La 2e édition du Comic Con Paris est ouverte. Cosplayers, fans de comics, amateurs d’avengers et autres personnages de fiction se donnent rendez-vous ce week-end à la Grande Halle de La Villette. USofParis a foulé les allées de la convention dès son ouverture, ce vendredi. Let’s go!
Fait est de constater que l’organisation du salon a largement été revue depuis l’année dernière. Un gros plus pour cette édition 2016 : les stands de restauration sont en périphérie et le Comic Con Paris a aussi pris possession des mezzanines de la Grand Halle.
On respire un peu plus. Et c’est top.
Mais il semblerait aussi que l’affluence soit moins forte pour ce premier jour.
Un espace pour les créateurs
C’est d’ailleurs sur la mezzanine que nous ferons notre premier stop avec l’Artist Alley. Ici, sont regroupés les dessinateurs, illustrateurs et auteurs qui exercent leurs talents dans les comics ou à travers des créations perso.
On a bloqué sur une artiste dont le travail est plutôt inattendu : Cécile Morvan.
Ses peintures sur verre sont vraiment aguichantes et laissent transparaitre une véritable fibre artistique. #Cute
Costumes & cosplay
C’est aussi pour ça que l’on vient au Comic Con Paris : voir des amoureux de séries, de films et de personnages revêtir les habits de leurs héros préférés.
Voici une petite sélection de ceux croisés ce premier jour.
Starwars en force !
L’univers Batman à foison !
Mais c’est quoi cette fermeture éclair sur le visage ?
Des avengers en grand nombre
Trop mignon le sac Hello Kitty sur ce Deadpool !
Sans oublier le clown revenu à la mode ces derniers temps !
On a aussi croisé un mister très dans son monde : Aïz.
Aïz : Conscience 2.0
Harnaché de ses ipods, lecteurs MP3 et autres engins de mix, le sieur Aïz nous lâche d’emblée : “Je ne suis pas costumé, je suis équipé !”
Qu’à cela ne tienne. Il est là pour faire le show, son show, en mode 2.0.
Et Aïz profite de toutes les occasions pour faire un mini showcase. En prise directe avec des spectateurs (qui attendent leur tour pour une séance photo), il joue sa création.
C’est aussi ça le Comic Con Paris, créer de la rencontre, échanger quelques minutes et se dire “je veux en savoir plus sur lui“.
Alor si vous aussi, vous voulez tout savoir sur l’univers d’Aïz, c’est par ici.
Promos et expos
Ce n’est pas que l’on déteste la mise en avant des futurs films, mais il faut bien dire que cette édition 2016 du Comic Con fait tout de même la part belle aux studios.
Avec Warner, vous pourrez voir des accessoires originaux de la Saga Harry Potter.
Ces objets ont été convoyés sur le salon dans des mallettes ultra sécurisés avec gardes du corps, d’après les hôtesses.
On retrouvera Les Gardiens de la Galaxie Vol.2, Arrow et autres personnages.
Côté mix/jeu vidéo, le mini-musée Warcraft ravira les fans.
Le Comic Con Paris en mode VR
En un an, on peut aisément capter les évolutions technologiques.
Cette année : la VR (réalité virtuelle) fait son entrée par la grande porte. Deux animations lui sont consacrées.
Tout d’abord, avec Partouche et son Roller Baster que nous avions testé en avant-première.
L’évolution : l’Oculus RIft a été remplacé par le HTC Vive et ses manettes !
De l’autre côté, on sent l’offensive de Sony, qui après le salon GeekLive, est présent ce week-end pour faire la démo de son casque VR.
Coup de cœur permanent : la 501st Legion
Il faut bien dire que ce sont les stars costumées du Comic Con Paris.
Les hommes, femmes (et enfants) de la renommée 501 St Legion french Garrison.
C’est eux qui insufflent cette ambiance très starwarsienne au salon.
Et nous on les kiffe. Petite galerie de portraits.
Le BOSS
Cosplay père et fille
Et en mode 1.0, pour les non-initiés n’hésitez pas à tenter l’aventure escape game avec l’équipe Team Break. Trois univers nomades vous proposés : Mission Impossible de 20 min, Steampunk de 15 min et une évasion expresse de 10 min
Le Comic Con Paris, on adore et on n’en redemande !
Il vous reste tout le week-end pour côtoyer stars en dédicaces (dont Dominique Purcell de Prison Break) et anonymes en costumes, mais aussi pour participer aux nombreuses conférences. Ou alors tout simplement déambuler dans les allées du salon.
Foncez sans hésiter.
Empire Of The Sun s’est fait attendre, trop attendre à Paris. Pour accompagner la sortie du nouvel album, Two Vines, le groupe s’offre une tournée mondiale pour prouver qu’il sait assurer en live aussi bien qu’en rythmes fiévreux sur ses albums. Ce jeudi à l’Olympia, le public était surchauffé à bloc pour cette date unique en France.
Manga Tour Entrée sur scène totalement barrée avec grosses grappes de fumée à gogo, danseuses énigmatiques, écran géant en fond de scène, escalier métallique de quelques marches et faisceaux de lumière qui balaient tout sur leur passage.
Luke Steele, le leader du groupe, ménage ses effets pour marquer les esprits et en imposer. Tout de bleu vêtu, une tiare démente (on a longtemps cherché un mot adéquat pour décrire ce drôle de casque, qui n’en est pas un), le chanteur impressionne la rétine quand il débute le show, guitare vissée au corps. Old Flavours réveille le public, sans retour possible à une quelconque somnolence afterwork. La résistance n’est plus de mise. Empire Of The Sun emporte tout, même l’attention des objectifs qui tentent de capter un artiste qui joue avec la lumière.
L’avant-scène renvoie l’image d’un soleil et de ses rayons. L’ensemble scénique a un côté très manga, avec ses couleurs et petites pointes de kitcherie assumée.
Amusant de voir passer un jeune homme au béret en fosse. Mélange des genres total #wtf, ce jeudi à l’Olympia. DNA pour se déhancher et un premier tube incontournable : Half Mast qui en jette un max.
En fosse, ça ne se cache pas pour vapoter, deux filles se tiennent la main, deux garçons ne résistent pas à s’embrasser entre deux titres.
Après avoir quitté son couvre-chef – lui enlevant un peu de son aura – Luke lâche la guitare pour un dialogue avec le père sur écran vidéo. Confirmant au passage que l’on peut croire aux “miracles” comme celui de voir enfin Empire Of The Sun sur une scène en France ! Parfaite introduction pour le titre Breakdown.
We are the People vs High and Low
We are the People fait un effet de fou sur le public. Luke balaie la scène avec ses 2 micros mains. #classe ! Fin du titre en japonais dans le texte et jets de fumée à la verticale. Plein les yeux. Luke – seul membre du groupe qui assure la tournée, Nick préférant certainement le confort de son beau pays – admire les déguisements des quelques spectateurs des premiers rangs. On devine des sessions de maquillage, du chapeau à plumes, des créations originales. Il n’hésitera pas faire chanter les premiers couplets de Two Vines – titre éponyme du nouvel album – à ceux qui ont osé le look pour ce show.
High and Low, le premier single dévoilé a déjà ses adeptes et est une machine à beats ravageurs.
En revanche, difficile d’accrocher un regard, un visage côté danseuses. Ces quatre girls sont tour à tour à paillettes, poilues, chevelues, casquées, masquées, à tulle ou à cape. Deux jeunes femmes ont le privilège de monter sur scène, non pour danser, mais pour fêter l’anniversaire du batteur. L’effet hug avec une Parisienne doit être certainement émoustillant pour un Australien. Lucky you, man!
Luke retrouve le noir feutré des coulisses pour nous revenir, cette fois, avec une tunique à capuche argent multi-facette du plus bel effet. Il préfère dissimuler son visage pour nous permettre de nous accrocher qu’à sa voix.
Walking on a Dream
Walking on a Dream et les smartphones se lèvent au même moment, le public chante en chœur ce tube mondial.
Tiger by My Side révèle le coté so bad boy de Luke Steel qui finit par se jeter sur une des enceintes du batteur, la frappant avec sa guitare. Il finira le titre en brisant son instrument sur scène. On ne peut pas être plus punk.
Coup de balais entre deux titres et Standing on the Shore se dévoile dans une version plus dark que dans l’album. Pour la peine le chanteur revient tout de noir avec une tiare dorée encore plus Chevaliers du Zodiaque que la précédente. Effet captivant ! Alive achève l’unique show français du groupe australien, comme un dernier délire musical et un déluge de lumière multi-couleurs et lâchers de fumée en trombe.
On finit soufflé par la déflagration Empire Of The Sun et la difficile envie d’aller se coucher.
Les collections particulières sont souvent l’occasion de découvrir de petits bijoux. Celle-ci s’est constitué au XVIIIe siècle. Un Suédois à Paris, la collection Tessin offre, durant 3 mois, aux yeux des visiteurs du Musée du Louvre une présentation de pièces exceptionnelles. Accompagné par le Nationalmuseum de Stockholm (fermé pour cause de travaux de rénovation), le Louvre accueille cette collection en tout point magnifique. L’occasion unique de découvrir des œuvres qui ne reviendront pas de sitôt chez nous.
Qui est CG. Tessin ?
Carl Gustaf Tessin est issu d’une famille d’artistes.
Son père et son grand-père étaient des architectes de grandes renommés. Son père a notamment dessiné le Palais Royal de Suède. C’est sur cette base artistique solide que Tessin arrive à Paris. Une épopée de collectionneur en 3 étapes va débuter.
Pour son premier voyage, le jeune homme a pour but de s’imprégner de l’art en général. Ce sera l’occasion pour lui de commencer sa collection avec des dessins.
Lors de son deuxième séjour à Paris, il tisse des liens d’amitié dans les milieux de l’art. Sa collection prend du volume.
Et lors de sa troisième venue, alors diplomate, il revient pour négocier un traité et défendre les intérêts de la Suède contre la Russie. En parallèle, il finit de constituer son exceptionnelle collection.
Un Suédois à Paris : comme un inventaire
C’est l’une des caractéristiques de cette collection Tessin.
Elle permet de faire un état des lieux, un panorama, non pas de l’art au XVIIIe siècle, mais du marché de l’art au XVIIIe, à Paris. Un instantané historique qui court de 1714 à 1742.
Rare, plaisant et très jouissif.
Et il a bien été difficile de faire une sélection. Rembrandt, le Titien, Dürer, Raphaël, Rubens… Tout ça peut faire tourner la tête, même celle d’un néophyte.
Alors, on s’est dit que le mieux était de montrer des pièces incontournables mais aussi des coups de foudre artistiques et uniquement des pièces de maitres.
Un Suédois à Paris : 5 pièces pour chavirer
Ça vraiment été un crève-cœur de faire un choix parmi les 120 pièces que composent cette exposition. Trop de chef d’œuvres, trop de grands maîtres, trop de singularités aussi.
Les sanguines
Les dessins rouge-ocre ont la part belle dans la collection Tessin.
Si l’on y croise Rembrandt, nous avons envie de nous arrêter sur une esquisse de Pietro Testa : Étude pour la figure d’Apollon dans la gravure d’été.
Oui, le titre est un peu long, mais le trait est vif et accrocheur. On sent le mouvement dans ce crayonné, catchy et moderne. Si le thème n’était pas olympien, on pourrait penser à un athlète en préparation.
Mais comme sur USofParis, on est avide de partage, on ne peut résister à cette sanguine signée Rembrandt.
On profite de cette première mise en avant pour un petit rappel historique, essentiel pour la présentation des tableaux. Tessin va être l’un des premiers à écrire son nom sur les cartouches de présentation des œuvres, comme collectionneur.
Depuis, c’est passé dans les mœurs.
Richelieu
Ce n’est pas le renom de l’artiste, Claude Mellan, qui nous a fait nous arrêter sur ce dessin, mais le nom de cette figure imposante qui a traversé les siècles. Personnage vs artiste.
C’est surtout le fait que ce dessin montre le cardinal emblématique sous des traits qu’on semble tous reconnaitre. C’est assez fulgurant. Cette image, revenue des années 1700, colle de si près à l’image moderne qu’on lui connait tous.
Jeune femme à l’éventail
Encore un Rembrandt – il y en a pléthore dans cette collection Tessin. On ne va pas s’en plaindre.
Même si cette pièce n’est pas forcément la plus emblématique des tableaux du maître, on ne va pas faire la fine bouche. C’est du Rembrandt. Tout en nuance et en fine touche. Ce portrait reste touchant.
Et pour les fans du peintre hollandais, vous aurez de quoi vous régaler avec les dessins et crayonnés du maître.
La naissance de Vénus
C’est un gros stop qu’il faut faire devant ce tableau de François Boucher.
Même entourée de tous les artistes majeurs déjà cités, c’est la véritable pièce maîtresse de cette exposition.
Pourquoi ?
Ce tableau est jalousement gardé par nos amis suédois. C’est la première fois qu’il sortira du musée de Stockholm, et la seule et unique aussi.
Alors, il vous est conseillé de passer de nombreuses minutes à le contempler, durant son arrêt à Paris avant son retour en Suède.
Précision supplémentaire
Tous les tableaux présents dans cette exposition possèdent des cadres d’époque. Le musée de Stockholm a pris soin de retrouver les ornementions d’origine. Impressionnant !
Portrait de Ferdinand 1er Gonzague
#OMG
Oui, c’est bien un des Rubens que recèle la collection Tessin qui est devant nos yeux. Car ce n’est pas le seul. Et chez USofParis on aime ce genre de surprise. Des traits fins, des notes manuscrites. Un plaisir pour les yeux.
La Collection Tessin d’Un Suédois à Paris nous propose bien des découvertes de ce genre. De quoi remplir de joie ou d’extase les yeux des aficionados d’art.
Toutes ces toiles et dessins sont à découvrir dans le nouvel espace dédié aux arts graphiques tout juste inauguré.
Et ce Suédois à Paris s’accapare même les deux lieux prévus dans la rotonde Sully.
Un espace si grand : pas mal pour un suédois disparu il y a plus de 300 ans…
Un Suédois à Paris, la collection Tessin
Expositiondu 20 octobre 2016 au 16 janvier 2017
Visites avec conférencier les mercredis à 19h et les samedis à 11h30 (à partir du 26/10, sur réservation)
Tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi
Nocturne jusqu’à 22h les mercredis et vendredis
Tout commence par des ombres chinoises qui nous narrent, dans un très joli décor, le début de l’histoire avec grâce et délicatesse. Puis, le chat (joué par la pétillante et radieuse Élisabeth Abt), pas encore botté, arrive sur scène ! Il va confier une mission de la plus haute importance aux enfants, très concentrés : ils doivent absolument l’aider à modifier la vie de son maitre, le plus jeune fils du meunier, pour qu’il puisse ainsi échapper au triste sort que lui réserve ce dernier.
Le malicieux chat botté va donc nous embarquer dans une succession d’aventures captivantes et interactives avec les enfants. Andréa, 7 ans, est complètement conquise ! Elle a réellement peur et crie de toutes ses forces pour avertir le chat botté de la présence non désirée de son maitre.
Les enfants participent avec ferveur quand il s’agit de trouver des idées pour aider ce drôle de petit matou. Ils chantent à tue-tête la chanson récurrente du spectacle et je n’y crois pas mes yeux quand Andréa, d’habitude réservée, se lève pour mimer la chorégraphie imaginée par la comédienne. Une réussite !
Le Chat Botté est un spectacle énergique, pétillant, joyeux qui mêle à la fois marionnettes, ombres chinoises, comédienne et chansonnettes. Les enfants sont captivés et rentrent dans la pièce sans hésitation. A la fin du spectacle, cerise sur le gâteau, ils peuvent même être photographiés avec le chat botté !
Spectacle principalement dédié aux enfants, je dois avouer que je suis sortie autant émerveillée et légère que ma petite fille. A voir absolument.
Le Chat Botté
Texte : Elisabeth Gentet-Ravasco Mise en scène : Sophie Balazard Avec : Laure Maloiselou Aline Barré et Elisabeth Abt Musiques : Sylvestre Balazard Chanson : Christian Ravasco Décor et Marionnettes : Lucie Lizen Ombres chinoises: Eliot Gentet Lumières : Vénus Debarge Production : La Compagnie Picrokole
La Manufacture des Abbesses
7, rue Véron
75018 Paris
Métro : Abbesses ou Blanche
Du 2 octobre au 7 décembre 2016
Les mercredis et les dimanches à 15h00
Représentations supplémentaires pendant les vacances scolaires les lundis et mardis à 15h00 soit les 24, 25, 31 octobre et 1er novembre 2016
Genre : Conte théâtral pour les enfants de 3 à 8 ans
Durée : 40 minutes
Ce qu’il y a d’étonnant avec le nouveau cirque c’est que l’on peut toujours être surpris par sa mise en forme et par les détours qu’il peut prendre. La preuve avec le Cirque Le Roux. A Bobino, le quatuor comble le public avec son spectacle The Elephant in the Room. Entre théâtre et performances scéniques, on rigole, on est attendri et on frissonne d’effroi mais aussi de surprise.
Automne 1937, au mariage de Miss Betty, le mari, l’amant et le majordome font irruption dans la pièce où celle-ci, était venue s’isoler. On sent de suite qu’il y a une ambiguïté avec la belle. Une histoire trouble va se dérouler devant nos yeux émerveillés et parfois interloqués.
Le Cirque Le Roux crée une fable, sous forme de comédie dramatique, qui se fonde sur les codes du cinéma du muet. Générique, dialogues entre personnages (pas très verbaux mais génialement bruités) et aussi la mise en scène : tout débute comme un film du siècle dernier. On y retrouve aussi ce comique de situation cher à Charlie Chaplin et Buster Keaton.
Spectacle en deux temps
Dans la première partie, très burlesque, les acrobaties restent bon enfant. Entre grandes glissades, petites cabrioles et quelques portées simples – mais tout de même osées – le spectacle semble mettre du temps à s’installer, à rentrer dans le vif. Toutefois, ces quelques minutes volontairement déstabilisantes mettent l’eau à la bouche.
Il faut donc attendre le deuxième acte de l’histoire pour totalement tomber dans l’univers et la poésie du Cirque Le Roux.
Le point de bascule : l’arrivée sur scène de nos quatre compères en habits de nuit, version années 30.
C’est la scène la plus complexe au niveau de la technicité, la plus chargée d’adrénaline et de frissons, de peur d’un ratage acrobatique. John Barick (Yannick Thomas), le colosse de l’équipe fait des prouesses dans les portées. Miss Betty (Lolita Costet) virevolte entre ses différents partenaires tel un fétu de paille. Angoisse et prouesses.
Deux scènes en forme d’apothéose
Pour autant, ce deuxième acte offre encore un autre changement d’univers visuel et narratif.
A la technique pure, on ajoute la poésie. Et c’est à ce moment que le spectacle offre sa première claque.
Le duo entre Monsieur Bonchon et Mister Chance (Grégory Arsenal et Philip Rosenberg) nous offre un duo magistral et sensuel. Des figures instables mais tenues pour des corps en totale harmonie. Un moment de pure magie scénique éclairé simplement par des lustres tombés du ciel.
L’autre moment d’apothéose : la scène finale. Sur une musique d’Ennio Morricone – à glacer le sang ou à pleurer d’émotion – toute la tension du spectacle explose en un superbe feu d’artifice de prouesses physiques et de jeux d’équilibre.
Le Cirque Le Roux arrive à jouer sur ce thème musical, ultra connu et ultra référencé, d’une telle manière que son art se sublime. Entre drame et volupté, émotion et envoutement. C’est intense et foudroyant.
Le temps de nous remettre de nos émotions, nous pénétrons dans les loges pour poser quelques questions à deux des membres de la troupe : Philip et Lolita.
C’est l’occasion d’en savoir plus sur les coulisses de ce spectacle, obtenir quelques anecdotes mais aussi faire un point sur leur carrière à Broadway.
Cirque Le Roux : Interview-selfie
USofParis : Philip, 3 adjectifs pour décrire ton partenaire Yannick ?
Philip : Attentionné, bon vivant et légèrement maladroit.
Lolita, 3 adjectifs pour décrire Grégory ?
Lolita : Énergétique, organisé et drôle, vraiment drôle.
Comment fait-on pour toujours prendre du plaisir à jouer un spectacle après un an et demi ?
Philip : Pour nous, surtout avec ce spectacle où il y a plein de couches, c’est l’intégration du jeu d’acteur avec le cirque qui est nouveau. Le cirque traditionnel où tu ne fais que des acrobaties, on en a déjà fait beaucoup. Il y a toujours le moment où te dis « oui je sais quoi faire ! », ça devient plus une routine.
Mais avec Elephant in the Room, ce qui est intéressant c’est l’échange avec le public et aussi entre nous sur scène. Ça change chaque jour au niveau des émotions, de nos humeurs. C’est vraiment une surprise chaque soir. Lolita : Et puis on change tout le temps. On revoie toujours des petits détails, il y a toujours des choses nouvelles. On a aussi des moments où l’on est libre de faire ce que l’on veut.
Il y en a un qui surprend l’autre car il est plus motivé ce soir-là, il fait des blagues aux autres…
Qu’est-ce qui a changé depuis la création ?
Lolita : Beaucoup de choses ! C’était très long au début. Il a fallu couper. Philip : Le spectacle durait 1h45 au début. On a fait une avant-première publique justement pour voir ce qui accrochait et ce qui accrochait moins. Et à partir de cette énorme base-là, on a réduit et réduit. Lolita : Mon solo du début a changé sept fois, à peu près. On a essayé différentes choses pour voir comment ça allait pour le public. Le fil conducteur, le poison, n’était pas présent au début, par exemple.
Philip et Lolita – Selfie exclu pour US of Paris
Un conseil, de votre metteuse en scène a-t-il été essentiel pour vous préparer à ce spectacle ?
Philip : De trouver le plaisir dans tout. D’abord, si tu trouves drôle ce que tu fais sur scène et que tes compagnons aussi, c’est sûr que ça va se transmettre au public.
Et elle disait aussi tout le temps : « Vous n’êtes pas des mimes ! Même si vous ne parlez pas, lâchez des sons, vivez sur scène!» Lolita : Quand on fait du cirque, on part toujours avec beaucoup d’énergie quand on rentre sur scène. On est hyper stressé, on est à bloc.
Et justement, Charlotte nous répétait de faire l’opposé. Pour commencer au théâtre, il faut, au contraire, être relax et prêt à tout recevoir.
Quand on a réussi, ça a changé considérablement. Maintenant, on pose le début, on peut incarner les personnages.
Et comment vous avez fait pour vous calmer ?
Lolita : C’est du psychique. Moi ça va. Mais Yannick, je sais qu’il fait encore le tigre en cage. Philip : Moi, c’est les cinq minutes juste avant de rentrer sur scène que je suis encore en train de penser à pleins de trucs, un peu crispé, stressé. Et j’ai l’impression que quand je rentre sur scène toute cette pression se relâche. Je suis plus détendu.
Comment prend-on soin du son corps lors d’une tournée et qu’on change de salle tous les soirs ?
Lolita : On est différent là-dessus. Philip : Moi je suis un peu plus tendu. Et pour être souple, il faut que je m’étire, que je m’étire, surtout le dos, avant le spectacle mais aussi après. Je trouve le bon équilibre comme ça. Lolita : Honnêtement, en tournée ce n’est pas toujours facile. Ici à Bobino, on a un échauffement avant le spectacle.
Essayer de me coucher pas trop tard pour me lever tôt et avoir une petit muscu tous les jours. Ne pas trop fumer. Si je me couche tard et qu’on fait des réunions : boire le moins possible d’alcool. Parce que les tournées c’est aussi : du monde qui vient nous voir, des réunions. Ce n’est pas forcément faire la fête mais c’est simplement discuter. Pour moi, c’est vraiment d’essayer de ne pas avoir trop de fatigue, d’avoir un moment de musculation et de stretching. Et bien manger ! Philip : Et un bon lit aussi ! Lolita : Un bon matelas c’est vrai. Les tournées avec un mauvais matelas, on a beaucoup de mal à s’en remettre. Philip : Le matin, quand tu sors comme un bloc, oh non !
Est-ce qu’il arrive que le corps soit ingrat, qu’à un moment il dise stop ?
Philip : Ça arrive vraiment très très rarement. Lolita : Mais ça arrive des fois. Alors c’est massage, douche chaude, ostéopathe. Et s’il y a des réunions, on ne les fait pas et on va directement se coucher.
Une anecdote sur scène : quelque chose d’inhabituel, de drôle, ou un ratage ?
Lolita : Dans la scène où je dois lui dire qu’il est ridicule, un soir Philip a écrasé le bout de ma chaussure. Du coup, mon pied est sorti de la chaussure, mais la sangle est restée autour de la cheville. Il a donc fallu que je fasse toute la scène où il prend mon soutien-gorge, le reprend et passe par la porte avec une chaussure en moins. Ça a donné quelque chose d’hyper drôle. Philip : J’en ai une un peu plus trash. On jouait à Salzbourg. Au moment où Grégory tombe de scène, le plateau de service. Au lieu de tomber à côté de lui, il a rebondit et il est arrivé sur son front et l’a coupé. Il est remonté sur scène sans s’en rendre compte, mais nous si. Lolita : Il saignait et avec la transpiration ça dégoulinait. Philip : Du coup, Lolita a dit « Bouchon, sort ! Dehors ! » Lolita : Et lui, il est resté dos au public, qui n’a rien vu du coup. Il a fait sa cascade. Une fois au sol il a tourné la tête de l’autre côté et j’ai pu le faire sortir. Philip : Après, il est quand même rentré avec un énorme pansement sur le front qui était bien dans son personnage.
Selfie exclu #UsofParis
Qui a eu l’idée de cette très scène assez érotique en clair obscur ?
Philip : En fait, ça a commencé avec les lampes. Après, on les a fait descendre et on a commencé à faire des acrobaties en-dessous. On avait déjà les photos dans les cadres derrière. A un moment Charlotte Saliou, la metteuse en scène, a dit « Allez, on va essayer de pousser ça. Bouchon, tu rentres avec un plateau de fruits de 3 mètres. On pousse ça plus dans la décadence » C’est parti de nous et c’est elle qui a vraiment transformé ça.
Et une anecdote avec un spectateur, des mots échangés après le spectacle qui ont pu vous toucher ?
Lolita : Dans un échange avec des enfants après un spectacle – et c’est pour moi la meilleure question qu’on m’ait posée – il y a un qui a dit « J’ai une question pour Miss Betty. J’aimerais savoir quel produit tu mets dans ta bouche pour pouvoir rire comme ça »
Quand j’ai dit « En fait, je ne mets rien du tout », j’ai vu que j’étais un avenger pour lui. Ça m’a vraiment fait rire.
Il y a aussi un papy à Salzbourg qui était là où on buvait un verre. Il nous a dit qu’il allait repartir à sa voiture sans sa cane tellement le spectacle l’avait bouleversé. Il a pleuré à la fin du spectacle. Et ce soir-là, j’ai vraiment pris conscience qu’on fait passer des sentiments et que ça peut changer quelque chose chez un spectateur. Ça m’a vraiment fait du bien.
La plus belle leçon que vous ayez apprise en vous produisant à Broadway ?
Philip : C’est de faire attention aux détails. Il y a une équipe de 200 personnes par spectacle mais chacune a vraiment un œil pour garder son boulot toujours aussi précis. Les accessoires, la musique, les déplacements sur scène. Tout est vraiment travaillé. Tout est pensé. Et du coup, quand on a décidé de faire ce spectacle, ça m’a un peu inspiré de dire « Est-ce qu’on a poussé ça assez loin ? Est-ce qu’on a pensé à chaque détail ? Est-ce que ce truc dans le décor est-ce que ça sert à quelque chose ? Pourquoi il est là ? » Lolita : Il y a plein d’autres choses, c’est tellement vaste Broadway. Mais c’est une des choses que j’ai retenue aussi. Philip : J’ai appris aussi : il faut toujours penser « Qu’est-ce qui est le mieux pour le spectacle ? » Même si tu as mis beaucoup d’argent, beaucoup de temps dans quelque chose, et même si tu as envie que ça marche mais que ça ne sert pas le spectacle : mets ton égo de côté pour faire ce qui est le mieux. On enlève, on ajoute, mais penser comme une personne extérieure. Lolita : Par exemple, dans le spectacle on devait avoir une armure.
Au lieu de sortir par le bureau, Miss Betty devait être cachée dedans et l’armure de marcher. On trouvait ça génial, et ça l’était. On a acheté une armure – très chère et avec notre argent – au début du spectacle et ça n’a jamais fonctionné. Philip : On a essayé de couper l’armure pour qu’elle rentre dedans. C’était un métal vraiment pas solide. Et quand on a commencé à couper, le métal partait morceau par morceau. Lolita : Notre argent partait en lambeaux et donc on s’est dit « Tant pis ! ».
The Elephant in the Room Cirque le Roux
Mise en scène : Charlotte Saliou
Avec : Lolita Costet, Yannick Thomas, Philip Rosenberg et Grégory Arsenal
C’est une petite exposition que nous proposons de découvrir. Avec Geste baroque,dans les Collections de Salzbourg, le Musée du Louvre accueille des pièces venues tout droit d’Autriche. Le Louvre n’est pas très riche en art baroque germanique. C’est donc l’occasion de voir ces créations qui résument l’histoire artistique d’une des villes les plus célèbres d’Autriche.
Retour à la fin du XVIe siècle. Salzbourg est en pleine transformation.
Sous l’impulsion de Wolf Dietirch, petit-fils des Médicis, la cité autrichienne va connaitre un profond bouleversement architectural.
Mais cette métamorphose touche bien évidemment tous les arts.
Avec l’exposition Geste baroque, le Musée du Louvre(en partenariat avec le Salzburg Museum) a voulu mettre sous les projecteurs des créateurs (peintres, sculpteurs, orfèvres, …) qui ont œuvré auprès des princes-archevêques de la ville. Ceux-ci sont, aujourd’hui, totalement inconnus.
Geste baroque : focus en 5 pièces
Parmi les dessins, sculptures, peintures, esquisses architecturales et pièces d’orfèvrerie, nous avons choisi cinq œuvres pour un avant-goût parfait à cette exposition.
Couvercle de sarcophage en forme de squelette
Prévue pour orner la sépulture d’un membre du conseil municipal, cette sculpture très expressive de Hans Conrad Asper accroche l’œil dès l’entrée dans l’exposition.
Massive et imposante mais finement ciselée, c’est une œuvre magnétique.
Allégorie du peintre
Ce n’est pas la plus grande pièce de l’exposition (en taille), mais c’est l’une des plus fines. Johann von Spillenberger illustre ici le destin de l’artiste confronté aux difficultés du quotidien : la femme ailée peinant à s’élever, maintenue au sol par des accessoires de créateur et par un sablier, symbole du temps qui court.
Finesse et profondeur des traits pour ce dessin en forme de parabole.
Maquette de colonne mariale
Initialement, cette colonne devait être érigée sur la place devant la cathédrale de Salzbourg. Mais elle est restée à l’état de projet.
Aucune information sur le pourquoi de la non réalisation.
On perçoit dans le travail de Johann Lucas von Hildebrandt une forme de légèreté, malgré le côté massif de la statue de la vierge surplombant le monument. A noter que, sur cette maquette en bois, les figurines du socle étaient bronzées à l’origine.
Ostensoir de Ferdinand Sigmund Amende
Rubis, diamants, saphirs, émeraudes, améthystes, olivines et bien sûr or coulée ! Cette création d’Amende est certes la plus clinquante de cette exposition mais c’est aussi la plus ancienne des œuvres connues de l’artiste.
Tape à l’œil et finement ciselée, un vrai bijou dans cette collection.
Christ de douleur
Comme souvent, l’art baroque est largement empreint de religion.
Cette statue en bois sculpté est représentative du travail de Johann Meinrad Guggenbichler – reconnu comme l’un des sculpteurs les plus talentueux de la région de Salzbourg. Les personnages qu’il met en scène ont toujours une attitude dansante, des couleurs très présentes et un fort élan religieux.
Autour du geste baroque :
Pour rendre hommage au plus célèbre Salzbourgeois, une programmation Mozart est à découvrir à l’auditorium du Musée du Louvre durant l’exposition.
Après cet amuse-bouche, à votre tour maintenant choisir votre TOP 5 parmi toutes les pièces exposées dans les deux salles qui composent l’exposition Le geste baroque.
Geste baroque, dans les collections de Salzbourg
Expositiondu 20 octobre 2016 au 16 janvier 2017
Visites avec conférencier les 29 octobre et 26 novembre à 11h30
Tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi.
Nocturne jusqu’à 22h les mercredis et vendredis
L’Éveil du chameau au Théâtre de l’Atelier : drôle de rencontre entre un responsable d’ONG et une mère de famille dévouée aux espaces verts de Paris. Un face-à-face vibrant entre Barbara Schulz et Pascal Elbé autour d’un enfant qui n’est pas le leur.
Oh Barbara !
Le rôle est taillé pour elle. Les apartés en entrée de scènes, face au public, sont des petits instants en suspension qui nous font aimer son personnage dès les toutes premières minutes de la pièce. Barbara Schulz rayonne littéralement, tout simplement.
Elle incarne une mère déterminée, qui n’a qu’une chose en tête : le bonheur de sa fille. Maryse va pourtant se laisser déstabiliser par un homme plus retord qu’il n’y paraît.
Les dialogues sont savoureux, fins, sans filtre. L’évolution des rapports est tout en délicatesse. Et les pointes d’humour sont nombreuses tout au long du récit.
Tout les oppose
On est pris par ce jeu de contrastes de vies, de personnalités, de regards sur le monde et sur les liens humains.
L’auteure, Murielle Magellan, fixe devant nous la trajectoire de deux forces vivent que tout oppose, avec une réelle justesse. Dès les premières minutes, notre curiosité est accrue et ne perd pas en intensité.
Pourtant douée dans la catégorie pot de colle, Maryse est touchante. L’intransigeance de Mickaël pourrait fatiguer à la longue mais elle est plus subtile qu’elle n’y parait.
Un jeu d’attraction va finalement débuter. Attendrissant !
Seul bémol : la voix trop grave de Pascal Elbé qui transpire au bout du compte la caricature du “mâle” et qui perd en nuance de jeu.
L’Éveil du chameau : c’est une histoire tendre, un trio efficace et d’une réelle profondeur. Des échanges cocasses. Quelques parts de pizza sur une table basse totalement improbable. Un questionnement essentiel sur les liens du sang.
L’Éveil du chameau
de Murielle MAGELLAN
mise en scène de Anouche SETBON
avec Barbara SCHULZ, Pascal ELBÉ et Valérie DECOBERT
La folie de Salvador Dali a influencé la créativité et le trait de l’impossible Joann Sfar. Le dessinateur, auteur du Chat du Rabbin et d’une œuvre déjà monumentale, s’est laissé séduire par une proposition alléchante : se frotter à l’artiste espagnol en plein cœur de Montmartre.
L‘Espace Dali Paris ouvre son espace à un dialogue 100% original, surréaliste et addictif.
Dali ressuscité
Joann Sfar a été marqué par l’exceptionnelle œuvre de Dali dès sa plus tendre adolescence. Dali c’est un champ entier de possibles, une expérience sans fin, des digressions à n’en plus finir, un génie de la déraison, un parc d’attraction à lui tout seul.
Sfar et Dali ont en commun d’être des grands raconteurs d’histoires et d’eux-mêmes. Leur union ne pouvait qu’être délicieusement psychédélique.
Dessin original de Joann Sfar
Après avoir rendu hommage au peintre Pierre Bonnard, il était légitime que Sfar – créateur infatigable, capable de travailler en même temps aussi bien sur des BD, un journal intime en dessins qu’un scénario de film – se penche sur le cas du génie à moustache.
Beaucoup des aspects de l’œuvre de Dali ont passionné le dessinateur comme ses liens avec le corps, les muses, la religion…
Sauver le monde
L’idée brillante de Joann Sfar est de faire que son héros, Seabearstein, n’est d’autre choix que de ressusciter Dali pour sauver le monde. Le Catalan aurait, sans nul doute, été enthousiaste face à cette proposition surréaliste à souhait.
Pour ce récit, certaines de plus belles créations de l’artiste espagnol trouvent ainsi une seconde jeunesse, cette fois en noir et blanc. L’hallucination est proche, le délire créatif est en marche.
Joann Sfar, dessin original hommage au Labyrinthe de Salvador Dali
Les muses de Sfar
Comme Dali, Joann Sfar est un brillant croqueur de femmes, en dessins. Pour cet épisode inédit de la vie du génie espagnol, les muses retrouvent ainsi vie à travers de nouvelles, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait d’autres. Elles s’appellent Dana Fiona Armour, Louise Lacoste, côté blondes incendiaires et Gaelle et Lauriane Call, côté brunes sisters.
Les corps sont vibrants, d’autant plus quand ces femmes revêtent des robes d’Elsa Schiaparelli – clin d’œil de Sfar à la collaboration entre la créatrice de mode et Dali.
Les + :
– la scénographie qui offre des gros plans de certaines planches, en dialogue avec les œuvres de Dali et les dessins originaux de Sfar
– une bande sonore originale de plus d’une heure composée par Oliver Daviaud pour accompagner la visite
– la présentation de pièces rares, sorties des réserves de l’Espace Dali Paris, comme la sculpture du Torero Hallucinogène à ne pas manquer
– les ateliers et visites pour le jeune public
Le Torero hallucinogène
Sfar / Dali, c’est un dialogue sensationnel entre deux artistes réunis dans un espace-temps surréaliste, un génie ressuscité, la bouche de Mae West qui retrouve enfin un regard, une aventure totalement psychédélique avec champignons hallucinogènes et muses plus vraies que natures.
Joann Sfar / Salvador Dali, une seconde avant l’éveil exposition
Le Grand Palais nous envoie à plus de 9 000 kilomètres pour une plongée saisissante dans les grandes œuvres mexicaines du XXe siècle. Saisissant ensemble chargé de couleurs, de visages, de paysages connus et inconnus, de toiles cultes comme de plus méconnus travaux ; des sculptures miniatures font face à des toiles démesurées. L’exposition Mexique (1900 – 1950) en 5 chefs-d’œuvre c’est ici !
Frida Kahlo, Les deux Frida, 1939
Frida Kahlo en majesté
C’est le souffle coupé que l’on arrive devant les toiles de Frida Kahlo. Non à cause du grand escalier qui nous mène au premier étage des Galeries nationales mais bien la simple vision de cet ensemble. Les deux Frida (1939) nous fait (font) face avec gravité, intensité. Captivant tout simplement. Difficile de se décrocher de ce double regard.
D’autres toiles de l’artiste à l’aura international entourent cette pièce maitresse, des toiles au format plus confidentiel mais tout autant attachantes. Dont le très bel Autoportrait aux cheveux coupés de 1940 en provenance directe du Museum of Modern Art de New York, réalisé après sa rupture avec son mentor Diego Rivera.
Un autre autoportrait, à quelques pas de là, intrigue tout autant. Il s’agit de celui de Rosa Rolanda. Cette toile est d’une modernité folle dans la composition et la pose de l’artiste. Ca a un goût de “strike a pose!” à la Madonna. Il pourrait s’agir aussi d’une blogueuse prise dans un tourbillon infernal, un selfie couvert d’associations troublantes et riches. Ce portait date pourtant de 1952.
Rosa Rolanda, autoportrait, 1952
Diego Rivera, le maître
Un nom majeur qui a permis à l’art mexicain de réveiller le monde, de s’émanciper et aussi d’oser est largement représenté dans cette exposition. Diego Riviera se dévoile à travers des grands formats commeLa Rivière Juchitan(1953-1955) et d’autres toiles qui célèbrent le peuple mexicain.
La vendeuse d’arums, révèle l’affection de l’artiste pour cette fleur d’origine africaine et figure récurrente dans son œuvre. La toile est délicate et bouillonnante de couleurs.
Diego Rivera, Vendeuse d’arums, 1942
Plus rare mais tout aussi intéressante, l’expérience cubiste de Rivera qui ouvre l’exposition au Grand Palais. Un clin d’œil parfait à la ville qui accueille l’exposition et qui est l’objet de plusieurs toiles de ce parcours. La vue derrière Adolfo Best Maugard est bien Paris.
Diego Rivera, Portrait d’Adolfo Best Maugard, 1913
Mexique au Grand Palais :
c’est un voyage aux mille influences, une immersion dans un ensemble foisonnant, palpitant, insensé aussi.
C’est un patchwork dense qui pourrait donner le tournis.
C’est à la fois du cubisme, du surréalisme, du naturalisme ou de l’abstrait.
C’est aussi et surtout des pièces phares très rares sur le sol français.
Juan Cruz Reyes, Tête, vers 1950
Mexique (1900-1950) Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes
Exposition Grand Palais, Galeries nationales, Paris
jusqu’au 23 janvier 2017
Horaires :
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h
nocturne jusqu’à 22h le mercredi
Fermetures anticipées à 18h les samedis 24 et 31 décembre
Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.
Le thème de ce mois choisi par Sinuaisons est : Le silence.
Une image forte est revenue à l’évocation du silence. Aucun mot n’est sorti quand le Palais des Papes a pris l’eau lors des Luminessences d’Avignon. Un spectacle fait de projections à 360 degrés dans la cour intérieure. Bluffant !
Si vous souhaitez rejoindre la communauté de la Photo du mois, rendez-vous sur la page FB du groupe, si ce n’est pas déjà fait.