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La Promesse d’un Chiffre ou l’histoire émouvante d’une renaissance !

Le Théâtre de la Croisée des Chemins nous permet de découvrir le premier « seule en scène », La Promesse d’un chiffre, touchant et drôle de Sonia Ountzian. Un hommage vibrant et singulier à ses origines arméniennes pas toujours évidentes à porter ! Explications.

L’enfance est un moment tendre et insouciant nous permettant de poser les fondements de l’être adulte que nous allons devenir. C’est un fruit qui a besoin d’être arrosé et choyé pour se développer et arriver à maturité. Tel est le cas de Sonia Ountzian. A la différence près qu’on l’a investie dès sa naissance d’une mission céleste : «Vivre pour tous ces Arméniens qui n’ont pas vécu ».

Évidemment, quand on est issue d’une famille génocidée, émigrée, la notion d’insouciance est quelque peu relative… Il faut vivre avec le poids de la douleur, du devoir et du souvenir. Une charge qui n’en finit pas de peser sur le développement psychique, mais aussi physique, de notre narratrice. En gros, elle trouve refuge dans la nourriture, dans un royaume sucré où vivent ses amis préférés Ben & Jerry’s, entourés de kourabies.

Au décès de sa grand-mère, Sonia a quarante ans et fait une introspection. Cette pièce en résulte. Elle semble avoir trouvé un équilibre entre son héritage familial et la vie qu’elle doit vivre. Au travers d’anecdotes sur son enfance, son poids, sa famille, son poids, ses relations amoureuses, son poids, nous voyons le magnifique travail de réparation qu’elle effectue avec une déclaration d’amour ardente et sensible à ses proches et à ses origines.

Le tout est mené et présenté avec une ironie folle ! Nous avons retrouvé toute la quintessence de ce que l’humour peut contenir en finesse et en esprit. La dérision est son armure pour affronter le monde. Son regard bleu perçant fait écho en nous de façon troublante et magique…

Lorsque le rideau se baisse, Sonia Ountzian nous rejoint. Elle dit adieu avec tendresse à la petite fille qu’elle était et s’en va vivre pleinement sa vie…

by JeanPhilippe

La Promesse d’un Chiffre

Metteur en scène : Jérôme Piques
Comédienne et auteure : Sonia Ountzian

Tous les jeudis et vendredis du 13 avril au 19 mai 2017 à 21h30

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Irma Rose : rire généreux & contagieux A La Folie Théâtre

Elle est de retour ! Jusqu’au 1er juin, Irma Rose investit A la Folie Théâtre, avec son deuxième seul en scène, Irma rit Rose. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est l’occasion de découvrir son humour grinçant, de humer l’air des plages du Nord et d’apprendre à écrire du slam.

irma rose Irma rit rose théâtre les déchargeurs critique Pièce humour United States of ParisUne fois n’est pas coutume, nous allons commencer cette critique par les points négatifs. Rassurez-vous, ils ne sont pas nombreux, parce que globalement Irma Rose tient son spectacle de bout en bout.
Son petit point faible, c’est cette impression, ça et là, de déjà-vu. Il faut dire que l’exercice est compliqué, elle aborde des thèmes récurrents sur les adolescents, la télé-réalité et la vie de couple. Et pourtant…

Rythme et dextérité
Il s’agit là d’une observation générale. Parce que dans le détail, cette Irma Rose nous fait bien marrer ! Son imitation de la vieille nordiste à la langue bien pendue et aux réflexions philosophiques ancrées dans un terroir profond, est aussi vraie qu’hilarante. Les Parisiens y apprendront même quelques expressions de là-bas. Irma Rose, c’est la bonne copine ! Elle est sympathique et intelligente ; on passerait volontiers la soirée avec.

irma rose Irma rit rose théâtre les déchargeurs critique Pièce humour spectacle United States of Paris.jpg
Elle nous plonge dans l’histoire de Stéphanie, peu épanouie ni dans son travail, ni dans sa vie privée. Point de départ un peu classique, certes.
Mais l’actrice enchaine sans aucun temps mort une ribambelle de personnages qui gravitent autour de cette célibataire un peu paumée. La performance est à souligner.

Nous nous laissons embarquer sur une plage du Nord, puis dans la cuisine d’une maman dépressive sans être lassés. Puis en un clin d’œil, nous voilà au beau milieu d’une fête de Noël un peu particulière, avec au programme : réflexions politiques, dépression et petites piques bien vachardes. Slam et chorégraphies en primes ! C’est là qu’on se dit qu’avec un peu de savoir-faire, Irma Rose accommode du réchauffé en un repas délicieux.

By Joël Clergiot

Irma rit Rose 
De et avec Irma Rose

Jusqu’au 1er juin 2017
tous les jeudis à 20h30

A La Folie Théâtre
6 Rue de la Folie Méricourt
75011 Paris

 

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Charlotte CREYX intégralement drôle @ Le Point Virgule

Charlotte Creyx revient sur scène, et cette fois au Point Virgule, avec son spectacle sobrement appelé L’intégrale, tout l’été. Il est temps de la découvrir, le mardi à 21h15. Suivez notre avis !

Charlotte Creyx intégrale Comédie des 3 bornes Grand point virgule paris critique spectacle humour comédie one man show one women show Photo Gil Remon
Gil Remon

Une fille qui à la niaque, en veut et vous retourne un théâtre ! Voilà, ce qu’est Charlotte Creyx. Une meuf qui défonce tout… ou presque. Parce que la fille dynamique qui nous enfume avec sa bonne humeur agaçante ou des torrents d’aigreur contre le monde qui l’entoure, c’est pas vraiment son truc ! Charlotte Creyx n’a pas d’énergie à revendre, il lui suffit de nous raconter ses histoires de vacances, de boulot et de… se taire. C’est ce qui est fort chez elle. Un simple regard, une attitude, et on sent déjà nos zygomatiques qui s’activent. « Beaucoup d’humoristes sont sur la sur-énergie alors que ce n’est pas nécessaire. Certains le font très bien, mais pour les autres, c’est souvent une béquille », explique-t-elle.

Neurasthénie
Tout comme Charloose, le personnage qu’elle a créé pour son premier spectacle, en 2008, et qu’elle reprend dans son Intégrale, Charlotte Creyx est timide et a tendance à voir le côté négatif dans toute chose. « C’est ma mère qui m’a donné ce surnom. J’ai passé mon bac et mon permis de conduire à de nombreuses reprises tant j’étais angoissée à l’idée de passer un examen. ça m’a inspiré. J’aime les loosers, les outsiders. Quant on rate, c’est souvent drôle et touchant à la fois ».

Bien vu, son stoïcisme à la limite de la neurasthénie fait mouche et le spectacle, malheureusement un peu trop court, est désopilant. Anti-héroïne par excellence, elle a des faux airs de Nora Hamzaoui, Elle affronte la vie la fleur au fusil et se vautre avec le même entrain. L’écriture est fine et incisive mais jamais cruelle. Si elle se moque, c’est souvent d’elle même. La jeune femme, n’a pas froid aux yeux et n’y va pas de main morte. Elle raconte ses nuits d’amour dans un langage aussi cru que grossier. Ça surprend mais les silences qui suivent sont tout aussi drôles que les répliques en elles-mêmes. « Je me considère comédienne avant d’être humoriste. Je ne veux pas uniquement raconter des blagues. Je joue avec le dialogue intérieur du personnage. Mon corps est en contradiction avec de ce que je dis », continue-t-elle.


Le théâtre contemporain, l’une de ses cibles préférées, lui donne également matière à réflexions. Il faut la voir décrire dans un récit très imagé une pièce dont on taira le nom par respect pour l’auteur (et le théâtre qui l’a programmé). C’est jubilatoire ! Le spectacle devrait évoluer et tout l’art contemporain en général pourrait y passer. D’autres personnages, dont celui de sa tante Marie-Do, devraient également être développés. Chouette ! Nous avons déjà hâte d’entendre les conseils de cette dame très avisée.

by Joël Clergiot

L’intégrale
Charlotte Creyx

@ Le Point Virgule

7, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75001 PARIS

Tous les mardis à 21h15

Jusqu’au 30 août 2016

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LES FRANGLAISES de retour à Bobino : hilarant et décapant !

“Les Franglaises à Bobino : une méga claque musicale ! Un kiff d’enfer. Le pied !!!”, tweet envoyé à la sortie du spectacle à Bobino.
La joyeuse compagnie est de retour à Paris, dès le 14 septembre avec Le Viens-Retour (The come back) une nouvelle version de leur show Molière du meilleur spectacle 2015. Au programme : toujours autant de folie, des nouvelles choré, un décor flambant neuf et des surprises !!

 Quentin Bouissou comédien chanteur Les Franglaises nouvelle version collectif comédiens musiciens auteurs spectacle musical Théâtre Bobino photo by United States of Paris blog

Autant être prévenu, les membres de la troupe Les Franglaises sont de grands malades. Ils ne tiennent pas en place et n’hésitent pas à se répandre dans les allées de Bobino juste avant de monter sur scène pour amuser le public. Alors, une fois le plein feu des lumières sur eux et leurs instruments, ils ne sont plus du tout contrôlables. Le délire est total ! Et le Molière 2015 du Théâtre Musical est mérité !

photo Emmanuel Lafay
photo Emmanuel Lafay

Le Viens-Retour à Bobino

Les Franglaises c’est un blind-test original. A la différence que ce ne sont pas les premières notes d’une chanson (comme chez Ardisson) qu’il faut reconnaître, mais bien la traduction fidèle en français des plus grands hits musicaux anglo-saxons.
Queens, Beach Boys, Michel Fils-de-Jacques (Michael Jackson), The Beatles, Les Filles Épices, tout y passe. Le répertoire est sans limite : du slow au disco, du rock à l’électro, tout en passant par la britpop ou la ballade amoureuse.

photo by Victor Delfim
photo by Victor Delfim

Le maître de cérémonie-présentateur de la soirée, Yoni Dahan, est un vrai trublion qui met en œuvre les meilleures conditions pour préparer nos tympans aux interprétations loufoques qui suivent.

Et les beaux atours des 12 chanteurs (8 mecs, 4 nanas) ne doivent pas nous tromper. Ils ont beau être fringants – on les croirait prêts pour la prochaine cérémonie des Molière – ils ont capables des plus belles cabrioles et blagues et aussi des meilleurs déhanchés et moonwalk qui n’ont pas à démériter de l’original.

La séquence Billie Jean en VF est bluffante. Les Franglaises ne sont pas que des excellents chanteurs et musiciens, ils sont d’insoupçonnés comédiens.

Quentin Bouissou - Yodi Dahan - Philippe Lenoble
Quentin Bouissou – Yodi Dahan – Philippe Lenoble

Mention spéciale pour Quentin Bouissou dont les faux airs de Droopy, sont tordants, surtout quand il se lance dans un captivant duo sur Hello, Goodbye des Beatles.

C’est jubilatoire du début à la fin. Les interprétations sont des vrais diamants polis de multiples facettes ; surveillez bien le fond de scène, il s’y passe aussi des choses.
Et on reprendrait bien 5 chansons en bonus pour finir la soirée.

Au fait, faudra nous trouver une bonne raison de ne pas courir voir le retour fracassant des Franglaises à Bobino !

Les Franglaises

Les Franglaises

de retour à Bobino
14 – 20 rue de la Gaîté
75014 PARIS

du 15 au 26 janvier 2019

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CHRISTINE BERROU, depuis 1982 : comme un arbre dans l’antre du Théâtre du Gymnase

En ce samedi soir, je plonge dans le dédale du Petit Gymnase où Christine Berrou s’apprête à faire son entrée. On l’accueille comme Beyoncé, mais en mieux. Un moment présent de jouissances, une expérience fascinante.

J’entends d’abord une voix de fumeuse d’hélium.
Puis, je la vois. Habillée d’une robe bleue turquoise à papillons ! Je me dis : “quel étrange être humain !” Pour moi, le papillon est le symbole du cycle éternel de la transformation personnelle. Quand on voit un papillon, cela annonce un changement de conscience. Et là, Christine en avait un sur l’épaule et des dizaines sur son corps.

Photo by Michel Restany
Photo by Michel Restany

Christine alpague un spectateur. Je ris. Ça nettoie.

Christine : « Quand j’étais petite, je voulais déjà être humoriste. Je montais déjà mes spectacles quand j’avais 6 ans et l’autre jour, j’étais en train de me dire ma famille c’était comme même le meilleur public. Et parce que ma famille, c’est mon meilleur public je voudrais que ma famille ce soir ce soit vous ? Est-ce que vous voulez être ma famille ce soir ? »

Nous exprimons un “Oui” mitigé. Appréhension

Bienvenue chez moi, dans mon salon même si on a l’impression d’être plutôt dans une cave. Toi, Benoit tu feras mon petit frère. Tu vas en prendre plein la gueule. Ensuite, est ce qu’il y a des vieux ? {…} Est ce qu’il a une bipolaire parmi nous ?

Doudou Nounou, Papy, Mamie, Maman, Frérot, Tonton Fred et Cousine Sidonie ont peuplé ce spectacle conversationnel. Manque de pot, elle me choisit pour incarner sa cousine Sidonie. Je me suis pourtant fait toute petite et je ne suis pas au premier rang.

« A côté de toi, Tonton Fred, ma cousine Sidonie. Je la détestais. »

Et quand au papa de Christine, absent !

« Mon père n’était pas là, parce que mon père a toujours préféré regarder le foot à mon spectacle. Oui, je sais, c’est un enculé. Mon père, c’est un intellectuel. Il a toujours pensé qu’humoriste cela ne pouvait pas devenir un vrai métier. Pendant un moment, j’ai été journaliste pour lui faire plaisir et puis j’ai réalisé qu’un journaliste c’est un petit peu comme un arbre.
C’est à dire que pour faire un beau papier, à un moment donné, il doit se laisser abattre. Ça, c’est ce que l’on appelle une blague Télérama. »

Marie Bell, Jacques Bertin, la mort, Franck Ribery, Marie Antoinette, Stéphane Bern, les réfugiés, la première série de l’humanité mènent à Dieu et son prophète : la super héroïne Christine Berrou.

Christine : « Dieu, c’est un petit peu comme un arbre. Si vous lui posez des questions, il ne vous répondra pas.
Non Sidonie !
Il sera là pour vous accompagner dans la mort. … {…}
Je voudrais juste dire pour moi qu’un immigré c’est un petit peu comme un arbre c’est à dire quelles que soient ces racines la planète en a besoin.

Et maintenant, je vais vous dire pourquoi je suis pour l’immigration vous voulez savoir la vraie raison ou pas ? »

Je me revois lui dire haut et fort : Oui.

« Mon patron s’appelle Djamel. »

Photo by Michel Restany
Photo by Michel Restany

Incarnant la suffragette “du droit de la femme à s’incarner dans un prophète“, elle dégomme.

« Anthony, tu peux mettre une lumière style, je parle à Dieu. »

Je la revoie tel un visage de la piéta.
« Cher Dieu, je suis dans un spectacle et tout le monde s’en tape apparemment. Je t’écris pour postuler au poste de prophète qui est vacant.
Oui, je te tutoie parce qu’en on m’a dit qu’il était partout et moi je tutoie les gens qui m’ont vu faire pipi. {…}
Tu es partout donc tu as dû voir que j’étais pas irréprochable moi aussi j’ai pécho.”

Elle se reprend : “Et le péché c’est comme un arbre.
Bon, ok, j’ai pas été touchée par la grâce par contre j’ai été touchée par la matière grasse ?”

Christine Berrou : un arbre de l’humour

Christine manie majestueusement l’art de l’autodérision. Après deux ans de philosophie (elle a redoublé 2 fois sa Terminale), elle a fait le Conservatoire de musique. Faut voir Christine and The King jouer sa chanson « Oh la la, il est trois heures. ». Il faut la voir mettre en scène ces relations amoureuses dans une cuillère à soupe sur le piffe, faut la voir parler des relations entre hommes et femmes dans le camion de Fred et Jamie. Christine c’est pas sorcier, c’est comme un arbre.

Photo by Michel Restany
Photo by Michel Restany

Parler de sexe, c’est toujours avec une tonitruante réplique, ni trop ni pas assez, mais avec sensibilité.
« La sodomie c’est un mot déjà c’est un mot beaucoup plus joli que l’activité qu’il nomine. »

Je suis tétanisée. Christine le sens.
« Ah Sidonie, elle prend des notes »
Je ris.
« Est-ce que Sidonie prend des notes ? »
Sidonie (moi) : « Non ! »
En fait, je prenais bien des notes. Et non, je ne suis pas journaliste. J’ai menti comme un enfant.
« Ah sinon je t’aurais aimée beaucoup d’un coup. J’aurais trouvé une autre Sidonie.  Qu’est- ce que j’étais en train de dire, Sidonie ? »

Christine porte un regard tendre et bienveillant sur elle, sur sa famille – la vraie et l’adoptée : les spectateurs, son histoire et l’Histoire avec un grand H. Je suis sous le charme de ce bout d’humain qui, dans l’antre du Grand Gymnase, anime en moi un super pouvoir : le super héros que je suis.

Christine Berrou Théâtre du Gymnase humour avis critique théâtre spectacle One woman show Blog United States of Paris
L’humour c’est comme un arbre

L’arbre de la connaissance. Et se cache dans notre arbre intérieur notre authenticité. Et pour Christine, c’est cela notre super pouvoir. Christine a réussi un soir d’un samedi du 8 avril 2016, à me connecter à mon authentique : l’art de cultiver l’enfant en soi.

Sur le boulevard de Bonne Nouvelle, je me suis retournée, j’ai contemplé le théâtre du Gymnase et je lui ai dit : « Christine, tu m’as accueillie dans tes racines, l’antre du Gymnase et tu m’as souhaité bon vent après m’avoir embrassé à la sortie du spectacle. Je suis sortie par là où mon premier élan m’a conduit en début de soirée par la porte du Grand Gymnase. C’est sur cette scène que je viendrais te voir la prochaine « foi ».

Un spectacle initiatique à expérimenter au plus vite avec l’arbre Christine Berrou.

by La Baleine Quantique

Christine Berrou Théâtre du Gymnase humour théâtre avis critique spectacle One woman show Paris Photo de Michel Restany

Christine Berrou

Les vendredi et samedi à 20h

Théâtre du Gymnase
Studio
38, Boulevard Bonne Nouvelle
75010 Paris

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Old Times au Théâtre de l’Atelier : Adèle Haenel troublante

Jeu trouble de remontées de souvenirs, de dialogues aussi complices qu’étranges, d’échanges anodins, en apparence. Les spectateurs en pleine ambivalence face au texte sans concession de Harold Pinter, Old Times à l’affiche du Théâtre de l’Atelier.

La pièce débute en présence de trois personnages. Seuls deux parlent, Kate et Deele, un couple de quadras. Le troisième est observateur et silencieux.
On ne sait quand ce dernier va se manifester. Le temps est suspendu avant la révélation.

On comprend qu’Anna, la seule amie de jeunesse de Kate, est bien cette frêle jeune femme mystérieuse, à la robe bleue.
Tout de suite, sa personnalité, son expansion tranchent avec l’aspect policé du couple, bien posé sur canapé, pleinement embourgeoisé.

Marianne Denicourt Emmanuel Salinger Adèle Haenel salut pièce Old Times Théâtre de l atelier paris mise en scène Benoit Giros photo usofparis blog

“Le ciel est à ce point immobile !”

On est admiratif, sinon circonspect, de cette vivacité, de cette présence tout en gestes.
Il y a quelque chose de gauche aussi dans cette silhouette. Le jeu d’Adèle Haenel surprend, un jeu inhabituel quand on se réfère à ses apparitions au cinéma.
Le metteur en scène, Benoit Giros, sait nous saisir pour mieux nous capter et nous faire apprécier la matière poreuse qui nourrit le texte de Harold Pinter.
Anna exalte le passé, les souvenirs, la jeunesse, l’effervescence de Londres…
Il n’est pas rare que le trio se mettent à chanter,  qu’il se remémore un film culte.

Peu à peu, la parole de Kate se ratifie. Elle devient à son tour observatrice, témoin muet. Dans ces instants d’écoute, le regard de Marianne Denicourt est tout aussi intense. Il est intéressant de l’observer quand les deux acteurs, Haenel et Salinger, s’échauffent les souvenirs entre eux.

Old Times est plus une pièce d’ambiance plus que réellement narrative. Le charme n’en est pas moins présent d’autant qu’il est plaisant de retrouver ces trois comédiens qui nous habituent plus à des performances cinématographiques que scéniques.

Affiche Old Times au Théâtre de l atelier paris pièce de Harold Pinter avec Marianne Denicourt Adèle Haenel Emmanuel Salinger mise en scène Benoit Giros photo usofparis blog

Old Times

Texte de Harold PINTER
Texte français de Séverine MAGOIS

Mise en scène de Benoit GIROS

Avec Marianne DENICOURT, Adèle HAENEL et Emmanuel SALINGER

au Théâtre de l’Atelier 
1, place Charles Dullin
75018 PARIS

du mardi au samedi 21h
matinée le dimanche à 15h

durée : 1h20

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Le Fusible : Stéphane Plaza & Arnaud Gidoin sont explosifs aux Bouffes Parisiens !

Après les 230 représentations de la pièce A gauche en sortant de l’ascenseur, Stéphane Plaza s’offre un nouveau rôle, à nouveau taillé pour lui. Il revient dans la création Le Fusible, aux Bouffes Parisiens, qui est déjà un succès. Rires et retournements de situation garantis.

Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique comédie arnaud gidoin photo by blog United States of Paris
Paul, un homme d’affaire, est à la veille de vendre sa société à une acheteuse russe et de quitter sa femme. Une fois le contrat de cession signé, il doit s’envoler pour Bali avec sa maîtresse. Il met dans la confidence son ami et associé Michel, un gros gaffeur. Mais le soir précédent ce jour fatidique : tout bascule ! Un accident domestique et Paul perd la mémoire…

Le fusible : ce petit truc qui pète et qui fout le bordel

Ici, le fusible c’est véritablement Paul (Stéphane Plaza). Son accident tombe pile au bon moment pour dynamiter sa vie, la remettre à plat et l’obliger à choisir entre Valérie (sa femme) et Valérie (sa maîtresse).Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique arnaud gidoin photo by blog United States of Paris
Dès la petite scène d’intro, qui casse quelque peu les codes du théâtre de boulevard, on sait que l’on ne va pas avoir une minute de répit. Et comme dans la pièce précédente, Stéphane Plaza fait le show en se donnant sans retenue, pour le plaisir du public, des premiers rangs au tout dernier.
Il saute d’un bout à l’autre du plateau, s’effondre sur scène, descend dans le public mais tout en jouant de la pédale douce quand il le faut.
Soulignons qu’il se retrouve encore torse nu et termine l’histoire avec un costume extravagant : il doit adorer ça !
Arnaud Gidoin est juste dans le rôle de l’ami un poil idiot et toujours en retard d’un wagon. Philippe Dusseau (le médecin) s’avère être un vrai Diafoirus facilement manipulable.

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Du plaisir sur scène et dans la salle

Sans trop cabotiner, les acteurs s’amusent sur scène avec leur personnage et le texte. On soupçonne que quelques actions, jeux de mots ou répliques n’étaient pas prévus ce soir-là, vu les débuts de fou-rires difficilement contenus.
Le fusible Stéphane Plaza théâtre Bouffes parisiens avis critique arnaud gidoin humour comédie photo by blog United States of Paris

Tirons aussi notre chapeau à Gaëlle Gauthier, Juliette Meyniac et Irina Ninova qui pourraient presque voler la vedette à leurs partenaires masculin.
Mention particulière à Gaëlle Gauthier qui est une véritable garce piquante et glamour dans son rôle de la maîtresse/avocate. Ses tenues très proches du corps nous font penser aux grandes heures d’Eva Longoria dans Desperate Housewives.

Chaque personnage possède donc son extravagance : la femme trompée rigide à souhait, l’avocate (maîtresse de Paul) au caractère bien trempée, l’ami foutraque toujours à côté, le médecin mal dans sa peau (et pas forcément compétent), l’acheteuse russe très caricaturale mais délicieuse et bien sûr Paul totalement paumé dans l’histoire de sa vie.

Cette pièce de Sylvain Meyniac est un vrai (bon) boulevard moderne, rythmé et sans temps mort.
Et c’est principalement ce que l’on demande à ce genre de théâtre et à ses acteurs : passer un bon moment, se plier en deux sur son siège et alléger l’humeur du temps.

Le fusible Stéphane Plaza avis critique comédie théâtre Bouffes parisiens arnaud gidoin arthur jugnot affiche

Le Fusible

de Sylvain MEYNIAC
Mise en scène : Arthur JUGNOT
avec la collaboration artistique de Catherine LOMBARD

Avec :
Stéphane PLAZA, Arnaud GIDOIN, Philippe DUSSEAU, Gaëlle GAUTHIER, Juliette MEYNIAC et Irina NINOVA

REPRISE : du au

Du mercredi au samedi à 21h
Matinées le samedi à 16h30 et dimanche à 15h00, jusqu’au 30 avril 2017

Théâtre des Bouffes Parisiens
4 rue Monsigny
75 002 Paris

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TRACES : Les 7 doigts se surpassent à Bobino !

#Bonheur de retrouver la fougue, la poésie et la maîtrise sans accros du collectif de cirque survitaminé et génial Les 7 doigts avec le retour de Traces à Paris.
L’occasion d’une rencontre scénique avec sept personnalités aussi fortes qu’attachantes.

Ces 6 garçons et cette fille (Anne-Marie) viennent de Québec, de Chine, de France, d’Australie et des États-Unis.
L’un est drôle, l’autre jaloux, un autre beau…
Comment on le sait ?

Traces
photo Alexandre Galliez

Simplement parce que ces jeunes gens se présentent après une entrée sur scène, tonitruante. Ce n’est pas grand-chose sur le papier, mais en live, sans filet, ça fait vraiment la différence.
A la fin du spectacle, les uns et les autres ne seront plus tout à fait des inconnus, à la différence d’autres spectacles qui préfèrent le collectif à l’individuel.

Traces

Kevin, Song, Lucas et les autres sont multi-talents : acrobates, athlètes, musiciens, chanteurs, dessinateurs, polyglottes (anglais, français, chinois…). Ils sont capables de se remplacer au piano en plein milieu d’un morceau, de se jeter sur les épaules de l’un, de s’envoyer en l’air à la force des bras d’un autre.

Traces n’enchaîne pas les numéros à couper le souffle à un rythme effréné, quitte à tout oublier à la fin. Le spectacle ménage ses effets, passant de la sophistication d’un numéro de trapèze avec Kevin, l’américain hipster (barbu) – les autres solos de trapèze que vous avez vus, vous paraitront bien fades à côté de celui-ci –  de la scène comique autour de la lecture sur un fauteuil qui ne tient pas en place avec Anne-Marie, à la déconnade entre potes en veste sur sweat blanc (#classe) armés de leur skateboard ou patin à roulettes (#décalé).

photo Alexandre Galliez
photo Alexandre Galliez

Dans ce spectacle, le mât chinois voit exceptionnellement double, et ça nous plait encore plus ! Lucas, le frenchy de la bande, saute d’un mât à un autre avec une agilité déconcertante. On se sent tout petit face à autant de force dans les bras.
Les sangles aériennes sont démoniaques, la main à main insurpassable et les jongleries étourdissantes.
10 ans de succès pour Traces, ça se fête, non ?

Traces

TracesTraces
spectacle du collectif de cirque Les 7 doigts

avec Kevin Beverley, Lucas Boutin, Anne-Marie Godin, Kai Johnson-Peady, Yann Leblanc, Harley McLeish, Enmeng Song

du mercredi au samedi à 21h
matinée le samedi à 16h30

jusqu’au 23 avril 2016

à Bobino
14-20, rue de la Gaité
75014 PARIS

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Oliva Paris, une trattoria gorgée de bons produits d’Italie : irrésistible !

Un lundi soir de janvier en plein 8e arrondissement de Paris.
A deux pas de l’Élysée et de la Place Beauvau, nous réservons une table à l’Oliva, le restaurant italien qui fait le plein entre midi et 2.
Malgré une devanture un peu discrète, (les rideaux étant tirés), le menu est plutôt aguichant.

Poussons la porte.

Oliva restaurant italien trattoria avis critique pasta décor Photo by blog United states of paris
Maria Gloria Brigoni, la patronne, est Lombarde. Une Italienne pur jus, arrivée par amour à Paris, il y a 11 ans. Depuis 5 ans, elle a à cœur de régaler ses clients tous les midis (et elle en refuse des couverts, parfois 20 à 30) et depuis décembre dernier, une clientèle du soir, plus nomade.
Tout cela dans la convivialité de l’accueil à l’italienne, accompagnée de son accent chantant : Maria Gloria a appris le français à 40 ans !

Et si #USofParis aime ces histoires d’étrangers tombant amoureux de notre ville Lumière, cette fois, c’est la cucina que nous sommes venus découvrir.
Même si Maria Gloria a mis du temps avant d’adorer pleinement Paris (difficile de se déraciner), elle regrette tout de même les étés italiens, ses lacs et la mer. On ne lui en veut pas et on plonge dans nos assiettes.

Oliva : Une trattoria dans la pure “tradizione di Italia”

Fresco ! (produits frais) c’est le maître mot de la patronne.
Des livraisons quotidiennes et un menu, à l’ardoise midi et soir,  renouvelé tous les jours en fonction des arrivages.
Une seule exception : l’œuf poché, crème de parmesan et truffes, à la carte toute l’année. C’est le best-seller de cette adresse. Nous n’avons pas manqué de le déguster.

Oliva restaurant italien trattoria avis critique menu repas diner déjeuné paris 8ème Photo by blog United states of paris
Pour s’assurer l’authenticité de cette cuisine italienne, Maria Gloria a convaincu son ami de 20 ans, Mario, chef à Mantou de rejoindre ses fourneaux parisiens. Et l’authenticité est bien présente dans chaque plat.

Oliva restaurant italien trattoria avis critique oeuf truffe pasta menu rue des saussaies paris 8ème Photo by blog United states of paris
A force de reportages sur les truffes chinoises ou autres, il est possible parfois de douter de l’origine de cet or blanc (ou noir) présent dans l’assiette.
Ici, les fines tranches de la perle italienne exhalent leur parfum à plein nez.
Posées sur cet œuf parfaitement poché et sa crème de parmesan délicate, elles donnent à chaque coup de cuillère un soupçon de délice. On ne résiste pas à plonger un morceau de pain pour ne rien en laisser.
Mais ne soyez pas déçus si vous poussez la porte en pleine hors saison de truffes italiennes. Elles sont remplacées par des asperges.

Oliva restaurant italien menu paris 8ème rue des saussaies madeleine trattoria avis critique jambon culatello grana pardano Photo by blog United states of paris
Rien n’a redire non plus sur l’assiette de jambon Culatello. La chair fond en bouche et le Grana Padano (cousin du Parmigiano Reggiano, le parmesan) est parfumé à souhait.

Avant de poursuivre, la mamma de l’Oliva nous avoue que les plats principaux ne sont composés que de pâtes. Pourquoi ?  Les légumes ne trouvent pas preneur ici.  Même les pommes de terre sont désavouées par les clients.

Tortelli faites maison au potiron

Oliva restaurant italien trattoria menu avis critique pasta fait maison Photo by blog United states of paris

D’une délicatesse folle !! Ce plat est chavirant à tel point que l’on a regretté de ne pas avoir 5-6 tortelli en bonus.

Maltagliati faites maison au braisé de boeuf

Oliva restaurant italien trattoria pasta avis critique fait maison rue des saussaies Photo by blog United states of paris
Les pâtes fraîches garnissent bien l’assiette. Le bœuf braisé émietté est fondant, contre toute attente. Et lorsque vous mélangez le jus et les pâtes : Mamma mia ! C’est succulent et copieux.

Avant de finir avec les desserts, focus sur la tradition culinaire italienne.

Les subtilités de la cuisine italienne
Nous avons pu discuter avec Mario après le service, par l’entremise de la patronne, car le chef italien ne parle pas français.

Si parfois la cuisine italienne vous parait un peu moins relevée que ce que vous aimez : c’est normal !
Ce fût un gros travail pour le chef de s’adapter au palais français.
Nos amis transalpins aiment les plats avec moins d’assaisonnements : une épure au niveau de l’ail, moins d’épices, de sel et  de poivre. Ils préfèrent gouter le produit le plus naturellement possible, que ce soient les viandes ou les légumes.
Ce décalage peut conduire à une incompréhension de cette cuisine du sud, en la jugeant trop fade.

Si Mario s’est adapté aux goûts français, il y a une chose sur laquelle il ne transige pas : la pasta !

Les pâtes fraiches de l’Oliva sont toutes fabriquées suivant la recette de sa grand-mère.
Un secret de famille, appris dès sa plus tendre enfance auprès de sa grand-mère, dont nous n’en saurons pas plus que : “tout réside dans le travail de la pâte” et  “c’est une question de travail pour qu’elles soient les plus digestes possible“.
Pour l’anecdote : le chef et Maria Gloria se sont battus pour faire accepter les pâtes Al Dente, à la mode italienne, à leurs clients. Ils n’ont rien lâché et n’ont, aujourd’hui, aucune plainte.
Et c’est vrai, qu’elles sont au top leurs pasta !

Côté dessert à l’Oliva

Oh la la, le tiramisu maison !

Oliva restaurant italien trattoria avis critique tiramisu rue des saussaies menu diner déjeuner Photo by blog United states of parisDoux et crémeux ! C’est un tiramisu comme on les aime. Avec des petites variantes appréciables pour une fin de repas : moins de sucre et moins de café. Un vrai plus pour profiter avec plaisir de cette note de douceur.

Oliva restaurant italien trattoria madeleine paris 8ème rue des saussaies avis critique dessert Photo by blog United states of paris
De l’autre côté de la table, c’est dessert glacé avec le Semi freddo.
Glace, chantilly, coulis de framboise (ou de chocolat), fait maison, comme le tiramisu.
On pensait caler face à ce dessert. Mais la gourmandise de l’ensemble nous a emportés.

Chez Oliva, il faut se laisser attendrir par la chaleur de la patronne, succomber aux charmes de la pasta italienne et surtout, pousser au plus vite, la porte de ce restaurant en soirée, si vous n’êtes pas du quartier, car à midi vous aurez peu de chance de goûter aux plaisirs italiens.

Restaurant Olivia

16, rue Saussaies
75008 PARIS

Ouvert du Lundi au vendredi
de 12h  à 15h
et nouveauté : 19h30 à  22h15 !

Tél. 01 42 65 39 72

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Bistrot Alexandre III : des saveurs surprenantes et de la délicatesse avec vue sur la Seine

Une péniche au pied du Pont Alexandre III avec vue sur la Tour Eiffel, c’est l’écrin cosy que propose le Bistrot Alexandre III.
Derrière les fourneaux le chef japonais Ryunosuke Naito accueille avec le sourire et des plats fougueux et savoureux.
Entre découvertes et classiques de la gastronomie française, partons dans le voyage des sens façon Bistrot Alexandre II.

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique gastronomie restaurant ryunosuke naito cuisine photo by United States of Paris

Partir d’une simple coque, Ryunosuke Naito et son associé ont conçu ce restaurant de A à Z avec la volonté de mettre la cuisine au centre de l’attention des clients.
C’est donc face à la cuisine ouverte, et sur le comptoir, que nous avons pris place ce jeudi soir pour découvrir les alliances franco-japonaises espiègles.

Bistrot Alexandre III : une cuisine simple mais travaillée

Nous avons pu déguster 4 plats pour nous donner un aperçu de l’art du chef, de l’amuse-bouche au dessert. Revue de détails.

Les Amuses-Bouches

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique gastronomie restaurant rillette amuse bouche photo by United States of Paris
Dans la cuillère : une aubergine très fine japonaise marinée dans un bouillon dashi (bonite séchée et algue japonaise), relevé de piment et chips d’ail. L’aubergine est fondante, le piment juste présent. Un très bon équilibre en bouche.
La croquette de risotto – chorizo est simple et efficace.
Les rillettes de canard sont parfaites (et 100% canard). Elles fondent en bouche. Le mélange viande et graisse est totalement équilibré. Pour être pointilleux, elles manquent peut-être d’un peu d’assaisonnement.
Ce joli trio nous rend impatient pour la suite…

Entrée : Carpaccio de carabineros

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique restaurant menu carte capaccio carabineros photo by United States of Paris
Pour ceux qui ne sont pas familiers des crustacés, les carabineros sont des grosses gambas (ici espagnoles).
Découpées en fines tranches, elles sont accompagnées de dés de mangue et de concombre rehaussés de poudre d’hibiscus.
Ce plat est tout simplement surprenant. Tout d’abord, le duo inattendu de la mangue et du concombre, qui se mélangent avec une vigueur gustative dans un sucré-salé qui se complète parfaitement, mais aussi grâce à l’hibiscus qui, déposé en poudre, possède la force d’un piment.

Joue de boeuf sauce vin rouge

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique gastronomie restaurant joue de boeuf photo by United States of Paris.jpg
C’est une nouveauté qui n’est pas à la carte que le chef a voulu nous proposer.
Cette joue de bœuf est cuite sous vide à 88°C pendant 16 heures. Alliée à une sauce vin rouge épaisse et délicate, la viande, fournie par Hugo Desnoyer, n’est ni gélatineuse ni filandreuse . Elle fond tout simplement en bouche. Nul besoin d’user de son couteau non plus. Agrémenté de betteraves proposées en deux façons (cuites et crues), le plat est équilibré en saveurs et en parfums.
Les framboises présentes pour renforcer le côté sucré-salé du plat peuvent paraître superflues pour certains, mais ne nuisent pas à ce magnifique plat.

Côté dessert, si durant quatre mois, le bistrot Alexandre III proposait des fabrications maison, ce n’est plus le cas.
C’est désormais la maison Mori Yoshida qui assure la partie sucrée de la carte.

Le beige et la bûche

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique gastronomie restaurant dessert Mori Yoshida photo by United States of Paris
Le beige est un gâteau à la pâte sucrée au chocolat, praliné feuilleté ganache orange et crème thé citron vert.
La bûche de Noël est, elle, composée d’une mousse de chocolat, ganache d’épice, confiture d’orange, crème au thé et aux épices,  praliné feuilletine.
C’est fin, c’est bon et justement sucré. Deux desserts fondants à souhait pour terminer un repas bien mené.
Et pour tout dire, nous aurions aussi bien voulu faire un sort au Mont Blanc trônant en vitrine qui nous faisait de l’oeil.

Cuisine française dans les veines
Pour Ryunosuke Naito, la cuisine française est une histoire familiale : ses parents tiennent un restaurant français au Japon. Son père est en cuisine, sa mère en salle et les grands-parents cultivent les légumes servis dans le restaurant !

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique gastronomie restaurant carte menu ryunosuke naito joue de boeuf photo by United States of Paris
Arrivé de Nagano (Japon) à l’âge de 19 ans, il y a dix ans déjà, le chef fait son stage d’étude chez Taillevent.
En 2007, il poursuit ensuite son perfectionnement chez Antoine, LE restaurant de poisson du 16e arrondissement. Avant d’intégrer la brigade de Yannick Alleno pour l’ouverture du Cheval Blanc 1947 à Courchevel mais aussi au Meurice en tant que sous-chef en gastronomie. Et là, c’est de la création au quotidien, durant 2 ans et demi : le sacerdoce des sous-chef de Yannick Alleno. Un chef qui est “très fort en créations, qui tient les gens de son équipe.”
Il poursuit quelques temps l’aventure du 3 étoiles de la Rue de Rivoli sous la houlette d’Alain Ducasse auprès duquel il apprend “l’organisation et  le respect du produit avant tout“.
Puis il finit par intégrer, en 2013, l’équipe d’Yves Camdeborde avant de vouloir voler s’émanciper.

Bistrot Alexandre III alexandre 3 avis critique carte menu restaurant ryunosuke naito photo by United States of Paris
Le chef Ryunosuke Naito et sa femme

C’est avec son commis de l’époque, maintenant chef de salle de la péniche-restaurant, que l’idée du Bistrot Alexandre III prend forme, jusqu’à l’ouverture en juillet dernier.
C’est avec sa femme, rencontrée chez Antoine où elle était stagiaire,  et deux commis, que Ryunosuke Naito régale ses convives 7 jours sur 7 !

Un point sur la carte
Si les plats affiche un tarif raisonnable pour le rapport qualité prix, entre 18 et 24 €, les entrées sont quant à elles un peu onéreuses (entre 14 et 18 €)  malgré la portion de frites à 7 €.
Côté desserts les 10 €, prix unique, restent supportables vue la qualité indiscutable de la Maison Mori Yoshida.

Avec cette dégustation, nous ne pouvons que vous recommander de pousser la porte du Bistrot Alexandre III pour votre déjeuner ou votre dîner. L’accueil ne faiblit pas et le plat du jour pourrait bien vous faire chavirer…

Saumon juste saisi, crème de brocolis
Saumon juste saisi, crème de brocolis

Bistrot Alexandre III

Du lundi au samedi de 12h00 à 23h00
Le dimanche de 12h00 à 22h00

Service cuisine de 12h00 à 15h00 et de 19h00 à 23h00
(22h le dimanche)

Ports des Invalides – Pont Alexandre III
Rive Gauche
Promenade des berges de la Seine André Gorz
75 007 Paris

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