Votre Maman au Théâtre de l’Atelier : émouvante et juste

Votre Maman au Théâtre de l’Atelier : un trio inédit, cocasse et terrien. Dans cette pièce de Jean-Claude Grumberg, tout tourne autour de trois personnages principaux : la maman, le fils et le directeur d’une maison d’une retraite.

La mère, interprétée par l’admirable Catherine Hiegel, est pensionnaire d’une maison de retraite financée par son fils Jean (Bruno Putzulu, attendrissant dans son rôle de fils aimant). N’ayant plus toute sa tête, elle le confond quelquefois avec le directeur de l’établissement (Philippe Fretin, excellent) ce qui fera naître de drôles de malentendus et des situations loufoques.

Le décor est minimalisme et très bien conçu. Nous plongeons immédiatement dans l’univers aseptisé des couloirs de ces établissements spécialisés.

Les visites de Jean à sa mère sont mouvementées et toujours semées d’embuches. Malgré la sensibilité du sujet traité (la vieillesse, la perte de mémoire, la dépendance…) et l’histoire tragique de la mère qui plane tout au long de la représentation, nous ne pouvons nous empêcher de rire face aux facéties de cette dernière.

Jean est un « bon fils » et défend sa mère sans aucune hésitation, même dans des situations plus ou moins acceptables.

Belle distribution
Bruno Putzulu
est juste et émouvant dans le rôle du fils dévoué. Un peu trop gentil avec sa mère, il peut quelquefois agacer.
Catherine Hiegel est formidable. Elle interprète le rôle de la mère tantôt bienveillante, tantôt odieuse et parfois espiègle aussi avec une grande justesse et une finesse hors pair.
Quant à Philippe Fretin, il est tout simplement parfait en tant que directeur de maison de retraite, avec tous les traits qui caractérisent ce genre de personnage.

Le texte est simple, court et quelquefois répétitif mais l’excellente interprétation des comédiens surpasse cette faiblesse.
Touchante, Votre Maman appuie sur un point sensible que nous refoulons tous : la vieillesse, ses conséquences et la mort.

by Caroline 

Votre Maman 

de Jean-Claude GRUMBERG
mise en scène de Charles TORDJMAN

Avec Catherine HIEGELBruno PUTZULUPhilippe FRETUN et Paul RIAS

du mardi au samedi à 19h
en matinée le dimanche à 16h

au Théâtre de l’Atelier
Place Charles Dullin
75018 PARIS

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Mama Khan et le chant de la terre Lakota : rencontre poignante et bouleversante

Au travers de récits Amérindiens contés par Mama Khan, notre guide atypique, nous partons à la découverte de la tradition Lakota (Dakota du Sud) et de ses merveilles. Tel est le pari osé, mais parfaitement maîtrisé, de Khadija El Mahdi que nous retrouvons au Théâtre de la Croisée des Chemins. Nous sommes sous le charme…

Depuis l’aube de l’humanité, Mama Khan est là pour transmettre aux générations à venir la mémoire du monde. Son but est de permettre l’ancrage profond de nos racines archaïques afin de vivre en harmonie avec le monde moderne.

Doucement et sans bruit, l’âme de Mama Khan s’invite dans le corps qui va lui servir de faire-valoir. Elle nous transporte avec elle en terre Lakota à la découverte d’une culture première qui n’en finit pas de nous apprendre. Les Amérindiens nous livrent leurs savoirs et leurs moyens de s’ouvrir à la sagesse au travers de la tortue, du corbeau, du pivert, du bison et de l’aigle. Ils incarnent ce qui est nécessaire au coeur de l’homme pour s’épanouir : la liberté, l’expression de l’art, la beauté, le silence et les mots…

Derrière ce projet, il y a une femme qui attendait de pouvoir vivre sa vie. Elle avait un manque quant à son héritage culturel et familial. Du coup, elle peinait à construire son identité. Puis un jour, elle fait un rêve : elle découvre un contact inconnu, bordé d’amour et de bienveillance avec des grands-mères. Elle se rend compte de l’importance de leur enseignement : la transmission aux enfants de la conscience de la fragilité de l’être…

Khadija El Mahdi a ainsi reçu l’étincelle qui lui a permis de faire rayonner sa vie et par la même occasion, la nôtre. Elle est ainsi au service de la diffusion de la paix, de l’amour de la conscience et du goût de la liberté.

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous avons hâte de découvrir le deuxième opus (sur treize !) des rencontres de Mama Khan qui débutera à partir du 13 mai 2017 dans ce même théâtre.

De tout notre cœur, Merci.

by JeanPhilippe

Mama Khan et le chant de la terre Lakota

Metteur en scène et comédienne : Khadija El Mahdi

spectacle tout public à partir de 7 ans

Tous les samedis du 15 avril au 6 mai 2017 à 19h30

2e opus : Mama Khan, le chant berbère de l’eau
du 13 mai au 24 juin, les samedis à 19h30 (relâche le 27 mai)

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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La Promesse d’un Chiffre ou l’histoire émouvante d’une renaissance !

Le Théâtre de la Croisée des Chemins nous permet de découvrir le premier « seule en scène », La Promesse d’un chiffre, touchant et drôle de Sonia Ountzian. Un hommage vibrant et singulier à ses origines arméniennes pas toujours évidentes à porter ! Explications.

L’enfance est un moment tendre et insouciant nous permettant de poser les fondements de l’être adulte que nous allons devenir. C’est un fruit qui a besoin d’être arrosé et choyé pour se développer et arriver à maturité. Tel est le cas de Sonia Ountzian. A la différence près qu’on l’a investie dès sa naissance d’une mission céleste : «Vivre pour tous ces Arméniens qui n’ont pas vécu ».

Évidemment, quand on est issue d’une famille génocidée, émigrée, la notion d’insouciance est quelque peu relative… Il faut vivre avec le poids de la douleur, du devoir et du souvenir. Une charge qui n’en finit pas de peser sur le développement psychique, mais aussi physique, de notre narratrice. En gros, elle trouve refuge dans la nourriture, dans un royaume sucré où vivent ses amis préférés Ben & Jerry’s, entourés de kourabies.

Au décès de sa grand-mère, Sonia a quarante ans et fait une introspection. Cette pièce en résulte. Elle semble avoir trouvé un équilibre entre son héritage familial et la vie qu’elle doit vivre. Au travers d’anecdotes sur son enfance, son poids, sa famille, son poids, ses relations amoureuses, son poids, nous voyons le magnifique travail de réparation qu’elle effectue avec une déclaration d’amour ardente et sensible à ses proches et à ses origines.

Le tout est mené et présenté avec une ironie folle ! Nous avons retrouvé toute la quintessence de ce que l’humour peut contenir en finesse et en esprit. La dérision est son armure pour affronter le monde. Son regard bleu perçant fait écho en nous de façon troublante et magique…

Lorsque le rideau se baisse, Sonia Ountzian nous rejoint. Elle dit adieu avec tendresse à la petite fille qu’elle était et s’en va vivre pleinement sa vie…

by JeanPhilippe

La Promesse d’un Chiffre

Metteur en scène : Jérôme Piques
Comédienne et auteure : Sonia Ountzian

Tous les jeudis et vendredis du 13 avril au 19 mai 2017 à 21h30

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Huis Clos au Théâtre Croisée des chemins : intense !

Qui dit Huis Clos dit : « L’enfer, c’est les autres ! »
Cette citation de Jean-Paul Sartre résonne bien au Théâtre de la Croisée des Chemins dans une mise en scène actuelle et tonitruante de Florent Curk. Vous êtes prêts pour un petit tour en enfer ?

L’intrigue consiste en la rencontre de trois personnages fraîchement décédés dans une pièce unique. Ils ne se connaissent pas. Ils viennent de milieux différents. Ils avaient des modes de vie opposés, des opinions, des goûts et des valeurs aux antipodes les uns des autres. Commence alors un procès à huis clos en enfer où les protagonistes vont se retrouver tour à tour jugés puis juges des agissements de chacun.

Allons-nous trouver un bourreau ? Des instruments de torture ? Que nenni !

En effet, nul besoin de ces artifices car ils possèdent une arme destructrice : eux-mêmes. Selon Sartre, l’autre est ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance car la vie se conçoit au travers de son appréciation. Notre jugement personnel est effectué avec les moyens que l’autre a, ou nous a donnés, pour nous juger. C’est ainsi que les trois personnages vont tenter de briser ce «cercle d’enfer» afin d’atteindre la liberté, l’indépendance d’autrui sur soi.

Le jeu des comédiens permet à cette pièce toujours actuelle de rayonner. La mise en espace du théâtre avec son cadre « scène-public » intime et enveloppant ne fait qu’accentuer la profondeur de cette œuvre. En effet, lors de notre arrivée, les interprètes sont mêlés au public. Ils sont cherchés les uns après les autres, renforçant l’esprit que nous sommes tous concernés. Les quatre comédiens (n’oublions pas le gardien !) jouent de façon intense et passionnée au point que Sartre n’a jamais été aussi proche de nous.

Notons aussi l’espoir dans cette pièce. Nous ne sommes rien sans les autres. Alors servons-nous de cette force pour créer une union dans la pluralité ! Pour reprendre Sartre : « Il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d’affaire ensemble ».
Prêts ?

by JeanPhilippe

Huis Clos

Adaptation de la pièce éponyme de Jean-Paul Sartre
Metteur en scène : Florent Curk
Comédiens : Julien Chesneau, Emma Paitreault, Fanny Passelaigue, Adil Ait Tamaldou

le samedi à 21h30

jusqu’au 20 mai 2017

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Noma au Japon : miracle en cuisine ! #cinéma

Noma de Copenhague à Tokyo : dans les coulisses d’une aventure folle, un défi qui a transporté un restaurant (celui de René Redzepi) : cuisine et équipe complète de 70 personnes à + de 8 600 km et au 37e étage du Mandarin Hotel. Difficile de penser qu’un film documentaire culinaire nous emporterait à ce point. 

Un nom qui fait saliver, des clients qui viennent du monde entier, une liste d’attente qui n’en finit plus. Noma à Copenhague est une institution qui a donné un souffle impressionnant à la cuisine scandinave. René Redzepi est le pape de cette révolution qui a un dogme, des fidèles, des passionnés et même des détracteurs. 

« Don’t huge people in Japan! »

Le film Noma au Japon nous fait comprendre tout de suite que se frotter à la cuisine japonaise pour créer plus d’une dizaine de recettes 100% originales en 6 mois est tout simplement fou. Le scénario du documentaire de Maurice Dekkers est en cela absolument prenant. 

« On est en sécurité entre 4 murs »

L’aventure humaine est exceptionnelle, les personnages ont des gueules (l’Américain Lars Williams en tête) et de vraies émotions et problématiques.  Le sacrifice est évident : la pâtissière, Rosio Sanchez, avoue être seule, certains parlent de journée avec si peu de sommeil. On suit toutefois deux membres de l’équipe (Lars Williams et Thomas Frebel) prendre  le temps de faire du sport pour sortir de la cuisine. 

Ce microcosme est fascinant et d’une ingratitude totale : combien d’échecs pour arriver au sublime plat, à la saveur qui fera toute la différence et surtout qui emballera le chef ? 

Pas une minute de trop pour Noma au Japon, le spectateur fait le pacte d’un coup de bluff, de vraies tensions et d’une admiration sans faille pour ces hommes et ces femmes qui ne comptent pas la fatigue, qui travaillent en sous-sol sans fenêtre, qui refont leurs gammes tous les matins comme un musicien jusqu’à sortir la plus belle note. Avec le respect d’un précepte : « sortir de sa zone de confort » comme le demande René Redzepi.
Quel sera le sort de cette tortue serpentine japonaise, coriace ? Le canard sera-t-il servi entier ou en petite portion ?

Alors que Top Chef et les autres émissions de cuisine envoient du vent, faisant croire que l’on peut se mesurer aux plus grands, Noma au Japon offre une vraie leçon de modestie.
Il faut compter, par exemple, 30 heures pour préparer les palourdes à chaque service. 

Séquence culte : quand Vivienne réinvite le fish and chips avec une composition audacieuse ! Mieux vaut ne rien lire avant pour ne pas gâcher la surprise. 

Attention danger : en sortant de la salle, votre premier réflexe sera de vous renseigner sur les prix du restaurant et les conditions de réservation.
Sachez, dès à présent, que le Noma change d’adresse et sa réouverture n’est pas prévue avant cet automne.
En attendant, il s’offre une nouvelle épopée en terres mexicaines.

NOMA AU JAPON
6 semaines pour (ré)Inventer le meilleur restaurant du monde

un film de Maurice Dekkers

avec : René Redzepi, Lars Williams, Rosio Sanchez, Dan Giusti, Thomas Frebel, Kim Mikkola

sortie en salle : le 26 avril 2017

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Printemps de Bourges 2017 : Petit Biscuit, Jacques, French 79 #livereport

J5 avec un bain d’électro aussi inspiré, trippant que relaxant. Notre top 3 des révélations électro du Printemps de Bourges 2017 sont : Petit Biscuit, French 79, Jacques et Jabberwocky. Quatre concerts aux styles bien distincts pour des DJsets détonants ! 

 

Jabberwocky groovy

C’est au trio électro poitevin Jabberwocky qu’incombe l’ouverture du W ce samedi.  En arrière scène, des lumières aveuglantes masquent l’entrée du groupe. Quelques notes de leur électro suffisent à faire monter le groove sous le chapiteau.


Mais le trio ne restera pas seul très longtemps. Le chanteur Opé Smith (vu aux côtés de Ben l’Oncle Soul, C2C et Beat Assailant) prend le micro, rapidement accompagné de Tessa B – comme pour leur Olympia de la veille.
Durant tout le show, ils enchaîneront les titres de Jabberwocky, tantôt en solo, tantôt en duo. Jeux de lumières léchées, percus bien appuyées et basses profondes : le groupe embarque avec lui le public qui afflue doucement vers la scène du W.

French 79 : on dit oui !

On ne l’attendait pas particulièrement, French 79. Sa scénographie est très simple. Trois petits écrans blancs derrière lui, des vidéoproj, 3 consoles. Pendant qu’on shoote les 3 premiers titres, une jeune crie : « Il est Français ! » comme s’il y avait eu un doute.


L’électro du Frechy ne joue pas le tour de force, elle se déploie avec charme et séduit tous les publics.
Peu à peu la lumière laisse percevoir la blondeur du DJ qui semble touché par l’accueil et la présence en nombre des festivaliers « malgré l’heure« .


À la sortie, on capte un drôle d’échange dans le public. Un trentenaire lance à un autre qu’il aperçoit dans les gradins : »il n’a pas d’organe ! » Étrange 

Petit Biscuit à la conquête des States


Dans la catégorie, jeune talent. Après Fakear la vieille, au tour du Petit Biscuit pour un DJset en solo. Alors que Fakear misait sur un gros dispositif (musicos, effets visuels…) le Rouennais auteur du génial Sunset Lover joue la discrétion avec guitare et écran fond de scène qui envoie des images d’aurores boréales.


Son set est maîtrisé, malgré une certaine timidité. Son échange avec le public ne pousse pas encore le délire des foules.  Mais il n’est qu’au début de sa longue carrière. Un set éblouissant qui va s’exporter au cours d’une tournée aux Etats-Unis cet été. 


Jacques : décoiffant !

Début de set en pleine lumière. Jacques débute ses bidouillages. Il sort une spatule  pour enregistrer un son. Un festivalier lui balance : « Tu vas faire des crêpes avec ?« 


Faut dire que Jacques ne fait rien comme les autres. Il fait tout en direct alors que la plupart des sets électro balancent des boucles pré-programmées. Ses instruments sonores sont classiques guitare, flûte à coulisse et plus avant-gardistes : raquette de badminton, cloche, ruban adhésif…


La lumière baisse, la tonalité sera rouge pendant une bonne partie du live. « Le concert a débuté… C’est le Printemps ! » nous lance le facétieux compositeur. Jacques est un peu le Orlan de l’électro. Son choix capillaire peut dérouter, mais ça en fait toute sa différence.
Et au final, il bluffe tout simplement ! 

Rendez-vous l’année prochaine pour l’édition 2018 du Printemps de Bourges !

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Printemps de Bourges 2017 : Fakear, Electric Guest, Calypso Rose, Gaël Faye, Talisco #LiveReport

J4 du Printemps de Bourges 2017 en mode zapping. Beaucoup de beaux concerts au même moment et un dont d’ubiquité défaillant. On a réussi à capter le rituel de la pédale de François and the Atlas Mountains, le flow d’Electric Guest, la poésie de Gaël Faye, le feu de Calypso Rose, la théorie de l’élastique par Wax Taylor, la déflagration Talisco et le débardeur de Fakear.

François & the Atlas métissé 

Dans le cadre feutré du Théâtre Jacques Coeur, François Marry et ses acolytes ont titillé le public pour le faire décoller de son siège. Le set est étonnant, il débute illico par les deux premiers singles du dernier album : Grand dérèglement et Tendre est l’âme. Des chansons-pépites, dansante pour la première et légère pour la deuxième. La mèche blonde du chanteur bat le rythme sur son visage. On devait d’avoir des cheveux comme lui à notre vingtaine, mais les nôtres rebiquaient.
Il est bon de retrouver François plus assuré qu’à ses débuts, qui s’autorise des apartés amusants comme le rituel de la pédale au 3e titre, couché au sol, sautant pour rattraper son micro.
La musique de François and The Atlas Mountains est métissée, gorgée de mille nuances qui nous portent et emportent. #fascinant

Electric Guest is back! 

Les Américains se sont offert plusieurs dates en France pour présenter au plus grand nombre l’album Plural. À leur étonnement, le public est au rendez-vous malgré les 5 ans d’absence. Pendant cette période, ils ont notamment composé plusieurs titres pour un album de Charlotte Gainsbourg qui n’a jamais vu le jour (« l’inconvénient de travailler avec une star de cinéma très prise« ). Le set du W est court. 40 petites minutes ne suffisent pas à apprécier à leur juste valeur nos retrouvailles avec le groupe. 

Mais il est toujours aussi plaisant de voir se déhancher Asa. Dear to me et Back for me sont deux premiers singles taillés pour le live. On en redemande ! 

Calypso Rose in fire! 

Immanquable la septuagénaire (77 ans le 27 avril) facétieuse venue de Trinidad. Elle a chauffé le Palais d’Auron avec un enthousiasme impressionnant. Elle arrive à tous petits pas sur scène, accompagnée d’un membre de son équipe. Et une fois dans son espace de jeu, elle navigue d’un bord à l’autre de la scène faisant découvrir sa tenue flamboyante et sa danse du ventre. À la fin du premier titre, elle quitte ses chaussures. Ses petits pieds font peine à voir mais ils continent de porter l’artiste.

Les textes des chansons sont simples, compréhensibles par tous et toutes. Et sa musique nous emporte dans des paysages de bord de mer, des nuits folles de danse, sans aucune peur du lendemain. 

Au salut, Calypso Rose aperçoit un enfant en fosse : »je veux qu’on lui donne un album ! » La classe ! 

Au même moment, Broken Back foule la scène du W : « Mon but dans un concert c’est de m’amuser « .
Alors la jeunesse de Bourges s’est massé contre les barrières de sécurité pour s’amuser avec lui. Faut dire que le jeune homme a l’énergie communicative, armé de sa guitare.


Même s’il a franchit le cap des 150 concerts donnée, sa fougue reste la même sur scène.
Du coup le public danse, chante et « quand 4000 personnes chantent avec toi, ça fout les poils ! »
Comme Bourges, on aime bien avoir les poils avec Broken Back.

Talisco : pur rock ! 

Une lumière en fond de scène qui fait l’effet d’un contre-jour, pas évident de capter avec précision le visage de Jérôme Amandi.
On le prend à faire un sourire de bogosse à une jeunette qui jubile avec ses copines. Le quadra à la barbe de plusieurs jours, chemise sur débardeur dont le col en V laisse respirer un échantillon de poils, fait de l’effet aux girls. Autre style, son clavier est plus dandy avec la mèche blonde mobile et le petit fouloir autour du cou. 

Talisco se souvient : « Bourges, il y a 4 ans, c’était le premier vrai concert, le début de l’aventure. » Depuis, une tournée qui a joué les prolongations l’emportant aux States.
Son nouvel album est tout aussi nerveux, vif et brut. Le concert est une vraie déflagration rock : le pied !

Gaël Faye : Petit Pays au Palais Jacques Cœur

Dans la magnifique Salle des Festins, une bulle se crée dans le tumulte du Printemps de Bourges.


Avec la lecture musicale de son livre Petit Pays, Gaël Faye nous transporte avec émotions, rires mais aussi violence dans le Rwanda de son enfance, celui de la haine ethnique et du génocide.
Les mots virevoltent, claquent et résonnent dans cette salle où le public capte chaque geste, chaque parole et chaque note du duo.


Après cette heure coupée du monde, c’est le choc en sorti de salle. Il faut quelques minutes pour revenir au réel et aux bruits du festival.

Wax Tailor et la théorie de l’élastique 

Leçon d’humilité en conf de presse avec Wax Tailor, « l’ours grinchon de la musique » comme il se plaît à se présenter. Il a partagé avec nous sa théorie de l’élastique. Quand il bosse sur un projet, un album, il a l’impression d’être hyper loin par rapport à ce qu’il a fait avant (élastique tendu au max) et quand il finit et réécoute, il s’aperçoit qu’il a bougé de quelques centimètres (élastique détendu, relâché).
« Au final, on ne change pas tant que cela de style. C’est pour cela que je fais en sorte d’ouvrir des petites portes.« 
Après Bourges, la grosse date de ouf de Wax est un live à Central Park (NYC) pour la Fête de la musique ! Un seul mot : waouh !

Le big show de Fakear

Le W devient une cour de récré en attendant l’artiste de 25 ans qui déplace les foules. Filles sur les épaules des garçons, ballons Calimero, cheval, Minions ou Barbapapa. Garçons déguisés en licorne ou lapin rose… L’ambiance est à la déconne totale. 

En conf de presse, Fakear avait prévenu : »ce soir, c’est un gros dispositif, qui ne sera présenté que deux fois dans l’année avec Rock en Seine. »
Avec du retard, Fakear fait son entrée sur scène sous les cris de jeunes surexcités. Deux-trois bugs sonores et le live peut débuter. Le bidouilleur de sons varie les plaisirs : Pad, percu ou platine. Il ne reste pas en place, ni figé comme certains dinosaures de l’électro. Seule fausse note du set : un débardeur de basketteur, trois fois trop grand pour sa carrure. 

Et si on pariait que dans 2-3 ans, il nous reviendra avec son nouvel album et des muscles en plus ? comme Bob Sinclar ou d’autres avant lui.

Le Printemps de Bourges c’est encore deux jours de live ! 

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Printemps de Bourges 2017 : Vianney, Jain, Boulevard des Aires, Sônge #livereport

J3 du Printemps à Bourges avec un soleil toujours au top. Une programmation dense qui fait sautiller de joie avec Boulevard des Airs, le nouveau show de Jain nous embarque dans un Sônge captivant et nous fait tomber sous le charme de Vianney. Poésie pure aussi avec un plateau 100% masculin qui a rendu hommage à Barbara autour du pianiste Alexandre Tharaud

 

Jain puissance 1000

Dès le début de journée, notre cœur battait pour le retour de Jain, elle en a dessiné un petit sur notre totebag de festival.
2e Printemps de Bourges consécutif pour l’adorable performeuse avec une création lumière au top dès le premier titre.
Elle prévient, elle termine sa tournée en proposant un « show progressif »
Et  c’est grandiose ! Elle fait rentrer ses musicos en plein milieu du 3e titre, en plein délire. Les percussions ont d’un coup une tout autre saveur et un vrai impact dans les corps comme sur les titres : Come ou Paris.



Derrière Jain, les téléviseurs du début ont fait place à 4 écrans carrés qui diffusent des créations graphiques avec des visuels pop et street-art (on reconnaît la patte de Shepard Farey sur un titre).
La version 2017 de Dynabeat convoque le disco. Ça pulse à fond. La fatigue nous a quitté jusqu’au dernier titre : Mabeka aussi spectaculaire que trippant. En sortant, une seule envie : partir en tournée avec cette fille extra.

Plateau générationnel au W

Les 3 artistes qui partagent l’affiche ce jeudi, ont tous découvert la scène au même moment. Boulevard des Airs nous a rappelé en conf de presse que le groupe était invité en première partie de Vianney. Vianney qui choisit lui-même celles et ceux qu’il souhaite mettre en avant au cours de sa tournée. Normal : « on est une petite famille sur la route, une petite famille qui est fragile« 


Boulevard des Airs a ouvert la soirée avec un set aussi festif, joyeux que généreux. Ces gars-là ont le contact facile et ne restent pas en place derrière leur micro. Le tube Bruxelles fait chavirer. Le bol d’euphorie tient tout le concert. #bonheur

« Pour ceux qui ne m’ont jamais vu, il ne faut pas attendre les musiciens »

Vianney ose ce que certains ne se permettent plus : porter une chemise manches courtes. Faut dire que c’est plutôt pratique quand on est seul à la guitare.
Et le jeune homme n’a pas fini d’être surprenant. D’une part, parce qu’il nous avoue en conf n’avoir aucun trac. D’autre part, il emporte le public avec une aisance confondante. La créa lumineuse ferait presque oublier qu’il n’a aucun musicien autour de lui.
En plus d’avoir un sourire charmant, il a de l’humour, exemple avec « ce morceau dure 8 min » pour annoncer le titre Pas là.
Au cours du set, il abhorre une jo
lie guitare au visage de femme dessiné ou peint et au moins un drapeau breton aperçu lors du concert. De 4 collaborateurs, il y a 2 ans, ils sont 14 autour du jeune chanteur maintenant. C’est une vraie machine à tournée. « Cet été, 26 festivals, celui-ci restera longtemps dans ma mémoire !« 

Plateau d’hommes pour chanter Barbara

Au Palais d’Auron, c’est une distribution 100% masculine qui a rendu hommage à Barbara. Le pianiste Alexandre Tharaud partage depuis de nombreuses années sa passion pour le répertoire de la chanteuse et auteur culte. Il nous a réservé avec ses invités de belles retrouvailles avec des textes, avec des découvertes de chansons plus rares.


Pierre Guénard (Radio Elvis) enchante avec ses versions de Ma maison et Mourir pour mourir. Albin de la Simone fait sourire avec Joyeux Noël et Les Voyages. A mesure que les invités se succèdent, on se surprend à apprécier ces textes forts avec une nouvelle palette vocale.
L’accordéoniste fidèle de Barbara est présent aussi. Romain Romanelli confie une anecdote à garder pour soi. La chanteuse se mettait à le vouvoyer quand il y avait un problème ou une contrariété, alors qu’ils se tutoyaient habituellement. C’est une très bonne méthode finalement pour faire comprendre à l’autre qu’il y un souci et désamorcer tout de suite le conflit.
Tim Dup fait siens les mots de l’artiste qui s’est éteinte l’année de sa naissance, comme « J’entends très bien du bout du cœur« . Superbe !
Vincent Dedienne délaisse son humour pour partager ces lettres de Vienne dans une version parlée, touchante à souhait.
En guest surprise : Julien Clerc vient clore le show avec Ma plus belle histoire d’amour avant un final collectif pour Göttingen.
Un spectacle beau et juste qui nous a fait ralentir notre course folle de festivaliers.

Inouïs 2017 : plateau hip-hop avec Sônge

Révélation des Transmusicales 2017, Sônge poursuit une trajectoire lumineuse avec un set plus assuré qui débute de manière spectaculaire avec cette paire de lunettes de luminothérapie. Mystérieuse, son entrée sur scène fait l’effet d’une apparition fantomatique.
Elle n’a qu’un EP dans la poche, dont elle offre quelques exemplaires avec un large sourire aux jeunes en bord de scène. Et elle arrive à planter un cadre musical passionnant, mouvant, charger de mille influences dont du Debussy.
30 minutes c’est définitivement trop court.


Printemps de Bourges c’est encore 3 jours de concerts !

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Printemps de Bourges 2017 : Placebo, Camille, Diva Faune, Inüit #livereport

2e jour de Printemps de Bourges avec du poids lourd : Placebo et Camille et des poids plumes qui n’ont rien à démériter : Last Train, Diva Faune, Inüit, Peter Henry Phillips.
Live-report complet en photos avec frissons, souvenirs et révélations. 


Placebo20 : tournée anniversaire
Une grande partie de l’attente de la journée était portée sur le passage événement de la tournée anniversaire de Placebo à Bourges.
21h, le public du W a rendez-vous avec ses souvenirs. 20 ans d’electropop qui a joué le glam, le mélange des genres, la liberté totale avec une pointe de subversif.
Mais avant, les festivaliers se familiarisent avec l’écran interdiction de smartphone. La consigne respectée, très peu d’écrans se lèveront en début de set.
Le clip Every me every you, en guise de mise en bouche, nous rappele sinon l’androgynie, la jeunesse de Brian Molko.
Et les idoles vieillissent. La frange droite et la coupe courte ne va finalement pas si bien à Brian Molko quand il débute sur l’excellent Pure Morning, parfaite intro pour une entrée de scène. C’est finalement son partenaire qui s’en tire le mieux, Stefan Olsdal se bonifie avec le temps. Tempes rasées et grisonnantes, queue de cheval, veste noire, bretelles qui pendent à l’arrière du pantalon, il faut le voir jouer de sa basse, tendre les bras pour porter son instrument.
Le sex appeal est à trouver plutôt derrière les deux leaders avec un guitariste ourson à la belle barbe, un cliché hipster qui colle à son époque. 

Le titre Loud like love annonce une soirée festive avec de belles émotions. Message de salut rapide de Brian pour souhaiter la « Bienvenue à la fête ! » Une jeunette a sorti ses oreilles de chat qui brillent dans le noir pour l’occasion, certains ont gardé leur bonnet pour faire style.
Les tubes s’enchaînent à grande vitesse, pas de pause : Jesus’Son, Soulmates qui donne des frissons, Special Needs romantisme d’ado, Lazarus

Tubes à plein régime
Un panneau en carton apparaît dans le public : I’m a Placebo addict. Pas sûr que ça émeuve tant Brian. On découvre un titre récent : Exit Wounds qui prouve que Placebo n’est pas en manque d’inspiration. Protect Me a étrangement perdu son couplet en français dans le texte. Without You I’m Nothing nous rappelle nos premiers émois avec Placebo, époque 1998, avec un featuring de David Bowie.
Après la « session mélancolique », place aux gros tubes qui en envoient : Slave to the wage, Special K, Song to say goodbye, The bitter end. Les bras se lèvent, les cœurs battent à plein régime.

Deux rappels qui leur permettent de faire une pause et offre un rapide échange eye to eye avec les festivaliers devant eux. Stefan brandit une guitare rainbow pour rappeler l’engagement des membres.

Au final, un show très pro mais sans réel échange avec le public comme si le groupe avait fait la fête dans son coin, sans se soucier que son public s’amuse ou pas. Dommage.

Pour préparer le W avec Placebo, Last Train a su envoyer toute la fougue de son jeune âge. Le groupe de Frenchies est à l’affiche du festival pour la 3e année consécutive. Il n’était pas prévu qu’il revienne cette année, mais les potos de Placebo a eu le dernier mot.
En 30 minutes de rock ténébreux comme on aime. 

Sur un nuage avec Camille
La chaleur humaine, rayonnante, poétique, il fallait prendre un aller simple pour l’Auditorium. Une salle pleine à craquer pour célébrer le retour de la sublime Camille avec son nouvel album Ouï.
Début tout en douceur et facétie, la chanteuse apparaît drapée, allongée au sol puis se lève pour entonner un premier titre.
Une rêverie éveillée, Camille nous prend à chaque fois au col pour nous emporter dans une transe musicale dont elle a le secret.
Tous les spectateurs ont pu profiter de sa présence, chevauchant les escaliers de la salle. Le charme est intacte.

Séquence révélations : Diva Faune, Peter Henry Phillips et Inüit 
On nous avait dit du bien de Diva Faune. Et en live le groupe assure. Il a réussi à faire se rapprocher le public qui était un peu éloigné de la scène, à notre goût. La pop est révélée, joyeuse à souhait.
The Age of man est l’exemple parfait de la maîtrise mélodique. On a envie de retourner en adolescence avec coup de foudre sur les bancs d’école ou bord de mer.


Juste le temps de capter deux titres au vol de Peter Henry Phillips, le Montréalais à bonnet. Suffisamment pour apprécier le songwriting du chanteur. 


Côté Inouïs 2017, notre cœur a chaviré pour Inüit. Pour le référencement Google, c’est sûrement pas le meilleur nom de scène. En revanche, pour la qualité du set, le groupe composé de 5 boys et d’une charmante girl fait un sans faute. C’est énergétique, captivant et dansant. Public conquis, les premiers fans attendaient la chanteuse à la fin du concert pour des selfies souvenirs. #cute 

Le Printemps de Bourges c’est encore un max de concerts dans toute la ville pendant 4 jours !

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Pop up des Bahamas à Paris : un avant-goût du paradis

Pays anglophone, les Bahamas se trouvent à une heure de vol à peine de la Floride. Étendus sur près de 3 885 km²  d’océan tropical translucide au nord des Caraïbes, les Bahamas sont un archipel de 700 îles, îlots et imposants rochers inhabités.

Durant 5 jours, la boutique éphémère des Bahamas, situé dans le 1er arrondissement, à deux pas du Musée du Louvre, nous propose de partir à la découverte de cet ensemble d’iles paradisiaques.

Couleur caraïbe : nous pénétrons dans un décor typiquement « Bahamien » où nous admirons des photographies de superbes plages et de fonds marins, de maisons colorées, de bahaméens souriant aux tenues vestimentaires éclatantes. A l’entrée, nous avons la possibilité de feuilleter plusieurs magazines (Le point, Fémina, Paris Match, Figaro Magazine…) qui vantent les mérites de ce magnifique pays. L’artisanat local fait également parti de la décoration : chapeaux de pailles, animaux en bois peint, tam tam etc. ornent les étagères de la boutique éphémère.

Nous nous rendons ensuite dans l’espace détente ou nous attends Thierry, masseur expérimenté. Le massage est dynamique et très professionnel. Entourée de superbes images, je libère les tensions accumulées tout au long de cette journée et en 5 minutes, je m’imagine allongée sur une des superbes plages que j’ai pu admirer en images.

http://www.dailymotion.com/video/x5e0pfd

Juste à côté, nous découvrons un décor typiquement bahamien, tout en plastique : palmiers gonflables, flamands roses (oiseau national des Bahamas), cochons (hé oui, ces fameux petits cochons domestiques qui ont pris l’habitude de barboter gentiment dans les eaux tièdes des Caraïbes),  piscine, chaises pliantes et chapeaux de paille. Je prends la pose et repars avec un Polaroid qui fige cette parenthèse paradisiaque.

Nous goûtons ensuite à la cuisine traditionnelle : salade de mangue, velouté d’avocat agrémenté de chair de crabe, queues d’écrevisse sur sa crème de coco pimentée au curry rouge… un véritable délice, le tout accompagné du fameux cocktail Goombay Smash composé de jus d’ananas, de jus d’orange et de rhum.

Nous avons également la possibilité d’organiser notre voyage aux Bahamas à l’aide de brochures comme celle du Club Med, qui propose des séjours clé en mains.

Une parenthèse enchantée : Complètement charmés, nous avons quitté l’espace d’un instant la grisaille de paris avec une seule idée en tête : découvrir cet archipel enchanteur !

by Caroline 

Pop up store des Bahamas
14 /16 rue Jean-jacques Rousseau
75011 Paris

Du 19 au 23 avril 2017

du mercredi 19 au samedi 22 avril de 10h à 19h
le dimanche 23 avril de 10h à 16h

Et un site bourré de bonnes infos et de vidéos : bahamazingexperiences.dailymotion.com

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