Archives par mot-clé : concert

Mariah Carey célèbre Noël à l’AccorHotels Arena Paris le 7 décembre

Si on vous dit “Noël”, vous pensez certainement aux guirlandes, au sapin, aux lumières, aux cadeaux, au Père Noël, au chocolat…
Et si on vous dit “chanson de Noël” ? Il y a forcément une chanson qui vous vient tout de suite en tête !
Une chanson qui dès les premières notes, vous fait pétiller les yeux et vous transporte instantanément dans l’esprit des fêtes. C’est bien sûr le tube de Mariah Carey : All I Want For Christmas.

All I Want For Christmas est le single des fêtes le plus vendu chaque année et on comprend pourquoi ! Mariah a écrit et produit un véritable tube, indémodable, intemporel, qui nous emporte directement dans l’esprit festif de cette période magique.

En véritable ambassadrice de Noël, la diva Mariah Carey propose de célébrer Noël en avance à l’AccorHotels Arena de Paris avec son show All I Want For Christmas Tour, le vendredi 7 décembre 2018.

Mariah propose avec ce spectacle de célébrer Noël en avance avec les chansons qu’elle aime tant tout en chantant également ses plus grands classiques.

Mariah CareyPour l’occasion l’Accorhotels Arena prendra des airs de fêtes avec des sapins, des guirlandes, le Père Noël… Vous trouverez aussi un photocall qui vous permettra de prendre de jolies photos. Et pourquoi pas déguster un bon verre de vin chaud tout en écoutant Mariah Carey chanter.

Une soirée magique en perspective

A noter que les stands de restauration de la salle proposeront un menu spécial Noël.
En attendant vendredi, on va écouter en boucle l’album Merry Christmas de Mariah Carey pour se mettre dans l’ambiance et se chauffer la voix.

Mariah Carey
en concert le vendredi 7 décembre
à l’AccorHotels Arena de Paris
(Live Nation)

Des places sont encore disponibles, prenez vite les vôtres ici!

Image de prévisualisation YouTube
Share

Bastian Baker en interview : on a parlé nouvel album, Nashville & tournée mondiale

Bastian Baker a fait une halte à Paris pour la promo de son 4e album. En pleine tournée mondiale en première partie de Shania Twain, le chanteur suisse assure aussi bien en sourires qu’anecdotes autour de ses nouveaux titres dont certains ont été conçus à Nashville avec un célèbre producteur américain.
L’ancien hockeyeur n’a pas fini de surprendre.
Il sera en concert le 18 mars 2019 à la Maroquinerie. 

INTERVIEW 

Bastian Baker

USP : Où a été écrite Stay ? Quelle est l’histoire de cette chanson ?

Bastian Baker : Stay, c’est une chanson qui m’a pris le plus de temps à écrire de ma vie. Elle m’a pris trois ans.

Quand même !

Parce que ce n’était pas Stay quand j’ai commencé à l’écrire.
J’étais dans les rues de Melbourne. J’écris souvent des mélodies en me baladant, en marchant. J’ai des mélodies qui me viennent en tête et je les enregistre sur dictaphone. J’avais commencé avec “nana ni na na nana…“. Et j’ai un bout de texte qui a germé et il resté dans mon téléphone. Puis j’ai terminé la chanson l’année dernière à New York avec Vlad Holiday.

Je suis arrivé chez lui en studio le matin et lui ai dit : « j’ai ce truc que j’ai fait il y a trois ans à Melbourne ». Je lui ai chanté et il a trouvé que c’était vraiment cool. Du coup, on a commencé à bosser sur ça. Dans le couplet, ça parlait justement de ce côté de la balade dans la ville avec les lumières, un côté un peu vide que tu peux ressentir dans certaines villes.

C’est une chanson qui a voyagé de Melbourne à New York ! 

Du coup, on a on s’est inspiré de ma soirée que je venais de passer à New York. Et un peu de ce côté très éphémère de la vie de tournée, du fait que parfois t’aimerais bien rester un peu plus longtemps.
C’est comme ça que Stay est née.

Au fur et à mesure qu’on l’écrivait, j’enregistrais. Ça se passait super bien, je faisais une prise et puis on doublait. Finalement quand on est retourné en studio quelques mois plus tard pour essayer une version plus pro, ça ne sonnait pas mieux. Du coup, on a gardé les premières prises parce qu’il y a un côté assez nonchalant que j’ai rarement. C’est ça qui la rend un peu différente.

Image de prévisualisation YouTube

Tu rentres de tournée avec Shania Twain. Que retiens-tu de ces dates aux States ?

Il n’y a pas forcément de leçon à retenir parce que je n’ai pas l’impression d’avoir découvert quelque chose de forcément nouveau. J’ai quand même beaucoup tourné. Mais c’est vrai que là c’est d’autres dimensions. C’est une centaine de personnes sur la tournée. C’est dans le top 5 des plus grandes tournées de l’année avec Timberlake, Taylor Swift, Beyoncé, Jay-Z et Def Leppard. Et pour Shania Twain, c’est pour une tournée come back. Tu te rends compte de la légende que c’est. Je pense que ce que j’ai le plus appris avec elle c’est vraiment la relation aux fans. Elle prend le temps de faire monter des gens sur scène, de discuter même, malgré le fait que c’est une grosse production. Parce que pour des plus petits concerts c’est assez commun d’avoir des gens sur scène.

Surtout que c’est hyper millimétré les shows américains !

Super millimétré ! C’est vraiment à la seconde. Mais elle arrive à rendre ça quand même spontané. Je pense que c’est un objectif quand tu fais une tournée pareille : arriver à avoir ce côté millimétré mais en même temps le facteur humain qui reste hyper présent.

Et donc tu vas intégrer ça dans ta tournée ?

Oui ! Il y a beaucoup de choses que Shania Twain fait sur sa tournée dont je vais m’inspirer quand même.
Mais dans chaque concert que je vais voir, je suis le mec dans le public qui est plutôt les bras croisés en train de regarder ce qu’il se passe. J’ai découvert plein de trucs. Et parfois des trucs super simples. Je me souviens avoir vu Green Day au Montreux Jazz Festival. Les mecs faisaient des sauts… ils décollaient !
Mais ce n’est pas possible qu’ils sautent aussi haut. En fait, derrière leurs retours, ils cachaient des petits mini-trampolines. Ils sautaient dessus.
Du coup, ça donne une élévation. J’ai fait ça sur toutes mes tournées. Et chaque fois que des gens voient des photos de moi en train de sauter, ils disent “Mais c’est un truc de fou ! Il faut que tu fasses l’athlétisme !

Qu’est-ce qu’il reste du hockeyeur en toi ? Que retiens-tu de ta pratique hockey pour ta carrière musicale ?

Bastian Baker : Bien sûr ! Je pense que c’est même une partie hyper importante. Il me reste la discipline et la motivation et aussi l’esprit de camaraderie. Ce côté très bon gars que le hockey a finalement. Et puis une notion de travail que tous les artistes n’ont pas forcément.
Se dire : “On sait ce qu’il faut pour arriver à tel ou tel succès et on va le faire“. J’ai encore des contacts avec pas mal de monde dans ce milieu, plein de potes qui jouent. Du coup, je vais vraiment voir les matchs avec plaisir.
C’était assez spécial pendant la tournée avec Shania parce que l’on jouait dans quasiment toutes les arénas de hockey et c’était assez génial pour moi. C’était un peu comme le parfait équilibre. 😉

Bastian Baker

Les critiques peuvent te blesser ?

Non absolument pas. Je pense que c’est probablement une de mes forces. Et même si quelqu’un de proche qui critique, ça ne me touchera pas forcément. Moi j’aime plutôt ce qui construit plutôt que ce qui détruit. Mais si c’est constructif, pourquoi pas… Après j’ai eu beaucoup de chance aussi, je pense que dans ma vie, j’ai lu trois commentaires négatifs sur Instagram. Je n’ai pas de haters, de fous furieux dont le but est de détruire ma vie. J’ai la chance de ne pas avoir tous ces côtés un peu négatifs que la musique véhicule parfois.

Pourquoi avoir sollicité Jacquire King pour cet album ? Qu’espéraitu qu’il t’apporte ?

Jacquire King estune légende. C’est un producteur vraiment reconnu. Il bosse avec des artistes que j’adore, j’admire et j’apprécie : King of Leon, James Bay, Of Monsters and Men. Il a bosé sur le prochain Shawn Mendes et aussi avec James Bay. Son album, surtout la section rythmique qu’il a mis en place, est un truc qui m’a beaucoup touché. D’ailleurs, c’est le même batteur que pour James Bay qui joue sur les trois titres que j’ai produit avec Jacquire King.
C’est aussi par Shania Twain que je l’ai rencontré. Après j’y avais été un peu au culot.

Comment ?

On a eu un rendez-vous un matin, j’ai pris ma guitare, je lui ai joué des titres et je lui ai dit “Je veux bosser avec toi !” Au début, on devait faire un titre. Finalement, il a vraiment bien aimé la vibe. On en a fait trois. Et puis, ça reste une expérience assez spéciale, assez unique.
Il y a beaucoup d’idées, de créativité, une manière de bosser vraiment très précises, bien à lui. Et donc c’était aussi la première fois que je me mettais un peu en recul. Parce que d’habitude, c’est moi qui produis.
Et ce qui totalement inhabituel pour moi : c’est de passer dix jours en studio pour enregistrer trois titres. En général, je passe dix jours en studio pour en enregistrer douze !

Quels titres avez-vous faits ensemble ?

Love on Fire, Down et Time. Je lui avais envoyé une sélection d’une soixantaine de chansons, et c’est les trois titres qu’il a sélectionnés. Ceux sur lesquels il a senti qu’il voulait bosser en fait.

Est-ce que Nashville a des vibes différentes d’une autre ville pour faire de la musique ? Ou c’est juste un décor avec des fantômes illustres ?

La vibe est un peu régie par la population. Il n’y a que des songwriters,des producteurs donc une sorte de centre de créativité absolument fou. Ici, n’importe quel mec avec qui tu vas bosser te dira qu’il a bossé sur Pink, Lady Gaga ou un truc de country qui marche.
C’est vrai qu’il y a vraiment un réservoir de talents assez fou qui te donne la possibilité, au quotidien, d’écrire des belles choses.
A Nashville, chaque jour, j’avais différentes cessions d’écriture. C’est génial parce que tu commences, tu ne sais pas où tu vas, tu trouves que c’est cool et finalement tu te perds. Tu arrives à la fin, tu as écrit une chanson et tu trouves que c’est la meilleure chanson que tu aies écrite de ta vie. T’es obligé sinon, ça ne sert à rien de l’écrire.
Tu peux le faire tous les jours si tu veux. Et c’est cette offre qui fait de Nashville la capitale de la musique.

Sinon, niveau personnel aussi, j’ai un de mes meilleurs potes qui joue au hockey dans cette ville : Roman Josi, un suisse. Il est le capitaine de l’équipe de Nashville. Du coup, mes journées se résument en : j’écris des chansons la journée, ensuite je vais voir un match de hockey. Je vais bouffer dans un bon restaurant et je vais boire des coups jusqu’à 3h du mat’. Et je recommence le lendemain. Donc c’est assez idéal. Mais faut pas rester trop longtemps. 😉

Quelle est la chanson la plus ambitieuse de l’album, celle qui a demandé le plus de travail, le plus d’arrangements ?

Down est clairement une chanson qui a nécessité beaucoup d’arrangements, où on s’est posé beaucoup de questions.
Un jour en studio, il y avait vraiment de gros doutes.
Finalement Down est la chanson préférée de chaque musicien à qui je fais écouter l’album. Dans les arrangements, dans la dynamique, il y a un truc qui séduit. 

Image de prévisualisation YouTube

Quel est l’endroit le plus surprenant où a pu être composé ou écrite une chanson ? 

Bastian Baker : Un lieu qui sort de l’ordinaire, c’est pour la chanson Six. J’étais à l’aéroport de Miami, dans la salle d’attente. Et le vol a été décalé d’une demi-heure parce qu’un des pneus avait crevé. Et c’est dans cette demi-heure là que j’ai écrit le texte. C’était un rush. J’ai écrit Day one, day two, day three. Il y avait un côté très méthodique et d’angoisse. Si l’avion n’avait pas eu de problème, il n’y aurait pas eu de chanson ! 🙂

J’ai bien aimé aussi So Low. Quelle est son histoire ?

A la base de cette chanson, il y a la relation que j’ai eue il y a quelque temps avec une actrice qui était passablement plus âgée que moi. Et un peu mon opposé. C’est à dire que j’aime bien boire un coup, elle ne buvait pas. Je suis très actif, nature… elle aimait plutôt rester à la maison pour lire un livre. On était vraiment super différents. Mais il y avait quand même cette attirance du côté extrême de l’un et de l’autre. Et c’est comme ça que j’ai commencé à écrire les couplets : “I fell in love with you, stil don’t know why. We’re total opposite…” C’était basé sur de nombreuses parties de cette courte relation que j’ai eue. Ça n’a quand même pas marché à la fin. 😉

Est-ce que tu vas lui envoyer le titre ?

A chaque fois que j’ai écrit des chansons grâce à des relations, j’ai envoyé la chanson à la personne.

Et son retour ?

Ca fait six mois qu’on ne parle plus. 🙂
En l’occurrence, elle l’aime beaucoup mais elle a une autre chanson préférée : Light & easy. Elle adore cette chanson !

Interview by Alexandre 
Photos by Emmanuel 

Bastian Baker

Bastian Baker
nouvel album éponyme
(Roy Music / Phonag Records

Concert le 18 mars 2019 à La Maroquinerie, Paris 

site officiel : bastianbaker.com

 

#CONCOURS 

Des albums dédicacés de Bastian Baker sont à gagner ici !!

Pour jouer, il suffit de remplir le questionnaire en ligne.
Fingers crossed!

Concours Bastian Baker
Sending
Share

Le groupe Minuit sort Vertigo : la chaleur en plein automne

Ce mercredi, on se presse pour découvrir Vertigo, le premier album du groupe MINUIT, qui joue à domicile au Bus Palladium.
En 2015, on avait pris une claque avec son EP, à grands coups de Flash. Aujourd’hui, on s’attend donc à tout mais surtout au meilleur de la part des dignes héritiers des Rita (on tentera d’arrêter là toute comparaison).

Minuit Minuit

Les membres de Minuit affichent directement ses objectifs : nous enivrer avec leur cocktail éponyme, nous divertir grâce à un personnage haut en couleur et surtout nous faire danser. On est en pleine semaine, on n’était pas prêt pour autant de folie.

Et voilà que la bande apparaît sur scène, portée par Simone Ringer et son allure toujours très seventies parisienne entourée de ses boys : Raoul Chichin, Joseph Delmas, Klem Aubert. 

Minuit

La chaleur monte rapidement alors que défilent les titres de ce Vertigo : c’est du funk, c’est du rock, c’est de l’électro, c’est du chant… On se laisse complètement happer par les riffs de guitare et le déhanché de Simone. La chaleur monte et on est à bloc sur le titre Paris Tropicale. On tombe en amour sur Le Goût du Sel, on fuit avec Exil, bref on adore Vertigo !

Le live termine en fureur avec deux reprises aussi inattendues que savoureuses : DR. Beat des Miami Sound Machine et You Should Be Dancing des Bee Gees. Clap de fin.

Il est bientôt minuit et on n’a qu’une envie, faire la fête jusqu’au bout de la nuit.

On réaffirme notre amour pour Minuit, Simone, Raoul, Joseph et Klem. Si vous ne les connaissez pas encore, vous avez 12 titres pour le faire et 0 excuse !

report by Sarah
Photos by Joan

Minuit

MINUIT
1er album Vertigo

(Because)

en concert le 20 novembre à La Cigale, Paris

et en tournée en France : Rennes, Nancy, Toulouse, Lyon… 

Share

Pitchfork Paris 2018 : CHVRCHES, Blood Orange, Bagarre lives effrénés

Pitchfork Music Festival Paris 2018 !
Vendredi incroyable à la Grande Halle de la Villette avec 10 lives, 10 univers musicaux bien distincts, autant que de styles vestimentaires aussi bien côté artistes que côté festivaliers. Ça parle pas mal anglais dans le public du Pitchfork, c’est génialement dépaysant ! 

Belles têtes d’affiche pour ce Pitchfork Paris 2018 avec Bagarre, CHVRCHES et Dev Hynes alias Blood Orange !
Et des révélations qui assurent : Dream Wife, Car Seat Headrest, Lewis OfMan, Boy Pablo…

Pitchfork Paris

Pitchfork Paris

Bagarre : on jouit ensemble ! 

Jouissance est le mot juste. Ce groupe métissé est d’une incroyable fougue. Le pouvoir hypnotique de sa musique fait soulever les pieds du sol.
Le gouffre est aussi génial en live qu’en solo sous sa douche.
Bagarre c’est un peu Arcade Fire en jogging. Les membres du groupe comme les canadiens changent d’instrument, se succèdent en leader vocal. Chacun a son voix et son charisme sans déstabiliser l’équilibre du set.
Fin de concert en mode « j’encule ton père » ta mère » est has been), une guitare démembrée et une batterie démontée.

Pitchfork Paris

CHVRCHES : tout pour Lauren 

Le charme de Lauren Mayberry est imparable. A tel point que j’ai oublié involontairement de shooter les autres membres du groupe CHVRCHES. Honteux ! 😉
Je me suis laissé emporter, charmer par son jeu de scène, sa voix impossible à imiter.
Les garçons et les filles autour de moi qui connaissent les chansons préfèrent chanter en play-back tant le timbre de Lauren est particulier.
Les nouveaux titres Graffiti, Miracle sont aussi efficaces que les airs connus.
On peut juste regretter que les versions live soient des copier-coller des versions album. J’aurais aimé être surpris.

Pitchfork Paris

Blood Orange : il faut le voir pour comprendre 

Dev Hynes alias Blood Orange est un artiste assez fascinant à observer. Il est capable de prendre la guitare pour 2 accords et de la reposer, se mettre au piano à queue pour terminer une chanson.
Et sa balader avec 2 bandanas à la main alors qu’il en a déjà un noué sur la tête. Il a joué avec tout le long du concert. Je pensais innocemment qu’il les jetterait à ses fans dès le premier titre.
Musicalement c’est étrange aussi. Il n’est pas évident d’adhérer quand on ne l’a jamais entendu avant. Il y a une sorte d’abstraction étrange. Difficile de repérer dans les premiers titres du set des refrains accrocheurs que l’on pourrait répéter en chœur. Il n’en reste que son live est à voir.

Dernière source de fascination : son compte Instagram. 25 publications et déjà 309 K followers. Total respect !

Juste avant Pitchfork Paris 2018 a accueilli des révélations à gogo, petit tour des sons du moment : 

Pitchfork Paris

Boy Pablo : la fraicheur adolescente 

Ça rappelle une amourette de vacances en mode ado. On n’est pas très beau mais joyeux comme des petits génies pensant qu’on est les seuls à vivre et à faire ce que l’on fait. Bien sûr il y en a plein d’autres qui font pareil.
Boy Pablo ne réinvente pas la pop acidulé mais il n’en est pas moins attachant.

Pitchfork Paris 2018

Tirzah, la discrète 

Long sweat, bas de survet’. Comme une impression que Tirzah aurait pu sauter du lit et filer direct sur scène. Son entrain et son charisme ne sont pas ses qualités premières. Sa voix captive fort heureusement au-delà de toute nonchalance.
Le titre All I want is you est trippant, This is your devotion emporte dans une rythmique lancinante. Hâte de la voir prendre de l’assurance.

Pitchfork Paris 2018

Pitchfork Paris

Dream Wife : les audacieuses de Brighton 

Un trio d’adorables bad girls venu de Brighton qui envoie un rock pulsé à donf.
Dream Wife, c’est énergique. Le bas résille sous le shorty de sport génialement décalé.
Ces filles savent laisser un souvenir impérissable de leur live, la preuve avec ce concert court mais intense au Pitchfork Paris 2018 qui se termine par un“Big fuck to gender norms!”

Lewis OfMan : il a tout d’un grand 

Il ne faut pas se tromper. Lewis OfMan est bien français malgré ce nom de scène très anglo-saxon. T-shirt blanc, bas de survet’ rouge, le DJ juvénile se la joue à la cool pour un set guilleret, romantique et love love à souhait.
Y’a un peu de guimauve dans l’electro, du Cerrone version meilleur poto, voire David Guetta qui aurait la petite vingtaine galvanisant les foules. Les fans connaissent les paroles par cœur de Je pense à toi et Plein de bisous.
Et là franchement, ça m’arrive très rarement, mais je me suis senti vieux.

PItchfork Paris 2018Pitchfork Paris 2018

Car Seat Headrest 

Un côté Beck dans la voix de Will Toledo et de The Horrors aussi avec moins de style. Le bas de pantalon tout mou idéal pour une séance de yoga, c’est moyennement classe.
On lui préfèrera le charisme plus avenant du guitariste aux cheveux blonds bouclés ou d’Andrew Katz le batteur avec son serre-tête éponge de tennisman.
Le rock des Américains de Car Seat Headrest emportent la mise, surprend et donne envie d’en écouter plus.Pitchfork Paris 2018Pitchfork Paris 2018

Chromeo

Nos « cousins du Canada » assurent le show à deux avec force de faisceaux lumineux, d’electro-clubbing et de bidouillages vocaux. Les jambes qui portent leur platine sont sexy et lumineuses. Dave 1 est le bogosse de ces dames, gendre idéal, ligne parfaite. Alors que Pee Thugg est l’ourson déconneur qui fait des tresses à sa barbe et qui est capable d’émoustiller les amoureux.ses de torse poilu.

Pitchfork Paris 2018 n’est pas fini! 
Ce samedi, un plateau de 11 lives t’attend pour réussir ton week-end. 

Site officiel : pitchforkmusicfestival.fr

Share

RADIO ELVIS en interview : on a parlé Ces garçons-là, tournée, New York…

Aussitôt terminé sa première tournée, Radio Elvis est reparti à l’écriture, renforcé par l’énergie du live et des plus de 250 concerts.
Le nouvel album Ces garçons-là est un écrin magnifique réunissant 11 titres virtuoses.
L’ensemble est porté par la poésie de Pierre Guénard et les compositions avec ses deux compagnons de route Manu Ralambo et Colin Russeil.
J’ai déjà le coeur accroché à New York, Prières perdues et La Sueurs et le sang

Interview Radio Elvis 

Radio Elvis
selfie exclu pour UsofParis

UsofParis : Que retenez-vous de la première tournée de Radio Elvis ?

Pierre Guénard : En 250 dates, on a appris à se connaître ! Colin, le batteur, et moi, on se connaissait déjà. On a fait le premier EP ensemble. Manu est arrivé sur la fin de l’enregistrement.
Dans un bus 9 places, ça crée des liens (ça peut aussi les défaire). D’ailleurs, ça a fait les deux. 😉
Au début, on n’avait pas les mêmes références, on s’est fait écouter des choses.
Et pour le deuxième album, on s’est rendu compte que l’on avait les mêmes envies, le même vocabulaire pour parler musique. C’est important d’avoir les mêmes mots pour parler d’un son.
C’est quand même très abstrait.
C’était ma première expérience de tournée, je découvrais tout. J’ai appris mon métier.

Vous avez fait de belles scènes ! 

Manu Ralambo : Le plus bel exemple : on jouait dans un joli théâtre de verdure au bord de la mer et le lendemain on se retrouvait dans une église à l’autre bout de la France.
Après la grande scène des Francos, on jouait quelques jours plus tard dans un champ, sur des tapis.
Pierre : On a fait une tournée de villages où on montait la scène tous les jours !
Ça nous appris à gérer notre stress et surtout à savoir ce qui était important sur scène. On a eu toutes les galères possibles en concert. Et en fait, on s’en sort toujours ! 🙂
Faire un mauvais concert, ce n’est pas possible ! Notre métier,  c’est de savoir gérer les imprévus.
Manu : On trépigne là. On a envie de retrouver la route.

Un groupe, c’est un peu un couple. Quel type de couple êtes-vous ? 

Pierre : On est un couple apaisé. Il y a eu des moments de tension même pendant la tournée. Il y a eu tout un automne compliqué entre nous. On galérait dans nos vies et aussi sur scène et on avait beaucoup de pression, avant la Cigale.
Nous avions 40 dates en trois mois. Et après la Cigale, ça nous a libérés. En fait, on est un couple organisé. Dans la gestion du groupe, chacun a vite trouvé sa place. Je m’occupe du RP, des médias, de l’image. Colin et Manu, plus de la partie technique. En plus, on trouve maintenant chacun notre place artistiquement, ce qui n’est pas forcément évident.

Image de prévisualisation YouTube

J’ai eu l’impression d’une énergie live en écoutant certains titres.

Pierre : L’album dégage plus de live car nous avons appris à jouer ensemble. On s’est plus lâché sur ce disque. On joue mieux depuis le premier, on a de meilleurs instruments et ça compte. Et on a enregistré sur bande. Au final, on a plus confiance en nous.

Prières perdues est un titre très fort !

Manu : Pour ce titre et La sueur et le sang, on s’est dit faut qu’on les fasse de A à Z sans rien couper. Jouer live.
Pierre : C’est une prise totale. On a fait venir un pianiste exprès en studio, Nicolas Subrechicot (le pianiste de Lou Doillon). Il a enregistré aussi New York, plusieurs titres. On voulait jouer en live. Donc on devait être quatre.

Pierre : Quelques titres de l’album n’ont pas été écrits en tournée, mais les premières phrases ont été écrites pendant, comme 23 minutes.
J’ai repris des vieux carnets.
J’ai commencé à écrire en octobre 2017 et on a commencé à enregistré en mars 2018, en 10 jours. On a tout composé en 6 mois. Il fallait vraiment qu’on s’arrête. Et que l’on joue pour nous.
Il y avait une urgence à dire les choses, sans trop réfléchir, se laisser aller dans la spontanéité et dans la confiance.
C’est très laborieux l’écriture des textes pour moi. Je réécris beaucoup. J’ai parfois un carnet entier pour une seule chanson.

Quelle est l’origine de Prières perdues et Fini fini fini ?

Pierre : Ce sont deux textes qui sont apparus en même temps, le 13 novembre 2015, le jour des attentats et le jour d’enterrement de mon grand-père. Sur la route pour rejoindre le groupe après l’enterrement pour un concert, j’ai écrit Fini fini fini. Et le soir, on dînait ensemble et on apprenait les nouvelles. J’ai commencé à écrire Prières perdues dans la chambre.
C’était aussi l’anniversaire de ma soeur. C’était très éclaté émotionnellement.
Et la vie en France a vraiment changé à partir de ce jour-là.

Le titre New York a-t-il été écrit sur place ?

Pierre : La grille d’accord s’est faite en tournée. On écoutait pas mal Kevin Morby. Cette grille d’accord m’évoquait ce musicien.
On faisait une session de défrichage dans les Landes, au Manoir de Léon, en studio. C’est le premier titre que l’on a commencé à travailler avec Fini Fini Fini.
On était hyper enthousiastes. Mais j’ai mis un an à trouver les paroles.
Ça nous évoquait tous New York parce qu’il y avait ce piano à la Mickael Nyman.
Une atmosphère un peu briques, des films de Spike Jonze, Arcade Fire, MGMT.
L’ambition pour cette chanson était d’en faire notre Ultra Moderne Solitude à nous. On adore cette chanson de Souchon, elle est magnifique. Ça m’a d’ailleurs empêché d’écrire car je trouvais toujours moins bien que l’original.
Mathieu Lescop m’a aidé à écrire les refrains.

New York s’épuise, la musique ça épuise ?

Manu : Oui ! Je me souviens quand on s’est dit qu’on allait commencer à composer.  Se mettre au piano, à la guitare, puiser, chercher. C’est de l’énergie !
Pierre : C’est une charge mentale dense, quand on entre en studio. Ne rien oublier de ce qu’on s’est dit, de ce qu’on a projeté.
On avait pas mal pris de notes, Manu aussi.
Quand j’ai fini mes voix, j’ai cru que j’allais faire une dépression. Parce que la pression, les contraintes. On n’a pas de studio à vie.

Un accident heureux pour ce nouvel album ? 

Pierre : Le publison ! 🙂
Manu : On a enregistré dans un studio des années 90 où Noir Désir a enregistré l’album 666.667 Club. Il y avait une machine électro qui déconnait. Et notre ingé son s’est amusé avec “cette panne” pour faire des effets. Au final, il l’a mis quasiment partout.
Pierre : Ce qui est heureux aussi c’est que l’on a fait avec les éléments qu’il y avait sur place : le piano à queue, rhodes bass comme The Doors, ça a donné la direction première de l’album.
Denis Barthe, le batteur de Noir Désir, nous a prêté aussi le synthé Juno 106 avec tous les réglages de Des visages, des figures. J’étais subjugué.
Ça a participé à la magie de l’enregistrement.

Image de prévisualisation YouTube

Quel homme êtes-vous ?

Manu : Depuis l’enfance, je n’y pense plus trop. 🙂
On me dit beaucoup : “tu as une part de féminité“. Et je m’en fous ! 🙂
Pierre : Je n’ai jamais été pris pour quelqu’un de viril. Je me suis fait souvent traité de PD – alors que je ne voyais pas en quoi c’était une insulte. Il se trouve que toutes les références que j’aime sont souvent très gayfriendly. Et je plais beaucoup aux homos en général. 😉
A une interview sur mes séries télé d’enfance, j’ai répondu Xena la guerrière, symbole pour les lesbiennes.
Parfois, je doute. Avec ma copine, on en rigole !
J’aime bien les mecs. J’aime les beaux hommes, comme les belles femmes.

Pour le clip de Ces garçons-là, j’ai demandé qu’on filme le cul du torero, car je trouvais les lignes magnifiques. Et ça ne fait pas de moi un homo.
Je fais attention à mon image, c’est un défaut. 🙂
Je suis un homme qui se cherche beaucoup capillairement et vestimentairement.

Interview by Alexandre 

Radio Elvis

Radio Elvis 
Ces garçons-là

(Pias / Le Label)

sortie le 9 novembre 2018 

Pias Nite Carte Blanche à Radio Elvis
le 15 novembre à La Maroquinerie, Paris.

Radio Elvis

Concert le 4 avril 2019 au Trianon, Paris 

Share

Viens fêter la sortie de l’album de Sparky in the clouds #concours

USofParis te propose de fêter la sortie de l’excellent premier album Kings and Queens du groupe SPARKY IN THE CLOUDS.
Rendez-vous vous est donné le jeudi 8 novembre au Hasard Ludique pour la release party. 

L’occasion de savourer des sonorités folk et modernes venues de la douce Albion.

Sparky in the clouds

Sparky in the Clouds c’est avant tout la rencontre de Mathias Castagné, guitariste, et de deux sœurs anglaises, Miranda et Bryony Perkins.
Ce trio produit une folk/pop harmonieuse et aérienne avec un univers visuel qui lui est propre. Il n’y a qu’à regarder le dernier clip aussi étrange qu’emballant.

Image de prévisualisation YouTube

Sorti le 21 septembre dernier,  Kings and Queens regroupe 11 titres avec une musique charmante et une atmosphère rétro pop envoûtante aux sonorités anglaises.
On aime cette approche épurée et moderne des chansons.

Alors on vous propose de gagner des invitations pour le concert du groupe au Hasard Ludique à Paris.

Sparky in the clouds

Sparky in the clouds

1er album Kings and Queens
(Zamora Label) 

En concert le jeudi 8 novembre à 19h30

Hasard Ludique
128, avenue de Saint-Ouen
75018 Paris

Et en tournée :
16 novembre : Salle des Fêtes,  Villiers-le-mahieu
17 novembre : Salle de la Bonnette,  La Queue Les Yvelines
18 novembre : La Barbacane, Thoiry

18 mars 2019 : Espace Carpeaux , Courbevoie
05 avril 2019 : Les Arcs,  Quéven

#Concours

Pour gagner tes invitations, c’est très simple.
Remplis vite le formulaire ci-dessous.
Après tirage au sort, les gagnants seront prévenus par mail.

Alors si tu es libre le jeudi 08 novembre 2018, participe.
Sparky in the clouds vous promet un live joyeux et intrépide.

Bonne chance à tous et à toutes !

Sparky in the clouds
Sending

Plus de jeux concours
Concours Gratuits

Share

MaMA 2018 : Lary Kidd version bad boy, Concrete Knives joyeux #livereport

MaMA 2018, le festival bat son plein dans une dizaine des salles de concert d’Anvers à Blanche. Ca pulse, rock, pop, se déhanche dans tous les coins pendant 3 soirs. 
J’ai pioché dans le programme en fonction de ma curiosité. Concrete Knives, Lary Kidd et Walter Dean.

Mama 2018

Concrete Knives @ la Boule Noire

Une Boule Noire surchauffée pour le live de Concrete Knives au MaMA 2018. Il est bon de retrouver le groupe qui ne semble pas avoir vieilli depuis la dernière fois.
Les nouveaux titres sont aussi pop relevées que les tubes qui font sautiller.
La chevelure d’Adrien Leprêtre alias Samba de la muerte secoue l’air, la chanteuse n’a succomber à la chaleur malgré son kimono.
En fin de concert, retour à la réalité. Un t-shirt sur poitrine généreuse enfonce le clou : Music is a dirty job… J’ai bien une pote attachée de presse qui approuvera ce message.

Mama 2018

Lary Kidd au Rouge Pigalle

Ma première fois dans ce décor culte sans âge de la nuit et de Pigalle. Et c’est un ourson québécois qui m’y a conduit.
Lary Kidd un jeune rappeur barbu qui a un phrasé unique avec un bon accent ne permettant pas de saisir pleinement les subtilités de son song-writing aussi bien français qu’english. Mais on se laisse porter et emballer.

Entre deux titres, le rappeur lance « I let the music speaks for me » (Je laisse la musique parler pour moi). Ça claque !

Et une bonne punchline que l’on retient forcément : « Le rappeur le plus sous-estimé du Québec ». Génial !
Rajoutez sa marque de fringue Officiel qui affiche des « Montréal made me immortel » dans les rues de Paris. J’adore !

MaMa 2018

Mother fucker et des bitch qui ponctuent le live pour se la jouer bad boy époque Eminem. Ce petit côté teigneux de Lary Kidd est très plaisant. Ca l’a fait rire quand je lui l’ai dit, deux jours plus tard.
Petit Jésus est son chef d’œuvre.
Et ce qui plait c’est que le rappeur a de la référence artistique en stock : Duchamp, Rubens (il a une de ses célèbres toiles tatouée sur le biceps).

Walter Dean @ Machine du Moulin Rouge

Trois projos vidéo de face qui irritent la rétine tout en envoyant des faisceaux de lumière et des figures géométriques.
Derrière moi, j’entends : « ça fait mal aux yeux ! »
Au bout d’un moment, un balaise me bouche la vue (suis assis), je ne me plains même pas.
Un quadra à chemise manches courtes filme en continu, son smartphone dans une main, sa bière dans l’autre. Est-ce le manager ?
Les compos de Walter Dean sont tellement minimales que l’on a l’impression que le live n’a pas vraiment débuté. Que c’est toujours une longue intro sans fin.
C’est loin d’être dansant, mais ça peut être trippant. Ça fait surtout l’effet d’une performance artistique qui serait sortie d’un musée d’art contemporain.

A la sortie, un mec du métier lance à sa voisine : « Tu sais le punk c’est pas très clair, maintenant ! »

MaMA 2018 c’est aussi Gaël Faye en live. Je ne l’avais pas vu sur scène. Il est puissant ce mec !
J’ai étonnemment aimé Madame Monsieur. De la pop belle comme un coeur ou un baiser. Et j’ai assisté au grand retour de Eagle Eye Cherry qui n’aurait pas fait de concert à Paris pendant 14 ans.

Share

Charlie Winston en interview : on a parlé succès-échecs, engagement & Square 1

Après The Weekend, un premier single dansant, léger et pop sorti en juin dernier, Charlie Winston nous présente son quatrième album Square 1 sorti le 28 septembre.
Un disque plus profond qui aborde des sujets d’actualité mais aussi plus personnel.  On y retrouve des sons pop, folk, mais aussi de tabla, de kora, de marimba chers à l’artiste qui nous emporte instantanément dans son univers.
Joie, légèreté, mais aussi larmes d’émotions, les sentiments sont mélangés à la première écoute et c’est ce qu’on aime lorsqu’on écoute de la musique. De la bonne musique.
Entretien passionnant avec un passionné.

Selfie exclu pour USofParis

Interview-selfie Charlie Winston

USofParis : Quel est le sujet de la chanson Here I Am ?

Charlie Winston : C’est à propos des échecs et du succès. Comment le succès n’existe pas réellement sans échec. Le problème avec la réussite c’est que t’as peur d’échouer.

C’est quelque chose que tu as vécu ?

A certains niveaux oui, mais je pense que chacun d’entre nous l’a vécu. Ce n’est pas nécessairement à propos de moi, c’est à propos du monde. La façon dont il est conçu.
On vit dans un monde où l’on va à l’école dans laquelle on nous enseigne à être au plus haut niveau, à réussir. Si tu réussis tes examens, tu réussiras ta vie, mais ce n’est pas la réalité.
C’est vrai pour certaines professions mais ce n’est pas pour la vie. La vie ce n’est pas avoir réussi chaque jour. C’est comme sur Facebook, tout le monde y montre la plus belle partie de sa vie. Ils ne montrent pas les mauvais moments. On aime donner aux autres de fausses impressions.

Tu étais un élève doué ? 

Je n’ai pas vraiment réussi à l’école, je n’ai pas eu de bonnes notes là où je devais en avoir. J’étais lent, je faisais le clown. C’était ma façon d’aller contre ce système.
J’ai choisi d’être musicien. Même si c’était facile de l’être. Les choses sont devenues complexes et j’ai eu ce monde, cette machine construite autour de moi, j’ai eu beaucoup de conversations avec des gens qui sont dans l’attente de ce que tu dois faire ensuite. Et je continue de me battre contre ces attentes.
Maintenant, encore plus que jamais dans ma vie, je vois et je comprends que c’est très important d’échouer. Cet album pourrait être un échec dans les yeux du monde, mais pour moi ce n’en est pas un.

Pourquoi ?

Parce que chaque album que j’ai fait, c’est comme avoir une nouvelle famille, toutes les chansons sont mes enfants. Elles ne seront peut-être pas aussi populaires que d’autres chansons comme Like a hobo mais ça ne veut pas dire que c’est un échec pour moi. Parce que l’échec ce serait de vouloir les faire et de ne pas les enregistrer.

Image de prévisualisation YouTube

Here I am est peut-être ta chanson la plus personnelle ?

Oui, je pense que c’est la plus personnelle de l’album. Ça raconte une histoire au sujet de ma vie, à propos de qui je suis. Mais je pense que beaucoup de personnes peuvent se sentir proches de ce sentiment. Ne pas être très bon à l’école, ce n’est pas unique. Nous avons tous ce problème, tu peux avoir 16 ans et te sentir en échec parce que tu as de mauvaises notes mais ce n’est pas comme si nous allions tous avoir des jobs très importants. Il n’y a pas assez de jobs comme ça.

Tu devais faire un break avant de réaliser cet album, tes plans ont changé, que s’est-il passé ?

J’avais prévu un voyage avec ma famille pour partir vivre au Malawi. Quelques jours avant j’ai eu un gros problème au dos et j’ai dû annuler le jour du départ. Je n’ai pas pu marcher pendant deux mois. C’était une période assez difficile pour ma famille.
La belle chose avec l’art c’est que quand tu en as besoin il vient à toi. C’est pourquoi c’est assez dur de trouver du bon art de nos jours. Les gens sont plutôt heureux, on a probablement la meilleure économie que l’humanité n’a jamais expérimenté. On a de la chaleur quand on en a besoin grâce à l’air conditionné, de l’eau fraîche, de la nourriture dans un frigo. Tout est plutôt cool et les gens continuent de se plaindre. L’art n’est pas vraiment nécessaire comme il a pu l’être après la seconde guerre mondiale quand on a eu tous ces extraordinaires groupes dont on parle encore aujourd’hui. L’art ça vient quand tu en as besoin et j’en ai eu besoin donc c’est revenu à moi.

Image de prévisualisation YouTube
En juin, on a pu écouter The Weekend, une chanson catchy, pop. Je trouve que ce n’est pas très représentatif du reste de l’album. Pourquoi avoir choisi ce morceau comme premier single ?

Charlie Winston : J’ai eu cette conversation avec quelques fans, sur Facebook notamment. Je suis complètement à l’aise avec ce que tu dis. Ce que les gens ne voient pas – et c’est naturel – quand avec ma famille on a dû traverser ce moment difficile, ça a été si lourd qu’on avait vraiment envie de légèreté.
Quand tu vois tes enfants quand tu mets de la musique et qu’ils se mettent à danser, ils apportent cette légèreté dans tout. J’adore l’idée que danser c’est en quelque sorte une façon d’oublier.
C’est comme ça que la chanson est née. Cette chanson qui est très légère et lumineuse vient de quelque chose qui était beaucoup plus sombre, mais ce n’est pas expliqué et je ne voulais pas l’expliquer dans la chanson.
 Et après ça, il y a toujours les discussions avec le label. C’était la plus catchy, la plus radio friendly, ils pensaient que c’étaient le meilleur choix. Je voulais que ce soit Feeling stop en premier single, mais ils ont poussé fort, c’était presque une bataille 🙂

Charlie Winston

Contrairement à tes précédents albums, tu as travaillé avec une équipe sur Square 1. C’était difficile de lâcher prise ?

C’était génial ! C’est très représentatif de ma vie. J’ai lâché prise sur plein de choses. Je n’ai jamais mis de mots là-dessus. J’ai lâché prise sur le fait de penser à savoir où je vais. Je n’ai aucune idée d’où je vais. Ni si ma vie va aller quelque part, ailleurs.
Je suis rentré dans le studio, j’ai dit au groupe et à l’équipe que je voulais répéter pendant deux jours, juste jouer, pas enregistrer. A chaque fois que l’on jouait les morceaux du début à la fin, que ça s’arrêtait, quelqu’un me disait : « Qu’est-ce que tu veux faire ? » et je répondais « Je ne veux donner à personne la réponse »,

Un challenge ! 🙂 

C’est devenu difficile pour moi. Après deux jours sans donner de directions, j’ai dit qu’on n’enregistrerait pas pendant encore une semaine, qu’on allait improviser et voir ce qui allait sortir de tout cela. Ce n’est pas moi qui ai dit comment faire, c’est la musique qui nous a dit comment faire à chacun de nous. La musique est née d’après de la musique que j’ai designé . Après tout ça je n’ai pas eu besoin de dire quoi que ce soit, chacun savait à propos de quoi l’album était, où il allait et je pouvais aller cuisiner le lunch pour tout le monde je savais que ce serait la même organisation.
Je travaille avec de bonnes personnes, mes musiciens sont extraordinaires, mes ingénieurs sont des ingénieurs haut de gamme qui ont travaillé avec beaucoup d’artistes. Je n’avais pas besoin d’être là et de leur dire comment être meilleur, ils font tous ça depuis des années. A partir du moment où ils ont compris la vision/conception tout était cool.

Que cela signifie Square 1 ?

C’est une expression qui veut dire : revenir au début. C’est lié à l’échec et au succès comme je t’ai dit au début. Il faut avoir une bonne relation avec l’échec, parce que si tu veux apprendre le piano, à jouer au tennis, une langue ou n’importe quoi d’autre, tu dois échouer. Chaque fois que tu fais une erreur, tu t’améliores un peu plus parce que tu t’en rappelles.
Ce qui est difficile c’est d’appliquer ça dans ta vie, dans une société où on te dit qu’un échec c’est une mauvaise chose et une réussite c’est une bonne chose. Tout le monde adore me demander : “Comment le succès a été pour moi ?” Mais personne ne me pose de question sur mes échecs. Parfois, avoir du succès c’est avoir eu un énorme échec personnel. Tu travailles si dur pour arriver à ce point, tu y arrives et ensuite tu vas où ? Tu dois retourner en bas et recommencer d’une manière ou d’une autre.

C’est ce que tu as fait avec cet album ?

Oui ! Enfin non. Ce n’est pas ce que je fais avec cet album, j’essaie d’avoir une meilleure relation avec cette notion, cette idée.

Charlie Winston

Tu as plusieurs chansons à propos de sujets d’actualité, es-tu un artiste engagé ?

… Je n’aime pas vraiment le mot engagé… Je ne me qualifierai même pas de musicien. 🙂

Mais tu l’es !

Bien sûr, parce qu’on doit mettre des noms. Je me qualifie d’artiste, parce que je dois créer, je dois faire de l’art, exprimer quelque chose à travers les sens. C’est ce que je fais, je travaille les sens. Il arrive que ce soit plutôt en musique, mais je peins aussi, j’ai passé une partie de l’été à peindre.
Si tu me qualifies d’engagé c’est comme si les gens avaient l’impression que je réfléchis sérieusement à comment sauver le monde. Mais je m’en fiche ! Le monde est foutu, admettons-le, on est tous foutus. On est en train de créer notre propre cercueil en étouffant la Terre. Je suis un optimiste mais je n’ai pas d’illusions. L’Histoire nous démontre que les humains font des erreurs massives.
Mais je suis juste un gars !

Peux-tu me parler un peu de la chanson Airport, elle m’a beaucoup émue ?

Juste après mon deuxième album, j’ai acheté une maison à Londres, je jouais beaucoup au piano et j’ai commencé à écrire cette chanson, mais seulement la mélodie. Je la jouais beaucoup. Ma femme était enceinte et elle n’arrêtait pas de me dire :  « Il faut écrire cette chanson, il faut écrire cette chanson ! ». Puis j’ai complètement oublié cette mélodie.
En 2016, j’allais au studio tous les jours, j’y allais pour écrire, composer, trouver des idées et un matin j’ai dit : « Je vais écrire une chanson aujourd’hui et je ne partirais pas du studio avant qu’elle ne soit finie » et ma femme de me rappeler « Et cette chanson que tu avais l’habitude de jouer dans notre maison à Londres ? » J’ai pris un taxi, j’ai mis la radio BBC 4 et il y avait un programme à propos de la révolution libyenne. L’homme dans ce programme avait écrit un livre dans lequel il parlait du début de la révolution quand son père a dû quitter le pays. Il ne savait pas où son père était allé, il a commencé à le chercher. Le livre est à propos de son voyage et on lui a demandé de lire un extrait.
La première phrase qu’il a lu, je m’en rappelle, j’allais au studio et j’avais sa voix vraiment forte et il a dit : « My seat is bolted to the floor of the airport » et je me suis dit que c’était une si bonne phrase. Cette phrase dit tout ! Et j’ai beaucoup beaucoup été dans des aéroports, donc je connais ce sentiment.

Image de prévisualisation YouTube

C’est lié à une autre expérience ? 

Oui avec les réfugiés quelques mois auparavant (voir le clip de Say Something), j’ai compris l’émotion en parlant avec eux, quand ils me montraient des photos de leurs maisons maintenant détruites. Tu ne sais pas vraiment si tu dois y retourner ou aller de l’avant. On a toujours ce moment dans les aéroports, même nous les Européens, on arrive à l’aéroport on a notre passeport, tout ce qu’il faut. Mais on n’est jamais certain de pouvoir partir car il y a des contrôles et on ne sait jamais ce qu’il peut arriver.
 C’est à propos de tout ça Airport, mais aussi à propos du sentiment d’être perdu.

Ton dernier concert ?

Massive Attack et Stanley Jordan, un grand joueur de guitare.

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?

La chanson la plus moderne que j’aurais aimé avoir écrite est Human de Rag’n’Bone Man. Et une ancienne chanson ce serait It Ain’t Me Babe de Bob Dylan.

Es-tu toujours en contact avec Peter Gabriel ?

C’est marrant que tu me demandes ça ! Je viens juste de lui écrire un mail pour lui dire que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas discuté. Mais je vois sa fille samedi, c’est une amie.

By Joan

Charlie Winston

Charlie Winston
nouvel album Square 1
(BMG)

sortie le 28 septembre

En concert le 5 décembre à L’Élysée Montmartre (Paris)

en tournée :
6 décembre – Reims
18 avril 2019 – Printemps de Bourges 


#CONCOURS

Nous vous offrons des exemplaires de Square 1, le nouvel album de Charlie Winston, à recevoir chez vous directement !!

Pour participer, il suffit de remplir le formulaire ci-dessous.
Bonne chance à tous et toutes !


Plus de jeux concours

Concours Gratuits

Share
Share

Zaza Fournier et Le Déluge : son conte pour adultes #interview

Zaza Fournier nous embarque dans un spectacle-musique original, déroutant et poétique.
Le Déluge n’est pas à prendre à la légère tant il nous révèle à nous-mêmes. Mais il ne doit pas ralentir pour autant nos ardeurs à retrouver la chanteuse encore plus joueuse que jamais et prête à embarquer le public pour expérience musicale intense.

SAVE THE DATE ! Prochain concert à Paris le 13 novembre 2018. Et Zaza Fournier est en tournée en France.

Zaza Fournier
photo Raphael Neal

INTERVIEW

Quelle est l’origine de ce Déluge ?

Zaza Fournier : Ça a avoir avec un vrai petit déluge personnel.
Je lui ai laissé cours artistiquement lors d’une résidence. Je suis partie pour la première fois, seule, enfermée dans une maison proche du Bassin d’Arcachon. J’ai vu 2 personnes : la caissière du supermarché et le jeune mec qui vendait des huîtres qui rattrapait mon moral à deux mains.
Je m’autorisais des huîtres et du vin blanc à midi.
J’ai tout composé à la voix. Il y a eu un retour à la voix primaire, d’habitude je passais toujours par le vecteur d’un instrument.
Je me suis vraiment connectée à ma voix intime.

Le Déluge était présent dès les premiers jets ?

Bizarrement, tous les premiers jets sont restés. Il y a eu quelque chose de très évident dans l’écriture, ça ne m’était jamais arrivé.
La première chanson écrite est Pour que tu me voies, qui est la première chanson du spectacle.

Le fond est très concret, une chose que l’on a traversée, notre rapport au couple, à la fidélité, au désir. En revanche, j’ai vraiment écrit un conte pour adultes. Je voulais inviter un monde.

J’adore le titre Le Déluge. Est-ce que l’Orient s’est penché sur toi pour ce titre ?

C’est joli ! 😉
D’une façon plus large, je me suis connectée à ma voix ancestrale. Il y a une sorte d’harmonie sans âge qui s’est inscrite dans le chant tout de suite, dès la maquette. Je me suis sentie femme primaire au moment de la composition.
C’est ce que tu entends.
Je suis très associée à la chanson, ces harmonies je n’aurais pas pu les trouver en composant avec l’accordéon ou le ukulélé. C’est en ça que je parle de voix primaire.
Il y a aussi l’histoire de la femme dans le monde, la femme et son désir. Des questions anciennes.

Une punchline d’enfer pour inciter tout le monde à voir ton spectacle ?

Si tu veux que tes monstres retrouvent leur place, viens voir Le Déluge.

Le Déluge c’est aussi ouvrir de nouvelles voies artistiques ? 

Je ne l’ai pas pensé comme ça, mais c’est ce que l’on me renvoie du projet.
J’ai l’impression qu’à chaque nouvelle proposition, j’avais ce retour.
Je vis ça comme une expérience renouvelée, un terrain de jeu total, ne me posant jamais la question du résultat.
Je laisse donc la possibilité à un résultat inattendu 😉
Le Déluge
Zaza Fournier avec Diane Villanueva et Juliette Serrad

Ce spectacle, tu le portes depuis longtemps ? 

J’ai la sensation que tout ce que j’ai fait ces 10 dernières années c’était pour faire ce spectacle. Bien sûr, je suis partie de la forme la plus légère possible, toute seule, à parler beaucoup entre les chansons. Et puis il fallut que je me concentre sur la forme guitare-basse-batterie pour attraper ma “légitimité de chanteuse“.
Ma dernière fois, on était deux sur le plateau et je tendais vers ce spectacle. Avec Le Déluge, j’assume d’où je viens, mes désirs de casser le cadre.

La femme en 2018 a-t-elle encore des choses à prouver ? 

Je pense immédiatement à des femmes, sœurs, cousines d’autres pays, pour qui s’est un enjeu de chaque jour d’être femme et de tenter de trouver une sorte de liberté.

Sous nos latitudes aussi, en France, en Paris. L’actualité nous le dit haut et fort.
Il y a une violence latente auxquelles les femmes doivent faire face, mais les hommes aussi.
Ce qui est étrange dans cette violence-là c’est le poids de l’histoire que l’on se traine. Le regard de l’autre, le quotidien est un reliquat d’une violence sourde présente depuis l’origine.

Mélanie Doutey m’a répondu ne pas croire qu’un artiste est libre. Quel est ton sentiment ?

J’essaie de trouver ma liberté dans le fait d’être au plus près de ma singularité. Mais c’est remis en jeu tout le temps. Et il est très dur de s’échapper du cadre.
Le Déluge parle de ça : vivre c’est obéir à un cadre ou tenter de désobéir à celui-ci. Et là, ça dépasse le genre.

La liberté est quelque chose de conceptuel et tout à fait relative.

Le rapport au public a changé ? 

Ce qui est différent, c’est que les chansons ne sont pas sorties. Les spectateurs sont dans la découverte totale. Au début, des gens sont déstabilisés, surpris, crispés aussi. Certains ont sans doute peur de l’endroit où je les emmène.
Mais le moment où ça se dénoue c’est hyper émouvant. Ça donne envie de jouir tous ensemble 😉
Le spectacle impose une écoute hyper active. Tout le monde est acteur du spectacle.
Mes chansons vont chercher quelque chose d’intime.
Je suis très émue de certains bouleversements.

Penses-tu que tu deviendras folle un jour ?

C’est une de mes angoisses profondes. Ma théorie : les fous ne sont pas fous et c’est nous les sains d’esprit qui sommes à côté de la plaque.
Ça nous pend tous au nez. J’ai un bon terrain.
Je pense que l’on est extrêmement facile et que c’est balèze de vivre. On est sans arrêt solliciter de corps et d’esprit. Et on tient, tout en gérant nos pulsions internes.

Qui tentes-tu d’imiter ?

Je ne parlerai pas d’imitation. Des gens m’inspirent beaucoup.
Un ami m’avait conseillé : pense aux gens que tu aimes entendre. Et c’est les gens que l’on dit fous que j’aime entendre comme Sébastien Tellier, Brigitte Fontaine.
L’œuvre de Brigitte me porte beaucoup. Il y en a peu des poétesses-artistes-interprètes totales, comme elle.

T’es-tu découvert le meilleur moyen d’évasion ?

Depuis toujours, je lis, trop, il parait.
Le monde ne m’intéresse pas tant et il est souvent plus intéressant dans les livres. Si c’était un métier, ce serait un truc qui me ferait de l’œil : lire toute la journée ! Ça ferait concurrence à la musique.

Zaza Fournier

Garçons est une aventure révélatrice de ton autre part ?

Absolument ! Je suis vernie : j’ai le luxe d’explorer l’endroit de la masculinité qui est en moi. Quand on cherche dans la vie, on t’emmerde.
Tu fais un spectacle pour te révéler ça, on paie pour te voir : c’est une idée qui me réjouit beaucoup. De travailler avec d’autres artistes Carmen Maria Vega, Cléa Vincent et Raphaël Thyss notre musicien, ça fait énormément progresser, musicalement, vocalement.
Je ne voyais pas chanter Avec le temps. Non a été un réflexe et c’est Carmen qui me l’a proposé.

Interview by Alexandre

Zaza Fournier

Zaza Fournier
avec Diane Villanueva
(rythmique et chant) et Juliette Serrad (Violoncelle et chant)

Le Déluge
spectacle-musical

au Café de la Danse (Paris), le 13 novembre 2018

et en tournée en France :
Sarcelles, Gonfreville-L’Orcher, Ecouflant, Sotteville-lès-Rouen, Saint-Michel-Sur-Orgue, Lyon, Saint-Ouen-L’Aumône

Page FB officielle : ZazaFournier

Share

Yorina, une couturière devenue chanteuse : un si joli destin ! #interview

Yorina c’est un peu la Cendrillon des temps modernes. Couturière de formation, elle croise la route de sa marraine la bonne fée Dan du groupe The DO et depuis son destin a changé. De couturière à chanteuse, le destin est parfois surprenant !
Yorina n’a jamais chanté auparavant, ni joué d’instrument de musique. Pourtant, depuis cette soirée où elle a chanté devant quelques amis, sa vie a changé.

Nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie de son premier EP Dry your tears sorti chez Barclay/Universal Music France.

Yorina

Interview selfie / Yorina

USofParis : On t’a découverte en première partie du concert de Tamino au Point Éphémère. On avait adoré et c’est un vrai plaisir de te rencontrer.

Yorina : Oh merci ! 🙂 C’était le 3e concert de toute ma vie, c’était un peu fou. C’était génial, j’ai adoré. L’ambiance était super et j’ai beaucoup aimé Tamino aussi. Ce mec a un univers assez prenant.

C’est stressant ces premières scènes ?

L’avantage c’est que comme je n’ai aucune expérience, je ne peux pas vraiment appréhender encore. Je suis hyper contente tout le temps parce que je découvre plein de choses et que tout est nouveau. C’est génial tout ce que je vis. Je n’ai pas d’angoisse. Y’a juste le trac. Je suis hyper heureuse à chaque fois.

Sur ton EP il n’y a que 6 titres, que proposes-tu d’autre sur scène ?

En réalité, j’en ai pleins en stock. 😉 Pleins pleins pleins. Ça me donne une liberté folle, parce que je peux varier le set. Chaque set que j’ai fait était différent à chaque fois. Parce que j’ai une nouvelle chanson que je veux la tester. J’ai une liberté qui est assez cool. J’ai une problématique de luxe qui est : « Quel morceau je ne joue pas ? »

Ça a été dur de choisir les 6 morceaux de l’EP ?

Oui, c’est toujours difficile ce rapport avec les chansons comme j’évolue énormément parce que je débute. Ma voix évolue, mes envies aussi et mes mélodies… Il y a certaines chansons que je pouvais trouver vraiment géniales, il y a un an et puis maintenant je n’arrive plus trop. Comme ma voix évolue, elle ne feat plus forcément.
Les chansons de l’EP me portent pratiquement depuis le début pour la plupart. Je les adore depuis le début, je les défends à mort et elles ont évolué avec moi.

Image de prévisualisation YouTube
Ce premier EP annonce-t-il un futur album ?

Pour le moment, je ne sais pas trop. Tout ce qui est stratégie tant qu’on m’en parle pas je n’y réfléchis pas trop. C’est des choses que je verrais au fur et à mesure. Pour le moment, j’ai envie de faire vivre ce disque, vivre avec lui, le partager.

Je n’ai lu que de bons retours notamment la belle chronique dans Les Inrocks

Je suis trop trop contente. Les retours sont vraiment cool. Et pareil aux concerts, je reçois tellement de bonnes ondes que je me laisse porter par ça. Je veux commencer humblement tout ça, petit à petit. Je ne vise vraiment rien, je vis au jour le jour.

Ton histoire est assez incroyable, tu n’étais pas du tout destinée à la musique. C’est arrivé par hasard. Quand tu étais petite, tu ne chantais pas ? Tu ne jouais pas d’instrument ?

Yorina : Je n’ai jamais pris de cours de chant, je ne jouais pas d’instrument. C’est vrai que c’est assez fou ! Je ne viens pas du tout de la musique. Je faisais de la couture avant. Mon frère jouait du saxo et mon grand frère de la trompette mais je n’avais pas un rapport à la musique direct.
Le rapport le plus direct que j’ai pu avoir c’est avec Dan de The DO pour qui j’ai fait des chemises de scène. Je cousais ses chemises et c’est comme ça que je suis un peu entrée dans le monde musical.
Mais ce n’était pas du tout mon truc. Je me suis retrouvée à une soirée avec lui, tout le monde a commencé à chanter, j’ai chanté…

yorina

Qu’as-tu chanté ?

Une chanson de The Beatles.
Et tout le monde s’est retourné, on m’a dit « Mais tu chantes ? »
J’ai répondu que non, je chantais sous ma douche mais je ne chante pas. Je suis couturière. Et Dan m’a dit qu’il fallait que je bosse ma voix car j’avais vraiment un truc. Il m’a donné un petit clavier et il m’a dit « Amuse-toi avec ça. Peut-être qu’un jour tu composeras ».
Il m’a appris les harmonies, les accords, il m’a fait une petite leçon de deux heures. C’est venu comme ça. J’étais dans un milieu artistique mais mon expression artistique y était beaucoup plus bridée. J’ai découvert une liberté, parce que c’était facile pour moi de composer et que c’était facile de créer des mélodies.
C’était simple, naturel et instinctif. J’ai découvert une manière de m’exprimer qui était incroyable. Il y a un truc émotionnel que je n’arrivais pas à avoir dans la mode. C’est vraiment une chance.
J’ai composé deux trois mélodies que j’ai envoyée à Dan. Comme ça à l’arrache. Je me suis dit qu’il allait se foutre de moi. En fait, il m’a poussé à continuer.

A-t-il eu besoin de te convaincre à un moment d’aller jusqu’au bout de la démarche pour en faire ton métier ?

C’était un peu bipolaire. A la fois, c’était très naturel, pour moi il y avait une logique pour qu’aujourd’hui ça entre dans ma vie et que ça devienne quelque chose de très important. A la fois, c’était tellement soudain, je n’arrivais pas à réaliser le sérieux de la chose.
J’ai commencé à composer en janvier 2015 et j’ai signé chez Barclay en août de la même année. Dans la même énergie que je finissais mes journées de couturière et que je composais ensuite, Dan finissait ses journées de boulot au studio et s’amusait ensuite avec mes maquettes. C’était un bon échange. Hyper frais. On n’a pas venu venir le tournant hyper sérieux de la chose. C’est lui qui a fait la démarche d’aller voir ses contacts. Avoir un retour c’était une curiosité énorme pour moi aussi. On avait une vingtaine de chansons.

Mais t’es passée de rien à boulimique de l’écriture. Tu as rattrapé le temps perdu ?

Je ne sais pas ce qu’il se passe dans le cerveau. Il y a vraiment des moments où j’ai besoin de composer. Il y a des phases aujourd’hui où je compose tout le temps. Pour moi c’est comme quelqu’un qui a besoin de danser. Il y a quelque chose d’hyper instinctif, d’animal, que je ne bride pas du tout.

Tu chantes uniquement en anglais. Pourquoi ?

J’ai plein d’origines différentes. Mon père est sicilien, pied noir, ma mère est allemande et russe. Ma mère me parle en allemand, j’ai fait des études en lettres. Du coup, j’ai un rapport aux langues assez développé. Ma culture est très ouverte. L’anglais vient de ça et du fait que mon influence musicale est vraiment anglaise.
Je suis fan absolue de Charles Aznavour et de parties de la musique française mais j’ai vraiment été bercée dans l’anglais. L’un des artistes qui me fascine et m’influence beaucoup est Bill Withers. Il y a aussi les grands classiques comme Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Etta James

Dans la centaine de chansons que tu as écrites, il n’y en a pas une en français ?

Récemment ça m’est arrivé. J’ai fait une chanson où des paroles sont en français. C’était hyper difficile. Je pense que l’anglais, quelque part dans ce processus émotionnel d’exprimer quelque chose, me permet de filtrer. De parler en anglais, c’est moins face to face par rapport à ce que je dis.Yorina

Alors que c’est un EP très personnel, les chansons sont très intimes…

Mes lyrics sont très concrètes. Même si c’est très émotionnel ça reste très pragmatique. L’anglais m’a permis de dire les choses très simplement. En français c’était compliqué, comme c’est ma langue de base, il y avait un rapport pas assez distancé pour m’amener vers quelque chose de nouveau. Bizarrement aujourd’hui, je sens que ça nait, doucement. Ça ne veut pas dire que je vais faire un album en français mais j’ai fait plein de reprises toute seule dans mon studio en français. J’ai découvert aussi un truc dans ma voix en chantant en français.

Peut-être sur scène qui sait ?

Je voulais faire une reprise, une chanson de Maître Gims que j’adore. C’était ma première expérience en français. C’est la chanson Changer. De base, il y a plein de choses chez Maître Gims qui ne sont pas mon délire, mais il y a certaines de ses chansons où j’ai été prise.

Image de prévisualisation YouTube
On a eu un gros coup de cœur pour la chanson Dry your tears. Peux-tu nous en dire plus ?

Elle est hyper significative de ce que représente cet EP, c’est pour ça que je l’ai appelée comme ça aussi. J’ai vraiment, grâce à la musique et grâce à ses chansons, pu sécher mes larmes. Vraiment. C’est pour ça qu’il y a une certaine mélancolie, ça m’a permis de vivre en harmonie mon passé, avec les choses un peu dures que j’ai pu vivre.
Je suis passé par ces larmes et c’est ce geste de les sécher avec la main, j’efface, c’est tombé ça fait partie du processus. La musique c’était un renouveau, j’ai ouvert une nouvelle porte.

La chanson Waiting clôt l’EP. Qui est cette mystérieuse personne que tu attends ?

J’ai perdu mon frère il y a 5 ans d’un cancer, assez violemment et dans cette chanson j’ai voulu exprimer cette sensation que j’ai pu avoir après sa mort. C’est une période un peu de néant où on est en roue libre totale. C’était vraiment cette sensation, que j’ai encore aujourd’hui ce qui est assez fou avec le deuil, quand on pense faire le deuil mais qu’on ne le fait jamais en fait.
Je trouve que même dans les relations amoureuses où aujourd’hui on peut être encore imprégné d’une personne passée avec qui on n’est plus depuis des années. J’avais envie d’exprimer cette sensation d’attendre, c’est très passionnant je trouve. Cette solitude qui est liée à quelqu’un. C’est assez perturbant aussi.

Ton dernier coup de cœur musical ?

J’ai une fixette avec Kanye West et j’ai beaucoup aimé Sigrid.

Ton dernier concert ?

Concrete Knives au Printemps de Bourges.

Le duo de tes rêves ?

Maître Gims 🙂

Une chanson que tu aurais aimée avoir écrite ?

Issues de Julia Michaels.

Interview by Joan

Yorina

Yorina
Dry your tears
(Barclay / Universal Music France)

Share