Depuis 13 ans, Sonos innove dans le rendu sonore haut de gamme grand public et en pionnier, se lance dans les enceintes wireless (connexion sans fil via wifi), il y a 6 ans déjà. Aujourd’hui, la marque américaine nous dévoile deux nouveautés : son modèle historique PLAY:5 version 2.0 et une application qui va bouleverser vos oreilles et l’écoute de vos tubes préférés directement chez vous : l’appli Trueplay.
Qu’est-ce que Sonos ?
Sonos PLAY:1
Sonos est avant tout une société qui souhaite offrir, à ses clients, le meilleur son possible et surtout le plus fidèle au enregistrement d’origine. Pour preuve, le compositeurHans Zimmer(Inception, Pirates des caraïbes, Moi moche et méchant…) est un des conseillers technique de la marque : un gage de qualité car il a un quasi final-cut sur la qualité sonore des produits.
La gamme resserrée est une réelle volonté de Sonos afin de garantir des produits toujours au top. Elle rassemble trois enceintes “classiques” – PLAY:1(1 haut-parleur), PLAY:3 (3 haut-parleurs) et PLAY:5(5 haut-parleurs) – et 2 systèmes pour home cinéma PLAYBAR et SUB.
L’originalité du système Sonos est que vous pouvez vous créer un réseau d’enceintes via votre wifi en combinant tous les types d’enceintes entre elles. Un réseau qui est contrôlé par une appli simple qui vous relie à Deezer, Spotify ou Qobuz, et à des webradios de tous les pays en plus des musiques déjà stockées sur votre smartphone. Mais qui n’a rien à voir avec Trueplay…
Et même votre vieille chaîne hifi peut se connecter à ce réseau grâce au boitier Connect.
Attention tout de même, les produits Sonos de sont pas nomades, car alimentés par secteur.
La révolution Trueplay.
Pour faire simple la nouvelle application Trueplay vous donne la possibilité d’adapter, via votre smartphone ou votre tablette, le rendu des enceintes Sonos avec l’acoustique de la pièce pour un rendu parfait le plus fidèle possible à l’enregistrement original. Et cela quel que soit la position de l’enceinte dans la pièce.
Sur le blog, difficile de vous faire la démonstration de la différence entre une enceinte à l’état naturel et une enceinte optimisée.
Mais, dans la cuisine témoin avec une PLAY:1 placée dans un recoin, bien cachée par des meubles, on semble redécouvrir la musique.
En quelques minutes et en 2 étapes, grâce une analyse de l’acoustique de la pièce et un algorithme unique, les basses sont adaptées, les aigus corrigés et ceci en un clin d’oeil pour un résultat véritablement inouï.
En plus, Trueplay sera utilisable par les propriétaires d’anciennes enceintes PLAY:1,PLAY:3 et PLAY:5, mais ne fonctionnera pas encore avec la PLAYBAR et les home cinéma.
D’ailleurs, si vous avez créé votre réseau d’enceintes à travers votre appartement, vous pouvez régler le rendu indépendamment pour chaque pièce.
Le seul inconvénient, Trueplay est exclusivement disponible sur iOS. La raison principale est une grande disparité de sensibilité et de qualité des micros présents sur toutes les marques avec les systèmes Android et Windows.
Sonos PLAY:5 en démonstration
PLAY:5 nouvelle génération
L’autre nouveauté lancée aujourd’hui par Sonos est la PLAY:5 liftée pour une nouvelle vie dans votre salon : 6 haut-parleurs au lieu de 5, un design rajeunit et lissé mais toujours la même idée de sublimer la musique. Et c’est Giles Martin, producteur de disques et compositeur (il a travaillé pour le jubilé de la Reine Elisabeth II, le Cirque du Soleil, Martin Scorcese ou Paul McCartney) qui a été conseiller technique pour cette évolution de la PLAY:5.
Du rap à l’électro, du classique au rock et même un blues dépouillé d’instrument, le rendu sonore est vraiment impressionnant avec une seule enceinte. Des basses puissantes mais qui ne surpassent pas le reste des instruments qui d’ailleurs se détachent merveilleusement les uns des autres. Les ingénieurs ont aussi travaillé sur le meilleur rendu de la stéréo.
Là où ce lifting prend tout son sens, c’est avec l’appairage de deux PLAY:5 pour créer un vrai système de stéréo.
Couplé avec Trueplay, les enceintes arrivent même à adapter cette stéréo à votre mode d’écoute : explications.
En mode cosy sur votre canapé – donc avec un point unique d’écoute – la stéréo est parfaite. Mais imaginez que vous soyez en soirée avec vos amis, à des points divers de la pièce. En passant les enceintes de la verticale à l’horizontale, la stéréo se développe et vous la retrouvez parfaitement à quelques endroits de votre pièce.
Dernière évolution pour la PLAY:5, les boutons physiques disparaissent pour faire place à une interaction tactile.
Nous sommes déjà fans de ces 2 nouveautés : l’appli Trueplay et la nouvelle PLAY:5 !
Retrouvez toutes les infos sur les produits Sonos sur le site officiel
Les Coréens n’ont pas fini de vous bluffer. Séoul, vite, vite est une des nombreuses expositions de la nouvelle édition de Lille 3000, sous-titrée Renaissance pour l’année 2015. Le Tripostal vous embarque pour une spectaculaire immersion dans le foisonnement artistique de ce pays dont l’incroyable croissance n’a pas fini de nous surprendre.
Urbanus Female, 2006, Choe U-Ram
Et l’univers qui nous frappe en premier est sans aucun doute celui de Choe U-Ram qui invente des machines mi-insectes, mi-fleurs avec un petit côté Alien – si l’on n’était pas sûr à 100% qu’elles étaient bien domestiquées. Ces créations-créatures sont des sujets de fascination subjuguants. Urbanus Female est une sorte de fleur métallique qui ouvre ses pétales avec un tourbillon lumineux en son centre. On la croirait sortie tout droit du futur, native d’une forêt ou jungle inconnue, abandonnée.
Urbanus Female, 2006, Choe U-RamNox Pennatus, 2005, Choe U-Ram
Une autre installation joue de ses tentacules pour une chorégraphie originale et mécanique. Alors qu’un manège (Merry-Go-Round) nous emporte dans un tourbillon vertigineux. Enfin, une boule à facettes dernier cri vient clôturer cette rencontre. URC-1 est, en fait, constitué de phares de voitures. L’effet est saisissant. Votre appareil arrivera-t-il à le saisir ?
l’artiste Choi Jeong Hwa
Juste avant, l’entrée de l’exposition se fait dans une sorte de capharnaüm organisé. Choi Jeong Hwa, qui a dispersé en plein Lille ses arbres à fruits et autres fleurs gonflées, nous donne une idée de son atelier-maison où il amasse toutes sortes d’objets plus ou moins pieux, plus ou moins utiles. C’est barré, coloré, festoyant !
Des bouddhas rieurs jouent des coudes avec une Vierge rouge velours ou une statue africaine. Sans oublier les bustes argent à l’effigie de Warhol, le Dieu pop du panthéon de cet artiste farceur.
Au 1er étage, initiation avec les DVD-Bangs, sortes de refuges pour la jeunesse coréenne. Amusant pour une pause en amoureux ou entre amis.
High School Uni-form, 1996, Do Ho Suh
Avant de pénétrer la réplique d’un appartement coréen – prière de laisser vos chaussures à l’entrée – deux autres oeuvres frappantes. L’armée d’uniformes d’étudiants de Do Ho Suh qui évoque l’imposante masse que peut représenter l’univers scolaire pour les Coréens.
Suit le montage photographique psychédélique et étourdissant de Jiyen Lee. Les combinaisons d’ascenseurs font perdre tous les repères aux spectateurs.
Above the timberline (détail), 2011, Jiyen Lee
Bien d’autres propositions artistiques dans ce parcours : les retrouvailles de Lee Bul que l’on avait tant aimée à la Fondation Cartier, une initiation à la K-Pop qui déclenche la frénésie de la jeunesse coréenne.
Exposition Séoul, Vite, Vite !
jusqu’au 17 janvier 2016
au Tripostal
avenue Willy Brandt
59000 LILLE
horaires :
mercredi au dimanche : 10h à 19h
fermé les lundi et mardi
Ludique, déroutante, emballante, barrée, tous les adjectifs sont bons pour décrire Take me (I’m yours)à la Monnaie de Paris. Pour autant, il ne s’agit pas d’une déclaration d’amour, mais bien d’une proposition artistique décapante : l’oeuvre n’est finalement pas tout à fait celle qui est exposée ; elle prendrait tout son sens une fois dans votre sac, de retour chez vous. Une expérience à ne surtout pas visiter seul(e).
Attention : pleines performances du 22 au 24 oct à l’occasion de la Fiac.
Dispersion, 1991-2015, Christian Boltanski
Dans la suite logique de la précédente exposition consacrée à l’artiste belge méconnu mais génial, Marcel Broodthaers, la Monnaie de Paris malmène une nouvelle fois nos certitudes en matière d’art contemporain en recréant une expo culte née à la Serpentine Gallery à Londres en 1995. A l’origine, deux artistes Christian Boltanski et Ulrich Obrist, conçoivent un parcours où il est exceptionnellement possible de toucher les oeuvres et, plus surprenant, d’en emporter des bouts.
Postcards, Hans-Peter Feldmann
Des 12 artistes exposés à Londres et présents pour cette recréation, 32 nouveaux viennent composer un générique impressionnant de noms. Gilbert & George, Yoko Ono, Fabrice Hyber, Bernard Lavier, Fabrice Hyber, Douglas Gordon. Et une nouvelle commissaire, Chiara Parisi, vient participer à la mise en scène de cet ensemble hétérogène dans les salles de la Monnaie de Paris.
Wish Tree, 1990-2015, Yoko OnoWish Tree, 1990-2015, Yoko Ono
Ça déborde de partout !
Les oeuvres se sont exceptionnellement répondues dans l’ensemble de la Monnaie de Paris : Wish Tree (arbre à souhaits) de Yoko Ono dans les escaliers – messages amusants, touchants et décalés à lire par tous et toutes -, un oeuf sur les marches, un distributeur de lots à l’entrée des toilettes, sans oublier une montagne de cartes de visite noires dans un étroit couloir.
The Banners, 2015, Gilbert & GeorgeUntitler Revenge, 1991, Felix Gonzalez-Torres
Take me (I’m yours) est une fête foraine d’un nouveau genre et en intérieur. Rien n’est tout à fait sérieux si ce n’est le nom des artistes présentés. Croiser un bac à badges God save the Queen ou un carré composé de bonbons à la menthe au milieu d’une pièce peut prêter à sourire. Il faut savoir aussi observer : est-ce que les autres visiteurs se contentent d’un badge ou d’un bonbon ou sont tentés d’en prendre plusieurs ? Et vous ? Comment réagirez-vous face à la prolifération de certaines pièces ?
Sans titre, 2015, Daniel Spoerri
Et comment résister au squelette comestible de Daniel Spoerri ? Ces petits bouts d’os au sucre et pâte d’amande nous font entièrement relativiser notre propre fin.
Sans titre, 2015, Pawet Althamer
Il faut savoir laisser aussi
Tout n’est pas à récupérer dans votre grand sac en papier signé Boltanski. Il est aussi question de troc avec un atelier pratique, dès votre arrivée à la billetterie. L’institution parisienne étant un lieu de production de pièces, il est donc normal de réaliser la vôtre. Et votre inventivité sera récompensée !
L’achat : si vous souhaitez repartir avec l’écu original aux faces bicolores conçu par Fabrice Hyber.
Free Store, 2009-2015, Jonathan Horowitz
Et enfin, le don. C’est aussi très inhabituel. Il ne s’agit pas ici de participer à une campagne de don pour l’acquisition d’une oeuvre comme cela se fait avec de grands musées comme le Louvre ou Orsay, mais bien de laisser un objet dans un des salons à l’invitation de l’artiste Jonathan Horowitz.
Le jour de notre visite, les visiteurs n’avaient pas été d’une générosité folle : ticket de métro, mouchoir avec empreinte de rouge à lèvres, peigne. Il est arrivé que l’équipe d’accueil aperçoive un casque de moto ou encore plus impressionnant : une machine à écrire. Un acte totalement prémédité !
Beaucoup d’ordres propositions et installations originales sont à découvrir. Ne tardez pas : tout doit disparaitre !
Wish Tree, 1990-2015, Yoko Ono
TAKE ME (I’m yours) sous le commissariat de Christian Boltanski, Hans Ulrich Obrist et Chiara Parisi
jusqu’au 08 novembre 2015
à la Monnaie de Paris
11, quai de Conti
75006 PARS
ouverture : tous les jours de 11h à 19h
nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Eclats de rire et gourmandise font bon ménage cette année à L’Eclair de Génie. Exit les chefs pâtissiers de renom des éditions précédentes (Michalak, Urruca, Marcolini…) le Choc’October 2015 (du 28 octobre au 1er novembre) sera léger, déconnant, mais il n’oubliera pas pour autant les saveurs et autres alliances so #yummy. Et tout ça pour la bonne cause !
Un beau casting de 5 mecs et 1 nana est à l’origine de 6 nouveaux éclairs en édition très limitée – car disponibles uniquement pendant 5 jours. Et attention : chaque année, les best-sellers ne résistent pas longtemps aux gourmands. Les ruptures de stock en fin de journée sont à prévoir et les déceptions sont, bien entendu, nombreuses. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas un tête-à-tête inédit avec un dessert que l’on reverra sans doute jamais ?
Olivier de Benoist et Christophe Adam
Olivier de Benoist a inspiré l’éclair n°151 ; il voulait de la framboise et de la couleur. Et ce très bel alliage de confit framboise fleur d’oranger et de ganache montée dulcey avec de vraies belles framboises posées à la main répond à ses attentes. Avec le petit plus : les morceaux de biscuits de Reims made in Eclair de Génie. Et ne nous faîtes pas dire que c’est notre préféré. Nous ne les avons pas tous goûtés, mais il se dégage du trio que nous avons approché. D’autant qu’il nous rappelle nos barlettes chéries.
Eclair Dulcey-Framboise dans la main d’Olivier de Benoist
L’humoriste est venu passer une tête à la Fabrique, lors de la présentation des nouveautés à la rentrée, pour goûter cette petite merveille qu’il a inspirée. Comme nous, il n’a pas été déçu.
On attend avec impatience de décrocher un duo avec n°148, l’éclair tiramisu de Jérémy Ferrari. L’attente est grande, est-ce que la chantilly mascarpone va nous mettre KO ?
L’imitateur Marc Antoine Le Bret a voulu, lui, du chocolat blanc pour lui rappeler son enfance et Régis Mailhot avait en tête un duo puissant chocolat cerise.
Les pronostics vont forts aussi concernant l’éclair de son maître. L’éclair caramel chocolat signé Christophe Adam, himself, va-t-il enflammer les ventes ?
Parce qu’on est bien d’accord que, comme chaque année, on ne lésine pas sur les dépenses et on déguste et partage un max en soutien à Retinostop. Pour chaque éclair acheté, 1 euro reversé à l’association qui lutte contre le cancer de la rétine.
En 2014, plus de 11 000 euros récoltés grâce aux ladies pâtissières comme Stéphanie Le Quellec (l’Hôtel Prince de Galles), Céline Leroy (restaurant Apicius) ou encore Claire Heitzler (restaurant Lasserre).
Mobilisation générale à partir du 28 octobre pour exploser une nouvelle fois la cagnotte !
Choc’October 2015 du 28 octobre au 1er novembre
avec Emi, Olivier de Benoist, Marc Antoine le Bret, Jeremy Ferrari, Régis Mailhot et Christophe Adam
dans les 6 boutiques parisiennes de L’Eclair de Génie :
Marais, Odéon, Réaumur,
La Fabrique,
Lafayette-Gourmet, Carrousel du Louvre
le 31 octobre, Christophe Adam sera en tournée pour une dégustation dont il a le secret, avec son équipe, et réservée aux 100 premiers visiteurs de ses boutiques. Ouvrez l’oeil, le programme sera dévoilé courant octobre.
Le rouge à ses lèvres rappelle ces femmes modernes des publicités des années 60, son port droit a l’élégance d’une dame du monde et son large sourire aguiche gentiment ses interlocuteurs. Posée et un brin sérieuse, Zaza Fournier sait également se moquer d’elle-même, comme dans ces petites vidéos mises en ligne à l’occasion de la sortie de son troisième album, Le Départ, le 16 mars dernier. Après un concert parisien le 20 septembre dernier, la chanteuse de 30 ans rechaussera son accordéon les 2 et 3 octobre prochains, au Théâtre Romain Rolland, à Villejuif. Entretien.
USofParis : Ton troisième album est moins sucré que le premier. C’est Camille qui est triste ou c’est le personnage de Zaza Fournier qui est mélancolique? Zaza Fournier : On parle toujours de soi. C’est un confort que je me suis accordé mais il ne s’agit pas de se planquer derrière un personnage. Zaza, c’est moi puissance 1 000. On ne m’appelle quasiment jamais par mon vrai prénom. Quand les gens qui me connaissent uniquement à travers mon travail m’appellent Camille, j’ai l’impression qu’on est en train de me regarder les seins. Mon prénom est réservé aux gens très proches et à ma famille, même si la frontière entre Zaza et Camille s’efface petit à petit. Je deviens de plus en plus naturellement celle que je donne à voir sur scène, celle que j’ambitionnais d’être plus jeune.
Dans ton album Le départ, tu imagines partir sans revenir. Ça y est, la décision est prise?
Je n’ai pas l’impression de donner une réponse mais plutôt de décrire cet état dans lequel nous nous trouvons avant de faire un choix. D’ailleurs, dans la chanson Le départ, on ne sait pas si elle franchit le pas. Cet homme qui va venir la chercher, existe-t-il vraiment ?
Tu parles beaucoup d’amour, de séparation. Ce sont des sujets d’inspiration intarissables ?
L’amour en soit, oui, ça m’inspire. Ce qui m’intéresse, c’est la tentative d’être ensemble, car l’être vraiment, c’est difficile. Je ne parle pas uniquement de vivre côte à côte. Vraiment se rencontrer, c’est dur et ça demande une forme d’exigence dans les rapports. Mais c’est aussi la chose la plus passionnante au monde.
Aujourd’hui, je ne sais pas si je suis plus mature, mais quand j’ai écrit le premier album, je ne m’intéressais qu’aux chansons d’amour. Mes intérêts ne sont plus uniquement tournés sur ça. A 20 ans, on veut tous rencontrer quelqu’un avec qui vivre moins seule.
Vivre moins seule ?
Oui, je crois qu’on reste tout le temps seul. Il y a des moments de grâce, heureusement, où on arrive à être ensemble. On peut vivre à l’inverse physiquement proches, comme à Paris, avec ses enfants, sa famille et être très seul.
Paris t’inspire donc de l’amour et une certaine solitude ? As-tu un rapport particulier avec ta ville ?
Dans mon travail, sûrement. Mon grand luxe est de pouvoir partir. J’arrive à être heureuse à Paris quand je suis en tournée. Je vois maintenant ce qu’elle peut m’apporter. Ca me gratte toutefois d’aller voir ailleurs. Peut-être en province. Ça me semble impossible de vivre tout le temps au même endroit. Mais c’est certainement une action à mettre sur ma liste de choses que j’aimerais faire et que je ne ferai jamais.
Comment s’est passé le festival d’Avignon l’été dernier ?
Une des expériences les plus enrichissantes de ma vie. Il fallait mettre la main à la pâte, travailler dur et beaucoup jouer, sur une période resserrée. J’avais peur de la fatigue vocale. Mais je me suis bichonnée, j’ai beaucoup dormi et ça s’est très bien passé. J’en veux encore ! Je suis à deux doigts de proposer un spectacle pour l’année prochaine.
Avec un 4ème album ?
Je ne sais pas s’il y aura un quatrième album. J’écris tout le temps et j’aimerais peut-être proposer quelque chose d’autre. En tout cas, j’aimerais un spectacle plus écrit, qui mélange la musique et le théâtre. Mais c’est encore un peu tôt pour en parler.
En explorant d’autres genres musicaux ?
Non, je n’en ai pas envie. On m’a reproché d’avoir fait un deuxième album différent du premier. La création est pourtant un mouvement perpétuel. Ce mouvement m’intéresse et ma singularité est le trésor que je vais préserver. Le drame aujourd’hui, c’est que tout le monde doit se ressembler car la singularité fait flipper.
Certaines de tes chansons évoquent le genre ou le féminisme. C’est une forme d’engagement ?
Le genre m’a toujours intéressé. J’en parle dans le premier album, avec la chanson Mademoiselle. Dans mon dernier album, Garçon lui répond un peu mais c’est aussi une façon souriante de provoquer la discussion sur le féminisme. Je suis toujours étonnée quand je lis que la femme en France est l’égale de l’homme. C’est faux ! Il y a mille exemples qui le prouvent. Le premier, incontestable, c’est l’égalité salariale. De plus, une femme est encore sous le joug de l’homme, qui soit disant ne peut pas contrôler ses désirs. Se libérer de la tyrannie, ce n’est pas facile. Par ailleurs, quand on voit la façon alarmante dont on considère les femmes dans certains pays du monde, je crois que nous n’avons pas d’autre choix que d’être féministe. Pas de façon agressive, mais avec pédagogie et le sourire.
Début septembre, aux Studios Ferber de Zamora, l’équipe a rencontré Pascale Picard, la charmante québécoise qui signe son grand retour en France avec la sortie de son troisième album All Things Pass. Six ans séparent ce nouveau disque du succès de Me, Myself and Us. Il était nécessaire de remettre les pendules à l’heure de son pays, prendre de nouvelles après cette longue absence et savourer son sourire éclatant avant de la retrouver en live en tournée en France et au Petit Bain à Paris, le 2 décembre.
INTERVIEW SELFIE ! ou quand Pascal Picard n’a pas trop beurré pour son retour en France et nous, on a capoté !
UsofParis :Peux-tu te présenter en quelques mots pour que nos lecteurs puissent savoir qui tu es, comment tu en es venue à la musique ? Pascale Picard : Ok. En quelques mots, ça risque d’être compliqué car je suis quelqu’un qui parle énormément. (elle insiste sur ce dernier mot)
Ça c’est les Québécois…
Ah oui hein ? Nous, on est comme ça, on blablate.
Donc je suis une Québécoise, j’ai 32 ans. Je joue de la guitare depuis l’âge de 13 ans. Avant ça, un peu de batterie et de piano. Toujours en autodidacte parce que je ne suis pas capable de supporter les cours.
Quand j’ai attrapé la guitare à 13 ans, je connaissais 2-3 accords, j’ai accroché et je me suis mise tout de suite à écrire de la chanson. Je faisais les répertoires d’autres artistes aussi.
Puis à 18 ans, au Québec c’est l’âge légal pour pouvoir rentrer dans les bars. J’ai donc commencé à jouer dans des bars et des restaurants.
J’ai fait une démo de 3 chansons, j’en ai fait des copies. J’ai dit aux gens de partager ma musique gratuitement, car on voulait que ça voyage. Et finalement cette démo est arrivée dans une station télé qui faisait plus des vidéos clips au Québec. Ils avaient une émission Les pourris de talents, qui était une tribune pour tous les talents, il y avait des humoristes, des magiciens, des poètes, des musiciens,…
selfie exclu pour le blog #UsofParis
Un peu comme Incroyable Talent, America’s Got Talent ? Oui c’est ça. Sauf que c’est un concept qui a duré qu’une seule saison et qu’il n’y avait pas de gagnant à la fin. Il y a plusieurs artistes qui sont sortis de cette cuvée.
J’ai eu beaucoup de beaux commentaires sur internet, par téléphone, quand je suis passée dans cette émission. Les producteurs de l’émission avaient un label, ils m’ont proposé un contrat. J’ai donc fait Me, Myself and Us avec eux. C’est sorti au Québec et on a eu un accueil qui a dépassé nos attentes.
On avait 5 500 copies de l’album, il était « back order » après une semaine. C’était vraiment un rêve, un conte de fées. La chaîne où est passée l’émission était une chaîne câblée, ce n’était pas une Star Academy, tu vois ? Des journalistes nous ont beaucoup aidés en nous donnant beaucoup de visibilité, les gens nous ont suivis dans cette aventure-là.
Un producteur de France, qui était en voyage au Québec à ce moment-là, a entendu Gate 22. Il a vraiment adoré. Et il a racheté notre contrat et sorti l’album en 2008 en France. Quand on est arrivé ici, on nous connaissait déjà, c’était assez fou. On passait beaucoup en radio.
On est entré par la petite porte au Québec en chantant dans des petits bars avec 30 personnes, et ici on est entré par la grande porte avec le premier concert à La Cigale. L’album venait de sortir, on pensait qu’il y allait avoir 200-300 personnes et que le reste ce serait des journalistes et des invits, mais c’était complet. On nous a même remis un disque de platine, j’crois.
C’est fou comment ça s’est passé ici. On est parti en tournée pendant 6 mois en 2009 entre la France, la Suisse et la Belgique. On a eu un super accueil des Français.
Tu vois, je t’ai dit « quelques mots » mais je peux continuer encore. Mais voilà c’est ça, c’est un peu moi.
Et donc Pascale Picard c’est un groupe ? Oui, c’est ça.
Avec la même formation depuis le début ? Le bassiste, c’est le bassiste original Philippe Morissette. Le guitariste a changé, c’est Louis Fernandez depuis 5 ans déjà. Puis, on en est rendu à notre troisième batteur, Marc Chartrain, qui est avec nous depuis 6 ans. C’est une relation assez stable quand même.
Comment se passe la création ? Je sais que tu écris les textes, mais la musique ? C’est moi aussi. Je fais pas mal tout. Mais l’accord du groupe est important, au niveau des arrangements, par exemple. Tout le monde amène sa touche et s’implique. C’est vraiment une démocratie à l’intérieur du groupe, où on prend les décisions ensemble, on fait les choix ensemble.
On doit te poser souvent la question. C’est ton grand retour en France avec ton troisième album, il y en a eu un deuxième qui est seulement sorti au Canada, pourquoi ? C’est normal, c’est une question qui se pose. Nous, on a voulu qu’il sorte ici. Universal a acheté un album déjà fait (le premier), quand on a travaillé sur le second, on a fait des expériences et il y a eu des divergences d’opinions. Tu sais c’est une major, ils nous ont permis de le sortir au Québec en nous disant qu’il sortirait un peu plus tard en France. Et ce n’est pas arrivé pour x raisons.
Et comme je t’ai dit en ayant pas d’album, on n’a pas la possibilité de venir tourner ici en France. On se disait toujours : ce sera pas long, ça va se régler. Et finalement, ça a été plus long que prévu. Le temps qu’on rencontre une nouvelle équipe, de travailler dessus. Ça a pris 6 ans pour qu’on revienne ici. Mais on n’a pas chômé entre temps.
Il y a eu la BO de la série Trauma aussi.
T’es bien informé. C’était des reprises avec « le band » presque guitare-voix, pour la bande originale de la série de Trauma.
Comment s’est passée cette rencontre ? Comment as-tu été choisie ? Je pense qu’au Québec mon travail est assez connu. Fabienne Larouche a demandé à Ariane Moffatt de faire les saisons 1 et 2, j’ai fait la 3 puis ensuite il y a eu Martha Wainwright et Coeur de Pirate. Elle va vers des filles. C’est une femme, donc je pense qu’elle aime aller vers des femmes. J’adore la série, j’avais adoré le travail d’Ariane Moffatt sur la série. Quand elle m’a contacté j’ai dit « Oui ! Oui ! Oui ! », peu importe les conditions.
On s’est assise avec Fabienne Larouche chez elle, on a pris un thé. Elle m’a dit moi ce que je veux c’est toi, je veux pas ton « band ». Je lui ai dit que je mettrais le « band » mais qu’elle ne l’entendrait pas. Elle ne voulait pas quelque chose de rock. J’ai pas eu beaucoup de contraintes, elle m’a donné une très grande liberté. Elle m’apportait les chansons et on choisissait ensemble. J’ai même apporté des alternatives. Elle voulait quelque chose d’hyper soft. Je lui ai envoyé les versions guitare-voix, elle a trouvé ça merveilleux. Je suis allée en studio avec les gars, on a enregistré l’album et voilà.
C’était une super expérience. Et ça m’a servi pour le troisième album, d’y aller le plus sobrement possible, laisser respirer les chansons. Juste faire une bonne chanson, ne pas essayer de l’étouffer. Sur le deuxième album, on voit qu’on avait envie d’en mettre plein la vue. De savoir qu’on nous attendait, d’avoir eu le succès du premier on avait une certaine pression. C’est inconscient car, à ce moment-là, j’avais pas l’impression d’en « beurrer » épais.
Mais quand je l’écoute aujourd’hui, je l’adore encore. Et j’espère qu’un jour on aura l’occasion de vous le faire écouter ici car je suis très très fière des chansons.
En concert, par exemple ? On va en mettre, mais on veut que ce soit une fête avec les Français. On sait des fois que ça peut être lourd de découvrir des nouveaux morceaux en spectacle, déjà qu’on a le nouvel album. Donc ce qu’on fait, c’est qu’on a pris les titres les plus festifs/up-beat du dernier album, les succès de Me, Myself and Us car c’est ce qui nous a fait connaître ici et je crois qu’on a mis 1 ou 2 titres du deuxième album pour essayer de l’introduire. On veut faire plaisir aux gens qui vont venir nous voir. Ça fait 6 ans, c’est des retrouvailles.
Fin août ton nouvel album est sorti, tu vas retrouver le public français lundi (l’interview s’est déroulé 5 jours avant le concert à la Maroquinerie)… Hiiiiiiii, j’en ai la chair de poule. Mais avant je m’en vais à Noirmont en Suisse puis un autre festival à Auberive, un petit village où même les cellulaires ne passent pas, ça va être l’horreur ça (rires). On va s’amener des jeux de cartes.
Tu n’as pas peur que le public français t’ai un peu oubliée ? Ma question n’est pas méchante, c’est juste que 6 ans, c’est très long. Oui c’est sûr. Tu sais j’ai pas d’attente. On est parti d’un Olympia rempli à craqué en 2009, glorieux, c’est sûr que les gens ont fait d’autres choses depuis.
Moi je suis quelqu’un de travailleur. On va prendre les entrevues qu’ils nous ont données, toute la visibilité qu’on peut prendre pour essayer de rappeler aux gens qui on est.
Je suis contente car on a plein de gens comme toi qui nous disent « Ah je t’avais beaucoup aimé dans le temps, on a envie de t’interviewer ! » donc ça c’est super !
Je suis confiante. La Maroquinerie c’est pas une grosse salle, on ne s’attend pas à ce que ce soit rempli à ras bord. Je suis quelqu’un qui essaie d’être terre à terre. Je serai heureuse s’il y a 7 personnes dans la salle qui sont là pour venir nous voir.
Je suis tellement contente d’être ici, ça fait 6 ans que j’attends ce moment-là.
Je suis contente j’ai mangé un jambon-beurre, je me remets avec l’accent français dans l’oreille. Même si je ne travaillais pas, même s’il n’y avait pas de concert, je serai contente tu sais.
Tu n’es jamais revenue en France depuis 2009 ? Même pour toi, le plaisir ? Je suis revenue deux fois : une fois en 2011 pour la maison de disque et en 2012 pour un festival à Paris. Mais cette fois je suis là pour 3 semaines. Je suis allée au Père Lachaise, c’était la première fois.
Car quand on vient travailler on n’a jamais le temps entre les concerts, la route… Là je vais avoir du temps, j’ai un petit peu de promo mais je vais avoir le temps de mettre mon Kodak au cou et d’aller à la Tour Eiffel avec mon drapeau. (rires)
As-tu abordé différemment le troisième album, considérant que le deuxième ne soit pas sorti en France ?
C’est une excellente question. Je pense qu’on porte un bagage tout le temps. Tout ce qui est arrivé, ça existe puis on se promène avec son bagage. Ça a été une grosse blessure que l’album ne sorte pas ici. J’ai adoré tourner en France et j’ai eu beaucoup de peine de ne pas être capable de revenir en temps voulu. Là, j’y suis, je suis contente. Mais, c’est sûr que j’ai toujours pensé à ça. Je ne pense pas que ça ait eu d’impact sur la composition de l’album parce que j’essaie de ne pas penser à comment il va être reçu. Je me mets déjà tellement de contraintes, je suis extrêmement exigeante avec moi-même, je m’autocensure tout le temps.
Tes influences pour écrire cet album ? Musicalement, j’écoute plein de choses et les gars du band aussi, donc je ne saurai pas te dire. Tout le monde met sa touche. Mais humainement, comme tout ce que j’écris, c’est très autobiographique. Cependant, je triche un peu je vais quand même fouiller dans la vie des proches, je l’adapte et je mets ça dans mes yeux à moi.
Mais c’est sûr que pour moi, dans cet album-là, ce qui m’a beaucoup inspiré, puis je fais des blagues avec ça. Mais c’est vrai, c’est ma crise de la trentaine. A 29 ans, j’ai fait une grosse crise…
(Je fais la grimace) Pascale : Tu as quel âge ? UsofParis : 29 ans
Pascale : Mais c’est quelque chose de positif, ce sont des grandes remises en question. Quand c’est arrivé, j’y croyais pas. Mais avec le recul j’ai fait plein de constations. Avant, j’étais assez « drama-queen ». Je suis quelqu’un d’intense et d’hyper-sensible, quand je vis quelque chose d’heureux c’est la fête, c’est l’euphorie totale et quand je vis quelque chose de dramatique, j’ai du mal à relativiser.
J’ai commencé à me rendre compte de la différence entre les émotions et les sentiments, pour moi ça été une révélation. Les émotions passent, toutes choses passent. C’est libérateur de penser ça. Quand quelque chose de difficile arrive, je me dis que c’est un apprentissage, que je ne recommencerai pas la même erreur demain. J’essaie de toujours aller de l’avant.
C’est ça un petit peu mes thématiques abordées. Regarder en avant, vivre le moment présent.
Tu écris en anglais, alors que ta langue maternelle est le français. Pourquoi ? Et penses-tu pouvoir un jour écrire en français ? Je sais, c’est honteux ! (rires)
J’ai toujours pensé ma musique en anglais, c’est pas des traductions de choses que j’écris en français. Ça me vient en anglais. C’est bizarre, car c’est pas naturel. J’ai écouté beaucoup de musique en anglais, j’ai appris l’anglais en lisant les paroles des chansons. Je pense la musique en anglais, c’est instinctif.
J’aimerais ça peut être écrire en français, mais je ne veux pas me donner d’objectif car je trouve que c’est anti-créatif quand on se met la pression. J’ai fait les Francofolies au Québec où l’on est obligé de chanter en français, on a donc traduit mes textes et on les a retravaillés pour les sonorités avec Gaëlle, une amie française. J’ai aussi fait des ateliers d’écriture à la suite de ça. Ça m’a ouvert l’esprit, ça me plairait beaucoup, mais je me sens incapable de le faire. Mais la porte est ouverte.
Quel est le passage obligé pour toi à Paris ? J’ai un gros coup de coeur de Montmartre, car on a beaucoup été logé là quand on venait. Y’a un endroit où on allait faire du karaoké avec le « band » dans un p’ti bar. J’avais mes petites habitudes, je me sentais comme chez moi là-bas.
Quelle est la chose incontournable à voir au Québec ? Les villes sont super mais ce qui est génial au Québec, ce sont les grands espaces. D’être à 20 minutes d’un centre-ville, en plein milieu d’un bois, dans la nature. Il faut aller voir les montagnes, faire de la marche en neige, se perdre un peu dans la nature. C’est beau chez nous.
L’objet dont tu ne peux pas te passer quand tu viens en France ?
Dans l’époque où je fumais, je venais avec mes cigarettes car elles sont différentes ici. Mais je ne fume plus donc ce n’est pas un problème. J’amène mon chewing-gum car nos chewing-gum sont vraiment forts, ça décape alors qu’ici ils sont plus soft.
Mais cette fois-ci, c’est pas pour moi, j’ai amené du fromage en grain puis de la sauce à poutine. C’est un de nos plats dont tout le monde nous parle, c’est pas de la grande gastronomie. C’est quelque chose que je mange 1-2 fois par an, mais ça ne me manque pas.
Ton dernier coup de cœur musical ? Alabama Shakes, j’ai halluciné. Puis en live, ils sont « écoeurants » ! Hier, j’ai entendu le dernier album de The Do, j’ai capoté ! Je l’ai entendu juste une fois mais il faut que je l’achète c’est sûr et certain. Et en français, Christine and the Queens. Ça mon dieu, c’est des claques et des claques.
Et au Québec y’a un groupe que j’écoute beaucoup, c’est Caravane, des gars barbus de 25 ans qui rockent (elle mime la guitare).
Qu’est-ce qui te manque le plus quand tu es en France ? Mes chats ! Mes chats ! Faut pas trop que j’y pense sinon je me mets à paranoïer.
Une jolie rencontre, avec beaucoup de rires. Pascale parle beaucoup, elle m’avait prévenu et c’est passé très très vite.
Quelques jours après, je la retrouve à la Maroquinerie pour son premier live à Paris pour son nouvel album. Un très bon moment de retrouvailles avec son public français durant lequel elle ne boudera pas son plaisir.
Elle a enchaîné les tubes qui ont fait son succès Gate 22, Smilin’, Thinking of it, que le public chantonnait avec elle.
Pascale a également offert un jam avec Chandelier de Sia, La vie en rose de Edith Piaf et What’s Up des 4 Non Blonde.
On notera le magnifique Without you en guitare-voix, sans « le band » pour le rappel.
Elle s’est éclatée sur scène et a promis de ne pas attendre 6 ans avant de revenir nous voir, les petits Français.
Aborder le sujet de la mort dans une pièce de théâtre est un pari risqué et encore plus quand il s’agit de parler de la fin de vie d’un enfant de 10 ans.
Mais avec Oscar et la dame Rose, Éric-Emmanuel Schmitt avait réussi à émouvoir le public avec cette histoire terrible tout en laissant une grande part d’espoir.
Plus de dix ans après l’adaptation de son roman sur les planches, c’est Judith Magre qui reprend le rôle de la conteuse. Du haut de ses 88 printemps, la comédienne – qu’on ne présente plus tant son parcours théâtral et cinématographique parle pour elle – donne corps et âme à cette Mamie Rose, qui sert de dernière confidente à Oscar, atteint d’une leucémie et sur le point de mourir.
Dans son monologue, où elle fait à la fois parler le jeune garçon et cette fameuse mamie, elle parvient à accrocher le spectateur par sa présence scénique et sa voix si singulière. Elle raconte avec beaucoup de justesse le texte de l’auteur. On ne s’ennuie pas avec elle. Moments de rire quand elle se met à la place du jeune garçon, qui, s’adressant tantôt à Dieu tantôt à Dame Rose, parle de son coup de cœur pour sa voisine de chambre d’hôpital, Peggy Blue. Ou quand il explique d’où viennent les surnoms des autres pensionnaires de l’hôpital pour enfants. Moments de rire également quand Judith Magre se glisse dans la peau Mamie Rose qui raconte qu’elle est une ancienne catcheuse et qui se confie sur les nombreuses adversaires aux noms improbables et à qui elle a eu à faire dans sa longue carrière sur le ring.
Mais aussi moments de tristesse et d’émotion quand il s’agit de parler de la mort, de la maladie et de comment accepter tout cela…
La profondeur que la comédienne donne aux personnages de cette histoire est inimitable. Elle nous fait aimer ce jeune Oscar, dont on écoute les confessions et les prières quotidiennes alors que ses jours sont comptés. Elle nous donne envie de connaître cette Mamie Rose que l’on aimerait nous aussi avoir pour confidente tant elle redonne de l’espoir là où il semblait perdu.
Pour comprendre, le mieux est de se rendre au Théâtre Rive Gauche et de venir voir et écouter Judith Magre, cette grande dame qui, il est certain, vous fera passer un excellent moment de théâtre.
La rentrée est toujours l’occasion des foire aux vins diverses. En ce mois de septembre, nous avons été conviés à déguster différents crus de champagnes de la Maison Delamotte. Avouons-le tout de suite, cette maison nous était inconnue, mais elle se révèle une très belle découverte. Brut, Blanc de Blancs, Millésimé ou Cuvée d’exception : voici un tour de cave*, en plein Paris, avec notre palais d’amateur de petites bulles.
Brut et Blanc de blancs font partie des champagnes les plus répandus.
Pour ceux qui ont leurs habitudes auprès d’un petit producteur (comme la maison Couvreur-Philippart, pour nous) ou des préférences pour des marques vendues en grandes surfaces ou en magasins spécialisés, ceux de la Maison Delamotte ne se démarquent pas forcément des autres champagnes d’autres maisons, mais la qualité est là. C’est l’essentiel !
Si on pousse la comparaison entre le Blanc de Blanc et le Blanc de Blanc Millésimé 2007, les différences d’arômes et de goûts restent très légères pour des amateurs non avertis : une petite acidité en moins et un goût de fruit plus prononcé.
Mais ils n’ont rien a envier à leurs concurrents. Certaines grandes marques réputées vendues en grandes surfaces étant de bien plus mauvaises factures.
Mais un tel tour de table permet bien évidemment d’approcher des champagnes que nous n’aurions pas l’habitude de déguster. Les Millésimés collections et les ceux d’exception.
Et là, il n’existe aucun point de comparaison.
Le Blanc de blanc Collection, reconnaissable à son étiquette noire, est un champagne particulièrement choyé par Delamotte. Sélectionné suivant les qualités exceptionnelles d’une année, il est jalousement gardé en vieillissement. Dans cette gamme, il n’existe que 5 cuvées sélectionnées : 1999, 1991, 1988, 1985 et 1970.
Avec le Blanc de blanc Collection millésimé 1999, on monte donc sur la première marche de l’excellence. Le goût et les saveurs sont tout à coup incomparables par rapport aux champagnes goûtés précédemment.
Subtil, léger, parfumé, le millésime 1999 Collection marque le palais.
Il ne joue pas dans la même catégorie que ses prédécesseurs, c’est évident. Un champagne si fin qu’il est parfait pour accompagner tout un repas.
Avec le champagne Salon, nous passons au high level.
110 ans d’histoire, des parcelles de cultures minutieusement sélectionnés et au minimum 10 ans de garde en cave, ce sont ces éléments qui donnent tout son cachet au champagne Salon.
Goûter le millésime 2002, le premier du XXIème siècle, est un moment unique. Fruité, saveur fine et délicate avec une teinte dorée unique, ce vin surnommé “belle âme” par la marque en est effectivement une. Simplement magnifique comme sensations en bouche.
Évidemment ces champagnes d’exception sont rares et précieux.
Mais pour un évènement, ils vous procureront des plaisirs uniques tout en accompagnant vos meilleures recettes sans les dénaturer.
Rendez-vous sur leurs sites des Maisons Delamotte et Salon, pour trouver les point de ventes
*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Nouvelle preuve de la créativité sans limite du génie espagnol à l’Espace Dali Paris avec Daum, variation d’artistes. Dali et Daum, une collaboration originale et qui a échappé aux musées nationaux est présentée dans une scénographie simple mais avec un éclairage bien pensée pour révéler l’éclat de l’ensemble des créations exposées.
A cette occasion, d’autres grands noms de l’art sont associés à ce parcours inédit :Ben, Arman,Alain Séchas ou encore Jérôme Mesnager.
L’âme de Vénus, 2009, Arman & La Vénusienne, 2007, Alain Séchas
Après l’expo Dali fait le mur qui a braqué les projecteurs sur ce lieu original à Paris, l’expo Daum, variations d’artistes est prête à susciter autant d’intérêt. Au cours du vernissage de presse, une journaliste a avoué à l’équipe de l’Espace Dali que c’était sa toute première visite – avec le regret de ne pas être venue plus tôt. Ce lieu mérite le détour et encore plus cette présentation de créations en verre soufflé conçues par Dali avec la cristallerie française. En 20 ans, l’artiste surréaliste à la moustache bien taillée aura réalisé pas moins de 21 pièces reprenant ses figures célèbres : la montre molle ou la Vénus aux tiroirs, tout en osant une série de verres et calices, un autoportrait pour un fond d’assiette ou encore un hommage à René Magritte.
Voici notre sélection de 4 pièces pour vous donner envie d’une visite :
Porte-manteau montre, 1971, Salvador Dali
Porte-manteau montre (1971). La montre molle est un classique de l’inspiration dalinienne. Depuis sa toute première apparition dans la toile La Persistance de la mémoire (1931), juchée sur une branche d’arbre, lovée à un homme ou posée sur un bord de table, cette figure trouve un nouveau support avec ce cintre. L’artiste, tout en renouvelant sa figure fétiche, fait un clin d’oeil évident aux mondes de la mode et du design. Parfait dans un intérieur et d’une audace folle.
Vénus de Milo hystérique, 1983, Salvador Dali
La vénus de Dali est aussi une récurrente dans le génial imaginaire de l’artiste. Mais cette fois, nous parions que ce sera bien la première, voire unique fois, que vous rencontrerez la Vénus de Milo hystérique (1983) présentée à Paris. Comme dans une coulée, les cheveux de la belle se trouvent unis pour l’éternité à sa robe. La contorsion de cette femme est suffisamment spectaculaire pour vous imprégner la rétine. Danseuse, acrobate ? Nous avons très peu de détails sur cette création, si ce n’est qu’elle correspond à la fascination de l’artiste pour les prouesses corporelles.
Débris d’une automobile, 1989, Salvador Dali
Une oeuvre en pâte de cristal qui vaut aussi bien par son titre que la création elle-même : Débris d’une automobile (1989). Dali n’a cessé sinon de malmener, en tout cas d’interroger son environnement contemporain. Et cette hybridation d’un cheval avec une automobile et un combiné téléphonique crée un choc visuel fort.
Bande de Moebius, 1971, Salvador Dali
La Bande de Moebius (1971) version Dali et Daum est un astucieux mélange de pâte de cristal bleu et vert. La lumière crée des jeux de couleurs bien différentes à travers les différentes perspectives que l’on peut avoir de cette sculpture.
Les yeux surréalistes, 1980, Salvador Dali
Les + :
– l’Espace Dali a sorti de nouvelles pièces de son fonds en parallèle des créations Daum. Si vous avez vos habitudes, attardez-vous sur Les Yeux Surréalistes, une sculpture en bronze argenté de 1980, en hommage à l’architecte Antoni Gaudi. Nous avons été aussi surpris par Lilith et la double victoire de Samothrace, un bronze de 1966 tout aussi fascinant.
– des ateliers créatifs Éclats de couleurs pour les enfants de 3 à 8 ans avec visite commentée de l’expo et réalisation d’une sculpture en 3D.
exposition DAUM, variations d’artistes
jusqu’au 3 janvier 2016
à l’Espace Dali Paris 11 rue Poulbot 75018 PARIS
ouverture : tous les jours de 10h à 18h
ouvert les 25 et 31 décembre et le 1er janvier
Une patate qui chante, un homme à tête d’autruche, un bébé caméléon, une Queen Bee, des marsupiaux humains, Lincoln ressuscité, les Pierre et Gilles argentins ou encore des clowns gentils… La Halle Saint Pierre est une nouvelle fois le lieu de rencontres aussi incroyables que spectaculaires. HEY! Act III signe le retour d’un débordement artistique sans limite.
Ursus Maritimus, 2012, Deborah Simon
Pourquoi ne manquons-nous aucune expo de la Halle Saint Pierre ? Tout simplement parce que rendre une nouvelle visite c’est l’assurance de découvrir des artistes rares, voire inconnus sur le sol français. Alors quand la géniale équipe du magazine Hey!, Anne et Julien, est de retour pour une présentation inédite d’une soixantaine d’artistes de tous pays, on prend un ticket direct pour les montagnes russes.
Premier choc visuel avec The Dreamer Blue, une femme nue à genoux, abattue, dormeuse hors de son lit, surmontée d’un nuage bleu. Impressionnante vision, suivie d’une autre présence féminine en face-à-face avec son double ; moi est un autre. Elles sont l’oeuvre du coréen Choi Xooang qui nous transporte dans une poésie au réalisme troublant.
En face, un Américain, Chris Crites, présenté pour la première fois en France et qui, comme Andy Warhol, part de photographies d’hommes et de femmes arrêtés. Cette série de portraits de la série mugshots explose de couleurs et est peinte sur des sacs de papier.
Un peu plus loin, une mise en scène nous croirait projeter dans une chapelle avec où le culte des morts est questionnée avec force de crânes, des bustes – dont une partie du visage est à vif, laissant percevoir les os. Cet univers est encore plus troublant quand on peut lire qu’il a été conçu par Hervé Bohnert, un artiste autodidacte et boulanger-pâtissier de métier.
Et c’est ça aussi que nous apprécions à la Halle Saint Pierre : aucun traitement de faveur entre les artistes. Mark Ryden, artiste américain aux 22 000 followers sur Twitter a autant d’égard que Benoît Huot, artiste jurassien, beaucoup moins médiatisé et qui ne quitte que très rarement son atelier du village de Montivernage où il conçoit ses impressionnants animaux momifiés.
Japanese Spirit #2, 1997, Hisashi Tenmyouya
Et parfois, une oeuvre suffit, comme la toile de Hisashi Tenmyouya : Japanese Spirit. Une composition d’une force graphique indéniable et percutante. Et ne surtout pas passer à côté des huiles sur nacre de l’artiste philippin, Gregory Halili, impressionnantes de maîtrise. Vous comprendrez mieux une fois sur place.
Enfin, merci d’avance de bien vouloir quitter l’exposition dans le silence pour ne pas réveiller le bébé caméléon de Lian Yu-Pei.