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La B.O. 2 -M- : le trip musical et visuel de Matthieu Chedid & Matthias Picard

“La B.O. 2 -M- est une invitation à la méditation moderne. Parce que l’intention c’est d’arrêter de penser. Et puistu te dis « Qu’est-ce que c’est ce bordel ? », tu ne penses plus à autre chose qu’à ça.
Après les gens partent dans leur univers. J’aimerais que l’album les déconnecte de leur quotidien.”

Matthieu Chedid propose un trip musical qui se savoure les yeux fermés, entièrement déconnecté (pour une fois) de toute vie numérique. La B.O. 2 -M- est à la fois un disque de pure musique et un livre illustré par le talentueux dessinateur Matthias Picard.
-M- nous dévoile les coulisses de cette création originale qui va aussi bien enthousiasmer les passionnés de nouvelles expériences que désarçonner les fins connaisseurs du chanteur.
On ne revient pas indemne de ce rêve surtout quand il est accompagné d’une boisson corsée. Toute résistance est vivement déconseillée. 

Matthieu Chedid en interview pour La BO 2 -M- rêve musical illustré par Matthias Picard éditions 2024 photo united states of paris blog au showroom Gibson

INTERVIEW #M_LABO2M

UsofParis : Un rêve c’est plutôt personnel. Pourquoi avoir décidé de partager celui-là avec le plus grand nombre ?
-M- : Parce que c’est un monde extrêmement inspirant. Tout part du rêve quelque part, c’est vraiment une autre dimension qui fait partie de la vie et dont on parle moins. C’est là tout le temps mais on ne le met pas justement en lumière. C’est mettre en lumière l’obscurité.
C ‘est un rêve quand même mais surréaliste. Il y a des fragments de rêves. C’est de l’écriture automatique au départ : c’est surtout laisser l’âme prendre les commandes de l’esprit. C’est ça qui m’intéressait.
Donc j’ai relu pas mal les surréalistes et je m’en suis beaucoup inspiré pour la musique et pour le texte.

Et lesquels en particulier ?
André Breton, d’abord parce que c’est lui qui a écrit le manifeste. Et puis ensuite toute la lignée de Perec, René Char, Aragon et les autres.

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Donc tu as eu besoin de te préparer, de te documenter avant de commencer ?
Non, parce qu’en fait au départ ca ne devait être qu’instrumental. J’avais fait Labo -M-, il y a 13 ans, je voulais faire Labo -M- 2.
Et puis, on est parti en studio avec les musiciens de la tournée.
On s’est dit, pour qu’il y ait une contrainte, je vais relire les surréalistes et je vais transférer en musique les règles surréalistes : les cadavres exquis, l’écriture automatique. Vraiment comme dans l’inconscient. 
Donc, sur des règles surréalistes, on a improvisé, enregistré et mixé au même moment. Toute la musique a été faite dans l’instant. On a enregistré durant quatre heures et après on a fait un montage d’une demi-heure pour en faire un voyage initiatique. C’est de là que Labo -M- 2 est devenu La B.O. 2 -M-, parce que je me suis dit qu’il fallait vraiment écrire un rêve à partir de truc-là.
Donc par des fragments de rêves, par l’imaginaire et beaucoup d’écriture automatique, et aussi en m’inspirant de la musique, j’ai construit le rêve sur la musique. Et c’est comme ça que la bande dessinée est arrivée en troisième étape. 
C’est un O.V.N.I., un objet non identifié qui s’est fait empiriquement de manière évolutive.

Et du coup il n’y a eu qu’une seule prise ?
Sur toute la musique qu’on entend, il n’y a eu qu’une seule prise. Après, on a rajouté des ambiances de Pierre Boscheron pour illustrer un peu le rêve et quelques mini-voix, parsemées. Il y a la voix parlée et il y a quelques chants comme ça.

Ça veut dire que tout te satisfaisait dans cette expérience-là ?
Oui. C’est surtout une acceptation du réel. C’est à dire qu’à un moment, le réel est parfait. Donc si c’est là c’est que ça doit être comme ça.

Dessin original de Matthias Picard
Dessin original de Matthias Picard

J’ai noté une phrase dans ce rêve qui était : « Oublier de faire l’amour ». Comment peut-on oublier de faire l’amour ?
C’est n’est que dans les rêves qu’on peut oublier de faire l’amour !

Comme il en est question dans ce projet, te souviens-tu de la première fois que tu as utilisé l’expression « Onde sensuelle » ?
J’adore l’alchimie des choses. J’adore fabriquer, comme un artisan, des petites choses. Je pense à Machistador parce que c’est Matthieu Chedid, match. Il y avait le conquistador. Il y avait l’idée d’adoration. A un moment, c’est un amas d’idées, tu les colles ensemble et ça fait des mots.
Pour Onde sensuelle, ce n’est pas très clair. Je pense que c’était du ressenti. Mais je ne sais plus comment elle m’est venue celle-là.

C’est vrai qu’elle est superbe.
Elle est très évidente. Je me suis rendu compte que, comme Serge Gainsbourg le faisait beaucoup, le recyclage est hyper intéressant car ça fait exister les choses quand tu les retrouves dans un parcours, sur un chemin. Parce que si tu sèmes un truc, mais que tu changes tout le temps c’est super. Mais revenir sur un élément, ce n’est pas forcement de la flemmardise, c’est plutôt l’idée de faire vivre et revivre les choses.

Même pour l’auditeur, c’est hyper stimulant. C’est aussi un rappel aux souvenirs.
C’est ça, exactement. C’est un rappel au parfum. Pour moi la musique et le parfum sont très analogues. Je me suis rendu compte que quand on réécoute une chanson qui nous a marqué dans notre vie, on a une émotion similaire lorsque l’on ressent un parfum qu’on avait senti dans une situation particulière. Ça doit toucher aux mêmes sens quelque part. J’en avais même fait une chanson qui s’appelle L‘élixir où je faisais un peu le parallèle entre le parfum et la chanson.

Matthieu Chedid en interview pour La BO 2 -M- rêve musical illustré par Matthias Picard éditions 2024 photo united states of paris blog usofparis showroom Gibson

Est-ce que tu rêves en musique ?
Non, c’est vrai qu’il manque la bande-son souvent dans le rêve. Mais c’est très possible que j’ai du rêver en musique.
On a tous fait les plus grandes symphonies, les plus grandes chansons de notre vie dans les rêves et au moment où tu te réveilles, tout s’efface.

Peux-tu te réveiller à cause d’une musique ? Quelque chose qui peut te venir dans la phase entre le sommeil et l’éveil ? Ou même un texte ?
Complètement. Récemment, j’ai été réveillé par des paroles très fortes qu’on te dit dans un rêve.

Et ça va se retrouver dans l’écriture d’une prochaine chanson ?
Ce que j’ai reçu il y a pas longtemps, je l’aurais mis dans mon rêve si j’avais pu.
C’est toujours pareil. Quand tu ouvres ces portes-là, d’un monde un petit peu plus parallèle, tu y accèdes un petit peu plus après car d’une certaine manière tes antennes captent plus.

Dessin original de Matthias Picard
Dessin original de Matthias Picard

Un adjectif pour qualifier le travail de Matthias Picard ?
Ce qui me vient tout de suite c’est talentueux, inspiré. C’est une pépite pour moi. Quand je faisais ce rêve, j’ai découvert sa BD en 3D Jim Curious qui est incroyable. Je me suis dit « C’est les dessins que je veux, c’est vraiment ça ». J’ai appelé Mathias et j’ai eu la chance qu’il joue le jeu avec moi, qu’il plonge dans mon rêve et qu’il le mette en images. 
Chaque dessin était une évidence. On échangeait beaucoup sur tout ça pour que je l’alimente un peu.

Donc il y a eu des allers-retours ?
Beaucoup, oui. Mais c’est quand même son univers. Je ne l’ai pas vampirisé. C’est vraiment un ping-pong. Je n’interférais pas dans l’esthétique, mais dans le fond plus que dans la forme.
Ça a été comme une évidence. Quand tu fais quelque chose avec quelqu’un et que tu dis : « Je n’aurais pas pu trouver mieux ».

As-tu redécouvert ton rêve ou certains détails ?
C’est certain qu’il a mis en lumière des choses que je ne voyais pas forcement. Mathias a vraiment donné une autre vision de mon rêve mais un univers en commun. C’est vrai que je me reconnais dans ses images. Il a sublimé mon rêve à sa façon.

Ecoute la Bo 2 M rêve musical de Matthieu Chedid mis en images par Matthias Picard Editions 2024 Yoyo Palais de Tokyo boisson Pimento gingembre ginger photo united states of paris blogOn a assisté à l’écoute de ton disque dans une salle de cinéma. Pourquoi le choix d’une boisson épicée pour cette écoute ?
Il y a cette idée de parfum surdosé au gingembre dans le rêve. Ce rêve, il faut vraiment le décortiquer. Il y a plein de choses partout. Le gingembre fait partie du rêve et cette onde sensuelle m’enivre par son parfum surdosé au gingembre. C’était une façon de ressentir cette force. En plus, il y a un documentaire qui montre cette expérience qu’on a faite en studio : on a bu du gingembre pur parfois pour se mettre des coups de fouet juste avant de jouer. Il y a même eu une stripteaseuse qui est venu en studio… on a joué dans le noir. On a fait plein de trucs très bizarres pour vraiment aller chercher nos limites.

Et donc ça vient de cette expérience-là en studio que tu aies proposé une écoute de cet album les yeux fermés ?
C’est surtout que ça permet plus de rentrer dans son intime. Au départ, il faut écouter et les yeux fermés tu es plus dans le rêve que quand tu les ouvres. C’est pour se donner la chance de rentrer plus dans le rêve.

Quelle est la position idéale pour écouter et lire La B.O. 2 -M- ?
J’aime bien allongé. Pour moi c’est un peu psychanalytique, donc sur un divan : c’est parfait.

Et le meilleur lieu ?
Dans son cocon, dans son chez soi. Si possible éteindre son portable, les lumières et même fermer les volets, dans un lieu le plus obscur possible, le plus calme possible : déconnecté.

L’écoute de ce disque nous a ramené à notre adolescence. Quand on écoutait l’album Pulse, le live de Pink Floyd, de la même façon, dans le noir, en rentrant des cours. Il y avait un côté planant, très enveloppant. Est-ce que se sont des tonalités que tu as recherchées ?
Complètement. Pour moi aussi cette expérience me rappelle un émoi d’adolescent, avec mon pote d’enfance, Fabien Namias qui est aujourd’hui un des dirigeants d’Europe 1. On écoutait sur la chaîne quadriphonique de sa mère les Pink Floyd, Led Zeppelin et les disques concept. J’avais des émotions hallucinantes. Je me rappelle que ce jour-là je me suis dit «  c’est ça que je veux faire comme musique ! ».
Quelque part, ce projet est vraiment apparenté à cette émotion d’adolescent. C’est vraiment un projet d’adolescence.

Guitare coeur rose pages illustrées par Matthias Picard dessinateur de La BO 2 M de Matthieu Chedid livre album expérience aux éditions 2024On peut dire que La B.O. 2 -M- est un album concept ? Tu l’as qualifié d’O.V.N.I.
Pour citer Gilles Deleuze, que j’aime bien, je dirais album percept. Parce que concept, c’est un ensemble de conceptions et percept c’est un ensemble de perceptions. Et on est plus dans la perception que dans la conception. C’est du ressenti.

On a eu l’impression de redécouvrir -M-, ou Matthieu Chedid, plus incisif, plus empirique aussi au niveau musical. Est-ce une fausse impression ?
Non. Ça va chercher dans les entrailles de mon imaginaire. Donc c’est plus complexe. Mais d’un autre côté ça a toujours été présent. Il y a toujours ça dans ma musique mais je ne la fais pas forcément écouter. Celle que je fais écouter c’est la musique que j’ai digérée et un peu simplifiée. Cette fois, on est plus dans le laboratoire.

Quelle est la dernière claque musicale que tu as reçue ?
Là tout de suite, c’est Alabama Shakes. J’ai ré-écouté récemment la chanson Always Alright.
J’adore cette énergie, cette voix, cette authenticité. Ce n’est pas courant. En plus, c’est toujours la même bande d’Amy Winehouse. Ça me fait vibrer. Tout d’un coup, j’ai l’impression d’écouter de la musique africaine parce que c’est authentique. Et ça me fait du bien.

illustration originale de Matthias Picard
illustration originale de Matthias Picard

Un retour sur ton album qui t’as amusé, touché ?
Oui, j’ai eu même un témoignage incroyable d’une journaliste italienne parce qu’elle était bouleversée. En plus, elle est vraiment dans l’art contemporain, assez aiguisée dans ce domaine. C’est comme si ça tombait à un moment où elle avait besoin de ça.
Elle revenait sur des fondamentaux. Je n’ai plus les mots mais elle disait « archétypal » et « 10 ans » qu’elle n’avait pas eu une émotion comme ça. Peut-être qu’elle est comme ça avec tout le monde, mais j’y ai cru ! 😉
Ce qui est sûr, c’est que cet album peut aussi inquiéter les gens. Mais quand on rentre dedans, qu’on se laisse aller, qu’on lâche prise… J’ai eu des témoignages comme jamais sur ma musique. Parce que bizarrement, ça surprend vraiment. Ça va toucher un endroit que ça ne touche jamais. Tout d’un coup avoir un truc qu’on a rarement, il prend encore plus de valeur.
La rareté me fait du bien aussi. Quand je tombe sur quelque chose de rare, j’ai l’impression que c’est une pépite. Je ne pense pas que c’est mieux un disque comme ça. C’est simplement plus rare qu’un album classique.

Mais il y a quelque chose de plus intime aussi. On suit ta voix. Dans un album studio, on prend tout dans la globalité.
C’est vrai que les femmes sont un peu gênées aussi, en disant que c’est très « sensuel ». C’est vrai que les mecs ont moins cette impression, ou ne le disent pas.

La B.O.² -M-
de Matthieu Chedid et Matthias Picard
un livre de 96 pages et un CD inédit de 58 min incluant La BO² -M- et sa version acoustique
(Éditions 2014)
sortie le 13 novembre 2015

Edition limitée (350 exemplaires) avec le coffret Orange Numérique conçue par Devialet à 150 euros
Disponible à la réservation en avant-première le 12 novembre à la boutique Devialet Réaumur

La B.O. 2 -M- Expérience au Yoyo – Palais de Tokyo
le dimanche 13 décembre 2015 
avec 3 expériences live à :
15h, 18h et 21h
Expérience en 3V : concert expérimental, voyage initiatique et intérieur et exposition

Dédicaces : le samedi 14 novembre au Merle Moqueur / Le 104 (Paris)
Et le samedi 21 novembre à la Librairie Kléber (Strasbourg)

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Noël à Disneyland Paris : Cavalcade avec Mickey, sapin lumineux & show nocturne. Christmas in Paris!

C’est Noël à Disneyland Paris à partir du 7 novembre !
Avant de prendre la route pour le parc de Mickey Mouse à Marne-La-Vallée, nous aurions été les premiers à répondre : “so what ?”
Mais c’était sans compter le Disney Dream.

On comprend qu’en période de fêtes, vous hésitiez encore entre faire vos courses de Noël dans le tout nouveau et tout beau centre Beaugrenelle ou affronter le froid chez Mickey.
Car on vous connaît par coeur : la foule, des attractions en plein air et les feux d’artifice à 22h : super idée mais en été !

Mais Mickey a plus d’un tour dans son sac et il est rompu aux conditions météo aléatoires, à croire qu’il aurait passé tous ses hivers au Canada.
D’une part, il maîtrise parfaitement le besoin de chaleur de frileux frenchies. Les galeries couvertes de Main Street par exemple, les attractions, boutiques et autres restaurants sont bien chauffés et offrent le réconfort que vous réclamez.
D’autre part, avec la programmation que Mickey et ses compagnons vous réservent vous êtes loin de vous ennuyer et de vous congeler sur place.

Ce samedi, nous étions partis avec nos billets en poche, notre pass navigo pour un trip dézoné et la promesse d’un retour à la capitale avant Disney Dream, parce qu’à coup sûr “on tiendrait pas jusqu’au soir, glagla !

Premier coup d’oeil sur l’ambiance du parc à l’heure d’hiver : convenant. Un immense sapin fait face au Château de la Belle au bois dormant, les décorations de Noël sur les façades des boutiques rétro de la rue commerçante agrémentent l’ensemble.

Le Phantom Manor pour s’ouvrir l’appétit et rencontre avec Mr Jack, personnage de Tim Burton, en os, grandeur nature et dans un parfait anglais.
Tentative d’un tour de l’attraction nautique Pirates des Caraïbes : l’attente nous fait rebrousser chemin.

 C’est déjà l’heure de la Cavalcade de Noël avec les personnages Buzz l’Eclair de Toy Story, Dingo en meneur de troupe, Mickey, Minnie et la Fée Clochette.
On a passé l’âge ? Oui sûrement mais l’ambiance et la bande-son finissent par nous faire prendre notre appareil et à pousser la chansonnette.

De nouvelles attractions côté Disney Studios et pas trop le temps de bailler.

A la nuit tombée, on reprend le tout et on recommence. Les éclairages font redécouvrir les décors connus comme Main Street avec ses lampadaires à gaz ou les arcades du Passage Enchanté d’Aladdin.
18h c’est l’illumination du grand sapin. Une nouvelle pause visuelle avec effets sonores et clignotements de toutes les couleurs.

Un Star Tours et miracle : Pirates des Caraïbes affiche 10 petites minutes d’attente. Les joies d’un parc en hiver où la fréquentation est raisonnable.
A la sortie, recherche d’un resto pour tenir jusqu’à 22 h.

Et là, mauvaise prépa de notre part et bonne info pour vous : seule une dizaine de restos reste ouverte le soir. Prévoir donc de réserver votre table dans le très beau Lucky Nugget, un saloon digne d’un western.

22h à la montre. Disney Dream peut commencer. Les nombreux visiteurs aussi intrépides que nous sont bien décidés à ne rien rater du show spectaculaire.
Projection sur le Château de la Belle au dormant – Beauty Castle – et déferlement de feux d’artifices, lasers et autres jets d’eau.
Les images fortes de grands films s’entrechoquent : Bambi, Toy Story et La Reine des Glaces, le dernier Disney sur les écrans depuis début décembre.

Ce spectacle est dans la veine d’un concert pop rock en stade ou d’un feu d’artifice au Trocadéro.
C’est énorme, impressionnant et émouvant.
Les petits garçons qui sont toujours en nous n’ont pas résisté à l’appel de la féerie.

Et vous resterez-vous insensibles ?

Noël enchanté à Disneyland Paris du 7 novembre 2015 au 7 janvier 2016

 

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PICASSO.MANIA au Grand Palais : folie artistique, brillants hommages et MOOC

Actu chargée pour notre Pablo, avec l’exposition Picasso.Mania, le MOOC en ligne pour des cours gratuits afin de connaître ses classiques sur le bout de sa souris, sans oublier l’Exposition Anniversaire pour les 30 ans du Musée national Picasso Paris.

Untitled (Picasso), 2009, Maurizio Cattelan
Untitled (Picasso), 2009, Maurizio Cattelan

Ce qui est génial avec Picasso c’est qu’il nous prend toujours par surprise. Le dialogue original, initié par le Grand Palais, du dieu espagnol avec ces artistes qui lui rendent aussi bien hommage, qu’ils le copient ou le malmènent révèle une nouvelle fois l’étendue de sa création et de son influence. Etourdissant !

Picasso Sortoffabulous, 2015, Laure de Clermont-Tonnerre et Dian Widmaier
Picasso Sortoffabulous, 2015, Laure de Clermont-Tonnerre et Dian Widmaier

La mise en bouche de Picasso.Mania se fait à pas feutrés et dans une pièce sombre avec comme seule source de lumière principale un écran à multiples visages. Face à nous, une sélection d’artistes de dimension internationale. Tous, en quelques mots, décrivent le génie du père de la peinture contemporaine, la référence, le lien fort qui les unit à lui. On retient : “Liberté” (Frank Gehry), “c’est un guerrier, un homme de combat” (Adel Abdessemed), “production kaléidoscopique” (Ed Ruscha), “profondeur et objectivité de l’oeuvre” (Jeff Koons).

Le témoignage le plus affectueux sans doute vient de la doyenne : Agnès Varda qui, pour l’anecdote, n’avait pas hésité à citer l’artiste dans son film Les Plages d’Agnès. Ceci au risque d’avoir des problèmes de droits de reproduction d’une des oeuvres d’une peintre, car la réalisatrice ne voulait pas payer pour un hommage. Et elle avait raison.
Ici, elle propose de rebaptiser l’expo par : “Piccaso Love”. C’est simple et forcément pertinent !

Artist and model, 1973-1974, David Hockney
Artist and model, 1973-1974, David Hockney

Et des déclarations d’amour, il y en a dans toutes les salles du Grand Palais. Ne serait-ce que ce très bel autoportrait de David Hockney, nu, face à Picasso, le maître. D’une simplicité désarmante, la gravure située aux côtés de l’écran géant d’une installation de l’artiste américain pourrait échapper. Et pourtant c’est celle qui toucherait le plus.

Picasso, 2011, Zeng Fanzhi
Picasso, 2011, Zeng Fanzhi

Et les références prennent toutes formes, tous styles. Additionnées les unes aux autres, elles sont autant de preuves de la relation extrêmement vivante entre tous ces artistes et le peintre icône.
Que ce soit un portrait de Picasso peint par la jeune garde chinoise (Zeng Fanzhi, Yan Pei-Ming) l’incroyable reproduction à l’identique d’oeuvres célèbres comme Les Demoiselles d’Avignon, à la citation plus ou moins discrètes (l’artiste islandais Erro), jusqu’à estomper au maximum et ne garder que des infimes détails à la manière de Jasper Johns – qui n’avait pas une affection immodérée pour l’artiste espagnol.

Head (after Picasso), 1985, Andy Warhol
Head (after Picasso), 1985, Andy Warhol

Les Demoiselles d’Avignon surprennent toujours autant et inspirent des artistes aussi divers que Richard Price, Jeff Koons que Robert Colescott. Le dialogue entre les différentes variations autour d’un même thème, d’une même oeuvre est suffisamment unique pour s’y attarder.

Antiquity Uli, 2011, Jeff Koons
Antiquity Uli, 2011, Jeff Koons
Les Demoiselles d'Alabama dénudées, 1985, Robert Colescott
Les Demoiselles d’Alabama dénudées, 1985, Robert Colescott

Chaque nouvelle salle convoque une nouvelle confrontation et les invités peuvent surprendre comme Emir Kusturica, convoqué – via la projection d’un de ses premiers courts-métrages – à la légende de Guernica. Ou encore Jean-Michel Basquiat avec cet incroyable portrait vif, coloré, d’une jeunesse folle à la toute fin du parcours. Mais aussi des oeuvres plus rares qui échappent aux rétrospectives consacrées à Andy Warhol. Le père du Pop Art a lui rendu hommage via les figures africaines, transfigurées par une mallette de couleurs hardantes ou un simple noir et blanc sérigraphique.

Untitled, 1984, Jean-Michel Basquiat
Untitled, 1984, Jean-Michel Basquiat
Mon général (my general), 1992, Romuald Hazoumé
Mon général (my general), 1992, Romuald Hazoumé

La photogénie du peintre espagnol transpire aussi dans ce parcours.  Que ce soit par le double sous forme de pantin par Maurizio Catalan à l’entrée de l’exposition ou plus indirectement l’appropriation d’un cliché célèbre de l’artiste par un autre. Marvin Kippenberger, marqué par le portrait du peintre torse nu, et en caleçon, s’en inspirera pour un autoportrait.

Ohne Titel (sans titre), 1988, Martin Kippenberger
Ohne Titel (sans titre), 1988, Martin Kippenberger

Il est possible de s’étourdir, de perdre pied aussi mais les oeuvres originales de Picasso reviennent toujours par touches. Que ce soit le cubisme, cet ensemble de portraits insensés d’époques confondues réunis sur un même mur ou la collection d’eaux fortes revenant sur la passion dévorante et très érotisée du peintre Raphaël avec son modèle La Fornarina.

Marie-Thérèse accoudée, 7 janvier 1939, Pablo Picasso
Marie-Thérèse accoudée, 7 janvier 1939, Pablo Picasso


Et le MOOC dans tout cas ?

C’est une série de cours en ligne à apprécier à son rythme. Au total : 7 séquences découpées en 3 parties. Les cours sont associés à des activités et autres quizz pour vous permettre d’évaluer vos nouvelles connaissances.
Aucun diplôme à la clé mais une série de badges virtuels à partager avec tous. En parallèle, un forum de discussions permet d’initier des échanges avec les autres participants, de se lancer dans des débats passionnés autour d’une oeuvre ou d’un aspect de la passionnante biographie de l’intemporel Pablo.

exposition PICASSO.MANIA

jusqu’au 29 février 2016

au Grand Palais – Galeries nationales
entrée square Jean Perrin

lundi, jeudi et dimanche de 10h à 20h
nocturne le mercredi, vendredi et samedi de 10h à 22h
fermé le mardi (sauf pendant les vacances scolaires)

exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, le Centre Pompidou et le Musée national Picasso-Paris

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Un week-end sur deux au Théâtre Edgar : avis aux dépressifs du transat !

« C’est comment ici ?! Ah ! C’est comme en Ukraine mais avec la plage ! Bah, c’est à dire que si tu veux flinguer tes vacances, t’emmènes ton mec, ton ex et puis un môme ! » Julie, adorable organisatrice d’une semaine de vacances qui réunit Antoine, son ex (et père de son fiston, Jules) et son amoureux, Julien.

Si tu veux flinguer une soirée morose, t’emmènes ton mec, ton ex et ton môme voir cette pièce de théâtre ! Pour les enfants, en dessous de 10 ans, s’abstenir ! Vous n’êtes pas censé être dépressifs du transat.
Ce spectacle, c’est comme changer une couche. De la science-fiction !

Affiche spectacle Un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires comédie de jean franco et guillaume mélanie mise en scène Cédric Moreau au Théâtre Edgar Paris

Julien : « Tu sais pas t’occuper de ton fils ! […] Même changer une couche c’est de la science-fiction pour toi, c’est ça. Quand tu viens le chercher le week-end, on est obligé de te laisser un manuel d’utilisation. »

Et à mon tour, je suis obligée de vous laisser un manuel d’utilisation pour vous préparer à cette pièce qui se joue au Théâtre Edgar :

1. Ne pas se rendre en pantacourt vert kaki au théâtre.
Julien vous vannera : « C’est un peu comme les aisselles mal épilées sur une meuf, ça te nique toute envie ! »

2. Pour les spectateurs occupés à mourir tous les quarts d’heures – les hypocondriaques ; mâcher de la gomme à l’huile de cannabis pour traiter tout épanchement affectif.
Antoine : « Si je m’épanche trop, ça m’émeut physiquement et ça me provoque de la tachycardie ! Si je dis rien et que je garde les mots pour moi je n’ai qu’une angine. »

3. Offrir à la jolie Alexandra Chouraki, un dessin d’un ogre aquatique à la fin du spectacle.
Julie : « J’aimerais bien voir la gueule de ton bide, si tu avais été squatté par un ogre aquatique qu’on devait servir trois fois sinon il donnait des coups de pieds. »

4. A la question : « quel est le signe astrologique de Jules ? » posée par Julie, faites le cri du bélier (scène des « Olympiades du meilleur papa », soit 31 minutes après le début de la pièce).

Bébé Jules :
« Waaa » – pleure
« Moua » – tête le biberon
Antoine : « C’est inimaginable de chier comme cela, c’est inhumain » – chie
« Hahaha » – rit
« » – dors.

Jean Franco et Guillaume Mélanie
Jean Franco et Guillaume Mélanie

Antoine et Julien nous emmènent dans un conflit tendre. Vannes, situations fantasques, jeux de mots participent à nous attacher à ce duo à la colère tendre. La scène des « Olympiades du meilleur papa » est magistrale.

Antoine : « C’est sympa de jouer avec les Ceausescu, c’est chouette ! »

Le duo happe la scène. Nous n’avons yeux et oreilles que pour Antoine à la nonchalance hypocondriaque et pour Julien en costume de l’athlète Usain Bolt, avec le physique en moins, mais le verbe caustique en plus. Chacun a pour objectif d’être reconnu. Au fond, il s’agit là, de l’enjeu de la pièce.

Alexandra Chouraqui
Alexandra Chouraqui

Comment deux hommes que tout oppose se prennent de tendresse l’un pour l’autre ? Jules, l’enfant projette ses deux pères dans l’action : passer une semaine de vacances ensemble. Mais c’est bel et bien Julie, la mère, l’épouse et l’ex qui est le catalyseur de leur rencontre. J’aurais aimé que ce rôle soit plus étoffé à l’instar des deux personnages d’Antoine et de Julien. Mon enthousiasme s’effrite lorsque je revois Julie peiner à prendre une place sur scène. J’ai cherché tout au long de la pièce ce moment tendre subtil pour ce personnage mais je ne l’ai pas saisi. Le duo des deux hommes permet d’outrepasser ce manque, parce qu’on s’identifie pleinement à leurs doutes, leurs peines et leurs espérances. Exister ensemble !

Cette comédie brillamment interprétée par Jean Franco et Guillaume Mélanie est à savourer le temps d’une ou deux représentations (pour celles et ceux qui veulent en reprendre une tranche) au Théâtre Edgar jusqu’au 3 janvier 2016.

by La Baleine Quantique

Un Week-end sur deux
et la moitié des vacances scolaires

Texte : Jean Franco et Guillaume Mélanie
Mise en scène : Cédric Moreau
avec : Alexandra Chouraqui (Julie : mère & névrosée comme 99% de la population mondiale)
Jean Franco (Antoine : l’ex de Julie, hypocondriaque & petit)
Guillaume Mélanie (Julien : l’amoureux de Julie & grande chose manique)
Poupée (Jules : le nourrisson né un 31 mars 2015)

Théâtre Edgar
58 boulevard Edgar Quinet
75014 Paris

du mardi au samedi : en alternance 19h ou 21h
Dimanche : 17h30 (1 fois sur deux pour cause de garde parentale)

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La Tragédie du dossard 512 de Yohann Métay : rire à en perdre haleine !

Sur scène, il apparaît en trottinant, Yohann Métay, la quarantaine est un sportif repenti. Son ancienne prédilection : la course à pied. Au cours d’une soirée “souvenirs sportifs” entre potes, le quadra, à l’époque un poil bedonnant à cause de la bière du nord, se voit lancer un “T’es cap’ ou t’es pas cap ?” Rien de tel pour froisser l’égo de notre homme. Et c’est parti pour une passionnante course de fond intitulée : La tragédie du dossard 512 à la Comédie des Boulevards prolongée jusqu’au 30 janvier 2016 !

Sur le papier, un spectacle comique sur un trail de 160 km réalisé en 40 heures, qui part de Chamonix pour arriver à Chamonix, ça n’a rien de palpitant. “Deux jours deux nuits sans dormir…de Chamonix…à Chamonix ! Avant, j’étais normal.” comme l’intéressé le dit lui-même.
C’est sans compter la manière si particulière pour un accro au sport de tourner en dérision sa propre passion. Sportif ou non sportif, vous trouverez votre compte de rire dans ce spectacle.

Photo de Yohann en action
Photo de Yohann en action

La tragédie du dossard 512 : l’effort en mode comique

Yohann, affiné après quelques mois de préparation, nous embarque avec lui sur ce trail, qui pour beaucoup peut paraître inhumain. C’est un show particulier car l’homme, acteur et athlète, arrive à nous faire frissonner à travers cette expérience peu commune.
Des anecdotes de préparation avec la précieuse crème NOK – un must chez les coureurs – aux amitiés éphémères du peloton sur la ligne de départ, ce dossard 512 ne nous épargne rien des sacrifices et de la douleur de l’effort, mais toujours avec un second degré assumé.
La sélection des musiques d’illustration est parfaite. On a tous connu ce moment où Vangelis a été poussé à plein régime pour transcender la force du sportif. Un cliché qui a la vie dure.

Mais l’acteur-auteur-sportif, a aussi le sens de la rupture, laissant le silence envahir la salle. Un moment vraiment unique qui doit être différent chaque soir suivant les réactions, plus ou moins gênées du public, face au coureur en action.

Tragédie du dossard 512 avis critique Yohann Métay Comédie des boulevards spectacle humour paris sport one man show photo © Olivier SagotL’une des bonnes idées de ce spectacle est de laisser littéralement la parole à son corps durant l’effort. Les dialogues entre l’orgueil, la raison, les muscles et autres organes du corps du sportif soumis à la douleur intense de l’effort sont réellement virevoltants.
Il faut mettre l’accent sur la très belle tirade du foie qui résume en 3 minutes les sacrifices imposés par le coureur pour parvenir à terminer cette course de 160 km.

On mettrait un petit carton jaune sur quelques petites longueurs de jeu à certains moments. Mais rien qui ne nous fasse perdre le plaisir comique de ce spectacle. Surtout quand on est capable de faire un teaser comme celui-ci :

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Sous l’oeil des pratiquants…
Dans la salle de la Comédie des Boulevards, les sportifs viennent en nombre. Ça se sent dans les rires et dans l’ambiance plus festive que d’habitude. La complicité est bien présente dans les rangs.
Nous avions convié un ami coureur à nous accompagner.  Et il est affirmatif : “Yohann décrit parfaitement les différentes phases par lesquelles passe un sportif dans ce genre de course. Le spectacle est vraiment drôle, on peut s’y reconnaitre facilement“.
Et d’après les discussions entendues dans la file d’attente, il arrive à Yohann de jouer son spectacle lors des rendez-vous sportifs auxquels il participe. Plutôt incongru, non ?

La Tragédie du dossard 512 c’est 1h15 de rires garantis durant lesquels on souffre tout de même avec lui !

Tragédie du dossard 512 Yohann Métay Comédie des boulevards spectacle humour avis critique paris one man show

La Tragédie du dossard 512

one man (sport) show de Yohann Métay

du  jeudi au samedi à 20h15

prolongations jusqu’au 30 janvier 2016 !

Comédie des boulevards
39 rue du Sentier
75002 Paris

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MARVIN JOUNO : interview au-delà des références / EP Ouverture

L’EP Ouverture nous a fait l’effet d’une révélation. Pas de celle qui vous divertit pendant quelques semaines, et vite oubliée à l’arrivée d’une nouvelle.
Ouverture c’est une voix, une musicalité, une poésie que l’on ne pensait pas retrouver de si tôt dans la chanson française.
Marvin Jouno nous a pris au col sans plus nous lâcher. Une déflagration magnifiquement orchestrée qui nous emballe, nous rappelle à l’amour, à la sensualité des mots, mais aussi à l’insouciance et aux grands espaces.
Le jeune chanteur a eu plusieurs vies. Et il n’est plus à parier que celle qu’il vient de débuter va le faire briller sur la scène musicale avec éclat alors qu’il ne réalise sans doute pas encore. Les Inrocks sont du même avis. Dont acte.
Alors que l’album Intérieur Nuit vient tout juste de sortir, rencontre avec un garçon qui n’a pas pris nos questions à la légère (et on l’en remercie) : balayant les références qui lui collent à la voix, se confiant sur son travail d’écriture, son rapport à l’objectif (car il est aussi photographe).
A noter, qu’il nous offre ici un portrait original et en exclu pour le blog, réalisé dans une cabine photomaton vintage.

Marvin Juno photomaton original pour interview blog united states of paris usofparis EP Ouverture un plan simple musique chanteur

UsofParis : Qu’est-ce qui est à l’origine de ton choix de devenir artiste, chanteur ?
Marvin Jouno : Depuis l’adolescence, je cherche à Faire, à me réaliser, à expérimenter les différents médias d’expression, afin de proposer ma vision des choses, d’exorciser certains démons, d’être ému et d’émouvoir.
Pendant 15 ans (entre mes études de mise en scène, et mon métier de décorateur dans le cinéma) – le principal média était le cinéma, qui représente encore à mes yeux le carrefour des arts.
En parallèle, j’ai développé la pratique de la photo et de la musique.
J’y ai apprécié l’immédiateté, l’expression personnelle, le fait de pouvoir avancer seul – autant d’éléments mis à rude épreuve lors de l’élaboration d’un film.
Je ne pensais pas spécialement devenir chanteur, je ferai d’ailleurs peut-être autre chose plus tard (j’aime l’idée de vivre plusieurs vies)
mais en ce moment je m’épanouis là-dedans et finalement d’une manière un peu tordue, j’ai l’impression de réaliser des films.

A quel moment s’est produit le déclic ?
La musique a pris la place qu’elle a aujourd’hui grâce aux rencontres, à la constitution de l’équipe qui m’entoure à présent, aux progrès accomplis, aux émotions incomparables ressenties sur scène, à la sélection dans quelques concours : (radio-crochet France Inter, concours ‘Talents Europe 1’, Les inouïs du Printemps de Bourges) et aussi enfin grâce, ou à cause de cette putain de montagne, ce défi qui me faisait face et que je voulais relever plus que tout.
Tout cela s’est précisé il y a deux ans à présent.

Marvin Jouno portrait photo original du chanteur cabine photomaton vintage interview EP Ouverture pour United States of Paris blog

Est-ce qu’une rencontre a compté pour que tu arrives à tes fins en tant qu’auteur, compositeur et chanteur ?
En réalité des retrouvailles. J’ai retrouvé dans les tréfonds de Myspace en 2010, Angelo Foley, un ami d’enfance – qui depuis a réalisé Ouverture, mon 1er EP.
À l’époque, j’avais mis en ligne 7 maquettes de chansons que j’avais travaillées tout seul de A à Z.
Angelo, rapidement rejoint par Agnès Imbault  – qui est la pianiste du projet sur scène et en studio, et avec qui je travaille une bonne partie des compositions – ont tout de suite vu un vrai potentiel, dans ce que j’aime à appeler des post-it de chansons…
Avec ces deux précieux acolytes, j’ai pu découvrir ma voix, apprivoiser le chant, peaufiner mes compositions, apprendre l’exigence d’un refrain, envisager le passage sur scène… le tout en prenant notre temps – car nous faisions tous les trois, tout autre chose en parallèle.
Depuis le début, nous formons une équipe soudée, fidèle – nous avons progressé tous ensemble – c’est une plutôt belle histoire que de mesurer le chemin parcouru.

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Comment as-tu conçu l’écriture de l’EP Ouverture ? (besoin de t’isoler pour écrire, de calme ou conception sur l’instant après une émotion) ?
L’avantage considérable d’un premier EP ou d’un premier album est le temps dont on dispose pour l’écrire. On pourrait presque dire que j’ai pris 30 ans pour me raconter en 15 chansons. 😉
Plus sérieusement, je n’écris qu’à propos d’événements ou de sentiments qui me transpercent, me bouleversent.
De ce fait, je n’écris pas un texte tous les matins au petit déjeuner.
J’écris rarement à chaud, le processus étant plus ou moins long, j’ai le temps de prendre du recul. Je travaille par phases à vrai dire.
Pendant 4-5 jours, je vais être complètement habité par les mots.
Je mange, je marche, je dors avec en tête des mots, des phrases, des histoires que je malaxe, étire, abîme, tourne dans tous les sens.
A ce moment-là, je prends des notes. Pour Est-ce l’Est ?, par exemple, j’ai eu jusqu’à 12 pages de notes, de punchlines, d’idées, de couplets écrits sous différentes formes.

Il y a 3 axes fondamentaux. Le fond, la forme, la narration :
– La thématique et l’émotion – finalement le déclic.
– Le jeu avec cette langue française riche et fascinante.
– L’histoire, le scénario ou comment à partir d’éléments personnels, orienter son propos et le développer d’un point A à un point B.

Ces dernières années j’ai eu la chance de pouvoir emprunter deux abris hors du commun :
La cavarache – une grange réaménagée perdue dans le Cantal Nord ;
et une longère isolée dans mes si chères Côtes d’Armor…
J’y ai construit, élaboré, poli la plupart des derniers textes, seul, sans diversions… j’ai pu passer le temps nécessaire à mettre de l’ordre dans le puzzle des prises de notes, sans compter les heures.

Marvin Jouno portrait photo original du chanteur cabine photomaton vintage pour United States of Paris blog interview EP Ouverture

Est-ce que l’écriture est facile pour toi ?
Vraiment pas – mais tout simplement parce que c’est sacré – peut-être trop même.
Si cela me semble facile – c’est que je suis en train d’écrire un mail, un sms, une liste de courses, certainement pas une chanson – sinon à quoi bon…
Je ne suis pas très prolifique ou alors par période, parce que je ne veux surtout pas banaliser mon rapport à l’écriture.
C’est sérieux, jamais fait à la légère, j’ai besoin de m’amuser à tordre la matière des mots pour justifier un quelconque écrit.
J’ai envie de donner l’envie d’attraper le livret, que l’on ouvre les tiroirs et découvre les différents niveaux de lecture.
Je parle parfois de dyslexie verbale – ce que l’on entend n’est pas toujours ce que l’on lit.
Depuis peu, je tends à simplifier (un peu).
Ne jamais prendre les gens pour de cons mais au contraire – ne pas passer pour celui qui fait le malin à ne pas être compris.
Ça n’a aucun intérêt puisque l’essence même de raconter des histoires est de pouvoir les partager.
Quoi qu’il en soit je coderai toujours un peu.
Je me livre de jour en jour un peu plus (j’ai fini par admettre que ma personne est le sujet que je suis supposé ‘maitriser’) mais une certaine idée de la pudeur et de la retenue m’accompagneront toujours.

Quelle est la chanson la plus personnelle de cet EP ? Et pour quelles raisons ?
Sans hésiter : Est-ce l’Est ?
Si elle n’était pas codée et pleine de sous-entendus – elle serait obscène, et d’une impudeur considérable.
J’entends un peu de tout à son sujet mais ce n’est absolument pas une chanson sur Berlin, ce serait trop simple.
Ici, Berlin sert de décor, de contexte, de prétexte – à tout autre chose que le récit de mes vacances.
Il y a des clés disséminées ci et là pour en comprendre le sens profond…

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Que l’on évoque Benjamin Biolay après l’écoute de ton disque te dérange ? (Sachant que venant de nous ce n’est pas négatif, nous aimons BB)
NON : C’est hyper gratifiant et même un peu gênant.
Ce mec a une plume tonitruante, des arrangements somptueux et Trash Yéyé est l’un de mes albums de chevet.
Il y a cinq ans – lorsque j’écrivais mes premières chansons, j’aurais signé sans réfléchir si l’on m’avait promis une telle parenté à venir…
OUI : En France, il y a deux écueils récurrents.
Il est très mal vu de faire trop de choses différentes ; et quoi que l’on fasse, on est systématiquement mis dans des cases et comparé aux aînés.
C’est certainement très rassurant pour le public et les journalistes, mais c’est chiant et castrateur.
A un moment donné, cette comparaison aurait pu (ou a pu) me fermer des portes, et très sincèrement j’ai d’autres velléités que de proposer un succédané de ce qui existe déjà – en très réussi – qui plus est.

Pour toi, la référence est pertinente ou non ?
Même pas, très honnêtement…
Fût un temps, nous avons considéré la piste de l’émasculation pour s’affranchir de la comparaison mais j’ai finalement su résister 😉
J’ai parfois la sensation d’avoir obtenu la carte de membre du club des chanteurs à la voix grave : quand ce n’est pas Benjamin Biolay, ce sont Julien Doré ou Jean-Louis Murat qui ressortent…
On ne peut pas dire que j’écoute beaucoup mon EP mais vraiment je ne vois pas trop la ressemblance.
Après, s’il s’agit finalement de proposer une pop lettrée et élégante – ça me parle, bien entendu.

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Un chanteur – une chanteuse – un groupe avec qui tu ne pourrais pas vivre sereinement si tu ne l’écoutais pas régulièrement ?
De 15 à 25 ans – tout en gardant les oreilles grandes ouvertes – j’ai écouté Radiohead et les projets solo de Thom Yorke de manière excessive et quasi exclusive.
Mes oreilles ont mûri ou bien vieilli mais mon rapport à la musique est certainement plus raisonné aujourd’hui.
(Néanmoins, il y a un peu plus d’un an, il aurait été difficile de m’empêcher d’écouter Reflektor d’Arcade Fire)
Cette année, j’ai “saigné” les derniers albums de Sufjan Stevens, Tame Impala et Jamie XX – pour ne citer que ceux-là.
Ces dernières semaines, je dois avoir besoin de calme : je suis à bloc sur le dernier Max Richter et le premier album d’Aldous Harding.

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Ta dernière claque musicale ?
Aldous Harding – une chanteuse folk Néo-Zélandaise.
C’est brut, simple, nu, déchirant. C’est la parfaite BO pour se couper du monde extérieur et écrire quoi que ce soit.
C’est aussi tout ce que je ne peux/veux pas faire – et ça me fait de sacrées vacances en tant qu’auditeur.

La plus belle chanson pour pleurer ?
Ouverture d’Etienne Daho.
Il n’est pas de hasard,
Il est des rendez-vous,
Pas de coïncidence…
L’une ou LA raison de donner à mon EP le titre Ouverture.

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Une madeleine intime et familiale. Je peux y accrocher des wagons de souvenirs heureux et tristes.
Les cordes des Valentins me donnent la chair de poule dès les premiers frottements.
Jusqu’au bout, cette chanson me fera penser à ma mère.

La chanson qui te fait danser ?
J’aurais pu en citer dix pour pleurer mais n’ai finalement pas trop hésité.
Pour danser, c’est une autre histoire. J’ai dû fouiller dans plusieurs centaines de liens Youtube mis de côté pour être certain de mon choix.
Il faut généralement un sacré alignement des planètes en soirée pour que me vienne l’envie de danser. Par contre, après je ne réponds plus de rien…
Lost de Franck Ocean – parce qu’associé à un moment de danse, récent, à part.

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Le meilleur conseil que l’on t’ait donné pour ta carrière ou pour ta vie ?
Pas véritablement un conseil, mais une sorte de mantra parental, jamais vraiment exprimé : « Surtout – fais – ce qu’il te plait . »

La meilleure salle pour un concert à voir ou pour chanter ?
VOIR
:
Pas très original mais l’Olympia a ce quelque chose de magnétique – indéfinissable et inimitable.
On est comme happé dès que l’on pénètre dans la salle – encore éclairée et sans musique.
CHANTER :
La première partie de Jeanne Cherhal à La Cigale me restera en mémoire pour longtemps.
Je n’ai réalisé qu’après avoir chanté ce que l’on venait de vivre.
Le poids des ans, une certaine idée de l’héritage, la lourdeur douceâtre des velours rend tout cela solennel et magique à la fois.

Quand on connait et pratique la photo comme toi, est-il facile de lâcher prise face à l’objectif d’un autre photographe pour un portrait ?
J’y travaille mais jusqu’à présent je ne peux me résoudre à passer devant l’objectif, ou plutôt à ne pas être derrière (ma place pendant 10 ans sur les tournages de cinéma en tant que décorateur).
Après, je joue le jeu du mieux que je peux – je fais confiance à la personne qui me fait face,  même si je ne peux m’empêcher d’imaginer comment je ferais de l’autre côté…

J’apprécie d’ailleurs énormément ce concept du photomaton – merci.
Je ne me mets pas encore à la place des machines 😉

Marvin Jouno
EP Ouverture
Album Intérieur Nuit
(Un Plan Simple)

en téléchargement légal

Follow Marvin via sa page FB officielle
Twitter : @MarvinJouno

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Nairone, Phillips & McCoy : trio street-art pour Eristoff Wolf Pack Édition

Nombreuses sont les marques qui usent de la valeur street art pour changer leur image. Forcément, on est toujours un peu dubitatif quand on nous présente une nouvelle opé.
Mais une interview peut révéler que, même s’il y a une volonté commerciale derrière une opération marketing, elle peut être aussi, et surtout, à l’origine d’une vraie rencontre artistique.
La relation entre Eristoff et l’artiste Nairone en est l’exemple.

Debrief  de cette collaboration inédite entre Jim Phillips, Travie McCoy, Nairone, Thibault, chef de produit Eristoff, et John de l’agence HK Corp, lors de la soirée de lancement de l’Eristoff Wolf Pack Édition au Ground Control à Paris.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Ground control Nairone Jim Phillips Travie McCoy design Photo by United States of Paris

Nairone et Eristoff : un coup de coeur artistique

Lors de la soirée de lancement limitée 2014, il y a un an, Thibault, chef de produit pour Eristoff, rencontre Nairone : un graffeur de 24 ans (à l’époque) venu réaliser une performance.
Nairone c’est un graffeur du nord de la France, installé depuis quelques années à Paris.
Son style et son univers séduisent Thibault qui décide de le faire collaborer à la prochaine campagne de la marque avec la réalisation du design de l’édition limitée 2015.
Il fallait qu’on capitalise sur cette rencontre et que l’on fasse quelque chose de plus fort pour se démarquer du mouvement street art dans lequel se sont engouffrées les autres marques. On a voulu mettre en avant un jeune talent émergeant, Nairone” nous confie Thibault. “Il a une  patte extraordinaire avec laquelle on a tout de suite accrochée. En lui permettant de collaborer avec les plus grands noms du monde du graf, on souhaitait donner un vrai coup de pouce à sa carrière, le faire grandir et évoluer.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Nairone style art design Photo by United States of Paris
Je ne sais pas définir mon style. Je fais juste ce que j’aime faire et je ne sais pas pourquoi je le fais. Je m’inspire juste de ma vie et du pop art. J’utilise la technique de Roy Lichtenstein : je fais mes images à plat, je reprends des images de BD que j’agrandis et que je projette sur la toile ou sur le mur. A partir de là, je le fais à ma sauce” nous précise l’artiste.

Mais pour un graffeur, n’est-ce pas vendre son art que de collaborer avec une marque ? Nairone assume : “Les gens qui font du graffiti passent leur temps à en faire mais pas à en vivre. Je vis de ma passion mais avant je suis passé par le vandale, par la police. Je profite de rencontres incroyables que je n’aurais jamais faites, seul, comme avec Phillips et McCoy.”

Eristoff Jim Phillips Nairone Travie McCoy street art Wolf Pack édition limitée 2015 art work design Photo by United States of Paris

Une volonté de pérenniser la valeur street art

Suite à l ‘édition 2014 qui a vu collaborer le chanteur Oxmo Puccino et Mambo, street artist installé à Los Angeles, avec la marque de vodka, l’agence HK Corp a souhaité, cette fois, “investir sur le long terme“, nous explique John, “avec un artiste qui a un style qui correspond à l’image de la marque, qui a envie de s’en imprégner et de la retranscrire de manière très naturelle.

Donc l’édition limitée 2015 Wolf Pack d’Eristoff c’est la rencontre de trois styles : Nairone, pour la partie France/Europe, Travie McCoy, le New-yorkais et Jim Phillips, le Californien. Mais “la combinaison des trois n’a pas forcement été évidente” dixit Thibault.

C’est aussi quatre mois de collaboration entre les artistes qui a commencé par mails avant leur rencontre. Un jour, Nairone a reçu le tout premier croquis de Jim Phillips.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Jim Phillips artwork dessin prototype Nairone Travie McCoy design Photo by United States of Paris
Premier croquis de Jim Phillips pour Eristoff Wolf Pack

Les loups de cette première esquisse n’ont que très peu évolués par rapport à la version finale.
C’est quand on s’est vu qu’on a mixé nos croquis. McCoy et moi, on a décidé de laisser la face de la bouteille à Phillips”, ajoute Nairone. “Travie a pris l’arrière et moi j’ai créé l’univers liant entre leurs deux visuels” et John de l’agence HK Corp de préciser : “Nairone a apporté le côté fusionnel entre les 3 artistes, créé l’association entre les 3 profils”.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Jim Phillips collaboration artwork Nairone Travie McCoy design histoire Photo by United States of Paris
Une aventure artistique et humaine

Après de multiples échanges par mails, les trois artistes et l’équipe de com se sont retrouvés sur la côte ouest des USA, pour finaliser l’édition. Ils se sont tous immergés dans l’univers de Jim Phillips :
“Nous avons eu la chance de pénétrer la vie de Jim avec sa femme et ses enfants à Santa Cruz” confesse Thibault. “On est loin du marketing pur : j’ai pu participer de façon très concrète à la création autour d’une marque qui s’est faite de manière très naturelle. Un échange humain entre trois profils artistiques qui ne se connaissaient pas à l’origine et qui ont vécu une expérience commune pendant 10 jours.

Pour Nairone, c’est l’occasion d’apprendre de ses aînés. “Travie m’a donné envie d’aller plus loin, de réussir, d’être ambitieux mais sans oublier la passion avant tout. Avec Jim, j’ai découvert l’envie de produire. Quand on est arrivé chez lui, son garage était un musée. Il y a 40 ou 50 ans de sa production, tout y est exposé.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Jim Phillips atelier art Photo by United States of Paris
Pour Thibault, il y a chez Phillips “une forme de maturité, on l’écoute. C’est un personnage passionnant. C’était fabuleux comme rencontre.”

Et au détour d’une petite frustration, Nairone a peut-être pu nouer une relation artistique plus profonde avec Jim. “Il nous emmenait que dans des restaurants de poisson. Et comme j’aime pas ça, je prenais que des menus enfants. Alors un jour, j’ai dessiné un skate en forme de hot dog et Jim m’a dit : Faut qu’on garde contact,  on va faire quelque chose de ça.”

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Nairone Jim Phillips Travie McCoy concept artwork design Photo by United States of Paris
Tous les trois, on a partagé sur tout : le personnel et le professionnel. J’en ai pris plein la tête pendant 10 jours, fallait être là pour le vivre. La séparation à la fin du projet a été très dure” nous dit John. Quelques larmes ont coulé sur les joues de l’attachant Nairone qui ne cache pas l’émotion qu’il a ressentie à ce moment.

Eristoff : des contraintes techniques pour les artistes

Cette bouteille emblématique de la marque possède quelques particularités contraignantes pour les artistes.
J’ai eu du mal à m’approprier le support. On a tous les trois fait des croquis séparément, puis on les a mixés pour la bouteille test. Et c’est là que l’on s’est rendu compte que ça n’allait pas avec la forme car les bourrelets du bas déformaient le dessin.
Mais une visite de Nairone dans l’usine qui imprime les étiquettes a permis de déjouer ces contraintes : “j‘ai pu poser des questions et on a pu résoudre les problèmes.”

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Nairone Jim Phillips Travie McCoy tambour imprimerie design Photo by United States of Paris
Tambour d’impression de l’étiquette Wolf Pack Edition 2015

Rendre compte de cette collaboration hors norme

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C’est une collaboration artistique qui s’est super bien passée, même si elle n’était pas évidente.” Pour Thibault le chef de produit Eristoff, il y a eu une vraie volonté de rendre compte de cette coopération artistique à travers diverses vidéos mais comme le confirme John de HK Corp : “c’est difficile de transmettre les émotions dans les films d’une marque, c’est hyper délicat d’y faire adhérer le public, de ne pas penser que c’est du faux“.
Ce qu’on voit c’est ce qui c’est réellement passé.” conclut Thibault.

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Et l’équipe créa de HK Corp, sur un coup de tête et une idée improvisée, a voulu raconter l’histoire de cette aventure via l’intérieur de la bouteille dans un film 360°.
Il leur a donc fallu trouver des solutions techniques pour ne pas avoir de déformations causées par le verre de la bouteille mais aussi pour y intégrer le dispositif de tournage.
L’équipe a donc customisé une caméra, qui est du coup unique, avec un rendu plutôt intéressant. Elle a pris place dans une bouteille originale en plexiglas et non en verre.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 360 film histoire Jim Phillips Travie McCoy Nairone design Photo by United States of Paris

Le futur entre Nairone et Eristoff

Apparemment, le jeune artiste street art a forgé une belle relation avec la marque de spiritueux. A telle point que celle-ci voit plus loin dans leur partenariat : “la collaboration avec Nairone ne s’arrête pas à cette année. Les premiers retours sont positifs. C’est une histoire qui commence.  On souhaite faire des performances avec lui, travailler sur des projets d’édition limitées, sur des projets d’autres marques.
Nairone adhère à cette entente réciproque : “Je sais ce qu’il faut faire ou pas, mais j’ai vraiment l’impression de dessiner pour moi, c’est ça qui est cool !

Quand on lui parle de sa relation à Instagram et de sa volonté de cacher son visage, il affirme : “Oui, je joue avec l’anonymat. Je ne sais pas pourquoi. Ça me fait juste rire, je crois. Mais comme on me suit c’est aussi pour montrer que ce que je fais est plus important que qui je suis.

Eristoff street art Wolf Pack édition limitée 2015 Nairone Jim Phillips Travie McCoy art design Photo by United States of Paris

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Neckmaster : casque Bluetooth, nouveau partenaire design de votre smartphone !

Un petit nouveau ! Un casque Bluetooth made in France fait son apparition dans le monde des smartphones : Neckmaster de la société Adibla.
Un design maitrisé en mode tour de coup, et des écouteurs intra-auriculaires, parfait si vous en avez marre de votre casque filaire. On vous fait les présentations ! 

Design futuriste pensé comme un collier, le Neckmaster se fait discret. Dans les transports ou au bureau, son poids plafonnant à 30 grammes permet vite de l’oublier. Disponible en noir ou en blanc, il s’intègre au mieux à votre quotidien. Au pire, il interpelle votre voisin de métro, au mieux, il sera à l’origine d’échanges inédits et geeks.

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Neckmaster : les points forts !
Son poids est numéro 1. Le lien entre votre mobile et le casque se fait facilement en 10 secondes,  un énorme plus. Et son design, avec sa branche volumineuse dotée de 3 boutons facilite son utilisation : un bouton on/off et deux pour le volume mais qui permettent aussi de passer d’une plage à l’autre, de changer le mode d’équaliseur sonore. On notera tout de même que la disposition des boutons de volume n’est pas forcément la plus logique qui soit pour nous. Une petite période d’entraînement est à envisager pour une bonne prise en main.

L’autre plus de ce casque c’est qu’il vous permet d’utiliser les contrôleurs vocaux pour écrire un SMS, passer un appel ou effectuer une recherche web, sur Android avec “OK Google” et sur iOS avec “Dis Siri“, et cela même lorsque vous écoutez de la musique.
On notera un petit temps de latence si vous êtes sur un Iphone 4. Mais la fonctionnalité est concluante.

Pour les plus étourdi(e)s, Neckmaster vous alerte si vous vous éloignez de plus de 10 mètres de votre phone ! Très malin !

Lors de la réception d’un appel, la petite voix blottie dans votre casque vous indique qui est votre interlocuteur, histoire de ne pas sortir le phone de votre poche pour rien. Pratique, non ?

Côté autonomie, les données constructeur indiquent 7 heures en d’écoute continue, 9 jours en veille et 70 min pour la recharge totale.

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Neckmaster, axé sur la qualité du son

Les concepteurs revendiquent une qualité de son inégalée pour ce genre de produit.
Avec les adaptateurs en mousse spéciale musique, il bat à plate couture certains modèles de la concurrence notamment le LG HBS 700 (d’une qualité musicale affligeante, il faut bien dire) mais aussi les modèles Sony ou Shure. Pour les autres marques, les différences ne sont pas si flagrantes et il est bien évidemment hors concours face à l’indétrônable QuietComfort® de Bose.

Malgré tout, ce casque reste un modèle intra de bonne facture avec ses qualités et des petits défauts . Même s’il y a 7 modes d’améliorations sonores, les aigus restent souvent bien présents, et les basses une fois compensées un peu envahissantes. Un équilibre sonore difficile a atteindre de toute façon sur ce type de casque.
Mais il va sans dire que les goûts en matière de son varient d’un utilisateur à un autre.

Un petit bémol 

Le casque est configuré en anglais, en mode usine, et la modification de la langue nécessite quelques manipulations.
Le manuel est lui aussi uniquement en anglais. Vous avez, bien évidement, la possibilité de charger la version française sur web.
L’emplacement de la prise de recharge ne facilite pas l’utilisation du casque durant le chargement.

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Le Neckmaster reste un casque Bluetooth ultra compétitif avec un rapport qualité/prix vraiment satisfaisant.
Donc si vous cherchez un nouveau casque sans fil pour votre mobile, avec une belle gueule, pourquoi ne pas adopter ce modèle made in France ?

Neckmaster

le casque Bluetooth made in France !
Prix de vente : 185 €
Actuellement en vente en exclu sur le site du constructeur

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ZAZ : CD/DVD live Sur la route – chronique et #concours inside

2014 a été une année faste pour Zaz. Auréolée d’un succès que beaucoup d’artistes français pourraient envier, elle a collectionné les miles et les tampons sur son passeport à l’invitation de nombreux publics étrangers – qui apprécient notre langue – et de festivals. Au total : 93 concerts et 110 000 kilomètres pour la trentenaire qui garde la tête froide. Pour preuve le CD/DVD live qui revient en images et en chansons sur cette aventure assez unique. 

Zaz Sur la Route film CD DVD live réalisé par Thomas Lepage tournée mondiale 2014 world tourVous allez dire : “un CD avec 11 titres live, c’est un peu court !” Mais c’est sans compter sur le DVD qui contient des titres supplémentaires comme La Révolution des Colibris, la reprise de La Vie en Rose, La Complainte de la Butte, une chanson en brésilien ou encore une ballade touchante au coin du feu et à la guitare.

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Le film réalisé par Thomas Lepage revient sur ces destinations qui font rêver : Buenos Aires, Sao Paulo, Montréal, Uruguay, en passant par l’Allemagne et l’Europe de l’Est pour le festival Colours of Ostrava dans une usine désaffectée

Zaz sur scène Sur la Route film CD DVD live réalisé par Thomas Lepage concert Colours of Ostrava festival tournée mondiale 2014 world tourEntre chaque chanson live, on apprécie les belles images des villes où Zaz et ses musiciens et techniciens posent le pied. Appréciant son regard sur ce qu’elle vit (“Chanter me connecte à ma joie“) et quelques-unes de ses rencontres comme Pierre Rabhi en Ardèche pour parler de “l’école de la nature” ou un dialogue dans une voiture amphibie au Canada. Elle revient, sans détour, aussi sur les critiques violentes en son encontre – on peut ne pas apprécier un artiste, mais de là à déverser tout son venin…

Zaz descente d avion à Santiago du Chili Sur la Route film CD DVD live réalisé par Thomas Lepage tournée mondiale 2014 world tour

Et Zaz supporte des choses que nous, anonymes, aurions beaucoup de mal à accepter. Par exemple, être attendue à la descente de l’avion par plus des dizaines de fans armées d’appareils photos et à la recherche d’un big hug (comme à Santiago du Chili). Alors qu’on le sait : décalage horaire, manque de sommeil et jambes engourdies nous pousserait à nous cacher avant de retrouver un semblant d’équilibre.
Zaz, elle, garde le sourire (et ses lunettes de soleil) pour apprécier ce bain d’affection assez unique et loin, fort heureusement, de l’hystérie provoquée par Beyoncé ou Rihanna. Une fois dans le taxi, elle apprécie cet “amour doux” que les fans lui donnent.

Les interviews qui ponctuent le film ne font pas l’apologie de Zaz. Le parti-pris du réalisateur est de privilégier l’illustration, l’artiste n’est donc que très peu face caméra où alors à contre-jour. Pendant les concerts, le gros plan est proscrit pour des vues d’ensemble qui donnent autant de place aux musiciens qu’au public. Il n’est donc pas forcément évident de vérifier la couleur des yeux bleu de la chanteuse.

ZAZ Sur la Route film CD DVD live réalisé par Thomas Lepage vue de la ville de Rio de Janiero city Brasil tournée mondiale world tour 2014Et l’on apprend aussi à redécouvrir la chanteuse. Si, comme nous, vous avez pris un peu de distance, Si je perds est sans doute le meilleur titre pour revenir à Zaz. Sans forcer, cette dernière nous envoie toute la pleine maitrise de son timbre si particulier. La version live de La Fée est aussi un très bel instant rythmé à l’orchestration soignée.

Et bonus, l’album comporte le titre inédit Si jamais j’oublie (déjà plus de 600 000 vues pour le clip, depuis sa publication début septembre) :

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Et ne croyez pas que cette tournée était une parenthèse enchantée. La chanteuse poursuit ses concerts cette fin d’année du Japon à Prague avant de revenir en France et de remplir 2 beaux Olympia en janvier.

 CONCOURS  !!

Nous vous offrons des exemplaires du CD/DVD live Sur la Route de Zaz à recevoir directement chez vous ! Oui oui.

Pour cela, rien de plus simple, remplissez le formulaire ci-dessous avant le 11 novembre 2015 à 23h59. Et n’hésitez pas à nous laisser un commentaire sympathique (on aime beaucoup ça !).

LE PLUS : une chance supplémentaire de gagner sur Twitter ! En suivant le compte @USOFPARIS et retweetant le concours.

Les gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort parmi les inscrits sur le blog et participants actifs sur Twitter. Ils recevront un mail leur confirmant leur lot : 1 CD/DVD qu’ils recevront par courrier.

ZAZ : CD/DVD live Sur la Route
(Play One)
Sortie le 30 octobre 2015

Dans les bacs et en téléchargement légal

concerts à l’Olympia les 30 et 31 janvier 2016
tournée en France : Troyes (15/01/16) Montbéliard, Épernay, Vernier, Dunkerque, Douai, Angers, Lyon (12/03/16)

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Concours ZAZ CD DVD Live
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Foire d’Automne 2015 : le plein de nouveautés connectées, conseils et astuces

Pas le temps d’attendre la traditionnelle Foire de Paris du printemps prochain pour découvrir les nouveautés connectées, les coups de coeur gourmands ou refaire votre intérieur ? La Foire d’Automne est faite pour vous ! Et elle n’a rien a envier à sa grande sœur.

Rien que pour vous : 380 exposants répartis sur trois pavillons et organisés en 5 thématiques : Découvrir & Innover, Explorer le monde, Prendre soin de soi, Se régaler et Vivre bien chez soi.
Même si vous retrouvez les basiques comme les cuisinistes, les marchands de meubles, les stands food, la Foire d’Automne n’est pas une simple copie de le Foire de Paris.
Elle met l’accent sur l’expérience, l’innovation et l’animation.

Coaching, tuto et DIY (Faites-le vous-même)
Le Bar des copines est de retour cette année avec ses conseils et ateliers dédiés aux femmes : DIY pour les futures mariées, Geekettes – pour devenir une pro des réseaux sociaux – ou Halloween – pour parfaire vos cupcakes version fantômes et revenants avec votre bambin ou le maquillage de vos ados.
Les mâles ne sont pas en reste avec le Men’s corner qui propose les mêmes sujets mais version testostérone : battles de repassage et bras de fer sportif pour Super Nana, effets spéciaux de maquillage pour Halloween, coaching sportif pour sa séance “fais bouger tes muscles” à domicile.

Foire automne 2015 Paris découverte évènement atelier coaching DIY impression 3D Leroy merlin photo by United States of ParisCôté maison, on vous propose du coaching bricolage et déco :  plomberie, bricolage de base, pose de parquet et même une initiation à l’impression 3D, qui devient accessible au grand public pour tout réaliser chez vous. Côté cuisine, l’atelier Afrofusion vous fera voyager à travers les 5 continents, pour une initiation aux mélanges culinaires et donc gustatifs, en passant par Tokyo, New-York, Rome, Mexico et Marrakech. #Yummy !

Foire automne 2015 Paris découverte évènement atelier culinaire afrofusion photo by United States of Paris
Les innovations à la Foire d’Automne 2015
La volonté appuyée de mettre en avant les innovations technologiques a débouché sur la création d’un Grand Prix de l’Innovation “Smart & Connecté”. Les lauréats et les participants sont exposés dans un espace dédié. Vous y trouverez certainement le produit tendance de demain et celui qui vous facilitera la vie.

Foire automne 2015 Paris découverte évènement Grand prix de l'innovation smart & connecté photo by United States of Paris
Fun et animations
La Foire d’Automne a l’envie de rendre ludique votre visite. Plongez à la découverte de la grande tendance du moment : l’Escape Game. Une cession de 30 min pour vous donner des frissons et tenter de résoudre cette énigme inédite. Leavin Room présente ici sa version transportable du concept d’enquête policière pour votre journée de team building ou une soirée entre amis à domicile et si vous êtes extravagant pourquoi pas à votre repas de mariage !

Photo Facebook © Foire de Paris

Sans oublier le moment d’évasion avec les spectacles de la Polynésie.
Des shows, des cours de danses traditionnelles ou de ukulélé, c’est l’idéal pour une pause au votre journée de visite.

Avec toutes ces propositions, on pourrait simplement dire : à chacun sa Foire d’Automne !

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