Archives de catégorie : Spectacles

Fortunino ou les démons de Verdi @ Funambule Montmartre : atypique & ingénieux

Certaines œuvres possèdent une telle énergie qu’elles s’inscrivent tout naturellement dans la postérité. Pour autant, que savons-nous de leurs origines ?
Avec Fortunino ou les démons de Verdi, nous avons la chance de pénétrer dans les coulisses du processus créatif de l’artiste. D’où lui vient son inspiration ? Quels sont les sacrifices ou concessions à faire ? Et à quel prix ? Au Funambule Montmartre, laissez-vous entraîner par la douce folie d’une pièce dynamique au charme indéniable…

Fortunino

Lorsque nous découvrons Fortunino Verdi sur scène, il est loin de ressembler à l’image dont nous nous faisons de l’artiste. Harassé par une histoire familiale funeste et douloureuse, il se trouve démuni face à une malédiction dont il semble être la victime. Sa désolation se personnifie au quotidien par deux corneilles, incarnation de ses démons intérieurs.

Puis un jour, un mystérieux inconnu se présente. Il désire s’associer avec lui, sentant le génie ne demandant qu’à s’exprimer. Pour cela, il va comploter un pacte diabolique avec les corneilles pour libérer l’artiste de ses tourments.

Alors, le succès est au rendez-vous. C’est une véritable catharsis qui s’opère. Fortunino triomphe en s’inspirant de ses drames. Cependant, à force de louanger la haine dans ses opéras, ne risque-t-il pas de se perdre ?

Fortunino

Cette pièce est un véritable petit bijou ! En effet, quelle excellente idée de s’inspirer de la vie d’un personnage réel et de laisser l’imaginaire l’emporter… La mise en scène est stimulante. Quant aux comédiens, ils sont authentiques et terriblement profonds. Le résultat est un spectacle riche en rebondissements avec beaucoup d’esprit, de finesse et d’humour. Et nul besoin d’être un mélomane averti pour en apprécier les rouages !

Libre à chacun de vouloir ensuite démêler le vrai du faux. Pour ma part, peu importe. Je préfère conserver le mystère. Néanmoins, de retour chez moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter d’une oreille nouvelle les opéras de Verdi, m’offrant un moment délectable…

Bonus : clin d’œil particulier aux deux corneilles, très très attachiantes ! 😉

by Jean-Philippe 

Fortunino

Fortunino ou les démons de Verdi

par La Compagnie Rêves d’Icare
De : Sabine Roy
Avec : Damien Boisseau, Mathilde Bernard, Anne Levallois, Sébastien Fouillade, Jean-Roch Miquel et Alain Péron
Mise en scène : Sophie Chevalier

Jusqu’au 1er mai 2018

Le lundi à 19h30 
Le mardi à 21h

au Funambule Montmartre
53, Rue des Saules
75018 Paris
Tél. 01 42 23 88 83

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Un riche, trois pauvres au Ciné 13 théâtre : totalement subversif !

Homme : individu autant capable du plus merveilleux que du plus atroce. L’Histoire ainsi que nos histoires ne peuvent que le confirmer. Cette ambivalence sert de terrain fertile aux écrits de Louis Calaferte que nous retrouvons au Ciné 13 théâtre. Provocante, puissante, nécessaire, souvent drôle, parfois gênante, mais toujours terriblement humaine, voici ce qu’est Un riche, trois pauvres. Une pièce levant le voile sur les dessous de nos vies qui, nous devons bien le reconnaître, ne sont pas toujours étincelants…

Un riche trois pauvres

Six personnages entrent en scène. Ils cherchent à établir un contact avec le public. À un moment, ça dérape, la première réflexion corrosive fuse. Et alors là, c’est parti !

A un rythme effréné, plus d’une trentaine de « scènes-flashs » vont se succéder. Chacune représentant une facette de l’être humain. Ainsi vont se côtoyer riches, pauvres, intellectuels, étrangers, enfants ou autres laissés-pour-compte…

Ne cherchez pas un sens particulier ou un message caché aux saynètes, il n’y en a pas. La réponse est en nous. C’est brut, ça s’entrechoque, c’est intense ! Un peu comme la vie en fait… Tout le monde peut s’y retrouver : vous, moi mais également l’autre. Tel un miroir sur notre quotidien, l’auteur nous dresse un portrait incisif et acide de l’être humain. Cependant, il n’en oublie pas l’aspect sensible, drôle et touchant, ce qui donne un équilibre parfait à l’ensemble.

La mise en scène est à l’image du reste : audacieuse et tellement juste ! Dans une espèce de chantier en pleine métamorphose, chaque objet de notre quotidien est détourné, laissant libre cours à notre imagination. Les comédiens évoluent avec un maquillage glamour à souhait, des coupes rock à vous rendre jaloux et un charisme évident. L’univers musical n’est pas en reste : la scène hyper sensuelle sur du Kavinsky a un pouvoir électrisant…

Ce qui m’a probablement le plus interpellé au cours de la représentation, ce sont les réactions du public. J’ai vu une personne rire en même temps qu’une autre être choquée, voire outrée. Le spectacle se joue donc aussi bien sur scène que dans la salle. C’est totalement fascinant !

Au final, une chose est sûre, vous ne sortirez pas indifférents de ce vibrant cri du cœur.

by Jean-Philippe

Un riche trois pauvres

Un riche, trois pauvres

De : Louis Calaferte
Avec : Tamara Al Saadi, Laura Mello, Omar Mebrouk, Charlotte Bigeard, Ismaël Tifouche Nieto, Geoffrey Mohrmann en alternance avec Sam Giuranna
Mise en scène : Clio Van de Walle

Jusqu’au 6 mai 2018

du mercredi au vendredi à 21h
le samedi à 19h et le dimanche à 18h

Au Ciné XIII Théâtre
1, avenue Junot
75018 PARIS

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François Martinez dans Menteur ? : magiquement barré

François Martinez est un joyeux magicien, manipulateur. Avec son spectacle Menteur ? au Palais des Glaces, il démontre aussi bien sa capacité à tromper les spectateurs consentants que sa facilité à nous bluffer. Car il y a des tours pour lesquels il nous est bien difficile de trouver le truc comme celui de la canette de cola.

François Martinez

Bonheur, un magicien mentalisme qui ne fait pas de story-telling mielleux pour mieux nous faire avaler des couleuvres. Pas de grimoire d’enfant hérité de son grand-père ou autre, pas de passion dès le plus jeune âge… pas de bleuettes à l’anglo-saxonne qui sentent le fake à plein nez.
Non, juste une révélation à la fin du spectacle, en guise de conclusion et de note d’espoir pour toutes celles et ceux qui voudraient changer de vie.

Sur la petite scène du Palais des Glaces, difficile de dissimuler quoi que ce soit, la proximité avec le public est totale.
Malgré la contrainte, François Martinez arrive à faire une entrée spectaculaire.
S’ensuit un échange généreux avec le public. Il y a de l’humour, de la complicité. Rien ne lui échappe et rien ne peut le déconcentrer : ni le spectateur trop bavard du 1er rang, ni la spectatrice étourdie une fois arrivée sur scène.

François Martinez capte tout et voit tout puisqu’il arrive à anticiper les choix des spectateurs qu’ils sollicitent. Ça nous impressionne toujours.
Il fait de vrais tours, entre deux blagues, du plus simple au plus bluffant.

Menteur ? est un spectacle de magie avec de l’humour. Irrésistible, ingénieux et bien rythmé.

François Martinez est un artiste attachant, ce qui est une qualité plutôt rare dans le milieu de la scène. Il y a une vraie sincérité qui nous illumine en sortant de la salle.

François Martinez

Menteur ?
de François Martinez

au Palais des Glaces
37 rue du Faubourg du Temple
75010 Paris 

jusqu’au 30 mai 2018

Tous les mardis et mercredis à 20h00
Relâche le mardi 15 mai

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Réversible par Les 7 doigts @ La Seine Musicale : fougueux !

Claquements de portes à tout va, déplacement de cloisons à La Seine Musicale du 5 au 17 juin, ce n’est pourtant pas un vaudeville. La géniale compagnie québécoise de cirque Les 7 doigts de la main nous revient avec Réversible. Un spectacle aussi beau, fougueux, poétique qu’aérien.

photo Alexandre Galliez

Magnifique duo sur mât chinois

Un numéro à la fois fort visuellement, romantique et saisissant. Un garçon à bretelles à la carrure de rugbyman, Julien et une fille frêle, vêtue d’une jupe légère, Emilie. Ils sont mariés, la confiance est totale. 
Il n’en faut pas plus pour former un duo qui allie grâce et tour de force, portée sans défaillir et chute avec retenue ultime.
Un numéro en suspend inoubliable. 

Murs mobiles 

La scénographie, comme à chaque spectacle créé par Les 7 doigts de la main, est propice à tous les possibles, à tous les débordements.
Le décor est littéralement un partenaire de jeu à part entière.
Tout tourne autour de trois pans de murs qui s’assemblent, se séparent au gré des numéros. Les circassiens sortent des fenêtres, grimpent les murs, disparaissent, dissimulent les agrès des numéros suivants. Ingénieux !

photo Cimon Parent

 

Multitudes d’accessoires

Il y en a pour tous les goûts. Éventail rouge passion, fouet qui claque pour apprivoiser le vide autour de soi, skateboard intrépide, casquettes folles, ballons et balles. Tout est matière à jeu, mouvement, accroche visuelle et tentative de s’extraire de l’apesanteur. 

Bande musicale à shazamer 

Les chansons et musiques sont des partitions très bien dosées pour accompagner les solos, duos et jeux collectifs. À chaque numéro, le titre tombe juste, un sans faute.
On a grave envie de laisser l’appli Shazam ouverte pendant tout le spectacle pour garder tout en mémoire et se souvenir des jolies choses que l’on a vu sur scène, une fois rentré chez soi.
Une fois reçu le programme par mail, on apprend que les titres ont été créés pour le spectacle par des artistes de Montréal. 

Image de prévisualisation YouTube

Réversible

par Les 7 doigts de la main 

du 5 au 17 juin 2018

à La Seine Musicale
Île Seguin
92100 Boulogne-Billancourt

Avec : Maria del Mar Reyes Saez, Vincent Jutras, Jérémi Lévesque, Natasha Patterson, Hugo Ragetly, Émilie Siliau, Julien Silliau, Émi Vauthey
Mise en scène Gypsy Snider Assistance à la mise en scène  Isabelle Chassé 
Collaboration recherche sur le mouvement Phillip Chbeeb & Hokuto Konichi (AXYZM)
Assistante Chorégraphique Kyra Jean Green
Chorégraphie Mât Chinois Shana Carroll

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Elektrik : la contagieuse comédie électro de Blanca Li

La géniale chorégraphe Blanca Li revient en force avec une bande de 8 beaux gars danseurs, acrobates et trublions.
Elektrik est une joyeuse création aussi colorée que relevée, qui fait la part belle aux jeux de bras, au-dessus de la tête, devant, derrière, mais aussi en duo. Le Théâtre Le 13ème Art devient une formidable piste de danse aussi frénétique que désopilante.

C’est certainement dans ses gènes et sans doute aussi dans son métisse de cultures – espagnoles et françaises – : Blanca Li aime le mélange des genres !
Alors que je pensais assister à un spectacle de danse électro pure, je me retrouve devant un premier tableau assez déroutant : des hommes en costume noir et chemise blanche masqués de têtes de volatiles débutent leurs pas de danse sur de la musique classique.
La chorégraphe balaie les clichés et aussi les attentes : pas de sweat à capuche, ni de cabrioles pour entrer dans son monde Elektrik.
Belle perfomance de Vexus, Goku, Big Jay et leurs potes.
Pour avoir passé une soirée avec un masque de poney, je comprends la difficulté de danser avec un masque en caoutchouc qui sent (oui l’odeur fait partie du jeu), qui fait transpirer et réduit considérablement le champ de vision.

Elektrik
photo Dan Aucante
Elektrik
photo Dan Aucante

L’électro comme on peut l’imaginer arrive au tableau suivant à grands coups de beats, ça danse, ça pulse. Blanca Li renoue avec un genre totalement inconnu des moins de 20 ans mais apprécié un temps par la jeunesse France et la chanteuse Yelle : la tecktonik.
Le principe étant de danser en gesticulant un maximum les bras dans tous les sens, au-dessus de sa tête, devant, derrière… Il faut bien entendu une agilité totale et bien s’échauffer les poignets.
La chorégraphe s’amuse de cette danse has-been, le mixant avec les danses urbaines pour une délicieuse charge visuelle avec des moments complètement bluffants comme ce jeune homme-élastique, Taylor Château, alias Taylor capable de contorsions aussi spectaculaires que flippantes. La séquence unisson, où la synchronisation des danseurs les uns aux autres force le respect.
Sans oublier le ballet à semelles lumineuses, plus qu’un simple gadget, une vraie réinvention de la danse contemporaine.

Au fur à mesure des tableaux, les vestes, chemises vont laisser place à des débardeurs, des torses nus athlétiques ou des des t-shirts colorés.

Elektrik est un spectacle surprenant, vibrant, fougueux, généreux, drôle et insolent. A partager en famille, entre amis…

Elektrik

Elektrik
chorégraphie et direction artistique : Blanca Li
avec : Mamadou Bathily alias BATS, Roger Bepet alias BIG JAY, Taylor Château alias TAYLOR, Jérôme Fidelin alias GOKU, Slate Hemedi alias CRAZY, Adrien Larrazet alias VEXUS
, Jordan Oliveira alias JORDY, Filipe Pereira alias FILFRAP

jusqu’au 14 avril 2018

au Théâtre Le 13ème Art 
Place d’Italie
75013 PARIS

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Compartiment Fumeuses : inespéré et touchant éveil à la vie

Les notions d’évasion, d’épanouissement ou tout simplement de beauté ne nous viennent pas à l’esprit lorsque nous évoquons l’univers carcéral. Pour autant, c’est bien de tout cela dont il s’agit dans Compartiment Fumeuses. Deux femmes que tout oppose font connaissance dans un espace restreint, dénué en apparence de toute liberté. Aucune n’imagine alors que cette promiscuité forcée va leur permettre de s’affranchir. Au Studio Hébertot, découvrez leur improbable rencontre apportant éclat et tendresse là où nous ne l’attendions pas…

Suzanne est une jeune femme forte et insoumise. Fille de chalutier breton au physique imposant, elle dicte sa loi en prison, allant même jusqu’à obtenir certains privilèges de la part de la gardienne. Multirécidiviste, kleptomane de nature, elle a commis de menus larcins afin d’égayer le quotidien de son fils.

Tout va changer lorsqu’une voisine de cellule lui est imposée. Il s’agit de Blandine de Neuville. Frêle, distinguée et élégante, elle est ancienne professeur de français d’un âge certain. En attendant son procès, elle est ici en détention provisoire, pour la première fois.

Ce sont bel et bien deux mondes distincts qui se rencontrent. Le contraste entre la culture, l’éducation ou le milieu social va peu à peu s’estomper au fil des jours grâce à leur bon sens sous l’œil quelque peu jaloux de leur geôlière.

Ainsi, elles s’ouvrent mutuellement et se confient avec pudeur et délicatesse. Chacune trouve en l’autre le moyen de combler un manque. Tandis que Blandine apaise de sa bonté la colère de Suzanne, celle-ci lui témoigne une affection respectueuse et désintéressée. De là vont se tisser des sentiments forts et inattendus…

Compartiment fumeuses

Un message vital

Dans cette pièce, l’être humain se confronte dans ses ambiguïtés avec une justesse et une finesse inouïes. Toute la portée du texte de Joëlle Fossier tient dans le fait d’éclairer des thèmes aussi sombres que la prison, la violence faite aux femmes ou l’injustice grâce à la douceur, la bienveillance, l’espoir et bien entendu l’amour.

Au final, ce qui est le plus intense dans cette œuvre, c’est l’incroyable force de sa poésie…

En femme désabusée par la dureté de la vie, Sylvia Roux nous émeut. Quant à Bérengère Dautun… Nous sommes sous le charme… Au cours de la pièce, lorsque nous arrivons à capter son regard devenu pétillant, des frissons nous parcourent. Car c’est bien dans ses yeux que nous comprenons l’importance et la puissance de l’amour… Nathalie Mann vient compléter ce merveilleux tandem en surveillante tiraillée entre la dureté de sa fonction et son cœur, caché mais bien présent.

Compartiment Fumeuses est une histoire de femmes devenues libres. Tout y est sublime… Comme elles, comme toutes les femmes.

by Jean-Philippe

Compartiment fumeuses

Compartiment Fumeuses

De : Joëlle Fossier
Mise en scène : Anne Bouvier
Avec : Bérengère Dautun, Sylvia Roux et Nathalie Mann

Jusqu’au 14 avril 2018

Les jeudis, vendredis à 19h et le samedi à 21h

Au Studio Hébertot
78, bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
tél. 01.42.93.13.04

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Dom Juan ou les limbes de la mémoire : mise à nue de l’éternel séducteur

Interpréter Dom Juan est pour Patrick Rouzaud une passion évidente. Au fil du temps, ne pouvant pas se résoudre à abandonner le plus beau rôle de sa vie, il décide de détourner et d’adapter le texte original pour en imaginer une version inédite. Ainsi, Dom Juan ou les limbes de la mémoire, au Théâtre La Croisée des Chemins, est un pari inattendu et réussi où le personnage de Molière se dévoile à travers une étonnante introspection à la lisière de sa vie…

L’effet de surprise commence dès notre arrivée. En effet, un bureau en bois surmonté d’une lampe d’un autre temps fait face à une confortable méridienne. Tel un rendez-vous chez le psychanalyste, les comédiens investissent l’espace.

Face à un homme énigmatique, Dom Juan s’allonge. Il semble fatigué, usé. Nous comprenons alors qu’il arrive à un moment où il doit faire le bilan de sa vie passée. Un huis clos débute.

Guidé adroitement par ce mystérieux homme, la mémoire de l’illustre enjôleur se met en marche. Insidieusement, les fantômes de ses souvenirs se réveillent.

Ainsi, la réflexion des conséquences de ses actes sur sa propre vie mais également sur son fidèle valet Sganarelle, son épouse bafouée Done Elvire ou encore son père dupé, oblige Dom Juan à effectuer un voyage au plus profond de son intimité. S’il se livre à nous avec le panache de sa splendeur passée contrastée avec l’angoisse perceptible de sa mort prochaine, va-t-il réussir à affronter ses démons ?

En repoussant Dom Juan dans ses propres retranchements, ce remarquable cheminement permet de mettre en avant une facette méconnue du personnage, développant ainsi son caractère humain et vulnérable. Le plaisir de Patrick Rouzaud a interpréter son rôle ne fait que renforcer l’intensité des mots de Molière habilement sélectionnés. Le tout est souligné par une mise en scène astucieusement réfléchie.

C’est grâce à des adaptations comme Dom Juan ou les limbes de la mémoire que les classiques traversent le temps et continuent à nous surprendre !

by Jean-Philippe 

Dom Juan ou les limbes de la mémoire

Dom Juan ou les limbes de la mémoire

De : Molière
Adaptation : Audrey Mas
Mise en scène : Sonia Ouldammar
Avec : Patrick Rouzaud et Aymeric Marvillet

le dimanche à 15h30
du 18 mars au 20 mai 2018
(relache le 22 avril et les 6 et 13 mai)

Au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris
Réservations : 01 42 19 93 63

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Comédiens ! au Théâtre de la Huchette : un trio virtuose

Pour ses 70 ans, le Théâtre de la Huchette s’offre un retour dans le passé à la fois musical, pétillant et original.
Comédiens ! pose un regard en coulisses à travers 3 personnages qui se préparent à leur soir de première parisienne.
Contraintes scéniques, débrouilles, foirages, révélations… ; les répétitions sont un joyeux bordel en chansons.

Comédiens

Ça répète à la Huchette

Pierre et Coco, couple de théâtre, lui est metteur en scène-comédien, elle muse et comédienne, s’activent pour la représentation du soir. Ils ont fait appel à un autre comédien au pied-levé, Guy, pour assurer le remplacement de leur partenaire de jeu habituel.
Retard, scène trop petite pour le décor, mémoire qui flanche, savonnages et autres cafouillages vont être le lot de ce filage improbable et incroyablement rythmé.
Sur scène, ça rit, chante, s’active.
Le mélange des genres est jouissif : vaudeville, comédie musicale, chansons gaudrioles, chansons avec fond, vaudeville et aussi drame.

Comédiens

A star is born : Marion Préïté

On s’attache très vite à ce trio.
Fabian Richard est un metteur en scène aussi séduisant qu’excessif. Marion Préïté, a star is born, touche par sa joliesse et son envie d’émancipation. Cyril Romoli campe un trublion aussi sensible que talentueux.
Peu à peu, les aspérités de chaque personnage apparaissent, déstabilisent l’équilibre précaire d’une création artistique. L’esprit de Pierre s’échauffe à cause de la pression.
La fin déstabilisera sans doute quelques-uns.unes, preuve que le compromis n’a pas sa place même en chansons.

Comédiens ! est une comédie lumineuse, un superbe trio d’acteurs et une très fine écriture de théâtre.

Comédiens

Comédiens !

librement inspiré de l’opéra Paillasse de Ruggero Leoncavallo
Concept et mise en scène : Samuel Sené
Livret et paroles des chansons : Eric Chantelauze
Musique : Raphaël Bancou 

Avec Fabian Richard, Marion Préïté et Cyril Romoli 

du mardi au samedi à 21h
matinée le samedi à 16h

au Théâtre de la Huchette
23, rue de la Huchette
75005 Paris
Tél. 01 43 26 38 99

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Airnadette, le pire contre-attaque : encore + fort et + barré !

Retour en force, avec costumes de dingos, répliques imparables, choré de ouf et énergie au top du groupe Airnadette.
Le air-jeu est poussé à son comble via un scénario complément barré.
On retrouve Moche Pitt en collant rouge moulant hum hum, Jean-Françoise toute de noir vêtue telle Cat Woman, les griffes en moins. Château Brutal type Idole des jeunes encore en vie, Scotch Brit sexy en diable et M-Rodz égale à elle-même : incontrôlable !

Pour canaliser tout ça et pour ambiancer la foule, Philippe Risotto mouille le tee-shirt, hurle, plus diabolique que jamais.

Airnadette

Airnadette ou l’énergie du désespoir

Bien sûr, c’est le pur bonheur de retrouver la bande plus apprêtée que jamais.
Mais un être d’exception manque à l’appel. Le petit torse imberbe et tatoué de Gunther Love n’est pas de la partie. Il aurait été enlevé par des extra-terrestres. :-/

Les 5 inséparables ou 5 fantastiques vont alors partir pour un voyage dans le temps et l’espace pour retrouver leur ami. Il y a aura des épreuves, des doutes et des révélations à hurler de rire.

Airnadette

Une partition à la bidouille de génie

Le travail de recherche, de découpe, d’extraction de bouts de dialogues de films, émissions télé (Dorothée) ou autres pubs est assez bluffante. On évalue difficilement le temps passé à sélectionner tous ces éléments et à les monter pour faire une histoire.

Le rythme semble plus endiablé que pour le précédent spectacle que l’on a vu 2 fois. Ça fuse de partout, Philippe Rissoto revient à la charge en continu.

Les effets visuels sont de la partie avec un écran, au système super ingénieux, pour assurer décors, paroles type karaoké et autres inventions du cru Airnadette.

Verdict : on rit un peu moins qu’avant, sans doute parce que l’on connaît la mécanique ou qu’il y a tout à redécouvrir. On aimerait que les chansons soient un poil plus longues pour air-chanter en chœur.

Mais Airnadette assure comme des Dieux du Stade de baby-foot, avec un calage labial et physique quasi parfait.
On se croirait dans un jeu vidéo. Aucun temps mort, des montages ingénieux, du suspense.
Est-ce que Gunther Love nous manque vraiment ? Il est présent autrement ! Et c’est tant mieux.

Bonus : ce vendredi soir, en première partie la troupe du Cabaret Madame Arthur qui reprend des tubes français et internationaux à l’accordéon. Génial !

Airnadette

Airnadette
Le pire contre-attaque

avec Moche Pitt, Chateau Brutal, Scotch Brit, Jean-Françoise, M-Rodz et Philippe Risotto

Nouveau spectacle en tournée en France et dans le monde :
14 avril : Landiviau
19 avril : Bethune
21 avril : Rennes

3 mai : Romans-sur-Isère
4 mai : Onex (Switzerland)

2 juin : Lons
23 juin : Sète (Festival Quand je pense à Fernande)

25 août : Frossay – Festival Couvre Feu

26 octobre : Esch-Sur-Alzette, Luxembourg

site officiel : airnadette.com

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Trop tout : agréable partage avec Nadine Charvolin

Quelle personne ne s’est jamais entendue dire au moins une fois dans sa vie : «Tu ne fais rien comme tout le monde, fais les choses normalement ! ». Mais normalement pour qui, par rapport à qui ou à quoi ? Avec le concours de sa personnalité affirmée et lassée de cette notion de « normalité », Nadine Charvolin a donné naissance à Trop tout. À son image, découvrez au Théâtre la Croisée des Chemins un seule-en-scène à la fois dynamique, authentique et subtilement touchant.

Trop Tout

Dès sa naissance, Nadine Charvolin a tout de suite su qu’elle était différente : trop grande, trop mince puis trop grosse, trop de caractère, trop de joie de vivre communicative (oui, oui, on le lui a reproché !). La façon dont elle évoluait et s’épanouissait ne correspondait pas à la «norme». Pour autant, elle était parfaitement intégrée à la société mais quelques remarques ou de petits mots lui rappelaient régulièrement qu’elle tanguait dangereusement sur le mauvais côté du cadre.

Cette différence revendiquée la mène a des rencontres cocasses, pittoresques, surprenantes et paradoxalement banales qu’elle se décide à nous raconter. Tout y passe, les hommes bien sûr, les collègues de travail, la crise identitaire des adolescents, les ami(e)s…

Nous allons donc passer un peu plus d’une heure à rire, à rêver, à se révolter ou à réfléchir sur ces situations faisant finalement partie de notre quotidien. D’ailleurs, la comédienne n’hésite pas à entrer en interaction avec le public. Elle sait donner le ton pour nous transporter dans son univers composé de musique, de bonne humeur, d’une fine autodérision et d’un humour subtil auquel nous adhérons !

Ainsi, lorsque les lumières s’éteignent, une inattendue et amusante table ronde se met en place avec Nadine, notre nouvelle copine. Nous commençons alors à bavarder, à échanger, à rire encore et surtout à partager. Au final, toute la portée de ce spectacle au genre aussi indéfini que son initiatrice est là. Se servir de son histoire afin de créer un contact humain et c’est très (nous pourrions même dire trop !) plaisant. 🙂

by Jean-Philippe 

Trop Tout

Trop tout

De et avec : Nadine Charvolin
Mise en scène : Nadine Emin, Thomas Bobichon

Les samedis et dimanches à 19h30

Jusqu’au 22 avril 2018

Au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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