pas réduit pour autant.
C’était aussi un moyen de retrouver l’excitation de la nouveauté.

7 artistes sur la grande scène au lieu de 6, c’est plus de tension pour les équipes ?
C’est vrai. Et je leur tire mon chapeau. Parce qu’à chaque fois les équipes suivent mes idées aussi farfelues soient-elles 🙂
Elles se donnent beaucoup de mal pour les accomplir le mieux possible. C’est une chance !
En fait, il y a 2 scènes cette année : un grand plateau et un proscenium (avancée au niveau du public) pour les artistes “Attention talent” qui pourront faire un show plus intimiste.
On a trouvé des moyens astucieux d’avoir plus de concerts et de donner de la visibilité à des artistes émergents en pleine soirée et pas en tout début. C’est un vrai pari de 2017 !

Deux jeunes talents à voir absolument ?
On a 6 talents cette année. Et le plus dur était de les choisir.
Loyle Carner, le rappeur anglais, est un des concerts à ne pas rater. Parce qu’il va devenir un des grands de la scène musicale à venir.
Je suis très content d’avoir Polo & Pan, que tout le monde a envie de voir. Leur electro-pop “tropicale” séduit beaucoup et on n’a peu eu l’occasion de les voir jouer.

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Julien Doré a été facile à caler en pleine tournée Esperluette ?
Il est l’un des premiers à nous avoir dit oui. Et c’est une chance incroyable. Maintenant, ses terrains de jeu sont les Zénith et l’AccorHotels Arena x2. Il n’a pas besoin de nous.
Mais il a gardé un très fort souvenir de son concert au Fnac Live 2014 où il lui a fallu aller à la conquête du public.

Comprends-tu que Fishbach puisse autant enthousiasmer qu’agacer ?
Oui ! Et c’est la nature des grands artistes d’être capables de ne laisser  personne indifférent. C’est aussi le cas pour Eddy de Pretto.
Les deux peuvent soit nous embarquer très loin soit on les rejette.
C’est ça aussi qui est passionnant : proposer des artistes avec de fortes personnalités qui ne feront sans doute pas l’unanimité.
Fishbach est très sollicitée et je suis hyper heureux qu’elle vienne. C’est un des grands marqueurs de la chanson de l’année.
Et on ne peut comprendre son propos que quand on la voit en live. Elle amène tout un univers et une sincérité.

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Focus sur The Blaze. Leur titre sert de musique au teaser du Fnac Live 2017.
Benoit Brayer : C’est un vrai pari, car leur premier concert a eu lieu il y a quelques jours seulement. On est convaincu par le projet notamment avec leurs deux clips récompensés à Cannes.
Leur grande force c’est cette capacité d’évocation et de narration, à la fois musicalement et visuellement. Ce n’est pas de l’électro sans fond. On ne sait pas si on est face à de la musique cinématique. On danse, mais il y a aussi un côté mélancolique.
On leur prédit une carrière mondiale.

Juliette Armanet réinvente la chanson française, pour toi ?
En tout cas, elle lui donne un souffle et une fraicheur qu’on n’a pas entendus depuis longtemps. Elle a aussi une sincérité forte.
Ce qui m’intéressait c’était de proposer un concert piano-voix, dans son plus simple appareil. L’idée lui a beaucoup plu.
Juliette va inaugurer une nouvelle formule de concerts au Salon avec un live en ouverture pour un jeune talent. Ce sera au tour de Tim Dup le lendemain.

Microqlima, Vietnam, Beggars, qu’ont-il de plus que les autres labels pour être mis en avant cette année ?
Ça fait partie des labels que l’on aime bien à la Fnac avec lesquels on
Microqlima pour son côté laboratoire. Vietnam développe des artistes un peu underground, indé, très arty, comme H-BURNS.
Beggars est un peu indé mais c’est un label qui continue de proposer une production la plus belle qui soit. On avait reçu Ibeyi.

Une anecdote de programmation ?
Benoit Brayer :
Ça faisait 7 ans que j’essayais d’avoir Camille. Je l’invite chaque année et on n’a jamais réussi pour pleins de raisons. C’est une vraie victoire, un vrai bonheur !
The Horrors
sortent leur nouvel album à la rentrée. Et leur première date de tournée mondiale c’est chez nous.
On a plein de formats inédits, de nouveaux formats.

Une image forte du Fnac Live 2016 ?
C’est l’ouverture des portes. Après des mois de tension, avec un contexte sécuritaire très compliqué et des doutes sur la capacité de tenir l’événement.
Les gens se sont mis à courir pour se diriger vers la scène. Et ils nous ont remerciés d’avoir maintenu le festival.
Je n’oublierai jamais.

FNAC LIVE 2017
du 6 au 8 juillet

Concerts gratuits sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris

#CONCOURS

Bonne nouvelle ! Nous vous faisons gagner des packs cadeaux Fnac Live 2017 ! Au choix, l’album Esperluette de Julien Doré ou l’album Petite Amie de Juliette Armanet, dans le tote-bag officiel du festival pour vous préparer à l’ambiance du Fnac Live et en profiter pendant tout l’été.

Pour participer, il suffit de remplir le formulaire en dessous.

Un tirage au sort désignera les gagnants qui recevront leur lot chez eux.

Bon festival !

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