L’Amérique sans filtre et dansante de Natalie Prass

C’est une femme de caractère que nous découvrons ce mardi. En effet, alors que son album était terminé, l’élection de Donald Trump vient bousculer l’agenda des pensées de Natalie Prass.
Cherchant à comprendre comment son pays avait pu en arriver là et s’interrogeant sur ce que pourrait être son (l’)avenir, l’artiste se met donc à réécrire son album. En ressort alors une réflexion sur la place des femmes dans la société et l’industrie de la musique, le féminisme, l’empowerment à l’ère Trump.

C’est le fruit de ses observations, The Future and The Past, qu’elle vient nos livrer en live.

Natalie Prass

Scintillante et enivrante

Telle une majorette fraîchement débarquée du Magicien d’Oz, Natalie grimpe sur la scène du Café de la Danse, accompagnée de ses quatre musiciens.

Le ton de l’album étant provocateur et politique, on s’attendait à des musiques graves. C’était mal connaître la sensibilité et le positivisme de la chanteuse et compositrice américaine.
Dès les premières notes, la musique se fait festive, enivrante, groovy, pop, jazzy.
C’est tout un art de transformer des sujets graves en chansons feel good qui nous donne une seule envie : danser. Cette façon de rassembler grâce à sa musique, on le ressent parfaitement sur des titres comme Sisters, un appel à l’entraide féminine, une véritable ôde à la sororité, ou encore sur The Fire qui creuse la noirceur d’une romance perdue.

Natalie Prass

En dehors de sonorités jazz, on sent une influence parfaite des 90’s, un brin RnB, comme sur l’entêtant Never Too Late ou le dansant Ain’t Nobody.

Le temps file et c’est déjà le temps pour Natalie Prass de remercier chaleureusement Paris. Mais elle nous laisse tout de même avec une pensée rassurante : l’Amérique post-Trump nous réserve sûrement encore de belles surprises artistiques.

by Sarah 

Natalie Prass

Natalie Prass
album The Future and The Past
(ATO Records / Pias France)

site officiel : natalieprass.com

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Mariah Carey : Noël féerique à Paris avec All I want for Christmas is you

La perspective d’aller voir un concert de Mariah Carey nous plonge dans nos souvenirs d’adolescent. Mais si en plus on y associe Noël, on retombe carrément en enfance.
La diva aux 200 millions d’albums vendus est de retour en ce début du mois de décembre pour son show iconique All I want for Christmas is You, un carton outre-Atlantique qui méritait bien une deuxième édition en France.

Mariah Carey

C’est devant l’Accorhotels Arena assis et quasiment complet que le rideau rouge dévoile un décor féerique : sapin immense, cadeaux gigantesques, des musiciens et des choristes en costumes immaculés, et au milieu, Mariah, dans une imposante robe blanche ornée d’ailes d’ange, cheveux tombant en cascade sur ses épaules. Le véritable rêve de princesse de toutes les petites filles.

Mariah Carey

 

Un show de Noël à l’américaine

Les tableaux délicieusement kitschs s’enchaînent au rythme des changements de tenues de Mariah. Dans un esprit très “show à l’américaine”, la chanteuse est tantôt rejointe par des danseurs ou des enfants, même sa fille déguisée en rennes, vient lui donner la réplique.

Mariah nous offre ses plus belles interprétations des classiques de Noël telle Joy to the World ou Holy Night. Elle ravit également son public en chantant ses hits Hero et We belong together ainsi qu’avec une nouvelle chanson The distance, extraite de son dernier
album Caution.

Mariah Carey

Au bout d’une heure et demi, Paris est conquis. La fin du show est proche, mais tout le monde sait qu’il reste le fameux All I want for Christmas is you. La scène se vide. L’Accorhotels Arena résonne des applaudissements de la foule. Et voilà que se dessine le tableau final : le Père Noël, les danseurs, les musiciens, les choristes, tout le monde danse et virevolte autour d’une Mariah Carey éblouissante dans un costume scintillant. C’est la dernière chanson, on donne tout. Dans un final enneigé, elle s’échappe.
Les lumières se rallument, chacun repart emplit de joie et chantonnant.
C’était définitivement la dose de “feel good” qu’il nous fallait en ce mois de décembre pluvieux.

by Sarah 

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Fête des Lumières 2018 à Lyon : pigments sur cathédrale, duo rigolo & laser show

Chaque année, l’attente est grande pour découvrir les nouvelles installations et illuminations qui vont enchanter Lyon pendant 4 jours.

La Fête des Lumières 2018 tient la dragée haute avec des parcours qui offrent aussi bien des instants ludiques (Place Bellecour), de la beauté pure (Cathédrale Saint Jean), du grand spectacle (quai de Saône), de la poésie et féerie.

Fête des lumières

Fête des Lumières Fête des lumières

Pigments de lumière : beauté pure

C’est mon coup de cœur de cette année.
Je l’ai vu trois fois pour profiter un maximum de la projection sur la Cathédrale Saint Jean.
A la différence de tout ce que j’ai vu précédemment, cette création a été conçue à partir d’images réelles en studio.
Une maquette de la Cathédrale a permis le tournage d’une série d’effets spectaculaires.

Fête des lumières

Délire urbain avec les Anooki

Les Anooki sont de retour pour amuser petits et grands. Le joyeux duo prend possession de la place Bellecour pour tournoyer sur la roue et jouer avec un camion de pompiers sorti tout droit du Musée de Pompiers pour l’occasion et la statue de Louis XIV.

Fête des lumières

Lumignons du cœur pour la bonne cause

Un parterre de lumignons vendus au profit de l’association docteur Clown illuminent la Place Sathonay.
Une installation qui nous donne l’impression de pénétrer un chapiteau lumineux à ciel ouvert.
Rapprochez vous des lumignons pour recevoir un peu de chaleur.

Fête des Lumières

Laser show à l’Hôtel de ville

L’affluence est importante pour accéder à Tricolore.
Mais le spectacle en vaut la mienne – comme j’ai pu le dire à un festivalier qui me demandait conseil : attendre ou pas.
Ça nous rappellerait un concert de Pink Floyd avec ce jeu de lasers. C’est court mais intense.

Veilleuses urbaines

Stéphane Durand et Patrick Laurino nous renvoient à l’imaginaire de Pixar avec deux lampes urbaines qui se font face et qui semblent dialoguer entre elles dans un jeu de lumière ludique.
Ces Veilleuses d’un genre nouveau sont soutenus par une nacelle télescopique.

Fête des lumières

Seule relative réserve : You and the night, la création d’une aurore boréales sur la Place des Jacobins.
L’artiste, David Udovtsch, offre plus une féerie en jets d’eaux que l’imitation de ce phénomène naturel qui fascine toujours autant.

Fête des lumières

BONUS : rappelons que le 8 décembre est une fête consacrée à la Vierge Marie. C’est un jour traditionnel où les Lyonnais et Lyonnaises la remercie notamment en posant une bougie ou lumignon sur leurs rebords de fenêtres.
Fête des lumières

La Fête des Lumières 2018
du 6 au 9 décembre

à Lyon

Fête des Lumières

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Le Parcours du Roi : immersion royale dans le Versailles du XVIIIe

Le Parcours du Roi offre un Château de Versailles libéré des hordes de visiteurs, touristes et autres passionnés d’histoire de France. La nuit tombée, les samedis de décembre émerveillent à travers une visite-spectacle immersive et exceptionnelle.
Entre concert impromptu, démonstration de danse dans la Galerie des Glaces, numéro de magie ou encore duel au fleuret, les salles du Château du Versailles se dévoilent aux téméraires, de la plus belle des manières.

Parcours du roi

Plus d’une heure de spectacle

Accueillis par des aboyeurs royaux, les portes du Château de Versailles version nocturne s’ouvrent à nous. Les costumes sont chatoyants et gracieusement ornés.

Parcours du roiParcours du roiEn plus d’une heure de déambulation, on peut toucher une partie  de la vie de cour du 18e siècle.
Les personnages sont travaillés, les expressions restent du grand siècle. Entre chaque représentation, les spectateurs déambulent dans les appartements royaux qui se montrent sous des lumières parfois un peu blafarde.

Dans la Galerie des Glaces, des danseurs entament menuet et autres danses avec en introduction la Marche pour la cérémonie des Turcs de Lully. Les costumes sont richement décorés et les pas de danse maitrisés.

Parcours du roi
Un instant musical suspendu qui nous plonge aussi dans cette vision particulière des confins du monde du temps de Louis XIV.

Dans une autre pièce, on croise le Grand Mamamouchi qui joue de ses pouvoirs magiques et d’un humour un peu décalé pour le lieu. Un instant de complicité bien pensée.

Parcours du roi

Après avoir traversées les salles dédiées à l’exposition Louis Philippe, la foule fait masse autour d’une scène de duel improvisé.
Alors, les deux bretteurs font tinter l’acier de leur fleuret en un combat pour l’honneur. Homme contre femme, c’est une lutte singulière qui nous est offerte.

Parcours du roi

Suite à cette joute à l’issue originale, petits et grands pourront rencontrer Louis XIV, reconverti en Père Noêl.
Et nous avons été touchés par sa gentillesse extrême et une douceur dans la voix qui nous a fait nous replonger dans une enfance et une magie de Noël, pas si lointaine.

Parcours du roi

Le Parcours du Roi

Tous les samedis
jusqu’au 29 décembre 2018


Séance à 18h, 18h20, 18h45, 19h10 et 19h35
de 30 à 45 €

au Château de Versailles

Place d’Armes
78000 Versailles

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Kiss & Cry à La Scala : entre poésie et douce mélancolie



«La poésie est mémoire, mémoire de l’intensité perdue». Grâce à cette citation de Yves Bonnefoy, nous captons l’essence même de la création Kiss & Cry présentée en ce mois de décembre à La Scala Paris. En effet, cette performance hybride au style propre explore avec éloquence cette sensation nécessaire, aussi vibrante que pesante dont nous ne pouvons nous défaire : le souvenir. 

Dès notre arrivée, la scène interroge. Nous avons l’impression d’être en coulisses. Alors, à côté de caméras se mêlent un aquarium, une maison de poupée ou encore un circuit de train électrique. Et, trônant au dessus de tout ça, un grand écran blanc, vide.

Kiss & Cry

Lorsqu’il s’allume, voix off, vue sur un décor de gare avec une femme, seule. Elle s’appelle Gisèle. Nous apprenons qu’en voyant défiler les trains, elle se rappelle le délicieux moment où, pour la première fois, elle s’est mise à aimer… L’unique souvenir de cet instant précieux se résume à une main. Mais aujourd’hui encore, il résonne en elle. Suivront ensuite quatre histoires à la durée, à l’intensité ou à l’impact différents. Débute alors devant nos yeux un tendre voyage au plus intime de sa mémoire…

Comme un hommage à ce premier amour, ce sont les mains qui s’expriment. Passés les premiers sourires, nous sommes étonnés et saisis. Ainsi, il se dégage volupté, grâce et profondeur de ces membres dansants et virevoltants dans un délicieux ballet. Accompagnés de musiques judicieusement choisies, nous vibrons avec ces corps s’aimant un temps, se séparant ou se retrouvant…

Kiss & Cry

Un style inédit

Le fait que les scènes soient filmées devant nous, en direct, rend chaque représentation unique et atypique. C’est fascinant de distinguer le rendu de l’œuvre pendant sa création. Deux moments, deux perceptions, deux effets, à nous de choisir si nous préférons observer les coulisses plutôt que l’écran !

En réalité, il est assez difficile d’exprimer par écrit le ressenti de cette expérience totalement innovante. Car clairement, Kiss & Cry n’est pas du genre à s’expliquer, il se vit ! Et ce soir-là, au vu de la durée des applaudissements, aucun doute que le spectacle en a fait vivre plus d’un… 😉

Bonus : Vous avez aimé Kiss & Cry ? Découvrez le reste de la trilogie avec Cold Blood et AMOR à partir de janvier à La Scala !

by Jean-Philippe 

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Kiss & Cry

De Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormaelen
création collective avec Grégory Grosjean, Thomas Gunzig, Julien Lambert, Sylvie Olivé, Nicolas Olivier, Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean

Jusqu’au 31 décembre 2018

du mardi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

à La Scala Paris 
13, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30

 

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O Mà ! : surprenants et délicats produits made in Corse & concours

Quand on parle produits méditerranéens, parfois on peut oublier la Corse. C’est sans compter sur O Mà ! Gourmandises, une histoire d’amour entre les produits, Jean-Michel Querci et sa femme.
Une entreprise familiale qui met en avant le goût et qui aime promouvoir l’Île de Beauté.

Rencontré en journée presse, on a vraiment accroché avec cette histoire familiale. Attachée à la qualité et au terroir, O Mà ! est une petite entreprise de 4 personnes.

O Mà ! Gourmandises crée tout de A à Z

La gamme est composée de 160 produits sucrés et salés, tous pensés et cuisinés par le chef autodidacte Jean-Michel Querci.
Et du logo au packaging, tout est pensé à quatre dans cette entreprise insulaire.

O Mà

Coté goût, on a été surpris par l’Anghjulina : une confiture à base de Brocciu (un fromage corse de brebis). Une recette brevetée qui ose un audacieux sucré/salé. Un mélange qui surprend les papilles et peut apporter une touche surprenante à vos apéritifs, ou vos verrines. A tester avec une composition à base d’avocat ou de fruits rouges.

O MàPour des saveurs plus quotidiennes, on recommandera les ketchups  et chutney. Notamment le U Biancu : un ketchup blanc aux oignons de Sisco et poivre Timut ou encore le P.P.P&M : Pumatta Pepper Whisky P&M, avec une pointe de miel Corse. Leurs textures onctueuses rendent grâce aux ingrédients travaillés pour la création de ces produits.

O Mà

Nous n’avons pas pu goûter à toute la production de O Mà !, mais il n’y a pas de doute que tout est de la même qualité. Des huiles, aux cookies en passant par les soupes, les bonheurs du soleil corse se retrouveront dans vos assiettes.

Pour nos lecteurs parisiens, la gamme O Mà ! Gourmandises est à retrouver au Printemps du goût.

Et pour tout le monde, il est possible de commander en ligne sur le site.

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Des lots O Mà ! Gourmandises sont à gagner ici !!
Pour votre plaisir, nous vous offrons un pot de confiture Figues/Fruits Rouges. Un petit délice !

Pour participer, il suffit de remplir le formulaire juste en-dessous.
N’hésitez pas à nous laisser un commentaire.
ON KIFFE VOUS LIRE !

Bonne chance aux gourmands et gourmandes.

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Mariah Carey célèbre Noël à l’AccorHotels Arena Paris le 7 décembre

Si on vous dit « Noël », vous pensez certainement aux guirlandes, au sapin, aux lumières, aux cadeaux, au Père Noël, au chocolat…
Et si on vous dit « chanson de Noël » ? Il y a forcément une chanson qui vous vient tout de suite en tête !
Une chanson qui dès les premières notes, vous fait pétiller les yeux et vous transporte instantanément dans l’esprit des fêtes. C’est bien sûr le tube de Mariah Carey : All I Want For Christmas.

All I Want For Christmas est le single des fêtes le plus vendu chaque année et on comprend pourquoi ! Mariah a écrit et produit un véritable tube, indémodable, intemporel, qui nous emporte directement dans l’esprit festif de cette période magique.

En véritable ambassadrice de Noël, la diva Mariah Carey propose de célébrer Noël en avance à l’AccorHotels Arena de Paris avec son show All I Want For Christmas Tour, le vendredi 7 décembre 2018.

Mariah propose avec ce spectacle de célébrer Noël en avance avec les chansons qu’elle aime tant tout en chantant également ses plus grands classiques.

Mariah CareyPour l’occasion l’Accorhotels Arena prendra des airs de fêtes avec des sapins, des guirlandes, le Père Noël… Vous trouverez aussi un photocall qui vous permettra de prendre de jolies photos. Et pourquoi pas déguster un bon verre de vin chaud tout en écoutant Mariah Carey chanter.

Une soirée magique en perspective

A noter que les stands de restauration de la salle proposeront un menu spécial Noël.
En attendant vendredi, on va écouter en boucle l’album Merry Christmas de Mariah Carey pour se mettre dans l’ambiance et se chauffer la voix.

Mariah Carey
en concert le vendredi 7 décembre
à l’AccorHotels Arena de Paris
(Live Nation)

Des places sont encore disponibles, prenez vite les vôtres ici!

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L’ordre des choses à la Michodière : recomposition familiale totalement rock

Alors que notre vie couple semble en parfait équilibre, une petite poussière peut tout faire valdinguer. C’est ce qui arrive dans L’ordre des choses au Théâtre de la Michodière.
Un trio juste (Gérard Darmon, Vincent Desagnat et Pascale Louange) porte un texte qui pourrait sembler léger mais qui ne manque pas d’épaisseur.

ordre des choses

Comment réagiriez-vous si un grand gaillard de 38 ans débarquait chez vous et affirmait être votre fils, preuve à l’appui ?  Surtout quand vous essayez depuis 10 ans de faire un enfant avec votre compagne et que vous n’y arrivez pas.
C’est ce qui arrive à Bernard et Juliette qui se retrouvent face à Thomas venu revendiquer sa filiation.
Est-ce un imposteur ou un potentiel rival amoureux. Est-ce le début d’un trio de vaudeville ?

Une pièce tout en équilibre

Sur scène, les acteurs sont parfaitement justes.
Gérard Darmon (Bernard) semble ne pas jouer. Il file à merveille la partition du mari qui se découvre un fils. Il jongle avec les situations, alternant demi-mensonges, demi-vérités et moments de sincérité folle.

ordre des choses
Pascale Louange (Juliette) reçoit cette nouvelle avec le plus de recul possible. De la surprise à la colère, elle ne peut entrer dans la folie et la surenchère des deux rôles masculins.
Vincent Desagnat est parfait, à tel point que l’on se demande durant une bonne partie de la pièce si ce n’est pas un imposteur. Pour celles et ceux qui  ne l’ont jamais vu sur scène, vous découvrirez un formidable comédien qui mérite d’autres beaux rôles au théâtre.

Dans cette pièce de Marc Fayet, toutes les situations s’enchainent à merveille. Les rebondissements et les secrets se dévoilent sans grosse ficelle. Les personnages évoluent subtilement.

« Au début, on devait faire du air guitar !« 

C’est ce que nous confie Gérard Darmon lors de notre rencontre après la pièce. En effet, au début du 3e acte, Bertrand et Thomas se lancent dans un moment épique de rock.

ordre des choses
« On joue vraiment de la guitare sur scène ! «  confirme Vincent Desagnat.
Et l’auteur Marc Fayet de rajouter : « Le fait que la pièce soit si rock c’est une volonté du metteur en scène, Richard Berry. Ce côté rock n’était pas si important à l’écriture. Il vient d’un travail de mise en scène et je sais l’importance pour le metteur de scène de créer son univers. »

Et ce travail d’adaptation a été une des clefs pour que Gérard Darmon participe à cette création. « J’ai dit oui parce que c’est bien écrit, parce que c’est un thème actuel, contemporain. Mais aussi parce que l’auteur est vivant. Et aussi parce que c’est Richard Berry qui mettait en scène. »

ordre des chosesC’est un peu la même chose pour Vincent Desagnat : « Quand on m’a contacté et qu’on m’a dit que c’était Berry et Darmon, je n’ai pas pu dire non. » Une chance de plus pour lui qui ne cache qu’il « n’a pas beaucoup d’expérience au théâtre. Alors j’apprends tous les soirs. Et plus ça va, plus ça me donne de plus en plus envie de jouer. »

Cette pièce de Marc Fayet, portée par trois acteurs au diapason, vous fera basculer du rire à l’émotion en quelques répliques.
Rendez-vous à La Michodière !

ordre des choses

L’ordre des choses

une pièce de Marc Fayet
mise en scène : Richard Berry
avec Gérard Damon, Vincent Desagnat, Pascale Louange

au Théâtre de la Michodière
4 bis Rue de la Michodière
75002 Paris

Jusqu’au 6 janvier 2019

du mardi au samedi à 20h30
matinée : le samedi à 16h30 et dimanche à 15h30

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Campana du Cirque Trottola au Centquatre : d’une puissance folle !

Campana au Centquatre est surprenant et c’est merveilleux !
Je ne m’attendais pas à être emporté par une si petite troupe, dans un cirque à dimension réduite
– j’ai plus l’habitude des plateaux à une bonne dizaine de circassiens.
Le Cirque Trottola déploie une inventivité qui bluffe : des trappes cachées dans le plancher à la bande-son hyper travaillée, de la musique live avec doubles manches de guitare et collection de cloches à la poésie de l’équilibre. Arriver à emporter le public avec une brouette de jardin ou une échelle, c’est absolument magique !

Il faut une dose de folie pour clamer : « Mon pays c’est la vie ! », par deux fois, juché sur une échelle qui tourne, le tout sur une piste de cirque, sous un chapiteau, à Paris. Mais cette folie est grisante, elle rapproche du divin.
Cette poésie colle à la peau. Je n’ai pas pu m’empêcher de sortir un stylo et d’écrire la phrase dans le creux de la main de peur de l’oublier, emporté par d’autres émotions, d’autres fulgurances au cours de la soirée.

Cirque Trottola

Bonaventure Gacon, cet ours ou viking français, à la barbe impressionnante, comme la largeur de ses épaules, est un circassien fascinant. L’artiste est autant doué pour les prouesses physiques, les portées que pour le jeu. Bonaventure, véritable caméléon, est à la fois cet acrobate bourru, nonchalant et rassurant que ce clown en guenilles, improbable et attachant.
Il forme un duo tordant, physique et émouvant avec sa partenaire de piste Titoune, au physique si fluet. Titoune, elle, s’envoit en l’air à la force des bras de Bonaventure ou sur un trapèze. Légère, expressive, elle emporte aussi toute l’attention du public, touché par ses talents.

Cirque Trottola

Le duo est accompagné des deux musicos Thomas et Bastien qui assurent une bande-originale aussi rythmée qu’audacieuse. Chacun semblant se dédoubler derrière leurs instruments. La chanson italienne est une très belle folie musicale.

Le Cirque Trottola a conçu de vraies trouvailles visuelles et sonores. Le final est absolument incroyable quand le plancher de la piste se fissure dans une vague de fumée. Promis, je ne spoilerai pas. Mais cette vision n’est pas prête de vous quitter.

Merci au 104 et au Théâtre de la Ville de s’être associés pour nous faire vibrer plus que d’habitude et nous permettre de nous enchanter encore.

Cirque Trottola

Campana

par le Cirque Trottola
avec Titoune et Bonaventure Gacon
et Thomas Barrière et Bastien Pelenc 

à partir de 10 ans

jusqu’au 22 décembre 2018, à 20h

dans le cadre de la programmation avec le Théâtre de la Ville

Le Centquatre-Paris
5, rue Curial
75019 PARIS

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Pupille de Jeanne Herry : sensible et prenante aventure humaine

Hormis pour les personnes directement impliquées, tout ce qui entoure l’adoption reste une obscure nébuleuse. Avec Pupille, Jeanne Herry nous offre un regard précis, intense et juste sur la période allant de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption. Les maillons d’une chaîne humaine et bienveillante se mettent alors en place pour conserver ce qui importe le plus à la venue au monde d’un enfant : le lien d’attachement.

Pupille

Un sujet délicat

Le thème n’a pas réellement été choisi par Jeanne Herry, il s’est plutôt naturellement imposé. En effet, l’appel d’une proche a tout déclenché. Après des années d’attente, cette amie allait enfin devenir mère grâce à l’adoption. Dans l’euphorie, les langues se délient. En marchant dans la rue, la réalisatrice se rend compte qu’elle ignore beaucoup de choses sur le processus par lequel son amie est passée.

Sa curiosité prend le dessus. Des échanges avec une assistante sociale retraitée lui font découvrir les dessous d’un univers méconnu. À partir de là, les rencontres se multiplient et la trame de son futur film se dessine !

« J’ai l’impression d’avoir été dans une place centrale, en regardant tous les points de vue, tous les personnages et tous les enjeux. »

Elle a été frappée par les mots et les rapports aux mots employés par les différents travailleurs sociaux. Mais également par l’investissement, l’accompagnement ou les difficultés d’entretenir la juste distance avec l’autre.

« Je voulais interroger le moment où le bébé passe des bras d’une mère biologique à une mère adoptive, en passant par beaucoup d’autres bras. »

C’est donc autour de Théo que vont s’articuler tous les personnages, et ils sont nombreux ! Une attention particulière est donnée au regard qui se retrouve être le fil conducteur du film. Nous ressentons les émotions, les craintes mais aussi la joie de tout le monde, même du plus petit rôle n’intervenant que quelques secondes… Car le regard exprime bien plus que les mots et surtout, il ne trompe pas.

PupillePupille

Casting d’exception !

Sandrine Kiberlain combine assurance et fragilité dans la peau de cette éducatrice spécialisée qu’elle incarne à merveille. Elle apporte de la fraîcheur, de la légèreté et nous fait sourire par ses obsessions autant qu’elle nous touche par ses sentiments. Elle est fidèle à elle-même, bref, une fois de plus, on l’adore !

Ensuite, Gilles Lellouche campe l’assistant familial. Il va accueillir Théo de sa naissance jusqu’à son adoption. Au début, ce choix déroute, surprend puis convainc. Sa carapace de virilité d’ours révèle donc une sensibilité cachée. Sa délicatesse, sa retenue et sa pudeur nous touchent et nous font découvrir une nouvelle facette du comédien. Mais on vous rassure, il conserve quand même quelques blagues lourdes nous faisant rire ! Il faut bien donner le change. 😉

Enfin, Elodie Bouchez submerge… Au début, son côté effacé et candide ne marque pas les esprits voire agace. Tandis que le film avance (ainsi que les années), elle prend de l’assurance, s’émancipe et surprend. On ne la voit pas du tout venir et, d’un coup, elle se révèle. En mère en devenir, elle finit par pleinement rayonner et c’est beau, très beau… Lorsqu’elle rencontre Théo pour la première fois, je dois vous avouer que des larmes ont perlé le long de mes joues alors que je suis plutôt du genre insensible et cynique. Mais chut, ça reste entre nous…

Tourné avec authenticité et passion, Pupille retrace fidèlement un de ces moments où la vie n’en finit pas de nouer ses complications. Pour autant, il est générateur d’espoir et malgré un sujet difficile, il nous rappelle la bonté dont peut être capable l’être humain. Et ça fait du bien… 🙂

Merci à Ciné + pour cette belle découverte. 
Les vidéos de la rencontre sont en ligne

by Jean-Philippe 

Pupille

Pupille

Un film de Jeanne Herry

Avec Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Clotilde Mollet et Olivia Côte

Sortie le 5 décembre 2018

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