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Hostiles : rédemption dans les grands espaces #cinéma

Un western en 2018 : pari plutôt osé !
Alors Hostiles doit être un film plutôt osé, brut et novateur pour pouvoir séduire et conquérir les écrans et les spectateurs.

Avec Christian Bale dans le rôle principal et dans un film en costumes sur l’histoire, un peu honteuse, des USA, ça fait “badoum badoum” dans mon petit cœur de cinéphile.
Mais, malgré tout, trotte dans ma tête la phrase d’un prof de ciné à la fac : “Impitoyable est le film qui marque le crépuscule du western“…

Hostiles

États-Unis en 1892, à la frontière du Far West au Fort Berringer, le capitaine de cavalerie Joe Blocker (Christian Bale), ancien héros de guerre attend sa fin de carrière en ressassant le passé.
Jusqu’au jour où le Président Harrison émet un ordre spécial. Mourant, le chef indien Yellow Hawk (Wes Studi) des Cheyennes du Nord, prisonnier du fort, doit être escorté jusqu’à ses lointaines terres ancestrales afin qu’il puisse y passer ses derniers jours.
C’est le capitaine Blocker, qui a capturé le chef indien sept ans auparavant, qui est choisi pour diriger cette équipée à travers 1 500 km de plaines et de montagnes.
Dernière mission avant sa retraite.

Hostiles

Hostiles : un petit peu, en effet

Après la séquence d’introduction très violente et très brute, je me dis que le film va donner une nouvelle vision des rapports guerriers entre Amérindiens et Américains. Comme une pierre à l’édifice de l’Histoire.

Le premier dialogue entre Blocker et Wilks (Bill Camp) laisse transparaître de profondes blessures. Celles de militaires survivants façonnés par la souffrance, la violence et la mort. Celle de leurs amis et camarades. Mais aussi celle infligée à l’ennemi, les indiens décrits comme les pires barbares, que Blocker et Wilks sont capables de tuer avec la même sauvagerie qu’ils leurs reprochent.

Hostiles
Alors, oui la base est bien là pour mettre à plat l’un des plus grands massacres d’êtres humains, de jauger si les tords sont unilatéraux ou partagés…

En fait non, j’ai vu trop grand.
Ce film est simplement une histoire d’hommes, de rédemption avant la mort ou la retraite.
On suit (trop) facilement la convergence des deux ennemis d’antan Blocker et Yellow Hawk. Un rapprochement qui se conclue pour éviter une mort trop proche.
C’est sans oublier Rosalie Quaid (Rosamund Pike), secourue en chemin par Blocker, qui est le catalyseur de cette remise en question des deux hommes.

Hostiles

Un scénario trop simple…

… pour un film pourtant parfait sur tout le reste.
Les plans larges sont superbes, les costumes façonnent parfaitement les personnages et donnent de la véracité au contexte historique. Les acteurs sont justes. Et il faudra avoir l’oreille aiguisée pour saisir, en VOST, tous les dialogues souvent marmonnés avec des accents prononcés.
L’ajout d’échanges en langue cheyenne entre le capitaine Blocker et ses prisonniers renforce encore plus l’immersion historique.

Hostiles

Hostiles n’est pas un mauvais film

Son plus gros défaut : la structure du scénario. Elle est basique et cyclique.
Sans trop divulguer l’histoire, à chaque arrêt de la caravane, un élément bouleverse la progression. Et, au fur et à mesure de l’avancée du film, le futur des personnages se devine aisément. Aucune surprise dans la trame.

Pourtant, j’étais ravi de découvrir dans cette escorte autant de personnages secondaires, avec du potentiel scénaristique et empathique. J’aurais adoré connaitre plus de la vie des coéquipiers de Blocker.
Notamment celle du soldat Desjardin (Thimothée Chalamet nommé aux Oscars 2018 pour son rôle dans Call me by your name). Mais ce rôle est vite éclipsé sans savoir comment ni pourquoi ce soldat franco-américain se retrouve à combattre dans cette armée.

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De quoi faire un grand film

Car oui, toutes les bases sont réunies pour que Hostiles soit un très bon western : les images, les personnages,  les costumes et l’interprétation.
Mais les facilités scénaristiques réduisent donc ce film une histoire basique de rédemption, pas inintéressante et qui traine un peu trop en longueur.

Alors peut-être que Philippe Ortoli, mon prof de fac n’avait pas tout à fait  tort…

Hostiles

Hostiles

Un film de Scott Cooper
Scénario :
Scott Cooper et Donald E. Stewart

Avec : Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Bill Camp, Jonathan Majors, Timothée Chalamet, John Benjamin Hickey, Stephen Lang

Sortie en salle le 14 mars 2018

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Don’t Worry de Gus Van Sant : vibrant et profondément juste

Avec Don’t Worry, He won’t get far on foot, Gus Van Sant offre le portrait d’un personnage insensé : John Callahan.
Ce dessinateur américain a trouvé la pleine inspiration après un tragique accident de voiture, causé par un penchant pour l’alcool démesuré.
Une histoire lumineuse et pas du tout larmoyante, portée par Joaquin Phoenix.

Gus Van Sant
Gus Van Sant à l’avant-première parisienne

« Si tu n’es pas sensible, tu n’es pas sublime » Voltaire

L’histoire d’un dessinateur tétraplégique, fonçant avec son fauteuil roulant dans les rues de Portland, alcoolique et qui vit avec une souris ? Oui, sur le papier ce n’est pas le scénario de rêve ! On serait plus tenté par un Marvel, même moyen, pour nous faire oublier notre quotidien.

Pourtant, le film de Gus Van Sant exerce une fascinante attraction continue sur le spectateur, encore faut-il qu’il soit un minimum doué de sensibilité.

John est un mec qui a eu sa bonne dose de loose et pourtant il est loin de céder à la déprime. Il en a fait même une force et s’est révélé doué pour le dessin et l’humour corrosif.

Don t worry

Joaquin, John et les autres

Joaquin, en vrai caméléon de cinéma, se retrouve cette fois cloué dans un fauteuil. Est-ce que le film devient pesant pour autant ? Pas du tout, on s’amuse de ses emmerdes, on s’intéresse à ses errements, on se passionne pour ses nouvelles rencontres.
Et bonheur, il ne pleure pas toutes les 5 minutes et surtout quand il commence à se plaindre, un groupe d’incorruptibles est là pour lui rappeler l’essentiel.

Aux côté de Joachim, Jonah Hill est absolument insensé en gourou oisif, à la tête d’un petit cercle d’addicts à l’alcool repentis. Sa blondeur est presque indécente, sa répartie parfois agaçante mais il nous amuse et nous émeut.
Scène culte : quand il dense en mini-short dans son appart.

Jack Black a l’occasion de montrer de belle facette de son jeu. On ne le croyait pas capable de retenue. Il est excellent !

Et surprise : Beth Ditto en guest, avec grosses lunettes, le plus souvent avachie dans un fauteuil et sans artifice.
Une apparition assez incroyable qui mérite un total respect.

Don’t worry rend modeste, nos petits tracas se prennent vite un mur quand on découvre la capacité inouïe de John de palier à son handicap.

Don t worry

Don’t worry, He won’t get far on foot 
de Gus Van Sant
avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara, Jack Black, Beth Ditto

Sortie le 4 avril 2018

Film présenté au festival de Sundance 2018 et à la Berlinale 2018

Bonus : le film sort en exclu mondiale en France. Les Américains devront attendre un mois.

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Black Panther : pour tout le vibranium du monde

Black Panther envoie du lourd pour la Saint-Valentin, jour de sortie du film en France. Exceptionnellement, les Français ont une longueur d’avance sur les Américains : ils vont découvrir en premiers (2 jours avant précisément) la bataille qui fait rage au Wakanda autour du précieux vibranium. Merci Marvel !

black panther

Combats à double effet

La première confrontation se fait dans un décor de cascades assez idyllique. Les deux adversaires sont torses nus et affichent chacun un gabarit impressionnant.
Le plus : c’est qu’ils ont les pieds dans l’eau. Et ce n’est pas un détail.
L’eau donne une dimension supplémentaire aux coups portés, accompagnent la chute des corps et intensifie le rapprochement final.
Très esthétique, ce combat ne laisse personne indifférent.

Black Panther
Chadwick Boseman (Black Panther)

Ça fight dans tous les sens et tous les styles !

Après le combat aux mains nues et couteaux, beaucoup d’autres déflagrations vont suivre. Et il va y en avoir pour tous les goûts. Tradition encore avec la lance associée aux armes à feu.
Débauche de moyens ensuite avec une course poursuite totalement surréaliste qui nous donne envie de revoir des films d’action sur le bitume.
Enfin, les effets spéciaux à plein régime pour les scènes avec Black Panther en costume. Toutes les acrobaties sont possibles : accroché au toit d’une voiture, seul contre une armée d’hommes et en même contre un autre black panther.

Black Panther
Lupita Nyong’o (Nakia) et Letitia Wright (Shuri)

Sapés comme jamais !

Les costumes du film sont tour à tour chatoyants, futuristes, réalistes, référencés.
En premier, la combinaison de Black Panther est attrayante et classe, comme une deuxième peau pour le roi T’Challa avec ce collier de griffes en vibranium.
A ses côtés, la tunique de la guerrière est sémillante.
Quant à la Reine de Wanaka (formidable Angela Bassett), elle a droit à de très beaux attributs.
Les autres tribus ont droit à des traitements tout aussi colorés et stylés.

Black Panther c’est de la démesure totale en nombre de personnages, scènes d’action, vues de folie d’un pays imaginaire (Wanaka).
C’est 2 heures d’action avec des pointes d’humour salvatrices.
C’est l’occasion de retrouver deux très bons acteurs de série : Sterling K. Brown (This is us) et Martin Freeman (Sherlock Holmes).

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Black Panther

Un film de Ryan Coogler
avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Martin Freeman, Danai Gurira, Forest Whitaker, Andy Serkis, Angela Bassett, Daniel Kaluuya, Issac de Bankolé, Sterling K. Brown

sortie en salle le 14 février 2018

site officiel : disney.fr/films/black-panther

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Gaspard va au mariage : surréaliste et beau !

Gaspard va au mariage où la folie contagieuse d’une famille vivant dans un zoo. Un fils qui s’invente une petite-amie, une fille qui vit avec une peau de bête sur le dos, un père qui batifole dans un aquarium….

Gaspard va au mariageGaspard va au mariage

Un casting parfait pour un conte décalé

Marina Fois dans un zoo ! Si ça ne donne pas envie de courir voir le film… Mais rassurez-vous, il y a d’autres pépites dans Gaspard va au mariage. 

Une rencontre improbable dans un train, des animaux un peu partout, une danse joyeuse entre frères et sœur sur un titre de Mademoiselle K, les fesses de Gaspard et une manière de raconter une histoire à rebrousse-poil. 

Bref, une vraie fantaisie qui nous embarque sans effort. On se surprend à apprécier la différence de jeu de Laetitia Dosch face à ses partenaires et l’accent de Johan Heldenbergh, le patriarche qui semble bien éloigné de ses enfants. 

Antony Cordier offre un film choral autour de trois jolies perles (Félix Moati, Christa et Guillaume), composé d’instants joyeux, intriguants, poétiques. 

Le tout cousu d’une belle bande-son avec des titres signés par Thylacine. 

On aime !

Gaspard va au cinéma

Gaspard va au mariage

Gaspard va au mariage 

film d’Antony Cordier

Avec Félix Moati, Lætitia Dosch, Christa Theret,
Johan Heldenbergh, Guillaume Gouix, Marina Foïs, Vincent Deniard.

Sortie au cinéma le 31 janvier

BONUS : le film a été tourné dans un vrai zoo !

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Jusqu’à la garde : Léa Drucker, Denis Ménochet exceptionnels

Film fort, Jusqu’à la garde offre deux rôles en or à deux comédiens de très grand talent : Léa Drucker et Denis Ménochet. Xavier Legrand nous révèle aussi un jeune talent assez incroyable : Thomas Gioria qui interprète son premier rôle à l’écran.
Voici 3 très raisons de voir ce film. 

Jusqu'a la garde

Jusqu’à la garde : cinéma instinctif 

C’est Léa Drucker qui le décrit le mieux : “Xavier a un instinct de cinéma le plus puissant que j’ai pu rencontrer.
Le cinéaste s’est documenté longuement avant de fixer sur papier son histoire.
Denis Ménochet n’a pas lâché le script quand il l’a reçu : “je l’ai lu un soir 2 fois de suite, c’était tellement prenant ! 

La proximité avec les personnages est troublante. Si bien que l’on a de l’empathie simultanément pour cette femme et cet homme qui se déchirent la garde de leur plus jeune enfant, Julien – d’autant plus que l’on ne connaît pas les raisons exactes de leur séparation.  

On ne sort pas indemne d’un récit comme celui-là, et c’est tant mieux. Il y a eu un débat passionné après la projection, les points de vue pouvant diverger. 

Le réalisateur confie ses références : “Kramer contre Kramer pour débuter, puis La Nuit du ChasseurEt on vous laisse deviner, en salle, le 3e film.

Denis Menochet : un roc taillé sur-mesure

L’acteur révélé au monde entier par Tarantino est rare, trop rare, au cinéma français.
Il a un physique de roc, d‘ours au regard tendre. Antoine, son personnage, intrigue, sans doute parce que nous sommes des hommes, sans doute parce qu’il est touchant aussi. 

Jusqu'a la garde

Ses rapports aux autres sont compliqués, le désarmour de ses enfants nous questionne. Il y a pourtant des “mon coeur” dans sa bouche à l’attention de son fils Julien.
Un rôle comme ça, c’est un cadeau ! Je me suis enfermé pour l’incarner, ça a été long.

Léa Drucker : grave et lumineuse 

On pourrait suivre Léa Drucker les yeux fermés tant ses choix artistiques sont pertinents, aussi bien au cinéma qu’au théâtre. Jusqu'a la garde Ici, elle interprète Myriam, une femme en conflit avec son ex-mari, une mère de famille qui protège ses petits. La comédienne partage : “en lisant le scénario du court-métrage, j’ai eu l’impression de connaitre cette femme. Après les projections, des femmes venaient me voir et me confiaient leur histoire personnelle.”
Forte pour certains, effacée et angoissée pour d’autres, Myriam est mutique mais pas pour autant inactive.
Elle se débat, affronte, esquive avec ce qu’elle a de vibrations en elle.

J’ai volontairement dévoilé très peu du récit.
Ne lisez pas tout ce qui est écrit sur ce film ou disséqué. Il faut le voir sans apriori pour avoir le choix de son propre point de vue. L’expérience n’en sera que plus intense. 

Jusqu'a la garde

Jusqu’à la garde 

de Xavier Legrand

Avec Denis Ménochet, Léa Drucker, Mathilde Auneveux, Florence Janas, Thomas Gioria

Sortie le 7 février

Merci à Ciné + pour l’avant-première et la rencontre avec l’équipe du film

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Last Flag Flying : un road movie pour l’honneur

Hollywood a toujours su mettre en scène des histoires sur nos guerres modernes, révélant les désastres humains et psychologiques qu’elles entrainent.
Last Flag Flying est un film poupée russe qui fait résonner deux conflits majeurs de ce pays, à 30 ans d’intervalle.
Des acteurs sensibles, un scénario subtil et sans misérabilisme, au service d’une œuvre bouleversante.

Last Flag Flying

Last Flag Flying : la rédemption

2003, la guerre d’Irak menée par un pays bousculé par le 11 septembre bat son plein. Larry “Doc” Shepherd (Steve Carell) vient de perde son fils, un marine tué à Bagdad. Il est à la cherche d’anciens camarades Marines qui ont fait la guerre du Vietnam à ses côté. Il veut qu’ils l’accompagnent à la sépulture de son fils au cimetière militaire d’Arlington.

Last Flag Flying

Mais, depuis la fin de leur engagement, Sal Naelon (Bryan Cranston) et Richard Mueller (Laurence Fishburne) ont totalement changé de vie. Et tous deux ont évacué  leur ancienne vie de combattant. Sal est devenu patron de bar désabusé et retord. Richard a renié son passé militaire en devenant pasteur, et s’est marié.
C’est sans compter un secret resté dans la jungle vietnamienne qui lie Sal et Richard au Doc. C’est ce secret qui va permettre à Larry d’entrainer ses vieux compères dans ce road-movie.

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Semper Fidelis : toujours fidèle

Cette histoire est baignée de combats multiples. Celui d’un père meurtri, celui de compagnons d’armes qui vivent avec une vérité cachée.
Elle offre aussi à Richard Linklater l’occasion d’égratigner la politique militaire de son pays. Tout en douceur mais avec une amertume certaine. La guerre du Vietnam fait écho à celle d’Irak.
Même but, même manipulation, même mensonge.Last Flag Flying

Malgré tout, on se surprend à être compatissant avec la froide rigueur militaire du Colonel Wilits (Yul Vazquez).
On a de l’empathie pour le soldat Washington (J. Quinton Johnson), le militaire ami du fils défunt, coincé entre l’ordre martial et la révolte des trois anciens GI’s.

Steve Carell est magnifiquement juste dans son rôle de père endeuillé. A fleur de peau, il est toujours sur le fil des émotions.
Bryan Cranston et Laurence Fishburne se révèlent être de parfaits anges gardiens ; ni totalement purs, ni totalement malveillants.
Jusqu’à la scène finale, le rôle de chacun est d’amener le “Doc” à faire les bons choix pour la dépouille de son fils.

Last Flag Flying

Sans trop de musique, ni trop de mélo, le scénario nous conduit petit à petit à un dénouement plein d’émotions.
Des émotions brutes mais douces qui permettent aux non-dits de s’estomper tout au long du film et aux personnages de chasser les fantômes du passé, pour ensemble se reconstruire.
Respectant la devise des Marines américains: Semper fidelis.

Il restera aussi de ce film le regard de Steve Carell qui reflète à merveille l’humanité de cette histoire et de ses protagonistes.
Touchant.

Last Flag Flying

Last Flag Flying
(La dernière tournée)

Sorti le 17 janvier 2018

Réalisation : Richard Linklater
Avec : Steve Carell, Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Yul Vazquez, J. Quinton johnson, Deanna Reed-Foster et Cicely Tyson.

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Bienvenue à Suburbicon : la desperate family de George Clooney

Bienvenue à Suburbicon, une ville champignon dans les USA des années 60. Ici, tout est ripoliné et propre avec des pelouses tondues à ras. Chacun connaît son voisin et lui offre une apple pie. L’harmonie règne dans cette grande communauté, comme pour la famille Lodge.
Dans cette Amérique puritaine, un événement va perturber cette harmonie totalement WASP : l’arrivée d’une famille noire, les Meyers.
Et, malheureusement pour cette dernière, c’est ce soir-là qu’un incident va bouleverser la vie de la famille Lodge.

Bienvenue à Suburbicon

Bienvenue à Suburbicon : are you sure?

Ce résumé frôle, un peu, celui d’un film social.
En fait, c’est plus un conte que trace petit à petit le scénario. Mais un conte à la sauce Cohen (les deux frères sont quatre des huit mains du scénario) : alors bienvenue à la satire, parfois au comique grinçant mais surtout à l’esprit barré.

On retrouve dans Bienvenue à Suburbicon, cette patte unique qui permet à ce si joli récit propret de glisser lentement vers un univers plus torturé.
On a tout de suite pensé au film O’Brother (2000), pour l’ambiance 60’s, les clivages raciaux, une certaine folie des personnages avec toujours cet humour noir qui surgit dans les situations inattendues. Mais en plus lent dans la narration.

Bienvenue à Suburbicon

D’ailleurs, le début assez mou du récit oblige le spectateur à se laisser prendre par la main pour accrocher à l’histoire. On se demande ce qui fait de ce film de George Clooney, un bon film.
Et puis, d’un coup, il y a ce twist. Le blanc devient gris. La banlieue paisible se change en un lieu où se concentrent la haine et la folie.

Du coup, on se dit que Suburbicon, fait une référence parfaite au  Satyricon (le livre ou le film) : une société où le bonheur de façade cache des malheurs plus grands. Une société US qui doit se battre avec ses démons.

Un casting juste !

De ce côté-là pas de fausse note.
Tous les acteurs se glissent parfaitement dans ce paysage mouvant de banlieue parfaite.

Matt Damon (Gardner Lodge) passe petit à petit d’une insipidité totale à un corps qui fait suinter la noirceur de son personnage. Julianne Moore est la parfaite godiche stéréotypée, mais qui connait très bien tous les ressorts des drames qui se jouent.
Les malfrats (Glenn Fleshler et Alex Hassell) sont de parfaites caricatures des méchants iconiques du film de genre des années 60/70.

Bienvenue à Suburbicon
Et il faut aussi rendre hommage aux deux gamins de l’histoire : Nicky (Noah Jupe), pour la famille Lodge et Andy (Tony Espinosa) pour la famille Meyers. Leur jeu est juste. Mais surtout, ces deux enfants semblent être les seuls à avoir la tête sur les épaules. Les seuls à ne pas être touchés par la folie des adultes. Ce sont eux qui bouclent le cycle de la narration de ce conte que George Clooney a voulu réaliser.

Bienvenue à Suburbicon n’est pas forcément le meilleur film de George Clooney, mais une réelle parenthèse qui offre une histoire tout de même bien différente de la production actuelle.

Pour conclure, on a hésité à mettre la bande-annonce, mais elle dévoile tellement de l’intrigue que vous perdriez toute la saveur de la découverte du film en salle.
Libre à vous de la visionne ou pas.

Bienvenue à Suburbicon

Bienvenue à Suburbicon

Sortie le 6 décembre 2017

Réalisation : George Clooney
Scénario : Joel et Ethan Cohen, George Clooney et Grant Heslov
Avec : Matt Damon, Julianne Moore, Noah Jupe, Glenn Fleshler, Alex Hassell, Gary Basaraba, Oscar Isaac, Karma Westbrook, Tony Espinosa et Leith Burke
Musique : Alexandre Desplat

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American Assassin : 4 très bonnes raisons de voir le film

American Assassin, adaptation électrique de la saga de Vince Flynn, est une mécanique implacable. Un agent de la CIA, total badass, va tirer pleine force et motivation de sa rage pour combattre les terroristes. Mitch Rapp n’a pas peur des coups et s’est forgé lui-même : carrure, assurance et maniement des armes. 
Nos 4 très bonnes raisons de voir le film dès sa sortie ! 

American AssassinAmerican Assassin

Bogosse nommé Dylan O’Brien 

Dylan O’Brien est musclé sec. Gonflette tout à fait raisonnable, loin des clichés hollywoodiens si on le compare à un Zac Efron (toutes veines apparentes). Du coup, ça rend son personnage, Mitch Rapp, plus humain, plus proche et donc plus attachant.
O’Brien, 25 ans, délaisse Le Labyrinthe pour montrer sa face obscure, avec aspérités et cicatrices.
Pas sûr que la barbe longue lui aille si bien, mais ça ne durera pas. 

Lune de miel non consommée

American Assassin commence comme une jolie comédie romantique sur une plage. Un jeune homme filme son amoureuse avec son smartphone. Ils sont beaux, une bague, osmose totale et… c’est le drame. La montée sous tension débute.
La mièvrerie s’est barrée à la vitesse d’une étoile filante. Place à l’action. 

American Assassin : décharge totale d’adrénaline 

Si ton boss t’a mis sous tension, que t’as envie de te défouler : soit tu te fais un footing avec risque de te bousiller les chevilles, soit tu te prends pour un American Assassin. Tu risques fort d’apprécier le 2e choix.
Bonne nouvelle : un peu comme un John Wick, Mitch Rapp n’a pas de filtre et c’est ça qui est trippant. Il est capable de tout, d’aller au-delà des limites de ses supérieurs. Genre bien au-delà. Mais il n’est pas fou pour autant. 

American Assassin

Michael Keaton maître Jedi 

Chaque nouvelle apparition de Michael Keaton depuis son come-back sensationnel avec Birdman est immanquable. Cette fois, il est dresseur de bad boys, en apprenant à gérer leur force de combat. Ses recrues ont la tête dure. Cette dernière le sera encore plus quand ils auront passé la série de tests. Cette partie apprentissage est flippante à souhait car terriblement actuelle, éprouvante et riche en enseignements pour de modestes humains comme nous.
De là à savoir désarmer un homme face à nous… 

American Assassin c’est le premier volet d’une saga aussi passionnante, effrénée que sanglante avec un badass qui n’a pas fini de s’emporter.

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American Assassin

American Assassin 

film de Michael Cuesta
scénario : Stephen Schiff, Michael Finch, Edward Zwick, Marshall Herskotitz
d’après le livre de Vince Flynn 
avec Dylan O’Brien, Michael Keaton, Sanaa Lathan

Sortie le 20 septembre 2017

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Cinéma : HER le film d’amour fulgurant de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix & Scarlett Johansson

Au cinéma ce mercredi, Her est la preuve que le talent d’une actrice ne se mesure pas uniquement à son sex-appeal. Scarlett Johansson est saisissante dans le duo sensoriel qu’elle forme avec Joaquim Phœnix dans le dernier film de Spike Jonze, Oscar du meilleur scénario.

On connaissait la passion virtuelle, d’un côté et de l’autre de la rue, via le net avec You’ve got mail (avec Tom Hanks et Meg Ryan), la relation de couple parfois compliquée avec Androïd (Real Humans, série suédoise diffusée sur Arte). Le réalisateur de Max et les Maximonstres et Dans la peau de John Malkovich sublime et bouleverse le genre des amours futuristes avec son dernier film, certainement le plus ascensionnel en terme d’émotions !

Le récit du cinéaste américain est resserré sur un homme, Theodore, qui réalise qu’il n’y aura plus de retour en arrière possible avec son ex femme. Il travaille dans une agence de com pour le moins originale  – qui pourrait d’ailleurs donner des idées à des start-up voulant renouer avec le lien social à l’heure du tout numérique.

Theodore passe ses journées à dicter des lettres d’amour pour des hommes, des femmes en manque d’inspiration ou de temps.
Il a peu d’amis et commence à s’intéresser à Samantha, un système d’exploitation dotée d’une très douce voix qui sert habituellement à faire le ménage dans les mails ou à installer des anti-virus.
Ce quadra en mal d’amour habite un Los Angeles sublimé, surréaliste mégalopole ultra architecturée de gratte-ciel aux accents étrangement asiatiques. A noter le tour de passe-passe amusant du cinéaste qui tente d’effacer la culture du pays où il a tourné cette épopée amoureuse.

Her, oeuvre tendre et sensible, fait écho en chacun de nous et pour cause. Nous avons toujours cet idéal, celui d’une relation pleine, entière et maitrisée. Une osmose bâtie à l’aide du nombre d’or favorable au meilleur des amours, un peu à la manière d’une pyramide égyptienne, indestructible.

Samantha aussi parfaite qu’elle soit manque cruellement de corps mais l’amour nait tout de même d’un côté et de l’autre de l’oreillette. Une relation faite de voix, de mots, d’hésitation et de trouble.

Difficile de ne pas se laisser bercer par cette douce romance que l’on croirait écrite par un geek. Preuve que la passion sur le net est bel et bien en embuscade et pourrait bien vous happer à tout moment. Troublant et terriblement réaliste.

Procurez-vous vite M le magazine du Monde du 8 mars dernier avec le portrait-interview de Joaquin Phoenix.
Vous y apprendrez, entre autres, que le comédien s’est vu pour la première fois à l’écran dans Her et qu’il est l’origine d’une idée qui était pour une fois la bonne : la moustache de son personnage !

HER
de Spike Jonze
avec Joaquin Phoenix, Amy Adams, Rooney Mara, Olivia Wilde & Scarlett Johansson

sortie le 19 mars 2014

site officiel : http://her-lefilm.com

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Peter Lord et ses Pirates : le cinéma d’animation en majesté

Peter Lord, producteur de Wallace et Gromit, du Mystère du Lapin Garou et de Chicken Run, a tenu en haleine pendant 2 heures le public du Forum des Images lors d’ une master class exclusive, ce samedi.

En effet, ce doux-dingue de l’animation britannique ne venait  pas les mains vides. Il avait avec lui, trailer, marionnette et images de making of du dernier né des studios Aardman Animations : The Pirates! Band of Misfits.

The Pirates! Band of Misfits Captain Pirates Aardman Animations Studios
Au cours d’une joyeuse soirée, Peter Lord, accompagné de son directeur de la photo, a partagé ses confidences autour des coulisses de ses productions. Au passage, il avouera sans mal qu’il a un vrai attachement, voire une sorte de gémellité avec le Capitaine Pirate, héros de son nouveau film.

On apprendra ainsi qu’il ne se fait pas prier pour servir de modèle aux personnages du film pour que les animateurs puissent s’en inspirer ensuite.
Heureux producteur aussi, car les cadences de tournage ont augmenté, passant de 5 secondes de film tournées par semaine à l’époque de Wallace et Gromit, à 6 secondes pour Pirates. Un record, sachant que 25 équipes tournent en même temps dans le studio.
Un travail de titan, on vous dit.

Les premières images et les nouvelles prouesses techniques en termes de décors, de modelage des mâchoires et aussi d’utilisation de la 3D nous font saliver d’avance avant de découvrir le film sur grand écran. Alors que l’acteur Hugh Grant prête sa voix pour le Capitaine Pirate pour le marché anglo-saxon, nous prenons les paris sur le nom de la star française qui prendra le relais.

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