Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.
Le thème de ce mois choisi par Tuxana est : Carré.
J’ai très souvent levé les yeux à Gand, riche en cathédrales, beffroi et autres beautés architecturales. Et c’est l’église Saint-Nicolas qui m’a réservé un tel point de vue.
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Arman Méliès n’en revient toujours pas de l’accueil, des éloges qui ont accueilli son retour avec le vibrant, lumineux et incandescent Vertigone. Alors que l’artiste s’en était allé en tournée avec le jeune premier de la chanson française à la blondeur étourdissante, il reprend sa place d’artiste de premier plan à la scène. Le quadra à l’avant-bras tatoué nous a pris au col toute cette année.
Photo Franck Loriou
INTERVIEW SELFIE
UsofParis : Avais-tu une appréhension de revenir à un projet solo, après une tournée prolongée avec un autre artiste ? Arman Méliès : C’est deux aspects complémentaires de jouer ou composer aussi pour d’autres et de me consacrer à moi. L’alternance me convient tout à fait. Ça me permet de m’oublier un peu, surtout quand je pars en tournée avec Julien. Et ensuite, revient l’envie de se consacrer à des projets personnels. En tournée, on a finalement beaucoup de temps libre en journée et ça m’a permis de travailler avec tout le confort nécessaire dans les loges pour l’écriture et la conception du disque.
Selfoot exclu pour #UsofParis
S’oublier, c’est s’oublier en tant qu’artiste, chanteur ?
En tant que frontman. Quand on porte un disque sur ses épaules, quand c’est à son nom, ça veut dire assumer les critiques qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Être sur scène, faire face aux gens, se livrer – il y a une sorte d’impudeur, même si c’est, par moment, très jubilatoire de s’abandonner. En live, en tout cas, il y a quelque chose de plus délicat.
Et le fait d’accompagner un autre, c’est le plaisir de faire de la musique, de me consacrer à mon instrument de prédilection : la guitare et, en même temps, je n’ai pas la responsabilité de devoir tout assumer.
Et quelqu’un d’autre soit aussi le porte-parole de mes propres chansons est aussi plutôt pratique, parfois.
Comment on reprend le souffle après une tournée qui ne finit plus comme avec le Love Tour de Julien Doré ? Pour être honnête, le souffle, je ne l’ai pas encore tout à fait retrouvé. Cela dit, il ne me semble pas qu’il manque non plus. Je n’ai pas eu le temps de me reposer et de penser à autre chose. A la fin de la tournée, j’étais déjà dans la sortie du disque.
En fait, j’ai composé et enregistré Vertigone pendant le dernier tiers de la tournée de Julien.
Quelques jours après seulement la dernière date de tournée à Marseille au mois d’août, je finalisais le mix de l’album. Maintenant j’attaque les répétitions et les concerts.
Quand on fait de la musique, les moments obligatoires de vacances de temps à autres, sont un peu pesants. J’ai toujours tendance à m’ennuyer.
Et je n’ai qu’une envie : être à 100% dans un projet. Et là, je suis comblé !
Est-ce que le sentiment amoureux peut être aussi fort qu’un shoot scénique ? Déjà, il est fort différent. Et si on devait comparer, le sentiment est bien plus fort que toutes les émotions que peuvent procurer la musique.
Qu’as-tu appris au cours du Love Tour ?
Au-delà de l’histoire d’amour de toute cette troupe. On est tous très très proches. Ça fait 3 tournées maintenant que nous faisons ensemble. Au-delà de ça, ce qui est évident pour moi, c’est la qualité du travail effectué qui est pour moi quelque chose d’important dans mon métier de musicien.
La plupart du temps, on commence avec pour principal motivation : le plaisir. Et puis, il y a des exigences qui naissent. Si on veut des résultats, il faut travailler. Même si ludique, même si très plaisant, ça reste du travail.
On a travaillé en amont de la tournée, puis pendant, de manière incessante, soir après soir, pour l’enchainement des morceaux, les arrangements.
J’ai beaucoup appris, certainement encore plus : à être plus exigeant.
Et ça nous sert ensuite pour toutes les étapes de l’écriture, de l’enregistrement.
Qu’est-ce qui fait que Julien Doré soit aussi subjuguant ? Le succès de la tournée et du disque prouve qu’il touche le public. Ce succès est dû à la conjugaison d’un talent presque inné : il est très doué et très ouvert aux arts, au sens général. Il a un vrai don pour la musique et le chant.
Conjugué à ce talent, il y a le travail. Il se remet toujours en question pour avancer. Non pas forcément parce qu’il doute en permanence, mais parce qu’il a sans arrêt l’envie de s’améliorer. Et c’est payant !
Pour revenir à l’album Vertigone, est-ce que des critiques ont tapé juste ? Les critiques ont été très bonnes. C’est quelque chose d’important. Certains artistes arrivent à se détacher des échos suscités par leur production. Les critiques m’aident souvent à comprendre le disque que j’ai fait. Des fois, ça se fait bien longtemps après la sortie du disque.
Parce que j’y mets beaucoup de choses de manière consciente et volontaire.
Mais on est dans le domaine de l’art. Et l’inconscient prend beaucoup de place. J’ai toujours une agréable surprise à découvrir que des choses évoquées n’étaient pas forcément voulues et semblent manifestes.
Quand les disques sont compris et touchent les gens, ça donne d’autant plus envie de faire des concerts.
Quelle est la chanson la plus personnelle ? Il y en a pas mal. Bien qu’il y ait aussi plein de lectures différentes.
Des textes que l’on peut juger intimes : Olympe, Le Volcan, Même… Je parle assez directement de moi et de ce que je peux ressentir. Mais c’est toujours avec un filtre de poésie, d’un double, voire triple sens.
Que peux-tu dire d’Olympe alors ?
Je mets 6 mois à écrire un texte pour arriver à une sorte de polyphonie pour permettre à chacun de se projeter. Je ne souhaite pas faire une explication qui pourrait me mettre à nu de façon inconvenante !
Un décor cocasse lors de la conception de l’album ?
Le décor était assez particulier : ce sont des loges de salle de concert et de théâtres. A 90% de la musique écrite sur Vertigone l’a été dans les coulisses, dans lesquels je m’isolais de mes camarades. Le côté troupe et famille, c’est quelque chose que j’apprécie énormément mais il s’agit de commencer à écrire, ce n’est pas évident d’avoir 5-10 personnes autour de soi. Je travaillais quelques heures dans la journée avec des guitares ou des claviers.
Pour le titre Vertigone, je suis dans une loge blanche, avec une corbeille de fruits et un thé vert pour l’image.
Une loge sans fenêtre !
Effectivement, assez souvent il n’y avait pas de fenêtre. Quand on crée, on a une vue infinie ! Plus rien n’existe autour de nous, quand on écrit une chanson.
Autant le cadre peut aider à trouver une idée de chanson mais une fois qu’a débuté le processus d’écrire, peu importe le lieu.
La transposition des titres de Vertigone sur scène est-elle à la hauteur ? La formule à trois fonctionne très bien. Le power trio me plait beaucoup.
Au moment de l’écriture du disque, j’avais l’idée du live. Du coup, je voulais que ça déjà concert. La différence est finalement moins grande que le disque précédent (plus cérébral et synthétique), sur scène, il était devenu autre chose.
Quand je pars en tournée, j’aime bien revisité les anciennes chansons à l’aune du dernier disque. J’essaie de les rendre un peu plus cohérentes avec Vertigone.
Le souvenir d’un vertige scénique ? La Maroquinerie, c’était le tout premier concert de la tournée précédente. On était assez peu préparé, donc on était un peu fébrile. Mais j’en garde un incroyable souvenir, j’ai pris un énorme plaisir. Et j’espère que les concerts à venir seront à la hauteur de ces sensations, il y a 2 ans.
Un chanteur, un musicien, il se bonifie avec le temps ? Ça dépend de l’artiste ! Certains disent tout en un disque et pour d’autres, il faut 30-40 ans pour le disque sublime.
Pour moi, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je prends toujours autant de plaisir à écrire des chansons, sortir des disques et faire de la scène. Les critiques étant plutôt encourageantes donc je sais pas si je me bonifie, mais je n’ai pas l’impression de m’écrouler sur moi-même.
Ce n’est que mon 5e album. On en reparlera au 10e.
Une leçon d’artiste avec Bashung ? Leçon est un grand mot pour Bashung. Il n’avait pas cet aspect professoral.
C’est plus par l’exemple que j’ai appris des choses. A le côtoyer pour l’écriture et sur scène. Un de ses secrets de longévité et qui lui permettait de se renouveler : c’était une curiosité insatiable pour la musique mais aussi pour le cinéma.
Il était toujours en quête de nouveaux artistes, disques et nouvelles influences.
Ça m’a ouvert les yeux sur le fait qu’il ne fallait pas forcément chercher à s’enfermer dans un style.
Il lisait les Inrocks, Libé et commandait des disques. Il continuait à écouter l’actu musicale. J’écoutais beaucoup de musique avec lui, du folk à l’époque : Bonnie Prince Billy…
Une chanson pour pleurer ?
Une chanson de Ferré qui me met toujours les larmes aux yeux : La mémoire et la mer.
Une chanson pour déclarer sa flamme ? Amoureux solitaires de Lio que j’ai repris sur un disque précédent. Une façon assez étrange, voire assez malsaine de déclarer sa flamme. Mais c’est assez drôle !
Une chanson pour voyager ? N’importe quelle chanson de Harvest de Neil Young. J’y suis directement ailleurs.
Dernière claque musicale ?
Savages, le tout nouvel album, Adore Life. Très beau disque, très nerveux. Magnifique !
Frustré(e) de ne pas voir danser Fauve Hautot dans la dernière saison de #DALS ? Inconsolable même ? Pour vous, comme pour nous, un shoot live avec un max de danse, de musique et de jeux de lumière est prescrit sans attendre ! Rdv dès le 9 février 2017 pour vibrer, chanter et s’éblouir avec Saturday Night Feverau Dôme de Paris – Palais des Sports.
Fauve plein les yeux
Pour avoir vu en live et en exclu quelques tableaux du spectacle prochainement à l’affiche à Paris, le rythme vous attrape sans appel. On a manifesté aucune résistance et la magie a opéré sans aucun préliminaire. Quand Fauve Hautot fait son entrée à La Fièvre du samedi soir !, notre regard est capté. Vous aurez beau venir en couple, l’infidélité des yeux ne trompera pas. Impossible de la lâcher, on oserait à peine cligner des yeux de peur de perdre un moment de grâce. Fauve magnétise tout simplement.
La danse semble si naturelle, si simple avec elle.
Ses robes de lumière savent épouser ses formes tout en laissant à la danseuse la pleine maitrise de ses mouvements.
Un Travolta tatoué
Fauve a un pendant masculin tout aussi doué de son corps dans son costume blanc quelque peu rétro – ça sent en fait la fin des 70’s à plein nez ! – mais au charme indéniable.
Nicolas Archambaultva marquer les esprits et va faire des émules, en reprenant le rôle de Tony incarné au cinéma par John Travolta. Le trentenaire nous vient de loin, du Québec. Il a la particularité d’être largement tatoué. Avez-vous remarqué le hérisson en dessous de la silhouette d’Edward aux mains d’argents sur son bras gauche ? Pas besoin de sortir votre paire de jumelles, il suffit de mater le clip Stayin’ alive !
Beaux et belles gosses Alors que la distribution finale n’est pas encore connue entièrement, l’on sait déjà que la troupe de danseurs et danseuses qui va accompagner les artistes a de quoi émoustiller les spectateurs. Ils et elles ont tous les atouts : charisme, muscles, agilité et silhouettes parfaites pour assurer le show sur le large plateau du Palais des Sports de Paris.
If I can’t have you Un soin tout particulier a été accordé à la réorchestration des chansons cultes de Bee Gees. La version 2016 de If I can’t have you est entêtante à souhait avec la voix de Jess Glynne.
L’album du spectacle offre aussi d’autres invités de marque comme Kylie Minogue, Julien Perretta ou Nile Rodgers. Ils ne seront pas sur scène mais les chanteurs de cette production ne démériteront pas. Ils ont assurés lors du showcase de lancement.
Saturday Night Fever, le spectacle musical La Fièvre du samedi soir !
avec Fauve Hautot (Stéphanie), Nicolas Archambault (Tony), Gwendal Marimoutou (Monty, le DJ)…
Mise en scène : Stéphane Jarny
Scénographie : Stéphane Roy
et en tournée dans toute la France à partir du 13 mai 2017 : Épernay, Amneville, Amiens, Lille, Dijon, Orléans, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Lyon, Nice, Montpellier, Albertville, Limoges, Caen…
Laurent Baffie revient au théâtre avec deux casquettes qui lui vont plutôt très bien : auteur et metteur en scène. Il signe la comédie Jacques Daniel à l’affiche du Théâtre de la Madeleine avec un trio d’acteurs désopilant avec Daniel Russo, Claude Brasseur et Nicole Calfan.
Un bar, deux ivrognes, une serveuse… jusqu’ici des banalités. Et pourtant !
photo Bernard Richebé
Deux hommes, que tout oppose à première vue, se découvrent un point commun… la perte d’un être cher, leur femme tant aimée. S’enchaînent alors de longs échanges servis par une multitude de verres de whisky ; du Jack Daniel’s, bien sûr.
Et si cette perte s’avérait en fait être un nouveau départ pour ces trois protagonistes… comme la fin d’un cycle ?
Du désespoir, des railleries, de la joie, de la mélancolie, le tout servi par un jeu concluant d’acteurs. Nicole Calfan est époustouflante dans son rôle. Cette perruque blonde lui va si bien.
Laurent Baffie renouvelle quelque peu son style d’écriture qui peut apparaître pour ses inconditionnels comme un peu inhabituel. Ce qui est loin de nous déplaire.
by Cédric
Jacques Daniel une comédie distillée et mise en bouteille par Laurent Baffie avec Claude Brasseur, Daniel Russo et Nicole Calfan
Robbie Williams avoue : il a fait des soirées de folie en Russie, il y a quelques années. Malheureusement, il a signé une clause de confidentialité. Reste un clip délirant qui a pu interpeler, surtout la presse anglaise. Après s’être imaginé strip-teaseur de l’extrême, chevalier ailé, Robbie se fantasme en oligarque et en boxeur pour les besoins de son nouvel album. The Heavy Entertainment Show sort le 4 novembre. Avec des titres qui bougent, des mélodies pour dire des mots doux. Et puis Sensitive qui est, pour nous, taillée pour le clubbing. Une petite pépite électro-sensuelle qui n’admet aucune retenue.
Lors de sa tournée promo mondiale, il s’est posé à l’Hôtel Le Meurice pour un échange exclusif avec presse et blogueurs.
Robbie Williams sera de retour en live à Paris, le 1er Juillet à l’AccorHotels Arena.
THE MUSICAL ROBBIE WILLIAMS @ PARIS
The Heavy Entertainment Show ?
“Quand j’étais petit, nous n’avions que 3 chaines de télévision. La télé était un vrai rendez-vous pour le pays entier. Je me souviens des émissions du samedi soir, en compagnie de ma grand-mère, ça s’appelait Light Entertainment. Et c’est ce que faisaient les personnes dans le poste : du divertissement. 32 ans après, le rendez-vous du samedi me manquait. Et j’avais envie de cet « Heavy Entertainment » parce que c’est mon métier ! Mais le titre de l’album est arrivé bien avant que les chansons ne soient toutes écrites. Rien n’était planifié.
Sur mon passeport, la profession est, bien avant song writing, singer, il est écrit : entertainer.”
Robbie Williams / Serge Gainsbourg « Serge Gainsbourg a conçu des albums incroyables et c’est pour ça que j’ai samplé quelques morceaux.
L’image que j’ai de lui ? Fumant une cigarette, une attitude cool, un homme qui couchait avec de superbes femmes. Et il n’était pas très beau. Mais la musique transcende, je pense. »
David Song
“Quand j’ai eu 30 ans, j’ai compris que je n’étais pas immortel. J’ai pensé à la mort forcément. Et je pense toujours à ces derniers moments de vie que l’on peut avoir. David Song s’appelait au départ Last song ever. Quand mon ami, mentor et manager, David Enthoven est mort d’un cancer, il y a quelques semaines, j’ai pensé qu’il était juste de lui rendre hommage avec cette chanson. Et c’est pour cela qu’elle est devenue naturellement David Song. »
Bruce Lee
“Ce n’était pas prévu que cette chanson s’appelle Bruce Lee. Normalement toutes mes chansons ont comme sujet : moi.
En fait, nous n’avons plus de saints. Et Bruce Lee représente cette icône et une personne spirituelle.
Mais cette chanson ne lui est pas consacrée. Elle fait référence à sa célèbre interview : “You must be like water“. Et c’est ce que j’essaie d’être : de l’eau.
Pop Music
“Je suis un artiste pop qui est forcément, par moment, déconnecté de la réalité. Je suis décalé et cinglé comme dans le clip Party Like a Russian. Je sais que je suis étrange et que j’ai une part d’excentricité. Mais cette excentricité nourrit aussi mon écriture. Je peux la magnifier ainsi.”
Fier de…
“UK Hall of Fame. Je pense que c’était le point culminant de ma carrière. Etre face à tous ces gens…
Je n’ai pas réellement savouré le moment, parce que j’étais flippé. C’était un très bel événement mais aussi un moment gênant.
Je l’ai montré à ma fille qui a 4 ans, les 3 premières minutes de la soirée sur Youtube. Elle a dit « Papa » en regardant. Et juste après elle m’a demandé de regarder un dessin animé 🙂 ”
Papa Robbie Williams
“Je suis assez strict. Je suis un papa qui emmène ses enfants à l’école et qui va les chercher, qui joue avec eux et fait des choses stupides aussi.
Ils sont totalement amoureux de moi et je ne peux pas leur en vouloir. Mais je suis aussi totalement amoureux d’eux.
On essaie, avec ma femme, de créer un environnement sain. Nous rions beaucoup. C’est très étrange d’avoir enfanté deux individus qui ne sont pas névrotiques comme leurs parents.
Ils me manquent là. Je ne les ai pas vus depuis quelques semaines.”
Beau quadra
“Je me bats avec mon poids tous les jours. J’adore manger et ça empire avec l’âge. Mais comme je suis une rockstar, je ne peux pas être gros sur scène.
Je ne travaille pas avec un coach. Je fais en sorte de ne pas trop manger. Je cherche le meilleur équilibre. Je suis en plein work in progress.”
Du Prix Deezer Adami au Printemps de Bourges, en passant par la Cigale et l’Olympia, Jeanne Added est sur toutes les routes musicales. Elle termine sa tournée folle à l’Élysée Montmatre pour 3 dates en décembre.
Son premier album Be Sentional tisse un lien ténu mais intense avec tous ceux qui viennent à l’écouter. Déstabilisant, concentré de force brute, romantisme noir, ce disque n’est pas prêt de vous lâcher. Interview à fleur de peau avec une chanteuse aux yeux bleus perçants. Troublant.
UsofParis : Comment gères-tu ce rythme effréné, promo, concerts, soirées pro ? Jeanne Added : Il faut dormir ! Ce n’est pas évident d’aller dormir. Mais c’est la seule solution pour tenir le rythme.
Mais est-ce que tu t’étais préparée à ce rythme ou est-ce que ça dépasse tes attentes ?
J’ai déjà beaucoup bossé dans ma vie. Après c’est un peu bizarre, oui. On a travaillé pour faire un disque, que ce soit reçu, qu’il soit entendu, que le public s’y intéresse. C’est une chance folle. Donc j’essaye d’honorer cet album, de le servir jusqu’au bout au maximum. Je suis vraiment hyper contente. On a plein d’occas de faire des concerts. C’est vraiment cool.
Quels sont les mots de journalistes, ou de blogueurs qui ont tapé juste pour décrire Be Sensational ?
Quelqu’un m’a dit qu’effectivement il y avait un côté sombre dans le disque mais il trouvait que c’était plus de l’ordre de la déclaration d’amour. Il avait senti beaucoup d’amour dedans et ça m’a beaucoup plus qu’il dise ça. Pour moi, c’est une vision juste.
Ma vision c’est quelqu’un qui te prend par la main pour te dire que ça va aller et qu’il ne faut pas s’inquiéter, qu’il faut avoir confiance et que même si c’est difficile parfois, tout ira bien.
Moi ça me bouleverse et ça continue à me bouleverser. C’est tellement incroyable pour moi parce que c’est le chemin que j’ai fait personnellement en écrivant ce disque, d’un point de vue intime. Donc si ça transparait, ça me rend très très heureuse.
Et tu penses être arrivée à tenir la main de tes auditeurs ?
J’espère en tout cas. J’y mets tout mon cœur à chaque fois. J’essaye d’être complètement présente à la musique. Mon boulot, c’est vraiment ça : de ne pas être déconcentrée quand il y a un truc qui ne va pas, parce qu’il y a un mec qui est en train de fumer et que ça te fait chier, et de rester concentré dans la musique. Parce qu’il n’y a que ça qui fait que le mec arrêtera potentiellement de fumer. Il va se mettre à ressentir quelque chose.
Nicolas Preschey, le programmateur du Fnac Live, m’a dit qu’il était touché par ton parcours. Quel a été le déclic pour te présenter ton projet personnel ? Pendant longtemps, j’ai été interprète de la musique des autres, sans me poser trop de questions. Et puis, à un moment donné, la musique que j’avais à chanter ne me correspondait plus et je sortais de scène pas contente et frustrée. Çac’est un bon déclencheur. Faut écouter ce truc-là et je me suis dit que la musique que je chantais ne me convenait plus, donc il fallait que je fasse la mienne. C’est ce que j’ai fait.
Et la prise de décision s’est faite rapidement ?
Non, ça prend du temps. J’ai arrêté les groupes au fur et à mesure. J’ai refusé beaucoup de travail. J’ai commencé à écrire. J’ai monté un premier groupe, enregistré un premier EP solo avec ce groupe, un premier EP solo. Et puis grâce à lui j’ai rencontré le groupe The Do qui m’a programmée en première partie et Dan Lévy qui m’a proposé qu’on travaille ensemble. Ça prend quelques années quand même, au final.
Ces premiers concerts, ces premiers rapports avec le public sont à la hauteur de tes attentes ?
Ça bouge. Je ne suis pas Mère Térésa non plus, faut pas déconner (rires). D’abord, on a commencé à jouer avec Anne Paceo (batterie) et Narumi Herisson en décembre dernier seulement.
L’évolution qu’on a vue, c’est d’être passé d’un public qui nous ne connaissait pas du tout à un public qui commençait à connaître A War Is Coming, et à un autre qui commence à connaître le reste de l’album. J’ai l’impression de devenir une mamie, d’être au bord des larmes tout le temps. Avec la fatigue en plus, c’est juste…
Je vois certaines personnes qui viennent régulièrement aux concerts. Je pense spécialement à Marie, Charlotte et Effange : spéciale dédicace. C’est émouvant pour moi. C’est un truc qui résonne chez eux et çà… ça me touche en fait. Vraiment. Aux Eurockéennes, j’ai vu des mecs qui chantaient les paroles. Je n’aurais jamais imaginé que ça pourrait arriver. Je trouve ça complètement dingue !
Quelles étaient les influences pour Be Sentational ? Des références majeures, des artistes ?
On a beaucoup écouté Kanye West avec Dan, le dernier Beyoncé, même si cela ne s’entend pas forcément. Mais en terme de prod, on n’était pas parti pour faire du lo-fi, ça c’est sûr (rires). Mais les musiques qui m’ont aidée à écrire sont très variées. J’ai eu des périodes où j’écoutais Hole (Live Through This) à chaque fois que je m’arrêtais d’écrire, même si ça n’avait strictement rien à voir avec ce que j’étais en train de faire. Mais ça me donnait beaucoup d’énergie. Peaches ou même Justin Timberlake que j’ai beaucoup écoutés aussi.
Alors quelle chanson qui a la touche Peaches ? It est vraiment très Peaches !
Et Justin Timberlake, il se trouve où ?
Ça c’est plus vague. Il est dans mon cœur ! (rires)
Qu’est-ce que tu retiens de cette première carrière dans le jazz et qui a donné du souffle à cet album ?
C’est un peu d’expérience.
Oui mais concrètement, il a des effets que tu peux capter, que l’on peut retrouver ?
Je fais de la musique depuis que j’ai 5 ans. Donc c’est chez moi. Ça ne veut pas dire que je suis la meilleure musicienne. Ce n’est pas une question de hiérarchie. C’est juste un cadre dans lequel je me sens bien. Le jazz c’est une musique de chat : il faut retomber sur ses pattes tout le temps, ce qui demande un peu de souplesse. En jazz, il n’y a pas d’erreur et donc c’est vrai que quand on fait de la pop, il y a des trucs qu’il faut jouer mais tout est modifiable malgré tout. Et si tu les fais avec un certain niveau de conviction, l’erreur n’existe quasiment pas en fait. Mais parfois y’a des erreurs ; ça nous arrive à tous en fait, régulièrement. J’aime bien qu’on soit soumis à cela.
Et ta dernière claque musicale scénique ?
Scénique, j’ai vu Christine and the Queens aux Eurockéennes et j’avoue que j’ai été très impressionnée par tous les niveaux de maîtrise : le son, la musique, comment elle fait intervenir la musique populaire, comme Missy Elliott, la danse, les lumières. J’ai trouvé que tout fonctionnait. C’était très très pro. Je me suis dit : « C’est classe un truc comme ça !», aussi abouti, aussi exigeant. Ça m’a fait vachement plaisir.
As-tu conscience qu’il y a des titres de ton album qui soient plus durs à appréhender ?
Je ne dis pas les choses dans ce sens-là. C’est peut être Lydia qui est un peu plus bizarre. Je ne vois pas les choses comme ça. J’adore la jouer sur scène. C’est un moment où à chaque fois, ça je pars dans la musique directe.
Mon disque c’est vrai qu’il est un peu étrange aussi !
Une de tes chansons pourrait-elle avoir un rapport à Paris ?
Dans le décor, dans ce que j’y ai mis, vécu : Night Shame Pride. Mais je ne la joue pas sur scène en ce moment. C’est un rapport à ma vie nocturne. J’habite à Paris et elle est liée très concrètement à ma vie dans cette ville.
Jeanne ADDED en concert : les 7, 8 et 9 décembre 2016
Le froid arrive. Forcément, on a plus envie d’un apéro entre amis @ home que de se geler sur les terrasses avec chauffage à gaz polluant.
Marre de la vache carrée, du guacamole, et des amuse-bouches surgelés ?
USofParis vous propose de changer vos habitudes avec une alliance transalpine engageante: le parmesan et le champagne.
On a testé et on adhère à 100% !
Ile la cité, un soir d’automne. Rendez-vous nous est donné dans les caves de l’École du vin. Au cours de cette dégustation, deux produits vont faire corps : le Parmigiano Reggiani AOP et le champagne élaboré par des vignerons indépendants. C’est la sommelière italienne Vinny Mazzara qui a la charge d’harmoniser la dégustation, pour une osmose transalpine parfaite. Cette soirée va nous permettre d’en découvrir un peu plus sur ce fromage qui, pour beaucoup, ne sert qu’à rehausser un plat de pâtes. Mais aussi sur le champagne qui est beaucoup plus diversifié qu’on ne le pense.
Parmesan, tsar des fromages italiens Sans conteste, le parmesan est à l’Italie ce que comté est à la France : un incontournable.
Dans nos habitudes, on le râpe plus qu’on ne le croque à pleines dents. Un énorme tort.
Sur la table, quatre belles portions de meules, avec quatre maturités différentes et élaborer avec autant de races de vaches différentes.
Pour les accompagner, quatre champagnes, issus de chacun de terroirs du champenois distincts.
Devant les couleurs mordorées de ce fromage AOP (Appellation d’Origine Protégée), on salive d’avance. Impossible de résister.
16, 24, 30 et 41 mois : les couples se forment
A chaque étape de maturation, son goût et son parfum évolue et prend du corps. . Cela va de soi, mais avec des découvertes plus que surprenantes.
Parmesan 16 mois – Vache Prim’holstein / “Dis, vin secret”
Pour un parmesan, ce vieillissement n’est pas le plus courant.
Mais notre palais est séduit par les parfums qu’il libère. Impression de mordre dans un champ en plein été, de boire le lait à peine sortie du pis de la vache. De sa pâte encore humide se libèrent des saveurs très lactées et florales. Troublant.
Surtout quand l’on sait que cette race de vache n’a pas forcément très bonne réputation. Les défenseurs de la qualité la targuent d’être une trop grande productrice de lait sans qualité gustative.
Pour l’accompagner, le champagne deFrançoise Bedel “Dis, vin secret“, en provenance de la Vallée de la Marne.
Un extra brut assez suave avec ses notes caramélisées un peu comme une pomme d’amour, un peu cannelle, qui propose un bon contraste mais avec une belle harmonie des saveurs.
Parmesan 24 mois – Vache Brune / “Cuvée Rollon”
C’est l’affinage du parmesan que l’on trouve en majorité dans les magasins.
La particularité de celui qui nous est présenté réside dans le lait de la vache brune. Un croisement entre des vaches venues de Suisse et d’Autriche. Un goût très intense en crème avec des notes de noisette très prononcées. Et les premières apparitions de ces concrétions d’acide lactique qui craquent sous les dents. Bonheur.
Côté champagne, Vinny Mazzara nous propose une pépite gustative : la cuvée Rollon d’Albin Martinot – La côté des bar.
Très minérale, très fraîche avec un équilibre fruit/ acidité particulier, cette cuvée laisse apparaître en bouche des notes qui pourraient ne pas faire l’unanimité. Mais nous on adore son côté détonnant.
Parmesan 30 mois – Vache Blanche / Blanc de blanc Grand cru
Ça se corse en goût. Côté saveurs, elles éclatent en bouche. La sensation lactée commence à s’estomper même si elle est encore un peu présente. La note salée est plus prononcée mais elle est adoucie par des tonalités plus épicées. Un vieux cru qui mérite d’être testé.
Le champagne de Pierre Moncuit, un blanc de blanc Grand Cru Brut de 2005 (Côte des blancs) déploie tous ses arômes pour absorber le vent d’Italie.
Onctueux et gourmand, ses arômes de miel, de fleurs et de vergers (poire et raisin) offrent un équilibre parfait. On aime sa minéralité franche et sa longueur sucrée.
Parmesan 41 mois – Vache Rouge / “L’empreinte du terroir”
Là, on touche à l’extase.
Texture sablonneuse, couleur intense, et des saveurs inégalées : franches, âpres mais profondes et harmonieuses. Un grand cru qui reste longtemps en bouche et dont on ne peut résister à l’appel. Prendre le couteau pour en reprendre un morceau.
L’Empreinte du terroir 2003 d’Eric Rodez, venu de la Montagne de Reims s’allie parfaitement avec la vigueur de ce parmesan de 41 mois. Frais et long en bouche, ces bulles fines pétillent autour du fromage. Les notes d’épices sucrées et de fruits rouges du vin sont en parfaites adéquation pour cette dégustation.
Parmesan et champagne : une vraie découverte
Si l’intitulé de notre soirée semblait un peu étrange, séduction maximale avec ce mélange de produits français et italiens.
Même si l’on a tenté parfois d’autres accords affinage/champagne, il faut bien dire que ceux de Vinny Mazzara n’ont pas souffert la comparaison.
Le dernier conseil by USofParis : tentez cette version de l’apéro pour le prochain réveillon !
Vos hôtes seront conquis d’avance.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
C’est la rétrospective artistique de l’année que nous propose la Monnaie de Paris : Not Afraid of Love de Maurizio Cattelan. Artiste à la retraite depuis 2011, l’Italien est connu pour des œuvres provocatrices, volontairement ou pas, et souvent autobiographiques.
En pénétrant dans cette exposition composée de 17 installations majeures, il faut oublier ses préjugés et se laisser envahir par un univers surréaliste.
Entre réflexion, humour et philosophie, le coeur d’USofParis bat pour le monde de Cattelan.
Novencento
“Post-requiem show“
Après son ultime All, présentée au Guggenheim à New York, Maurizio Cattelan annonça sa retraite artistique. Not Afraid of Love est donc la première grande rétro présentée en Europe depuis. Un parcours de 17 œuvres sélectionnées par l’artiste lui-même. Un défi, quand on connait sa révulsion à faire un choix.
A la base, je n’étais pas conquis par le travail de Maurizio Cattelan.
Souvenir de sculptures provocatrices, de reportages pas forcément éclairants sur son travail.
Il faut parfois reconnaître que l’on peut avoir des idées préconçues et qu’elles peuvent être levées. C’est donc sans grande conviction que je me rends à cette visite privée à la Monnaie de Paris.
Un éclairage bienvenu
Notre guide-conférencier, Mathieu, nous propose de jeter un œil nouveau sur Not Afraid of Love. Et comme tous les visiteurs ne pourront bénéficier de ces explications, je vous conseille grandement de lire les cartels des œuvres. Ils apportent un certaine
distanciation et offre une nouvelle appréhension de celles-ci.
Original ! La Monnaie de Paris a aussi proposé à des personnalités de donner leur interprétation, selon leur sensibilité, sur le travail de Cattelan : Audrey Azoulay (Ministre de la Culture et de la Communication), Christian Boltanski,Charlotte Casiraghi, Christian Lacroix, Olivier Py, Elisabeth Quin, Guy Savoy, Oliviero Toscani… une quarantaine en tout.
Charlie Don’t Surf
Il y a donc toujours une double lecture dans le travail de Cattelan. Il faut passer la première impression de rejet ou de trouble, face à ces corps en souffrance, pour comprendre.
Pour faciliter cette adhésion à son travail, voici une mise en lumière de cinq œuvres de l’exposition.
Not Afraid of love : décryptage
Sans titre (La Donna Crocefissa) : premier contact
C’est la première installation que vous croiserez en arrivant à la Monnaie de Paris, avant même d’acheter votre ticket.
On peut voir dans cette femme crucifiée un hommage à Francesca Woodman. Cette photographe, établie à New York, avait l’habitude de se mettre en scène, tout comme Maurizio Cattelan. Ce dernier reprend ici une photo mythique de la photographe.
Deux éléments à noter : la sculpture est présentée dans sa caisse de transport : une façon signifiante de marquer le statut de création. Présentée hors de sa boite, elle prendrait une autre signification, se fondrait plus facilement dans le décor. Et la saleté visible sous les pieds renvoie aux peintures du Caravage. D’ailleurs, il fut longtemps décrié pour le réalisme de ses représentations.
La Nona Ora : une provocation ?
C’est bien l’une des deux pièces emblématiques qui commence véritablement l’exposition : le Pape Jean-Paul II écrasé par une météorite.
Depuis 1999, cette statue de cire a déchainé les passions.
Cattelan a réfuté l’anti-catholicisme de cette vision.
Le titre (La Neuvième Heure) est une référence à l’heure de la mort du Christ. L’ancien pape étant en habits sacerdotaux, on peut y voir un symbole de l’homme écrasé par sa charge, sa fonction. Et à travers la vie de Maurizio Cattelan on peut aussi y percevoir une image plus freudienne, celle de la mort du père.
Dans le miroir qui fait face à la sculpture, on découvre la “croix” de La Donna et les pattes du cheval de Novencento. Ces dernières affleurent tout juste sans passer devant la femme. Tout en minutie. On retrouve cette volonté de perspective dans toute l’exposition.
Sans titre, 2001 : d’un monde à l’autre
“Je préfère prendre des interprétations aux autres plutôt qu’en donner”
Cette phrase de Cattelan est vraiment révélatrice de son univers. Chacun prend ou trouve, ce qu’il veut dans son art. Il faut se l’approprier.
Et quand Cattelan se représente c’est toujours via une caricature, en plus petit.
Ici, il transperce réellement le sol du musée. Un collaborateur de la Monnaie de Paris a vraiment le double de Cattelan dans son bureau !
Face à cette sculpture en cire, un miroir (installé pour l’occasion), dans lequel l’artiste semble se regarder.
Il passe une tête dans l’établissement pour se voir dans le reflet et semble se dire “C’est bien moi qui suis exposé dans un musée ? ” C’est l’interprétation introspective.
Mais on peut aussi y voir une version politique. La statue étant réellement juchée sur une pyramide de livres, l’explication pourrait être : l’éducation conduit à la culture.
Un éclairage tout autre car Cattelan a toujours eu un rapport difficile avec l’école. Celui-ci est évoqué avec Charlie Don’t Surf, dans la salle suivante.
All : une résurgence du passé ?
Neuf gisants en marbre : une façon simple de décrire cette installation.
Sauf qu’il est rare de voir des gisants recouverts d’un voile. Est-ce un renvoi vers le passé de Cattelan qui a travaillé dans une morgue ?
Car, ici, il ne montre pas la mort, il la suggère avec ces silhouettes.
Et on est simplement stupéfait par ces drapés sculptés. Un hommage à la dextérité des artistes de Carrare d’où provient le marbre. Il y a dans ces neufs défunts une telle fluidité qui rend le travail de sculpture très aérien. Chaque pièce pesant 300 kg environ, elle semble comme dégagée de ce poids.
Choisi avec minutie – volontairement avec le minimum d’inclusions pour un rendu plus esthétique – ce marbre donne sa pleine uniformité à cette composition. Ces deux choix (uniformité et unicité) créent un problème de taille : si l’une des neufs sculptures est abimée ou cassée, il faut refaire la série en entier.
Him : la plus contestée !
Lui (Him) celui que l’on n’ose pas nommer : le mal absolu. Lui est en prière, agenouillé de manière catholique. Lui questionne l’acte de contrition : une doctrine fondamentale pour cette religion. Pourra-t-on lui pardonner un jour ?
L’autre interprétation que l’on peut faire avec cette statue de cire est se confronter à ses peurs, leur faire face pour les vaincre. Mathieu, notre guide, fait un parallèle surprenant avec les films d’horreur pour illustrer son propos. En effet, pour survivre à des monstres comme Freddy Krueger ou Candyman, le héros doit les affronter en face-à-face.
Reste une dernière question : peut-on représenter celui qui incarne le mal absolu ?
Cette sculpture est le prêt d’un collectionneur américain qui a fui l’Autriche durant la seconde guerre mondiale. Lui-même l’expose dans son salon. Une façon de clore le débat autour de cette question.
Une mise en scène en miroir
Maurizio Cattelan a vraiment mis un soin extrême dans la mise en scène de son travail.
Il y a toujours un jeu de perspective, un placement précis des pièces dans les salles.
Et parfois c’est très subtil, comme avec ces deux labradors qui semblent surveiller, chacun de son côté, une des deux portes de la salle.
“Je suis le petit poussin, et les chiens c’est ma famille”
Au final, cette rétrospective de Maurizio Cattelan est pleine de finesse et de clins d’œil.
Ce n’est pas pour cela que vous ne serez pas chahuter par cet ensemble de pièces que vous découvrirez. Vous pourrez donc être ému, énervé et même rire devant le travail de l’artiste italien.
LE PLUS : Parcourir Not Afraid of Love à la nuit tombée offre aussi une toute autre ambiance.
Privilégiez la nocturne du jeudi soir.
By Emmanuel
Not Afraid of Love
exposition de Maurizio Cattelan
jusqu’au 8 janvier 2017
Tous les jours de 11h à 19h
Nocturnes les jeudis jusqu’à 22h
Après Rock en Seine, Aurora foule la scène de La Maroquinerie, ce lundi, pour la dernière date européenne de sa tournée avant de s’envoler aux USA. La team #USofParis était dans la salle pour l’applaudir. Encore nous diriez vous ? Oui car lorsqu’on aime, on le fait sans demi-mesure. Aurora fait partie de ces artistes que l’on peut savourer plusieurs fois avec plaisir. Une parenthèse dans le tumulte parisien. Un instant suspendu. Elle nous transporte ailleurs, loin, dans les forêts norvégiennes enneigées mais également dans son univers fantastique que nous retrouvons comme la première fois.
Public captivé
C’est très rare qu’une bonne poignée de spectateurs ne sortent pas entre la première partie et le concert qui tient le haut de l’affiche. Aurora captive tellement qu’en plus d’afficher sold out depuis quelques semaines, elle immobilise son public sur place. Personne ne veut perdre le meilleur point de vue qu’il a réussi à trouver, au risque de se déshydrater ou de quelques crampes.
10 minutes avant le début du show, une trentenaire lance à ses voisines pour la préparer à l’entrée de l’elfe du nord : “attention les filles, ça crie fort !”
Aurora ouvre la soirée avec Black Water Lilies, titre qui nous plonge directement dans l’ambiance et dans l’univers de la chanteuse à la voix envoutante. Après quelques titres, elle salue son public et confie qu’elle se sent un peu comme dans son living-room dans cette salle, compacte mais qui ne manque pas de chaleur. Après une tournée des festivals, on veut bien croire que La Maroquinerie lui semble ridiculement petite.
Derrière une colonne, l’on reconnait le chanteur Yanis, habillé d’un long manteau qui connait certaines chansons par cœur.
Elle aime la France et ses fans français qu’elle a rencontrés quelques heures avant le début du concert devant la salle. Et ils le lui rendent bien. Un fan est venu avec un ballon bleu gonflé à l’hélium qui flottait dans la foule pressée contre la petite scène de La Maroquinerie avec inscrit : « France ️ Aurora ». En le récupérant, la chanteuse ne manque pas de dire : « Aurora loves France ».
Une vraie relation avec ses fans qui la connaissent déjà par cœur puisqu’ils lui ont apportée des crêpes et du Nutella avant le concert. A noter que la tenue qu’elle portait sur scène était une création de l’un d’entre eux. Offerte lors de sa venue à Bruxelles, Aurora était sûr que le créateur serait dans la salle ce soir et l’a donc salué dans la foule.
Communion parfaite avec la chanteuse. Tant les fans devant la scène, que les personnes au fond de salle. Un silence jamais entendu pour un autre artiste pendant la performance. Aurora en impose du haut de ses 20 ans. La foule chantant même les tubes comme Murder Song, elle en est même surprise, trouvant cela à la fois bizarre et creepy considérant cette chanson si particulière.
Aurora nous offre un titre inédit qui ne figure pas sur l’album : Animal Soul. Certains le connaissent déjà grâce à l’efficacité d’Internet.
Le concert se termine en apothéose avec Running with the wolves et notre voisine en transe, levant les bras et chantant en phonétique le refrain. Visiblement, elle ne connaissait pas tout à fait la chanson par cœur. Amusant !
Suivi du titre sensible et poétique à souhait I went too far ». La chanteuse nous confiera juste avant qu’elle se sentait mise de côté durant son enfance et qu’elle a écrit cette chanson à ce propos.
Elle invitera les premiers rangs de son public à monter sur scène pour danser avec frénésie avec eux sur Conqueror.
Un beau final, qui résume bien la relation qu’entretient la jeune norvégienne avec son public français avant de terminer en rappel avec Through the eyes of a child, une chanson aux tonalités plutôt mélancoliques pour une fin de concert : “Please don’t leave me here“.
Il y a des pièces qui frappent avec plus d’intensité que d’autres. Qui ont un vrai écho en nous avec cette sorte de sidération, de curiosité, de complicité auteur, interprètes, spectateurs. Petits crimes conjugaux au Théâtre Rive Gauche nous happe brillamment, nous accapare au moment où l’on s’y attend le moins.
Les premières minutes de Petits crimes conjugaux ont une tonalité étrange. Un homme rentre vraisemblablement chez lui. Il ne reconnait plus rien de ce décor, ni la femme qui a partagé sa vie jusqu’à son amnésie. Difficile de se douter de la direction que va prendre l’auteur, Eric-Emmanuel Schmitt, pour nous capter totalement et ne plus nous lâcher.
Aucune perspective ne peut laisser penser ce qui va se jouer entre Gilles et Lisa, si ce n’est que le couple a flanché. Les deux membres étant chaos de leurs excès du passé (d’amour pour l’une, d’indépendance pour l’autre).
La partition joue les montagnes russes avec de vraies montées sensationnelles où les sentiments sont affirmés avec une intensité folle. On reprend notre souffle, comme les deux comédiens face à nous.
L’amour et toutes les problématiques qui l’accompagnent – la séduction, la fidélité, la confiance, la dissimulation, la bienveillance, la maturité, l’indépendance – sont questionnées avec une qualité d’observation rare. Les mots sont justes tout simplement et d’un bout à l’autre du récit.
Fanny Cottençon est belle, incarnant une femme cabossée, chancelante mais aimante. Sam Karmann surprend par l’aisance qu’il a de révéler les errements sentimentaux et intellectuels de son personnage.
C’est une pièce pour tous les couples et même les célibataires. Jeune couple, courrez la voir pour balayer quelques erreurs que l’on a tendance à faire par amour. Couple mature, penchez-vous sur ce qu’il reste de lien, sur ce que vous ne maîtriserez plus tout à fait avec l’autre.
Célibataire, l’exemple est parfait pour vous préparer à accueillir au mieux votre prochain coup de cœur qui risquerait bien de vous changer la vie.
Petits crimes conjugaux
De Eric-Emmanuel SCHMITT Mise en scène Jean-Luc MOREAU Avec Fanny COTTENÇON, Sam KARMANN