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Le Fusible : Stéphane Plaza & Arnaud Gidoin sont explosifs aux Bouffes Parisiens !

Après les 230 représentations de la pièce A gauche en sortant de l’ascenseur, Stéphane Plaza s’offre un nouveau rôle, à nouveau taillé pour lui. Il revient dans la création Le Fusible, aux Bouffes Parisiens, qui est déjà un succès. Rires et retournements de situation garantis.

Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique comédie arnaud gidoin photo by blog United States of Paris
Paul, un homme d’affaire, est à la veille de vendre sa société à une acheteuse russe et de quitter sa femme. Une fois le contrat de cession signé, il doit s’envoler pour Bali avec sa maîtresse. Il met dans la confidence son ami et associé Michel, un gros gaffeur. Mais le soir précédent ce jour fatidique : tout bascule ! Un accident domestique et Paul perd la mémoire…

Le fusible : ce petit truc qui pète et qui fout le bordel

Ici, le fusible c’est véritablement Paul (Stéphane Plaza). Son accident tombe pile au bon moment pour dynamiter sa vie, la remettre à plat et l’obliger à choisir entre Valérie (sa femme) et Valérie (sa maîtresse).Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique arnaud gidoin photo by blog United States of Paris
Dès la petite scène d’intro, qui casse quelque peu les codes du théâtre de boulevard, on sait que l’on ne va pas avoir une minute de répit. Et comme dans la pièce précédente, Stéphane Plaza fait le show en se donnant sans retenue, pour le plaisir du public, des premiers rangs au tout dernier.
Il saute d’un bout à l’autre du plateau, s’effondre sur scène, descend dans le public mais tout en jouant de la pédale douce quand il le faut.
Soulignons qu’il se retrouve encore torse nu et termine l’histoire avec un costume extravagant : il doit adorer ça !
Arnaud Gidoin est juste dans le rôle de l’ami un poil idiot et toujours en retard d’un wagon. Philippe Dusseau (le médecin) s’avère être un vrai Diafoirus facilement manipulable.

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Du plaisir sur scène et dans la salle

Sans trop cabotiner, les acteurs s’amusent sur scène avec leur personnage et le texte. On soupçonne que quelques actions, jeux de mots ou répliques n’étaient pas prévus ce soir-là, vu les débuts de fou-rires difficilement contenus.
Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique arnaud gidoin humour comédie photo by blog United States of Paris

Tirons aussi notre chapeau à Gaëlle Gauthier, Juliette Meyniac et Irina Ninova qui pourraient presque voler la vedette à leurs partenaires masculin.
Mention particulière à Gaëlle Gauthier qui est une véritable garce piquante et glamour dans son rôle de la maîtresse/avocate. Ses tenues très proches du corps nous font penser aux grandes heures d’Eva Longoria dans Desperate Housewives.

Chaque personnage possède donc son extravagance : la femme trompée rigide à souhait, l’avocate (maîtresse de Paul) au caractère bien trempée, l’ami foutraque toujours à côté, le médecin mal dans sa peau (et pas forcément compétent), l’acheteuse russe très caricaturale mais délicieuse et bien sûr Paul totalement paumé dans l’histoire de sa vie.

Cette pièce de Sylvain Meyniac est un vrai (bon) boulevard moderne, rythmé et sans temps mort.
Et c’est principalement ce que l’on demande à ce genre de théâtre et à ses acteurs : passer un bon moment, se plier en deux sur son siège et alléger l’humeur du temps.

Le fusible Stéphane Plaza avis critique comédie théâtre Bouffes parisiens arnaud gidoin arthur jugnot affiche

Le Fusible

de Sylvain MEYNIAC
Mise en scène : Arthur JUGNOT
avec la collaboration artistique de Catherine LOMBARD

Avec :
Stéphane PLAZA, Arnaud GIDOIN, Philippe DUSSEAU, Gaëlle GAUTHIER, Juliette MEYNIAC et Irina NINOVA

REPRISE : du au

Du mercredi au samedi à 21h
Matinées le samedi à 16h30 et dimanche à 15h00, jusqu’au 30 avril 2017

Théâtre des Bouffes Parisiens
4 rue Monsigny
75 002 Paris

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Alex Ramirès fait sa crise à la Comédie des Boulevards : le pied !

Alex Ramirès a la fougue de la jeunesse, la distorsion de la mâchoire facile, le visage mobile et les excès de voix qui ne permettent pas de s’endormir sur son siège, aussi confortable soit-il.
Il court, hurle, parodie, grimace sur la scène de la Comédie des Boulevards pour nous montrer la réalité des aberrations de notre quotidien et nous amuse avec un réel bonheur !

Alex Ramires humoriste one man show théâtre les blancs manteaux paris portrait photo by Robin Gervais
Garçon sage qui nous parle volontiers d’un léger stress à son arrivée sur scène, la tornade Taz (souvenez-vous Beep Beep et le diable de Tasmanie) va s’emparer du corps d’Alex Ramirès pour ne plus le lâcher de la soirée.

Alex est un jeune homme au regard pétillant et à l’énergie débordante. Soirée entre potes, cours de récré, belle romance : les situations sont variées et sources des plus belles parodies. Le jeune humoriste n’a pas peur de mouiller la chemise, ni de faire péter le débardeur quand il le faut.

A la fois attachant et cynique, il est capable de jouer avec candeur et justesse un jeune homme (Fabrice 26 ans) rêvant de télé-réalité, le meilleur des stagiaires, une vieille assistante maternelle (Tati) à la vie dépravée avec un, voire plusieurs coups dans le nez.
On a tous connu, de loin ou de près, les personnages interprétés par Alex Ramires : enfant à la fois chahuteur, rêveur ou fayot d’une cour d’école, le bourré paranoïaque, le bourré scotché ou pire le collant mais aussi
 la mère angoissée qui apprends que son fils est un super héros. Sans oublier les victimes de cette terrible maladie contagieuse VDST (Vieux dans sa tête) qui nous guette tous et toutes. Tout y passe.

Alex Ramires humoriste one man show théâtre les blancs manteaux paris portrait photomaton par Robin Gervais photographe

Et rarement un humoriste nous aura aussi bien parlé d’amour. Alors que l’on ne s’y attend pas : un de ses personnages nous prend par surprise pour nous causer sentiments. Ça accroche d’autant plus que tout ce qui est dit est juste. Alors que deux minutes auparavant, la partie était beaucoup plus graveleuse. Surprise totale, applau sans limite !

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Alex Ramirès joue chaque personnage avec une fraicheur et une spontanéité stupéfiante. Ses mimiques sont parfaites et sa gestuelle époustouflante. Rires et longue carrière assurés !

by Alex et Caro

Alex Ramires fait sa crise à la comédie des boulevards paris spectacle humour one man show mise en scène Stéphane Casez

Alex Ramirès fait sa crise !
mise en scène : Stéphane Casez

du jeudi au samedi à 20h10

à la Comédie des Boulevards
39, rue du Sentier
75002

depuis le 5 février 2016

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Ah ! Le grand homme : pièce barrée au Théâtre de l’Atelier

Copieuse fantaisie sur la création artistique au Théâtre de l’Atelier, à Paris. Ah ! Le grand homme nous rappelle le souvenir de Jean Vilar avec une irrévérence folle, nous révèle l’aisance d’un Yvan Le Bolloc’h, tout en renouant avec le talent de Jean-Jacques Vannier et le pétillant de Serena Reinaldi.

photo Christophe Vootz
photo Christophe Vootz

Y’a toujours un lourdo dans les parages, un comédien qui force le trait, un autre qui a la meilleure technique pour s’échauffer, un metteur en scène pour vous conduire dans une voie de garage.
Le texte de Pierre et Simon Pradinas joue le plein effet d’accumulation ; difficile, en effet, de croire qu’il soit possible d’associer autant de bras cassés dans une seule et même production.
Dans la salle, certains rires, généreux – des pros du théâtre privé ou public ? – nous donnent la troublante sensation que certaines situations sont très légèrement accentuées.

Ici, il est question de concevoir une pure folie : un spectacle original en une seule journée de répétitions et à produire le soir même. Comédiens, metteur en scène et assistant vont s’affairer à donner un semblant de cohérence à un projet qui semble perdu d’avance.

photo Christophe-Vootz
photo Christophe-Vootz

Il est évident qu’il y a du vécu, et qu’il y a forcément un administrateur de théâtre à Paris (l’excellent Stéphan Wojtowicz)  cabot comme pas deux, relou plus qu’il n’en faut et dragueur raté devant l’éternel.
Le metteur en scène de la pièce (l’impossible Jean-Luc Porraz) est une figure hystérique par excellence, inspiré de beaucoup d’autres ayant vécu ou encore en train de sévir actuellement sur des scènes de Paris ou province. L’assistant (Aurélien Chaussade) est fayot, attentionné, éponge, comme il le faut.

Le rire est régulier tant les scènes sont barrées. Parfois, certaines sont un poil too much et partent vraiment en vrille mais l’excès est assumé pour être mieux digeste.

Bref, un spectacle pas facile à résumer mais suffisamment original pour recevoir notre pleine adhésion.

Affiche pièce Ah le grand homme de Pierre et imon Pradinas au Théâtre de l atelier paris avec Yvan le Bolloc h Jean Jacques Vannier Serena Reinaldi Jean Luc Porraz

Ah ! Le grand homme

Texte de Pierre et Simon PRADINAS
Mise en scène de Panchika VELEZ

Avec Yvan Le BOLLOC’H, Jean-Jacques VANIERJean-Luc PORRAZ, Stéphan WOJTOWICZ,
Aurélien CHAUSSADE, Jean-Pierre MALIGNON et Serena REINALDI

au Théâtre de l’Atelier
1 Place Charles Dullin
75018 Paris

du mardi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

#Bonplan : tarif unique à 20 € jusqu’au 14 février 2016 !

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Libres sont les papillons au Théâtre Rive Gauche touche au coeur ! #prolongations

Libres sont les papillons au Théâtre Rive Gauche : comédie touchante, drôle et efficace. Retiendrez-vous votre larme ? Nous, on n’a pas résisté !

photo © Fabienne Rappeneau
photo © Fabienne Rappeneau

Le studio ne paie pas de mine. Quentin a voulu son indépendance, le confort est spartiate et les murs sont vieillissants. L’avantage est que tout est à portée de mains dans ce petit espace de vie. Il vient d’emménager et tente de retenir la curiosité de sa mère prête à bondir pour l’aider, car le jeune homme souffre d’un handicap. Il faut dire aussi qu’il vient tout juste de s’émanciper, en quittant le confort du cocon familial de Neuilly, pour sa “garçonnière” de Barbès.
Julien Dereims est la révélation de cette pièce. Il tient de bout en bout ce récit amoureux bien mené. Bluffant, sa capacité à nous faire croire au handicap de son personnage. Le doute est perceptible dans la salle jusqu’au moment ultime des applaudissements.

Quentin va vite faire la connaissance de la tornade qui habite juste à côté de chez lui, derrière la porte condamnée, plus précédemment. Julia, 23 ans, est aussi ingénue, que fraîche et spontanée. Elle n’est pas dépourvue d’humour. Anouchka Delon est parfaite dans ce rôle que l’on croirait tailler pour elle, si la pièce n’avait pas été écrite en 1970.

photo © Fabienne Rappeneau
photo © Fabienne Rappeneau

Quel bonheur de retrouver Nathalie Roussel capable aussi bien d’hystérie, d’écoute que de saillies bien révélées.

L’adaptation et l’actualisation de la pièce avec des références de notre époque (Lady Gaga, Lambert Wilson…) que l’on doit à Eric-Emmanuel Schmitt nous rend encore plus pétillante cette pièce et la sort de la naphtaline que l’on pourrait deviner.

La mise en scène de Jean-Luc Moreau est fine, sans artifice, pour donner pleine proximité avec les quatre comédiens sur scène.
On ressort de cette pièce avec une très agréable touche de tendresse qui nous reste accrochée au coeur.

Libres sont les papillons salut comédiens Julien Dereims Anouchka Delon Nathalie Roussel Guillaume Beyeler mise en scène Jean-Luc Moreau Théâtre Rive Gauche Gaité photo usofparis blog

Libres sont les papillons

succès ! Prolongations jusqu’au 29 mai 2016

Une comédie de Léonard GERSHE
Adaptation Eric-Emmanuel SCHMITT
Mise en scène Jean-Luc MOREAU
Avec Nathalie ROUSSEL, Anouchka DELON, Julien DEREIMS, Guillaume BEYELER

au Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté
75014 PARIS

du mardi au samedi 21h
matinée le dimanche à 15h

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Coiffure et confidences : les craquantes ladies de retour au Théâtre Michel ! #succès

Sextuor de femmes désopilant, sensible et drôle. Les ladies de Coiffure et Confidences ont de la repartie à revendre pour passer une excellente soirée à Paris. La preuve, après avoir émue le public l’été dernier, elles sont de retour au Théâtre Michel en ce début d’année. On jubile !

Coiffure et confidences comédie Théâtre Michel Paris salut Marie Hélène Lentin Léa François Elisabeth Vitali Sandrine Le Berre Isabelle Tanakil Brigitte Faure photo by usofparis blog
Passer l’œil par le trou de la serrure d’un petit salon de coiffure, forcément, ça émoustille. Alors, quand il s’agit de suivre le récit de drôles de dames qui débute en 1981, dans un village breton, il n’y a pas à hésiter.
Le revival avec le duel Giscard/Mitterrand et le mariage de Lady Di et Charles en toile de fond nourrit les échanges de ces femmes de générations distinctes.

Coiffure et confidences pièce et comédie au Théâtre Michel Paris avec les comédiennes Isabelle Tanakil Mari-Hélène Lentini photo de scène
La tenancière (Marie-Hélène Lentini), dans la surenchère de sourires et d’attentions accompagnée de sa jeune employée (Sandrine Le Berre), ingénue et gauche à souhait, accueillent leurs clientes : une quinqua revêche (Brigitte Faure), une autre raffinée et racée (Isabelle Ferron), une mère de famille (Anne Richard) un brin autoritaire et excédée, ainsi que sa jeunette (Léa François) qui va se marier.
La galerie de personnages est suffisamment colorée pour nous assurer des échanges aussi variés que savoureux. Ça aurait pu tomber dans une série de clichés convenus. Mais l’écriture est fine et ciselée, jouant l’ellipse avec les saisons pour suivre l’évolution de ces drôles de dames.

Coiffure et confidences pièce et comédie au Théâtre Michel Paris avec les comédiennes Isabelle Tanakil Léa François Sandrine Le Berre photo de scène
Sur scène, à chaque nouvelle entrée de cliente, son lot d’échanges aussi cocasses, médisants que touchants. La métamorphose physique de l’une de ces femmes au cours du récit est impressionnante !

Aucune comédienne ne sort du lot plus qu’une autre et prend la pleine lumière au détriment des autres, car le jeu – subtil et difficile – de l’équilibre est brillamment maintenu entre chacune d’elles. Et même si l’une est estampillée “vue dans Plus belle la vie“, on oublie très vite la référence, une fois le rideau levé.

Le public féminin retrouvera le bain convivial qui lui plait tant dans un salon de coiffure. Les hommes, eux, n’en reviendront pas qu’ils soient autant sujet à l’attention de ces dames, aux côtés d’autres thèmes tout aussi essentiel que la dernière coupe à la mode et des autres mises en pli.

Affiche Coiffure et confidences pièce de Robert Harling au Théâtre Michel Paris succès avec Marie-Hélène Lentini Léa François Anne Richard Sandrine Le Berre Isabelle Ferron Brigitte Faure

Coiffure et Confidences
pièce de Robert Harling
mise en scène : Dominique Guillo
avec : Marie-Hélène Lentini, Léa François, Anne Richard,
Sandrine Le Berre, Isabelle ferron, Brigitte Faure

du mercredi au samedi à 21h
matinées le samedi et dimanche à 17h

Reprise à partir du 20 janvier 2016

au Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 PARIS

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Rodolphe Sand : Tout en finesse (et en tutu) à la Comédie des Boulevards !

Après avoir passé une saison entière au Palais des Glaces, Rodolphe Sand retrouve les lumières de la scène à la Comédie des Boulevards tous les mardis. Danseur en tutu rose, Rodolphe fait ses entrechats et ses pointes.
Un détail comme un autre : il a 40 ans et son tutu, avec le temps, s’est un peu distendu… Artiste hors cadre, danseur, chorégraphe d’un nouveau style de danse, performeur, trash et tendre à la fois, Rodolphe surprend par sa générosité non simulée.

Rodolphe Sans tout-en-finesse danse humour oneman show comique spectacle Mélo d'amélie
Pas de danse pour son entrée sur scène, en tutu du plus bel effet. Sa version de Carmen est comme transfigurée par ce court solo mais d’une expressivité rare, le mollet musclé comme un rugbyman.
De son coming-out à son grand-père (plutôt compréhensif) en passant par les contretemps pour composer un cocon familial avec son compagnon, Rodolphe nous conte sa vie en montagnes russes. Avec un humour délicat et intelligent, il brosse des situations de vie douces-amères mais toujours drôles.
Pour autant, Rodolphe Sand ne joue pas la facilité, en torturant le spectateur du premier rang, comme tant d’autres. Il ne demandera à éclairer qu’une seule fois la salle pour titiller et illustrer la mise en pratique de son 6e sens : un radar intégré ! Très efficace.

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Rodolphe a même créé son propre style artistique : la dico-danse.
Une expression scénique qui permet de créer des mots, des phrases ou des histoires en dansant. Très ingénieux !
Mais ce qui plaît le plus à Rodolphe c’est d’être heureux. Et quand il est heureux, le samedi soir, il regarde une palme, un film récompensé au Festival de Cannes.
Et du coup, c’est nous qui sommes heureux car il résume – à se tordre de rire – avec un pointe de mauvaise foi et peut-être aussi avec justesse, ces films qui sont le fleuron du cinéma d’auteur. Si vous connaissez les chefs d’oeuvre qu’il évoque c’est extrêmement savoureux, et si vous ne les connaissez pas, vous ne serez surement pas si déçus de ne pas les avoir vus.

Pour un premier spectacle, forcément on part et on parle de soi pour faire rire, réagir, séduire. C’est forcément touchant !
L’univers de Rodolphe est à découvrir sur scène sans attendre.
Nous, on a trop attendu pour le voir… Et l’on n’hésite pas une minute pour partager ce spectacle.

 

Rodolphe Sand, Tout en finesse
tous les mardis à 21h30

Comédie des Boulevards
39, rue du Sentier
75002 Paris

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De l’influence des rayons gamma au Théâtre de l’Atelier : saisissant ! #concours inside

30 représentations exceptionnelles pour la pièce De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites à l’affiche du Théâtre de l’Atelier. C’est dire l’urgence de réserver pour découvrir ce trio féminin d’une force rare, mis en scène par Isabelle Carré.

Armande Boulanger et Isabelle Carré photo CinéWatt
Armande Boulanger et Isabelle Carré
photo CinéWatt

De l’influence des rayons gamma… est une première fois pour l’ensemble de l’équipe artistique : première mise en scène pour Isabelle Carré, premier texte destiné au théâtre pour Manèle Labidi-Labbé et première scène pour les trois jeunes comédiennes de cinéma qui participent à cette aventure.
Et que la longueur du titre de cette pièce – impossible à tweeter – ne cache pas la singularité et la fraîcheur de ce récit fort composé de trois figures féminines que tout semble opposer sinon les liens du sang.

Difficile de cerner totalement Béatrice, cette Américaine, mère de deux enfants. Est-elle à ce point nuisible pour ses deux filles ? Est-elle seulement consciente que ses saillies, ses conversations téléphoniques, ses traits de fantaisie puissent aussi bien blesser son entourage qu’interpeller les gens extérieurs ?

Personnage central de ce huis clos, Béatrice surprend tout autant qu’elle pourrait faire rire ou grimacer. Isabelle Carré s’offre un rôle très contrasté, fait d’aspérités qui n’attendent que d’être révélées. Une interprétation juste, sans excès et qui nous rend malgré tout touchante cette figure de femme impossible.

Face à elle ou à ses côtés, deux soeurs que tout oppose. Ruth, une belle blonde incendiaire, aussi naïve, revêche que capable de tendresse. Mathilda, une brunette longiligne, renfermée, qui brille de la pleine curiosité scientifique et précoce qui l’enflamme.
La première ne souffre, en apparence, d’aucun interdit alors que la deuxième est source de tracas inconsidérés pour sa mère.

Isabelle Carré Alice Issaz Armande Boulanger salut pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites théâtre de l atelier paris photo usofparis blog

Les deux jeunes comédiennes, Alice et Armande sont des révélations pures. Leur jeu est de la dentelle. L’attention de leur metteuse en scène – qui n’a pas hésité à débuter les répétitions au plus tôt avec ses interprètes, comme elle nous l’avait confié lors de notre entretien – se ressent dans la sincérité de leur interprétation.
Ces deux comédiennes venues du cinéma vont être riches de cette expérience unique et de cette première pour l’ensemble de la troupe artistique.

Le récit peut dérouter, d’autant plus quand il est difficile de percevoir l’issu de cette relation trouble. Mais l’attachement que nous ressentons, dès les premiers instants, pour ces personnages pallie nos interrogations pour rester accrocher au plus près des corps et des visages de ces formidables interprètes.

Affiche pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites mise en scène Isabelle Carré avec Alice Issaz Lily Taieb Armande Boulanger Théâtre de l Atelier Paris

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
de Paul Zindel
Adaptation : Manèle Labidi-Labbé
Mise en scène : Isabelle Carré
Avec : Isabelle Carré, Alice Isaaz, Lily Taïeb et Armande Boulanger en alternance

PROLONGATIONS jusqu’au 6 février 2016

du mardi au samedi à 19h
matinée le samedi à 17h

au Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

 

BON PLAN !!! Promo de janvier
Une détaxe à 17€ la place à chaque billet réservé UNIQUEMENT PAR TÉLÉPHONE au 01 46 06 49 24 en mentionnant le code promotionnel LAETITIA.

Offre valable jusqu’au 24 janvier 2016 inclus, sur les deux pièces à l’affiche du Théâtre de l’Atelier, (De l’Influence des rayons gamma et Ah ! Le grand homme) dans la limite des places et des catégories disponibles.

CONCOURS !!

Comme on aime partager nos coups de cœur spectacles, nos émotions scéniques et pour fêter les 5 ans du blog, nous vous offrons des invitations pour une des représentations de la pièce De l’influence des rayons gamma, le soir de votre choix : le mercredi 27, jeudi 28 ou vendredi 29 janvier 2016 à 19h.

Pour tenter votre chance, rien de plus simple, remplissez le formulaire ci-dessous avant le lundi 25 janvier 2016 à 23h59.
Les gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort parmi les inscrits. Ils recevront un mail leur confirmant leur lot : 2 places pour la pièce.

ON RADOTE mais c’est le cas à chaque fois : avant de participer, vérifiez que vous êtes bien disponible pour la date de la représentation pour laisser sa chance à tous et toutes !

Concours Rayons Gamma
Sending

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ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE ! Rencontre avec Trinidad et ses interprètes

A l’issue d’une représentation de la réjouissante pièce Et pendant ce temps Simone Veil, au Studio Hébertot, nous avons échangé, aux côtés d’autres blogueurs et blogueuses avec Trinidad, Serena, Fabienne, Agnès et l’envie de chantonner à cœur joie : Veil, la chanson parodique sur l’air célébre Belle de Richard Cocciante, signée Trinidad.

« Veil,
Ce nom-là sonne pour nous comme un réveil,
De 20 siècles de désir mis en sommeil,
En séparant la grossesse du désir charnel,
Tu nous as donné la clé pour le 7ème ciel,
Pour la pilule, moi je dis : Merci Simone,
Tu m’as été bien plus utile que la Madone,
Merci pour l’IVG et la péridurale
C’est plus sympa de donner la vie sans avoir mal
Merci d’avoir fait d’une femme une personne
Tant pis pour celles préfèrent être des sili-connes… »

Et pendant ce temps Simone Veille nouveau spectacle de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièce photo de scène
ENTRETIEN

Trinidad, d’où vous est venue l’idée du spectacle ?
Trinidad
: L’idée est venue de l’affaire Strauss Khan. Je me suis dit ce n’est pas possible qu’en 2011 on entende dans les médias des choses comme cela, pas en France. Moi, qui suis fille d’immigrés, moi, qui ait pu avoir la vie que je voulais dans ce pays ce n’est pas possible. Et très vite l’idée s’est imposée de dire parce que c’est le seul moyen d’expression pour moi il faut rappeler qu’on est peut-être la dernière génération qui s’est battue et que nos acquis sont très récents et tout peut repartir très vite en arrière. J’avais déjà travaillé sur d’autres spectacles sur la transmission familiale, les secrets de famille, le Trans générationnel, et cela m’a paru évident comme cela de le faire sous forme de 3 lignées de femmes avec un personnage extérieur. Au début je le pensais chanter mais c’est sorti comme cela.

La chanson est arrivée très vite dans l’écriture du spectacle ?
Trinidad :
La dernière chanson VEIL existait bien avant le spectacle. C’est une parodie que j’ai faite il y a plus de dix ans. Il y a une petite histoire autour de ça. Un jour, j’étais à la Fnac Saint Lazare, je vois pour les 50 ans du planning familial une rencontre avec Simone Veil et la directrice du planning familial. Et moi naïve, je me dis je vais aller lui offrir mon texte. J’arrive dans une salle de 100 personnes, elle arrive par une allée centrale et au bout de 20min, il a fallu l’évacuer par les agents de la sécurité tellement elle s’est fait insultée, agressée, comme à l’Assemblée nationale en 1974.

C’était quand ?
Trinidad :
C’était en 2006. Et je me suis retrouvée avec mon petit texte et une frustration énorme et un chagrin énorme en me disant ce n’est pas possible, ce n’est pas possible et c’était il y a dix ans, c’était bien avant ce que nous sommes en train de vivre maintenant cette arrivée de niqab ; du voile ; de tout cela. J’ai toujours chanté, texte et chanson. Je ne suis pas chanteuse mais je ne peux pas ne pas chanter, et j’ai toujours fait ce genre de mélange. J’ai choisi de passer d’une époque à une à travers une chanson dans la pièce.
Libido, Les rois mages, Ivg, Pour que tu rames encore ont été créées pour la pièce.

Serena : Quand Trinidad m’a proposé de faire partie du projet, j’étais juste ravie, parce que dans mon parcours professionnel je travaille dans les prisons, dans les Zep et ce spectacle pour moi est le couronnement de ce travail là. C’est un spectacle pédagogique, en même temps drôle qui fait passer la pilule.
Je pense qu’aujourd’hui, en plus des évènements des attentats, le gouvernement est dans l’urgence et la culture doit être un plat de résistance. La culture est nécessaire pour les jeunes générations. Ils doivent apprendre par le corps comme le théâtre peut le faire, la signification de certains mots comme la laïcité, le féminisme.

Trinidad : Et surtout le féminisme correspond à une époque.
Aujourd’hui, on a l’impression de dire un gros mot quand on dit féminisme mais il correspond à une époque. On voit bien que les femmes reviennent de loin. A un moment donné cela a explosé. Et il y avait des hommes derrière ces combats. C’est ce que l’on dit à la fin du spectacle, il faut que cela se fasse avec les hommes. C’est aussi une affaire d’hommes. Quand on est au pays des droits de l’Homme, si la moitié de la population n’est pas libre, l’homme n’est pas libre. Les nouvelles générations qui se refoutent dans la religion ne comprennent pas que la liberté de l’un dépend de la liberté de l’autre. Il y a des hommes qui vous le disent quand les femmes n’ont plus eu cette angoisse d’être enceintes, libres dans leurs corps cela a été aussi une liberté pour les hommes.

Serena : Une personne qui est privée de sa dignité et de ses droits civiques n’est plus une personne. On ne peut pas lui demander de faire partie de la vie commune. Que l’on soit un homme ou une femme, il faut que la dignité soit construite aussi dans le regard de l’autre.

Trinidad : Toute notre génération se déclare du mouvement féminin plutôt que du féminisme. On se soucie de faire avec les hommes. Il n’y a aucun rejet et c’est, cela qui est super. Donc j’ai plutôt envie de rajouter : “et maintenant on fait quoi ?” Tout est là pour avancer ensemble.
J’ai constaté en écrivant la pièce que jusqu’à une époque les femmes se battaient ensemble. Aujourd’hui, chacun se bat avec lui-même. Tout le monde est en thérapie, tout le monde cherche une porte de sortie. On se bat surtout avec soi-même. C’est important pour moi de parler des années 90, parce qu’il y avait d’un côté les femmes de pouvoir et la déferlante des tops model. Si on se compare à l’autre, on est plus dans l’empathie, on est dans la rivalité. Alors que si l’on est ensemble autour d’un même combat, on est dans l’union, dans l’amour, on accepte la différence de l’autre.

Photo de scène nouveau spectacle Et pendant ce temps Simone Veille de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièce

Saviez-vous que les tops model masculins sont moins bien payés que les tops model féminins ?
Serena :
Ah mais c’est terrible ! 🙂

Trinidad : Ce que je trouve dommage aujourd’hui, c’est que les parents n’ont pas été capables malgré toute la libération sexuelle, d’expliquer juste qu’un acte sexuel c’est beau. Les nouvelles générations ont ingurgité du porno, des images violentes, ce qu’on montre à la télé, c’est hallucinant.

Serena : Je travaille dans les Zep, dans le cadre du programme « Jeunes pour l’égalité » en Ile de France mis en place par Henriette Zoughebi (Front de Gauche). Nous, les artistes, aidons les professeurs. Les professeurs sont dans un conflit de loyauté entre les parents et l’école. Ils n’ont pas ce rôle-là. Nous aidons les jeunes générations à se construire, à développer leur libre arbitre parce qu’au fond c’est ce bagage-là qui va les aider à faire des choix, à sélectionner les images qu’on leur expose. Les jeunes ne sont pas encore entièrement construits et l’école doit être un espace de construction. Le théâtre et la culture doivent soutenir cet espace-là.

Trinidad : On ne serait pas arrivé là, si la culture n’avait pas déserté les banlieues. C’est Agnès qui le disait très justement, avant il y avait le parti communiste qu’on adhère ou pas, en tout cas il amenait une certaine culture. Le metteur en scène nous racontait que sa mère était analphabète et parce qu’ils habitaient dans une banlieue communiste, il avait accès à l’opéra et au théâtre. Elle l’emmenait. Depuis que la gauche est entrée sur la scène politique, la culture s’est retirée et cela a laissé la porte ouverte à d’autres choses.

Serena : Je pense que le ministère des droits des femmes ne devrait pas aujourd’hui exister. S’il a encore besoin d’exister, c’est qu’on a encore besoin d’une béquille.

Tous les mercredis, à l’issue du spectacle, des femmes exceptionnelles rencontrent le public. Comment vous est venue l’idée ?
Trinidad
 : L’idée est née avec Michèle Fitoussi, auteur d’une biographie sur Helena Rubinstein. On se connait depuis dix ans. On s’est rencontré dans l’émission « le fou du roi » à France Inter. Au mois de mai dernier, autour d’un thé, Michèle me racontait la vie d’Helena Rubinstein. Cette femme est partie de rien. Elle a bâti un empire qui a révolutionné la cosmétologie. Elle a sorti la beauté des théâtres et des chambres des prostituées pour la mettre au service des femmes. Michèle souhaitait en faire un spectacle. Et j’ai aussitôt constaté que nous manquons de modèles féminins aujourd’hui. Qu’est ce qu’on offre aux jeunes générations Nabila ou Nadine Morano ? Il y en a des femmes chercheuses, des femmes écrivains dans notre société et c’est ainsi que j’en suis venue à proposer à Michèle d’intervenir à la fin du spectacle et que j’ai sollicité aussi bien Michèle Cros, artisan herboriste de beauté, Ma.J Brickler, directrice de l’école du bonheur et créatrice de chapeaux.

Propos recueillis par Georgia B

Et pendant ce temps Simone Veille nouveau spectacle de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièceET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE !

jusqu’au 10 janvier 2016

Mardi à Samedi : 21h
Dimanche : 15h

Studio Hébertot
78bis Boulevard des Batignolles
75017 PARIS

Distribution:
Trinidad
: Marcelle, Marceline, Marciane et Marcia
Serena Reinaldi : Giovanna, Giovanninna, Gina et Janis
Agnès Bove : France, Francine, Framboise et Fanfan
Fabienne Chaudat : Simone qui veille sur les droits des femmes

Texte féminin de Trinidad, Corinne Berron, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Bonbon

Mise en scène masculine par Gil Gaillot

BON A SAVOIR !
Tous les mercredis, à l’issue du spectacle, des femmes exceptionnelles rencontrent le public.

Mercredi 16 décembre : Baabou Clément
Mercredi 6 janvier 2016 : Ma.J Brickler

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Isabelle Carré interview lumineuse pour De l’Influence des rayons gamma au Théâtre de l’Atelier

Isabelle Carré s’engage pour la première fois dans le rôle de metteuse en scène pour la pièce De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites au Théâtre de l’Atelier à partir du 17 décembre. Une première pour l’actrice et comédienne qui se joue des contraintes en collaborant avec de jeunes actrices de cinéma, novices sur une scène de théâtre et dans un dispositif d’alternance pour deux d’entre-elles. Sans oublier qu’Isabelle Carré joue également dans la pièce.
Cette pièce promet une proximité de la troupe artistique avec le public : “Il n’y aura pas de 4e mur!” nous confie-t-elle.


Interview sur le plateau du Théâtre de l’Atelier face aux rangées de fauteuils vides avec la “jeune” metteuse en scène, souriante et d’une décontraction rare, accompagnée de l’une de ses interprètes, Lily Taïeb, âgée de 15 ans.

photo Carole Bellaiche
photo Carole Bellaiche

INTERVIEW 

Comment s’est fait le choix du texte ? C’est une rencontre ?
Isabelle Carré : C’est tout à fait ça, une rencontre ! Je me suis inscrite dans un atelier d’écriture organisé par Philippe Djian et j’ai rencontré Manele Labidi-Labbé. J’ai tout de suite adoré son écriture. Elle est scénariste, elle travaille sur des séries et est aussi jeune auteure (elle n’a pas publié de premier roman mais ça ne serait tarder, je pense). Elle m’a parlé de ce texte et je me suis dit tout de suite après l’avoir lu : je crois n’avoir jamais vu au théâtre ce trio de femmes, une mère seule avec ses filles. On a beaucoup de famille, nombreuse, des couples, des amis, des sujets politiques.
D’ailleurs, j’en parlais avec le journaliste et critique Gilles Costaz, qui a quand même un long passé de spectateur derrière lui. Et je lui ai demandé s’il connaissait un spectacle avec cette configuration de personnages et il m’a répondu non.
Cette singularité est finalement très actuelle : des mères qui élèvent seules leurs enfants. Même si ce personnage de Béatrice n’a rien d’admirable dans le sens où c’est quelqu’un d’assez nocif pour ses filles. Et c’était le deuxième aspect de la pièce qui m’a plu qui aborde le concept de résilience (cher à Boris Cyrulnik). Pourquoi certaines personnes qui ont la même histoire dans une famille, subissant les mêmes traumatismes, se retrouvent avec des blessures qui ne guériront jamais alors que d’autres feront de ces blessures une force.
Cette problématique m’a beaucoup questionnée et j’en trouve enfin un écho dans cette pièce.

Quelle est la spécificité de l’écriture de Manele Labidi-Labbé ?
Isabelle : J’avais envie de dépoussiérer l’histoire adaptée au cinéma mais de la garder dans l’ambiance des années 70 car c’est mon enfance. Un univers plus coloré, plus naïf mais avec beaucoup moins de cadres de la part des parents. C’était : “A bas les cadres !
Beaucoup d’enfants post-soixante-huitards, c’est mon cas, se sont retrouvés dans un joyeux bordel. Et le plateau représentera cet aspect : il sera bordélique !
Ce que j’ai demandé à Manele c’est aussi de faire ressortir l’humour de Béatrice, son côté cinglant. Son sens de la formule.

photo de Nicolas Le Forestier
photo de Nicolas Le Forestier

Qu’est-ce qui te touche dans ce texte, Lily ?
Lily Taïeb : J’ai dit à Isabelle un jour que ce n’était pas du tout mon genre de théâtre.
Isabelle : Elle aime les choses très classiques !
Lily : Et quand j’ai lu, j’ai compris la singularité et la tournure qu’ont voulu faire prendre Isabelle et Manele à la pièce par rapport à un texte original très 70’s – même si on est dans ce revival hipster…
J’ai trouvé passionnant de participer à ce projet à la fois dans le coup et très désuet.
C’est très intéressant de faire en sorte de remettre ce texte au goût du jour, sans pour autant le moderniser. Ce qui me touche, en fait, c’est l’adaptation très subtile.
Et puis le rôle de Mathilda aussi : très difficile à cerner mais pourtant plein de sens.

Qu’est-ce qui, dans cette histoire, va parler aux spectateurs de 2015 ?
Isabelle : Le rapport à la mère est très puissant. Le rapport aux rêves aussi, ce qui parle à tout le monde. Ce fait de rêver quand on débute sa vie de jeune adulte et ce à quoi on est parvenu. L’écart qui peut y avoir entre ces deux images. Et la blessure narcissique qu’elle occasionne dans le personnage de Béatrice, d’où cette violence et son incapacité à supporter que ses filles puissent la dépasser.
Il y a vraiment beaucoup d’angles abordés. L’histoire est subtile (pas de caricature avec de grosses ficelles) mais elle est très riche aussi.
Lily : Toutes ces choses sont sans doute très angoissantes pour plein de gens. Et on se rend compte qu’en les mettant en scène, dans un espace-temps différent, ces situations peuvent être finalement rassurantes pour les spectateurs car elles sont intemporelles et universelles.

L’idée de mettre en scène est-elle venue naturellement ?
Isabelle : Ca faisait un moment que j’y pensais, mais sans vraiment me l’autoriser. J’avais eu un coup de coeur pour le texte de Joan Didion, L’année de la pensée magique. J’avais même demandé à ma mère de faire l’adaptation française. J’étais venue dans ce théâtre pour monter le projet. Mais j’ai eu un blocage : je voulais absolument que Nicole Garcia interprète le rôle. Elle était intéressée mais elle a trouvé ce texte trop dur.
J’ai essayé de chercher une autre interprète, sans pouvoir oublier Nicole Garcia. Je suis passée à autre chose.
Et puis, en lisant le texte de Manele, je me suis dit que c’était ce genre d’histoire que j’aimerais raconter sous toutes ses coutures : de l’intérieur et de l’extérieur. Pouvoir tourner autour de l’objet tout en pouvant le vivre. Je voulais m’emparer de cette histoire.

Cette première mise en scène vous a-t-elle fait remonter des souvenirs de metteurs en scène avec qui vous avez collaborés ?
Isabelle : J’ai beaucoup pensé à Irina Brook. Parce qu’elle nous faisait faire beaucoup d’exercices. Ce que l’on a fait au début avec Alice, Lily et Armande pour cette pièce. Irina a une façon de créer une atmosphère. Je ne dis pas que j’y parviens mais j’ai un tel souvenir de détente le soir de la première, grâce à son travail. C’est quelque chose qui me ferait rêver, pas tant pour moi que pour mes comédiennes. J’espère qu’on y arrivera.
C’est pour cela qu’il faut du temps, beaucoup d’énergie aussi. J’ai décidé de débuter les répétitions le 25 septembre pour y arriver. On répète peu en journée mais tous les jours, en revanche.
Je sens que ce temps, d’avoir posé toutes les questions, d’avoir posé tous les doutes sur le plateau, a été nécessaire. Et j’espère que nous serons dans cette détente le soir de la 1ère.
J’ai aussi beaucoup pensé aussi à Zabou Breitman, à Jean-Luc Boutté, une immense rencontre qui m’a beaucoup marquée par son exigence du théâtre. Sa façon de nous écouter, de nous regarder, d’être dans une attente si exigeante. Cette pureté m’a complètement bouleversée. J’avais 20 ans et c’était pour le rôle d’Agnès dans L’École des femmes.

Lily Taieb actrice et comédienne pièce De l influence des rayons gamma sur le comportement des margerites Théâtre de l Atelier paris portrait photo

Isabelle Carré a-t-elle eu des mots qui ont été réconfortants pour aborder ton rôle ?
Lily : Je n’avais pas forcément approché mon rôle de Mathilda du bon côté. Et je me suis rendue compte avec les répétitions et surtout avec ce que m’a dit Isabelle que Mathilda n’était pas quelqu’un de désespéré. Elle est solaire mais aussi un personnage très droit et très taiseux. Et je ne suis tellement pas comme ça que ce n’était pas évident d’assimiler. Mathilda a aussi plusieurs couleurs et elle est très touchée par la vie.
Et je galère encore un peu. On ne sera jamais au zénith, chaque représentation sera une sorte de méga répétition.
Isabelle : Mathilda voit la beauté dans le noir…

Diriger de jeunes comédiennes demande-t-il plus d’attention ?
Isabelle : Pour ne pas vous le cacher : je suis pressée de répéter avec Lily car ça fait 4 jours qu’on n’a pas travailler ensemble. C’est le moment où la sauce monte et c’est un moment merveilleux.
Le fait d’anticiper les choses a été bénéfique. Heureusement que j’ai pensé à ce travail long, en débutant très tôt les répétitions. Ce qui a étonné l’équipe du théâtre.
Il faut aussi penser à cette difficulté d’élargir le jeu des comédiennes sans dénaturer leur fraicheur et spontanéité. S’il y a quelque chose que je n’aime pas au théâtre ce sont les voix placées, les fins de phrases sur lesquels on insiste et aussi le maniérisme de certains acteurs qui prennent parfois un accent pour montrer que le texte est intellectuel. Tout ça ce n’est pas le théâtre que j’ai envie de voir.

photo CinéWatt
photo CinéWatt

Jouer dans sa propre mise en scène, c’est plus de plaisir ou de contraintes ?
Isabelle : C’est étrange ! 🙂 J’ai l’impression à la fois de ressentir les choses davantage de l’intérieur. D’écouter encore plus mes partenaires et d’être proche d’elles.
Et en même temps, il ne me manque pas de vision extérieure puisqu’il y a Manele, pour qui c’est aussi une première fois en tant qu’assistante.
C’est une première fois pour toute l’équipe d’où le risque de se retrouver devant un objet non identifié.
Ce qui est étrange, c’est que sur tous les aspects ou détails sur lesquels je pensais avoir des doutes, des difficultés (la scénographie, la mise en scène) tout s’est bien passé. A l’inverse, les points sur lesquels j’étais sans doute présomptueuse, ou je pensais que c’était ma partie (la direction d’acteurs, par exemple), c’était plus problématique.
C’était plus facile d’avoir des images, un dessin que de trouver les mots justes.

Votre sommeil est-il serein ?
Isabelle : J’ai rêvé de la pièce toute la nuit ! Mais en bien. J’ai bossé, en fait !

La perspective de la première est ?
Isabelle : Réjouissante !
Lily : C’est très intéressant et moderne. C’est maintenant et à aucun autre moment.
Isabelle : On parle beaucoup du moment présent, en fait. Quand il y aura enfin le public dans la salle, le spectacle se réinterprètera. Mais s’il y a une chose vraiment nécessaire : c’est la présence et l’énergie.
Lily : Je m’inquiète d’être bien maintenant, pendant les répét’. Et plus tard, je m’inquiéterai quand on sera sur scène.

L’adhésion du public est préoccupante aussi pour vous ?
Isabelle : J’y pense bien évidemment. Mais la chose qui m’importe le plus c’est surtout de ne pas passer à côté de quelque chose. Et d’avoir le plus de correspondance possible avec ce que j’ai en tête. Que l’ensemble soit fidèle à ce que je veux dire de la pièce. Que ce soit le plus honnête, le plus juste pour moi et ce que nous avons découvert ensemble.
Affiche pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites mise en scène Isabelle Carré avec Alice Issaz Lily Taieb Armande Boulanger Théâtre de l Atelier Paris

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
de Paul Zindel
Adaptation : Manèle Labidi
Mise en scène : Isabelle Carré
Avec : Isabelle Carré, Alice Isaaz, Lily Taïeb et Armande Boulanger en alternance

PROLONGATIONS jusqu’au 6 février 2016
du mardi au samedi à 19h
matinée le samedi à 17h

au Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

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Alice Isaaz et Armande Boulanger : interview révélations pour De l’influence des rayons gamma au Théâtre de l’Atelier

A quelques jours de la première et avant de déménager le plateau de répétitions et de partir s’installer au Théâtre de la Cité Internationale pour les filages, rencontre avec deux révélations. L’une a pris la pleine lumière avec le film Les Yeux Jaunes des Crocodiles, l’autre a été une revenante effrayée et égarée dans la saison 2 de la série événement de Canal +, cette rentrée. Les deux montent sur scène pour la première fois dans De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites, première mise en scène signée Isabelle Carré, au Théâtre de l’Atelier.
Dans les coulisses du théâtre de la Place Dullin, Alice Isaaz et Armande Boulanger ont partagé avec nous les précieux
moments de cette expérience exceptionnelle. Complices, rieuses et d’une brillante maturité sur leur pratique théâtrale, nous avons pris une réelle vraie leçon de comédie. 

Alice Isaaz
Alice Isaaz
Armande Boulanger dans les Revenants 2
Armande Boulanger dans les Revenants 2


INTERVIEW

Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire ?
Armande Boulanger : Tout ! 🙂 J’ai lu le texte d’un coup et j’ai adoré. J’ai été très surprise par la fin de l’histoire, par l’évolution des personnes, comment ils se désintègrent un peu.
Alice Isaaz : Ce qui m’a plu, c’est le rapport de cette mère avec ses deux filles. A savoir, on peut imaginer en voyant une famille, ceux qui peuvent s’en sortir et les autres qui ne s’en sortiront pas. Et parfois ça peut être l’inverse. Comment on fait pour vivre malgré l’oppression d’un parent ? Comment ne pas être imprégné d’une mauvaise influence ?
Les rapports sont comme inversés, on a l’impression que ça tourne. C’est Béatrice qui est la mère, et à certains moments c’est Mathilde, l’une de ses deux filles qui prend ce rôle-là. Et après Ruth, la deuxième. Chacune leur tour devienne l’enfant. Même entre les soeurs, on se demande qui est la plus vieille et qui est la plus jeune. Je me souviens – après avoir lu le synopsis (Mathilda, la plus jeune, Ruth, la plus âgée) et ensuite la pièce avec l’idée – du moment où je me suis dit : “mais c’est Ruth la plus jeune !”
Et c’est ce déséquilibre qui me plaît.

Comment décririez-vous l’écriture?
Armande : Un mélange de poésie et de réalisme très simple. Des petites phrases simples mais justes. Mais l’ensemble est très naturel.
C’est un peu comme une pièce de Joël Pommerat : il y a une langue très théâtrale et en même temps qui est très facile à dire, pour nous qui venons du cinéma.

Isabelle Carré a-t-elle eu besoin de défendre ce projet pour vous convaincre ?
Alice : Ca s’est fait naturellement. J’ai reçu un coup de fil de Thierry Chèze qui m’annonce qu’Isabelle cherche de jeunes comédiennes. Il lui a parlé de moi et elle lui a dit : “je n’ose pas la déranger, j’ai peur qu’elle ait trop de tournages.” En fait, Isabelle est comme ça : timide et elle n’ose pas. Et elle n’a pas osé me le demander directement. C’était génial et touchant ! 🙂
J’adore le théâtre, j’ai fait le cours Florent en classe libre. Et j’ai très vite bifurquée vers le cinéma. J’ai eu des auditions pour le théâtre mais ça demande un temps d’engagement énorme quand on tourne.
Alors apprendre que c’était sur une durée courte, que c’était Isabelle Carré, sa première mise en scène et au Théâtre de l’Atelier, je savais que je le ferai bien avant de lire le texte. C’étaient les meilleures conditions pour débuter au théâtre.
Armande : J’ai reçu le texte par mail pour passer des essais avec une directrice de casting. C’est le texte qui a primé !

Le théâtre ce sont des contraintes, c’est facile à gérer ?
Alice : C’est deux manières de travailler vraiment différentes, le cinéma et le théâtre. Je n’avais pas l’habitude de répéter tous les jours.
Pour la pièce, j’ai débuté les répétitions le 28 septembre. C’est long, surtout quand c’est samedi et dimanche compris. Depuis peu, j’ai réussi à négocier mes dimanches ! J’avais un peu la tête sous l’eau 🙂
Et ça fait du bien aussi de rebosser sur un texte en profondeur comme je le faisais en cours. Lors des répétitions tu as l’impression de tout piger et le lendemain tu te dis l’inverse : “je suis complètement à l’ouest”. C’est ça que j’aime. Et ça donne envie de travailler ses rôles autrement au cinéma. On se rend compte de l’importance de la préparation en amont du tournage.
Mais il faut être aussi très organisée !
Armande : Je trouve génial d’essayer différentes choses comme venir avec des habits différents. Ça change le rapport à la scène. De se dire : “aujourd’hui je vais mettre une jupe pour voir comment je me déplace.” On ne peut pas faire des expériences pareilles au cinéma.
Et tu peux proposer des choses. On n’est pas juste des marionnettes. On est mêlé à la création.

Armande Boulanger et Isabelle Carré photo CinéWatt
Armande Boulanger et Isabelle Carré
photo CinéWatt

Isabelle Carré a-t-elle une manière particulière de travailler avec vous ?
Alice : C’est sa première mise en scène. Donc on a toutes eu l’impression de débuter ensemble, en nous retrouvant pour les répétitions. On n’a pas l’impression d’être novices.
Isabelle était aussi fébrile que nous malgré son expérience du théâtre. Et du coup, ça nous a mis vraiment mise à l’aise.
Quand elle nous a expliqué comment elle allait aborder notre travail, j’ai été rassurée. On s’est rendu compte qu’elle allait nous laisser énormément de liberté. Elle a eu cette chance de travailler avec de nombreux metteurs en scène. Et elle a fait un tri en retenant ce qui lui avait plu.
Elle se remet en question aussi, même sur un élément de décor qui semblait pourtant acquis.

Est-ce qu’elle cite des noms de metteurs en scène qui ont compté pour elle ?
Armande : Elle a beaucoup d’admiration pour Ostermeier mais, ça n’a rien à voir, elle ne nous dit pas : “on va faire comme lui”.
Alice : Elle aime beaucoup les exercices de préparations d’Irina Brook ! 🙂
Armande : Je ne les ai pas faits. Pourtant je les ai réclamés ! Elle m’a dit que vous aviez dormi.
Alice : Elle nous a proposé des exercices de décontractions. Elle parlait un peu comme une prof de yoga : “le corps est un sac de sable”. A la fin, j’étais toute endormie.

Armande Boulanger
Armande Boulanger

Des phrases, un conseil qui vous ont marquées ?
Armande : Beaucoup ! Une chose qu’elle m’a dite à la première répét’ : le personnage fonctionne par contraste. C’est en marquant, en poussant ses moments de joie, ses moments de détresse qu’on va le rendre intéressant et vivant. Et que si on le joue sans nuance, ça n’a pas d’intérêt.
Elle nous amène à jouer différentes émotions mais de façon assez intense pour qu’on ait un personnage qui vit comme nous, comme vous.
Alice : La phrase qu’elle répète tout le temps : “surtout pas d’aqua-planing !
C’est quand elle nous dit les points positifs, et ceux à améliorer et que le lendemain, on essaie de tout refaire en calquant sur ce qu’elle nous a dit, qu’on essaie de replaquer.
Elle nous a dit aussi de ne rien forcer et de venir et jouer avec l’humour du jour. “Si vous venez à une représentation alors que vous êtes un peu triste, voyez ce que ça donne”. Peut-être qu’un jour Ruth ou Mathilda seront de mauvaise humeur ou triste…
Rien de pire qu’un acteur qui se dit : je suis là et je dois aller à la 15e marche.” Et ça se voit quand les gens s’acharnent à y arriver. Alors qu’avec notre humour du jour, on peut y arriver petit à petit à cette 15e marche.
Armande : Elle m’a dit de trouver des tensions. Parce que c’est différent du cinéma où les gros plans permettent facilement d’exprimer des choses avec son regard, son visage. Alors qu’au théâtre, c’est différent. Et je n’ai jamais eu l’habitude de pousser les réactions. Trouver une tension c’est donc, par exemple, se lever de son siège quand le personnage trouve une solution à un problème, des petits détails qui ne sont peut-être pas naturels dans la vie mais qui sont nécessaires pour le spectateur du dernier rang.

Alice Isaaz
Alice Isaaz

Le Théâtre de l’Atelier a-t-il une atmosphère qui vous stimule ou enrichit cette première expérience de la scène ?
Alice : La première fois qu’Isabelle m’a emmenée sur le plateau, j’ai été bluffée. La salle est magnifique. Et c’est une vraie question d’atmosphère.
Manèle Labidi-Labbé – qui a fait l’adaptation de la pièce – nous a confié, lors de notre petit rituel du matin autour du thé et du café en coulisses : “je sens que l’odeur de ce théâtre me restera”. Et ces mots ont raisonné en moi, comme quand on retrouve des odeurs de notre enfance, chez notre grand-mère…
Armande : Le plateau est hyper accueillant avec cette rondeur. On se sent encerclé, positivement. On a envie d’y jouer. La lumière est toute douce aussi dans les lustres.
Alice : On se croirait dans un conte.

La tension commence à monter à l’idée de rencontrer le public ?
Alice : Jusqu’à présent on répétait entre nous quatre. Hier, nous avons eu notre premier filage devant 7 personnes.
Armande : Notre premier public ! 🙂
Alice : Et je me souviens de la scène où l’on est couché. On est censé dormir. Et j’avais le ventre qui gargouillait. Et j’ai dit à Armande : “tu sais ce que c’est ça ?” Elle répond non. Et je lui dis : “C’est le stress !
Et elle me fait : “j’ose pas imaginer quand il y aura 600 personnes” 🙂
Quand on répète on a les 600 sièges, mais vides. Et après on se rend qu’il y a aura plein de petites têtes.
A partir de vendredi, on va répéter à la Cité Internationale pour être dans le décor, pendant 10 jours. On pourra faire plein de filages. Et ça nous préparera. La première c’est dans 15 jours.
Armande : Parce qu’actuellement, c’est le système débrouille. Isabelle fait les bruitages… de voiture, de pluie…
Alice : On ressent ce besoin de tout caler pour être prêtes.
Armande : On a besoin de se reposer sur un vrai décor et nos costumes.

Comment ça se passe le principe de l’alternance de comédiennes ? C’est Lily le matin et Armande l’après-midi ?
Armande : Tout à fait ! On ne se voit pas jouer avec Lily. C’est chacune notre tour.
Alice : Isabelle ne voulait pas qu’elles se voient pour ne pas que Lily et Armande s’influencent. Qu’elles se comparent entre elles. Pour Isabelle et moi, c’est des heures de répétitions intenses.
Et c’est vrai que parfois ce n’est pas évident au niveau des placements. Par exemple, si on cale quelque chose avec Armande, on ne peut pas dire à Lily : “on a vu ça ce matin avec Armande”. Pour laisser la totale liberté à chacune.
Ça demande double effort de concentration. Sachant que le rythme de jeu de mes deux partenaires est différent. Chacune propose le sien. Mais c’est aussi très stimulant pour Isabelle et moi.

Armande, vous n’avez pas l’impression de rater des choses en étant en répétition à “mi-temps” ?
Armande : Pas vraiment. Quand je ne répète pas, j’ai mon petit carnet où je note plein de choses. Je suis un peu maniaque des petits carnets dont un Moleskine rose qui commence à être bien chargé. Du coup, je cogite. Et puis il faut être très souple pour se rappeler de ce que l’on a fait la fois précédente. Ça me permet d’être très concentrée.
Alice : Parfois, j’aimerais bien aussi laisser reposer.
Armande : C’est vrai que c’est agréable. Comme voir un film quand je ne suis pas en répet’. Et j’arrive à capter et prendre des détails pour la pièce. Comme hier, j’ai vu Trainspotting, ou encore quelqu’un dans le métro. On a l’impression que tout est lié à la pièce, quand on est concentré sur cette histoire. Par exemple, je vois des marguerites partout ! 🙂
Alice : Avant la pièce, j’entendais parfois mes copines qui me parlaient de leur relation avec leurs parents. C’était quelque chose d’abstrait pour moi. Et je ne m’attardais. Mais maintenant que je vis ça avec Isabelle dans le rôle de Béatrice, et que ces copines me reparlent de leur mère, je leur dis : “je comprends tellement ce que tu vis”. Ça fait forcément écho en moi !

Affiche pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites mise en scène Isabelle Carré avec Alice Issaz Lily Taieb Armande Boulanger Théâtre de l Atelier Paris

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
de Paul Zindel
Adaptation : Manèle Labidi
Mise en scène : Isabelle Carré
Avec : Isabelle CarréAlice IsaazLily Taïeb et Armande Boulanger en alternance

PROLONGATIONS jusqu’au 6 février 2016

au Théâtre de l’Atelier 
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

du mardi au samedi à 19h
matinée le samedi à 17h

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