Avec Irma la Douce, le metteur en scène Nicolas Briançon nous transporte dans un coin de Paris au début du XXe siècle avec une vue imprenable sur le Sacré Coeur, le coude bien amarré au Bar des Inquiets. Une vraie réussite ! Mise en scène, tours de chant et décalage décoiffant sont les ingrédients de cette comédie musicale à l’affiche du Théâtre de la Porte Saint-Martin.
L’éclat de ce spectacle n’est pas un jeune premier ou une mignonnette mais bien une valeur sûre de la scène. Nicole Croisille, incroyable patronne de bar qui connaît son petit monde comme si elle l’avait enfanté, nous apparaît dans un contre-emploi inouï. Bien sûr elle parle d’amour, comme dans les chansons qui ont fait son succès mais sa gouaille est d’un autre-temps, jubilatoire et effrontée.
Et qu’elle aguiche le premier rang, et qu’elle fume à son bar en commentant les amourettes d’Irma et de son Nestor. Nicolas Briançon a su voir au-delà des apparences de la Croisille. Un travail de maître d’autant qu’à l’origine, le rôle était celui d’un homme.
N’en oublions pas les amoureux. Marie-Julie Baup est une Irma aussi bien touchante qu’ingénie. Lorant Deutsch est enfin sorti de l’adolescence avec sa petite moustache et son costume de gars du milieu. Son filet de voix n’est pas aussi convaincant que celui de ses partenaires mais son jeu surpasse cette faiblesse.
A leurs côtés, une troupe qui lève la cuisse, change de personnages et de costumes, chante et brille au bon moment. Andy Cocq campe un travelo qui fait le tapin dans le même hôtel qu’Irma et Joyeuse, un bagnard plutôt futé. Une seule chanson lui suffit pour emporter le public. Un vrai show-man multi-talents qu’il ne faut pas quitter des yeux.
Total respect aussi à Claire Perot que nous avons tant aimé en Sally dans Cabaret (Folies Bergère et Théâtre Marigny) qui ose affronter la peur de tout comédien ou comédienne et artiste de théâtre : porter du vert sur scène. La superstition, elle s’en moque brillamment chaque soir avec une robe d’un vert intense !
Le plus : les surtitres en anglais !
Idéal si vous avez un(e) ami(e) américain, anglais ou d’une tout autre nationalité de passage et que vous ne souhaitez pas l’accompagner au Moulin Rouge.
Une comédie musicale d’Alexandre Breffort
Mise en scène Nicolas Briançon
Assisté de Pierre-Alain Leleu
Musique Marguerite Monnot
Arrangements Gérard Daguerre
Avec Lorant Deutsch, Marie-Julie Baup, Nicole Croisille, Andy Cocq, Olivier Claverie, Fabrice de la Villehervé, Jacques Fontanel, Valentin Fruitier, Laurent Paolini, Claire Perot, Bryan Polach, Pierre Reggiani, Loris Verrecchia, Philippe Vieux.
Présent lors de la dernière édition du Festival du Film Britannique de Dinard pour présenter Norfolk (de Martin Radich), le comédien Denis Menochet est l’exemple parfait de la bonne entente franco-anglaise. Son jeu n’a pas de limite géographique, sa maîtrise de la langue anglaise dénuée de tout french accent fait le reste. Cet acteur à la carrure massif révélé par Inglorious Basterds de Quentin Tarantino revient, avec une sincérité rare, sur ses doutes et quelques-uns de ses grands moments de cinéma.
Il n’a pu nous rassurer sur la possible suite de la série originale de Canal Plus : Spotless – dont le dernier épisode de l’unique saison nous a laissé sur notre faim – mais nous a réjoui en toute fin d’interview avec une très bonne nouvelle. Le court-métrage Jeanine ou mes parents n’ont rien d’exceptionnel (de Sophie Reine) dans lequel il formait un duo de parents barrés avec Léa Drucker aura une suite. Nous retrouverons les personnages 20 ans après.
Denis Menochet avec Martin Radich (réalisateur) et Finlay Pretsell (producteur)
UsofParis : D’où vient ton envie d’être comédien ? Denis Menochet : J’ai toujours aimé… (Ah la question !)
J’aimais bien faire rire les autres. Quand j’ai vu un film pour la première fois, ça m’a fasciné, la magie, tout ce qui était lié à l’imaginaire…
Après, j’ai rencontré une professeure, Leslie. Je faisais du skate, je fumais des pétards, j’étais bon à rien. Et elle m’a fait passer une audition alors que j’y étais allé pour accompagner un pote.
Elle m’a dit « toi, tu devrais venir » et elle m’a offert le stage d’été. Je lui ai répondu : « je viendrai jamais ! ». Et pourtant, j’ai fait le stage et j’ai adoré pouvoir m’exprimer – c’est pour ça que ça devrait être enseigné à l’école. T’as beau être un mec cool – qui avait des Creeks ou un Chevignon, à l’époque ou le mec un peu timide dans la cour – dès que tu es sur scène avec des personnages, tout le monde est vraiment à égalité, quand on se regarde vraiment dans les yeux et quand on est écouté.
Ce qui m’a attiré : c’est d’être vrai. De ne plus avoir à gérer ce sentiment de rejet.
Pourtant c’est que du fake !
Jouer c’est vivre sincèrement dans des circonstances imaginaires.
Et quand as-tu eu déclic que tu devais faire ce métier ?
Aujourd’hui, je me pose encore la question. Je te jure. Je pense que tu vis avec le doute quoi qu’il arrive.
Chaque fois j’en suis malade de bosser sur un nouveau projet. Je me dis que j’y arriverai jamais, que je ne suis pas à la hauteur. Tout le monde va s’apercevoir que je suis une imposture. J’en fais des cauchemars la nuit où je me retrouve à poil et tout le monde se fout de moi.
A quel moment sur le tournage, tu arrives à te calmer ?
Au bout de 3-4 jours. Et encore, ça dépend s’il y a des scènes difficiles qui arrivent, le trac peut revenir. Mais c’est une bonne énergie. Il faut l’accepter.
Ca ne t’a jamais paralysé ?
Si une fois. En fait, à force, tu développes une espèce d’instinct. C’est comme si tu faisais constamment des fausses notes quand tu essaies de jouer à la guitare.
J’avais dû m’excuser, prendre 5 minutes.
Les comédiens anglais ont tendance à plus travailler leurs gammes de jeu que les français ? Comment travailles-tu ?
Grâce à cette peur, je travaille beaucoup. Je répète un maximum mais sans figer les choses. Je fais aussi confiance à ce qui va se passer le jour même.
J’ai travaillé en Angleterre pendant presque 2 ans, récemment et malgré moi. J’ai eu de la chance. Et j’ai beaucoup pris de distance par rapport à plein de choses. Ca m’a fait beaucoup de bien.
Les acteurs anglais passent de la télé, au théâtre, au cinéma avec un grand film, parce qu’ils sont formés autrement et qu’il y a moins de films produits aussi. Ca correspond à ma conception du métier. Alors qu’en France, c’est : « quoi ? Tu fais de la télé ? » ou alors il faut faire un film où tu pleures derrière une vitre pour aller à Cannes.
Tout ça, je m’en fous totalement. Ce qui m’importe c’est l’histoire.
Les équipes anglaises et américaines te considèrent encore comme un acteur français ?
On m’appelle « the french actor ». Et je réponds : « non, je suis un acteur qui vient de France, parce que je n’ai pas grandi en France. Ma langue maternelle est le français mais je parle anglais couramment. » C’est vraiment te mettre dans une case.
Le seul problème que j’ai : c’est que pour les Anglais, je suis un french actor et pour les Français, je suis un acteur qui tourne avec les Américains et les Anglais – ce qui n’est pas vrai car la plupart du temps j’ouvre une porte ! Et mon texte c’est « Quelqu’un a vu Michel ? »
Ce que je me dis : je devrai faire des films dans une barque, sur la Manche, entre la France et l’Angleterre, pour que l’on me dise enfin que je suis simplement un acteur.
Qu’est-ce qui dans l’histoire de Norfolk (Martin Radich) t’a accroché ?
Il y avait une violence dans le scénario, dans le personnage, qui m’a énormément plu, alors que c’est une ambiance poétique. Car le film se passe au milieu de la nature, comme dans une espèce de futur imaginaire, où tous les gens ont fuit les villes pour se réfugier à la campagne. Et l’histoire de ce jeune garçon qui veut devenir un homme car il rencontre cette fille, et du père qui est toujours dans son milieu de mercenaire pour gérer la survie de sa famille. Je trouvais ça intéressant parce que ça pourrait arriver dans un futur proche. Enfin, ça me plaisait de montrer une violence sans qu’elle soit vraiment visible au début.
Et sur le tournage, tu as appris sur ton métier ?
J’ai beaucoup appris. On a tourné en 24 jours, ce qui est très peu. On n’avait pas beaucoup de prises, on devait enchainer rapidement. Il fallait être créatif assez vite.
J’en reviens à cette peur : je ne pouvais pas demander une prise de plus, car tout le monde était fatigué.
J’ai appris à mettre cet égo de côté pour être efficace au service de l’histoire et de l’équipe. C’était une bonne manière d’assouplir ma façon de jouer.
Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience de série avec Spotless ?
La leçon que j’en tire c’est que je ne referai plus jamais de projet où les réalisateurs ne sont pas capitaines du bateau et où ce sont des gens dans des bureaux qui décident du dialogue, de la scène. Quand il y a beaucoup de gens qui décident alors qu’ils ne sont pas sur le plateau, c’est un enfer pour tous ceux qui sont là depuis 4 heures du mat’. A moins qu’il y ait un vrai showrunner.
Dans quelle mesure qu’Inglorious Basterds a changé ta vie ?
Çaa changé totalement ma vie. Quentin Tarantino m’a mis sur la carte. J’étais d’un seul coup reconnu. Et toujours aujourd’hui, il y a un énorme respect pour ce film et cette scène.
Et quand on sait que Christophe Waltz a eu 2 oscars, et moi j’ai juste une chance d’être dans ce film. Et j’espère un jour leur faire honneur à tous les deux. C’est quelque chose qui me drive car Quentin ce qu’il écrit c’est ce qui se fait de mieux : il combine le rap, Shakespeare, tout ce que j’aime. Ses dialogues sont incroyables.
Et Waltz c’est un jazzman dans tout ce qu’il fait.
Et j’espère durer pour un jour lui montrer que je suis à la hauteur. Ca me motive.
Un instant d’émotion forte sur un plateau de tournage ?
Je pense à La Raflede Roselyne Bosch. Je jouais l’adjudant du camp de concentration de Beaune-la-Rolande. Nous tournions à Budapest avec des acteurs de complément (de théâtre…). J’étais face à des femmes et leurs enfants. Et je leur annonce que l’on va les séparer de leurs enfants, alors qu’elles ne le savent pas. Et l’instinct de ces femmes est remonté. Il paraît qu’à l’époque l’on entendait les cris des femmes dans les villages proches du camp.
Elles ont joué la scène et je me la suis prise en pleine gueule. C’est devenu quelque chose d’animal. Je suis parti dans un coin pour essayer de m’en remettre. J’ai vraiment vu ce qui s’était passé il y a plus de 70 ans.
Dans un autre style, il y a aussi les bons moments avec Ludivine Sagnier dans Pieds nus sur les limaces (Fabienne Berthaud). Elle a une mémoire visuelle folle, elle est capable de réciter les adresses des stagiaires du film. Quand je m’en suis rendu compte, j’étais éclaté de rire. Elle est très drôle et j’ai eu du mal à m’en remettre.
Le lieu de tournage le plus improbable dans lequel tu aies tourné ? L’Afghanistan. Stéphane Rybojad nous a fait prendre un hélico pour tourner quelques plans pour le film Forces spéciales. On était au Tadjikistan et d’un seul coup on a traversé la rivière et on atterri en Afghanistan. Le réalisateur a fait quelques plans et on est reparti. C’était totalement improbable.
Il pouvait nous arriver n’importe quoi. C’était une bonne adrénaline.
La notoriété c’est un inconvénient pour toi ?
En fait, on ne me reconnaît pas. Mise à part dans des festivals comme à Dinard. Mais ça se passe toujours bien. On est dans une époque tellement « Kardachiante» que ça ne me dérange pas les selfies quand on m’en demande !
ACTU ! Denis Ménochet à retrouver prochainement dans les films Norfolket Assassin’s Creed(de Justin Kurzel)
La chanteuse espiègle a accepté notre interview alors qu’elle était en dehors des clous de tout planning promo, sa tournante précédente étant finie depuis quelques mois. C’est assez rare pour le relever. GiedRé a foulé les planches de la Nouvelle Seine, fin septembre pour une carte blanche, un concert affichant déjà complet au moment de notre rencontre, comme son Café de la Danse le 8 mars. En même temps, on s’en fout, on va tous au Trianon le 18 octobre !!!
Notre échange est l’occasion de vous faire découvrir l’univers de la chanteuse avec plein d’anus, de caca et de pédophiles. Si vous ne la connaissiez pas, vous êtes prévenus, ce n’est pas Dorothée (quoi que…). Interview fleuve car elle le valait bien !
selfie original de GiedRé pour le blog !
Un jeudi de septembre, dans un petit bar du XIe arrondissement de Paris. GiedRé, fidèle à elle-même, habillée d’une jolie robe tout en couleurs et des carottes aux oreilles.
On entre. Elle commande un Perrier rondelle (of course !). On demande si l’on peut enregistrer l’interview, elle répond qu’elle est d’accord mais que de toute façon, elle démentira tout.
UsofParis :Que faisais-tu avant la musique ?Qui était GiedRé avant d’être la chanteuse que l’on connaît ?
Giedré : Genre le jour d’avant ?
Oui, le jour d’avant !
Le jour d’avant, j’sais pas. Je pense que j’ai déjeuné, après je me suis promenée…
Non. Qu’est-ce que je faisais avant ? Je faisais du théâtre.
Le cours Florent ? Le cours Florent ça c’était y’a longtemps et surtout après j’ai été à l’ancienne école de la rue blanche, qui s’appelle l’ENSATT (Lyon). Et puis après je faisais du théâtre, on avait monté une compagnie et je jouais dans des pièces très sérieuses, théâtre subventionné, tout ça. C’était très “Fleur Pellerin attitude”. Vraiment !
Est-ce que tu faisais des petits jobs ? On t’imagine bien en animatrice de centre de loisirs ou en hôtesse d’accueil à la Fistinière… Ouais, j’ai fait des jobs de merde, si c’est ça ta question. Oui. Comme tout le monde.
Qu’est-ce qui t’a amenée à la musique du coup ?
En faire devant les gens ou en faire dans mon salon ?
Dans ton salon, jouer de la guitare… Je ne sais pas… En fait, moi je suis lituanienne, tu sais ? Donc je suis arrivée en France, je ne connaissais vraiment rien à la France, rien du tout. Du coup, j’ai découvert un peu la musique qui s’écoute ici. La musique tout court, car dans l’URSS c’était plus des chants à la gloire de Staline, tu vois ?
La musique, je me suis dit bah qu’est-ce que c’est ? J’ai allumé ma radio comme tous les gens, en fait, et donc là j’ai découvert Jean-Jacques Goldman, Céline Dion, Patrick Bruel, tu vois ?
Et là je me suis dit : « Ah ouais, ok !».
Du coup, quelques années plus tard, je me suis dit : “mais en fait peut-être que je peux faire autre chose que ça ? Peut-être ?” A l’adolescence, tu écoutes Bob Dylan, tu te dis : “ouais moi aussi je veux trop faire de la guitare”, donc tu apprends 4 accords. Et en fait tu te dis « Ah, mais en fait, si je joue ces 4 accords et que j’écris des mots que je mets dessus ça fait une chanson » Malin. Tout simplement !
Je fais des réponses très longues, faut pas hésiter à me couper…
Donc sur scène tu joues un personnage ; je vois que tu le joues ici aussi. T’es vraiment comme ça dans la vie ? Non non dans la vie en fait je bosse dans le bâtiment. Et du coup ça prend du temps pour grimer tout ça…
Tu as des jolies mains pour quelqu’un qui bosse dans le bâtiment ! Oui, oui, parce que moi je donne des ordres. Je donne des ordres dans le bâtiment, je suis ordinatrice. C’est comme ordinateur mais en femme.
Comment est né ce personnage ?
Je le vois pas trop comme ça. Elle me surprend toujours cette question parce qu’on me la pose souvent, évidemment, parce qu’à partir du moment où tu mets des couleurs et où tu fais des blagues et tout ça, on te dit : « Ah ! Quel personnage ! ». Alors qu’on le demande jamais à des chanteurs qui font des chansons humanistes, qui pourtant sont exilés fiscaux : « Mais donc votre personnage en fait, comme ça, très dans le partage, comment l’avez-vous trouvé, vous qui ne payez pas vos impôts ? ». Tu vois ? Alors je trouve ça un peu étonnant.
Forcément quand t’es en représentation, ce n’est pas pareil que la vie parce que tu choisis ce que tu montres de toi. Donc, j’aurais pu montrer de moi, tu sais quand je me lève, que j’ai des crottes dans les yeux et que j’ai envie de parler à personne. Mais est-ce que c’est vraiment intéressant pour les gens de voir quelqu’un qui ne veut pas parler ? Là, tu as un peu envie de dire « Reste chez toi !».
Tu as auto-produit tes premières chansons, tes CD, est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Les maisons de disques ne veulent pas de toi ? Oui, c’est toujours le cas. Très vite les maisons de disques se sont intéressées à moi, même avant que j’enregistre mon premier disque. J’ai eu des gens avec des costumes, et tout. (elle mime le mec en costume) Moi je bossais dans le bâtiment, tu vois, donc je connaissais leurs codes.
C’est une sorte de liberté ? Je ne sais pas parler de chansons avec des gens qui sortent d’école de commerce. Je crois qu’on ne fait pas trop le même métier. Mais c’est pas grave, hein ! Ce qu’ils me disent, moi je ne comprends pas. Et si j’avais envie de vendre des trucs, je sais pas, j’aurais fait des tapis, si ce qui m’intéressait c’était de vendre des machins, et trop faire des sous et tout.
Puis c’est vrai que je suis un peu embêtante, parce que j’ai toujours un peu envie de faire ce que je veux et le meilleur moyen de faire ce qu’on veut c’est de le faire tout seul.
L’année dernière, tu as fait ton premier Olympia. C’est un peu l’accomplissement, non ? C’est le rêve d’une vie qui se réalise. (rires)
Blague à part, j’avais un peu tendance à me la raconter, tu vois ? Du genre : « Ouais, ça va ! Calmez-vous ! C’est une salle, c’est des gens. C’est juste que comme on est à Paris. Les gens ils se lavent, mais à part ça, quelle différence d’avec Roubaix ? ».
Je sais pas, tu te revois… En plus, c’est allé relativement vite, et du coup forcément tu te revois dans ton bar pourri à chanter des chansons entre la poubelle et la machine à cacahuètes et tout.
Et c’est marrant parce que le lendemain de l’Olympia, mon frère m’a envoyé une petite vidéo qu’il avait filmé genre 3 ans avant où justement je chantais dans un bar pourri et il me l’avait jamais montrée. Je chantais « Pisser debout », et là y’a un mec qui passe et qui dit… Tu vas voir c’est trop marrant… Il dit « Oh ! Imagine ça à l’Olympia devant 2 500 personnes. Ah ah ah. ». C’était marrant, il me l’a envoyée le lendemain, je trouvais ça mignon. Mais ouais forcément ça fait un truc quoi.
Je t’ai beaucoup vue en concert et je trouve qu’à l’Olympia, il y avait vraiment une différence de public parce que toute la salle chantait avec toi quasiment toutes les chansons. Ça devait être impressionnant de voir cette foule d’anus levés ? Bien sûr et puis plus y’a d’anus plus on rit évidemment. J’ai sorti un DVD après, de l’Olympia, avec aussi « Les dessous de la tournante ». Et les garçons qui filmaient, ils demandaient à la fin tu sais comme dans BFM « Alors qu’est-ce que vous avez pensé du spectacle de ce soir ? » et là tu as Micheline du Nord Pas De Calais qui te répond, tu vois ?
C’était mignon parce qu’il y avait plein de gens, vraiment j’étais surprise, qui disaient « Ouais, bah nous on l’a vue à la salle des fêtes de Brive-la-Gaillarde et quand on a vu qu’elle faisait l’Olympia, on a pris nos billets et on est venu. ». C’est mignon parce que c’est vrai qu’on l’a fait ensemble. En fait, autant mon public que moi. On est arrivé à l’Olympia ensemble par le même chemin. Je n’ai jamais voulu être placardée en 4 par 3…
A côté de Anne Sylvestre en plus ! Oui c’est ça, c’était pas mal (rires). Pour moi, c’était toujours important que les gens choisissent de m’écouter qu’ils ne viennent pas parce qu’ils m’ont entendue 36 fois au Franprix cette semaine et que du coup ils pensent qu’ils m’aiment bien parce que tu vois ils ne s’en rendent même pas compte. Ça c’est chouette, j’ai toujours l’impression d’être un choix pour les gens.
La prochaine étape c’est le Stade de France comme Johnny ? Le stade anal, plutôt d’abord. Enfin, tu vois ? On y va petit à petit quoi. (rires). Tu crois qu’il y a des gens qui viendraient franchement ?
J’ai un problème, c’est que je n’ai aucune ambition. Enfin, je n’ai pas d’ambition de grandeur.
Je dis que je suis en auto-prod mais je travaille avec des gens évidemment, quand on m’a dit « Allez, on fait un Olympia ! », moi j’étais là genre « Mais jamais, vous êtes fous ! ». Parce que je n’ai pas du tout la folie des grandeurs.
Pourtant tu as fini une tournante énorme, tu es même passée par le Japon. Tu es un peu la Mireille Mathieu 2015 ? (rires) Zaz aussi. Zaz fait un carton au Japon.
Mon Dieu ! Ouais, comme tu dis. Comme tu dis !
Et donc c’est fou non ? Tu as même traduit une de tes chansons en japonais ? C’était marrant comme histoire. J’y étais allée juste pour faire une semaine de concerts dans le cadre des expats’.
Tu sais ceux qui sont là : « On veut manger du camembert ! » (elle imite une manifestation).« Bah oui mais fallait pas partir ! »
Du coup, eux pour pas trop qu’ils s’ennuient et qu’ils ne deviennent pas trop alcooliques, de temps en temps ils font venir des gens de France pour dire : « Ouais, bah tu sais les Champs-Élysées, ça a beaucoup changé et tout. ». J’ai été cette personne-là, pendant une semaine. Et un monsieur qui a un label indépendant au Japon, super fan de la culture française… Néanmoins, bien qu’il soit fan de la culture française, il est quand même venu me voir en concert. Comme quoi la communication ne devait pas être terrible, tu vois ?
A la fin du concert, il me dit qu’il aimerait bien sortir mon album au Japon et comme moi je ne veux pas que les gens perdent tous leurs sous et qu’après ils vivent sous un pont à cause de moi, j’ai dit : « Bah il ne faut pas faire ça Monsieur, vraiment pas ! Ne vous mettez pas en danger comme ça. »
Et puis il voulait vraiment. Du coup, en vrai j’ai sorti un album au Japon. C’était compliqué parce que je me suis dit quel intérêt pour eux… Enfin, évidemment on me compare souvent à Jimi Hendrix au point de vue du jeu de ma guitare, tu vois ? Ça se comprend parce que c’est quelque chose de vraiment très intéressant et attrayant.
« Roh elle a refait un Mi mineur, mais c’est incroyable ! »
Donc j’ai traduit toutes mes chansons dans le petit livret, tu sais un peu comme à la messe. Puis je suis retournée une semaine pour faire de la promo, quelques petits concerts. C’était vraiment dingue. Trop marrant.
Dans une de tes chansons tu parles de colis piégés et lettre de menaces ? C’est vrai ? Ça arrive encore ? Ah ! (rires). C’est Jolie chanson, hein? Je l’ai un peu écrite en prévention. Au début, quand je suis passée de mon bistrot tout pourri à genre la Cigale, en 2 jours on n’a rien compris, on m’a dit : « Ouais, bon fais attention, surtout te vexes pas si les gens ils lancent des trucs, si tu reçois des lettres, si des gens t’attendent pour te tuer… ». Et je m’étais vraiment préparée à ça, en fait bizarrement non. Je ne sais pas si je te déçois…
Un peu, je m’attendais à ce que tu sois sous protection judiciaire… Alors évidemment, oui, y’a eu des tentatives de procès, des trucs comme ça, machin, bien sûr. Mais parce que les gens s’ennuient donc faut bien faire des trucs. En même temps ils seraient un peu malhonnêtes parce qu’ils voient des trucs tous les jours bien plus horribles que mes chansons. Ça leur va, ça ne leur pose aucun problème. Ils continuent à être trop contents, à boire des demis et tout, genre « Ouais la vie c’est bien ! » alors qu’ils voient des trucs atroces. Ce serait un peu injuste de leur part de s’en prendre à mes chansons alors que c’est que des chansons et qu’elles sont bien moins pires que la réalité dans laquelle ils vivent et sont contents. C’est la fête.
Qu’est-ce qui va se passer pour toi dans les prochains mois ? Musicalement pas sur le chantier. Oui parce que j’allais t’en parler justement, on en est au troisième étage en train de mettre les murs porteurs et tout. Ça va être un super truc.
Je m’y connais vachement bien en chantier, je m’en rends compte…
Il y a la petite carte blanche à la Nouvelle Seine, c’est un peu pour remettre la main à la patte et en vrai là, j’ai fini d’écrire et je commence à enregistrer mon prochain album. Ah exclu ! So exclu !
Je pense le sortir l’année prochaine. Dans quelques mois en fait.
Et repartir en tournante. Je veux faire une pré-tournante à la fin de l’année, novembre-décembre, quelques dates, dans des petits lieux. Un peu pour se revoir avec les gens, tranquille. Et puis après les zéniths bien sûr, New York, Madison Square Garden, tu vois ? Normal. La base. OKLM.
Finalement ça va repartir assez vite.
Tu montes sur scène avec Tolérance aussi ? Ouais, mais j’adore ce groupe.
Tu sais un peu comment est né ce groupe ?
Bah non, en fait je les ai découverts sur Internet. Je crois qu’ils protègent vachement leur vie privée. Ils veulent rester anonymes.
C’est un peu leur grand retour aussi, ils avaient disparu ces derniers mois ? Ouais mais y’a eu un problème, tu sais, ils avaient posté sur leur Facebook. Y’a un des membres du groupe qui avait sombré dans la drogue, à cause du succès. Ça lui était monté la tête. Et écoute, je ne sais pas, peut-être qu’il va mieux. Enfin, quoi qu’il en soit, il sera là.
Moi je les ai contactés, j’y croyais pas trop. Je me disais : “bon je tente le tout pour le tout, j’écris à Tolérance“. Un peu comme si t’écrivais à Whitney Houston ne sachant pas qu’elle est morte. Pour moi, c’était un peu un rêve sans espoir. Et ils ont dit ok.
On peut espérer un petit duo entre Tolérance et GiedRé ? Ça serait une bonne idée. Je ne sais pas, ils m’ont l’air assez fermés. Tu sais, ils sont tellement dévoués à leur projet de tolérance que… Mais bon peut-être. Et peut-être que je ne suis pas assez tolérante. Toute façon, on ne peut pas être aussi tolérant qu’eux. Mais ils sont tolérants envers les gens qui ne sont pas tolérants, c’est ça le truc. Ça c’est le summum de la tolérance. Ils sont bien.
Après une petite discussion sur le concert au Sexodrome et sur l’organisation d’une prochaine kermesse comme celle de Paris en mai 2014.
Là j’ai une petite liste de questions très rapides… Ah c’était pas l’interview ? (rires) Au bout d’une demi- heure : « Bon bah on va commencer ! » (rires)
C’est des petites questions courtes qui demandent des petites réponses courtes. Oh la la ! Ça j’ai beaucoup de mal mais je vais essayer.
Est-ce que tu as un duo rêvé ? J’avais un rêve mais il s’est réalisé. Je rêvais de faire un duo avec Grégoire, je l’ai fait. Donc maintenant en plus ? Une collégiale des Enfoirés. Mais j’aimerais que ça se passe vraiment, qu’à chaque couplet y’en a un qui rentre, qu’il descende par les escaliers. Tu sais comme ils font ! C’est tellement bien.
Et un artiste mort ? Michel Sardou !
Quel artiste admires-tu le plus ? Vivant ? Mort ? On s’en fout ?
Oui, un artiste hein, pas Emile Louis ou Dutroux.
Oh écoute, ils ont fait vraiment les choses dans les règles de l’art pour le coup. Je dirais George Carlin.
Celui que tu envies le plus ? Brassens.
Quel est le meilleur compliment que tu as eu sur ta musique ? Un jour on m’a dit que ça donnait moins envie de mourir.
Quelle chanson de ton répertoire tu aimerais que les enfants apprennent à l’école ? Peut-être On fait tous caca, en fait. Tu sais au début les enfants ils ont le stade caca, jouer avec… Puis à un moment on n’en parle plus. Plus personne ne fait caca. Donc qu’ils continuent à la chanter.
Si Paris était une de tes chansons ? Les petits secrets.
La chanson dont tu es la plus fière ? Instant Chimène Badi, un peu. « Je ne suis pas méchante ».
Parce que ça justifie tout le reste ? Pas justifie, mais ça donne une raison. Une raison d’être.
Quelle chanson aurais-tu aimé avoir écrite ? Oh y’en a plein. Une… Genre The chanson. Mais c’est horrible de demander ça. C’est vraiment dur. Je sais pas, là j’ai envie de te dire Où c’est que j’ai mis mon flingue de Renaud et je vais regretter demain. Mais aujourd’hui c’est ça.
À quel chanteur/se serais-tu prêtes à dire oui à tout, sans exception ?Bah ça oui évidemment, Chimène Badi. Bien sûr.
Dans On fait tous Caca, tu dis : “François y fait caca“… Est-ce que c’est le François ? Avant c’était Nicolas. Parce que je l’ai réenregistrée, donc ouais j’update. J’espère n’avoir jamais à dire « Marine elle fait caca ». Mais bon, si c’est le cas je le dirais. Mais je dirais qu’elle en fait des vraiment des gros gros gros. Et pas que des par les fesses, des par la bouche aussi.
Si je te dis schizophrénie, tu me dis ? Je te dis : “vacances.” Ça doit être des vacances d’être quelqu’un d’autre de temps en temps. C’est un peu les vacances de toi-même. De temps en temps tu es une vieille grand-mère qui se gratte la tête, mais c’est quand même toi mais tu es en vacances de toi-même (elle imite la vieille grand-mère). Ça c’est bien.
Tu portes quelque chose sous tes sous-vêtements ? Bah non pfff. Ouais je sais c’est abusé.
Tu es donc « trop une pute » toi aussi ? Ouais, ouais, bah ouais. J’ai essayé, avant je mettais une combinaison de ski, enfin tu sais les trucs combinaison, là… Mais en fait le problème est éternel, car sous ma combinaison, je suis nue. C’est un combat sans fin, c’est une quête de la bienséance perdue d’avance.
La personne dont tu parles dans Chut ? Elle vit toujours ? (rires) Oui.
Tu as des petits conseils à me donner parce que j’en connais une et je n’en peux plus ? C’est la magie, de contrairement au chien, d’avoir un cerveau où tu peux en faire d’autres trucs que juste aller chercher des croquettes. En fait c’est partir ailleurs.
Faut être schizo et se mettre dans la petite mamie ? Ouais voilà c’est ça. Vacances ! Utiliser son cerveau à bon escient pour aller ailleurs que là où tu es.
Si tu avais 3 minutes là tout de suite, tu en ferais quoi ? Là tout de suite, oh bah je ne sais pas je suis bien avec vous. Je continuerais à parler.
C’est gentil. Merci GiedRé. Merci à vous.
Je vais dire que tout ça est faux, je démentirai avec mon avocat que tout ce qui a été dit dans cette interview est un mensonge.
Le nouvel album de GiedRé s’appelle Lalala et est sorti le 15 janvier 2016 #tropbeau
GiedRé en concert au Café de la Danse (Paris), le 8 mars : COMPLET
Au Trianon (Paris), le 18 octobre : pas tout à fait complet. Fais vite !!
Et en tournante générale : 12/02 : ViLLeNeuVe La GaReNNe – MJC 19/02 : SaiNT-éTieNNe – SaLLe JeaNNe d’aRC 20/02 : aViGNoN – PaSSaGeRS du ZiNC
2/03 : Le HaVRe – MaGiC MiRRoR 3/03: TouRCoiNG – Le GRaND MiX 9 au 12/03 : BRuXeLLeS – MaiSoN DeS MuSiQueS 15/03: GReNoBLe – La BeLLe éLeCTRiQue 16/03 : LyoN – NiNKaSi Kao 17/03 : NaNTeS 18/03 : CLuSeS – L’aTeLieR 19/03 : GeNèVe 25/03 : SaiNT BRieuC – La CiTRouiLLe 30/03 : ReNNeS – L’aNTiPoDe 31/03 : CaeN – BiG BaND CaFé
2/04 : LaNGaN – Le TRouSSe CHeMiSe
7/04 : TouLouSe – MeTRoNuM
14/04 : Le PRiNTeMPS de BouRGeS
3/06 : MoNGeReau – FeSTiVaL “PaSSioN eLLeS”
24/06 : CeRiSy-BeLLe-éToiLe – FeSTiVaL deS BiCHoiSeRieS
21/07 : LeS FRaNCoS de SPa
Merci à Nicolas du Rat des villes qui a permis cette rencontre et à Manu qui l’a immortalisée
Le street-artiste L’Atlas a été choisi pour imaginer le packaging de la nouvelle édition limitée de Perrier : inspired by street art. Si l’édition 2014 a été créée à 6 mains par le Brésilien Eduardo Kobra, la Japonaise Sasu, et l’Américain JoOne, cette année, le Français L’Atlas est l’unique créateur de la série complète. Rencontre avec l’artiste lors de la soirée de lancement chez Colette.
Au départ, L’Altas devait concevoir uniquement les visuels des Perrier arôme. Il s’essaie aux classiques et là, banco ! La marque adore et lui donne l’ensemble de la collection à redessiner.
La patte graphique de L’Atlas : des labyrinthes calligraphiques inspirés par les arts traditionnels arabes et orientaux. Il s’est formé auprès d’artistes réputés en Égypte, au Maroc et en Chine.
Toujours géométrique, sur toiles ou murs, son art devient spectaculaire quand il s’attaque à des espaces hors-normes. Sur une place ou lors de la résidence aux Bains Douches en 2013.
Photo by L’atlas
La conception du design de la collection Perrier Inspired by street art a nécessité un an de travail, pour un résultat en total adéquation entre le style de L’Atlas et de la marque à bulles : la cannette fine de 33 cl est vraiment accrocheuse vous ne trouvez pas ?
Visuel made by USofParis avec Perrier®
Autour de ce travail et durant ces mois d’octobre et de novembre, l’artiste va parcourir le monde pour réaliser des performances autour des éléments naturels : le feu à Séoul, l’air à New York, la terre à Mexico City et l’eau à Paris. L’Atlas et son équipe vidéo et photo investiront donc ces quatre villes pour concevoir des oeuvres prenant la forme d’un Land Art.
Une invitation à découvrir son travail grandeur nature.
C’est lors de la cérémonie de clôture que le président du Festival du Film Britannique de Dinard a livré cette phrase d’une belle poésie – tranchant avec ses nombreuses pointes d’humour – au réalisateur Tom Geens dont le film a été sacré par 3 fois. Couple in a Hole a reçu les Prix du Jury, du Public et du meilleur scénario. The Couple in a Hole day avait débuté ce samedi à 11h avec la projection du film en présence du jury en entier bien réveillé, un peu moins maquillé en revanche. Ce récit est bluffant. On ne sait pas précisément où l’on est, si ce n’est une forêt. Un homme et une femme vivent totalement isolés. La suite du récit est à découvrir par vous-même. Moins on en sait sur ce film et plus son atmosphère aura une réelle emprise sur vous. Jean Rochefort n’a pas hésité à partager sa surprise : “Je n’ai jamais vu un film aussi désorganisé. Un jour c’est l’été, le lendemain c’est l’hiver, un lièvre gambade dans la forêt… Et puis après on oublie et on se laisse happer.” Il n’a pas tort. L’incompréhension du début laisse place à un réel attachement aux personnages. La performance de la comédienne Kate Dickie est incroyable. Ses partenaires ne sont pas en reste, citons le casting franco-anglais : Paul Higgins, Jérôme Kircher et Corinnne Masiero.
Craig Roberts
L’on avait poursuivi fissa notre journée projection sur le tout premier film en tant que réalisateur du comédien Craig Roberts, Just Jim. Précocité qui nous en rappellerait une autre, celle de Xavier Dolan. Peut-être ne faut-il pas lui souhaiter la carrière du réalisateur canadien. Et de tracer sa carrière différemment. En tout cas, ce qui n’a pas échappé au public c’est la présentation du jeune réal de 24 ans.
Maladresse, franchise, il a fait rire. Film brodé sur une base autobiographique : “mon enfance au Pays de Galle. Jeune, je cherchais à être cool. Mais à force de chercher, on se plante.” Avant de rajouter, un cinglant : “ce film est une façon de regarder en arrière et de voir comment j’étais pathétique.”
Avant de s’excuser de faire perdre son temps au public, il confie ce jeu très personnel : imaginer quand il mourra qui viendra à son enterrement. “Présenter ce film devant vous, c’est comme si c’était mes funérailles.” Glaçant.
Son film débute un peu comme un Jacques Tati avec une compilation de foirages : à l’école, de retour à la maison, avec les parents. Et puis il vire littéralement avec l’arrivée d’un Amerloque. Un récit sur la manipulation très bien mené.
17h45 Tapis rouge devant les Alizés
Juste avant l’arrivée des invités, une séquence touchante. Un jeune homme a mis un genou à terre pour demander la main de sa petite amie sur tapis rouge et devant les photographes. Applaudissements et musique de circonstance dans les enceintes, plein soleil : toutes les conditions favorables étaient réunies pour faire de cet instant un cliché inoubliable pour le jeune couple.
La jurée tant attendue, présente dans le programme du festival et absente des projections : Virginie Efira a fait une apparition toute de noir vêtue.
A la différence de Cannes, à Dinard, l’ensemble des équipes des films en compétition assiste à la cérémonie de clôture. Le suspense n’est donc pas pipé pour le public.
Des bogosses aussi sur le tapis parmi les équipes de films en avant-première. Les actrices n’ont pas le monopole du glamour !
Et dernière séance photo du jury.
Natalie Dormer
Hanif Kureishi et son épouse
Après le Hitchcock hommage à l’écrivain et scénariste Hanif Kureishi, une première surprise : le public de Dinard a plébiscité l’audace en décernant par ses votes Couple in a Hole. Rochefort précisera son émotion et celle de son jury que le choix du public et celui de son équipe soient à l’unisson, preuve de la qualité du film. “Ca ne peut se passer qu’en Bretagne !”
Tom Geens, réalisateur de Couple in a Hole
Le réalisateur Tom Geens, modeste, témoignera sa culpabilité vis-à-vis des autres équipes de films en compétition.
A noter que le jury a décerné un prix spécial au film The Departureet à ses interprètes.
La soirée se terminera par la projection en avant-première de 45 years(45 ans) de Andrew Haigh avec Tom Courtenay – qui témoigna sur scène qu’il avait lu le scénario sur son Iphone, sans pouvoir s’en décrocher – et Charlotte Rampling. Jean Rochefort aura le mot de la fin en rappelant une anecdote avec la comédienne lors du tournage d’une “scène de coït” A la 9e prise, Rochefort ne peut cacher une “légère bosse.” Sa partenaire lancera, un subtil et complice : “enfin !”
Rochefort a confirmé au cours de ces quelques jours à Dinard son statut de “national treasure” (trésor national) comme l’a dit Natalie Dormer à son évocation, en interview.
Respect !
Membre du prestigieux jury du Festival du Film Britannique de Dinard, le producteur Bertrand Faivre nous a accordé un entretien enjoué et généreux sur la terrasse du Grand Hôtel Barrière. Il revient pour nous sur son métier, ses belles rencontres et ces instants de grâce dont il est un des spectateurs privilégiés. Fidèle du Festival depuis de nombreuses années, le producteur des Jardins du Roi, Julia, Week-end à Paris, L’Affaire Farewell, Joyeux Noël, est, pour la première fois de sa carrière, juré. Impressions.
Le producteur Bertrand Faivre avec les comédiennes Amara Karan et Alexandra Lamy
UsofParis : D’où vient votre vocation de producteur ? Bertrand Faivre : L’amour des films. Je me suis dit assez vite que si je concourais d’une manière ou d’une autre à faire que les choses se fassent, ma vie aurait un sens.
Comment avez-vu que votre légitimité était de faire de la production ?
D’abord on n’est jamais sûr d’avoir une légitimité. Même au bout de 20 ans, je peux vous garantir qu’il y a des matins vous vous demandez. Et quand ce n’est pas vous qui le faites, il y en a pas mal d’autres qui vous le demande.
J’ai pas un univers très marqué mais j’ai des enthousiasmes. J’ai du caractère. C’est le seul dénominateur commun qu’il y a entre tous les producteurs qui durent. La production, ce n’est pas une science atomique. Il n’y a pas une spécificité, ni d’études particulières.
Il faut du nez quand même ?
Du nez pour trouver du public, du nez pour trouver de jeunes auteurs, pour avoir le film parfait pour les festivals. Il y a différents parfums ! Votre nez, il faut qu’il marche un minimum, sinon au bout d’un moment, vous êtes tout le temps enrhumé et vous dégagez.
Je n’ai jamais fait de films qui ont fait un carton intersidéral. Je suppose, en tout cas, que si je suis là au bout de 20 ans c’est que j’ai fait des films suffisamment intéressants dans leur équilibre entre leur coût, la manière dont ils ont été vus, comment ils circulent dans le monde… pour que cet ensemble puisse me permettre de continuer.
Quelle est la B. Faivre touch ?
J’ai une spécificité. Je peux l’affirmer en toute quiétude. Je suis le seul Français à avoir fait ça. J’ai monté une boîte de prod à Londres, il y a 15 ans et depuis je produis aussi bien des films anglais que des films francais. Ce qui ne veut pas dire des films français en anglais, ce que je fais aussi. Mais ils restent des films français. Ce n’est pas parce que Bruno Dumont réalise Twentynine Palms en anglais, que son film devient international.
En revanche, quand je produis Les Jardins du Roi (Rickman) avec Kate Winslet, c’est purement un film anglais. Nous avons aussi produit le film de clôture de Dinard, 45 Years.
Personne ne peut contester ma légitimité sur ce point.
Que vous a appris la production en Angleterre ?
La moitié de ma vie est à Londres. On ne se plaint pas comme en France. Quand vous voyez ce qu’ils arrivent à faire avec aussi peu !
Chaque film est un miracle. Il y a finalement peu de films anglais avec un vrai réalisateur, de vraies ambitions artistiques. Il y a beaucoup de films américains déguisés qui cachent la réalité ou des films que l’on ne verra jamais.
Aussi, les Anglais sont très drôles. Ils m’ont appris cette phrase que j’utilise souvent : “the worst is never disappointing” (le pire n’est jamais décevant). Ca me sert beaucoup dans mon métier. Par exemple, un film qui se plante, un Anglais arrive à en rire.
Les entrées ont leur importance ?
Je vais vous citer un exemple. Cette année, j’ai produit le film de Nina et Denis Robert sur Cavanna. Ce n’était pas destiné à faire un carton. L’objectif est de compenser le manque qu’il y avait autour de ce personnage qui a été extrêmement important. D’abord pour Denis Robert et pour un certain nombre de personnes.
Certains producteurs sont focalisés sur le ciné-chiffre. Mais ce n’est pas mon seul critère.
Qu’avez-vous pensé du film Kill Your Friends, en compétition ?
Ce que j’ai apprécié, c’est la présentation du film par le producteur : “it was a time when ambition triumphed talent” (une période où l’ambition l’emportait sur le talent). C’est percutant ! Je ne suis pas sûr que cette période soit révolue.
Après on peut avoir de l’ambition et du talent, ce n’est pas antinomique. Mais ce film c’est vraiment le portait de gens qui ont de l’ambition et qui se foutent totalement du talent.
Est-ce que votre coeur a palpité sur un plateau de tournage ?
Il y a des séquences fortes, celles que vous avez vues se développer, qui sont parties de zéro, suivies par les choix de casting avec les auteurs. Et quand ça se joue sous vos yeux, il y a des fois, c’est assez scotchant ! Parce que l’on passe de la pensée, de l’écriture au matériau vivant. L’incarnation peut totalement vous surprendre.
Je me souviens de Sauf le respect que je vous dois, premier film de Fabienne Godet avec Marion Cotillard, Olivier Gourmet, Dominique Blanc. C’est la séquence qui se situe après le suicide du collègue d’Olivier Gourmet sur son lieu de travail. Ça se situe à la cantine, quelques jours après, où la vie a repris, mais pas pour le personnage d’Olivier Gourmet. Il y a des conversations assez banales et il se détache petit à petit jusqu’à ce qu’une rage s’empare de lui. Et là c’était sublime.
Benoit Poelvoorde dans Une place sur la Terre, était capable de faire évoluer des choses drôles sur le papier à hilarantes sur le plateau.
Kate Winslet sur Les Jardins du Roi, il y a une telle grâce quand vous la regardez. Ou encore Tilda Swinton dans Julia (Eric Zonca).
On est au spectacle ! On a la chance d’être dans une “loge privée”, parce que c’est vous qui produisez.
Avec Kate Winslet, nous avons visité Versailles accompagnés d’Alan Rickman, le réalisateur. Nous avions la Galerie des Glaces pour nous seuls, un lundi jour de fermeture.
Les derniers jours de tournage aussi sont intenses. Car on se crée des familles temporaires. C’est des CDD les amitiés en cinéma. Elles peuvent parfois passer en CDI, mais c’est rare.
Les réalisateurs que vous avez produits vous donnent des nouvelles ?
Je suis toujours en contact, par exemple, avec le réalisateur du film Amy, Asif Kapadia – film que je n’ai pas produit. J’ai produit ses 3 premiers films, j’étais présent à son mariage…
Il y a aussi d’autres réalisateurs avec qui je poursuis une collaboration : Fabienne Godet, Fabienne Berthaud, Lynne Ramsay (production de son court-métrage et premier long)…
Je ne suis pas fâché avec beaucoup de gens.
Natalie Dormer, membre du jury du festival de Dinard
La carrière de Natalie Dormer, membre du jury à vos côtés, vous impressionne ? Game of Thrones, c‘est une série qui a une espèce de vertu. Elle est un ovni total car c’est à la fois très brutal et très subtil. Un bon mix ! Hunger Games, ça a l’air d’être un pur divertissement. Mes gosses sont à font dessus, et ils rentrent dans ce monde en dehors du film, avec des codes de langage entre eux. Ça envahit leur vie. Ça touche un imaginaire collectif.
Natalie Dormer est très fine sur ses rôles : ses personnages ont un air brutal mais quand elle en parle, elle leur donne un tout autre sens.
C’est une parenthèse enchantée d’être juré ?
C’est la première fois ! Et je suis un habitué du festival car je suis une sorte de “franco-anglais”. C’est surréaliste que l’on vous demande des autographes sous prétexte que vous descendez d’une bagnole officielle.
C’est très agréable car c’est une occasion forcée de côtoyer des gens qui sont dans le même milieu que vous.
J’ai discuté d’un projet de film avec l’auteur Hanif Kureishi à qui Dinard rend hommage cette année.
Et puis, j’ai l’habitude de créer les meilleures conditions pour que les gens soient pris en charge et inviter. Et cette fois, c’est à mon tour.
Est-ce que des acteurs savent dire merci aux producteurs ? J’ai produit, il y a quelques années, Dans la Tourmente (de Christophe Ruggia), un film d’auteur mais on voulait faire un casting assez populaire. On a pensé à Mathilde Seigner qui a lu le scénario et qui était partante. J’ai fait le deal avec son agent, en lien avec l’économie du film, c’est à dire pas du tout à la dimension d’un film comme Camping.
J’ai déjeuné avec la comédienne un peu plus tard et je lui ai dit : “je voulais vous remercier d’avoir fait des efforts pour ce projet“.
Elle m’a dit deux choses : “ramené au prix de la baguette, c’est beaucoup d’argent !” et “c’est moi qui vous remercie parce qu’en général quand un auteur cite mon nom, le producteur fait la grimace”
Elle avait une humilité qui m’a surpris.
Avec Belle d’Hier, la Compagnie Non Nova, menée par Phia Ménard, tente de se libérer du mythe du prince charmant. Sur scène, telles les désillusions des petites filles face aux hommes injustement tout puissants, les robes de bal se transforment en serpillières. C’est beau, parfois violent, souvent dérangeant. Le but est atteint. On ne sort jamais indemne d’un spectacle de Phia Ménard.
N’allez toutefois pas croire que la circassienne d’origine nantaise ne pense qu’à monter sur les barricades. Alors qu’elle mettait en place son spectacle, joué à partir de ce soir, et jusqu’au 9 octobre, au Théâtre de la Ville, nous en avons profité pour déjeuner avec elle. Maquillage léger et manucure parfaite, Phia Ménard affiche un large sourire devant son tiramisu, prend le temps et parle d’une voix douce. Interview.
USofParis : Dans Belle d’hier, quelles sont vos revendications ? Phia Ménard : La pièce est un peu un manifeste à elle toute seule. Dès notre enfance, on nous dit que les petites filles doivent être sauvées par des princes et que grâce à eux, elles seront encore plus des princesses. Cette idée est fausse. On se sauve soi-même et certainement pas avec un homme. Pour casser cette idée du pouvoir hétéro patriarcal, j’ai demandé à 5 femmes de ranger l’humanité. C’est à dire que je veux remettre tout à zéro. Et comme l’humanité n’a pas commencé il y a 2 000 ans, j’ai décidé de remonter cette remise à plat à partir de la sédentarisation de l’être humain.
Votre spectacle est parfois violent, vos propos sont très engagés. Et l’amour dans tout ça ? On n’a jamais autant d’amour que par ses parents. Mais ça n’empêche pas de pouvoir rencontrer quelqu’un qu’on aime vraiment. Mais comment faire pour trouver l’amour dans des conditions où l’homme a le pouvoir juste parce qu’il est un homme ? Les premières victimes de la guerre, des violences sociales et des viols sont toujours les femmes. J’hypothèque alors toute notre société actuelle pour l’imaginer autrement.
Est-ce à dire qu’une femme est obligée d’être féministe ? Elle n’est pas obligée, une femme se DOIT d’être féministe. On demande aux femmes de s’émanciper, mais ce sont les hommes qui doivent s’émanciper totalement de leur façon de voir le monde. On ne remet jamais en question la société, on joue aux dupes et les hommes gardent tous les pouvoirs. Ils ont toutefois des comptes à rendre. J’attends de Dieu qu’il mette une raclée aux hommes pour ce qu’ils font. A ce moment-là, je commencerai peut-être à croire en lui.
Vous semblez toujours très sérieuse, n’avez-vous jamais envie d’aborder des sujets plus légers, plus futiles ? Je m’amuse, je ne suis pas dans un pays en guerre, je peux m’exprimer. On a tous une part de futilité. Je fais les boutiques, j’aime me faire masser, je ne suis pas en permanence sous tension ou revendicative. Seuls les fous furieux sont dans la revendication permanente et la stigmatisation par la peur. Je prends du plaisir dans et en dehors de mon travail. Il y a un business de la futilité, je ne souhaite pas en faire partie. Ça ne m’intéresse pas, je veux amener les gens à penser autrement sur la société. Mais je n’ai la prétention de changer le monde. Si l’art avait ce pouvoir, il l’aurait déjà fait depuis longtemps.
Qu’est-ce qui vous fait rire ? Surement pas l’idiotie ! Je n’ai pas la télévision, mais ce que je connais de la téléréalité ne me fait absolument pas rire. Je ris beaucoup avec ma compagne, dans l’intimité. Nous rigolons de l’absurdité et à refaire le monde. J’aime quand le rire n’est pas recherché, contrairement aux spectacles de one-man show comme on voit souvent. Les clowns me font rire par exemple, car ils ont une totale liberté. Ils me surprennent en permanence et me dérangent là où d’autres ne le font pas.
Avez-vous envie d’intégrer d’autres disciplines du cirque dans vos créations ? Dans le cirque, quand je crée, j’ai besoin de me poser la question sur ce qui est nécessaire dans l’espace dont je dispose. J’ai besoin que le spectateur s’identifie, et qu’il ne sublime pas le circassien. Le corps peut aller plus loin que ce qu’on imagine. On est alors impressionné par le jongleur. Ce sera en revanche difficile de s’identifier au trapéziste ou aux acrobates car c’est dangereux et très compliqué. Dans le jonglage, le rapport à la mort est inexistant.
Dans vos créations, vous utilisez des sons, des bruitages et très peu de musique. Pourquoi ? Je ne veux pas que le spectateur soit amené là où j’ai envie qu’il aille. J’ai envie de lui laisser toute la liberté pour réfléchir. Quand je travaille l’élément sonore de la pièce, j’imagine ce qu’on entend dans l’image que je crée. Je déteste qu’un artiste me fasse avoir l’émotion qu’il veut que j’aie. Sinon je crie à l’arnaque. On oriente le spectateur. Je pense qu’on peut créer des émotions par d’autres moyens. Bien sûr, je suis tentée, comme tout artiste, de prendre de la musique. Mais je me dis qu’il faut que je travaille autrement et finalement, j’ai l’impression d’en utiliser quand même.
Le public parisien, et plus généralement français, est-il différent de celui des autres pays ? Les spectateurs sont des spécialistes, où qu’ils soient. Notre société est culturelle. Partout dans le monde, nous avons un esprit critique et des références communes, ce qui fait que les spectateurs comprennent très bien ce que je fais.
Les Français, et plus particulièrement les parisiens, sont un public encore plus avertis. Les parisiens accordent une grande importance au théâtre dans lequel ils vont. Ici, on débat sur tout ce qu’on voit, tout le temps. Alors que dans certains pays, ce qu’on propose est vu avec plus de distance, on laisse passer ses émotions plus directement. En France, le théâtre est bourré de codes. Parfois, j’aimerais les transgresser.
Rendez-vous automnal parisien incontournable, la Nuit Blanche est prête à vous accueillir ce samedi. Le mot d’ordre de cette nuit vagabonde cru 2015 : “Atmosphère ? … Atmosphère !”, histoire de vous mettre dans le mood de la COP21.
Avec une trentaine d’oeuvres, spécialement conçues pour le In de cet évènement, 79 autres pour le Off sur 4 parcours dans Paris et les 30 Off autres hors parcours, chacun chacune a pleine liberté de choisir son chemin. Des mots en gouttes, vague lumineuse, immeuble en pleine fonte, acrobate dans les nuages, voici un avant-goût de ce qui vous attend.
C’est l’une des pièces maîtresses de cette Nuit Blanche 2015, réalisée dans le cadre du projet “Les oeuvres d’art investissent la rue” : Maison Fond de Leandro Erlich.
Les deux étages de cet immeuble, érigés sur le parvis de la Gare du Nord, semblent littéralement fondre comme neige au soleil. Les détails de la réalisation sont éclatants.
Une belle oeuvre qui va devenir pérenne. Malgré sa majesté ce n’est pas l’oeuvre prioritaire de cette nuit blanche.
A deux pas de là, sur le pont de la Rue de l’Aqueduc, Julius Popp fait pleuvoir des mots. Bit.Fall, sa fontaine poétique met en avant la notion d’éphémère, de fragilité. N’hésitez pas à plonger sous cette cascade…
Attention ! Attente à prévoir pour assister à la performance Nuagecréée par Stéphane Ricordel, fondateur des Arts Sauts.
Un nuage suspendu à 10m au-dessus des voies ferrées désaffectées de la Petite Ceinture, un acrobate et une ambiance sonore envoutante, c’est un cocktail de sensations qui vous est proposé durant 15 minutes. It’s a kind of magic!
Prémices à une déambulation le long des voies, ce moment de poésie va certainement attirer beaucoup de monde. SI jamais la file d’attente est trop longue pour vous, vous pourrez vous consoler en observant le show depuis les hauteurs.
Passez sous le nuage et continuez votre chemin dans les tréfonds du tunnel à la découverte de l’univers de Dominique Blais et de son installation Apparatus.
Au coeur de cette oeuvre sonore et lumineuse, votre déambulation vous rapprochera des pôles. Les sons que vous entendez ont été captés au niveau du cercle polaire arctique. L’artiste a cherché à rendre audible des fréquences sonores normalement inaudibles pour l’homme. Un moment unique dans un décor unique.
Arrivé au bout du tunnel, l’ancien chemin de fer se pare de formes inattendues. Dans un instant de poésie et de couleurs, les oeuvres évolutives de Michel Blazy s’accaparent les voutes du tunnel dans une interprétation moderne des peintures de la grotte Chauvet.
Pour clore cette initiation à la Nuit Blanche 2015, voici notre coup de coeur. Un coup de coeur en deux étapes, direction le Parc de Clichy-Batignolles Matin Luther King.
Tout d’abord avec Spider Projection V.2 de Friedrich van Schoor et Tarek Mawad. Arachnophobe s’abstenir ! Car vous serez confronté à une vidéo d’une mygale géante en action : une mise en oeuvre exceptionnelle d’un réalisme glaçant. Mais cette oeuvre n’est accessible qu’en traversant celle d’un autre artiste Daan Roosegaarde.
Immanquable ! il n’y a pas d’autre mot pour qualifier Waterlicht.
Cette immense vaque de laser bleu est réellement hypnotisante.
Daan Rossegaarde s’est inspiré du pouvoir onirique de l’eau pour créer cette vague géante qui englobe les spectateurs.
Même si elle flotte à 3 mètres de hauteur, cette vague capte le regard et nos sens. Il est vraiment difficile de s’en extraire.
Et c’est vraiment cela la magie de la Nuit Blanche : être capté par la proposition d’un artiste et ne plus pouvoir s’en départir.
Si jamais toutes ces oeuvres affichaient complet, retrouvez tout le programme de la nuit blanche en un clic: pour Paris, la grande couronne, la France et même l’international.
Notez le petit plus : des bars, restaurants et food truck se joignent à cet évènement pour que vous profitiez au mieux de tout ce que peut vous offrir cette nuit unique.
PHOTOS réalisées par la team #UsofParis avec l’Olympus E-M5 Mark II
“Le cinéma anglais a toujours été pour moi synonyme de peur et de rire ! ” Jean Rochefort
Plein soleil pour ce 2e jour de la 26e édition du Festival du Film Britannique de Dinard. Jean Rochefort président (pour la première fois de sa vie) du jury n’a pas manqué de partager ses pointes d’humour avec les festivaliers qui n’avaient d’yeux que pour lui.
15h00, le public est massé pour apercevoir les membres du jury et surtout leur président. Arrivé en taxi londonien noir accompagné d’une équipe de BFM TV, Jean Rochefort lance un affectueux : “bonjour mes enfants” avant d’avancer à pas de course pour ne pas manquer le début de la projection du film Kill Your Friends. Il s’arrête sur les marches de la salle Alizés pour saluer le public qui a applaudi son passage. Dans la salle, il ne manque pas quelques mots à destination du public : “vous savez à mon âge, je ne regarde plus que des courts-métrages.”
A la fin de la projection du dernier film de l’acteur culte révélé par la série Skins, Nicholas Hoult – incroyable dans ce rôle de chasseur de têtes de nouvelles stars musicales britanniques en pleine époque Britpop (Oasis, Spice Girls…) – Rochefort lance, en guise de boutade, à son voisin Bernard Le Coq qu’il a eu “3 érections” pendant le film. “Tu as bien de la chance ! ” lui répond son vieux complice. Rappelons au passage que Nicholas Hoult, absent de cette édition, a participé au Festival de Dinard quand il n’était âgé que de 12 ans. On dit qu’il aurait poussé la chansonnette… Preuve d’un talent précoce pour le jeu.
18h45 Tapis Rouge devant le Casino Barrière pour l’ouverture officielle du festival. Cette fois, c’est Rochefort le charmeur qui apparait aux côtés des ravissantes membres féminines du jury : Alexandra Lamy, Mélanie Doutey, Natalie Dormer, Emma de Caunes. On ne peut pas faire plus glamour en dehors du Festival de Cannes.
La star des séries Game of Throneset The Tudors, Natalie Dormer était très attendue aussi par les festivaliers venus en nombre pour assister au red carpet.
Absent du tapis rouge, Hanif Kureishi,le célèbre écrivain et scénariste anglais, partage, une fois sur scène, sa surprise d’être “un Anglais dans une ville française parée de drapeaux britanniques“. Il définit son rôle de scénariste comme s’il était dans le bolide jaune du film Taxi Driver. Il n’est pas le chauffeur du taxi, il est assis à l’arrière, à l’abri des regards, à une place où il peut donner l’impulsion à la route.
Vient le tour du Rochefort animateur : “je suis président pour la première fois de ma vie, c’est normal que j’emmerde tout le monde !”
Il dit aussi son attachement à ce cinéma : “c’est très excitant de s’approcher des Anglais, parce que je trouve que l’on ne voit pas assez de films anglais en France.”
Tel un Julien Lepers, armé de ses fiches (et sans lunettes), il présentera les membres de son jury. Lançant une boutade totalement improvisée à Alexandra Lamy sur son ex-mari, rappelant le télégramme qu’il avait envoyé pour le mariage de son ami Bernard Le Coq : “Bernard t’es con, je t’aimais !”
La soirée se poursuivra avec la projection du dernier film de Pascal Chaumeil : Up & Down. Le réalisateur disparu cet été a été représenté par sa famille : sa femme, sa fille et son fils. La lecture d’un message d’un des acteurs du film, Pierce Brosnan, a touché le public. Les courts extraits d’interview des collaborateurs du film à la suite du générique nous ont renseignés sur l’homme de cinéma qu’était le réalisateur de L’Arnacoeur, généreux, à l’écoute de ses acteurs et fin connaisseur de l’humour british.
Up & Down (A long way down)
Up & Down conte la rencontre improbable de 4 individus sur le toit-terrasse d’un immeuble londonien. Ces personnages qui ne se connaissent pas les uns les autres sont réunis exceptionnellement pour mettre fin à leurs jours. Le casting impressionnant – Pierce Brosnan, Toni Collette, Aaron Paul (Breaking Bad), Sam Neill – porte une histoire aussi tendre, barrée que joyeuse.
L’improbable rencontre unit ces hommes et ces femmes pour une envolée gracieuse.
Autre découverte de la journée, en amuse-bouche, le court-métrage Love is Blindde Dan Hodgson. Ça commence plutôt mal : encore une histoire d’adultère ! Mais cette fois, la situation est 100% originale. Une pépite d’un peu plus de 6 minutes à dénicher où vous le pourrez.
Le Festival de Dinard n’est pas fini !
Encore un max de séances jusqu’à dimanche.
Pour la deuxième année, la Tour Eiffel a revêtu sa plus belle parure de lumière pour célébrer l’édition 2015 du grand rendez-vous : Octobre Rose, organisé par l’associationLe Cancer du Sein, Parlons-en. Ce lundi soir, au Palais Chaillot, les invités se sont réunis autour des marraines de l’événement pour lancement de la campagne d’information pour le dépistage du cancer du sein et des manifestations qui auront lieu ce mois d’octobre.
Cette soirée est aussi l’occasion de remettre des prix aux chercheurs qui oeuvrent pour améliorer les traitements ou les diagnostics ainsi qu’à des photographes qui, par leur travail, aident les femmes, en soin ou post-traitement, à accepter les traces laissées par leur maladie.
Autour de Sophie Davant, ambassadrice de la soirée, et de la Maire de Paris Anne Hidalgo, des stars du cinéma, de la télé et de la danse : Frédéric Bel, Mathilda May, Cristina Cordula, Marielle Fournier,Blanca Li, marraines de la soirée. Ces femmes célèbres ont participé à la mise en lumière de la Tour Eiffel, marquant le lancement officiel de ce mois de prévention et mobilisation.
Sophie DavantFrédérique BelCristina CordulaAxelle Laffont
Parmi les VIP de cette soirée, nous avons croisé Axelle Laffont, Yelle qui sortait tout juste du plateau du Petit Journal (après une prestation remarquée), la DJ Inès Melia, la créatrice Chantal Thomass, la comédienne Audrey Dana (au naturel) un gymnaste, Jim Zona, et un des Dieux du Stade2016 qui a buzzé et a émoustillé Roselyne Bachelot : le boxeur Sylvain Potard !
Mathilda MayLa DJ Inès Melia et YelleBlanca Li
Quelques minutes auparavant, l’association honorait les chercheurs qui combattent le cancer du sein en remettant trois prix :
–Grand Prix #RubanRose : Docteur Gilles Pagès, Institut de Recherche sur le cancer & le vieillissement Centre Antoine Lacassagne, Nice
– Prix #Rubanrose Avenir : Docteur Laure Dossus, CIRC, Lyon et INSERM U1018 Equipe 9 – Gustave Roussy de Villejuif
– Prix #RubanRose Qualité de Vie : Francine Pfeil-Thiriet – Cadre de santé en médecine oncologique Centre Paul-Strauss à Strasbourg
Pour la photographie, les prix #PinkRibbon, sous le parrainage de la marque Estée Lauder étaient ouvert tous : professionnels et amateurs. Parmi les 40 photos finalistes, le jury a choisi de distinguer les lauréats suivants : Grand Prix Pink Ribbon : Henri Guittet (Paris, 75)
photo by Henri Guittet
« Cela faisait 24h que mes cheveux commençaient à tomber. Alors je me suis fait raser la tête. J’ai voulu prendre les devants, être actrice dans ce combat contre la maladie. Pour moi, pour ma fille de 1 mois, pour mon mari, ma famille, pour ma vie. Mon combat a vraiment commencé le jour où cette photo a été prise. Ce combat et cette victoire contre la maladie m’ont rendue plus forte aujourd’hui. Ce combat, mon combat, ma force.» Charlotte
– Prix Accessit Pink Ribbon : Camille Ropert (Lille, 59) et Juliette Cocq (Lambersart, 59).
photo by Juliette Cocqphoto by Camille Ropert
Prix du Public RTL #Pink Ribbon :Vanessa Moselle (Colmar, 68)
photo by Vanessa Moselle
“Cette terre que j’imaginais d’une grande horizontalité, d’une grande neutralité n’était-elle qu’illusion ? Elle est le fruit de mon vécu et je sais que la victoire est au bout car je m’accrocherai à la vie, je retiendrai cette terre entre mes mains et je vaincrai.”
Comme 300 femmes y étaient conviées en fin d’après-midi devant le parvis du Trocadéro, nos marraines ont figé leurs empreintes de main dans le béton en signe de force et d’espoir.
Pour faire vivre Octobre Rose et soutenir l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en, diffusez l’information et rendez-vous dans les diverses manifestations organisées cette semaine :
Mardi 29 septembre : Place de la Bastille De 15h à 17h : Table ronde Le dépistage en questions
De 14h-15h30 : Caroline Cotinaud dédicacera son livre : Un cancer, et alors – Ou comment garder (quand même) son moral, son énergie et son sourire.
Mercredi 30 septembre : Place de la Bastille De 15h à 17h : Table ronde Peut-on parler de prévention dans le cadre des cancers du sein ?
De 16h30 à 18h : dédicace en avant-première du livre Le Cancer, le médecin et la funambule – Un témoignage à deux voix par e Dr Alain Toledano et Alice Mendes-Lucas
Et chaque jour sur place à partir de 12h : diffusion des films Guérir le Regard documentaire de 59 mn autour de la reconstruction après mastectomie ; La lionne et l’autruche, court-métrage de fiction de 9 mn réalisé par Isabelle Sebagh ; de spots en faveur du dépistage du cancer du sein avec les animatrices de la chaîne Téva.