Archives de catégorie : Spectacles

Votre Maman au Théâtre de l’Atelier : émouvante et juste

Votre Maman au Théâtre de l’Atelier : un trio inédit, cocasse et terrien. Dans cette pièce de Jean-Claude Grumberg, tout tourne autour de trois personnages principaux : la maman, le fils et le directeur d’une maison d’une retraite.

La mère, interprétée par l’admirable Catherine Hiegel, est pensionnaire d’une maison de retraite financée par son fils Jean (Bruno Putzulu, attendrissant dans son rôle de fils aimant). N’ayant plus toute sa tête, elle le confond quelquefois avec le directeur de l’établissement (Philippe Fretin, excellent) ce qui fera naître de drôles de malentendus et des situations loufoques.

Le décor est minimalisme et très bien conçu. Nous plongeons immédiatement dans l’univers aseptisé des couloirs de ces établissements spécialisés.

Les visites de Jean à sa mère sont mouvementées et toujours semées d’embuches. Malgré la sensibilité du sujet traité (la vieillesse, la perte de mémoire, la dépendance…) et l’histoire tragique de la mère qui plane tout au long de la représentation, nous ne pouvons nous empêcher de rire face aux facéties de cette dernière.

Jean est un « bon fils » et défend sa mère sans aucune hésitation, même dans des situations plus ou moins acceptables.

Belle distribution
Bruno Putzulu
est juste et émouvant dans le rôle du fils dévoué. Un peu trop gentil avec sa mère, il peut quelquefois agacer.
Catherine Hiegel est formidable. Elle interprète le rôle de la mère tantôt bienveillante, tantôt odieuse et parfois espiègle aussi avec une grande justesse et une finesse hors pair.
Quant à Philippe Fretin, il est tout simplement parfait en tant que directeur de maison de retraite, avec tous les traits qui caractérisent ce genre de personnage.

Le texte est simple, court et quelquefois répétitif mais l’excellente interprétation des comédiens surpasse cette faiblesse.
Touchante, Votre Maman appuie sur un point sensible que nous refoulons tous : la vieillesse, ses conséquences et la mort.

by Caroline 

Votre Maman 

de Jean-Claude GRUMBERG
mise en scène de Charles TORDJMAN

Avec Catherine HIEGELBruno PUTZULUPhilippe FRETUN et Paul RIAS

du mardi au samedi à 19h
en matinée le dimanche à 16h

au Théâtre de l’Atelier
Place Charles Dullin
75018 PARIS

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Mama Khan et le chant de la terre Lakota : rencontre poignante et bouleversante

Au travers de récits Amérindiens contés par Mama Khan, notre guide atypique, nous partons à la découverte de la tradition Lakota (Dakota du Sud) et de ses merveilles. Tel est le pari osé, mais parfaitement maîtrisé, de Khadija El Mahdi que nous retrouvons au Théâtre de la Croisée des Chemins. Nous sommes sous le charme…

Depuis l’aube de l’humanité, Mama Khan est là pour transmettre aux générations à venir la mémoire du monde. Son but est de permettre l’ancrage profond de nos racines archaïques afin de vivre en harmonie avec le monde moderne.

Doucement et sans bruit, l’âme de Mama Khan s’invite dans le corps qui va lui servir de faire-valoir. Elle nous transporte avec elle en terre Lakota à la découverte d’une culture première qui n’en finit pas de nous apprendre. Les Amérindiens nous livrent leurs savoirs et leurs moyens de s’ouvrir à la sagesse au travers de la tortue, du corbeau, du pivert, du bison et de l’aigle. Ils incarnent ce qui est nécessaire au coeur de l’homme pour s’épanouir : la liberté, l’expression de l’art, la beauté, le silence et les mots…

Derrière ce projet, il y a une femme qui attendait de pouvoir vivre sa vie. Elle avait un manque quant à son héritage culturel et familial. Du coup, elle peinait à construire son identité. Puis un jour, elle fait un rêve : elle découvre un contact inconnu, bordé d’amour et de bienveillance avec des grands-mères. Elle se rend compte de l’importance de leur enseignement : la transmission aux enfants de la conscience de la fragilité de l’être…

Khadija El Mahdi a ainsi reçu l’étincelle qui lui a permis de faire rayonner sa vie et par la même occasion, la nôtre. Elle est ainsi au service de la diffusion de la paix, de l’amour de la conscience et du goût de la liberté.

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous avons hâte de découvrir le deuxième opus (sur treize !) des rencontres de Mama Khan qui débutera à partir du 13 mai 2017 dans ce même théâtre.

De tout notre cœur, Merci.

by JeanPhilippe

Mama Khan et le chant de la terre Lakota

Metteur en scène et comédienne : Khadija El Mahdi

spectacle tout public à partir de 7 ans

Tous les samedis du 15 avril au 6 mai 2017 à 19h30

2e opus : Mama Khan, le chant berbère de l’eau
du 13 mai au 24 juin, les samedis à 19h30 (relâche le 27 mai)

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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La Promesse d’un Chiffre ou l’histoire émouvante d’une renaissance !

Le Théâtre de la Croisée des Chemins nous permet de découvrir le premier « seule en scène », La Promesse d’un chiffre, touchant et drôle de Sonia Ountzian. Un hommage vibrant et singulier à ses origines arméniennes pas toujours évidentes à porter ! Explications.

L’enfance est un moment tendre et insouciant nous permettant de poser les fondements de l’être adulte que nous allons devenir. C’est un fruit qui a besoin d’être arrosé et choyé pour se développer et arriver à maturité. Tel est le cas de Sonia Ountzian. A la différence près qu’on l’a investie dès sa naissance d’une mission céleste : «Vivre pour tous ces Arméniens qui n’ont pas vécu ».

Évidemment, quand on est issue d’une famille génocidée, émigrée, la notion d’insouciance est quelque peu relative… Il faut vivre avec le poids de la douleur, du devoir et du souvenir. Une charge qui n’en finit pas de peser sur le développement psychique, mais aussi physique, de notre narratrice. En gros, elle trouve refuge dans la nourriture, dans un royaume sucré où vivent ses amis préférés Ben & Jerry’s, entourés de kourabies.

Au décès de sa grand-mère, Sonia a quarante ans et fait une introspection. Cette pièce en résulte. Elle semble avoir trouvé un équilibre entre son héritage familial et la vie qu’elle doit vivre. Au travers d’anecdotes sur son enfance, son poids, sa famille, son poids, ses relations amoureuses, son poids, nous voyons le magnifique travail de réparation qu’elle effectue avec une déclaration d’amour ardente et sensible à ses proches et à ses origines.

Le tout est mené et présenté avec une ironie folle ! Nous avons retrouvé toute la quintessence de ce que l’humour peut contenir en finesse et en esprit. La dérision est son armure pour affronter le monde. Son regard bleu perçant fait écho en nous de façon troublante et magique…

Lorsque le rideau se baisse, Sonia Ountzian nous rejoint. Elle dit adieu avec tendresse à la petite fille qu’elle était et s’en va vivre pleinement sa vie…

by JeanPhilippe

La Promesse d’un Chiffre

Metteur en scène : Jérôme Piques
Comédienne et auteure : Sonia Ountzian

Tous les jeudis et vendredis du 13 avril au 19 mai 2017 à 21h30

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Huis Clos au Théâtre Croisée des chemins : intense !

Qui dit Huis Clos dit : « L’enfer, c’est les autres ! »
Cette citation de Jean-Paul Sartre résonne bien au Théâtre de la Croisée des Chemins dans une mise en scène actuelle et tonitruante de Florent Curk. Vous êtes prêts pour un petit tour en enfer ?

L’intrigue consiste en la rencontre de trois personnages fraîchement décédés dans une pièce unique. Ils ne se connaissent pas. Ils viennent de milieux différents. Ils avaient des modes de vie opposés, des opinions, des goûts et des valeurs aux antipodes les uns des autres. Commence alors un procès à huis clos en enfer où les protagonistes vont se retrouver tour à tour jugés puis juges des agissements de chacun.

Allons-nous trouver un bourreau ? Des instruments de torture ? Que nenni !

En effet, nul besoin de ces artifices car ils possèdent une arme destructrice : eux-mêmes. Selon Sartre, l’autre est ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance car la vie se conçoit au travers de son appréciation. Notre jugement personnel est effectué avec les moyens que l’autre a, ou nous a donnés, pour nous juger. C’est ainsi que les trois personnages vont tenter de briser ce «cercle d’enfer» afin d’atteindre la liberté, l’indépendance d’autrui sur soi.

Le jeu des comédiens permet à cette pièce toujours actuelle de rayonner. La mise en espace du théâtre avec son cadre « scène-public » intime et enveloppant ne fait qu’accentuer la profondeur de cette œuvre. En effet, lors de notre arrivée, les interprètes sont mêlés au public. Ils sont cherchés les uns après les autres, renforçant l’esprit que nous sommes tous concernés. Les quatre comédiens (n’oublions pas le gardien !) jouent de façon intense et passionnée au point que Sartre n’a jamais été aussi proche de nous.

Notons aussi l’espoir dans cette pièce. Nous ne sommes rien sans les autres. Alors servons-nous de cette force pour créer une union dans la pluralité ! Pour reprendre Sartre : « Il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d’affaire ensemble ».
Prêts ?

by JeanPhilippe

Huis Clos

Adaptation de la pièce éponyme de Jean-Paul Sartre
Metteur en scène : Florent Curk
Comédiens : Julien Chesneau, Emma Paitreault, Fanny Passelaigue, Adil Ait Tamaldou

le samedi à 21h30

jusqu’au 20 mai 2017

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Jean la Chance ou l’histoire d’un anti-héros engagé !

La compagnie Frères d’Art vous donne rendez-vous au Studio Hébertot à la (re)découverte d’une curiosité truculente : Jean la Chance, conte inachevé de Bertolt Brecht inspiré du conte éponyme des frères Grimm.

Cette œuvre de jeunesse, retrouvée par hasard, nous permet déjà de distinguer les prémices de ce qui va devenir le style de Brecht : une volonté de pousser le spectateur à la réflexion plutôt que d’être dans l’illusion théâtrale et qu’il nommera la « distanciation ».

L’intrigue nous mène dans une ferme où Jean, fermier naïf et altruiste connaît une vie paisible auprès de sa femme Jeanne. Sa rencontre avec un homme va bouleverser cet équilibre et entraîner Jean dans un périple tumultueux.

Jean procède à différents échanges (où il est toujours perdant) avec les personnes opportunistes et dénuées de scrupules qu’il rencontre. Nous observons le renoncement à des modes de vie différents. En effet, Jean échange d’abord sa femme qui représente l’amour puis sa ferme qui évoque le foyer, une charrette qui symbolise l’aventure, un manège qui est le romantisme…  Jusqu’à se retrouver dépouillé de tout ce qu’il possède, hormis sa vie qui a peut-être aussi une valeur d’échange ! Qui sait ?

Jean semble vivre cette dépossession relativement bien. Plein de sagesse respectueuse, il reste fidèle à lui-même. Il est en harmonie. Il écoute son corps, la nature environnante et l’âme des gens qu’il rencontre. Il se retrouve sans rien d’autre que ses besoins fondamentaux à assouvir et il s’en réjouit. Il remercie même ses spoliateurs ! Il a atteint une certaine forme de bonheur simple voire l’ataraxie.

Les quatorze personnages sont brillamment interprétés par 4 comédiens. Ils se mêlent au public. Ils jouent la pièce avec coulisses apparentes et deux « flight-cases » pour créer l’ensemble de la scénographie. Ce choix de mise en scène nous plonge dans un monde étrange à la manière de Tim Burton ou Federico Fellini renforçant l’esprit du conte. Nous sentons véritablement l’osmose entre les différents comédiens. Nous sommes conquis par l’intensité de leur jeu ! La notion de plaisir est présente. Nous avons beaucoup ri. Nous avons beaucoup aimé et nous avons beaucoup réfléchi.

C’est une réponse à notre époque consumériste où la possession semble être à la base du bonheur…

by Jean-Philippe

Jean la Chance

Adaptation du conte éponyme de Bertolt Brecht
Metteur en scène : Constant Vandercam assisté de Tiphaine Canal
Comédiens : Benjamin Assayag, Lou Guyot, Théo Navarro-Mussy et François Raüch de Roberty

les mardi 27 et mercredi 28 juin 2017
et d’autres dates à venir

au Studio Hébertot
78 Bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris

tél. 01.42.93.13.04

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A Swan Lake au Théâtre des Champs Elysées : fou et audacieux !

A Swan Lake, une création folle, audacieuse, géniale du chorégraphe Alexander Ekman pour le Ballet National de Norvège. On croirait rêver mais le jeune homme se permet de beaux écarts entre pointes, chanteuse lyrique, canards en plastique, pluie sur scène et autre extinction des feux. Une première en édition limitée de trois soirs seulement au Théâtre des Champs-Élysées. 

Le rideau d’or se lève et on s’imagine déjà au bord du lac. Le chorégraphe est inventif et il s’autorise un générique de film avant de prendre la parole à travers une vidéo sur grand écran blanc. Retour au mythe du cygne blanc et du cygne noir, questionnement et coulisses de la création, avec quelques images cocasses des trois mois de répétitions entre confection de chaussons antidérapant, de gadins et autres glissades dans l’eau. Forcément ce premier rapport à l’œuvre, cette retenue avant le choc visuel est judicieux. L’attente est intenable. Paris est le dernier mot qui s’inscrit sur l’écran, le rideau se lève et les premiers reflets d’eau sur les colonnes du Théâtre des Champs-Élysées apparaissent accompagnés des danseurs tout de noir vêtu. 

Le spectacle débute sans musique. Les clapotis de l’eau se font entendre et les premiers pas de danse suspendent les premières gouttes dans les airs avant de retomber. La lumière des projecteurs sera blanche pendant tout le spectacle pour révéler la beauté des corps et des vêtements mouillés, trempés.

Exit Tchaïkovski
L’impact chorégraphique est fort, dense, vertigineux, d’autant plus avec la partition originale du compositeur Mikael Karlsson. On se prend à ce souvenir de quelques jeux d’eau d’un spectacle de Pina Bausch avec un peu de danse et de théâtre autour. Ici, tout est mouvement, à éprouver les corps, retenir le souffle, marcher, glisser sur l’eau. 

Le duo d’Étoiles en cygne noir et blanc version 2017 avec protubérance sac à dos ou enveloppe protectrice est un Ballet entre classicisme du tutu et des pointes et déraisonnable réinterprétation contemporaine. C’est beau, subtile, doux et un peu moins tragique qu’il n’y paraît. 

Canards en plastique
Le ballet prend un délicieux virage avec veste de couleurs, cuirasse de quarterback, chute de canards en plastique, ballons gonflables et fontaines humaines. C’est aussi guilleret que printanier.
À un moment de silence, juste après les applaudissements, un spectateur peu sensible à ces facéties scéniques criera « gadget !« 

La parenthèse se termine pour un dernier tableau plus grave, qui redouble d’intensité avec vagues d’eau.
Le chorégraphe n’est jamais grave bien longtemps mais pas non plus espiègle en continu. L’équilibre est mené d’une main de maître.

Bien sûr la mort du cygne n’est pas, les larmes ne parlent pas. Reste le sentiment d’avoir rencontré un jeune créateur (33 ans, la vie devant lui) ingénieux, doué, capable de tout et surtout du meilleur. 

À la fin ma voisine confiera sa joie tout en rajoutant : « je n’ai pas tout compris 🙂« 

A SWAN LAKE

nouvelle version ballet en 1 acte : Création Paris 2017

Chorégraphie et décors : Alexander Ekman
Musique : Mikael Karlsson
Orchestration : Mikael Karlsson / Michael Atkinson
Costumes : Henrik Vibskov
Lumières : Tom Visser
Vidéo : Todd Rives
Scénographie : Ana Maria Lucacieu, Christopher Kettner

Avec les Etoiles et le Corps de ballet du Ballet national de Norvège et les petits danseurs du LAAC

au Théâtre des Champs Elysées 
15 Avenue Montaigne
75008 Paris

les mercredi 29, jeudi 30 et vendredi 31 mars 2017 à 20h

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D.I.V.A. : opéra lyrique avec un brin de folie au Théâtre Montparnasse

Essayez donc de demander à un jeune ce qu’il pense de l’opéra. Vous ne serez pas déçu de la réponse. Alors faites-lui découvrir D.I.V.A, un projet décoiffant à cinq visages et profitez-en pour passer un moment tout aussi bon que déconcertant avec des ladies aussi débridées, délicieuses et élégantes qu’une Natalie Dessay.
Rdv à partir du 19 avril au Théâtre Montparnasse.

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Le concept repose sur cinq chanteuses lyriques (Flore, Grace, Jazmi, Marie, et Audrey) et d’un quatuor (Hugues, Alice, Benachir et Barbara). Ensemble, ils se chargent de nous faire (re)découvrir les grands classiques de l’opéra mais avec beaucoup d’originalité. Tout en gardant le style du morceau qu’elles interprètent, les D.I.V.A. apportent une touche moderne dans des versions réduites chacune à dix minutes.
Sacrilège ?
Pour les avoir vues sur scène, on se laisse emporter par les airs connus comme Carmen de Bizet et séduire par des répertoires moins grand public. Leur interprétation donne sens aux partitions en italien dans le texte.

Flore-Philis-chanteuse-lyrique-diva-opéra-spectacle-photo-scène-usofparis-blog

C’est ainsi qu’elles nous emportent dans leur délire et dans leur univers déjanté. Quand ces cinq femmes prennent le contrôle de la scène, elles l’assument… et vont même jusqu’à interpréter certains rôles habituellement réservés aux hommes. Jubilatoire !

Image de prévisualisation YouTube

On est sous le charme de leur voix, leur complicité, leur tenue de scène, leur interprétation et le talent des quatre musiciens qui les accompagnent.
Et elles méritent leur standing ovation, comme le soir de leur tout premier showcase au Théâtre Déjazet.

D.I.V.A c’est un disque et maintenant un spectacle !

by CédricMarie-Menand-Diva-opéra-spectacle-chanteuse-lyrique-photo-scène-usofparis-blog
D.I.V.A, opéras chics et déjantés, le spectacle
Avec Flore PHILIS, Marie MENAND, Alexandra HEWSON, Jazmin BLACK GROLLEMUND, Audrey KESSEDJIAN, Hugues BORSARELLO (1er violon), Alice BOURLIER (2nd violon), Benachir BOUKHATEM (alto), Barbara LE LIEPVRE (violoncelle)Création originale Flore PHILIS & Marie MENAND
Mise en scène Manon SAVARY
Arrangements Olivier RABET

 

à partir du 18 avril 2017

au Théâtre Montparnasse
31 Rue de la Gaîté
75014 Paris

Mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

D.I.V.A, l’album
(Decca)

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Le Mauve est un mélange de couleurs primaires : voyage troublant !

Anne-Florence Bargaud nous propose ici une première création singulière sur un univers qui, bien que dédiabolisé, reste méconnu et porteur d’appréhension : la psychiatrie. Ce pari osé, mais réussi, vous attend jusqu’au 9 avril au Théâtre de la Croisée des Chemins.
Un voyage troublant entre le réel et l’imaginaire de chacun…

Décor : une chambre d’hôpital psychiatrique. Elle est investie par Alice, jeune femme «normale», sans histoire, intégrée socialement qui a une passion dévorante pour l’interaction entre l’imaginaire et le réel. Passion qu’elle désirerait mettre à l’écran dans le prochain film qu’elle compte réaliser.

Pour cela, elle se fait interner en simulant des troubles cognitifs afin de pouvoir observer de plus près ce monde mystérieux et fermé. Or, le diagnostic de schizophrénie est posé pour Alice qui est alors entraînée dans une spirale dont elle ne maîtrise pas la vitesse…

Cet isolement dans un monde où elle ne connaît ni les règles ni les codes en dehors de son quotidien la bouscule, l’interpelle, la dérange, la choque. Une réalité brutale et violente qui nous interroge sur sa santé mentale…

La mise en scène est particulièrement soignée avec une part belle à l’Art. En effet, la création artistique est souvent liée aux troubles psychiques. Nous retrouvons les dessins d’Alice, ses notes mais aussi de la musique toujours adaptée, se mêlant parfaitement à la pièce.

L’apothéose est l’exécution de chorégraphies par une Anna Bayle stupéfiante. Son corps est animé d’une transe exutoire afin que l’expression de la pensée d’Alice contenue et enfermée dans ce corps physique si lourd, si difficile à gérer, puisse se libérer, se vider de son trop-plein…

L’interprétation des comédiens est brillamment menée (mention spéciale pour la remarquable prestation des patients psychotiques…). Nous sommes transportés dans l’univers d’Alice à tel point que le distinguo entre la réalité et l’imaginaire est difficile… Le spectateur est véritablement tenu en haleine. Le jeu des comédiens brouille les pistes sans cesse jusqu’au dénouement final qui nous laisse bouche-bée.

Allez-y vite !

by Jean-Philippe

Le mauve est un mélange de couleurs primaires

Auteur : Anne-Florence Bargaud
Artistes : Anna Bayle, Sandrine Becquart, Arnaud Renaud

jusqu’au 9 avril 2017

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Tous les samedis et dimanches à 19h

Réservations : 01 42 19 93 63

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Condamnée au Théâtre la Croisée des chemins : interprétation libérée & actuelle de Victor Hugo

Roman écrit il y a presque 200 ans, lu à mes 15 ans, adapté au théâtre à mes 30 ans (et plus si affinité). La vie est une question de temps et c’est ce que nous rappelle cette adaptation du Dernier jour d’un condamné à l’affiche du Théâtre La Croisée des Chemins à Paris jusqu’au 5 mai. 

Le temps ? Le personnage n’en possède plus beaucoup seul dans son cachot. Juste quelques heures avant son exécution afin de retracer son parcours depuis son procès.

Nous ne connaissons pas la raison de cette condamnation, ni la vie de cette personne. Ici est tout l’intérêt. Ne pas s’attacher à une histoire, une entité mais à un être humain, comme vous et les autres.

Si l’issue est inévitable, tout le parcours pour y accéder est intenable. Le personnage oscille entre tous les sentiments possibles, de l’espoir de s’en sortir à la résignation, de la réalité à la folie, de la fragilité à la révolte…

«La prison m’enferme entre ses murailles de granit, me cadenasse sous ses serrures de fer et me surveille avec ses yeux de geôlier. »

Betty Pelissou nous livre ici une interprétation épurée mais tellement puissante et poignante qu’il nous faut parfois détourner le regard afin de ne pas être submergé par l’intense flot émotionnel ressenti. Son corps, son âme, ses tripes, tout y est sur le fil du rasoir et dans un tel éclat que le chemin de la vie menant à la mort serait presque bordé de lumière…

Cette plaidoirie magnifiquement mise en scène par Vincent Marbeau est malheureusement toujours d’actualité… Cependant, il faut continuer à se battre pour la dignité humaine et, rappelons-nous ces paroles de Victor Hugo : « Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper. »

by Jean-Philippe 

Condamnée

adaptation du roman Le Dernier jour d’un condamné de Victor Hugo
Comédienne : Betty Pelissou
Metteur en scène : Vincent Marbeau

du 23 mars au 5 mai 2017

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Tous les jeudis et vendredis à 19h30

Réservations : 01 42 19 93 63

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OcéaneRoseMarie et ses Chatons Violents : une snipeuse au coeur tendre

OcéaneRoseMarie n’en finit pas de nous sidérer avec Chatons Violents qu’elle reprend au Théâtre des Béliers Parisiens, les dimanches à 19h30. Attention, ce spectacle est grinçant.

Ça commence plutôt mal. Une prise de bec domestique. Un couple qui s’en envoie à travers le nez. Reproches, on répète ce que l’on a déjà dit (la veille, la semaine dernière, le mois dernier), reproches à nouveau et tentative de redresser la barre juste avant de claquer la porte pour filer au boulot.

On se dit que la détestation de l’autre et la phase chagrin d’amour risquent d’être longues après une telle hystérie.
Le décor planté, OcéaneRoseMarie peut laisser aller sa pleine fantaisie, ses coups de crocs à tire larigot, et nous attirer vers un tout autre récit que celui que l’on prédisait au cours de ces toutes premières minutes de spectacle.

Bêtes à poil, Marseille et BBB

Après Paris et la partie loufoque autour de deux bêtes à poil pas si attachantes que ça mais drôlement désopilantes – au passage notre humoriste, également chanteuse aurait très bien pu jouer dans Cats le musical, son imitation du chat est assez digne – notre belle et son meilleur pote, Jérôme, filent à Marseille, histoire de changer de cadre.
Mais la carte postale qu’elle nous envoie de cette ville n’est pas aussi idyllique qu’on ne le pensait. Exit le Mucem (elle s’en fout totalement, aucune mention), exit la bonne bouffe (ça n’a pas l’air non plus d’être son trip).
Non, elle préfère nous parler de leurs déconvenues, des Corses et tirer le portrait d’une cagole pur cru. La métamorphose est troublante de réalisme. Un Molière serait mérité.

Après la cité phocéenne, place à la ville de proche banlieue parisienne, paradis des BBB (« Bons Blancs Bobos ») et de leurs bambins. Ça respire « la mixité sociale », l’échange, la compréhension.
Toutefois, OcéaneRoseMarie est embusquée. Elle guète. Et en snipeuse du rire, elle dégomme à tout va les comportements les plus aberrants qu’elle puisse croiser. La bonne conscience dégommée, l’affirmation de laïcité démontée, l’ascension sociale incroyablement exclusive éradiquée, sans parler des clôtures en bambous. Ça fait rudement mal pour celui qui se reçoit les salves mais c’est un défoulement incroyable pour le public. La subtilité n’est pas toujours son fort, c’est coriace et elle attaque frontalement. Elle a le don de balancer des vérités aussi gentiment qu’un pitbull à l’approche de votre jambe.

Chatons violents et autres jubilations

Et quid des petits chatons violents du titre du spectacle, dans ce délirant bordel ? Crakinette et Froustinette ne sont que les prétextes à cette violence sourde qui nous entoure, nous saute aux oreilles grâce au regard acéré et incroyablement vif d’OcéaneRoseMarie.
Mais ne croyez pas qu’elle aboie pendant 1h15 de spectacle. Son sourire complice, ses retournements et même son autocritique font de cette fille-là une délicate caricaturiste du XXIe siècle. A défaut de crayon, c’est sa verve qui mène la danse. On jubile !

Chatons Violents
OcéaneRoseMarie

Mise en scène : Mikael Chirinian

au Théâtre des Béliers Parisiens
14, bis rue Sainte Isaure
75018 Paris

reprise à partir du 26 mars 2017
le dimanche à 19h30

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