Archives par mot-clé : musee

Musée Soulages à Rodez : émerveillement artistique et architectural

Visiter le Musée Soulages à Rodez est plus que jamais indispensable. Pierre Soulages, illustre peintre du noir, artiste célébré à travers le monde, va fêter ses 100 ans le 24 décembre prochain.
2019 est donc une année de célébration avec une série d’expositions et d’événements.
Visite de cet écrin unique à la collection subjuguante.

Musée Soulages

Pierre Soulages, source inépuisable d’étonnements

Mon attachement à l’œuvre de Pierre Soulages date de mes années fac. Je demande conseil à un de mes profs sur le sujet du noir. Il me lance sans hésiter un nom : Soulages. Je file chercher des livres. C’est intrigant, je m’initie à cette lumière qui émerge de surfaces peintes en noir.
Ma curiosité est aiguisée et ne fera qu’augmenter au fil des années.
L’artiste, j’ai pu le rencontrer à la Cité de l’Architecture alors que son musée n’était encore qu’une maquette. Il m’avait parlé de Conques, de ses inspirations et de rugby – sport qu’il a pratiqué et qu’il affectionne toujours autant.
Ce prof de fac qui m’avait initié à l’art subtil de cet illustre peintre, je l’ai retrouvé près de 20 ans plus tard à la terrasse d’un restaurant à Rodez. Comme moi, il était en pèlerinage Soulages. Ça ne s’invente pas !

Musée SoulagesMusée Soulages

Musée Soulages, le plus beau des écrins

La visite du Musée Soulages était donc une évidence. Une figure imposée, même si j’ai mis du temps à prendre la route pour Rodez.
L’expérience est intense aussi bien en matière d’architecture que dans la qualité des œuvres présentées. Le parcours fait entrer dans la création pure, avec des confrontations sublimes entre lumière du jour et grands formats. Les aspérités des murs de métal viennent ainsi exciter l’œil, créer un dialogue subtil avec la peinture.

Musée Soulages

Musée Soulages
L’œuvre gravée a aussi une large place dans ce musée. Et réserve de très belles pièces : lithographies, eaux fortes, sérigraphies…
Des pièces qui étaient encore accessibles pour des passionnés pas forcément fortunés, il y a encore une dizaines d’années. A l’approche du centenaire, ces pièces réalisées avec grand soin et signées par l’artiste sont très recherchées.

Musée Soulages

L’abbatiale de Conques a droit à une salle entière et une pleine hauteur pour comprendre le processus de création de ses vitraux.
Pierre Soulages aura multiplié les techniques et essais pour trouver le verre parfait qui sublimera ce monument aveyronnais.
Le résultat est à apprécier aussi bien de jour, à tout moment – car le soleil adore jouer avec – que de nuit. Les nocturnes permettent une proximité avec les vitraux. Forcément magnétique !

Musée SoulagesMusée Soulages

Musée Soulages Rodez

Jardin du Foirail
Avenue Victor Hugo
12 000 Rodez

Exposition Yves Klein, des cris bleus…
jusqu’au 3 novembre 2019

et au Musée Fenaille
exposition Pierre Soulages, un musée imaginaire
jusqu’au 10 novembre 2019

Musée Soulages

Share

Mystères aux Tuileries : le surprenant adventure game du Musée du Louvre !

Situé en plein cœur de Paris, le jardin des Tuileries est l’endroit idéal pour qui désire se relaxer le temps d’une pause. Souvent traversé à la hâte, mais rarement observé dans le détail, que savons-nous de ce jardin maintes fois foulé pour rejoindre l’Étoile ?
Tout l’été, le Musée du Louvre, en partenariat avec GameScape, nous offre un jeu stimulant totalement gratuit pour (re)découvrir un décor aux mille secrets. Nous avons adoré !

Mystères aux Tuileries : La mission

Un archiviste du Louvre a retrouvé par hasard les plans d’énigmatiques colonnes érigées par André Le Nôtre, jardinier du Roi, peu de temps avant sa mort. Elles détiendraient le secret pouvant mener à un trésor jusqu’ici bien conservé…
Mais pour permettre à ces colonnes de s’ouvrir, il nous faut trouver un mot de passe…

mystères aux tuileries

Ainsi, comme seules pistes, nous avons un objet insolite, une lettre au contenu nébuleux, des plans d’époque et un décodeur d’un autre temps.

C’est parti !

mystères aux tuileries

Des surprises à foison

Nous commençons alors à sillonner le jardin à la recherche d’indices en rapport avec le peu que nous avons. De ce fait, nous l’observons bien plus attentivement et nous sommes surpris par tout ce que nous voyons. Les bassins, forcément, mais aussi les nombreuses statues et d’autres choses bien plus inattendues !

mystères aux tuileries

Des œuvres d’art contemporain sont disséminées un peu partout, à côté d’aires de jeux pour enfants, de divers kiosques et même de trampolines ! (D’ailleurs, nous les avons testés au cours de la mission mais, chut, ça reste entre nous…).

Autre curiosité : saviez-vous que Charles Perrault avait une statue en son honneur dans un des bosquets ?

La végétation est également surprenante… Ici, se dresse un jardin à la française étriqué tandis qu’à côté profite une petite jungle luxuriante, quasiment sauvage !

mystères aux tuileries

Le déroulement des énigmes

Le jeu est vraiment bien conçu et totalement adapté à l’endroit. Pour réussir, il faut, bien sûr, faire preuve d’une bonne observation, de pas mal de réflexion et d’un esprit logique.

Mais si vous êtes bloqués, pas de panique ! Vous avez deux indices à déchiffrer pour avancer. Et si vous n’y arrivez toujours pas, de nombreuses personnes du Louvre sillonnent le parc pour vous aiguiller. Ainsi, que vous soyez un joueur habitué ou novice, vous trouverez votre plaisir.

mystères aux tuileries

Nous avons particulièrement apprécié la qualité des supports ! Les parchemins, les visuels ou le souci du détail, tout est vraiment là pour rentrer dans l’histoire. Et ce n’est tout de même pas gagné lorsque le jeu se fait en plein air !

Au final, la seule chose nous ayant perturbé est une touriste américaine au goût vestimentaire incertain hurlant en voyant mon canotier : «Oh ! It’s so cute, it’s so French !!»... Ahem…

mystères aux tuileries

USofParis a particulièrement aimé :

  • Les supports !
  • Être en extérieur avec ce temps.
  • Se poser tranquillement sur les fauteuils verts pour réfléchir aux énigmes.
  • Discuter avec les passants intrigués autour de nous.
  • Pouvoir aller à notre rythme et du coup profiter du jardin en même temps. Notre équipe a mis environ deux heures.
  • Découvrir le lieu avec attention.
  • Pouvoir utiliser au moins une fois dans nos vies le théorème de Pythagore !
  • L’investissement du personnel du Louvre, pourtant peu habitué à ce genre d’expérience.

Lorsque vous arrivez enfin à découvrir le mot mystère, une véritable surprise vous attend ! Et si finalement l’aventure ne faisait que commencer ?… 😉

by Jean-Philippe

Mystères aux Tuileries

Du 6 juillet au 25 août 2019 au jardin des Tuileries.

Tous les jours de 11h à 17h.

Sessions nocturnes jusqu’à 20h les mercredis et vendredis, et les samedis 6 juillet et 3 août 2019.

Jeu gratuit, conseillé par équipes de 2 à 4 dès 12 ans.

Réservations : mysteres-aux-tuileries-l-adventure-game-du-louvre

Share

La Rose du Louvre, délicate rencontre entre Othoniel et Rubens

Qu’il est bon de stimuler un esprit créatif déjà foisonnant ! Afin de célébrer les trente ans de la Pyramide, le Musée du Louvre a laissé libre cours à Jean-Michel Othoniel pour une création originale : La Rose du Louvre.

Outre l’attrait artistique de cette installation composée de six peintures inédites, c’est tout le processus menant à sa création qui nous a saisis. En effet, chaque œuvre possède en elle un point de départ, une histoire et des anecdotes… C’est cette âme insufflée par l’artiste qui en donne tout le caractère, la beauté et la pérennité. Alors, prêts à partir à la rencontre de La Rose du Louvre ? 😉 

Othoniel

Un voyage dans le temps 

Lorsque Jean-Michel Othoniel évoque ses souvenirs, il se métamorphose. Son visage s’illumine, ses yeux pétillent et son sourire devient malicieux. Il évoque son enfance marquée par la nature à observer les végétaux et composer des herbiers. Mais également son job d’étudiant comme gardien au Musée du Louvre.

«Dans l’ancien musée, celui d’avant la Pyramide ! Nous changions de salles tout le temps. J’étais un piètre gardien d’ailleurs… Je passais plus de temps à observer les œuvres autour de moi plutôt que le public ! Revenir ici n’est pas sans émotion…»

Othoniel

Lorsque le Louvre le contacte pour les trente ans de la Pyramide, l’artiste appréhende le musée d’un œil nouveau en quête d’inspiration.

«Je me suis intéressé à la symbolique des fleurs dans la peinture. Elles transmettent des choses et amènent du sens. C’est un peu comme la 3D dans les films ! Puis elles sont populaires, universelles et peuvent même être des emblèmes comme avec la révolution des œillets ou celle du jasmin.»Othoniel

Toutes ces recherches font d’ailleurs l’objet d’un recueil atypique que nous vous recommandons : «L’herbier merveilleux».

 

L’emplacement idéal

En déambulant à la recherche de sa muse, Jean-Michel Othoniel remarque un détail du tableau de Rubens «Le mariage de Marie de Médicis et d’Henri IV». Au pied des mariés gît une rose, délicate, subtile et furtive, tel un pinceau essuyé sur la toile.

Othoniel

«C’est la reine des fleurs, elle inaugure l’histoire à venir ! C’est exactement ce qu’il fallait pour le Louvre !»

S’ensuit alors la réalisation de six tableaux à l’encre sur feuilles d’or, représentant chacun une variation de cette rose de Rubens.

Quant au choix de l’endroit, la cour Puget s’est assez naturellement imposée. Effectivement, six tableaux pour les six niches vides entourées d’anciennes statues venues du Château de Versailles, représentant les différentes saisons. La Rose du Louvre ne pouvait que s’y épanouir !

Othoniel
Selfie original pour USofParis

En quittant le musée, j’en profite pour faire un détour par le Kiosque des Noctambules. Même artiste mais autre œuvre, autre époque, autre style et donc autre histoire. Alors, je m’arrête un instant, j’observe et j’imagine. Amusé, je me rends compte que j’arbore un petit sourire à la Jean-Michel Othoniel. 🙂

by Jean-Philippe

Jean-Michel Othoniel au Louvre
La Rose du Louvre

Jusqu’au 24 février 2020

Cour Puget

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

À découvrir également le livre :
L’herbier Merveilleux de Jean-Michel Othoniel
Coédition Musée du Louvre éditions / Actes Sud

Share

Picasso et la guerre : expo inspirante & masterclass d’Alain Passard

Picasso a traversé le XXe siècle, vécu toutes ses crises. Le Musée de l’Armée propose une exposition chronologique autour du peintre : Picasso et la guerre.
Mais aussi des ateliers dont des masterclass avec Alain Passard.
Lors de celles-ci, le chef étoilé remet au goût du jour des recettes de la seconde guerre mondiale. Des plats simples, répondant à une dure réalité : la restriction alimentaire.

Nous avons assisté à la toute première rencontre gustative. 

L’exposition Picasso et la guerre regroupe 330 pièces avec 1/3 d’œuvres du maitre espagnol, 1/3 d’archives et 1/3 d’objets historiques (livres, photos, articles, costumes…)
Le foisonnement de cette rétrospective est, il faut l’avouer quelque peu dense mais tout à fait instructive.

Picasso et la guerre

Avant de poursuivre, il nous faut marquer un arrêt devant un livre exposé, celui qui a convaincu Alain Passard de répondre à l’invitation du Musée de l’Armée : Cuisine et restrictions d’Édouard de Pomiane.
Écrit en 1940, il avait pour but de partager toutes les astuces pour concevoir des plats avec ce que l’on trouvait en temps de guerre, en période de rudes restrictions.

Picasso et la guerre

J’imagine la période très douloureuse. On devait se régaler avec des choses simples.

Alain Passard : une générosité presque lyrique

Nous rencontrons Alain Passard dans le salon d’honneur du Musée de l’Armée.
Une copie du livre de Pomiane en main, le chef vente les vertus, comme d’autres chefs, de la cuisine de saison.

Picasso et la guerre

C’est ce que nous faisons : avoir le respect des saisons, de la nature.
La nature a écrit le plus beau livre de cuisine ! Avant en hiver, on se réchauffait avec une soupe de panais, une soupe de céleri et, en été, on s’hydratait avec les tomates, les melons, les courgettes.
Préservons cette poésie magnifique que la nature a écrite.”

A l’évocation de la guerre, on sent le chef vraiment ému à l’évocation de ces hommes et ces femmes qui se sont battus contre l’occupant. Certainement le souvenir de son grand-père qui a reçu la croix de guerre.

Côté cuisine, ce mardi, le topinambour est à l’honneur.
A l’époque, on disait que le topinambour n’était pas très gustatif. Mais il était destiné aux animaux. Aujourd’hui, on a recréé des variétés comme le fuseau qui a des saveurs proches de l’artichaut.
Aidé par son assistante Marion, nous goûtons deux variations : vinaigrette de guerre et sauce rémoulade.

Picasso et la guerre

Les recettes d’Édouard de Pomiane ont été revisitées. Point de fécule pour remplacer la mayonnaise dans la rémoulade. Mais toujours des produits simples comme une huile de tournesol choisie pour la neutralité de son goût.
L’apport d’Alain Passard : les herbes qui assaisonnent ce plat. Oseille sauvage (au peps acidulé), mourons des oiseaux (ce  n’est que de la chlorophylle en bouche) et l’ortie (blanchie pour supprimer son côté urticant).
Et la saveur du topinambour en ressort transcendé.

Picasso et la guerre
Les herbes du jardin d’Alain Passard

A la sortie de cette masterclass, on est conquis par l’amour des produits que nous transmet Alain Passard. Comme par la bienveillance qu’il dégage. Et par la réelle émotion de son étreinte avec son assistante.
On regrettera simplement un accès un peu prohibitif pour ce rendez-vous si unique.

Picasso et la guerre : l’exposition

Cette masterclass est un des rendez-vous qui accompagne l’exposition.
Un parcourt qui permet de replacer l’œuvre de Picasso dans son contexte historique. Et c’est plutôt rare.

Picasso et la guerre
Café à Royan

Pour approfondir notre connaissance de l’artiste, cette exposition est un rouage essentiel : ses rapports avec Apollinaire ou Derain, ses tourments de création, son rapport à la guerre et  aussi son engagement de toute une vie contre celle-ci.

Picasso et la guerre
L’enfant d’Oradour et  Aragon à la commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane, en 1949

Aux côtés des coupures de journaux, on découvre des magnifiques œuvres. Et on en retrouve aussi des pièces connues. On se surprend encore à tomber sur des styles inconnus de Picasso comme une influence moyenâgeuse.

Picasso et la guerre
Massacre en Corée

Et le maître espagnol nous ébahit toujours autant par ses dessins au crayon. Il maîtrisait tous les supports et toutes les formes d’art. De vrais chefs-d’œuvre.

Picasso et la guerre
Soldat espagnol et autres croquis
Picasso et la guerre
Lettre à Guillaume Apollinaire
Picasso et la guerre
Autoportrait de Pablo Picasso


Picasso et la guerre
offre au visiteur une plongée dans le foisonnement créatif de l’artiste. Dense mais superbe Picasso !

Picasso et la guerre

Exposition Picasso et la guerre

au Musée de l’armée
Hôtel national des Invalides
129, rue de Grenelle
75007 Paris

jusqu’au 28 juillet 2019
Tous les jours de 10h à 18h, nocturne les mardis jusqu’à 21h
Fermeture  les 26 & 27 avril et le 1er mai

Masterclass d’Alain Passard
les mardis 14 mai, 4 juin et 2 juillet à 18h30
55€  et 45€ pour les moins de 26 ans
(billet pour l’exposition inclus, en nocturne jusque 21h)

Share

Les Nabis et le décor au Musée du Luxembourg : envoûtantes créations

Une première à Paris, l’art décoratif des artistes Nabis est  enfin célébré ! Le Musée du Luxembourg dévoile des pièces rares et un courant artistique qui semble plus discret que d’autres sur leurs cimaises des musées mais qui mérite notre pleine curiosité.
L’exposition Les Nabis et le décor nous entraine dans un parcours fait de travaux de commande pour des intérieurs, des hôtels particuliers, donc à l’abri de très nombreux regards à l’époque. 

Focus sur 4 œuvres incontournables qui nous ont frappé l’œil avec délicatesse et joie.

Les nabis et le décor Les Nabis et le décor
Arabesque poétique de Maurice Denis
Tout d’abord, quatre grâces en contre-plongée, comme extraites d’un songe, nous interpellent. Exposées sur un mur pour une meilleure observation, elles étaient destinées à l’origine à orner le plafond d’une salle à manger particulière.
Cette toile de Maurice Denis est baptisée Arabesque poétique et aussi L’échelle dans le feuillage.
Et trouble : un modèle unique a servi pour ces quatre féminines, Marthe, la fiancée de l’artiste.

Les nabis et le décor

Femmes à la source de Paul Sérusier

L’illusion de mouvement de ces femmes porteuses d’eau, leur reflet, font de cette composition une œuvre hypnotique. La lumière intense du soleil qui berce la scène impose de ralentir notre visite pour admirer cette toile de Paul Sérusier.

Les Nabis et le décor

Les Nabis et le décor

La Légende de saint Hubert de Maurice Denis 

Plusieurs panneaux composent cette légende de saint Hubert. Le plus frappant est sans doute Le Miracle. Une scène qui magnétise littéralement par le mouvement du cheval, l’imploration du saint et l’intensité lumineuse de cette apparition.
Une composition extrêmement forte sur un panneau au format imposant.

Les Nabis et le décor

Les Canards de Paul Ranson 

Ce qui frappe c’est le fait qu’un projet de papier peint soit devenu une œuvre d’art à part entière. Et qu’il s’admire désormais encadré et sous verre pour sa qualité de conservation.
Avouons que ces canards sont irrésistibles. L’idée de les adopter ne nous aurait pas déplu ! 😉

L’exposition Les Nabis et le décor regorge de belles découvertes et de grands formats qui vous transporteront dans un autre temps, celui du raffinement pictural des intérieurs français.

Exposition Les Nabis et le décor
Bonnard, Vuillard, Maurice Denis

jusqu’au 30 juin 2019

au Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard
75006 PARIS

Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h
nocturne le lundi jusqu’à 22h

fermé le 1er mai

Share

Mircea Cantor au Musée de la Chasse – l’art roumain foisonnant

Le Musée de la Chasse et de la Nature aime bousculer les codes de l’art contemporain. Avec l’exposition Vânătorul de imagini de Mircea Cantor l’étonnement est total.
Œuvres en tissu, dessins, vidéos et sculpture en verre : aucune corde ne manque à l’art de l’artiste roumain.
En plus, il a voulu mettre en avant certains de ses pairs contemporains. Et l’on découvre alors que la Roumanie est un vivier de talents, à travers tous les supports.

Voici nos coups de cœur piochés dans le parcours dédié à Mircea Cantor, des costumes traditionnels exposés et des artistes roumains en quelques œuvres. 

Mircea Cantor en 3 œuvres

L’art de Mircea Cantor est axé essentiellement sur la chute de la dictature roumaine,  en 1989, et aussi de l’apparition de la démocratie.

Hidden meridians over a disrupt landscape
Dans cette œuvre, il utilise une tenue de militaire US  décousue puis recousue pour former ce carré.

Mircea Cantor

La corde brodée sur l’ensemble évoque un souvenir d’enfance. Les poutres dans les maisons étaient traditionnellement taillées en forme de corde pour convoquer la force, la résistance.
Derrière, sur le mur, une peinture faite à base de vin rouge. Réalisée sur place, au Musée de la Chasse et de la Nature, elle a grandement évolué avec le temps, passant du rouge tannique au gris, puis à cette teinte ocre par oxydation naturelle.

Aquilat non capit muscas
Rare sont les vidéos d’art qui nous semblent pertinentes.
Ici, après des mois de négociations avec deux pays, il  capte l’entrainement de rapaces à l’interception de drones : l’une des plus grande menace actuelle pour la sécurité intérieure de nos pays.

Mircea Cantor

Cette captation a servi de base à une version dessinée à l’encre de chine. Des croquis qui captent la force des rapaces.

Mircea Cantor

Breat Separator
Cette frontière de verre est le symbole de l’envahissement consumériste qu’a subi la Roumanie après la chute du régime dictatorial.

Mircea Cantor

Mircea Cantor voit d’un mauvais œil l’arrivée des grands groupes industriels qui déstabilisent la société. Et c’est avec son pouce qu’il crée ce motif de barbelés symbolique dans son travail.

Colinde : les fêtes de l’ours

C’est aussi le marqueur de cette exposition : le folklore roumain à travers les fêtes de fin d’année.
Entre Noël et le jour de l’an, dans les villes, les Roumains organisent des défilés avec les costumes les plus laids possibles.
Arpentant les rues en faisant un maximum de bruit, ils font ainsi fuir les mauvais esprits.Mircea Cantor

Ces masques de chèvres, vieillards, ours et autres figures effrayantes, sont le reflet de cette période de fêtes.
Le musée de paysan roumain a réussi à recueillir ces masques qui sont normalement brûlés à la fin des Colinde.

Le Musée de la Chasse et de la Nature expose aussi beaucoup d’autres costumes traditionnellement portés pour cette fête païenne : diable et chevaux sur roulettes. Certains costumes sont en vraie peau de bête se transmettent de père en fils ou en fille.

Mircea Cantor

Mircea Cantor

Les artistes contemporains roumains

A l’opposé de Mircea Cantor, la scène contemporaine roumaine est plutôt figurative. Comme si elle voulait s’émanciper de son passé.

Dans cet univers de création, Radu Oreain est l’un de nos coups de cœur.

Mircea Cantor Mircea Cantor

Ses dessins sont vifs. Hunting Archive et ses traits foisonnants pourraient le rapprocher d’un Jérôme Bosch moderne. On pourrait passer des heures à chercher les détails dans ses créations.

A l’opposé, on aime la naïveté de Serban Savu.

Mircea Cantor

Ces chasseurs dans la neige sont empreints d’une vérité proche des impressionnistes du XIXe siècle. On ressent la quiétude de la scène, et une certaine misère sociale aussi.

Et pour finir ce tour d’horizon des artistes contemporains roumains, il ne faut pas oublier Cornel Brudașcu. Un maître roumain.

Mircea Cantor

Dans ce tableau on ressent toute l’énergie créatrice d’un pays qui est encore en devenir.
En off, ce tableau est aussi un hommage à Mircea Cantor, mais on vous laisse  chercher pourquoi. 😉

Mircea Cantor
Remus et Romulus – Mircea Cantor

Exposition Mircea Cantor : Vânătorul de imagini

Jusqu’au 31 mars 2019

du mardi au dimanche de de 11h à 18h
le mercredi jusqu’à 21h30

au Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
75003 Paris

Share

Un rêve d’Italie – Collection Campana : l’ambition d’un homme passionné

Faut-il nécessairement choisir entre rêve et vie ? Au final, l’un et l’autre ne restent qu’une question de désir… Un rêve d’Italie au Musée du Louvre présente celui du Marquis Campana. Un homme dont la passion dévorante lui a permis de constituer une des plus importantes collections privées du XIXème siècle.
Dispersée aujourd’hui, cette collection a servi à étoffer de nombreux musées dont celui du Louvre ou de l’Ermitage de Saint-Saint-Pétersbourg. Comme un hommage, ils s’associent afin de nous livrer un rare et magnifique aperçu d’un héritage sans égal.

Collection CampanaCollection Campana

La volonté d’un homme

Le marquis Giampetro Campana a eu la chance de vivre dans une période de pleine effervescence, propice aux explorations archéologiques. Il est totalement fasciné par l’aspect pédagogique mais également par la mémoire intrinsèque de ces découvertes. C’est pourquoi il sillonne très tôt l’Italie afin de rassembler des œuvres en tout genre. Son désir est d’offrir une vision globale de l’art italien.

Il s’agit pour lui d’un vaste projet culturel mais également politique. En effet, dans une nation encore divisée, il cherche à unir ses habitants grâce au génie de leur patrimoine riche et foisonnant. Il finance alors ses propres fouilles archéologiques mais ce n’est pas suffisant. Profitant de son poste de directeur du mont-de-piété à Rome, il agrandit assez rapidement sa collection, de façon plus ou moins légale…

Attisant les jalousies, le marquis est arrêté et emprisonné en 1857. S’organise alors une vente historique de plus de 12 000 pièces ! De nombreux pays se portent acquéreurs dont la France, la Russie et la Grande-Bretagne.

Ironie du sort : c’est au même moment qu’a lieu l’unification italienne. Bien que la finalité n’était pas celle désirée, le rêve de Giampetro Campana se réalise d’une certaine façon…

Collection CampanaCollection Campana

Des goûts éclectiques

Vous l’aurez bien compris, le marquis est un collectionneur boulimique, que tout passionne. Ainsi, son immense collection se caractérise par sa diversité dont voici un petit aperçu…

Tout d’abord les vases antiques. À eux seuls, ils fournissent une encyclopédie de la céramique et de la peinture sur vase. Ensuite, de nombreuses terres cuites avec statues, urnes funéraires ou plaques à décor figuré. D’ailleurs, Giampetro Campana en était tellement friand qu’il les a rebaptisées les «plaques Campana» !

Les bronzes honorent les objets du quotidien tels que miroirs ou figurines, mais aussi de nombreuses armes. Elles évoquent au marquis les exploits des guerriers italiens. Quant aux sculptures antiques et de la renaissance, nombreuses et variées, elles tentent de rivaliser avec les grandes collections romaines des Borghèse ou des Ludovisi.

Les peintures sont particulièrement représentées. Se mêlent alors toutes les époques, techniques, formats ainsi que l’évocation des différentes écoles régionales (toscane, florentine, Italie du nord…).

Les bijoux et monnaies montrent à l’Europe la virtuosité des orfèvres de la péninsule. Les verres ne sont pas en reste avec des vases à parfum, des coupelles… Autant d’objets préfigurant les plus belles créations de Murano. Nous sommes également surpris par de magnifiques majoliques, faïences typiques de la renaissance italienne.

Et, enfin, les objets de curiosité. Totalement inclassables et surprenants ! Fragments de mobiliers, épingles, instruments de musique mais également de plaisir…

En arrivant, une citation un peu présomptueuse attise la curiosité. Pour autant, après avoir visité cette exposition, nous ne pouvons que la partager…

« C’est une histoire belle comme une légende que celle de la collection Campana et pourtant une histoire vraie… »

by Jean-Philippe

Collection CampanaCollection Campana

Un rêve d’Italie. La collection du marquis Campana

Jusqu’au 18 février 2019

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h.
21h45 les mercredis et vendredis.
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45.

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

Collection Campana

Collection Campana

Collection Campana

Share

Giacometti au Musée Maillol : la sculpture en majesté

Éblouissement au Musée Maillol avec une présentation inédite de sculptures de Giacometti, en dialogue avec celles de ses pairs et amis.
La salle dédiée aux têtes réalisées par l’artiste est absolument grandiose, la scénographie donnant plein éclat à ses créations. Un nombre conséquent de plâtres rarement montrés est dévoilé à cette occasion par la Fondation Giacometti. 

Giacometti

Giacometti Le Couple, 1927

Giacometti, sculpteur et artiste libre 

Après la rétrospective de Pompidou en 2008, gros plan sur la création sculpturale de Giacometti.
Les évolutions se déploient sous nos yeux, dès notre entrée, dans l’exposition.
D’abord figuratif, fidèle à son modèle (son frère Diego, vers 1914-1915, par exemple) et de ses pairs, l’artiste embrasse ensuite l’avant-garde.
Le Couple de 1927 ou encore l’accordéoniste témoignent de cette recherche constante de nouvelles manières de concevoir l’humain.
L’une des pièces les plus surprenantes est sans aucun doute la Tête crâne de 1934 qui efface la rondeur du crâne pour adopter des angles droits synthétiques brillants. C’est aussi déstabilisant qu’audacieux.
Son sujet d’exploration exclusif restera, tout au long de son travail, l’humain, même si l’artiste tend vers l’abstraction.

Giacometti Tête crâne, vers 1934

Giacometti

Une obsession pour les têtes 

La troisième salle de l’exposition déploie une série de sculptures de formats raisonnables qui émeuvent, surprennent, comblent.
Comme l’indique Catherine Grenier, la commissaire, “Giacometti est un artiste qui valorise l’incertain, le doute, l’échec.” Il n’aura jamais fini, toute sa vie durant, d’explorer une tête.

Le bronze Petit buste de Silvio sur double socle (1943-1944) qui trône au centre de la salle surprend par son jeu d’échelles. Les œuvres réalisées en plâtre confirment l’attrait de l’artiste pour ce matériau qu’il retouchera à coup de canif et qu’il peindra aussi.
L’homme qu’il montre est fragile”, insiste Catherine Grenier et c’est sans doute aussi cela qui permet cette proximité avec les oeuvres, il n’y a pas de filtre. “Giacometti est un artiste qui valorise l’incertain, le doute, l’échec.” Il se gardera bien d’appartenir à un mouvement. Il restera un artiste libre.

Giacometti Diego, tête sur socle cubique, 1958

Bonus 1 : ouvrez l’oeil et laissez vous charmer par les jeux d’ombres des sculptures sur les murs et le sol du Musée Maillol.

Bonus 2 : “Mais l’aventure, la grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage. Ça vaut tous les voyages autour du monde.” Alberto Giacometti, 1963.

Giacometti Tête de femme (Rita), vers 1937-1938

Exposition Giacometti, entre tradition et avant-garde

au Musée Maillol
59/61 rue de Grenelle
75007 PARIS

Prolongation jusqu’au 03 février 2018

Horaires :
ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30
nocturne le vendredi jusqu’à 20h30

Share

Musée Grévin en proie à la folie pour Halloween / Nocturnes exceptionnelles

Une série de nocturnes au Musée Grévin vient réveiller ce lieu qui joue plutôt les beaux endormis avec ses célébrités en cire.
Pour Halloween 2018, des personnages étranges animent le parcours suite à la déferlante d’une épidémie.
La folie s’empare de Grévin est une manière très originale de redécouvrir ce décor à lumière tamisée.

Musée Grévin

Musée Grévin

Je ne m’attendais pas à voir des poupées de cire ensanglantées, bâillonnées, momifiées ou encore crucifiées.
Le Musée Grévin franchi le côté obscur de la vie pour nous confronter à nos démons, à l’effroi et à la mort.
Les personnages (chirurgien, diseuse de bonne aventure, prostituée, infirmière en chef…) qui ponctuent le parcours en imposent aussi bien en menace, qu’en caractère ou étrangeté.
On réagit vite et on ne traîne pas quand il s’agit d’avancer et de faire de nouvelles rencontres.

Musée Grévin

Il y a tant de choses à voir ! La qualité des costumes et maquillages des comédiens, les nouveaux entrants : Eric AntoineAlexandra Lamy, Catherine Frot, Kev Adams… et les anciens indétrônables : Elizabeth II, Gandhi, Johnny Hallyday.
Le décor ! Il y a des salles sublimes à rédecouvrir avec une lumière différente et des déluges de fumée.
L’animation en continu spéciale nocturnes Halloween est assez fascinante.

Au final, la visite passe à une vitesse folle. J’ai aimé revoir le Grévin que j’imaginais comme une vieille institution.
Je me suis marré face à certaines situations et aux cris de surprise ou d’effroi des personnes m’accompagnant.

Musée Grévin Musée Grévin Musée Grévin

Musée Grévin
La folie s’empare de Grévin

Nocturnes spéciales Halloween jusqu’au 31 octobre 2018

10, boulevard Montmartre
75009 PARIS

site officiel : www.grevin-paris.com 

Image de prévisualisation YouTube
Share

Sauvons l’arc du Carrousel avec Tous Mécènes / Musée du Louvre

L’arc du Carrousel : attention chef-d’œuvre en péril !
Le musée du Louvre ouvre sa campagne de dons 2018 Tous Mécènes ! pour restaurer ce symbole architectural du jardin des Tuileries.
Sculptures érodées, statues craquelées, bas-reliefs  éclatées
, quand on passe à côté de cette arche du 19e siècle, on ne remarque pas forcément son déclin tant le monument est majestueux et qu’il prend si bien la lumière. Et pourtant…

tous mécènes

Pourquoi l’arc de triomphe du Carrousel ?

Construit entre 1806 et 1808, l’arc du Carrousel est composé de  matériaux multiples qui se sont abimés avec le temps. C’est une pièce emblématique de l’histoire de France, notamment la conquête napoléonienne.

tous mécènes

Une étude sanitaire récente a alarmé les architectes du musée du Louvre. En effet, les actions combinées des intempéries et du vent qui charrie les poussières du jardin des Tuileries ont érodé le monument.

tous mécènes

Et si l’édifice n’est pas pris en charge rapidement, sa pérennité pourrait être engagée.

tous mécènes

Cette rénovation est aussi la première étape de la réhabilitation complète du secteur du Carrousel dans le jardin des Tuileries.

tous mécènes

Objectif : 1 million d’euro avant le 31 janvier 2019

C’est ce montant que le Louvre souhaite obtenir de la campagne Tous Mécènes !, sur un total de 5 millions pour la restauration de l’arc.
Alors pour faire partie des déjà 25 000 mécènes du Louvre (en huit ans de campagne), c’est simple : il suffit de faire un don via le site www.tous.mecènes.fr ou par courrier (toutes les infos en ligne).

Pour un don de 1500€ et plus, il est aussi possible de parrainer une des statues de l’arc du Carrousel.tous mécènes

Nouveauté en 2018
C’est encore plus facile et rapide via SMS. En envoyant Louvre au 92004, vous donnez automatiquement 5€, prélevés sur votre facture.

Comme pour le crowfunding, tout don fait l’objet de remerciements particuliers qui varie en fonction du montant.

Image de prévisualisation YouTube

Tous Mécènes ! : #moncarrousel

Derrière ce hastag se cache une autre  nouveauté : le concours  photo sur Instagram.tous mécènes

Postez une photo avec le #moncarrousel pour participer.

Ainsi vous pourrez peut-être gagner un kit reflex Canon, une rencontre exceptionnelle avec Yann Arthus-Bertrand ou une escapade au sommet de l’arc pour immortaliser une des plus belles vues de Paris. On ne se remet toujours pas de la nôtre.

Plus d’infos sur le concours ici.tous mécènes

Soutenez le musée du Louvre et faites un don.
La campagne 2018 se clôturera le 31 janvier 2019.

www.tous.mécènes.fr

tous mécènes

Share