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BenH : trublion aux chaussettes Marvel @ Sentier des Halles

Ce lundi soir, l’équipe d’UsOfParis a rdv avec jeune talent comique, BenH, qui sévit actuellement au Sentier des Halles.
Durant une heure, ce hobbit moderne partage avec le public les affres de sa vie d’adulte croisée avec les désillusions de ses rêves d’enfance.
Balancé comme cela, ça peut paraitre triste, mais BenH transforme ce mur qu’est le passage d’un monde adolescent à l’âge adulte en une fresque jouissive. Avec des salves de rires sans retenue, il est aussi touchant que trash, torpilleur que fin. Il a tout d’un grand !

En fait, dès les premières minutes de son one man, BenH accroche le gamin qui est resté au fond de nous, celui qui s’est laissé envahir par le quotidien mais que parfois nous avons envie de laisser exulter.

BenH

Oui, même adulte, on a envie de porter ce t-shirt Mickey, le même celui que BenH arbore sur scène.
Oui, on a encore envie de croire aux licornes qui transportent Michel Sardou sur leur dos, avec un fond de Connemara.
Oui, on aimerait retrouver cette innocence de l’enfance que l’on a perdue, parfois trop vite, parfois abruptement.

Et même si c’est ce que semble sous-tendre le spectacle de BenH, notre hobbit moderne propose de lui-même un autre chemin de réflexion.
En effet, avant de rejeter les autres, il faut s’accepter soi-même. Et c’est bien là le plus difficile.

Entre blagues potaches, humour noir, trash et beaux moments de poésie, BenH nous emporte dans son monde fantasmé de façon magistrale. Avec des pirouettes et des postures qui ne permettent pas concrètement de démêler le vrai du faux dans son conte humoristique. La seule réelle certitude : le garçon n’a pas froid aux yeux, ni de poils au torse.

Bon à savoir : si tu t’appelles Mathilde, tu auras droit à un supplément d’attentions. Chanceuse !

Et parents, lorsque que votre ado vous dira “Je veux aller voir la maison d’Anne Frank”, ne pensez pas qu’il a été touché par une illumination humaniste… c’est simplement qu’il veut tester ses capacités d’imagination lors d’un voyage initiatique. BenH vous relèvera tous les détails en temps voulu.

BenH

BENH
Le monde des grands

lundi et mardi à 20h

au Sentier des Halles
37, rue Volta
75003 PARIS
tél. 01 71 73 97 83

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Bella Figura au Théâtre du Rond-Point : divine Emmanuelle Devos

Il y a des soirées vraiment foireuses que l’on préfère voir sur scène plutôt que les vivre IRL (in real life).
C’est le cas avec Bella Figura, la nouvelle pièce de Yasmina Reza.
Une série de contrariétés, de malentendus et de séquences décalées et vraiment drôles. 

Bella Figura
photo Pascal Victor / ArtcomPress

Ce samedi soir au Théâtre du Rond-Point, la salle est assez âgée : étonnant ! Nous avons autour de nous plus un public de matinée du dimanche que de samedi 21h.
Bref, les rires sont surtout de notre côté. Je me surprends parfois à rire seul. 

Le premier couple en scène est tellement réaliste dans ses contradictions, ses tentatives d’étirer une relation déjà bancale ne serait-ce que parce qu’elle est extra-conjugale.
Boris est un chef d’entreprise qui a une femme à la maison – c’est cette dernière qui a suggéré le resto de ce soir. Andréa est une pharmacienne vivant seule avec sa fille. 

Andréa hésite à aller au resto ce soir. Elle titille la jalousie de son amant, en suggérant qu’elle puisse avoir une aventure avec un plus jeune qu’elle. Elle est légère, vive, provocante aussi. Elle prend un peu trop de petites pilules. Et ne sait pas trop réduire son flux continu de parole. 

Et puis, drôle d’endroit pour une rencontre : le couple en croise un autre, accompagné de leur belle-mère,  sur le parking, après un léger accident. 

Va débuter un échange aussi décalé, déconcertant que jubilatoire.

Bella Figura surprend par cette tranche de vie qui scrute les relations amoureuse, amicale et familiale. Le constat pourrait être dérangeant pour certains. Pour nous, c’est délicieusement désabusé.
Emmanuelle Devos rayonne, ses chaussures rouges à talon lui vont si bien.
Ses partenaires de jeu sont tout aussi excellents notamment les deux hommes : Louis-Do de Lencquesaing et Micha Lescot. On a eu un coup de coeur aussi pour la mamie un peu folle, Josiane Stoléru. Et le plaisir de retrouver Camille Japy au théâtre. 

BONUS

” Oh non !” c’est le cri du cœur d’une spectatrice face à une scène… de la vie : un des personnages baissant sa culotte pour se soulager sur le trône. Forcément, on a ri ! 🙂 

Bella Figura

Bella Figura

texte et mise en scène : Yasmina Reza
avec : Emmanuelle Devos, Camille Japy, Louis-Do de Lencquesaing, Micha Lescot, Josiane Stoléru

jusqu’au 31 décembre 2017

au Théâtre du Rond-Point
2bis av Franklin D. Roosevelt
75008 Paris

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Kamel le magicien à Bobino : brillant, drôle, bluffant – reprise 2018

Kamel le magicien bluffe chaque soir au théâtre Bobino, à Paris ! Close up, mentalisme et grande illusion, Kamel est vraiment plus fort que nous !
La preuve avec son spectacle conçu avec Don Wayne qui reprend du 8 février au 29 avril 2018.

Kamel le Magicien
photo ANDRE B

Percer les secrets de Kamel le Magicien

Bluffée par son show à l’Apollo Théâtre en 2015 et agacée par sa facilité à se jouer de nous avec toute la gentillesse et la bienveillance qui le caractérise, c’est déterminée à percer ses secrets que je suis allée voir le nouveau spectacle de Kamel ! Accompagné par mon ami, je lui lance le défi de trouver les subterfuges du magicien.

Ouverture de rideau sur un écran qui évoque les 5 sens pour se terminer sur l’illusion. Puis Kamel arrive sur scène, décontracté, énergique et sourire aux lèvres. Toujours aussi avenant et sympathique, il commence un show que nous ne sommes pas prêts d’oublier. En effet, pour ce nouveau spectacle, Kamel a collaboré avec Don Wayne, l’un des plus grands consultants en magie qui a travaillé plus de 20 ans avec le célèbre David Copperfield.

Adultes et enfants conquis

Le public est toujours aussi hétérogène. Les enfants sont très nombreux à venir voir l’artiste. Comme moi, ils sont impatients de découvrir les nouveaux tours concoctés par l’illusionniste. Et c’est sans surprise que la magie opère encore une fois.
Nous retrouvons certains tours comme le tirage du loto par des infos données par le public, la téléportation d’un hamster, de la neige en papier. Ultra concentrée, je me focalise sur l’artiste, convaincue que je vais enfin découvrir l’astuce mais rien à faire, Kamel est vraiment très doué.

Kamel le Magicien
photo ANDRE D.

Tous les talents !

Les ingrédients qui ont fait le succès de son dernier spectacle sont toujours au rendez-vous : générosité, complicité, interaction avec son public, notamment les enfants, tours de magie et illusion, danse effrénée dont la fin me laissera perplexe ! Il nous réserve quelques grandes surprises que je me garderai de révéler. Nous oscillons entre admiration et questionnement. Ses tours de cartes sont toujours aussi époustouflants. Kamel est vraiment impressionnant dans ce domaine qui aura d’ailleurs fait son succès lors de son passage à Canal +.
Petits et grands sont conquis par les prouesses du magicien et applaudissent avec entrain à la fin de chaque tour. Les enfants choisis au hasard par Kamel participent avec bonne humeur et complicité. L’artiste est talentueux et généreux, il n’y a pas de doute.
Nous repartons conquis, des questions plein la tête. Kamel est définitivement plus fort que nous !

by Caroline 

Kamel le Magicien

à Bobino
14-20 Rue de la Gaité
75014 Paris

du jeudi au samedi à 21h
matinées : samedi à 16h30
dimanche à 15h30

site officiel : www.kamellemagicien.biz

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Gérémy Crédeville incroyablement parfait et modeste

Des mecs qui se la pètent, et qui ne finissent plus de s’auto-apprécier, on en croise suffisamment dans les vernissages, aux défilés ou en Uber.
Alors passer une heure avec un spécimen – en l’occurence Gérémy Crédeville alias G, au Théâtre du Marais – , en tête-à-tête et sans aucune perspective de sortie, c’est plutôt flippant !

Gérémy Credeville G Parfait et Modeste sur la scène du Théâtre des Blancs Manteaux Paris spectacle humour one man show photo usofparis blog

Ce bogosse originaire du Nord et qui porte fièrement costume-cravate-chemise entre sur scène sans accompagnement musical à la différence de Foresti, Elmaleh et bien d’autres humoristes. Sa seule arrivée en pleine lumière suffit à la satisfaction du public, et de la sienne. Son tour de chauffe générale est définitivement dû à l’attraction physique qu’il suscite du premier au dernier rang.

Amour de soi, assurance, Gérémy Crédeville a usé, sans réel effort, des bienfaits de dame nature à toutes les étapes de sa vie.
Et pour cela, le garçon se met à l’aise en posant la veste.
Ça commence par sa naissance, le gynéco ne s’en remet toujours pas mais aussi Bétune tout entier. Ça se poursuit avec son coloc homo. On frissonne à l’idée des horreurs  machistes et clichés qui vont suivre. Mais le bogosse retourne la situation et construit un sketch totalement à contre-emploi sur thème de l’instant.
A ce stade, la salle et les premiers rangs sont irrémédiablement attirés par l’assurance indécente de ce garçon et l’appel du téton hardi qui pointe sous sa chemise, largement assumé.
Aucune mention, en revanche, d’une quelconque aventure en salle de sport, alors qu’il a le pec ferme comme une cuisse de poulet.

Gérémy Credeville spectacle G Parfait et Modeste sur la scène du Théâtre des Blancs Manteaux Paris humour one man show photo usofparis blog

Qu’est-ce qui fait la différence ?

Le goût immodéré de Gérémy Crédeville pour le trash. Et il en balance des images qui claquent à la gueule comme le coup du pirate. Un coup qui va rester dans les annales du one man show.
Le Nord Pas de Calais n’est pas en reste et reçoit des trombes, la carte postale prend définitivement l’eau.

Et rien n’échappe au garçon, de l’applaudissement “moustique”au pied d’un spectateur sur sa scène. Le chaleureux Théâtre des Blancs Manteaux se prend quelques scuds bien relevés alors que le régisseur agonise de ceux qui lui sont destinés.

Et pour autant, en sortant, aucune envie de casser la gueule de G sur le trottoir, ni même de lui faire bouffer ses flyers gentiment tendus.
Le charme opère progressivement. Il faut dire qu’il a un autre talent qui emporte immanquablement le public : son indéniable qualité de composition musicale.

BONUS : il est tellement bogosse qu’on la confondu à une soirée VIP avec un Dieu du Stade ! #histoirevraie

Gérémy Crédeville
Parfait et encore je suis modeste ! 

du jeudi au samedi à 20h00

jusqu’à mars 2018

au Théâtre du Marais
37 rue Volta
75003 PARIS

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Dieu est mort à l’Essaïon Théâtre : caustique et clairvoyant

L’actualité de notre monde est régulièrement touchée par la violence de l’être humain au nom d’idéaux religieux. Régis Vlachos soulève en toute perspicacité les véritables questions sur le rapport qu’entretient l’Homme avec ses croyances. Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! en est une riposte lucide et éclairée. De ce fait, c’est un cri du cœur entre révolte, espérance et humour habile que vous retrouvez au Théâtre de la Contrescarpe.

Dieu est mort

Un petit garçon essaie de grandir mais il ne comprend pas le comportement des personnes autour de lui. Il existe un décalage important entre ce qu’il voit et ce qu’on lui inculque. Il réfléchit beaucoup, peut-être trop, trop loin, mais c’est ainsi. En grandissant, il en arrive à la conclusion que Dieu est mort.

Puis, devenu adulte, il décide de régler ses comptes. Pour l’aider dans ce dessein, le souvenir de sa sœur partie trop tôt l’accompagne. Elle lui donne ainsi le courage de se battre et d’affronter le monde.

Et en effet, tout y passe ! L’éducation religieuse de son enfance, sa mère, le psy, les incompréhensions avec la hiérarchie mais également l’élection de Mitterrand, Michel Sardou (hilarant !), un cours de philosophie qui dégénère…

Dieu est mort

Une verve flamboyante

Alors, un joyeux bordel se met en place devant nous avec des marionnettes-prophètes, un aquarium, un coffre… Le spectateur averti reconnaîtra ici et là des citations philosophiques ou poétiques subtilement mêlées à l’ensemble. Nous sommes happés par l’énergie, le jeu scénique et le style déployé. Beaucoup de dérision et d’audace émanent de l’interprétation des personnages.

Au final, nous rigolons beaucoup malgré la réflexion induite par la pièce. C’est d’ailleurs ce qu’il faut retenir. En étant omniprésent, le rire donne toute la force au spectacle, mais également à la vie…

by Jean-Philippe

 

Dieu est mort
Et moi non plus j’me sens pas très bien !

Auteur : Régis Vlachos
Artistes : Charlotte Zotto, Régis Vlachos
Metteur en scène : Franck Gervais

jusqu’au 24 juin 2018

du jeudi au samedi à 21h30

à l’Essaïon Théâtre
6, rue Pierre au Lard
75004 PARIS

Et au Festival d’Avignon Off 2018

du 6 au 29 juillet à 16h05
(sauf les 10, 17 et 24 juillet)

au Théâtre des Barriques
8, rue Ledru Rolin
84000 AVIGNON

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Jérémy Lorca dans Bon à marier : une leçon d’optimisme

Jérémy Lorca s’installe cette fin d’année à l’Alhambra. Un succès ne venant jamais seul son livre Chercher le garçon va avoir droit à une adaptation ciné. Il fait de la radio avec Anne Roumanoff pour Ça pique mais c’est bon !
Ce garçon Bon à marier est aussi déluré qu’attachant, naïf que fin observateur de nos mœurs. 

 

Pas évident de naître à Avion, proche du Pas de Calais. C’est pas nous qui le disons, c’est Jérémy Lorca. Rajoutez un père italien et une mère polonaise : le cocktail pourrait être explosif. 

D’autant que son cœur le porte plus vers Céline Dion et les garçons, que Booba et les filles en mini-short.

Généreux, il offre quelques moments de sa vie aussi drôles que désespérés : le 1er coup de foudre en boite, l’amour qui dure 3 ans, la séparation, les “dates”… La philosophie hallucinée de sa pote de boulot… la meilleure manière de faire fuir vos voisins. 

Alizée, Beyoncé, Grindr, coach sportif, Smic, vacances au Maroc : les sujets sont variés et l’enchaînement est très bien mené. 

Jérémy cède parfois à quelques facilités que l’on voit arriver mais il ne tombe pas, pour autant, dans l’enfilage de perles-clichés qui font bailler, bien au contraire. 

Bon à marier est un one-man-show tendre et malicieux, une leçon d’optimisme. Pourtant ce jeune talent de la scène serait toujours célibataire. 

Seul bémol : la chemise manches courtes à pois. C’est le printemps ok, mais c’est pas fashion du tout ! 🙂 

Jérémy Lorca

Jérémy Lorca dans Bon à marier

Les mardis et certains mercredis à 21h30

jusqu’au 19 décembre 2017

à l’Alhambra
21, rue Yves Toudic
75010 PARS

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La putain du dessus : éveil salvateur d’être femme au Théâtre de la Huchette

Tout chemin menant à la liberté a un prix. La putain du dessus, c’est l’histoire d’une femme, Erato, qui l’apprend à ses dépens. Alors qu’arrive l’heure de l’insubordination après des années de souffrances et de violences, son mari décède. S’ensuit alors progressivement son émancipation avec énergie et humour piquant. Le Théâtre de la Huchette nous fait vivre la rébellion et l’épanouissement d’une femme affirmant simplement la juste place qu’elle mérite.

La putain du dessus

Erato nous accueille tout de noir vêtue, avec mantille, dans son appartement sens dessus dessous. Elle revient des funérailles de son époux, policier corrompu jusqu’à la moelle. Mais loin d’être peinée, un sentiment de soulagement semble se dégager de son être. Alors, en toute intimité, elle décide de nous dévoiler son vécu.

Des différents moments ponctuant sa vie semblent émaner un sentiment récurrent : sa soumission à l’homme. En effet, toute sa vie durant, ses choix ne furent pas pris en considération voire dénigrés. Par la suite, timidement et inconsciemment, Erato s’octroie quelques plaisirs égoïstes. Elle se surprend à être troublée par un autre homme que son mari, à se préoccuper de migrants ou à envier sa nouvelle voisine du dessus…

Puis vint l’ultime humiliation qu’Erato ne peut supporter. À partir de ce moment, rien ne sera plus comme avant. Elle fulmine d’abord pour finir par exploser avec l’intensité propre à ceux qui n’ont plus peur de rien. C’est avec frénésie et sensibilité que son esprit se délivre enfin devant nous.

La putain du dessus

Une interprétation remarquable

Au début, le choix d’une mise en scène chambardée de l’espace est déroutant. Finalement, il apparaît bien plus subtil au fil de l’œuvre. Émilie Chevrillon éclaire avec beaucoup de délicatesse ce monologue où elle sombre, se perd avant de renaître. S’il existe parfois quelques longueurs dans le texte, vous les oublierez avec les dix radieuses dernières secondes du spectacle…

by Jean-Philippe

La putain du dessus

La putain du dessus

Auteur : Antoine Tsipianitis
Artistes : Emilie Chevrillon
Metteur en scène : Christophe Bourseiller

Jusqu’au 23 décembre

Du mardi au vendredi à 21h
matinée le samedi à 16h

Théâtre de la Huchette

23, rue de la Huchette
75005 Paris

Réservations: 01.43.26.38.99

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Between Yesterday & Tomorrow : l’histoire d’une vie par Natalie Dessay & Legrand

Natalie Dessay et Michel Legrand se retrouvent en douceur autour de Between Yesterday & Tomorrow.
Avec cette histoire musicale, ou concept-album, la soprano et le compositeur créent un conte d’une heure.
Un conte à la hauteur de la généalogie de ce disque.
En effet, un projet artistique (livre, film, disque) peut mettre des années à voir le jour. Between Yesterday & Tomorrow aura mis 40 ans !
On a eu le plaisir de découvrir l’album entier en présence de ces deux grands artistes dans un bel hôtel parisien avant de les retrouver au Théâtre des Champs-Elysées le 29 et 30 mars.

 

Natalie dessay

Mais tout d’abord, retour à New York, dans les années 1970.

D’hier à Demain… et aujourd’hui

Michel Legrand travaille dans la Grande Pomme. Avec un couple ami, Alan et Marilyn Bergman, ils décident de créer un drame musical : un disque épopée intitulé Life Cycle of a Woman et de le proposer à Barbara Streisand. Michel Legrand s’occupera de la musique et les Bergman des paroles.

La chanteuse est emballée par le projet. Après cinq ans de travail, si quelques chansons ont bien été enregistrées, Barbara ne peut terminer les cessions de studio.
Elle n’arrivait pas à chanter le premier et le dernier titre, Birth et Last Breath. Il y avait trop d’émotion pour elle dans ces titres, précise Michel Legrand. Alors, je lui ai dit que sans le début et la fin, la vie n’est pas une vie. Et que si elle ne les enregistrait pas, il n’y aurait pas d’album.”

Ce premier chapitre du conte s’arrête donc. Malgré tout, trois de ces chansons enregistrées par Barbara Streisand en 1973, sont éditées par la suite : Between Yesterday & Tomorrow and Can You Tell The Moment? sur l’album Just for the Record (1991) et Mother & Child sur Release Me (2012).

Années 2000, Michel Legrand travaille avec Natalie Dessay. Un jour il lui joue les chansons de Life Cycle of a Woman.
“- Et là elle me dit : “C‘est ça que je veux faire, rien d’autre !” confie Michel Legrand
Ce qu’il ne dit pas c’est que je l’ai poursuivi tous les mois pendant 5 ans, pour faire ce projet”, ajoute-t-elle.

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On sent la cantatrice heureuse de pouvoir présenter son travail, d’avoir réussi cette collaboration.
Michel a beaucoup évolué dans son travail. Et ce que vous allez entendre sont des orchestrations actuelles. Il n’aurait certainement pas fait les mêmes il y a 45 ans.

Between Yesterday & Tomorrow 

Natalie Dessay aime présenter cette œuvre musicale comme un oratorio moderne (un opéra uniquement chanté et sans mise en scène). C’est vrai que cette heure de vie en chansons, toutes liées les unes aux autres, s’en rapproche dans la forme. Mais rien de lyrique dans l’interprétation.  Les morceaux sont assez courts et uniquement en anglais.

De Birth à Last Breath, la voix de Natalie Dessay nous transporte dans les méandres, les joies et les péripéties de la vie.
Dès l’entrée de l’orchestre, on reconnait le style Legrand. On replonge alors directement dans les comédies musicales à succès de Jacques Demy. Les orchestrations, même contemporaines, agissent comme une madeleine de Proust. On ressent encore l’atmosphère 70’s.Natalie dessay

On a retenu cinq titres qui nous ont particulièrement séduits.

Nos 5 chansons coups de coeur

Where Does the Wind Com From?

Ma vie est pleine de questions, auxquelles personne n’a de réponse“.
On adore le coté cavalcade musicale de ce titre. Elle transmet à merveille la fougue de la jeunesse et son avidité à apprendre. L’énumération de questions, comme les enfants savent en poser à leurs parents, est très bien rendue.
Vous savez, le genre de questions auxquelles vous ne savez donner de réponse simple.

Fairy tales and story books

“Les contes de fées ont des fins heureuses et les enfants y croient“.
Une vraie ballade optimiste empreinte de douceur qui réconforte.
La composition très simple lâche d’un coup les chevaux pour nous transporter dans un univers féérique.

You and I Plus One

“Maintenant, c’est toi et un de plus, et la vie n’est plus la même”
Si vous n’êtes pas amoureux ou amoureuse, cette chanson vous donnera envie de l’être. L’orchestre et Natalie Dessay virevoltent sur un 3 temps tout en mouvement.

Natalie dessay
The more you Have

Dans toute histoire d’amour et comme dans toute vie, il faut un peu d’amertume pour apprécier les plaisirs de la vie.
The more you have, the more you want […] the more you get: the more you have to loose.”
“Plus vous avez, plus vous en voulez […] le plus vous obtenez : plus vous avez à perdre”
Des paroles qui ont plus de 40 ans et qui résument, sur un air jazz et enjoué, un certain état d’esprit de notre société.

Yesterday’s apples

Les pommes plus douces, les enfants plus jeunes, les étés plus longs...”
On ne sait pas si l’on peut être d’accord avec les paroles de cette chanson. Cela restera comme un débat au long court. Mais ce qui est sûr, c’est que ce titre restera comme l’une des plus belles de cet album tant au niveau de la musique que de la mélodie.
C’est cotonneux, gracieux et moelleux.

Il y a une dramaturgie et une musicalité très Broadway dans ce disque. Et la voix de Natalie Dessay nous emporte dans une envolée musicale qu’elle ne pouvait déployer à l’opéra. Un disque qui plaira autant aux amoureux de Michel Legrand, qu’aux amoureux de belles mélodies.
C’est ouaté, cosy et réconfortant.
On ne peut que fondre.

Natalie dessay

Nathalie Dessay, Michel Legrand
album Between Yesterday & Tomorrow

(Sony Music)

Musique : Michel Legrand
Chant : Natalie Dessay
Paroles : Alan & Marilyn Bergman

CONCERT
les 29 et 30 mars 2018 à 20h

 
Théâtre des Champs-Élysées
15, Avenue Montaigne
75008 Paris
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On a tous quelque chose de Johnny : hommage rock détonant

C’est le boss depuis les années 60’s.
Qu’on l’aime ou non, Johnny Hallyday reste l’un des piliers du rock français.
Ce 17 novembre sort,
On a tous quelque chose de Johnny, l’album de reprises de 16 de ses standards. Artistes incontournables ou nouveaux venus sur la scène musicale, chacun a abordé avec humilité sa reprise du maître du rock.

Certains vont certainement crier à la récup, voir à l’ignominie musicale ! Lisez ces lignes avant de hurler.

On a tous quelque chose de Johnny

On a tous quelque chose de Johnny : notre avis

Un “Tribute” n’est pas toujours de bon augure pour les oreilles.
Mais là niveau musical, c’est du lourd. Normal, c’est Yarol Poupaud qui a fait tous les arrangements de l’album (à part celle de Calogero). Son travail est ciselé sur quasiment tous les titres, proche des univers des chanteurs. On sent vraiment l’envie d’une cohérence artistique. On sent aussi l’énergie de l’enregistrement live.
Johnny lui-même pourrait poser sa voix sur les versions instrumentales de ces 16 titres.

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On pourra éventuellement discuter de certaines interprétations qui ne nous ont pas toutes convaincues. En effet, il peut être dur de marcher dans les pas de Johnny…

Les patrons, ceux qui ne tremblent pas

Il n’y a que peu de noms à mettre dans cette catégorie.
On commencera par Garou. Sa version de Ma Gueule est très proche de l’originale. On y retrouve la puissance de Garou, un grain de voix proche de Johnny et une émotion à la hauteur de la chanson.  L’ami québécois a l’organe pour cette reprise. sans prise de risque.

Nolwenn Leroy tire aussi son épingle du jeu avec sa version de
Quelque chose de Tennessee. On aime son charme et son émotion dans l’interprétation. Une très belle version.

On a tous quelque chose de Johnny

On mettra Que je t’aime d’Amel Bent dans cette catégorie, mais elle devrait avoir un place un peu à part.
Comme on l’a dit : difficile de concurrencer le patron. Malgré tout Amel Bent s’en sort plus qu’honorablement.
Si le début de sa reprise est un peu en dessous, elle arrive à nous emporter sur la fin. Sa voix est assez puissante pour rivaliser avec le boss, son interprétation empreinte d’émotion.

Les vraies surprises

Ce sont les artistes juniors qui osent. Même si certains anciens nous ont aussi surpris, voir cueillis.

Avec Louane et La musique que j’aime, on se propulse dans une vraie ballade blues. On embarque dans une bagnole pour fendre les grands espaces US. Elle ne tombe pas dans les pièges de la chanson.
C’est d’ailleurs la seule à n’avoir faire qu’une seule prise à l’enregistrement. Chapeau.

On a tous quelque chose de Johnny
Ce qui nous a surpris avec la version de Slimane, c’est que peu de journalistes présents à l’écoute ont reconnu sa voix.
Preuve que sa version de Marie est bien loin de l’image consensuelle que peut laisser un gagnant de The Voice. Sa voix très expressive nous a surpris.

Place au benjamin de l’album : Lisandro Cuxi et son Noir c’est noir. Ce que l’on aime dans cette interprétation, c’est le côté frais et nonchalant. La fougue de la jeunesse en somme.On a tous quelque chose de Johnny

On plonge dans un autre style avec Patrick Bruel. Il nous cueille avec J’ai oublié de vivre.  A tel point qu’on aurait aimé lui poser la question suivante en interview : “Avec une telle émotion dans la voix, que dit cette chanson de vous ?”

On finit cette partie avec la reprise énergique du titre Les Coups by Marco Prince et FFF. On y retrouve une rage urbaine dans un arrangement hyper rock. Les cuivres sont très présents. Ça balance du groove avec énergie, très rythmée. Un des gros kiff de cet album.

On a tous quelque chose de Johnny

Ceux qui sont passés un peu à côté

Tout d’abord Florent Pagny, qui même s’il fait le job, livre un Requiem pour un fou propre, puissant mais sans âme, sans réelle folie. Pourtant, il parait qu’il est sorti rincé de sa cession d’enregistrement.

De son côté, Kendji Girac pêche un peu par son manque de puissance vocale, de coffre. L’envie n’est pas l’une des plus faciles à chanter sans se faire comparer à Johnny.

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Le Pénitencier de Gauvain Sers ne nous convainc pas forcément non plus. L’arrangement est un trop “horse road movie” à notre goût, vraiment trop folk pur. Cela donne un ton très décalé au titre.

Sur Tes tendres années, Raphaël est en mode Raphaël. C’est pas mal produit, mais on ne sent pas de réel frisson, de conviction dans la voix.

Et malgré tout certains arrivent à transporter Johnny dans leur univers.

Johnny Hallyday VS un univers musical

Car oui,  tout comme Raphaël fait du Raphaël, Benjamin Biolay fait lui aussi du Biolay.
Mais le dandy lyonnais semble le faire avec plus d’envie. Mais surtout avec plus d’émotion.  L’orchestration très 70’s de Retiens la nuit, survolée par l’orgue style hammond, s’unit parfaitement à la voix retenue et rocailleuse de Biolay.

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Dans un autre style, Gaëtan Roussel transporte lui aussi Je te promets dans son monde. Cette ballade plutôt douce devient alors plus rugueuse. Et d’un coup, la voix du leader de Louise Attaque apporte sa propre transe à ce tube.

On a accroché de suite à l’univers festif que Thomas Dutronc propose sur Gabrielle. D’ailleurs, c’est durant l’enregistrement qu’il a découvert le second degré du texte, en ayant les paroles sous les yeux. Et ce nouvel éclairage ce ressent dans l’interprétation : fraiche, légère et totalement folk-rock avec une guitare bien présente comme on aime pour ce morceau.

Reste maintenant l’OVNI de ce tribute : Calogero.
Car s’il y a bien un artiste qui possède son univers,  c’est bien lui.
Ce n’est pas pour rien que “Calo” est le seul à avoir pu faire sa propre orchestration. Alors c’est vrai que Elle m’oublie est totalement transfigurée à la mode Calogéro. C’est aérien, doux, exquis mais un poil décalé par rapport à la cohérence musicale de l’album.

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En somme pas de gros gadin sur cet album hommage à Johnny Hallyday, juste des versions un peu en dessous pour les moins bonnes et d’autres très surprenantes à l’opposé.
Un album qui réconciliera  donc les amateurs de Tribute (et de musique) qui pouvaient être déçus des dernières sorties dans les bacs.

Pour en savoir plus sur le projet, notre interview croisée à lire ici.

Johnny Hallyday

On a tous quelque chose de Johnny

album disponible à partir du 17 novembre 2017

Avec la participation de : Kendji Girac, Slimane, Garou, Benjamin Biolay, Louane, thomas Dutronc, Lisandro Cuxi, Patrick Bruel, Gauvain Sers, Florent Pagny, FFF, Amel Bent, Gaëtan Roussel, Nolwenn Leroy, Raphael, Calogero

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Jean la Chance ou l’histoire d’un anti-héros engagé

La compagnie Frères d’Art vous donne rendez-vous au Théâtre de Ménilmontant à la (re)découverte d’une curiosité truculente : Jean la Chance, conte inachevé de Bertolt Brecht inspiré du conte éponyme des frères Grimm.

Cette œuvre de jeunesse, retrouvée par hasard, nous permet déjà de distinguer les prémices de ce qui va devenir le style de Brecht : une volonté de pousser le spectateur à la réflexion plutôt que d’être dans l’illusion théâtrale et qu’il nommera la « distanciation ».

Jean la chance

L’intrigue nous mène dans une ferme où Jean, fermier naïf et altruiste connaît une vie paisible auprès de sa femme Jeanne. Sa rencontre avec un homme va bouleverser cet équilibre et entraîner Jean dans un périple tumultueux.

Jean procède à différents échanges (où il est toujours perdant) avec les personnes opportunistes et dénuées de scrupules qu’il rencontre. Nous observons le renoncement à des modes de vie différents. En effet, Jean échange d’abord sa femme qui représente l’amour puis sa ferme qui évoque le foyer, une charrette qui symbolise l’aventure, un manège qui est le romantisme…  Jusqu’à se retrouver dépouillé de tout ce qu’il possède, hormis sa vie qui a peut-être aussi une valeur d’échange ! Qui sait ?

Jean semble vivre cette dépossession relativement bien. Plein de sagesse respectueuse, il reste fidèle à lui-même. Il est en harmonie. Il écoute son corps, la nature environnante et l’âme des gens qu’il rencontre. Il se retrouve sans rien d’autre que ses besoins fondamentaux à assouvir et il s’en réjouit. Il remercie même ses spoliateurs ! Il a atteint une certaine forme de bonheur simple voire l’ataraxie.

Jean la Chance

Les quatorze personnages sont brillamment interprétés par 4 comédiens. Ils se mêlent au public. Ils jouent la pièce avec coulisses apparentes et deux « flight-cases » pour créer l’ensemble de la scénographie. Ce choix de mise en scène nous plonge dans un monde étrange à la manière de Tim Burton ou Federico Fellini renforçant l’esprit du conte. Nous sentons véritablement l’osmose entre les différents comédiens. Nous sommes conquis par l’intensité de leur jeu ! La notion de plaisir est présente. Nous avons beaucoup ri. Nous avons beaucoup aimé et nous avons beaucoup réfléchi.

C’est une réponse à notre époque consumériste où la possession semble être à la base du bonheur…

by Jean-Philippe

Jean la chance

Jean la Chance

Adaptation du conte éponyme de Bertolt Brecht
Metteur en scène : Constant Vandercam
assisté de Tiphaine Canal
Lumières : Filipe Gomes Almeda
Comédiens : Benjamin Assayag, Lou Guyot, François Raüch de Roberty et Constant Vandercam

les mardi 21 novembre à 21h
mardi 5 décembre à 21h
samedi 9 décembre à 21h

au Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75002 PARIS

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