Une fois encore l’agence Wato a créé l’événement avec #Zemixx600 une soirée électro extra-terrestre en envahissant le siège du Parti Communiste. A Colonel Fabien, ce samedi soir, les costumes les plus fous interpellaient les curieux pour rendre hommage à l’invitation du DJ Joachim Garraud.
Pour fêter les 10 ans de son podcast Zemixx 600, le DJ Joachim Garraud a fait appel à l’agence qui excelle dans l’art de la surprise, du show et du renouvellement des soirées folles parisiennes.
Le thème du jour : rétrofuturiste avec embarquement dans la soucoupe volante.
Et quel meilleur décor que l’architecture du Brésilien Oscar Neimeyer pour accueillir la déferlante de son électro et les invités les plus inspirés pour la fête.
Et il y avait de tout : astronautes, cosmonautes, aviateurs US, militaires, équipage entier de Star-Trek, Albator, des Avatars bleus des espèces extra-terrestres inconnues (femmes en robes argentées, rouquin à la peau bleu avec visière, des aliens en combinaison moulante sur corps svelte…), un peu de Starwars, des savants fous… Et des casques lumineux assez bluffants.
Avant d’entrer dans la soucoupe, passage obligé par un parcours hilarant et initiatique. Visite médicale contre un mur avec une infirmière allemande en talons, cours de synthés collectif pour connaitre l’air de Rencontres du 3e type, test de culture cinématographique à côtés des avatars de Joachim et connaissance des 10 commandements, avant le compte à rebours et ouverture des portes de la salle de djset.
Derrière les platines, sous la coupole spectaculaire de la salle du conseil national du PCF, Laidback Luke et Vitalic ont chauffé la salle avant la prise des platines par Joachim Garraud. Les fans d’électro n’ont pas boudé leur plaisir en découvrant les guests dévoilés le soir-même uniquement.
Le show était à la hauteur du lieu : grandiose, inimaginable, avec des décharges lumineuses complètement folles.
Mention spéciale à Joachim, l’hôte organisateur au sourire inaltérable, qui a bravé la chaleur avec son casque vintage d’une lourdeur folle.
Conseil : reste bien connecté au blog pour connaître la prochaine soirée Wato ! Elle peut arriver à tout moment. On t’a à l’œil !
Après le biopic sorti en salle en tout début d’année, le Palais Galliera célèbre à sa manière la féminité faite femme, l’icône de la chanson française qui a bercé tant de générations sur Banbino ou Laissez-moi danser. L’exposition Dalida, une garde-robe de la ville à la scène est éclatante, légère, dansante et réjouissante. La scénographie donne pleine lumière à cette centaines de tenues et autant d’accessoires qui ont magnifié une silhouette inoubliable.
Dalida / Paris : une histoire d’amour éternelle
Son rêve était de briller à Paris. La jeune fille a quitté une mère en pleurs pour être aimée de tous et toutes.
C’est à Paris que Dalida habitera jusqu’à sa disparition, qu’elle connaitra ses plus beaux succès et qu’elle collaborera avec des belles maisons de couture. Il était légitime pour son frère Orlando de faire donation de cet ensemble à la ville pour conservation et remerciement de la fidélité de son public français.
Dalida, une femme de goût, une égérie mode
Ce qui surprend rapidement c’est qu’il n’y a pas de réelle faute de goût dans cet ensemble. Il y a bien sûr l’innocence des jeunes années, une période hippie, un motif guépard, une chaine en métal, un peu de cuir époque Jean-Claude Jitrois.
Toutefois, avec une silhouette comme la sienne, l’ancienne Miss Égypte a fait des choix judicieux pour créer le mythe.
La première pièce de l’exposition qui imprime la rétine est cette robe de velours d’un rouge vif rideau de scène signée Jean Dessès et portée à deux occasions et sans retouche (selon la légende). Une première fois en 1958 à Bobino et une deuxième fois à l’Olympia en 1981. La silhouette impressionne, on se prend à imaginer la chanteuse dans ce bel atour.
Passage ensuite par un ensemble de robes signées Balmain, Azzaro, Luthier et Saint Laurent Rive Gauche. Certaines seront portées à plusieurs occasions comme la robe bustier Azzaro en mousseline de soie. D’autres pour une unique émission de télé. Et une dernière de Robert Catala, envisagée pour un Olympia en 1967, au final jamais portée mais conservée.
Orlando rappelle lors du vernissage que la star fit le choix d’une robe blanche pour son entrée sur scène.
Pleine lumière après 30 années de sommeil Car ce qui impressionne aussi c’est l’impressionnante collection de pièces que la chanteuse a conservée au cours des années : les tenus bien sûr, mais aussi les berets, paire de lunettes, sacs, chaussures… Avait-elle déjà le dessein de tout exposer un jour ?
La qualité de conservation que l’on peut facilement deviner – les pièces n’étant pas exposées en vitrine – est remarquable. Sachant que cet ensemble a sommeillé pendant 30 ans avant donation.
Robert Carsen, directeur artistique de l’exposition a conçu un parcours qui tire parti des contraintes du lieu. Il y a une montée progressive, des vrais chocs visuels et des notes touchantes.
A la sortie, un des premiers visiteurs a eu certainement les mots justes pour décrire l’impression que l’on a partagée : “C’est très beau mais c’est très triste !”
Exposition Dalida, une garde-robe de la ville à la scène
du 27 avril au 13 août 2017
Palais Galliera
Musée de la mode de la ville de Paris
10, Avenue Pierre-1er-de-Serbie
75116 Paris
Horaires :
du mardi au dimanche de 10h à 18h
nocturne les jeudis jusqu’à 21h
fermé les lundis et certains jours fériés
Avec 60% d’artistes femmes, 14 nationalités représentées, le Salon de Montrouge nous passionne cette année encore avec un choix ambitieux, brut et bousculant, le tout orchestré par le commissaire Ami Barak. A noter que ce rendez-vous de l’art contemporain est ouvert 7j/7, jours fériés compris !
Voici nos talents 2017.
Lucie Planty n’est pas peintre. Son œuvre est de donner à nouveau à voir des tableaux disparus parce que spoliés lors de la Seconde guerre mondiale. A travers un travail de documentation minutieux et la collaboration d’un copiste, ces toiles renaissent littéralement devant nos yeux. Passionnant et touchant !
Travail sur l’intime avec l’artiste Julie Le Toquin qui offre à tous et toutes des lignes entières de son journal. Plus troublant encore de se trouver face à cette Robe écriture qui tourne sur elle-même dévoilant ainsi des bribes de moments personnels. Cette robe, l’artiste la porte. Elle porte et assume ses propres mots, sa mémoire.
Cet engagement nous ferait penser à celui de Sophie Calle.
Ludivine Large-Bessette joue sur deux palettes : la photographie et la vidéo, interrogeant à chaque fois le corps en mouvement.
Dans sa série photo Adaptation, elle entraine un danseur contemporain dans ses paysages finlandais et des situations cocasses. Le résultat est tout aussi joyeux que refroidissant quand on ose – même une fraction de seconde – se maitre à la place du modèle.
Renouvellement des techniques “classiques” avec ce spectaculaire tapis de Suzanne Husky – lauréate duPrix Tribewdu Salon de Montrouge – qui reprend tous les codes que l’on peut connaitre d’une tapisserie. Exception pour cette machine de destruction de notre siècle. Audacieux !
Enfin, le seul homme de notre sélection, Tom Castinel invente une chorégraphie toute personnelle aussi bien visuelle que sonore avec un nombre impressionnant d’accessoires. Le Lyonnais propose, à côté de sa performance sur écran avec ses silhouettes en aluminium mobiles en hommage tout particulier au chorégraphe Jean Börlin qui a conçu avec Francis Picabia le ballet Relâche en 1924. Une proposition captivante !
De nombreuses autres propositions artistiques sont à découvrir au Beffroi de Montrouge dont l’installation discrète et difficilement photographiable de Camille Brée. C’est pour cette raison que nous la mentionnons. Ce serait dommage de la manquer.
Votre Maman au Théâtre de l’Atelier : un trio inédit, cocasse et terrien. Dans cette pièce de Jean-Claude Grumberg, tout tourne autour de trois personnages principaux : la maman, le fils et le directeur d’une maison d’une retraite.
La mère, interprétée par l’admirable Catherine Hiegel, est pensionnaire d’une maison de retraite financée par son fils Jean (Bruno Putzulu, attendrissant dans son rôle de fils aimant). N’ayant plus toute sa tête, elle le confond quelquefois avec le directeur de l’établissement (Philippe Fretin, excellent) ce qui fera naître de drôles de malentendus et des situations loufoques.
Le décor est minimalisme et très bien conçu. Nous plongeons immédiatement dans l’univers aseptisé des couloirs de ces établissements spécialisés.
Les visites de Jean à sa mère sont mouvementées et toujours semées d’embuches. Malgré la sensibilité du sujet traité (la vieillesse, la perte de mémoire, la dépendance…) et l’histoire tragique de la mère qui plane tout au long de la représentation, nous ne pouvons nous empêcher de rire face aux facéties de cette dernière.
Jean est un « bon fils » et défend sa mère sans aucune hésitation, même dans des situations plus ou moins acceptables.
Belle distribution
Bruno Putzulu est juste et émouvant dans le rôle du fils dévoué. Un peu trop gentil avec sa mère, il peut quelquefois agacer. Catherine Hiegel est formidable. Elle interprète le rôle de la mère tantôt bienveillante, tantôt odieuse et parfois espiègle aussi avec une grande justesse et une finesse hors pair.
Quant à Philippe Fretin, il est tout simplement parfait en tant que directeur de maison de retraite, avec tous les traits qui caractérisent ce genre de personnage.
Le texte est simple, court et quelquefois répétitif mais l’excellente interprétation des comédiens surpasse cette faiblesse.
Touchante, Votre Maman appuie sur un point sensible que nous refoulons tous : la vieillesse, ses conséquences et la mort.
Le Théâtre de la Croisée des Chemins nous permet de découvrir le premier « seule en scène », La Promesse d’un chiffre, touchant et drôle de Sonia Ountzian. Un hommage vibrant et singulier à ses origines arméniennes pas toujours évidentes à porter ! Explications.
L’enfance est un moment tendre et insouciant nous permettant de poser les fondements de l’être adulte que nous allons devenir. C’est un fruit qui a besoin d’être arrosé et choyé pour se développer et arriver à maturité. Tel est le cas de Sonia Ountzian. A la différence près qu’on l’a investie dès sa naissance d’une mission céleste : «Vivre pour tous ces Arméniens qui n’ont pas vécu ».
Évidemment, quand on est issue d’une famille génocidée, émigrée, la notion d’insouciance est quelque peu relative… Il faut vivre avec le poids de la douleur, du devoir et du souvenir. Une charge qui n’en finit pas de peser sur le développement psychique, mais aussi physique, de notre narratrice. En gros, elle trouve refuge dans la nourriture, dans un royaume sucré où vivent ses amis préférés Ben & Jerry’s, entourés de kourabies.
Au décès de sa grand-mère, Sonia a quarante ans et fait une introspection. Cette pièce en résulte. Elle semble avoir trouvé un équilibre entre son héritage familial et la vie qu’elle doit vivre. Au travers d’anecdotes sur son enfance, son poids, sa famille, son poids, ses relations amoureuses, son poids, nous voyons le magnifique travail de réparation qu’elle effectue avec une déclaration d’amour ardente et sensible à ses proches et à ses origines.
Le tout est mené et présenté avec une ironie folle ! Nous avons retrouvé toute la quintessence de ce que l’humour peut contenir en finesse et en esprit. La dérision est son armure pour affronter le monde. Son regard bleu perçant fait écho en nous de façon troublante et magique…
Lorsque le rideau se baisse, Sonia Ountzian nous rejoint. Elle dit adieu avec tendresse à la petite fille qu’elle était et s’en va vivre pleinement sa vie…
by Jean–Philippe
La Promesse d’un Chiffre
Metteur en scène : Jérôme Piques
Comédienne et auteure : Sonia Ountzian
Tous les jeudis et vendredis du 13 avril au 19 mai 2017 à 21h30
Qui dit Huis Clos dit : « L’enfer, c’est les autres ! »
Cette citation de Jean-Paul Sartre résonne bien au Théâtre de la Croisée des Chemins dans une mise en scène actuelle et tonitruante de Florent Curk. Vous êtes prêts pour un petit tour en enfer ?
L’intrigue consiste en la rencontre de trois personnages fraîchement décédés dans une pièce unique. Ils ne se connaissent pas. Ils viennent de milieux différents. Ils avaient des modes de vie opposés, des opinions, des goûts et des valeurs aux antipodes les uns des autres. Commence alors un procès à huis clos en enfer où les protagonistes vont se retrouver tour à tour jugés puis juges des agissements de chacun.
Allons-nous trouver un bourreau ? Des instruments de torture ? Que nenni !
En effet, nul besoin de ces artifices car ils possèdent une arme destructrice : eux-mêmes. Selon Sartre, l’autre est ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance car la vie se conçoit au travers de son appréciation. Notre jugement personnel est effectué avec les moyens que l’autre a, ou nous a donnés, pour nous juger. C’est ainsi que les trois personnages vont tenter de briser ce «cercle d’enfer» afin d’atteindre la liberté, l’indépendance d’autrui sur soi.
Le jeu des comédiens permet à cette pièce toujours actuelle de rayonner. La mise en espace du théâtre avec son cadre « scène-public » intime et enveloppant ne fait qu’accentuer la profondeur de cette œuvre. En effet, lors de notre arrivée, les interprètes sont mêlés au public. Ils sont cherchés les uns après les autres, renforçant l’esprit que nous sommes tous concernés. Les quatre comédiens (n’oublions pas le gardien !) jouent de façon intense et passionnée au point que Sartre n’a jamais été aussi proche de nous.
Notons aussi l’espoir dans cette pièce. Nous ne sommes rien sans les autres. Alors servons-nous de cette force pour créer une union dans la pluralité ! Pour reprendre Sartre : « Il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d’affaire ensemble ».
Prêts ?
Adaptation de la pièce éponyme de Jean-Paul Sartre
Metteur en scène : Florent Curk
Comédiens : Julien Chesneau, Emma Paitreault, Fanny Passelaigue, Adil Ait Tamaldou
Noma de Copenhague à Tokyo : dans les coulisses d’une aventure folle, un défi qui a transporté un restaurant (celui de René Redzepi) : cuisine et équipe complète de 70 personnes à + de 8 600 km et au 37e étage du Mandarin Hotel. Difficile de penser qu’un film documentaire culinaire nous emporterait à ce point.
Un nom qui fait saliver, des clients qui viennent du monde entier, une liste d’attente qui n’en finit plus. Noma à Copenhague est une institution qui a donné un souffle impressionnant à la cuisine scandinave. René Redzepi est le pape de cette révolution qui a un dogme, des fidèles, des passionnés et même des détracteurs.
“Don’t huge people in Japan!”
Le film Noma au Japon nous fait comprendre tout de suite que se frotter à la cuisine japonaise pour créer plus d’une dizaine de recettes 100% originales en 6 mois est tout simplement fou. Le scénario du documentaire de Maurice Dekkers est en cela absolument prenant.
“On est en sécurité entre 4 murs”
L’aventure humaine est exceptionnelle, les personnages ont des gueules (l’Américain Lars Williams en tête) et de vraies émotions et problématiques.Le sacrifice est évident : la pâtissière, Rosio Sanchez, avoue être seule, certains parlent de journée avec si peu de sommeil. On suit toutefois deux membres de l’équipe (Lars Williams et Thomas Frebel) prendre le temps de faire du sport pour sortir de la cuisine.
Ce microcosme est fascinant et d’une ingratitude totale : combien d’échecs pour arriver au sublime plat, à la saveur qui fera toute la différence et surtout qui emballera le chef ?
Pas une minute de trop pour Noma au Japon, le spectateur fait le pacte d’un coup de bluff, de vraies tensions et d’une admiration sans faille pour ces hommes et ces femmes qui ne comptent pas la fatigue, qui travaillent en sous-sol sans fenêtre, qui refont leurs gammes tous les matins comme un musicien jusqu’à sortir la plus belle note. Avec le respect d’un précepte : “sortir de sa zone de confort” comme le demande René Redzepi.
Quel sera le sort de cette tortue serpentine japonaise, coriace ? Le canard sera-t-il servi entier ou en petite portion ?
Alors que Top Chef et les autres émissions de cuisine envoient du vent, faisant croire que l’on peut se mesurer aux plus grands, Noma au Japon offre une vraie leçon de modestie.
Il faut compter, par exemple, 30 heures pour préparer les palourdes à chaque service.
Séquence culte : quand Vivienne réinvite le fish and chips avec une composition audacieuse ! Mieux vaut ne rien lire avant pour ne pas gâcher la surprise.
Attention danger : en sortant de la salle, votre premier réflexe sera de vous renseigner sur les prix du restaurant et les conditions de réservation. Sachez, dès à présent, que le Noma change d’adresse et sa réouverture n’est pas prévue avant cet automne. En attendant, il s’offre une nouvelle épopée en terres mexicaines.
NOMA AU JAPON 6 semaines pour (ré)Inventer le meilleur restaurant du monde
un film de Maurice Dekkers
avec : René Redzepi, Lars Williams, Rosio Sanchez, Dan Giusti, Thomas Frebel, Kim Mikkola
J5 avec un bain d’électro aussi inspiré, trippant que relaxant. Notre top 3 des révélations électro du Printemps de Bourges 2017 sont : Petit Biscuit, French 79, Jacques et Jabberwocky. Quatre concerts aux styles bien distincts pour des DJsets détonants !
Jabberwocky groovy
C’est au trio électro poitevin Jabberwocky qu’incombe l’ouverture du W ce samedi. En arrière scène, des lumières aveuglantes masquent l’entrée du groupe. Quelques notes de leur électro suffisent à faire monter le groove sous le chapiteau.
Mais le trio ne restera pas seul très longtemps. Le chanteur Opé Smith (vu aux côtés de Ben l’Oncle Soul, C2C et Beat Assailant) prend le micro, rapidement accompagné de Tessa B – comme pour leur Olympia de la veille. Durant tout le show, ils enchaîneront les titres de Jabberwocky, tantôt en solo, tantôt en duo. Jeux de lumières léchées, percus bien appuyées et basses profondes : le groupe embarque avec lui le public qui afflue doucement vers la scène du W.
French 79 : on dit oui !
On ne l’attendait pas particulièrement, French 79. Sa scénographie est très simple. Trois petits écrans blancs derrière lui, des vidéoproj, 3 consoles. Pendant qu’on shoote les 3 premiers titres, une jeune crie : “Il est Français !” comme s’il y avait eu un doute.
L’électro du Frechy ne joue pas le tour de force, elle se déploie avec charme et séduit tous les publics. Peu à peu la lumière laisse percevoir la blondeur du DJ qui semble touché par l’accueil et la présence en nombre des festivaliers “malgré l’heure“.
À la sortie, on capte un drôle d’échange dans le public. Un trentenaire lance à un autre qu’il aperçoit dans les gradins :”il n’a pas d’organe !” Étrange
Petit Biscuit à la conquête des States
Dans la catégorie, jeune talent. Après Fakear la vieille, au tour du Petit Biscuit pour un DJset en solo. Alors que Fakear misait sur un gros dispositif (musicos, effets visuels…) le Rouennais auteur du génial Sunset Lover joue la discrétion avec guitare et écran fond de scène qui envoie des images d’aurores boréales.
Son set est maîtrisé, malgré une certaine timidité. Son échange avec le public ne pousse pas encore le délire des foules.Mais il n’est qu’au début de sa longue carrière. Un set éblouissant qui va s’exporter au cours d’une tournée aux Etats-Unis cet été.
Jacques : décoiffant !
Début de set en pleine lumière. Jacques débute ses bidouillages. Il sort une spatulepour enregistrer un son. Un festivalier lui balance : “Tu vas faire des crêpes avec ?“
Faut dire que Jacques ne fait rien comme les autres. Il fait tout en direct alors que la plupart des sets électro balancent des boucles pré-programmées. Ses instruments sonores sont classiques guitare, flûte à coulisse et plus avant-gardistes : raquette de badminton, cloche, ruban adhésif…
La lumière baisse, la tonalité sera rouge pendant une bonne partie du live. “Le concert a débuté… C’est le Printemps !” nous lance le facétieux compositeur.Jacques est un peu le Orlan de l’électro. Son choix capillaire peut dérouter, mais ça en fait toute sa différence. Et au final, il bluffe tout simplement !
Dans le cadre feutré du Théâtre Jacques Coeur, François Marry et ses acolytes ont titillé le public pour le faire décoller de son siège. Le set est étonnant, il débute illico par les deux premiers singles du dernier album : Grand dérèglement et Tendre est l’âme. Des chansons-pépites, dansante pour la première et légère pour la deuxième. La mèche blonde du chanteur bat le rythme sur son visage. On devait d’avoir des cheveux comme lui à notre vingtaine, mais les nôtres rebiquaient. Il est bon de retrouver François plus assuré qu’à ses débuts, qui s’autorise des apartés amusants comme le rituel de la pédale au 3e titre, couché au sol, sautant pour rattraper son micro. La musique de François and The Atlas Mountains est métissée, gorgée de mille nuances qui nous portent et emportent. #fascinant
Electric Guest is back!
Les Américains se sont offert plusieurs dates en France pour présenter au plus grand nombre l’album Plural. À leur étonnement, le public est au rendez-vous malgré les 5 ans d’absence. Pendant cette période, ils ont notamment composé plusieurs titres pour un album de Charlotte Gainsbourg qui n’a jamais vu le jour (“l’inconvénient de travailler avec une star de cinéma très prise“). Le set du W est court. 40 petites minutes ne suffisent pas à apprécier à leur juste valeur nos retrouvailles avec le groupe.
Mais il est toujours aussi plaisant de voir se déhancher Asa. Dear to me et Back for me sont deux premiers singles taillés pour le live. On en redemande !
Calypso Rose in fire!
Immanquable la septuagénaire (77 ans le 27 avril) facétieuse venue de Trinidad. Elle a chauffé le Palais d’Auron avec un enthousiasme impressionnant. Elle arrive à tous petits pas sur scène, accompagnée d’un membre de son équipe. Et une fois dans son espace de jeu, elle navigue d’un bord à l’autre de la scène faisant découvrir sa tenue flamboyante et sa danse du ventre. À la fin du premier titre, elle quitte ses chaussures. Ses petits pieds font peine à voir mais ils continuent de porter l’artiste.
Les textes des chansons sont simples, compréhensibles par tous et toutes. Et sa musique nous emporte dans des paysages de bord de mer, des nuits folles de danse, sans aucune peur du lendemain.
Au salut, Calypso Rose aperçoit un enfant en fosse :”je veux qu’on lui donne un album !” La classe !
Au même moment, Broken Back foule la scène du W : “Mon but dans un concert c’est de m’amuser “.
Alors la jeunesse de Bourges s’est massé contre les barrières de sécurité pour s’amuser avec lui. Faut dire que le jeune homme a l’énergie communicative, armé de sa guitare.
Même s’il a franchit le cap des 150 concerts donnée, sa fougue reste la même sur scène.
Du coup le public danse, chante et “quand 4000 personnes chantent avec toi, ça fout les poils !”
Comme Bourges, on aime bien avoir les poils avec Broken Back.
Talisco : pur rock !
Une lumière en fond de scène qui fait l’effet d’un contre-jour, pas évident de capter avec précision le visage de Jérôme Amandi. On le prend à faire un sourire de bogosse à une jeunette qui jubile avec ses copines. Le quadra à la barbe de plusieurs jours, chemise sur débardeur dont le col en V laisse respirer un échantillon de poils, fait de l’effet aux girls. Autre style, son clavier est plus dandy avec la mèche blonde mobile et le petit fouloir autour du cou.
Talisco se souvient : “Bourges, il y a 4 ans, c’était le premier vrai concert, le début de l’aventure.” Depuis, une tournée qui a joué les prolongations l’emportant aux States. Son nouvel album est tout aussi nerveux, vif et brut. Le concert est une vraie déflagration rock : le pied !
Dans la magnifique Salle des Festins, une bulle se crée dans le tumulte du Printemps de Bourges.
Avec la lecture musicale de son livre Petit Pays, Gaël Faye nous transporte avec émotions, rires mais aussi violence dans le Rwanda de son enfance, celui de la haine ethnique et du génocide.
Les mots virevoltent, claquent et résonnent dans cette salle où le public capte chaque geste, chaque parole et chaque note du duo.
Après cette heure coupée du monde, c’est le choc en sorti de salle. Il faut quelques minutes pour revenir au réel et aux bruits du festival.
Wax Tailor et la théorie de l’élastique
Leçon d’humilité en conf de presse avec Wax Tailor, “l’ours grinchon de la musique” comme il se plaît à se présenter. Il a partagé avec nous sa théorie de l’élastique. Quand il bosse sur un projet, un album, il a l’impression d’être hyper loin par rapport à ce qu’il a fait avant (élastique tendu au max) et quand il finit et réécoute, il s’aperçoit qu’il a bougé de quelques centimètres (élastique détendu, relâché). “Au final, on ne change pas tant que cela de style. C’est pour cela que je fais en sorte d’ouvrir des petites portes.“ Après Bourges, la grosse date de ouf de Wax est un live à Central Park (NYC) pour la Fête de la musique ! Un seul mot : waouh !
Le big show de Fakear
Le W devient une cour de récré en attendant l’artiste de 25 ans qui déplace les foules. Filles sur les épaules des garçons, ballons Calimero, cheval, Minions ou Barbapapa. Garçons déguisés en licorne ou lapin rose… L’ambiance est à la déconne totale.
En conf de presse, Fakear avait prévenu :”ce soir, c’est un gros dispositif, qui ne sera présenté que deux fois dans l’année avec Rock en Seine.” Avec du retard, Fakear fait son entrée sur scène sous les cris de jeunes surexcités. Deux-trois bugs sonores et le live peut débuter. Le bidouilleur de sons varie les plaisirs : Pad, percu ou platine. Il ne reste pas en place, ni figé comme certains dinosaures de l’électro. Seule fausse note du set : un débardeur de basketteur, trois fois trop grand pour sa carrure.
Et si on pariait que dans 2-3 ans, il nous reviendra avec son nouvel album et des muscles en plus ? comme Bob Sinclar ou d’autres avant lui.
J3 du Printemps à Bourges avec un soleil toujours au top. Une programmation dense qui fait sautiller de joie avec Boulevard des Airs, le nouveau show de Jain nous embarque dans un Sônge captivant et nous fait tomber sous le charme de Vianney. Poésie pure aussi avec un plateau 100% masculin qui a rendu hommage à Barbara autour du pianiste Alexandre Tharaud.
Jain puissance 1000
Dès le début de journée, notre cœur battait pour le retour de Jain, elle en a dessiné un petit sur notre totebag de festival.
2e Printemps de Bourges consécutif pour l’adorable performeuse avec une création lumière au top dès le premier titre. Elle prévient, elle termine sa tournée en proposant un “show progressif” Et c’est grandiose ! Elle fait rentrer ses musicos en plein milieu du 3e titre, en plein délire. Les percussions ont d’un coup une tout autre saveur et un vrai impact dans les corps comme sur les titres : Come ou Paris.
Derrière Jain, les téléviseurs du début ont fait place à 4 écrans carrés qui diffusent des créations graphiques avec des visuels pop et street-art (on reconnaît la patte de Shepard Farey sur un titre). La version 2017 de Dynabeat convoque le disco. Ça pulse à fond. La fatigue nous a quitté jusqu’au dernier titre : Mabeka aussi spectaculaire que trippant. En sortant, une seule envie : partir en tournée avec cette fille extra.
Plateau générationnel au W
Les 3 artistes qui partagent l’affiche ce jeudi, ont tous découvert la scène au même moment. Boulevard des Airs nous a rappelé en conf de presse que le groupe était invité en première partie de Vianney. Vianney qui choisit lui-même celles et ceux qu’il souhaite mettre en avant au cours de sa tournée. Normal : “on est une petite famille sur la route, une petite famille qui est fragile“
Boulevard des Airs a ouvert la soirée avec un set aussi festif, joyeux que généreux. Ces gars-là ont le contact facile et ne restent pas en place derrière leur micro. Le tube Bruxelles fait chavirer. Le bol d’euphorie tient tout le concert. #bonheur
“Pour ceux qui ne m’ont jamais vu, il ne faut pas attendre les musiciens”
Vianney ose ce que certains ne se permettent plus : porter une chemise manches courtes. Faut dire que c’est plutôt pratique quand on est seul à la guitare. Et le jeune homme n’a pas fini d’être surprenant. D’une part, parce qu’il nous avoue en conf n’avoir aucun trac. D’autre part, il emporte le public avec une aisance confondante. La créa lumineuse ferait presque oublier qu’il n’a aucun musicien autour de lui. En plus d’avoir un sourire charmant, il a de l’humour, exemple avec “ce morceau dure 8 min” pour annoncer le titre Pas là.
Au cours du set, il abhorre une jolie guitare au visage de femme dessiné ou peint et au moins un drapeau breton aperçu lors du concert. De 4 collaborateurs, il y a 2 ans, ils sont 14 autour du jeune chanteur maintenant. C’est une vraie machine à tournée. “Cet été, 26 festivals, celui-ci restera longtemps dans ma mémoire !“
Plateau d’hommes pour chanter Barbara
Au Palais d’Auron, c’est une distribution 100% masculine qui a rendu hommage à Barbara. Le pianiste Alexandre Tharaud partage depuis de nombreuses années sa passion pour le répertoire de la chanteuse et auteur culte. Il nous a réservé avec ses invités de belles retrouvailles avec des textes, avec des découvertes de chansons plus rares.
Pierre Guénard (Radio Elvis) enchante avec ses versions de Ma maison et Mourir pour mourir. Albin de la Simone fait sourire avec Joyeux Noël et Les Voyages. A mesure que les invités se succèdent, on se surprend à apprécier ces textes forts avec une nouvelle palette vocale.
L’accordéoniste fidèle de Barbara est présent aussi. Romain Romanelli confie une anecdote à garder pour soi. La chanteuse se mettait à le vouvoyer quand il y avait un problème ou une contrariété, alors qu’ils se tutoyaient habituellement. C’est une très bonne méthode finalement pour faire comprendre à l’autre qu’il y un souci et désamorcer tout de suite le conflit.
Tim Dup fait siens les mots de l’artiste qui s’est éteinte l’année de sa naissance, comme “J’entends très bien du bout du cœur“. Superbe !
Vincent Dedienne délaisse son humour pour partager ces lettres de Vienne dans une version parlée, touchante à souhait.
En guest surprise : Julien Clerc vient clore le show avec Ma plus belle histoire d’amour avant un final collectif pour Göttingen.
Un spectacle beau et juste qui nous a fait ralentir notre course folle de festivaliers.
Inouïs 2017 : plateau hip-hop avec Sônge
Révélation des Transmusicales 2017, Sônge poursuit une trajectoire lumineuse avec un set plus assuré qui débute de manière spectaculaire avec cette paire de lunettes de luminothérapie. Mystérieuse, son entrée sur scène fait l’effet d’une apparition fantomatique.
Elle n’a qu’un EP dans la poche, dont elle offre quelques exemplaires avec un large sourire aux jeunes en bord de scène. Et elle arrive à planter un cadre musical passionnant, mouvant, charger de mille influences dont du Debussy.
30 minutes c’est définitivement trop court.