Archives de catégorie : Spectacles

Les bijoux de pacotille : tendre regard intérieur sur l’enfance

Quel enfant n’a jamais entendu de la part de ses parents : « Comment feras-tu lorsque nous ne serons plus là ? » Céline Milliat Baumgartner le découvre à l’âge de 9 ans. Dans Les bijoux de pacotille, au théâtre Paris-Villette, elle part à la (re)découverte d’une jeunesse trop tôt envolée. Ainsi, en ouvrant avec douceur et élégance la porte d’une enfance faite de souvenirs disparus, fantasmés ou inventés, cette œuvre universelle vient délicatement frapper à la nôtre…

Après avoir épuisé un adolescent novice, la jeune et espiègle Céline rejoint paisiblement le pays des songes. Il faut dire qu’elle a l’habitude des baby-sitters avec un père souvent absent pour le travail et une mère actrice. Sauf que le lendemain matin, à son réveil, ils ne sont toujours pas rentrés et elle s’interroge…

les bijoux de pacotilleArrive alors son grand-père, lui donnant des bijoux de pacotille appartenant à sa mère. Ce sont les seuls rescapés d’un tragique accident. Débute ainsi pour la jeune fille une nouvelle vie d’enfant sans parent…

En s’apprêtant à devenir maman à son tour, Céline Milliat Baumgartner ressent le besoin d’écrire afin d’affronter les manques, absences et incertitudes de son passé. Enfin, ce beau travail de réparation la mènera à s’interroger sur la façon dont chaque individu se sert de ses souvenirs, de sa mémoire et de ses fantômes afin d’en dégager le terreau rêvé de sa vie d’adulte.

les bijoux de pacotille

Sur scène se dévoilent des photographies anciennes, des films Super 8, un rapport de police, de subtils tours de magie, un surprenant miroir ou des pointes virevoltantes sur le Lac des Cygnes… Accompagnés de plus d’une mise en scène aérienne et intime de Pauline Bureau, nous sommes saisis par l’univers sensible de la narratrice et ce qu’elle génère au plus profond de nous-mêmes.

Au final, c’est là toute la profondeur de cette pièce : un doux et imprévisible partage…

P.S : la scène où Céline Milliat Baumgartner s’enivre et s’enlace grâce à l’intensité d’un souvenir olfactif est d’une rare beauté…

by Jean-Philippe

les bijoux de pacotille

Les bijoux de pacotille

De et avec : Céline Milliat-Baumgartner
Mise en scène : Pauline Bureau

vendredi 19 janvier à 19h
samedi 20 janvier à 20h

Au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean Jaurès
75019 Paris

Reprises :

Bateau de feu, Dunkerque les 22 et 23 février
Théâtre du Rond-Point, Paris, du 6 au 31 mars
Théâtre de Chelles, le 6 avril

Le livre Les bijoux de pacotille
(Éditions Arléa)

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Claudia Tagbo – Lucky girl à l’Olympia du 18 au 21 janvier !

Claudia Tagbo poursuit sa tournée avec Lucky, un spectacle rythmé qui allie poésie, sketch, stand-up, danse et chant. L’humoriste renouvelle le genre du spectacle comique qui se résume trop souvent à un enchaînement de sketchs.
Du 18 au 21 janvier, elle affiche son nom sur la façade de l’Olympia en néons rouge passion, rouge diabolique pour séduire son public.

Claudia Tagbo

Lucky you!

L’entrée sur scène n’est pas hystérique comme les stars de l’humour nous habituent à chacune de leur prestation. Claudia Tagbo débute avec une bande-musicale efficace. Un détail qui a son importance : elle est assise.
On commence à envisager le pire, se dire que l’on aurait dû rester chez nous. 

Claudia est, en fait, une vraie joueuse, démoniaque, qui aime chahuter son public, le piéger et lui faire perdre ses repères. Sa performance est brillante, elle peut aussi bien hurler, que parler en douceur, feindre le détachement qu’exiger une participation très active des spectateurs. Rien ne lui échappe et n’hésite pas à relever certaines réactions spontanées de spectateurs. Poilant ! 

Et au final, on se prend à rire de son enfance dans une famille nombreuse, de la  géniale non-chalance de son père, de son choix de ne pas faire d’enfant ou encore de l’utilisation d’une serviette de bain à la sortie de douche.

Le duo qu’elle forme avec son musicien est un vrai plus pour insuffler un supplément de rythme à une performance intelligente.

 

Claudia Tagbo

Claudia Tagbo
Lucky

Les 18, 19 et 20 janvier à 20h
matinées les 20 et 21 à 16h30

 

à L’Olympia
28 Boulevard des Capucines
75009 Paris

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Paysages intérieurs : les rêveries de Philippe Genty @ Le 13ème art

Philippe Genty explore les tréfonds de ses rêves où son imaginaire est sans limite. Ses Paysages intérieurs sont aussi intriquants, drôles, surréalistes que flippants ou sensuels.
Sur la scène du Théâtre Le 13ème Art, les artistes sont comme en suspension, dans un entre-deux, entre deux réalités, entre deux sommeils. 

Paysages intérieurs

Dans les Paysages Intérieurs de Philippe Genty, il y a un double en modèle réduit, de drôles de bestioles, une femme à très longues jambes, un bonhomme de neige, un chalet qui brûle, une opération à bras ouverts.

Le spectacle mélange les disciplines : marionnettes, danse, acrobaties, chant, effeuillage, travestissement, jonglage avec du plastique… L’attention est sans cesse sollicitée. 

Ce qui bluffe dans cette série de tableaux c’est la mise en scène qui dissimule avec brio toute la mécanique pour arriver à ses fins. 

Faisceaux de lumière, toiles en tissu qui se gorgent d’air, trou pour apparaître ou disparaître. Les inventions sont légion pour créer l’illusion d’un monde sans contrainte. 

On peut regretter deux-trois longueurs au cours de la soirée, mais le rêve a sa propre temporalité qui parfois nous dépasse. 

En sortant, il y a forcément une image forte que l’on garde en mémoire. 

Paysages intérieurs

Paysages Intérieurs 

Mise en scène et scénographie : Philippe Genty
Chorégraphies : Mary Underwood
 Assistés par : Nancy Rusek et Éric de Sarria
 Création musicale : René Aubry
Avec : Amador Artiga, Maja Bekken, Balázs Jerger, Scott Koehler, Simon Rann, Madeleine Fredstad Roseth, Benedikte Sandberg

 

Jusqu’au 21 janvier 2018 

Théâtre Le 13ème Art
Centre commercial Italie 2
Place d’Italie
75013 Paris

Site officiel de la compagnie : www.philippegenty.com

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Enooormes : la grossesse (en)chantée de 3 drôles de dames !

Les joies de la grossesse en chansons ?
Sur le papier, l’idée est complément folle.
Sur la scène du Théâtre Trévise, trois filles terribles au charisme d’enfer, pétillantes à souhait.
Le spectacle musical Enooormes parle forcément aux femmes mais ne manque pas d’attrait pour les hommes.
La preuve ! 

Enooormes

Enooormes pour 9 mois 

La fantaisie est posée dès le début : trois super copines – qui ne se ressemblent pas, ni en caractère, ni en personnalité – apprennent leur grossesse en même temps.

S’ensuit une délicieuse histoire autour du choix de garder ou non l’enfant, de ce que cela suppose de bouleversements dans la vie, de tracas physiques… 

Audacieux de chanter la péridurale, l’attente de l’enfant ou encore la fringale de fraises ! 

Ces trois interprètes (Anais Delva, Cécilia Cara et Manon Posta, le soir de la générale) sont excellentes, assumant les contradictions de leur personnage tout en se donnant corps et voix à leur performance scénique.  

Ma voisine, trentenaire : « forcément, on se reconnaît au moins dans l’une de ces trois femmes !«  

Enooormes est pour toutes les femmes, les mamans comblées et celles qui n’ont pas encore un petit à leur côté.
Mais aussi tous les hommes, pères ou non ; certains pourraient être tentés de se mettre au chant pour soulager leur partenaire, à la maternité. 
Au fond, tout est plus doux en chanson.

Enooormes

Enooormes

Mise en scène Emanuel Lenormand
Livret Alyssa Landry et Emanuel Lenormand
Musique Thierry Boulanger
Avec Cécilia Cara, Anaïs Delva et Marion Posta
Et en alternance, Claire Pérot, Magali Bonfils et Dalia Constantin


Du jeudi au samedi à 21h
matinée à 17h 

Théâtre Trévise
14 Rue de Trévise
75009
Tel. 01 45 23 35 45

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Paul Taylor #Franglais : fucking great show! @ La Nouvelle Eve

#Franglais est un chef d’œuvre du stand up ! Avec Paul Taylor, on a l’impression d’être bilingue quand il nous parle anglais, on n’a plus honte de notre accent pourri même si le sien est imperceptible – ce qui, sincèrement, pourrait nous le faire détester à jamais.
On se fout aussi bien de notre gueule que de tous ces étrangers qui ne comprennent pas les subtilités de notre culture d’Assédic, de bises et autres « chier ». 

Paul Taylor

Paul Taylor is the one! 

Alors oui, bien sûr, nous Français nous avons des travers, de drôles de mœurs et une faculté à décontenancer les irréductibles Anglo-saxons et tous les autres qui cherchent à apprendre notre belle langue. 

Paul Taylor qui affiche 8 années passées en France et une femme de notre cru n’a pas à chercher bien loin pour trouver matière à rire.
Mais son talent est dans son sens aigu de l’observation, dans sa capacité de révélation et sa relative exagération de certains de nos traits.
Et surtout, il ne nous fait pas le coup des Français râleurs, comme beaucoup d’autres ! #ThankGod

Le garçon est inventif quand il s’agit de recréer les situations aberrantes que nous pouvons vivre ou infliger aux autres. Le sketch de la bise en intro du spectacle est hilarant !

Ses coups de gueule ponctuent la soirée avec des Fuck bien placés, comme des gimmicks. Putain, on adore !! 

Il s’hydrate avec une pinte de bière ; franchement ça claque tellement plus que la bouteille d’eau minérale de Florence Foresti. 

Le débit de parole est effréné, Paul Taylor peut faire l’effet d’un stroboscope sonore.

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Dans la salle ce vendredi, une large part de Frenchies (mot que le stand’upeur ne prononcera jamais de la soirée, pourtant c’est tentant !) mais il y a aussi des Anglais, Américains, Chinoise, Colombienne et Italiennes, Danois.
Une seule victime est à déplorer : la Biélorusse du premier rang ne se remettra sans doute jamais de sa première expérience de bise made in France – faut dire qu’elle n’a pas eu trop le choix.

Paul Taylor

Paul Taylor
#Franglais


Jusqu’au 31 mars 2018 

Les jeudis vendredis, samedi à 20h 

À La Nouvelle Eve 
25, rue Pierre Fontaine
75009 Paris

Et en tournée en mars, avril et mai à : Nantes, Bordeaux, Lyon, Lucé, Rouen

Site officiel  : www.paultaylorcomedy.com 

Bonus 1 : j’ai été refroidi par une Anglaise saoule, hystérique, agressive, casse-b… sur les Champs-Elysées pas plus tard que le soir du 31. Elle m’a clairement pourri mon feu d’artifice de la nouvelle année. Passer la soirée avec Paul Taylor m’incite grandement à la pardonner.
Il est tellement attachant qu’il nous ferait même aimer la Princesse Camilla ! 

Bonus 2 : profond respect à cette spectatrice du 1er rang qui a traduit en direct et en langue des signes le spectacle à sa voisine. Vu le débit de parole de Paul Taylor et l’absence de pause, la performance est à saluer. 

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Orphée et Eurydice à bicyclette : romance musicale virevoltante !

L’amour est le sujet inépuisable de la douce folie créatrice de Pierre Lericq. Cette fois, il a décidé de sauver l’humanité à travers l’épopée cycliste d’Orphée et Eurydice, un couple héroïque né à Ouessant.
Jeu de mots, chants passionnés, sauts de cabri et euphorie pour cette création à l’affiche du Lucernaire. 

Orphée et Eurydice

Orphée et Eurydice à bicyclette : #foliedouce 

Pierre Lericq, auteur prolixe à la tête d’une institution scénique : Les Épis Noirs, change exceptionnellement de partenaire de jeu après la reprise d’un succès Flon-Flon et Romance sauvage.
Il a préféré cette fois Marie Réache à Manon Anderson. Mais cette dernière n’est pas loin, en signant la mise en scène. 

Sur scène se joue une comédie tragique, une tragédie drôle, un va-et-vient incessant de chants, incarnations et apartés. 

Car Pierre et Marie interprètent à la fois les comédiens Bernard et Jeanine, les héros Orphée et Eurydice, et leurs parents.
Avec peu d’accessoires, un cadre lumineux, une mèche de cheveux rabattue ou un accent italien volontairement approximatif, les personnages virevoltent, vibrent, aiment, complotent, s’égarent…

C’est intense comme toujours avec Pierre Lericq, c’est faussement naïf quand il est question de chanter l’amour.
C’est beau tout simplement car universel, essentiel.

Orphée et Eurydice à bicyclette nous emporte par les brins de poésie, la jeunesse des cœurs, l’humour décalé, le charme de ses excellents comédiens-chanteurs. 

Orphée et Eurydice à bicyclette

Orphée et Eurydice à bicyclette

De Pierre Lericq
Mise en scène : Manon Anderson
Avec Marie Réache et Pierre Lericq

Jusqu’au 10 février 

Du mardi au samedi à 21h 

Au Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tel. 01 45 44 57 34 

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L’addiction c’est pour moi de Doully : show pétillant à découvrir absolument

Qui peut se targuer de n’avoir aucun vice ? Nous avons tous des petits travers qui font partie intégrante de qui nous sommes. Doully Millet l’assume ! Elle nous propose, au Théâtre du Marais, un récit de sa vie avec beaucoup de dérision sur toutes ses mésaventures marquées par les addictions.

Doully

Les trois « marraines fées » de Doully se penchent sur son berceau à sa naissance. La première lui offre le goût du théâtre et de la tragédie. La seconde lui donne la force d’y arriver et la troisième se prend les pieds dans sa cape en disant «Eh merde, j’ai encore trop picolé !» Nous retrouvons dans le spectacle la subtile combinaison de tous ces dons.

Après avoir savouré les plaisirs que la vie pouvait lui offrir, Doully a décidé de s’en éloigner avec le temps et pour diverses raisons. Si son esprit s’en trouve libéré, son physique singulier peut porter à confusion. Ceci la mène à des situations abracadabrantes.

Entre son insomnie, ses petits boulots, ses amis, ses rencontres avec des inconnus, les préjugés, nous nous retrouvons tous dans ces tranches de vie. Pendant plus d’une heure, Doully nous embarque avec elle dans une folie libératrice au troisième degré où elle est parfois grossière mais jamais vulgaire. Elle a un talent fou pour narrer les choses. Vous allez vraiment devenir addict !

Doully

Au-delà du rire qu’elle manie à la perfection (quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que j’avais des abdos !), nous nous attachons à ce personnage atypique dont la sensibilité nous touche pleinement…

Une belle rencontre qui donne le sourire bien au-delà du spectacle. Je vois encore le regard suspicieux de badauds bien-pensants dans la rue quant à mon sourire béat. La seule réponse qui me vient alors est : «Que c’est bon de laisser libre cours à ses addictions ! » 😉

by Jean-Philippe

Doully

L’addiction, c’est pour moi !

de et avec : Doully
Metteur en scène : Nicolas Vallée

tous les mercredis à 21h15

Au Théâtre du Marais
37 Rue Volta
75003 Paris
Tel. 01 71 73 97 83

FB officiel de Doully : DoullyOfficiel

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Laurent Sciamma : débuts prometteurs avec Une heure debout

L’Echapée Volée et Les Inrocks ont repéré Laurent Sciamma dans son petit écrin du 11e à banquettes vertes moyennement confortables : la Comédie des 3 Bornes.
Ici, les trentenaires sont légion, s’amusant des incohérences, aberrations ou autres contrariétés de la vie quotidienne relevées par ce jeune stand’upeur. 

Laurent Sciamma n’a pas le physique d’un musclor type Jean-Claude Muaka, n’a pas des yeux bleus renversants de Gad Elmaleh, ni même la blondeur indécente de Geremy Credeville. Et pourtant, il n’est pas impossible de s’attacher à lui car il a un don : l’empathie ! 

Et puis, au fond, c’est assez stimulant d’assister à l’éclosion d’un jeune talent, sur scène. Il prévient : « le spectacle est en rodage, il est différent chaque soir, je tente de nouvelles blagues.« 

La durée est donc variable. L’humoriste vérifiera l’heure au cours de la soirée pour s’assurer qu’il ne déborde pas trop. Ce mercredi, l’heure annoncée sur l’affiche sera largement dépassée de plus de 20 minutes.
Bien sûr, on a un peu chaud, une crampe à la fesse droite commence à nous violenter mais on lui pardonne. 

Laurent Sciamma affiche donc ses 32 ans avec modestie. Il rit en baissant la tête – un brin de timidité ? – ; garde encore sa liste de sketchs sur une feuille, comme un chanteur et ses chansons. On ne sait jamais, il pourrait perdre en pleine digression.

Il nous fait rire de choses simples comme des nouveaux Transiliens, de poules, de journal intime, de célibat et de son martyr consentant orchestré par ses deux sœurs aînées.
Il s’enlise parfois dans quelques longueurs mais les spectateurs rient en majorité.
Ce soir-là, une fille se fend la poire au point de baisser la tête de manière spectaculaire, voire dangereuse au niveau de ses genoux.

Laurent Sciamma

Laurent Sciamma Une heure debout 

Tous les dimanches à 19h00

à la Comédie des 3 Bornes
32 rue des trois bornes
75011 PARIS
Tél. 01 43 57 68 29

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Gerbes d’amour : Constance déchainée à l’Apollo Théâtre !

Après Partouze Sentimentale, Constance brille avec un max de love, des beats et de l’humour corrosif à souhait avec Gerbes d’Amour à l’Apollo Théâtre à partir du 18 janvier.
Notre petite beauté comique se met, pour l’occasion, au chant. Et ça pulse à mort !
Que Giedré soit prévenue, elle a une vraie concurrente, en beaucoup plus féroce. 

Gerbes d'amour

Constance est capable de tout !

On savait la trentenaire redoutable en matière d’humour noir, très noir, en situations qui font déglutir de travers et en poil à gratter puissance 1000.
Constance est vraiment capable de tout et même de s’autoproduire ! Adieu le confort d’une production toute dédiée à son artiste. Constance s’émancipe avec ce spectacle et emmène dans son nouveau dérapage contrôlé une complice : Marie Reno. 

Avec la musicienne-chanteuse, elle goûte avec toujours plus d’intensité aux joies de la scène, mais cette fois en duo, après 10 ans de solo sur toutes les scènes de France. 

Gerbes d'amour

Ptit chat, pute, princesse, Picarde, fêtarde… 

Constance excelle dans l’art de se costumer, de surprendre à chaque fois, de se dégueulasser la tronche pour les besoins de la vanne.
Didier Super, le metteur en scène de Gerbes d’Amour, a eu la géniale idée du paravent noir. Cette fois, l’artiste ne quitte plus la scène pour changer de costume.
Ce qui nous donne droit aux apartés de très haute volée que l’on mérite.
« Artiste pute, produit de consommation » ouvre le spectacle. Constance n’a une nouvelle fois pas froid aux yeux, ni aux cuisses. Ce shorty lui va si bien.
Cette chanson fait penser à ces Youtubeuses capables d’émerveiller avec leur dernier masque de beauté, d’émouvoir avec leurs petits tracas (« un twittos a été trop méchant avec moi hier« ), tout en n’oubliant pas d’encaisser les virements bancaires pour les nombreux placements produits dans leurs vidéos.
Cute à mort ! Ou plutôt so 2018 ! 

Mais Gerbes d’Amour c’est aussi un max de love avec le public. Constance excelle dans la pleine communion avec ses spectateurs, quitte à en « maltraiter » un au passage. 

Du love en chanson : la nouvelle princesse qu’elle campe est irrésistible, comme sa mère de famille au coup de main exceptionnel. 

A la sortie du spectacle, on ne regardera plus les saisons comme avant (le printemps, l’été, quelles emmerdes !), on aura un mal à oublier cette délicieuse illustration d’une famille picarde très particulière, sans parler de la soirée de beuverie avec gros dommages collatéraux. 

Gerbes d’Amour :

C’est des beats dans ton body, de l’humour qui tâche mais pas autant qu’un verre de vin rouge, c’est une soirée de fête totalement déconnante mais sans la gueule de bois.
C‘est une blonde qui dégomme tout et une brune qui vous achève avec doigté au piano ou en guitare.
Un spectacle recommandé pour tous les couples, les célibataires. Et encore plus si t’es déprimé(e) et que tu sors d’un burn-out. 

Gerbes d'amour

Germes d’Amour
spectacle de Constance
avec Marie Reno
mise en scène : Didier Super

à partir du 18 janvier 2018

du mardi au jeudi à 21h30

à l’Apollo Théâtre
18 rue du Faubourg du Temple
75011 PARIS
Tél : 01 43 38 23 26

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Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser à quelque chose : subtile espièglerie !

Quel sens donnons-nous aux conversations que nous avons avec autrui ? À force d’avoir été utilisées, ne sont-elles pas déjà éculées ? Voici la réflexion de deux cousins tenant un drôle de commerce.
En se trompant de destination, une jeune femme entre. Débute alors un voyage inopiné en Absurdie où les certitudes de chacun se retrouvent ébranlées. Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser à quelque chose au Théâtre de Belleville est une petite pépite, élégante et sagace sur notre monde.

Penser qu on ne pense a rien

Paulbert, bougon susceptible, et Gérard, débonnaire, sont en pleine répétition dans leur boutique quasiment désaffectée. Quatre chaises défraîchies se battent autour d’une verrière à l’aspect décrépit.

C’est en plein milieu de cet échange capital qu’arrive Barbara. Elle cherche du vin. Nos deux compères lui expliquent alors qu’ils ne vendent ici que des discussions originales. Ils pensent que tout a déjà été dit et ne comprennent pas la vacuité des conversations dont nous sommes les initiateurs. Barbara s’interroge, perplexe.

Alors, un échange spontané et paradoxal s’engage entre les trois protagonistes aux visions différentes. Une joute verbale des plus stimulantes s’amorce ainsi autour du temps qui passe, des notions de passé, présent et futur. Chacun campe sur ses positions avec une argumentation aussi farfelue que plausible.

Pour Barbara, l’ennui est quelque chose d’essentiel pour vivre plus intensément chaque moment. Gérard essaie alors cette méthode qui sera pour lui une révélation ! Il arrive même à résoudre des énigmes historiques comme le secret de la Joconde ou la vie de Jésus…

L’enchaînement est pudique, aérien et possède quelque chose de feutré. Nous rions souvent des situations malgré le côté grave de certains aspects. Les personnages nous surprennent. Un peu sauvages au début, ils se dévoilent, laissent entrevoir les fissures de leur intimité. Les comédiens sont tout bonnement délectables… Nous sommes touchés par leur candeur, le fait qu’ils soient désabusés, fragiles mais en même temps si beaux et forts, terriblement humains…

by Jean-Philippe

Penser qu on ne pense à rien

Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser à quelque chose

De et mise en scène par : Pierre Bénézit
Avec : Vincent Debost, Anne Girouard, Olivier Broche (remplacé ponctuellement par Luc Tremblais)

Jusqu’au 4 mars 2018

Jusqu’au 21 janvier :
du mercredi au samedi à 19h15, le dimanche à 15h
relâche le 31 décembre

Puis du mardi au samedi à 19h15 et le dimanche à 15h

au Théâtre de Belleville
94, rue du Faubourg du Temple
75011 PARIS

Réservations : 01 48 06 72 34

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