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Zevs : jubilatoire expo Noir Éclair au Château de Vincennes

Au premier abord, difficile de créer un pont entre le Château de Vincennes et le street art. C’est le pari qu’a relevé le sulfureux Zevs (prononcé Zeus) !
Street-artist – le terme peut paraître un peu péjoratif – déploie ici son talent aux multiples facettes à travers l’exposition
 Noir Éclair.
Graf, peinture, bronze, installation, vidéo… tout passe entre ses mains. Une expo tellement riche et créative qu’il est difficile de la synthétiser en quelques oeuvres.

Graffiti Light (Néon et peinture grattée)
Graffiti Light (Néon et peinture grattée)

Zevs : tout feu, tout flamme

Parmi les 24 créations présentent sur le site du Château de Vincennes, tout commence par les extérieurs.
On commence par Les Cibles – trois tourets de bobines de câblages installés dans la cour – évoquant l’homme de Vitruve de De Vinci ou encore les flammes de Proper Graffiti / Flaming taguées – ou plutôt grattées – dans les mousses recouvrant les murs des douves du bâtiment principal. Zevs impose tout de suite sa patte. Ces grafs organiques géants, (graffiti propres dont il est le précurseur) sont là pour mimer les flammes dévorant les tours du donjon principal. Une esthétique très brute.

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L’autre touche exotique se trouve dans le dispositif lumineux mis en place tout autour du chemin de ronde du bâtiment principal : In girum… (imnus nocte et consuminir igni). Visible de nuit, il doit rappeler à chacun(e) que le lieu est investi d’une présence inhabituelle.

Zevs et Vincennes : l’osmose historique

Pour celui qui n’a jamais mis un pied au Château de Vincennes, cette exposition lui permettra de s’approprier les lieux d’une manière totalement unique.
Loin d’être un simple agrégat d’oeuvres contemporaines, Noir Éclair offre un vrai mix entre l’histoire du lieu et une mise en perspective artistique.

Avec Machination, Zevs confronte plusieurs degrés d’appropriation. Ce distributeur, issu du monde moderne, est couplé à la dimension historique de la Terreur révolutionnaire.

noir-eclair-zevs-chateau-de-vincennces-expo-avis-critique-creation-performance-cmn-rmn-photo-by-blog-united-states-of-paris-jpgEn effet, sur les assiettes, des personnages illustres condamnés à mort par l’échafaud : Louis XVI, Danton, Robespierre, Mari-Antoinette…
Un minuteur permet au visiteur de connaître le moment précis de la prochaine exécution. Il deviendra alors le spectateur passif, impuissant mais consentant de cette peine capitale moderne.

On retrouve aussi cette envie de confronter l’Histoire avec l’Autoportrait de Louis XIV.
Ce moulage en bronze, copie de celui  du Bernin exposé à Versailles, a été fondu à partir du moule original fourni par la Réunion des Musées Nationaux. L’artiste l’a ensuite emmené au four solaire d’Odeillo-Font Romeu afin d’être “scarifié” par les rayons du soleil.

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Cette oeuvre fait écho aux premiers travaux de Zevs qui parasitait les logos de marques comme McDonald’s ou Ferrari. L’idée étant ici de dégrader le Roi Soleil uniquement avec la puissance de l’astre “Soleil”.

Autre espace, autre gageure : Invisible Graffiti.
Ou comment rendre visible les traces du passé.
Le Château de Vincennes a été, durant de nombreuses années, une prison. Les détenus ont témoigné de leur passage via des textes ou des dessins gravés dans la roche.

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Grâce à une encre spéciale et une lumière noire, Zevs fait ressortir un des graffitis gravé par un prisonnier.
Et le message choisit résonne de façon toute particulière quand on sait que le Roi Louis XIV venait dans cette ancienne cellule de détenu pour observer le ciel avec sa longue vue.

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Zevs : les gènes de l’artiste

Appuyée sur un mur et seule dans la pièce, Ma musée est une oeuvre sonore particulière.
En 1998, à 20 ans, l’artiste a interviewé de façon anonyme et par téléphone des galeristes parisiens en leur demandant de répondre à une simple question : “Comment deviens-ton artiste ?

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Zevs nous offre ici l’occasion d’entendre ces conversations dans une performance inédite. Les réponses sont parfois froides, bienveillantes mais aussi agacées.

LDV : Léonard De Vinci

Le génie italien est une référence ultime pour Zevs.
Ce dernier s’en inspire à de nombreuses reprises comme avec La Cène, détournée en repas à la Maison Blanche avec Obama et des chefs d’entreprise de la Silicon Valley dans Repas. Même le cadre en or blanc recèle des clins d’oeil logotypés de ces sociétés internationales.

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Il s’approprie aussi La Joconde dans Mona Lisa and Handbag en l’enfermant dans une cabine, style peep-show en référence à sa possible petite vertu. Le visiteur doit attendre son tour, que la lumière rouge indiquant l’occupation des lieux passe au vert, pour accéder à l’oeuvre.

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Le sigle LDV sur le sac renvoie à une marque inventée par Zevs en 2005 (LDV pour Léonard De Vinci)

Et c’est dans la dernière salle de l’exposition que vous pourrez découvrir des créations fabriquées spécialement pour cette exposition. Des pièces de maroquinerie réalisées par un artisan New-yorkais, toutes estampillées LDV.

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, avec cette marque créée en 2005, ce n’est pas l’industrie du luxe qui est montrée du doigt ici, mais le commerce de la copie. Dans une salle, en recoin, vous découvrirez Alibaba : une installation de 100 sacs “Made in China”.

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On ne pensait plus qu’un artiste français pouvait avoir un tel esprit d’éclectisme. Noir Éclair est vraiment une installation jubilatoire. Et les autres créations sont toutes aussi intéressantes, intrigantes voire même participatives.

Lors de votre visite, n’hésitez pas à vous arrêter sur les cartouches explicatives des oeuvres, vous n’en prendrez que plus de plaisir.

 

Noir Éclair de Zevs

Du 6 septembre 2016 au 29 janvier 2017
Jusqu’au 21 septembre : ouvert tous les jours de 10h à 18h
Du 22 septembre au 29 janvier: ouvert tous les jours de 10h à 17h

Fermé les 1er novembre, 11 novembre, 25 décembre et 1er janvier.

CHÂTEAU DE VINCENNES
1 avenue de Paris
94300 Vincennes

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Photo du mois #54 : dentelle

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Le thème de ce mois choisi par Giselle 43 est : dentelle.

On a eu beau chercher des robes dans nos photos rien de réellement concluant n’en est ressorti. Il y avait bien ce couple de Japonais sur le Pont Alexandre III.
Et puis, l’évidence : ce ciel de septembre. Ces nuages qui ont joué de leur texture en fin d’après-midi. Rien à rajouter. Plus qu’à shooter.

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Photo du mois, rendez-vous sur la page FB du groupe, si ce n’est pas déjà fait.

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AD intérieurs 2016 à la Monnaie de Paris : spectaculaire !

Le magazine AD célèbre chaque année le travail des architectes d’intérieur avec l’exposition AD intérieurs 2016.
Pour cette édition, la dizaine de talents sélectionnés par 
la rédaction sont réunis à la Monnaie de Paris.

Dix espaces, dix ambiances avec pour finalité un voyage au coeur de la création autour du thème 2016 : la collection.
Un évènement ouvert à tous jusqu’au 18 septembre.
Focus sur  quatre ambiances et quatre créations qui vous donneront certainement envie de découvrir les différentes façons de mettre en valeur votre collection toute personnelle.

Le salon sonore de Patrick Jouin et Sanjit Manku

Un gros coup de cœur pour ce salon d’un nouveau genre.
Imaginez que vous puissiez enregistrer et conserver vos souvenirs sonores dans des capsules de verre et les rejouer à l’infini ?
C’est l’idée un peu folle que les deux créateurs ont choisi de mettre en scène.

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Un grand canapé cosy et enveloppant, un meuble mettant de manière classieuse en avant ces souvenirs : tout invite au voyage dans un style très moderne.

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A côté de ce salon, l’atelier de création de ces totems-capsules vous est ouvert. Un moyen de plus de rentrer dans l’onirisme et la poésie de cette installation signée Jouin Manku.

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Le grand salon animalier d’Oitoemponto

Plongez dans un univers digne des James Bond des années 70 avec cette proposition de l’agence portugaise Oitoemponto.

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Autour d’une belle collection de pièces en argent de l’artiste Luiz Ferreira, le duo de créateurs venu de Lisbonne joue entre le clinquant, le chic et le rétro.
Les arches, récupérées sur un bâtiment démoli rappellent la modernisation de l’Élysée sous Pompidou, version Pierre Paulin.
Les vitrines jouent avec la lumière d’exposition pour se dissimuler derrière un filtre opaque, si vous ne désirez soustraire votre collection à des visiteurs non-initiés.

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Découvrir le travail de Luiz Ferreira est un véritable bonheur pour les yeux. Et cette langouste en argent, totalement articulée des pattes à la queue, est une merveille de finesse et de précision.
Cédez à la pleine contemplation dans cette pièce pour admirer ces œuvres vraiment uniques.

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La galerie des empreintes de Raphael Navot

Le bois et l’épure : c’est ce qui caractérise le mieux le travail de Raphael Navot pour AD Intérieurs 2016.
Cet architecte d’intérieur est connu les Parisiens noctambules pour l’aménagement du club privé Le Silencio, rue de Montmartre, lui aussi orné de bois mais totalement doré.ad-interieurs-2016-monnaie-de-paris-raphael-navot-avis-critique-silencio-photo-by-blog-united-states-of-paris

Une remarquable mosaïque, ultra découpée et travaillée compose le parquet de ce salon d’exposition, sobre et moderne.
En résonance, les deux grandes bibliothèques très épurées exposent une collection de moules de fonderie servant à la confection de décorations végétales et animales.
Très cosy.

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La cuisine en réflexion de Ora Ito

Le petit prince du design Ora Ito  signe ici une cuisine-salle à manger en hommage à Daniel Buren : le sol en marbre de la pièce a d’ailleurs été créé par l’artiste fou des rayures noires et blanches.

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Épurée, géométrique et jouant sur les miroirs pour augmenter les volumes de la pièce (tant au sol que sur les murs), cette cuisine se transforme, avec toutes ses étagères en une bibliothèque dédiée à Buren.

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Lors de notre visite, en fin d’après-midi, les rayons du soleil couchant éclairaient magnifiquement le décor. La magie de la création.

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AD intérieurs : un défi pour les designers

Après ces quatre coups de cœur, il vous reste encore six espaces de créations à apprivoiser. Chacun possède sa particularité, un petit truc qui le rend aussi différent : du style baroque au cosy italien en passant par un boudoir ouaté et monochrome.
Le design pour chacun !

Il faut bien noter la gageure majeure de cette exposition : créer des volumes dans un lieu aussi rutilant et haussmannien que la Monnaie de Paris. Pari gagné pour une expo surprenante !

AD Intérieurs 2016

jusqu’au 18 septembre
Tous les jours de 11h à 19h

Monnaie de Paris
11 Quai de Conti
75006 Paris

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Monkey Money : le fric, c’est pas du tout chic à la Maison de Métallos

Dans Monkey Money à la Maison des Métallos du 9 au 25 septembre, Carole Thibaut peint une société gangrénée par l’argent.
C’est cynique et extrêmement d’actualité.

Bienvenue dans un monde où tout se vend, tout s’achète !
Dans Monkey Money, la société est divisée entre les riches et les pauvres, séparés par un mur. Dans ce contexte glacial et sans scrupule, un homme, issu du monde des pauvres, a franchi ce mur pour perturber la soirée d’anniversaire de la Bee Wi Bank, organisme de vente de crédits appartenant à une grande famille d’entrepreneurs depuis plusieurs générations. Il est venu demander au patriarche de la banque d’effacer sa dette. Mais tout ne se passe pas comme prévu et l’homme, désespéré, s’immole par le feu. Non sans avoir remis sa fille, Léa, entre les mains de K, l’héritière de la banque.

A la manière d’un miroir, la pièce nous entraine tour à tour des deux côtés de cette société devenue totalement folle. Dans une sobre mise en scène, où tout repose sur le jeu des acteurs, des jeux de lumières et des dialogues parfois crus, on assiste alors à la déchéance des Hommes modernes dont le seul repère est celui de l’argent. Un réalisme facilement transposable dans nos sociétés contemporaines, inégalitaires.

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Il y a bien quelques longueurs ici et là, et les jeux d’acteurs sont parfois un peu trop lourds. On se laisse toutefois happer dans cette fantasmagorie au goût de futur proche. Au cynisme débordant, le spectacle se permet également quelques pointes d’humour. Carole Thibaut (en alternance avec Valérie Schwarcz), est parfaite en fille à papa habituée aux cocktails mondains. Dans le rôle de K, elle oscille entre la culpabilité d’être bien née et le désir de perpétuer l’héritage familial. La pièce a, bien entendu, quelque chose de militant mais l’auteur n’a pas oublié d’y mettre une touche de poésie. Ça fait du bien !

by Joël Clergiot 


Monkey Money

de Carole Thibaut

Avec Thierry Bosc, Charlotte Fermand, Michel Fouquet, Carole Thibaut ( du 9 au 11 et du 20 au 25) en alternance avec Valérie Schwarcz (du 18 au 25), Arnaud Vrech

Spectacle conseillé à partir de 15 ans

Du 9 au 25 septembre 2016

La Maison des Metallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris

Du mardi au vendredi  à 20h
Samedi à 19h, dimanche à 16h

et du 11 au 14 octobre
Théâtre des Ilets, Centre Dramatique National
Espace Boris Vian
27 Rue des Faucheroux,
03100 Montluçon

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Marcolini + Ami : un coffret chocolat #bonheur !

Comme nous, vous avez besoin d’une motivation supplémentaire pour assurer un max votre rentrée qui a démarré plus vite que vous ne le pensiez ? Envie d’un réconfort ? Ou d’un cadeau qui a de la gueule ? Le coffret exclu Pierre Marcoli + Ami va vous emballer !

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Pour cette collaboration inédite avec la Maison Pierre Marcolini, Alexandre Mattiussi – qui habille les hommes mais aussi les belles girls comme Christine and The Queens – a voulu représenter une scène de la vie parisienne. Toujours en noir et blanc, avec une pointe de rouge, ses illustrations se veulent représentatives de la rencontre originale de son univers avec celui du chocolatier de Charleroi.
On s’en va donc monter la Butte Montmartre en scooter, en passant devant deux boutiques (bien joué) pour atteindre le Sacré Cœur.
La vraie parisienne !

Bien sûr les étrangers à Paris vont raffoler de cette carte postale pop-up grand format. Mais les Parigots et gotes ne peuvent pas bouder leur plaisir de poser ce coffret au design de vieux poste TV – tellement rétro ! – dans leur intérieur plus ou moins grand.

Ce coffret de rentrée et collector est l’occasion unique de goûter aux  Barre² Chocolat 100% inédites. Enoncé des plaisirs : caramel mou pointe de sel, vanille de Madagascar, croustillant praliné noisette, éclats de noisettes torréfiées, le tout enrobé de chocolat noir.
La Barre² Chocolat Gianduja ne cède pas du terrain pour autant avec son praliné amande et noisette, croustillant praliné enrobés de chocolat au lait.

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Ces barres sont de vrais morceaux de bonheur. Les partager ? Ce ne sera pas si évident que ça. On a bien tenté dans l’équipe. Ca a bien fini par se solder par un affrontement entre gourmands. Vous êtes prévenu(e)s.

Les deux tiroirs du téléviseur cartonné cachent aussi une belle collection de pralinés, des petits classiques et sources de beaux plaisirs pour vos papilles.

En revanche, mission impossible pour se séparer du coffret une fois tous les chocolats dégustés en solo ou à plusieurs. Là aussi, on a bien essayé, mais cette vue de Paris est tout simplement trop irrésistible pour la quitter. La preuve, nous n’avons pas résisté et l’avons fait rencontrer la Tour Eiffel.

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Ce coffret Pierre Marcolini + AMI est disponible en deux couleurs : vert bouteille et orange brique
Poids net : 320 grammes
Tarif : 45 euros

Disponible en boutique et sur la e-boutique 

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NACH interview d’une femme en or / Nach Party au FLOW !

Le cru Nach 2015 a été inouï ! Un premier album qui reçoit un accueil chaleureux, un début de tournée solo, une tournée estivale avec le clan Chedid et deux prix : le Prix Raoul Breton (fêté lors des Nuits de Fourvière à Lyon) et le Trophée Femmes en or 2015 dans la catégorie musique.
Sans oublier mes parents conquis lors d’un concert en province avec double affiche Nach et Brigitte. Ils sont tombés sous le charme de l’une et définitivement pas des deux autres ! Le constat est sans appel !
Elle terminera sa tournée au FLOW, sur les Berges de Seine, le 20 septembre pour une NACH PARTY de folie !

INTERVIEW (selfie)

USofParis : Tu as reçu le prix Femme de Musique au Trophée des Femmes en Or 2015. Est-ce que ça donne des ailes de recevoir un prix pareil ?
Nach : Ça ne donne pas des ailes. Mais c’est mon premier album et donc c’est un beau signe qui dit « on te dit bravo ! » et ça fait du bien. Ça donne confiance.

selfie original pour le blog #UsofParis
selfie original pour le blog #UsofParis

Est-ce que ça t’inspire une nouvelle envie que tu n’avais pas forcément en tête ?
Non. En revanche, ça donne un petit coup de boost ! Je le prends comme un beau signe positif qui donne de l’entrain, pour mon deuxième album.

Dans ta bio, il est écrit : « A 18 ans, elle écrit une première chanson et décide alors de se consacrer à la musique ». Mais quel a été vraiment le déclic, de te dire : « ma vie c’est la musique » ?
En fait, je faisais plein de choses liées à la musique mais sans assumer que c’était ma passion. J’écrivais beaucoup de chansons et on m’a demandé d’en écrire une pour quelqu’un, ce que j’ai fait. J’ai commencé à la chanter et je me suis dit « en fait, je vais la garder pour moi, en fait j’ai envie de la chanter ! ». Et j’écrivais, je composais, je chantais, je faisais du théâtre, des claquettes. Je faisais plein de trucs mais j’en n’avais fait quelque chose qui reliait l’ensemble. Et le jour où je l’ai fait, je me suis rendu compte que c’est ça que je voulais faire.

Mais tu aurais pu monter une comédie musicale ?
Oui, j’ai commencé par le chant lyrique donc je pensais au début plutôt aller vers le classique. Et en fait non. J’avais envie d’écrire mes mots, de composer et de chanter mes mots. Donc j’ai écouté ce que j’avais envie de faire et je l’ai fait.

Et quelle était cette première chanson ?
Avenir. C’est une chanson qui est sur un premier EP que j’ai sorti en 2008. C’est une chanson qui parle de l’avenir, et qui parle justement de se lancer et de se dire : « Bon ben voilà j’y vais. Je sais ce que j’ai envie de faire, je vais le faire et je vais assumer »

Et y a-t-il eu une rencontre qui t’a aidée à percevoir que finalement tu étais faite pour être auteure ?
Oui, je crois que c’est le lyrique, justement. Pendant mes études de chants lyriques, j’ai chanté des œuvres magnifiques. J’étais sur scène dans des mises en scène assez classiques, très théâtrales. Je me suis dit « Ouh-là, j’adore chanter, j’adore ce que je fais mais, ce n’est pas ça que je veux le faire ». Je voulais quelque chose de plus minimaliste. J’avais envie de faire de la chanson en fait. C’est ça le déclic aussi, je me suis dit « c’est sûr maintenant ! ».

Y’a pas un(e) prof qui t’a soutenue ?
Non, justement la prof m’a dit « t’es folle, t’es folle ! ». Elle était dépitée parce qu’en plus elle disait que j’avais un grand avenir dans le lyrique. Quand j’ai dit que j’allais faire de la chanson, pour elle, ça a été la grosse déception.

L’écriture est-elle facile pour toi ? As-tu besoin d’un cadre propice ou pas ?
J’ai besoin de solitude, même si je suis en voyage. J’ai besoin d’être toute seule. Si quelqu’un regarde mon cahier quand j’écris, je n’aime pas.
Mais ça peut m’arriver très souvent d’être dans des cafés avec plein de monde autour de moi et d’être toute seule dans ma petite bulle. Ça peut être partout en fait : dans le métro, dans la rue, chez moi, dans un concert. Mais ce sont des moments solitaires, c’est sûr !

C’est par brides, c’est par mots, comment tu écris ?
Ça dépend. Je travaille plus la nuit. Je peux écrire un texte en une nuit parce que je suis inspirée et que je ne veux pas lâcher le truc car je sais que c’est maintenant. Parfois, c’est une phrase que j’écris dans la journée et puis je retourne dessus deux jours plus tard. Et je peux me dire « putain c’est bien ! » Il n’y a pas de règle. D’autres fois, c’est le texte que j’écris avant, parfois c’est la musique. C’est très aléatoire. Je n’ai pas de mode de travail.

Dans ton album, y a-t-il un texte qui est arrivé de manière fantaisiste ?
Je suis moi ! Quand j’ai écrit ce morceau, c’était une blague pour moi. J’ai écrit le texte en cinq minutes parce que je ne me suis pas pris la tête. C’était un truc un peu drôle. Plus pour faire marrer mes copines que j’ai fait ce texte que pour en faire une chanson. Et je ne pensais même pas la chanter.
Je l’ai fait écouter à mes éditeurs, en petite blague, en leur disant vraiment « je ne veux pas le mettre sur mon disque celui-là ». Et là, ils m’ont dit « c’est le single ! ». J’ai fait « non, non, c’est pas vrai. Vous êtes sûrs ? » 🙂 Je l’ai laissé vivre, ce morceau, mais pour moi c’était un peu la blague du disque.

Et donc maintenant tu l’assumes ?
Oui, je l’assume. Il me fait marrer. Il fait marrer les gens quand je le chante en concert. Je vois les filles se marrer.

D’ailleurs puisque tu en parles. Quand est-ce que tu t’es acceptée comme tu es ? C’est-à-dire comme tu le dis « pas comme une gravure de mode ».
En fait j’adore ce truc-là de me dire qu’on est tous le beau ou le moche de quelqu’un. Moi, je fais jalouser des filles et il y a des filles que je jalouse. Voilà, c’est la vie, c’est comme ça. Ça c’est hyper intéressant et je trouve ça génial, génialement touchant et ridicule à la fois. Mais touchant car on est tous comme ça. C’est un sujet qui me fait marrer tout simplement. Et c’est léger.
Justement, Je suis moi, c’est au-delà du je-suis-moi physiquement. C’est-à-dire même psychologiquement, on est tous le con de quelqu’un. C’est la même chose pour moi. Rigoler de ça et assumer qui on est. Je trouve ça fédérateur en tout cas.

Mais quand on ne plait pas à la personne que l’on convoite c’est toujours un peu déstabilisant. On se dit qu’on n’a pas le charme qui pourrait faire flasher.
Oui, quand j’ai écris ce morceau, il y a quelques années, j’étais plus dans un truc de regard sur moi. Maintenant je ne suis plus là-dedans. J’ai du recul là-dessus. Mais si on ne plait pas à la personne que l’on convoite c’est que ce n’est pas la bonne.

Finalement, quelle est la chanson la plus personnelle de cet album ?
Chante encore. C’est le dernier morceau du disque. Il parle de mon rapport au chant, à la voix et à la manière dont ça me sauve en fait. Je dis que même : « Quand tout ça sera fini, quand ce sera vraiment la fin, quand plongée dans la nuit, la nuit sans lendemain, mon tombeau sous les dunes sera l’opéra ». C’est très personnel.

Jusqu’à quel point le chant a été salvateur, il t’a sauvé de quoi ?
De tout. Ça m’a guidée… J’ai trouvé l’endroit où j’étais bien, où j’avais quelque chose à faire. Enfin c’est très fort pour moi.

Quelle question de journaliste ou de bloggueur a pu te mettre mal à l’aise ou au contraire t’amuser ?
Des questions par rapport à ma famille, il y en a eu pas mal. Genre : « Vous avez l’air un peu la famille Bisounours, alors vous vous engueulez quand même ? ».

Celle-là c’était dans Le Before de Canal + !
Pas que Le Before, pleins de fois !
Ça me fait marrer quand les gens ont envie que je raconte des embrouilles. Ils sont là « une embrouille, juste une ! » Mais non ! 🙂
Sinon, les gens me disent souvent : « votre album ne parle que d’amour ». Ben oui. Il parle d’amour parce que c’est la vie. Mais c’est quand même subtil. Mais franchement les gens sont gentils. Je ne suis pas tombée sur des méchants en tout cas.
Fais gaffe !… 🙂

Promouvoir ton premier album, partir en tournée avec ta famille, revenir toute seule, est-ce que ce n’est pas trop pour cette année ? Trop d’émotions ?
Si c’est un peu too much, c’est vrai. Surtout que cet album ça fait longtemps que je le prépare, seule. C’était ma façon de m’émanciper, c’était moi. C’est totalement sincère. Il est sorti et un mois après je partais en tournée avec ma famille.
C’était déroutant au début. Je me suis vraiment posée la question de faire cette tournée familiale.

Un premier album a toujours besoin d’attention !
Exactement ! D’attention et de temps.
Au début, j’ai flippé, je me suis dit « Attends. Anna, tu fais ça, tu t’émancipes et là tu te retrouves en famille ! ». Et je ne regrette pas d’être avec ma petite famille parce que musicalement et humainement, ça m’a changé la vie à tous les niveaux. Et je n’aurais jamais voulu passer à côté de ça. Alors je suis très contente. Et en plus ça a donné un souffle à mon album. Aujourd’hui la tournée Nash est remplie. Je joue dans toute la France, dans des salles de 700 personnes. Alors qu’avant la tournée familiale, ce n’était pas pareil. Ça a été très positif même si ça me faisait un peu flipper.

Avec cette tournée, qu’est-ce que tu as ressentie de plus, appris en plus ?
Je pense que le fait qu’on ait réussi, tous les quatre en tant qu’artiste de la même famille, à faire quelque chose qui soit très agréable pour les gens et pour nous, c’était une grosse victoire. Et nous, dans notre grande famille, ça nous a encore plus rapproché.

Il n’y avait pas possibilité d’échec !
Si, on aurait pu tous s’engueuler. 🙂

Mais non, puisque vous ne vous engueulez jamais !
Ouais, mais bon. Au contact du travail, de la pression on aurait pu et ça ne s’est pas passé. Ça s’était une victoire. Personnellement, ça m’a donné une grande confiance en moi parce que je me suis rendu compte que j’étais là et que, à côté de Matthieu et de mon père, j’avais ma place aussi. D’une manière simple et sans force. Et je chantais mes chansons et ça résonnait. Les gens ont acheté mon album après les concerts. Donc c’est tr !s positif, à tous points de vue.
Et puis j’ai chanté des chansons de mon père, de mon frère. Je ne fais pas de reprise, je suis quelqu’un qui compose ses morceaux. Cette tournée m’a fait chanter d’autres choses, d’autres compos, d’autres mots et ça m’a ouvert vraiment l’esprit.

Alors qu’elle est la chanson d’un autre membre de la famille qui t’a fait palpiter le cœur ?
Les absents ont toujours tord, de mon père (Louis Chedid NDLR) et que je chante tous les soirs maintenant dans mes concerts. Cette chanson est très belle.

Il y a une date qui a été plus marquante qu’une autre ?
Quand même l’Opéra Garnier qui a été la dernière date de la tournée. C’était  très émouvant. C’était super beau. Et comme moi j’ai toujours ce lien avec l’opéra… Si j’avais su qu’un jour je jouerais à l’opéra et en plus pour faire des chansons, mes chansons…

C’est facile de retrouver un rythme de vie normal après des tournées à rallonge et des applaudissements à gogo ?
C’est une autre énergie.
C’est facile dans le sens où, comme j’ai fait 200 concerts en dix mois, j’avoue que j’en ai aussi besoin. Ça se calme un peu. Et puis, je suis assez active donc je ne pourrais pas ne rien faire. Si je suis chez moi et que je ne fais rien je panique totalement.
Je fais des projets, j’écris des nouveaux morceaux. Je suis dans une autre énergie, plus intérieure alors que quand on fait des concerts l’énergie est plus extérieure. Ce métier c’est toujours comme ça : intérieur-extérieur, intérieur-extérieur.
On est à la fois des huîtres, dans notre caverne à faire des machins puis après on sort et on doit être tout frais. C’est un peu schizophrène mais on aime les deux sinon on ne ferait pas ça. On ne serait qu’interprète ou qu’auteur-compositeur. J’aime les deux en tout cas.

Mais le problème c’est qu’il n’y a plus le shoot quand il n’y a plus la scène ?
Il n’y a plus le shoot mais il y a l’excitation du prochain shoot qui est : « bon allez, je vais faire des super chansons comme ça je vais faire plein de concerts !».

Une leçon de scène que tu as apprise au côté de Matthieu ?
Dans son rapport au public, Matthieu a tout compris. C’est un animal qui ressent exactement ce dont les gens en face de lui ont besoin : là ils ne sont pas contents, là il faut que je fasse ça. En fait, il m’a appris l’instinct animal. C’est à dire que maintenant quand je suis sur scène, mon concert est toujours différent parce que je suis vachement à l’écoute du public et du moment présent. Et me dire que « tiens là je n’ai pas envie du piano-voix, j’ai envie que ça pousse. » Je vais changer de morceau ou le faire durer sept minutes parce que je sens que c’est le moment.
En fait la scène c’est très animal et très instinctif. Il faut être vraiment là-dedans et ne pas être cérébrale. Car si tu es trop cérébrale et que tu te prends la tête, c’est fini. C’est pas bon, ça ne marche pas trop. En tout cas, je crois.
Matthieu m’a appris tout ça. C’est un lion.

Donc, tu ouvres tes capteurs pour saisir…
C’est comme quand tu es en face de quelqu’un et que tu essayes de ressentir la personne. Il faut être à l’écoute. Et quand on est musicien il faut être à l’écoute et notamment du public. C’est ça qui fait les bons concerts je pense.
Si tu fais ton show et que c’est le même quel que soit ton public, c’est déjà un peu moins vivant.

Si Matthieu est un lion, tu es quoi ?
Alors là …
Une belette probablement (rires). Je ne sais pas….
Qu’est-ce que tu dirais toi (à son attachée de presse) ?
Armo (l’attachée de presse) : une gentille panthère
Nach : Une panthère c’est pas mal. Je suis en noire, ça marche…
Armo : Il y a un petit truc féminin et aussi du félin.

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Une anecdote, une histoire amusante lors de ta tournée perso ?
On a eu des bons fous rires. On n’est que des filles sur scène. Ça nous est arrivé plusieurs fois que quand la batteuse installe ses fûts, ses instruments, le mec des retours lui demande : « quand arrive le batteur ? » Ça nous est arrivé 5 ou 6 fois.

Tu disais dans tes premières interviews que tu n’arrivais pas à trouver des filles très punchy, alors comment tu es tombé sur ces perles rares ?
J’ai trouvé mais ça a mis du temps. Et la batteuse, c’est Matthieu qui l’a vu sur scène et m’a dit qu’elle était exceptionnelle. J’ai regardé des vidéos, je l’ai trouvée fabuleuse et je l’ai contactée. C’est elle qui m’a présenté la bassiste qui est super. Et la clavier, je la connais très bien. Elle a un groupe d’électro. C’est une geek, une fille de machines.
On est toutes les quatre et on s’éclate vraiment.

Et elles ont donné une patte différente ?
Oui parce qu’avant dans mes lives, il y avait beaucoup de boucles, avec des chœurs de claviers dans ces boucles, C’était assez électro. Et là je voulais que ça soit très organiques, je voulais que tous les chœurs soient fait en live. C’est justement pour ça que j’ai pris des filles. Tous les claviers se font en live, il n’y a plus de boucle. Donc ça a changé le son, c’est plus organique, plus live. Il n’y a plus de métronome. Tout est en live et ça reste moderne et électro. Ça a changé vachement le son et ça me plait beaucoup plus. C’est vraiment le son de mon album. C’est un plus.

La question soufflée par ton frère, -M- Matthieu, lors d’une dédicace.
Il m’a posé une question ? Non ? 🙂
Oui, je lui ai demandé. Alors : Est-ce que tu te souviens, ou est-ce que tu peux me dire quel est le moment de tes débuts, à toi, qui a le plus marqué ton frère Matthieu ?
Oui je sais, direct … ! :-). Eh bien justement c’est cette chanson Avenir que j’avais commencé à chanter toute seule dans ma chambre. Un soir Matthieu nous invite chez lui et Joseph me dit « chante lui, chante lui » et moi « oh non »…

Mais vous étiez combien ?
On était tous les 3, avec Joseph et Matthieu. Et je chante Avenir et Matthieu dit « Non, mais c’est énorme ! ». On est monté dans son studio enregistré cette chanson. Il a fait les chœurs. Cette version-là on peut la trouver sur Itunes, elle existe.

Et tu as senti une fierté chez ton frère ?
Pas du tout ! Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais qu’il allait dire « Oh c’est mignon ! ». Il m’a dit « la voix, il y a un truc ». Puis, il y a un autre ami à lui, Marlon, qui est passé au studio et qui a écouté. Il avait carrément les larmes aux yeux. Et c’est fou car c’est avec Marlon que j’ai co-réalisé ce premier album.

Un chanteur ou un groupe qui est ta madeleine musicale ?
Nina Simone. Parce que sa voix me transporte et me remet dans une émotion très intérieure qui me fait du bien.

Un titre en particulier ?
Strange Fruit. C’est la chanson qui m’émeut le plus au monde

Quel est le meilleur conseil qu’on ait pu te donner pour ta carrière de chanteuse ou ta vie ?
Je pense que c’est : “écoute profondément ce que tu as envie de dire, écoute profondément qui tu es, tes envies. Soit la plus intègre possible quitte à déplaire à certains et garde ton cap.”
Çavient de Matthieu, mon père, les gens de ma famille.

Quelle est la plus belle chanson pour parler d’amour ou faire une déclaration ?
Demain dès l’Aube de Victor Hugo. Ce n’est pas une chanson, c’est un poème mais qui a été mis en chanson plein de fois. Pour moi c’est le plus beau texte d’amour.

La chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ?
Blue boy de Mac DeMarco.

La meilleure salle pour faire un concert ?
J’ai adoré jouer à la Gaité Lyrique. La salle est particulière, mais ce n’est pas que de la musique. Il y a des expos, c’est innovant, c’est qualitatif. J’adore cette salle. Il y a des écrans partout. Il y a moyen de faire des spectacles pour les cinq sens là-dedans. C’est très riche.
Ce n’est pas qu’une salle de concert, c’est une salle de découverte artistique, innovante. Ça me plait !

Et une salle pour voir un concert ?
J’aime bien le Trianon. Et plutôt debout en fosse. Je me mets à côté de l’ingé son.

Ton jardin secret à Paris ?
J’adore le quartier de Pigalle. J’adore la rue des Martyrs, la rue de Douai où il y a tous les magasins d’instruments. Le boulevard de Rochechouart où il y a la Boule Noire, la Cigale, le Trianon, le Divan du Monde. Ce quartier-là, ce périmètre, c’est là où je vis, je vais au resto, je bois des coups, où je vais acheter des instruments, où je retrouve mes potes.
C’est mon quartier. Je l’adore !

Interview by Alexandre 

Nach
premier album Nach
(Universal Music)

Concert exceptionnel : NACH PARTY au Flow, le 20 septembre 2016 !

Nach chedid premier album pochette polydor universal music

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Pour en finir avec Hugh Grant : Catherine Hosmalin lumineuse !

Pour en finir avec Hugh Grant au Théâtre des Mathurins.
Jolie petite histoire d’amour, comédie actuelle, intergénérationnelle et rafraichissante qui donne envie de croire à l’amour avec un grand A. Avec la délicieuse Catherine Hosmalin, un Tom Dingler en incroyable prince charmant et la tornade Lubna Gourion. 

Quinqua vs génération Z

Françoise (Catherine Hosmalin), quinqua célibataire et pétillante, mène une vie tranquille et monotone jusqu’à l’arrivée de Chloé (Lubna Gourion), jeune fille extravagante et croqueuse d’hommes expérimentée, véritable tourbillon qui va complètement chambouler sa vie.
Chloé, en plus de se taper l’incruste, décide de s’occuper de la vie amoureuse de Françoise : elle doit se trouver un mec ! Au début, réticente – fracture générationnelle oblige –  Françoise va donc découvrir les joies des sites de rencontres en ligne où des millions de célibataires se bousculent chaque jour.
Nous voyons défiler sur un écran les conversations, directes, succinctes et sans équivoque de Chloé avec différents garçons. Consommatrice compulsive et addictive, la jeune femme passe d’un homme à l’autre avec un vocabulaire qui caractérise l’utilisation de la génération Z.

photo Alexy Benard
photo Alexy Benard

Prince charmant improbable 

Sur un malentendu – « une case mal cochée » – Françoise va rencontrer un charmant jeune homme, Gaspard (Tom Dingler) de 20 ans son cadet, qui va lui accorder une attention insoupçonnée. Désarçonnée par son aplomb et sa différence d’âge, Françoise va tout faire pour écourter cette rencontre. Gaspard, qui « a fait trois changements de bus pour ce rendez-vous », ne semble pas prêt à partir si vite.

Nous écoutons, amusés, les commentaires et les rires des spectateurs derrière nous. On ne peut s’empêcher de sourire quand dans la salle fuse, d’une bouche féminine : « ben moi, je le veux bien ! ».
Tom Dingler est formidable dans son rôle de jeune premier. On rit à gorge déployée quand il se met à chanter – on vous laisse la surprise sur le choix du titre et des accessoires.

Catherine Hosmalin est touchante dans son rôle de jeune quinqua dépassée par les évènements. Elle se montre sensible, drôle et très attendrissante face à une Chloé au comportement qui finit par être détestable.
On sourit quand Françoise tente d’expliquer à la jeunette, avec beaucoup de diplomatie, que « ses robes racontent quelque chose », ceci expliquant peut-être cela…
Lubna Gourion pousse aux extrêmes les traits de cette jeune fille adepte des sites de rencontres. Provocante, exubérante, limite vulgaire, elle passe d’« un date » à un autre sans aucun état d’âme mais s’offusque dès que son égo est touché par un de ses rencards ! « Il m’a prise pour une pute ou quoi ? »

photo Alexy Benard
photo Alexy Benard

L’amour sur place ou à emporter

Cette comédie parle d’un autre fait de société : la relation amoureuse d’une femme mure avec un homme plus jeune. Pourtant d’actualité, les femmes sont plus âgées que les hommes dans 14% des couples. Les mentalités ont du mal à changer et Chloé va nous le prouver avec des remarques plus acerbes les unes que les autres comme le très irrespectueux « Tu fais dans l’humanitaire ? »

Pleine d’espoir devant ce conte de fée, – quadra récemment séparée – je me rembrunie face à un « mais enfin, c’est du théâtre, ma chérie !» lancé par mon ami, très amusé et un brin provoc.
Surconsommation, désinhibition, rapidité des rencontres… tout est bien plus facile sur le net… Cependant, cette recherche toujours plus poussée autour de la personne idéale laisse peu de place à une véritable rencontre dans la réalité. Chloé en est malheureusement le triste reflet.

by Caroline et Alexandre

Pour en finir avec Hugh Grant avec Catherine Hosmalin Tom Dingler Lubna Gourion Théâtre des Mathurins affiche coeurs photo usofparis blog

POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT

Une comédie écrite et mise en scène par Emmanuelle MICHELET

Avec Catherine HOSMALIN, Tom DINGLER et Lubna GOURION

Au Théâtre des Mathurins (petite salle)
36, rue des Mathurins
75008 PARIS

jusqu’au 25 septembre : du mercredi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

A partir du 28 septembre : du mercredi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 15h

tarif unique : 32 euros

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Le Patient de la Chambre 8 : s’évader d’une clinique psy !

Saviez-vous que Boulevard Sébastopol à Paris se cache une clinique psychiatrique ? Non !
En effet, c’est là qu’Epsilon Escape a choisi de nous mettre dans la peau du mystérieux Patient de la Chambre 8.

Autant dire que la team US of Paris n’a pas hésité avant de se laisser enfermer dans la clinique Sinople. A croire de nous sommes un poil maso pour aimer se laisser engeôler avec ou sans camisole.
En prime, après l’aventure, nous avons pu pénétrer dans les coulisses…

Epsilon escape le patient de la chambre 8 avis boulevard sébastopol Photo by United States of Paris

Retour dans le passé

Durant les années 90, l’honorable docteur Edmond Epsilon a travaillé durant quelques mois dans le département psychiatrie de la clinique Sinople pour trouver de nouvelles techniques de soins.
Un patient, celui de la Chambre 8, lui a inspiré un processus unique lui permettant de s’évader.
A nous, à vous, de retrouver cette méthode pour réussir à se libérer.

Une aventure toute en nuance

C’est les yeux bandés que nous pénétrons dans la salle. Non qu’il y ait des pièges, mais c’est avec la volonté de renforcer l’immersion que ce procédé a été mis en place, il y a peu. Et cela fonctionne parfaitement. Aussi bref qu’il soit, ce passage au noir accentue l’immersion en créant une coupure entre l’extérieur et l’intérieur. Alors, on se prend le décor en pleine face, d’un coup, sans l’avoir découvert en entrant.

Epsilon escape game le patient de la chambre 8 avis boulevard sébastopol Paris Photo © Lorraine Creaser

L’inventivité : l’ingrédient de base d’Epsilon Escape

Comme toujours, on ne peut pas en dire beaucoup sous peine de dévoiler l’intrigue. Mais sachez que cette Chambre du patient 8 vous laisse bien des secrets à découvrir.
Comme toujours dans une escape room, il est bon de traquer les petites choses qui font les différences avec les autres jeux que nous avons testés. Et là, point de déception.
Certaines énigmes nous ont donné un peu de fil à retordre, parfois en dépit d’une certaine logique naturelle. Même si chaque équipe qui se laisse enfermer a son propre raisonnement, sa propre méthode !

Comme tout bon centre psy, le système de vidéo surveillance est au top (on en dit trop ?).
On trouve aussi dans cette salle des clins d’œil aux mécanismes classiques d’un escape game. Les experts seront les remarquer. Et les autres se réjouir des subtilités de la mise en scène.

Acuité visuelle, esprit de déduction et de bonnes grosses fouilles qui nécessitent de ratisser deux fois le terrain : tout cela ne sera pas de trop si voulez sortir de la room. Et il faut peut-être aussi avoir, pour les habitués des escapes, un esprit d’escalier et une façon de penser un peu différente sur certaines énigmes.

Epsilon escape game le patient de la chambre 8 avis boulevard sébastopol Photo by United States of Paris

L’histoire d’Epsilon Escape

Les consultations de la clinique ont débuté en janvier dernier.
Guillaume et Florent, les créateurs, ont voulu axer leur travail sur l’histoire et sur une authenticité dans les décors.
Avec un ingénieur-prestidigitateur (Guillaume) et un informaticien-développeur (Florent), cette équipe est au top pour mettre en œuvres des énigmes, des décors et des mécanismes totalement faits maison.
On retrouve d’ailleurs, dans leur volonté de faire plaisir aux participants et de créer une histoire unique, la même patte qu’a, un de leur concurrent, la Lock Academy. Le plaisir du jeu en somme.

Et c’est dans un ancien magasin-atelier de fringues que le duo a décidé d’installer leurs rooms. Du coup, l’espace est très vaste.

le patient de la chambre 8 avis critique Epsilon escape game boulevard sébastopol Photo by United States of Paris

Un grand hall accueille les participants. Normal, l’aventure du patient 8 est présentée dans 2 salles, répliquées à l’identique.
Mais aussi parce que les deux comparses nous préparent déjà deux autres scénarios, l’un étant déjà bouclé et la première salle est en travaux – elle sera elle aussi doublée.
L’histoire sera orientée sur l’adolescence d’Edmond Epsilon. Mais chut… On ne vous en dira pas plus…
Et nous avons pu voir en exclu le chantier et les machines qui servent à construire le décor. Chez US of Paris, on n’a qu’une hâte : tester cette nouvelle aventure de fou.

Nous nous sommes aussi faufilés dans les entrailles du bâtiment et nous avons pu découvrir les réserves. Et on adore les lieux cachés, secrets.
Ici, les objets de l’énigme s’entassent en double, triple ou quadruple afin de palier à la casse éventuelle et permettre un remplacement rapide des accessoires, afin de garantir le même confort de jeu à tous.
Et apparemment, Ebay fait des bénéfices rien qu’avec les postes radio style 90’s, difficiles à trouver ailleurs! 😏 (on en dit encore trop ? 😁 )

Epsilon escape game avis le patient de la chambre 8 critique boulevard sébastopol Photo by United States of Paris

Epsilon Escape : un accueil soigné

Outre les canapés Chesterfiled plutôt cosy et le verre de bienvenue, comme souvent dans les enseignes d’escapes, ici vous serez rarement coincés dans la room. Même si pour certains gamers passionnés cette philosophie risque de choquer,  Epsilon Escape prônent une sortie pour le plus grand nombre, tout en garantissant un amusement maximum.

Pour lever les complexes, la majorité des équipes s’en sortent entre 65 et 70 min.
Notre team USofParis a mis 63 min, sans se démettre une épaule ou crier sur son voisin.

Et pour le petit plus service : chacun des membres de votre équipe repartira avec la photo souvenir de fin de partie imprimée sur place.
On adore les attentions !

Epsilon escape le patient de la chambre 8 avis critique boulevard sébastopol Photo by United States of Paris

Epsilon Escape

Le Patient de la Chambre 8
Durée : 70 min
Fouille : 3/5
Manipulation : 3/5
Réflexion : 3/5
Immersion : 4/5
Originalité : 4/5
Difficulté : 3/5

137, boulevard de Sébastopol
75002 Paris

Contact
mail : reservation@epsilonescape.fr
Tel : 09 67 77 95 81

Plus d’infos et réservations  sur le site d’Epsilon Escape
Espace privatisable pour les entreprises et les particuliers

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Louis-Jean Cormier : interview en (hyper) liberté pour Les Grandes Artères

Louis-Jean Cormier, c’est la VOIX de Karkwa, un des groupes les plus réputés au Québec.
5 ans après notre première rencontre avec le band, le chanteur revient en solo avec son deuxième album solo : Les grandes artères.
Interview en douceur avec cet auteur compositeur qui a été juré dans l’émission La voix, le The Voice québécois.
Louis-jean Cormier : un cousin d’outre-Atlantique qui affiche un big smile de présenter son album en France, entre confidences et excitation du challenge.
En concert dans le cadre du Festival Aurores Montréal, le 5 décembre au Divan du Monde.

SELFIE INTERVIEW

Selfie exclu pour US of Paris
Selfie exclu pour US of Paris

 

USofParis : Arriver en solo avec son album sur le sol français, ce n’est pas un peu déstabilisant ?
Louis-Jean Cormier :
C’est une bonne question.
Je répondrai : non, pas du tout, c’est pas intimidant.
Premièrement, avec les cinq dernières années où j’ai commencé à œuvrer en solo, j’ai réussi à m’affranchir du reste du groupe, à établir une nouvelle carrière en parallèle. Une carrière qui a pris son envol et qui a même finalement gonflée et explosée.
Je dirais même qu’il y a une part d ‘excitation. Parce que j’ai, avec le temps, réfléchi et gagné en maturité puis en expérience.
Je repars vraiment de zéro mais avec un petit rictus en coin, avec l’idée que je pourrais peut-être être un peu plus fin stratège dans la commercialisation.
Il y a une partie d’excitation qui me vient de la différence entre la popularité et la notoriété que j’ai chez moi vs le « Ground Zero » d’ici.

Ça rend modeste ?
Ben oui mais je ne pense pas que j’ai manqué de modestie. Il y a l’orgueil qui se retrouve un peu…

Mais il faut tout prouver à nouveau… Il faut vraiment tisser des liens avec les journalistes, avec le public.
Oui, mais je suis content car l’expérience que j’ai eu chez moi je suis en train de la mettre en œuvre ici, à bon escient, j’essaie du moins. On commence, on est à la genèse de tout ça.

Mais tu es prêt à aller jusqu’où pour vendre ton album, pour te faire connaître en France ?
Je suis prêt à aller très loin.
J’aimerais beaucoup tenter le coup de la visibilité. Parce que justement j’ai des jeunes enfants à la maison, j’ai une vie chez moi qui est difficile à laisser de côté. Je ne pourrais pas venir vivre ici pendant longtemps, ce que je devrais probablement faire si je veux vraiment que ça marche. Parce que je sais que je détiens quelque chose qui peut rayonner de lui-même, j’essaye de le dire en toute humilité.
Donc peut-être m’infiltrer à la télévision, m’infiltrer, justement, en premières parties d’artistes que j’aime et qui sont connus. Et travailler aussi à créer un buzz internet à distance et ici aussi.

Qu’est-ce que le public français ne sait pas de toi ?
Euh … tout ! (rires)
Le public français ne connaît rien de moi.
Mais ce qu’il devrait savoir c’est que depuis longtemps j’ai un milieu d’expression de chansons francophones.

J’ai vraiment besoin de chanter en français, c’est la langue dans laquelle je rêve la nuit. Mais peut-être à cause d’un contexte géographique, depuis toujours, et avec Karkwa et avec mon projet solo, on arrive à faire une musique qui est très dense, costaude, atmosphérique qui est souvent plus dans un bagage anglo-saxon. Et puis l’accent québécois, la poésie, la façon dont on écrit, s’insère dans cette musique là d’une façon relativement cohérente. C’est les commentaires que je reçois de la plupart de mes amis français : auteurs-compositeurs, journalistes et autres. C’est à quel point ce mariage d’expressions francophones et de musique est vraiment intéressant, loin de la chanson française.

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Il y a des tournures, des expressions typiques du Québec dans cet album. On n’a pas forcément l’habitude de les entendre donc elles retiennent notre attention.
Oui il y a une petite touche d’exotisme.

Et l’accent joue aussi. Beaucoup d’artistes québécois qui viennent en France ne le gardent pas quand ils chantent.
Tu as mis le doigt dessus. Il y a beaucoup, peut-être trop, de chanteurs, chanteuses à grande voix (on ne commencera pas à les nommer) qui ont un français très international et qui n’ont peut-être pas cette petite épice de plus.
Ce qui est drôle c’est qu’avec Karkwa c’était le même commentaire et les gens venaient nous dire : « C’est fou sur le disque vous avez un accent, puis en spectacle vous n’avez pas d’accent ». Probablement que quand on est sur place, comme là, quand je vous parle, j’ai déjà un accent qui est différent, je m’exprime d’une manière différente. En chanson aussi.

Lors de ton interview précédente au téléphone, j’ai noté une phrase : « on fait aussi des chansons pour se vider le cœur ». C’est poétique !
Oui, parfois on a des élans de poésie. 🙂

Oui mais dans le sens : un cœur qui souffre, un cœur qui aime ?
Un cœur qui a besoin de s’exprimer. Un cœur qui refoule peut-être, qui a trop accumulé de choses et qui les ressort d’un coup sec.
Il y a des chansons qui vont prendre des mois, voire des années à être écrites et puis il y en a d’autres qui vont sortir en 10-15 minutes.

Justement dans cet album, quelle est la chanson fulgurante ?
Un des textes fulgurants, c’est Faire semblant.
Mais la chanson fulgurante, officiellement, c’est la première : Si tu reviens. Elle est née en une demi-heure : paroles et musique. Ça a été assez foudroyant et c’est une chanson toute simple. C’est une chanson bricolée et en même temps c’est une chanson sur le bricolage, sur l’amour bricolé.
C’est ce sentiment intérieur que c’est quelqu’un d’autre qui l’a écrite. Ça arrive généralement une ou deux fois par disque.

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En parlant de « vider le cœur », les chansons sont assez nostalgiques. Ce sont des chansons de rupture ou de l’enfance qui s’éloigne ?
Les deux. J’aime beaucoup le concept de la mélancolie dans la musique. Victor Hugo disait « La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste », de prendre plaisir à faire quelque chose de triste. Il y a ça dans ce disque-là.
C’est sûr que je vivais des choses à la maison, dans ma vie personnelle, je voyais aussi beaucoup d’amis vivre des choses aussi. Donc j’ai été inspiré par ce truc générationnel qui est arrivé en 2015 pour les gens de la mi-trentaine où tous les couples se sont séparés. Ça s’est fait chez nous, je ne sais pas chez vous. 🙂
Mais Marie-Pierre Arthur a fait un disque de rupture, Ariane Moffatt aussi. Cette année-là, tout le monde a fait un disque de rupture.
Donc c’est la mélancolie mêlée au questionnement qui fait que ça devient, d’après ce que j’en reçois comme commentaire, presque thérapeutique. Pour les gens qui vivent la rupture, pour les gens qui se questionnent sur la rupture. J’ai reçu une tonne de commentaires au Québec disant « Merci, ton disque m’a fait du bien parce qu’il m’aide à broyer mon noir. »

Et est-ce qu’il y en a un qui t’a particulièrement touché ?
Je pense que le commentaire qui me touche le plus en ce moment au Québec c’est les jeunes qui viennent me voir. Contrairement à ce que je pensais, mes salles se sont remplies de jeunes, adolescents, début de l’âge adulte, qui viennent me dire « Merci, c’est grâce à toi si maintenant j’écoute de la musique francophone ». Et ça c’est le plus beau commentaire parce que pour nous chanteurs français dans un milieu où on est entouré d’anglophones. Chanteur français c’est presque un geste politique.

Ça vient de jeunes québécois ou des Canadiens anglophones ?
J’ai des Anglos qui me disent « J’aime pas la musique francophone mais avec toi, je l’aime. Je ne comprends pas pourquoi.»
C’est un bagage musical aussi. Avec Karkwa, on nous dit souvent que notre musique était aussi divertissante que les mots et que les anglophones pouvant avoir beaucoup de plaisir dans un nos concerts même s’ils ne comprenaient fuck rien.

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Il y a une construction particulière dans la composition de tes chansons : c’est les ruptures de rythme. C’est quelque chose que j’adore. On passe d’une partie guitare seule à un truc plus énergique, pour revenir à la guitare seule.
En fait, c’est une identité musicale qu’on m’a attribué avec le temps. Avec Karkwa. c’est même devenu notre marque de commerce. Pour mon premier album solo, les gens disaient que j’étais un compositeur escarpé. Je trouve ça bien, que finalement on aime les chutes libres, les gaps, les cliff (les trous, les falaises NDLR).
J’écoute beaucoup de musique. Il y a un Américain qui s’appelle Sofiane Stevens qui fait de la chanson folk, et ça éclate. Franck Zappa, je l’ai écouté beaucoup quand j’étais à l’école. On ne peut pas être pas plus excentrique, éclectique et escarpé mais ça me plait.
Et il y a mon bagage de musique classique qui me nourrit beaucoup. Je trouve qu’avec la musique symphonique ça se passe dans l’absence de carrure, de compartiment, contrairement à la chanson pop. La musique classique c’est justement dans le mouvement que c’est bon : accéléré, ralenti, coupé, forté. La nuance, oui.
On est plusieurs à vouloir faire un produit qui s’inspire de ça, dont mon ami Patrick Watson, qui fait de la musique anglophone. Il est très Debussy, Jeff Buckley. C’est ça la musique finalement.

Le regard français sur ton disque est-il différent de celui québécois ?
Je recueille comme commentaire que l’on entre dans Les Grandes Artères comme on entre dans un livre. Il y a une sorte de storytelling. C’est super important quand je réalise un disque pour moi, ou pour d’autres, que l’ordre des chansons soit cohérent. S’il y a une répétition dans le texte, c’est dans un but d’homogénéiser les chansons, à l’image d’un long métrage. Parce que si l’on choisit la lecture aléatoire sur un lecteur, c’est comme si l’on voyait un film dans le désordre. Ça peut donner des choses intéressantes comme Tarantino, mais ça peut faire un gros fouillis aussi.

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Tu as besoin de déconnecter quand tu es en création, d’arrêter d’être en connexion avec le monde, avec les réseaux sociaux ?
Faire pause, faire silence, je ne sais pas. C’est plutôt être capable de déconnecter à l’intérieur. J’ai une fascination pour ma facilité à tomber dans la lune. Souvent il faut que je sois dans un café ou dans un endroit où ça bouge beaucoup. Je me rappelle l’école. Ce que j’aimais le plus faire, c’était de ne pas écouter le professeur. Je suis même retourné en étudiant libre à l’université, à un moment donné, pour écrire des chansons parce que j’aimais ne pas écouter le prof.
Dernièrement, j’ai fait une retraire d’écriture dans un chalet pour Les grandes artères. C’est la première fois de ma vie que je faisais ça. Et c’était bien. Peut-être que le silence m’a amené à écrire beaucoup de textes  introspectifs. Il y a forcément un peu de thérapeutique là-dedans, pour moi.

Pour finir, une adresse, un bon spot à Montréal que les touristes français ne peuvent pas connaître ?
Mon bar secret mais qui est ouvert à tous, c’est un bar japonais qui fait des cocktails de façon incroyable. Le bar fait un grand B parce que le propriétaire a aussi un restaurant qui s’appelle le Big In Japan. Le Big In Japan a un bar caché qui est juste à côté du Patati Patata au coin du boulevard St Laurent et de la rue Rachel. Il y a une porte avec un sigle japonais. Et quand on rentre on est dans un monde étrange. C’est vraiment fabuleux !

Interview by Alexandre et Emmanuel

Louis jean Cormier album Les grandes artères interview Karkwa United States Of Paris
Louis-Jean Cormier

nouvel album : Les Grandes Artères
(Yotanka)

En concert à Paris : le 5 décembre (Divan du Monde), dans la cadre du Festival Aurores Montréal
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Rock en Seine 2016 J3 : Iggy Pop, Aurora, Gregory Porter

Rock en Seine 2016. 3e jour de festival planant et toujours aussi déluré en matière de looks.
Un Mon Poney et un viking ont été aperçus dans le Domaine national de Saint-Cloud. Deux espèces rares à observer.
Mais toute l’attention était sur Iggy Pop, 69 berges au compteur, Gregory Porter, Aurora, Foals et Ghinzu et Mike Snow.

 

Festivalier viking Rock en Seine festival musique domaine national de saint cloud photo usofparis blog

Rock en Seine 2016 Gregory Porter Iggy Pop Aurora Miike Snow photo usofparis blog

Gregory Porter : la classe !

Gregory Porter short live concert Rock en Seine 2016 festival Paris stage photo usofparis blog

Le chanteur californien s’est autorisé une petite entorse à son look. Il porte ce dimanche un bermuda !
Il reste toutefois très classe, avec son gilet et ses chaussettes montantes sur mollets.
Le crooner nous dévoile la bande-son idéale pour un après-midi en amoureux.
Un couple se susurre des mots doux à l’oreille. Puis les amoureux s’échangent quelques gestes plus proches de la langue des signes et qu’eux seuls peuvent comprendre. #lovely

Gregory Porter live concert Rock en Seine 2016 festival Paris stage photo usofparis blog

« There will be no love dying here ». Gregory Porter dédicace cette chanson au public français.
Le chanteur ne joue pas dans la force vocale mais toujours dans l’émotion, la chaleur humaine.
Il n’y a pas avec lui de gros trucages que certains artistes américains aiment tant nous déballer.
Taper dans vos mains au rythme de votre cœur” la poésie est présente à chaque instant.
Ces bonnes intentions redonnent du baume au cœur, simplement, doucement.

Miike Snow : ça plane !

Miike Snow live concert Rock en Seine 2016 festival paris stage photo usofparis blog

Un peu moins de câlins, à première vue, dans le public de la scène de l’Industrie pour le live de Miike Snow.
Pour autant, sa pop ne manque pas d’empathie. De belles envolées nous font planer, repenser à notre été, la plage.
C’est gracieux, un peu hippie, certainement à cause de ses cheveux longs.
Ça touche forcément.

Iggy Pop : fuck me, baby!

Iggy Pop live concert Rock en Seine 2016 festival paris stage photo usofparis blog

L’Iguane balance une salve de tubes direct, histoire que personne ne le confonde avec un autre. Torse nu à son habitude, Iggy Pop arrive au pas de course. La démarche est plus hasardeuse ; une hanche, une jambe semble le malmener. Mais il ne s’économise pas pour autant. Il arpente la scène avec aplomb, excite chaque centimètre de spectateur dans son champ de vision.

 

 

I wanna be your dog et le chanteur prend son premier bain de foule en descendant de scène. Suit The Passenger, le pied.
Et l’hymne générationnel du film Trainspotting : Lust for Life.
Five foot one reprend la main sur les titres un peu moins connus des néophytes.
La communion reste totale. Les mains se lèvent.
Serait-ce la dernière fois que l’on verra l’iguane fatigué sur une grande scène en plein air ? On ne l’espère pas en tout cas.

Aurora, la révélation 

Dessin fans draws for Aurora music live concert Rock en Seine 2016 festival Paris stage usofparis blog

Au premier rang, deux jeunes filles tiennent deux cartons colorés représentant la chanteuse venue du nord de l’Europe.
Un petit drapeau norvégien est tenu du bout des doigts, juste derrière.

Aurora music live concert Rock en Seine 2016 festival Paris stage photo usofparis blog
Après l’Ocean of noise du groupe Editors place à l’« ocean of human heads » qui séduit la tendre Aurora. Elle n’en revient pas d’avoir autant de public devant elle et le remercie d’être venu à sa rencontre. Touchant, forcément.
Il est plaisant de la voir sourire, les deux mains accrochées à son pied de micro, à la fin des chansons à l’écoute des applaudissements.
“C’est vraiment génial de chanter en France, le public est vraiment incroyable !”

Aurora live concert Rock en Seine 2016 music festival Paris stage photo usofparis blog
La chanteuse-efle très expressive laissera tomber ses écouteurs pour apprécier les cris de son public sur le dernier titre Conqueror. Brillant !
Impressionnante performance pour une toute jeune chanteuse de 20 ans.

Enfant public Rock en Seine festival musique domaine national de saint cloud néons dans la nuit photo usofparis blog

Rock en Seine 2016 c’était au total 110 000 festivaliers
SAVE THE DATE, l’édition 2017 aura lieu les 25, 26 et 27 août.

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