Archives de catégorie : Cinéma

Deux Fils : Félix Moati & Mathieu Capella impressionnent

Félix Moati est un acteur comblé qui a déjà de très beaux rôles à 28 ans (A trois on y va, Gaspard va au mariage) et une participation au dernier film de Wes Anderson.
Deux Fils est son premier film rendu possible par la participation de son ami et double de cinéma : Vincent Lacoste.
Le jeune réalisateur surprend par sa maîtrise et par ce récit porté par un élégant casting.

Deux Fils

Paumés de père en frères

Alors sont-ils réellement tous paumés ces hommes ? Deux Fils c’est d’abord un père, Joseph, qui perd son frère et qui change de braquet professionnel. Il vit avec Joachim et Ivan, ses fils.
Chacun tente tant bien que mal de comprendre l’autre, les deux autres, dans cette famille sans figure maternelle.
Ivan, le plus jeune, semble être celui qui est le plus sensé. Mais il se met à boire et son idéal amoureux semble inaccessible.
Son frère, Joachim, est l’ombre de lui-même, masquant ses échecs universitaires et sentimentaux.

L’équilibre est précaire. Toutefois, l’attention que chacun porte aux deux autres est touchante. Entre ces trois hommes, ça vibre malgré les difficultés. Ça palpite même.
Il y a de l’humour mais jamais au dépend des personnages.

Deux Fils
Rencontre projo privée Ciné +

Une légende, une révélation

Félix Moati voulait “un acteur dont la légende déborde” pour jouer le rôle du père. Benoit Poelvoorde avec qui il a pataugé dans Le Grand Bain de Gilles Lelouche était parfait : “Benoît protège de son aura comique.”
Lors de la projo privée Ciné +, le jeune réalisateur nous décrit le comédien bien éloigné de sa réputation : “Benoît n’est pas ingérable. Il aime jouer, vraiment. Il aime être dirigé. C’est quelqu’un de très élégant, qui aime se mettre en retrait.

Deux Fils

La révélation du film Mathieu Capella, 14 ans au compteur, qui incarne Ivan a un regard impressionnant !
Félix Moati a choisi Mathieu parmi 450 jeunes castés. « Mathieu était ouvert aux autres. Comme Vincent Lacoste, il est très juste. Il dit les mots avec une sorte de distance. »
Et le plus amusant, le jeune interprète ne se destine pas à devenir acteur alors qu’il a déjà un agent. Il veut être chef opérateur.

Deux Fils est un premier film gracieux, unique, avec des figures d’hommes attachantes.

Deux fils

Deux Fils

un film de Félix Moati
scénario : Félix Moati avec la collaboration de Florence Seyvos
Avec Vincent Lacoste, Benoît Poelvoorde, Mathieu Capella, Anaïs DemoustierNoémie Lvovsky, India Hair et Patrick d’Assumçao.

Sortie le 13 février 2019

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Une intime conviction : un polar judiciaire palpitant

Ce lundi, première projection publique d’Une intime conviction, film d’Antoine Raimbault sur l’affaire Viguier.
Quelques minutes avant que la salle tombe dans le noir, la voix de stentor d’Eric Dupond-Moretti, campé par Olivier Gourmet, retentit lorsqu’il prend place, non loin de son double cinématographique. Des frissons ! 

Une intime conviction est l’histoire de Nora qui prend à bras le corps le soutien à Jacques Viguier. Acquitté en première instance lors d’un procès d’assises pour le meurtre de sa femme, il doit comparaitre à nouveau, suite l’appel du parquet. Nora, sûre de son innocence, fait appelle à l’avocat Eric Dupond-Moretti pour assurer sa défense. Elle sera embarquée dans les tumultes de ce deuxième opus juridique.

Une intime conviction

Des acteurs magistraux pour un film passionnant

Oui, ce film nous emporte, nous transporte dans cette histoire folle.
Tout est filmé avec brio. Tout est découpé au cordeau. Les scènes de procès sont happantes. Impossible de résister à la passion qu’à déclencher ce procès et à l’enjeu pour l’accusé.

D’ailleurs cet accusé, Jacques viguier, mutique car bipolaire  est interprété avec retenu par Laurent Lucas, parfaitement impassible. Nora, l’enquêtrice besogneuse et amateure, Marina Foïs lumineuse et convaincante, glisse petit à petit dans l’exagération de ses convictions. Et le brillant Olivier Gourmet qui, dans le rôle de l’avocat Éric Dupond-Moretti, en impose tout du long. Sa stature et sa voix donnent des frissons au cours de la plaidoirie finale.  A l’instar certainement du vrai avocat dans un prétoire.

Une intime conviction

“C’est une affaire singulière, un procès pour meurtre sans cadavre et sans preuve. C’est un peu un fiasco judiciaire !Antoine Raimbault, réalisateur et scénariste.

“Tout ce qui est de l’affaire est vraie !”

C’est le réalisateur qui l’affirme. Et pour être franc, on ne le savait pas être si proche des protagonistes dans cette affaire.

Une intime conviction
“J’ai assisté au premier procès {en 2008}. Et j’ai rencontré Jacques Viguier et sa famille. Un lien s’est créé avec eux.”
A l’annonce du second procès en assises, c’est lui qui contacte Éric Dupond-Moretti. Ce qui donnera une première facette au personnage de Nora. “Mais mon point commun avec Nora s’arrête là” conclut-il.
C’était aussi mon premier procès d’assises. Rapidement, je tombe du banc en me rendant compte que je ne connais pas la procédure française. On connaît mieux la procédure accusatoire aux États-Unis, par les films, les séries. Peu de films parlent de la justice française.

Maître Dupond-Moretti

Olivier Gourmet est fabuleux dans le rôle de l’avocat aux 146 acquittements.
Mais il a dû louvoyer entre réalité et fiction. Même si le réalisateur a “créé un Dupond-Moretti de cinéma“, libre de contrôle du maître du barreau.

“J’ai eu la chance de pouvoir le suivre durant deux jours et demi.
On dînait le soir ensemble, je lui demandais son ressenti, ses impressions. Mais à cause de nos emplois du temps, je ne l’ai jamais vu plaider.”
On a une ossature un peu commune. Et la robe aide à imposer le personnage. J’ai fait une espèce de copier-coller, une sorte de halo, d’aura de Dupond-Moretti.” confie l’acteur.

Une intime conviction

Mais malgré tout, l’acteur a su toucher à la quintessence orale de l’avocat dans la joute oratoire finale. Une gageure.
“Je me suis appuyé sur son bon sens qui parle au gens. Il ne tourne pas en rond durant 3 h. Il va droit au but.

Une intime conviction

Une prestation saluée par ténor du barreau lui-même présent dans la salle : “J’admire la prestation d’Olivier Gourmet. Je reconnais mes mots mais il en a fait quelque chose à lui.

Éric Dupond-Moretti lancera aussi « Depuis 12 hommes en colère, je n’ai jamais vu de film aussi bon. C’est vraiment l’apologie du doute !

On reste ébahi par Olivier Gourmet et on soutient une Marina Foïs fébrile et passionnée.
Un film à ne manquer sous aucun prétexte.

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Une intime conviction

Une intime conviction

un film d’Antoine Raimboult
Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas, Jean Benguigui.

en salle le 6 février 2019

Pour en savoir plus sur l’Affaire Viguier :
Écoutez le podcast de Christophe Hondelatte sur le site d’Europe 1
Revoyez le Spécial Investigation : Affaire Viguier, dans l’intimité du procès

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My beautiful boy : portrait d’un père déchiré

My beautiful boy est l’histoire forte et vraie d’une relation père/fils qui se délite à cause de l’addiction aux drogues.
Steve Carell est ce père déchiré par la descente aux enfers de l’être le plus cher qu’il a vu naître. Timothée Chalamet incarne un fils en fin d’adolescence malmené par sa part la plus noire.
My beautiful boy montre combien un enfant peut apporter de la joie à ses parents mais aussi être la source d’une infatigable angoisse vissée à jamais au corps de ceux-ci.

My beautiful boy commence par une série de flash-back montrant l’union d’un père et de son fils à différents âges. Ils font écho à la réalité plus dure, celle d’un ado brillant et aussi torturé qui a débuté une relation continue avec la drogue.

My beautiful boy

Un duo d’acteurs bouleversant

Steve Carell est étonnant. Loin de ses rôles potaches, le comédien américain prouve qu’il est capable de tout.
Il incarne un père fou d’amour pour son fils, doux, patient et aussi totalement perdu face à ce drame qui se joue devant lui.
Steve Carell est cet homme blessé, déchiré, fragilisé et malgré tout combatif.

My beautiful boy

Timothée Chalamet, en peu de films, montre une palette de jeu assez incroyable. Il est à la fois ce fils léger, créatif, torturé et malade de son addiction.

Avec My beautiful boy, le réalisateur Felix Van Groeningen n’épargne pas les spectateurs. Ça rend le film encore plus juste et essentiel.

Bonus : joie de retrouver Maura Tierney , comédienne de la série The Affair.

My beautiful boy

My beautiful boy

de Felix Van Groeningen
avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney, Amy Ryan

au cinéma le 6 février

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GLASS, inattendu dénouement de la trilogie M. Night Shyamalan

Depuis la fin du film Split, on attendait qu’une chose : la rencontre entre David Dunn (Bruce Willis) et La Bête (James McAvoy). C’est ce que nous offre M. Night Shyamalan avec le début du film Glass.
Un affrontement qui prend fin un peu trop rapidement puisque la police intervient, capture les deux rivaux et les enferme dans un asile psychiatrique. C’est d’ailleurs dans ce même asile qu’est enfermé Elijah Price (Samuel L. Jackson).

C’est ici que l’action principale du film va se dérouler, puisque les trois protagonistes vont rencontrer une psy (Sarah Paulson) qui a pour mission de les soigner. Elle part du principe que les super-héros n’existent pas, qu’ils se sont persuadés de l’être et qu’ils pensent avoir des pouvoirs incroyables alors qu’il n’en est rien. Ce serait le monde qui nous entoure, les gens que l’on rencontre, ce que l’on nous dit qui nous persuade que cela existe.
Glass est donc la clef de cette trilogie créée par M. Night Shyamalan. Mais il ne faut pas oublier que le twist est un élément phare des films du réalisateur…

Glass

3 bonnes raisons d’aller voir Glass

Retrouver Bruce Willis dans le rôle de David Dunn.

20 ans après la sortie du film Incassable, nous retrouvons Bruce Willis dans le rôle de David Dunn, seul survivant lors d’une explosion de train. 
Dans Glass, David Dunn est désormais un justicier. Avec l’aide de son fils Joseph – joué par Spencer Treat Clark, le même acteur qu’à l’époque, il protège les habitants de Philadelphie qui l’ont surnommé le Surveillant. Même s’il a le statut de héros, il est controversé et activement recherché par la police. Malgré tout, il s’est donné pour mission de retrouver Kevin Wendle Crumb, qui continue de kidnapper des adolescentes pour nourrir La Bête.
Bruce Willis est toujours aussi charismatique dans ce rôle de super-héros, il parle peu mais il en impose.

Glass

Le génie de M. Night Shyamalan

On ne cache pas notre plaisir de retrouver le réalisateur américain. Incassable, Sixième Sens, The Thing, Split…, il est le maître du thriller et du twist par excellence. C’est d’ailleurs à la fin de Split qu’il nous surprend encore. M. Night Shyamalan y avait glissé un caméo. On y voyait David Dunn dans un diner en train de regarder les news ayant pour sujet La Bête. Et c’est là tout l’art de ce réalisateur ! Quel effet de surprise ! Incassable et Split sont liés.

“On a voulu avec Split faire un thriller qui fonctionne tout seul. Séparément du reste. J’ai demandé à Disney d’utiliser le personnage d’Incassable à la fin de Split et ils m’ont donné l’autorisation. Ce OK de Disney nous a permi de penser à la suite. Mais avant la sortie de Split, je n’avais pas écrit Glass, car je m’étais dit que s’il ne marchait pas ce ne serait pas la peine de donner la suite.”

Le réalisateur dévoilera également lors d’une interview que le personnage de Kevin Wendle Crumb devait apparaître dans Incassable mais que finalement il l’a retiré du scénario pour ne pas créer de déséquilibre.
De deux films complètement différents, à l’histoire et à l’intrigue qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, il crée un troisième récit réunissant ces trois personnages formant ainsi sa trilogie.

“J’aime les films imparfaits, les films incompris qui laissent le public lorsqu’il sort de la salle terminer l’histoire par lui-même. Beaucoup de films que j’aime fonctionnent comme ça et c’est comme ça que j’aime faire des films.”

Glass La performance de James McAvoy

Split a confirmé les talents d’acteur exceptionnel de James McAvoy. En effet, il y tient le rôle de Kevin Wendle Crumb, un homme possédant 24 personnalités.

“Dans Split, c’était Patricia ma personnalité préférée, dans Glass c’est peut être Hedwig. Mais j’ai aussi un petit faible pour la personnalité qui raconte tout à la 3e personne, j’ai vraiment adoré la jouer !”

A la fois terrifiant, complexe mais aussi fascinant, ce dernier est l’un des personnages les plus captivants du film. Le jeune homme doit en effet cohabiter avec Patricia, une femme bourgeoise, Barry, un créateur de mode, Hedwig, un enfant de 9 ans… 23 personnalités formant la horde au service de la 24e qui est la Bête.

“C’était plus difficile de jouer la Bête que Patricia. Le rôle de la Bête a été plus compliqué à trouver. Ce qui est dur avec ce type de personnage, c’est de surjouer.”

Le jeu d’acteur est juste fou, une véritable performance. On est totalement fan de James McAvoy.

La fin ?

M. Night Shyamalan nous l’a annoncé lors de la conférence de presse parisienne, Glass clot la trilogie.

“J’en ai fini avec ces personnages. Il faut que je passe à autre chose maintenant.”

Mais le réalisateur aime surprendre, donc qui sait ! 🙂

By Joan

Glass

Glass

film de M. Night Shyamalan
avec James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Sarah Paulson… 

sortie le 16 janvier 2019

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Les Invisibles : des femmes extras !

L’année 2019 débute par une cure d’optimisme qui célèbre l’humain.
Les Invisibles est le regard d’un homme, Louis-Julien Petit, posé sur des femmes qui en aident d’autres. Des femmes qui font de leur vie un combat pour tenter de sauver la vie d’autres, en difficulté.

Les Invisibles est un film d’une sincérité désarmante et nous happe dès les premières minutes.

Les Invisibles

Les invisibles

L’audace de Louis-Julien Petit

Louis-Julien Petit nous fait rencontrer des femmes à la rue, sans domicile fixe, sans ressource et aux vies chaotiques.
Elles sont aidées par d’autres femmes via un centre d’accueil, L’Envol. L’équilibre est précaire, le soutien des pouvoirs publics vient à chanceler. Pourtant, la détermination de l’équipe de travailleuses sociales va réveiller et révéler les destinés de chacune.

D’ailleurs, on comprend assez vite que les quatre comédiennes de l’affiche sont face à des non-professionnelles. C’est toute l’audace du réalisateur ayant réussi une alchimie parfaite et sans répétition.
Non sans malmener quelque peu une de ses comédiennes : Audrey Lamy.

Les invisibles

Après sa rencontre avec Louis-Julien, la comédienne a avoué qu’elle attendait le moment de répéter. A défaut, elle a fait appel à une répétitrice pour assurer ses « deux pavés de texte », le premier jour de tournage.
Une fois arrivée sur le plateau, Louis-Juiien lui balance : « Tes deux pavés c’est de la merde. Tu me réinventes tout. On tourne ! »
Ce qui n’a pas déplu à Corinne Masiero qui lance : « je m’en fous ! » quand on lui demande si elle se prépare pour les rôles. Elle préfère faire confiance aux réalisateurs. “J’aime être surprise par ce qui se passe, par les autres. J’aime les accidents. Et on a été servis ! :-)”

Les invisibles

Et le résultat est incroyable. Aucune fausse note. Un accord parfois entre toutes ces femmes mises en lumière par un homme.
Et la révélation de personnalités incroyables comme Adolpha en tête.

Les invisibles

Noémie Lvovsky a été touchée par “le regard aimant de Louis-Julien, sans hierarchie.” Les comédiennes non-professionnelles “étaient portées par ce regard. Il y a eu une très très grande camaraderie.”

Les vidéos de la projo privée du film Les Invisibles sont en ligne sur le site de Ciné +

Les invisibles

Les Invisibles

un film de Louis-Julien Petit
avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky, Déborah Lukumuena, Sarah Suco, Pablo Pauly

Sortie le 9 janvier au cinéma 

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The Happy Prince : Oscar Wilde fascinant !

Rupert Everett rend un hommage touchant à un auteur culte, joueur des mots avec The Happy Prince.
Le comédien britannique qui a interprété, à plusieurs reprises, les textes d’Oscar Wilde sur scène, confirme sa passion en réalisant ce portrait cinématographique. 
Les dernières années d’Oscar Wilde n’ont pas été aussi noires. 
The Happy Prince révèle un homme que le génie n’a jamais quitté malgré les épreuves. Le film est profond, miraculeux et émouvant.

The Happy Prince

J’imaginais la fin de vie d’Oscar Wilde tel un naufrage. Tout le monde fuyant l’écrivain sulfureux, la maladie affaiblissant l’auteur déchu. La France et Paris comme seuls témoins impuissants de l’ultime déchéance.

Il n’en est rien ou, tout du moins, la fin n’est pas si désastreuse. Rupert Everett décrit l’exil d’Oscar Wilde, ses remords, ses tourments. Mais aussi la capacité de l’homme à toujours pouvoir se lier d’amitié, à créer un nouveau cercle autour de lui, joyeux, composé de personnalités fortes.
Oscar Wilde aime la jeunesse qui lui rappelle la sienne, sans doute, et aussi qu’il a dû s’éloigner de ses deux fils restés en Angleterre avec leur mère. L’auteur britannique aime les hommes et ne cessera de s’enflammer, de jouer la passion, de virevolter et de souffrir et faire souffrir.

The Happy Prince

“Oscar Wilde est un saint patron, voire le Christ !”

Rupert Everett a débuté l’écriture du scénario en 2008. Il n’envisageait pas de réaliser le film. “Je n’ai pas eu les rôles que je voulais. Avec ce film, je voulais remettre du feu dans la cheminée de ma carrière” se justifie-t-il lors de la rencontre suivant la projection de son film lors du festival Chéries-Chéris.

Le comédien s’est imprégné suffisamment de ce personnage devenu modèle et pygmalion pour être légitime à l’interpréter. Son jeu est à la fois digne, généreux, n’occultant ni la fatigue, ni la santé chancelante de l’écrivain.

Bonus : le duo d’artistes McDermott & McGough a conçu une chapelle dédiée au culte d’Oscar Wilde. Cette installation artistique originale est à voir à Londres jusqu’au 31 mars 2019 au Studio Voltaire.

The Happy Prince

The Happy Prince

un film écrit et réalisé par Rupert Everett

avec Rupert Everett, Colin Firth, Colin Morgan, Edwin ThomasEmily Watson 

Sortie le 19 décembre

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Le retour de Mary Poppins : un concentré de féerie et de magie pure

Une question sur toutes les lèvres, en cette fin d’année : Mary Poppins devait-elle revenir au cinéma ?
La réponse est sans appel : OUI !
Le retour de Mary Poppins est une ode à l’enfance, à la persistance de l’émerveillement et à la croyance en tous les possibles.
Emily Blunt est absolument éclatante dans le rôle de la célèbre gouvernante qui a la capacité de voler avec un modeste parapluie. Charming!

Le retour de Mary Poppins

Le retour de Mary Poppins : une réussite !

Pour aimer Le retour de Mary Poppins, il est impératif d’être un enfant ou d’avoir garder sa juvénilité (si on pense avoir dépasser l’âge de déraison). Mais aussi aimer les comédies musicales et les contes et être absolument capable de s’émerveiller.

Une fois que l’on accepte que Mary Poppins 2018 ne ressemble pas à celle de 1965, l’originale, alors on peut se laisser emporter dans la féerie de l’histoire.

La famille Banks, un père et ses trois enfants soutenu par sa sœur, est en difficulté. Les huissiers frappent à la porte pour saisir la jolie maison de la rue des cerisiers à Londres.
Mary Poppins fait son entrée en pleine tempête pour prendre soin des petits, leur permettre de continuer à rêver et les aider à grandir.

L’intrépide gouvernante ne laisse pas trop le choix à la petite famille. Mais les enfants vont vite comprendre leur intérêt d’accepter son autorité. Les récompenses qu’elle prodigue vont au-delà de l’entendement.
Les jeux d’enfants deviennent encore plus stimulants, aventureux et audacieux.
La scène de la baignoire est une vraie folie, irréaliste mais magique. Pour autant le film n’est pas naïf. Le récit est très bien mené et arrive à nous surprendre, pimentant encore plus notre adhésion.

La séquence qui envoie la petite troupe dans un dessin animé m’a rappelé Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
Des personnages de cartoon interagissent avec de vrais personnages, forcément c’est magique.

Le film est une vraie comédie musicale avec des numéros brillants de chants et de danse. La séquence des allumeurs de réverbères sur leur bolide est virevoltante à souhait.

Emily Blunt shines light like a diamond

L’actrice britanno-américaine rayonne littéralement d’un bout à l’autre du film.
Oui, j’ai été enchanté, comme un enfant, en la voyant arriver des airs. C’est kitsch et absolument irrésistible. Et j’ai eu aussi ma petite larme quand elle est repartie.
Emily Blunt n’efface bien sûr pas le souvenir de Julie Andrews mais elle a pleine légitimité à reprendre le rôle. Elle est à la fois autoritaire comme il le faut, tranchante parfois et délicieusement complice de la famille Banks.

Les trois jeunes comédiens incarnants les enfants (Pixie Davies, Nathanael Saleh et Joel Dawson) sont des graines de stars nées. Souhaitons-leur que ce film ne soit pas l’unique rôle majeur de leur longue vie.

Le retour de Mary Poppins

Longévité, voire immortalité pour Angela Lansbury qui a fêté ses 93 ans en octobre dernier. Elle donne la réplique et pousse la chanson en toute fin de film. C’est touchant de retrouver cette actrice incroyable.

Le retour de Mary Poppins

BONUS : Meryl Streep n’en finit de nous estomaquer à chaque film. Sa capacité de se muer tel un caméléon, de mise en bouche d’un nouvel accent et sa folie trouvent un nouveau terrain de jeu dans Le retour de Mary Poppins. C’est de la jubilation pure !

Le retour de Mary Poppins

Le retour de Mary Poppins

un film de Rob Marshall
Scénario de David Magee, d’après l’oeuvre de P.L Travers 
avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw, Emily Mortimer, Julie Walters, Colin Firth, Meryl Streep, Dick Van Dyke, Pixie Davies, Nathanael Saleh, Joel Dawson, Angela Lansbury

sortie le 19 décembre 2018

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Pupille de Jeanne Herry : sensible et prenante aventure humaine

Hormis pour les personnes directement impliquées, tout ce qui entoure l’adoption reste une obscure nébuleuse. Avec Pupille, Jeanne Herry nous offre un regard précis, intense et juste sur la période allant de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption. Les maillons d’une chaîne humaine et bienveillante se mettent alors en place pour conserver ce qui importe le plus à la venue au monde d’un enfant : le lien d’attachement.

Pupille

Un sujet délicat

Le thème n’a pas réellement été choisi par Jeanne Herry, il s’est plutôt naturellement imposé. En effet, l’appel d’une proche a tout déclenché. Après des années d’attente, cette amie allait enfin devenir mère grâce à l’adoption. Dans l’euphorie, les langues se délient. En marchant dans la rue, la réalisatrice se rend compte qu’elle ignore beaucoup de choses sur le processus par lequel son amie est passée.

Sa curiosité prend le dessus. Des échanges avec une assistante sociale retraitée lui font découvrir les dessous d’un univers méconnu. À partir de là, les rencontres se multiplient et la trame de son futur film se dessine !

« J’ai l’impression d’avoir été dans une place centrale, en regardant tous les points de vue, tous les personnages et tous les enjeux. »

Elle a été frappée par les mots et les rapports aux mots employés par les différents travailleurs sociaux. Mais également par l’investissement, l’accompagnement ou les difficultés d’entretenir la juste distance avec l’autre.

« Je voulais interroger le moment où le bébé passe des bras d’une mère biologique à une mère adoptive, en passant par beaucoup d’autres bras. »

C’est donc autour de Théo que vont s’articuler tous les personnages, et ils sont nombreux ! Une attention particulière est donnée au regard qui se retrouve être le fil conducteur du film. Nous ressentons les émotions, les craintes mais aussi la joie de tout le monde, même du plus petit rôle n’intervenant que quelques secondes… Car le regard exprime bien plus que les mots et surtout, il ne trompe pas.

PupillePupille

Casting d’exception !

Sandrine Kiberlain combine assurance et fragilité dans la peau de cette éducatrice spécialisée qu’elle incarne à merveille. Elle apporte de la fraîcheur, de la légèreté et nous fait sourire par ses obsessions autant qu’elle nous touche par ses sentiments. Elle est fidèle à elle-même, bref, une fois de plus, on l’adore !

Ensuite, Gilles Lellouche campe l’assistant familial. Il va accueillir Théo de sa naissance jusqu’à son adoption. Au début, ce choix déroute, surprend puis convainc. Sa carapace de virilité d’ours révèle donc une sensibilité cachée. Sa délicatesse, sa retenue et sa pudeur nous touchent et nous font découvrir une nouvelle facette du comédien. Mais on vous rassure, il conserve quand même quelques blagues lourdes nous faisant rire ! Il faut bien donner le change. 😉

Enfin, Elodie Bouchez submerge… Au début, son côté effacé et candide ne marque pas les esprits voire agace. Tandis que le film avance (ainsi que les années), elle prend de l’assurance, s’émancipe et surprend. On ne la voit pas du tout venir et, d’un coup, elle se révèle. En mère en devenir, elle finit par pleinement rayonner et c’est beau, très beau… Lorsqu’elle rencontre Théo pour la première fois, je dois vous avouer que des larmes ont perlé le long de mes joues alors que je suis plutôt du genre insensible et cynique. Mais chut, ça reste entre nous…

Tourné avec authenticité et passion, Pupille retrace fidèlement un de ces moments où la vie n’en finit pas de nouer ses complications. Pour autant, il est générateur d’espoir et malgré un sujet difficile, il nous rappelle la bonté dont peut être capable l’être humain. Et ça fait du bien… 🙂

Merci à Ciné + pour cette belle découverte. 
Les vidéos de la rencontre sont en ligne

by Jean-Philippe 

Pupille

Pupille

Un film de Jeanne Herry

Avec Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Clotilde Mollet et Olivia Côte

Sortie le 5 décembre 2018

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En Liberté ! de Salvadori : Pio Marmaï est une bombe

Pierre Salvadori s’offre un film cure de jouvence avec En Liberté ! Le réalisateur semble avoir l’âge de ses personnages, une petite trentaine. Il mélange les genres avec une malice déconcertante, de quoi filer des sueurs à de jeunes réal un peu trop précieux et autocentrés.
En liberté ! est un vrai film d’auteurs avec un s. C’est inventif, déconnant et sensible à la fois.

En liberté

Pio Marmaï une vraie bombe !

Sorti de prison après avoir été jugé coupable d’un braquage de bijouterie qu’il n’a pas commis, Paul a un rapport au monde quelque peu décalé.

Il parle tout seul, sans être plus fou qu’un autre. Sa douceur d’avant prison a pris un coup. Maintenant, il sait se défendre avec un certain éclat et ne manque pas de créativité quand il s’agit de faire quelques menues larcins.

En Liberté

Pio Marmaï est une bombe qui peut exploser à tout moment, dégageant des déflagrations hilarantes.

Physiquement il en impose aussi !
Pendant la rencontre d’après projection, le comédien a confirmé qu’il avait pris du muscle pour le rôle et notamment pour la scène culte où il arbore une combinaison en latex.
Nul doute qu’il va encore être la source de fantasmes à la fois pour les femmes et les hommes.
Pierre Salvadori, lors de la rencontre sur la question du charisme érotique de son comédien : « Pio ne m’a pas attendu pour être une icône gay ! 🙂 ».
En liberté

Angèle Haenel la nouvelle reine du comique

Ses « Oh Putain ! » qui ponctuent quelques séquences mémorables sont poilants. Angèle Haenel dégage une vraie empathie malgré la vie bancale de son personnage. L’obsession de vérité la mène dans des situations hilarantes.
Le duo de cinéma Angèle et Pio fonctionne à merveille. Deux personnalités borderlines.

En Liberté

Le réalisateur confie qu’Adèle Haenel a eu du mal à être juste. « Au début, elle en faisait des caisses. Il lui a fallu 4-5 jours. Passé le week-end, revenue le lundi, elle est devenue une vraie actrice de comédie ! »

En liberté ! envoie un souffle incroyable qui donne envie de se décharger de toutes nos contraintes pour révéler enfin ce que nous sommes.

Les vidéos de la rencontre #ProjoPrivée sont en ligne :
cineplus/projo-privee

En Liberté

En Liberté !

un film de Pierre Salvadori
scénario de : Pierre Salvadori, Benoit Graffin, Benjamin Charbit

Avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Damien Bonnard, Vincent Elbaz, Audrey Tautou

Sortie le 31 octobre 2018

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Nos batailles : Romain Duris vibrant pour une ode à l’amour familial

Nos Batailles, deuxième long-métrage de Guillaume Senez, dresse le portrait d’un père de famille se retrouvant seul avec ses deux enfants. Sa femme, leur mère, s’en est allée sans raison apparente.
Romain Duris est touchant en prise directe avec cette sidération qui bouleverse sa vie. A ses côtés, trois femmes belles, déroutantes. Et deux très jeunes comédiens vraies révélations du film.

Nos Batailles
Rencontre lors de la projection privée Ciné +

Nos Batailles, improvisation

La méthode de Guillaume Senez pourrait désarmer plus d’un comédien. Romain Duris a confirmé qu’elle lui avait plu lors de la projo privée Ciné + à laquelle nous avons assistée.
En effet, le réalisateur ne transmet pas les dialogues qu’il a pourtant écrits à ses comédiens. Ces derniers ont une trame et c’est à eux seuls de trouver le moyen de la faire vivre.
Le résultat est d’une troublante justesse. Bien sûr, certains échanges se chevauchent mais cela donne encore plus de réalisme. C’est parfois confus, drôle, inattendu.

Ce cadre de jeu a permis aussi aux jeunes comédiens interprétant les enfants de pouvoir bénéficier d’une totale liberté. Ils n’avaient pas à apprendre de longues pages de texte, tout comme leurs partenaires.
Le réalisateur n’aura, par exemple, pas discuter avec la comédienne interprétant la mère de la raison du départ de son personnage. Ceci pour ne pas influencer le jeu de son interprète. Ainsi, les spectateurs ne savent pas non plus et ne peuvent être dans le jugement pur.
Il y a une part d’irrationnel avec laquelle il faut vivre le récit.

Nos Batailles

Un homme, des femmes

Romain Duris brille par son interprétation. Il travaille à l’usine, ça pourrait être Amazon, Cdiscount, Vente Privée ou tout autre entreprise de livraison de produits. C’est un travail à la chaîne, ingrat qui déshumanise. Il est à la fois salarié, syndicaliste et père de famille.
A ses côtés, Laure Calamy est excellente en collègue, souriante et complice.
Laetitia Dosch offre aussi des parenthèses enchantées pour la famille mais aussi pour les spectateurs.
Lucie Debay, la mère absente, impose en quelques minutes la douceur et le désarroi face à un quotidien loin d’être enchanteur.

Nos batailles questionne la famille, la vie quotidienne malmenée par le travail, la société, les desseins personnels. Le film est à la fois dur, brut et doté d’instants plus légers. On se prend aussi à rire malgré le combat difficile d’un père.

Nos Batailles

Nos batailles

de Guillaume Senez
avec Romain Duris, Laetitia Dosch, Laure CalamyLucie Debay, Basile Grunberger, Lena Girard Voss, Dominique Valadié… 

Sortie le 3 octobre 2018

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