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PETROSSIAN : un nouvel écrin gastronomique dans le 17e à Paris

La maison star du caviar a ouvert sa deuxième boutique parisienne, rive droite,  dans le quartier de Courcelles. L’occasion pour notre équipe de découvrir cette adresse gourmande de la gastronomie accueillie par Maxime, le maître des lieux.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar dégustation gastronomie photos By blog United States of ParisPremière surprise : tous les produits de la boutique peuvent être goûtés. Que vous soyez clients habitués ou que vous poussiez la porte par curiosité pour la première fois.
Et il ne faut pas être intimidé par la renommée de la maison Petrossian.

Saviez-vous que cette nouvelle boutique à attirer la clientèle de la Rive Droite ? Certains clients qui ne franchissent que très rarement la Seine n’avaient jamais visité la boutique de la Rive Gauche. Tels ceux de Neuilly qui se rendent désormais à cette adresse.

Mais attention si vous souhaitez déguster les différents caviars, il vous faudra respecter les quelques consignes : pas de chewing-gum, de café ou de cigarette dans l’heure qui précède. Maxime, notre hôte, est intransigeant sur ce sujet et il a de très bonnes raisons.
Chez Petrossian, maison familiale depuis 1920, les collaborateurs ont entre 10 et 15 ans de métier, en moyenne. On comprend d’autant mieux leur envie de nous faire partager des saveurs uniques.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar dégustation gastronomie tradition luxe goût pressé maxime photos By blog United States of Paris
La production de caviar dans le monde
Ceci étant précisé, éliminons les clichés sur le caviar.
La production mondiale de cet or noir étant encadrée par le CITES (organisme sous contrôle de l’ONU), il est impossible de trouver du caviar russe (depuis plus de 15 ans) ou Iranien sur le marché.
Le commerce du Caviar dépend uniquement de l’élevage et ces pays n’ont pas encore retrouvé leur potentiel de production.

Tous les pays du monde peuvent faire élevage d’esturgeon. Et quel que soit son origine, vous pourrez facilement trouver celui qui vous correspond en termes de goût. Info insolite, dans les tests à l’aveugle, c’est le caviar chinois qui arrive en tête. Surprenant.

Pour la France, les débuts de la production du caviar remontent à un échange avec la Russie de truites françaises contre des esturgeons russes.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar ALverta Baeri gastronomie dégustation maxime tradition photo By blog United States of Paris
Pourquoi le Caviar est-il si cher?

Il faut patienter au minimum 7 ans pour que l’esturgeon produise ses premières poches de caviar, mais la moyenne est de 13 à 14 ans. Rappelons que ces petites billes noires sont des œufs, et qu’une poche d’œufs d’esturgeon ne dépasse pas 13% de sa masse.
Le caviar est donc un produit qui demande patience et abnégation de la part de ses producteurs. Il faut des années pour trouver le bon ratio de salaison et de maturation. Et pour garantir une satisfaction optimale à ses clients, Petrossian applique la même charte de qualité à tous ses éleveurs à travers le monde.

L’art du caviar
Il existe sept espèces de caviar (Alverta, Baeri, Beluga, Ossetra, Sevruga, Shasseta et Starlet). On vous évitera leur nom latin.
Chacune possède ses propres caractères : taille de grains, couleur, dureté en bouche, origine de production et bien évidement saveur en bouche. C’est sur ces critères que se feront votre choix et s’affineront vos préférences.
Par exemple, le Beluga (le plus connu) avec ses gros grains, fond en bouche. L’Osseta, aux grains plus petits, a une forte saveur noisette, et l’Alverta Royal est plus salé car assaisonné uniquement par le sel marin.
Quand un esturgeon est à maturité, la poche est prélevée et aucun mélange n’est fait avec d’autres poches. Pour garantir la traçabilité du lot, un numéro est apposé que vous retrouvez sur l’emballage de votre achat.  Un exemple pour faciliter votre décryptage de l’étiquette.

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Ce qu’il faut retenir de cette dégustation, c’est qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais caviar. Tout est une question de goût. Mais si vous achetez ce met délicat sur le net, au rabais, vous risquez une grosse déception, la qualité pourra être médiocre ou tout simplement l’offre une belle arnaque.
Ce produit goûteux et rare, qui n’est pas à la porter de toutes les bourses, doit rester un moment d’exception. Les derniers conseils pour en jouir pleinement : prévoir 15 à 20 grammes par personne pour se faire plaisir et le déguster dans les 24 heures après ouverture (si vous arrivez à vous retenir).

La gastronomie Petrossian
Petrossian n’est pas une enseigne exclusivement dédiée caviar. C’est aussi un traiteur de renom qui propose des préparations d’exception.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar dégustation gastronomie saumon fumée Maxime photos By blog United States of Paris jpg
Nous sommes tombés en émoi lors de la dégustation du tarama maison, faisant passer l’envie d’acheter son avatar en grande surface, ou même chez le meilleur traiteur grec du quartier. Fait maison avec uniquement des oeufs de poissons et de la crème, cette préparation rosée fond littéralement en bouche, comme jamais nous n’avons pu en manger auparavant. A découvrir uniquement en boutique.

Arrêtons-nous sur l’autre spécialité de Petrossian : le saumon fumé.
Premier fumeur de ce poisson en France, l’enseigne possède un savoir-faire incomparable. Couleur, texture et goût, on en reste bouche bée.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar dégustation gastronomie saumon fumée tradition Maxime photos By blog United States of Paris
8 jours de fumage en boutique, au lieu des 8 heures en usine pour la grande distribution, une technique ancienne à la verticale. Résultat : une texture et une saveur inhabituelle pour nos papilles.
Compte tenu de ses différences d’épaisseur le long du filet, le saumon n’est pas fumé de la même façon sur toute sa longueur. On découvre alors des sensations gustatives différentes. Et la coupe manuelle au couteau augmente considérablement les saveurs de cette chaire mordorée.

On n’oubliera pas les autres produits présentés en boutique comme le King Crabe du Kamtchatka ou les différentes poutargues qui nous ont fait saliver.

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar dégustation gastronomie maxime fleur de caviar tradition photo By blog United States of ParisPlaisir des yeux et plaisir en bouche, la gastronomie façon Petrossian peut aussi être appréciée à l’occasion de votre pause déjeuner avec des formules découvertes, pour quelques euros de plus que dans une brasserie classique.
Mais faire entorse à ces petites économies de temps en temps pour de l’exception, la folie est modérée. Vous ne trouvez pas ?

Maison Petrossian boutique restaurant paris 17ème boulevard courcelles caviar histoire dégustation gastronomie maxime Photos By blog United States of Paris

Petrossian

La boutique historique18 Bd de Latour-Maubourg –  Paris 7ème

Ouverte du lundi au samedi, de 9h30 à 20h

Boutique Courcelles
106, boulevard de Courcelles – Paris 17ème

Ouverte du lundi au samedi, de 9h30 à 20h

Mais aussi :
Drugstore Publicis  – 133 Avenue des Champs Elysées – Paris 8ème
Lafayette Gourmet35 bd Haussmann – Paris 9ème
Halles Paul Bocuse 102 Cours Lafayette –Lyon 3ème
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10 bonnes raisons de partir à New York en HIVER

Il y a toujours un prétexte à prendre un billet pour la Big Apple. Pour beaucoup d’entre nous, il semble plus agréable de partir du printemps à l’automne pour des raisons de temps clément, de météo complice.
Mais savez-vous que l’hiver à New York a ses avantages ?
Nous vous en proposons 10 plus ou moins essentiels vérifiés sur place par notre équipe.

Fashion French Bulldog dog in New York city bouledogue français street photography winter time manhattan photo by United States of Paris blog

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Le prix des billets d’avion : toujours moins chers qu’en plein été et en temps de canicule. C’est le meilleur argument pour s’envoler loin des tracas de fin ou début d’année.

La météo : en janvier, il fera toujours moins froid qu’en février. Mais ce n’est pas le Canada non plus pour ceux qui ont choisi de fêter la Saint-Valentin à NYC. Il y a des tempêtes, il y a de la neige et tant mieux pour les photo addicts et serial instagrammers : les rues enneigées de la ville c’est le pied ! Et c’est d’autant plus facile de circuler quand on est bien équipé : boots, bonnet et écharpe cache-nez.

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La nuit arrive plus tôt. Et c’est “shine bright like a diamond” comme dirait Rihanna à partir de 17h. Pleins feux sur Broadway comme sur Times Square. Pas besoin de faire le guet tard le soir pour découvrir les nouvelles couleurs arborées par l’Empire State Building.

Lève-tôt ! Qui dit journée plus courte, la tentation de rejoindre votre king size sera d’autant plus évidente. Vous serez donc prêts pour des breakfasts tôt le matin suivis de parcours dans les rues ou de visites immodérées de musées.

Michael C Hall american actor Dexter Six feet under Broadway street meeting with fans after Hedwig and the angry inch musical new york city photo by United States of Paris blog

Les spectacles avec stars hollywoodiennes sont légion. En été, la fin de saison est souvent synonyme d’acteurs et actrices en villégiature.
Ainsi selon votre arrivée en plein hiver vous pourrez vous retrouver nez à nez avec Michael C. Hall l’incroyable interprète de la série Dexter qui ne s’éloigne jamais trop des scènes de Broadway.
Notre page de références : Stars on Stage Broadway.

 Constellations Jake Gyllehaal Ruth Wilson play broadway Samuel J Friedman Theatre new york city by night times square photo by United States of Paris blog

Vous aimez la star et voulez votre selfie avec votre acteur-trice préféré(e) ? Avec le froid, la motivation de certains chasseurs d’autographes a tendance à faillir. Bon point pour vous !
Jake Gyllehall ne peut qu’être disposé à poser avec vous. On a fait le test et il ne s’est pas défilé. La preuve ici.

Vous adorez Abercombie & Fitch ? Pas d’inquiétude : on a beau être en hiver, le mannequin torse nu avec qui vous aimez vous faire shooter n’est pas rhabillé pour autant quand vient le froid. Bien sûr il porte une polaire pour se protéger en vous attendant. Mais elle laisse voir l’essentiel : abdos et amorce de pecs. Mêmes effets, et moins d’attente !

Yes street art wall Dumbo Brooklyn new york city graffiti visite voyage photo by blog united states of paris

Les Américains sont plus accueillants. Les touristes sont moins en masse que par les beaux jours. La densité de la ville semble beaucoup moins accablante. Parfait pour être au cœur des meilleures attentions de vos hôtes.

Pas de grosses chaleurs dans le métro. Souvenez-vous l’enfer des mois de juillet et août. Un quai bondé, ultra hot, vous suez à grandes gouttes et vous vous en voulez de ne pas avoir mis un débardeur comme les working boys sous leur chemise blanche.
En hiver, température égale à l’intérieur du wagon comme sur le quai. Bonheur !

 Rooftop water tower new york city manhattan skyline voyage travel visite imagelogger photo by united states of paris blog

Les rooftop bars qui offrent des vues à couper le souffle sur la ville ne sont pas tous fermés en hiver. Beaucoup d’entre eux se la jouent terrasses couvertes ou ultra-chauffées (pas très écolo !). Comme notre préféré sur la 26th street, le Hilton New York Fashion District Hotel. Intimité garantie et vue sur les citernes d’eau époustouflante. On like à mort !

Longue vue touristique Brooklyn Bushwick Inlet Park East River Manhattan skyline buildings architecture new york city visite voyage travel imagelogger nx30 photo by United States of Paris blog

Précaution : attention toutefois au vent surtout s’il vous prend l’envie de shooter la skyline côté Brooklyn, depuis Dumbo, Brooklyn Park ou le Bushwick Inlet Park – spots idéaux pour l’une des plus belles vues. Le vent est glacé même par une journée de beau soleil début janvier. Croyez-nous, nos yeux ont pleuré.

Photos réalisées avec le NX30

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David Toutain : audaces gustatives et design pour une étoile

Quelques semaines avant que David Toutain ne soit auréolé de sa première étoile au guide Michelin, nous avons succombé à l’heure du déjeuner à une cuisine inventive et fertile visuellement et en bouche. L’inattendu et la surprise sont au détour de chaque assiette, non sans oublier l’essentiel : les saveurs.

Dans un décor qui joue l’épure, des tables prennent la pleine lumière venant d’une large baie vitrée alors que d’autres jouent plutôt de discrétion par tables de 2 ou 3 dans le prolongement de la salle au rez-de-chaussée. Le service est soigné, sans en faire trop mais suffisamment à l’écoute pour apprécier ce qui va suivre et qu’aucune carte ne viendra mentionner.

Selon la saison, le chef s’attache à la mise en lumière d’un légume phare. En automne, la trilogie de céleri ouvrait les appétits avec délicatesse et petites touches dans une sélection de plats du menu Églantine que nous avions choisi.

Racines-de-salsifis-Restaurant-David-Toutain-rue-Surcouf-Paris-7e-une-étoile-guide-michelin-déjeuner-menu-églantine-photo-by-United-States-of-paris-blog

Pour débuter, une composition déroutante. Les racines de salsifis se laissent déguster tièdes avec leur crème blanche : saisissant.  Suit une betterave croustillante oignon rouge et pickles de poire. Particularité : la betterave s’amuse du trompe-l’oeil avec une saucisse dont elle a gardée l’odeur après avoir été fumée. Espiègle !

Betterave croustillante oignon rouge pickles de poire Restaurant David Toutain Paris 7e rue Surcouf déjeuner menu églantine 1 étoile Michelin photo by United States of Paris blog

Nouvelle présentation clin d’oeil avec la première signature du chef pour ce déjeuner : l’oeuf maïs avec caramel de cumin et gâteau de maïs.

Oeuf maïs avec caramel de cumin gâteau de maïs restaurant David Toutain rue Surcouf Paris 7 déjeuner menu Eglantine photo by United States of Paris blog

Pour accompagner l’ensemble, si vous pensez que la faim va vous tenailler, des brioches maison (sans gluten) se lovent pour un duo beurre demi-sel de Normandie des plus fondants.

Cabillaud-confit-et-caramélisé-mayonnaise-carotte-émulsion-de-verveine-Restaurant-David-Toutain-chef-7e-paris-déjeuner-menu-églantine-étoile-guide-michelin-photo-by-United-States-of-paris-blog

Le maquereau juste saisi au café avec sa crème céleri n’attend pas et se laisse apprivoiser à petits coups de fourchette. Alors qu’il est talonné de près par un cabillaud confit et caramélisé, mayonnaise, carottes et émulsion de verveine, sans passage en force et gorgé de belles promesses.

Risotto de céleri et truffe avec chips de céleri restaurant chef David Toutain Paris 7e déjeuner menu Eglantine étoile michelin photo by United States of Paris blog

Le risotto de céleri et truffe blanche d’alba (en supplément) avec ses chips de céleri clôt ce premier duo de la mer avant d’affronter une anguille fumée, crème sésame, pomme verte cachée suivi d’une poularde céleri tendre et exquise.

Poularde céleri plat restaurant David Toutain chef rue surcouf paris 7 déjeuner menu Eglantine étoile michelin photo by United States of Paris blog

En dessert, deux petits délices : chocolat blanc chou-fleur et crème de noix de coco pour une entrée dans le sucré régressive et tarte tatin déstructurée et sa glace marjolaine blottie dans sorte de coque gracieuse véritable écrin de fraîcheur.

Dessert tarte tatin et sa glace marjolaine restaurant David Toutain chef rue Surcouf 7e paris menu Eglantine déjeuner guide michelin photo by United States of Paris blog

Financiers citron et truffes au chocolat dissimulées dans un bac de (fausse) terre – à rouler à loisir – viennent accompagner café et autre infusion.

Duo de financiers citron et truffes chocolat restaurant David Toutain chef rue Surcouf Paris 7e déjeuner menu Eglantine étoile guide michelin photo by United States of paris blog

Le plus : en fonction de la récolte, il peut vous être proposé en début de repas d’ajouter quelques épaisseurs truffées à un de vos plats. Le choix est à discrétion. Attention toutefois, l’addition se chargera de vous rappeler vos penchants raffinés en fin de repas.

Restaurant David Toutain
9, Rue Surcouf
75007 Paris

Du lundi au vendredi :
12h-14h30 / 20h-22h

Réservations
Téléphone : +33 1 45 50 11 10
E-mail : reservations@davidtoutain.com

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Exposition PARIS MAGNUM à l’Hôtel de Ville c’est #Priceless !

Ce n’est pas à une série de vues type cartes postales que l’Hôtel de Ville de Paris convie le public dans la Salle St Jean. Pas de Photoshop, ni de filtres Instagram pour transcender, dénaturer ou délaver le réel de Paris Magnum. Les photoreporters de l’agence Magnum ont laissé un fonds saisissant de traces visuelles fortes révélant les multiples facettes de la capitale.

 Photographie Boulevard Haussmann 1985 Métropolitan by Harry Gruyaert photographe exposition Paris Magnum agence Hotel de ville
Harry Gruyaert

Découverte lors d’une soirée #PricelessParis (programme d’offres exclusives de Mastercard), l’exposition Paris Magnum a réussi à nous surprendre malgré notre attachement à l’histoire de la photographie. Aux côtés de certains clichés célèbres comme le peintre acrobate de la Tour Eiffel immortalisé par le photographe Marc Riboud, d’autres images plus rares impressionnent, désarçonnent, émeuvent.

L’ensemble présenté jusqu’au 25 avril relève de regards sensibles. Ceux de grands photographes (Cartier-Bresson, Capa, Seymour, Erwitt, Riboud, Davidson, Depardon…) qui ont traversé le XXe siècle armés de leur (simple) appareil argentique.

Photographie Vue de Notre Dame de Paris 1953 couple amoureux by Henri Cartier Bresson photographe exposition Paris Magnum agence Hotel de ville la capitale par les plus grands photoreporters
Henri Cartier-Bresson

Pas de shooting en rafale, la pellicule est utilisée à bon escient, à l’économie – même si aucune planche contact ne vient valider le contexte et choix de prises de vue par son auteur. Et cette pleine maîtrise transparaît dès la première image présentée dans ce parcours qui ne peut laisser indifférent aucun visiteur.

Photographie Canal de l Ourcq 1957 by Inge Morath photographe exposition Paris Magnum agence la capitale par les plus grands photoreporters Hotel de ville

Le regard est tour à tour poétique, tendre, complice, révélateur mais aussi poil à gratter, sage (comme une image).

 Photographie Jour de défilé à la Bastille 15 juillet 1936 by Henri Cartier-Bresson photographe exposition Paris Magnum agence Hôtel de ville
Henri Cartier-Bresson

Les petits et grands événements qui ont imprégné les rues de la capitale se déploient pour la plupart dans la beauté d’un noir et blanc. Front Populaire, Mai 68, personnalités (Picasso, Lagarfeld, Stark) grands chantiers, scènes de la vie quotidienne (amoureux, religieuses…) ne cessent d’interpeller.

La visite peut vous absorber plus d’une heure tant les détails des tirages accompagnés de diaporamas sont foisonnants. De quoi être encore un plus impressionner par les atouts photogéniques de la capitale et de ses habitants, croqués récemment par l’intrépide photographe britannique, Martin Parr.

Exposition Paris Magnum, la capitale par les plus grands photoreporters
Hôtel de ville
Salle Saint-Jean
5, rue Lobau
75004 PARIS

Du lundi au samedi de 10h à 18h30
Entrée gratuite

Jusqu’au 25 avril ! PROLONGATIONS

Herbert List
Herbert List
Photographie-Devant-l-Hotel-Dieu-2000-by-Richard-Kalvar-photographe-exposition-Paris-Magnum-la-capitale-par-les-plus-grands-photoreporters-expo-Hotel-de-ville
Richard Kalvar
Photographie-Reporters-lors-du-sommet-Est-Ouest-Eisenhower-Macmillan-De-Gaulle-1960-by-Erich-Lessing-exposition-Paris-Magnum-agence-la-capitale-par-les-plus-grands-photoreporters-Hotel-de-Ville
Erich Lessing
Photographie Musée du Louvre 1975 by Josef Koudelka phtographe exposition Paris Magnum la capitale par les plus grands photoreporters
Josef Koudelka
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OVER THE CLOUD par la 26e promotion du CNAC à la Villette

La 26e promotion du Centre national des arts du cirque (Cnac) a installé roulotte et chapiteau au Parc de la Villette pour Over The Cloud à découvrir jusqu’au 22 février.

photo Christophe Raynaud de Lage
photo Christophe Raynaud de Lage

C’est à un spectacle en retenue auquel nous avons assisté lors de la première ce mercredi.

Retenue n’est pas forcément un vilain mot même dans la bouche d’un circassien.
Alors que l’on s’est habitué à une entrée en matière tonitruante, vive avec sauts et ressauts lors des précédents spectacles de fin d’année du Cnac (This is the end, Pulsions) Jérôme Thomas, le metteur en scène, a choisi une arrivée plus discrète mais énigmatique pour Over the cloud.

Dans un clair-obscur, les jeunes circassiens s’offrent à une déambulation lente et masquée à la manière de showroom dummies (mannequins de vitrine). Difficile d’accrocher une quelconque empathie sur les onze visages – d’anges ? – dissimulés des interprètes. C’est le corps qui parle en premier, offert aux regards de spectateurs interrogatifs.

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Les numéros de cirque sont parsemés tout au long de la soirée. Ils semblent plus courts que par le passé. Ce qui ne gâche en rien la prouesse physique, comme le premier numéro d’équilibre sur fil où l’artiste n’est pas seul en scène mais accompagné de ses camarades partenaires de jeu. C’est aussi le cas lors d’une montée à 3 partenaires sur un cordage tendu et tenu par les 8 autres ayant gardé les pieds sur la piste.

La montée en puissance est plus poétique, électrique (la bande-son de Gildas Céleste) que spectaculaire. C’est posé, slow down, le temps opère en sorte d’une contempĺation.
Le final reprend de la fougue pour un débordement collectif, visuellement fort, composé pourtant de petits riens.

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Seul regret : une longueur dans les déplacements des artistes au coeur de cette recherche de constante mobilité voulue par l’équipe artistique. La fréquence des séquences de marche peut altérer, à force, notre attention.

OVER THE CLOUD
26e promotion du Centre national des arts du cirque #Cnac15
mise en scène : Jérôme Thomas
collaboration à la mise en scène : Martin Palisse

jusqu’au 22 février 2015
mercredi, vendredi et samedi à 20h
jeudi à 19h30, dimanche à 16h

Espace chapiteaux
Parc de la Villette

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PRINTEMPS DE BOURGES 2015 : programmation intergénérationnelle de Christine & The Queens à Juliette Gréco

Alors que la page FB du festival a dépassé les 50 000 fans cette semaine, le Printemps de Bourges dévoile sa pleine programmation musicale estampillée 2015 pour 6 jours de purs décibels, d’épopées fraternelles et de baisers volés la nuit tombée.
Une édition marquée par la participation de l’icône de la chanson française indémodable : Juliette Gréco qui débutera sa tournée d’adieu Merci le vendredi 24 avril. Événement !

50 000 fans mercis page officielle facebook Printemps de Bourges festival musique édition 2015
L’attente était méritée : les nouveaux noms qui ont confirmé leur venue sont à la hauteur du festival. Stéphan Eicher, Arthur H, Balthazar, SBTRKT, Fyfe ou encore Camelia Jordana sont de nouveaux très bons arguments pour ne pas rater ce rendez-vous de la culture musicale.

Nous savions depuis quelques semaines que nous pouvions déjà compter sur une sélection pointue de jolies et talentueuses artistes féminines telles que les félines Brigitte, la valeur sûre Christine and the Queens, la grâce Selah Sue, la rugissante Izia, la douce Yaël Naïm

Brigitte groupe duo chanteuses Aurélie Saada Sylvie Hoarau nouvel album A bouche que veux tu sony music tournée france concert

Les hommes en face ne sont pas en reste : Hubert-Félix Thiéfaine, Jeff Mills, le groupe Isaac Delusion qui n’en finit pas de monter ou encore Chinese Man. L’apparition de l’énigmatique Asaf Avidan qui présentera son nouvel album ne va pas manquer de faire aussi parler et tweeter en coeur.

photo by Ojoz
photo by Ojoz

Avec les nouveaux noms d’artistes, l’Auditorium et le Palais d’Auron n’auront plus de secrets pour vous. Et nous vous confirmons que du même coup notre coeur s’emballe et nous incite à prendre un billet sans retour pour des terres plus accueillantes. Un bout de Cher qui ne court pas après la montre, et qui ne manquera pas de peps du 24 au 29 avril 2015.

Un festival solidaire aussi avec le soutien de la Région Centre et le Département du Cher, quand vous achètera votre billet pour Le W (vendredi 24, mardi 28, mercredi 29 avril), n’oubliez pas de rajouter un petit euro, qui sera doublé par les deux partenaires pour aider l’accès à la culture aux plus précaires.

Enfin, ouvrez l’oeil, les auditions régionales pour Les Inouïs 2015 se poursuivent jusqu’au 13 février 2015 pour la jeune graine d’artistes. Ne serait-ce que l’un(e) d’entre eux est déjà prêt à suivre les traces d’une révélation en pleine lumière depuis quelques mois : Christine & The Queens. Who knows ?

Nous on a déjà réservé notre vendredi pour la soirée d’ouverture avec Selah Sue, Angus & Julia Stone et Brigitte. Et vous ?

Site officielwww.printemps-bourges.com
Page FB du Printemps de Bourges
 : facebook.com/Le-Printemps-de-Bourges

LE PRINTEMPS EST CHARLIE !

dessin de Cabu
dessin de Cabu
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Le Théâtre Bobino vibre pour Sinfonia de Tango “Pasion”

Sinfonia de Tango, le nouveau spectacle de Tango Pasión revient sur la scène de Bobino. Il ne reste plus que quelques jours pour aller voir ce spectacle inspiré des chorégraphies du tango traditionnel et de musique des années 1950. Entre concentré de sensualité et de numéros ultra techniques.

Affiche spectacle Sinfonia de Tango Pasion Astor Piazzolla au Théâtre de Bobino Paris janvier et février 2015

Deux violons, deux bandonéons, une contrebasse et un piano. Voilà pour les musiciens. Quant aux danseurs, ils sont douze et enchaînent numéro sur numéro. Six couples virtuoses, dont les jeux de jambes sont rapides et parfaitement exécutés. Les danseuses roulent avec volupté sur les cuisses des danseurs. Les corps graciles ou musclés se croisent et s’entrecroisent, pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Constitué de deux actes, le spectacle présente trente-deux numéros chorégraphiés, entrecoupés d’intermèdes musicaux. Le premier acte recrée un bal populaire des années 1950. Les hommes sont en costumes rayés, portent un chapeau feutre et fument le cigare. Ils n’hésitent pas à draguer la copine de leur voisin, tout en offrant des fleurs à leur propre compagne, qui de son coté, fulmine de jalousie.
Toutes les musiques ont été réécrites par Gabriel Merlino. L’auteur a voulu faire la part belle à la musique du premier enregistrement studio d’Astor Piazzolla de 1955, dont il s’est inspirée. Son but : revenir à un tango plus traditionnel.

Show Sinfonia de Tango Pasion spectacle danse dance Astor Piazzolla Paris Bobino et tournée France

Paillettes et acrobaties
Le deuxième acte est beaucoup plus moderne et laisse place à des figures tournant souvent à l’acrobatie. L’amateur, qui les soirs d’été, voudrait s’essayer au tango sur les bords de Seine, est époustouflé. Il n’osera toutefois jamais imaginer reproduire la moitié des figures réalisées sur scène. Et c’est peut-être là où le bât blesse. Il n’y a aucun doute, les danseurs exécutent parfaitement leurs chorégraphies. Virilité, corps à corps et sensualité, tout y est. Manque pourtant un trait essentiel à la danse. La spontanéité. Le spectacle est si technique, si bien orchestré, que la passion, thème essentiel au tango argentin s’en trouve édulcorée. Cela risque d’en surprendre, voire d’en refroidir certains.

On passera également sur quelques tenues proches de vêtements de cabarets. On s’imagine les danseuses de tango généralement plus élégantes. Le grand spectacle offert par les danseurs ne s’en trouve toutefois pas gêné. Alors qu’importe, qu’ici ou là, la costumière ait ajouté quelques touches à la limite de la vulgarité. L’important est que le spectacle permette aux initiés d’apprécier des figures époustouflantes. Pour les autres, ce sera l’occasion de découvrir un univers composés de séductions, d’amour mais aussi de drames et de situations comiques. En gros, tout ce qui déchaine… les passions.

by Joël Clergiot

Sinfonia de Tango par Tango Pasión
spectacle chorégraphié par Hector Zaraspe

Théâtre Bobino
14/20, rue de la Gaîté
75014 Paris

du 20 janvier au 8 février 2015

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ANNA CHRISTIE intense et écorchée au Théâtre de l’Atelier

Portée par un casting brillant (Mélanie THIERRY, Stanley WEBER, Féodor ATKINE et Charlotte MAURY) Anna Christie, pièce du dramaturge américain Eugène O’NEILL (1888-1953, prix Nobel de littérature en 1936) est connue pour son adaptation cinématographique par Clarence Brown en 1930.

Sur la scène du Théâtre de l’Atelier, Mélanie Thierry se confronte avec une exceptionnelle élégance, au souvenir d’une Greta Garbo au regard noir sublime et figée sur pellicule argentique.

Affiche pièce Anna Christie Eugen O Neill Jean-Claude Carrière avec Mélanie Thierry Stanley Weber Féodor Atkine Charlotte Maury-Sentier mise en scène Jean Louis Martinelli au Théâtre de l'Atelier Paris
Anna Christie
, c’est l’histoire des retrouvailles bouleversantes entre une jeune femme, Anna (Mélanie Thierry, intense dans son rôle de jeune femme meurtrie et révoltée) avec son père, un vieux marin alcoolique, Chris Christopherson, (le formidable Féodor Atkine), dans un bar sinistre de New York (tenu par Charlotte Maury-Sentier, parfaite en tenancière aguerrie et complice). Anna et son père ne se sont pas revus depuis quinze ans, alors qu’enfant elle a été confiée par ce dernier à une famille de fermiers du Minessota.

Persuadé qu’Anna “est une fille bien avec une vie comme il faut”, le vieux marin n’imagine pas combien la vie de sa fille a été un enfer. Pourtant, vêtue d’une robe rouge, escarpins au pied, collant filé, cheveux emmêlés, cigarette au bec et railleuse, Anna a tout de la fille de joie. Cherchant refuge auprès de son père, la jeune femme va rencontrer l’amour avec un jeune marin irlandais (Stanley Weber, crédible et désarmant en jeune marin costaud et peu accommodant).

Une romance née en mer au grand désespoir de Chris, rompu aux sentiments de courtes durées de port en port. Devant faire face à son destin, Anna avouera-t-elle son passé au risque de perdre les hommes de sa si courte vie ?

photo de Pascal Victor - Artcomart
photo de Pascal Victor – Artcomart

L’atmosphère de cette pièce est sombre, grise et maritime. Les décors sont épurés mais suffisamment explicites pour nous transporter aux côtés des acteurs justes.

Les personnages, désenchantés, sont attachants d’un bout à l’autre du récit. Chacun a ses motivations et trouve pleine légitimité dans ses choix, à nos yeux.
Le metteur en scène, Jean-Louis Martinelli, a su doser à merveille l’intensité, l’émotion et le suspens tout au long de la pièce. Jusqu’à atteindre un final d’une force rare dans un échange triangulaire qui semblerait sans issue.

Anna Christie Stanley Weber Mélanie Thierry Féodor Atkine Charlotte Maury Sentier pièce Eugene O Neill Jean Claude Carrière Jean Louis Martinelli Théâtre de l Atelier Paris photo by United States of Paris Blog

Anna Christie

du mardi au samedi 21h, Matinées samedi 16h30 et dimanche 15h30

Au Théâtre de l’Atelier
1, place Charles Dullin
75018 PARIS

Auteur : Eugene O’NEILL / Adaptation Jean-Claude CARRIERE
Mise en scène : Jean-Louis MARTINELLI
Avec : Mélanie THIERRY, Stanley WEBER, Féodor ATKINE, Charlotte MAURY-SENTIER

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La Tragédie du Belge aux Traversées du Marais : grandiose et barrée !

La chanteuse Camille est aussi talentueuse que fantasque. Pas étonnant alors que son grain de folie se soit associé à la conception de La Tragédie du Belge, une pièce musicale rocambolesque reprise exceptionnellement au festival Les Traversées du Marais après avoir fait le bonheur du Théâtre La Loge et du Théâtre de Belleville à Paris.

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La bande des Robins des Bois (époques Comédie ! & Canal Plus) vous manque autant qu’à nous ? Vous ne pensiez pas qu’il soit possible un jour de retrouver ce souffle insoupçonné de décalage, d’humour potache, de décors branlants, de prénoms improbables et d’intrigues inouïes ?

photo de Philippe Delacroix
photo de Philippe Delacroix

Bonne nouvelle ! Les 5 garnements qui composent la troupe et le chœur de ce spectacle joué et chanté (à cappella) sont de la trempe d’une Marina Fois, d’un Maurice Barthélémy, Jean-Paul Rouve…
Après tout, Robin Causse (le seul garçon de la troupe) n’aurait-il pas un faux air de PEF (Pierre-François Martin Laval) à moustache (photo non contractuelle) croisé avec Frank Dubosc ? À juger de sa pilosité, le garçon ne démérite pas face à ces deux monstres de l’humour qui se seraient pencher sur son jeu d’acteur. À confirmer bien entendu sur place lors de votre venue.

photo by Philippe Delacroix
photo de Philippe Delacroix

La tragédie n’en est pas tout à fait une. En tout cas, elle n’est pas suffisamment austère pour nous couper toute envie de rire. Bien au contraire.
Une femme, Olgac, se fait larguer par le Belge. Une fois la rupture consommée, les membres de sa famille rejouent le scénario de cet amour dévorant, foudroyant et pathétique. Poilant !

Les paravents servent de rideaux de scène cachant aussi bien les accessoires, les changements de costumes, que la faiblesse des moyens. On pourrait croire ce spectacle improvisé : il n’en est rien. La mécanique des changements d’acteurs pour composer un même personnage, le chœur qui prend l’eau alors qu’un balai est sollicité pour plusieurs fonctions – inouï ! – valent des moments de franche rigolade.

C’est bordélique, ça part en c… dans tous les sens du terme sans que les parties chantées ne perdent pour autant de leur poésie et de leur énigme à mesure que l’intrigue progresse.

Derrière l’écriture et la mise en scène se cache Sonia Bester plus connue comme gentille organisatrice de concerts intimes sous le pseudo de Madame Lune. Connaissant la qualité et discrétion de son accueil lors de ces soirées dont elle seule a le secret (à l’Eglise St Sulpice ou à la Cité Universitaire) il était bien difficile de deviner l’ouragan de fantaisie et d’audace qui sommeillait en elle.

La Tragédie du Belge pièce musicale texte et mise en scène Sonia Bester direction musicale Camille Affiche Théâtre de Belleville Paris photo by United States of Paris Blog

La Tragédie du Belge
avec :  Diane Bonnot, Robin Causse, Ava Hervier, Angèle Micaux, Géraldine Martineau, en alternance avec Sophie Tzvetan
texte de Sonia Bester
mise en scène : Sonia Bester & Isabelle Antoine
Dramaturgie : Sonia Bester, Diane Bonnot, Isabelle Antoine
Direction musicale, arrangements et compositions : Camille

le dimanche 13 septembre 2015 à 15h30

au Salon des Mariages – Mairie du IV
(au lieu du Jardin des Rosiers)
1 Place Baudoyer, 75004 Paris

dans le cadre du festival Les Traversées du Marais

Et toute l’actu sur la page FB : facebook.com/latragediedubelge

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SOUS LES JUPES : un trio féminin sans concession au Théâtre Mélo d’Amélie

Depuis le 14 janvier, le Théâtre Mélo d’Amélie réunit trois femmes que tout sépare. A l’exception d’un goût prononcé pour leur reflet dans une glace. Ecrite par Philippe Elno, Sous les Jupes, jouée jusqu’au 27 avril, dévoile bien plus que la vie de bureau. Avec humour, légèreté, et sans prétention.

Affiche pièce Sous les jupes une comédie de Philippe Elno mise en scène Marlene Noël avec Laetitia Vercken Ludivine de Chastenet Muriel Lemaire au Théâtre Mélo d'Amélie Paris

Tout commence avec l’installation d’un miroir. Jusque-là, rien de vraiment anormal. Mais avec sa taille de 15m2, il recouvre presque la totalité de l’un des murs du bureau des occupantes. Un comble, dans cette entreprise de transport international, dans laquelle seuls six hommes travaillent. Ici, même les routiers sont des routières.

Cet objet dérange, intrigue, mais finit par plaire. C’est selon l’humeur, les jours, les personnes qui vont et viennent dans cette boite un peu spéciale. On s’attend à une pièce féministe, mais pas vraiment. Le miroir n’est qu’un prétexte, malgré son omniprésence. Ou alors à de l’humour légèrement sexiste ? Encore moins !

Sous les jupes pièce et comédie de Philippe Elno avec Laetitia Vercken Ludivine de Chastenet Muriel Lemaire mise en scène Marlène Noël Théâtre Mélo d'Amélie Paris photo Marianne Da Siva
photo Marianne da Silva

La vie de Valérie (Ludivine de Chastenet), la boss, quarante ans, tailleur pantalon et caractère bien trempé, et de son assistante, Geneviève (Muriel Lemaire), 60 ans, à six mois de la retraite, va basculer lorsque Margot (Laetitia Vercken), 25 ans, débarque pour un stage. C’est vrai qu’elle dénote un peu, avec son legging troué et son horripilant chewing gum. Trois générations qui ont du mal à cohabiter mais que seul le fameux miroir rapproche. Regard furtif ou carrément appuyé, les trois dames vont s’adresser à lui comme à un quatrième acteur.

Très réalistes, les actrices font preuve d’une énergie qu’elles se transmettent entre elles. A croire qu’elles jouent leur propre rôle. Ce qui serait un peu facile, nous en conviendrons. Il suffit toutefois de jeter un œil sur le parcours de chacune pour se rendre compte qu’il s’agit bien d’un exercice de composition. Pour notre plus grand plaisir car elles ne font aucune fausse note. La pièce est un peu une succession de sketches sur la vie de bureau. Tout salarié d’une entreprise, quelle qu’elle soit, s’y retrouvera.

photo Marianne da Silva
photo Marianne da Silva

L’intrigue générale, qui normalement sert de fil directeur au spectacle, n’apparaît qu’en filigrane, et n’apporte pas grand’chose. Elle est presque accessoire. Il y a bien ça et là, quelques facilités, mais ça marche toujours. On se serait attendu à une pièce un peu plus mordante, à l’humour grinçant. Ce n’est pas le cas et finalement, on s’en fiche. On passe un bon moment et c’est tout ce qu’on demande.

Sous les Jupes 
pièce de Philippe Elno
mise en scène : Marlène Noël
avec : Laetitia Vercken, Ludivine de Chastenet, Muriel Lemaire

Théâtre Mélo d’Amélie
4, rue Marie Stuart
75004 Paris

Jusqu’au 27 avril 2015, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 18h

by Joël Clergiot

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