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Thomas Schütte à la Monnaie de Paris : pourquoi on aime ?

Thomas Schütte est un des rares artistes contemporains à ne pas aimer les musées ! C’est donc tout naturellement qu’il a accepté l’invitation de la Monnaie de Paris

Nous ne connaissions pas l’artiste allemand avant de visiter l’exposition Trois Actes, sa première rétrospective parisienne. 
Nous sommes allés d’étonnement en étonnement tout au long du parcours qui nous conduit des cours extérieures aux cimaises de l’institution.

Thomas Schutte

Pourquoi Thomas Schütte nous plait autant ? 

Tout d’abord, Thomas Schütte laisse une ouverture totale d’interprétation de ses œuvres par le public. Chacun, chacune peut se donner à cœur joie pour trouver la signification d’une sculpture.
Face à Vater Staat, un journaliste demande à l’artiste pourquoi cet homme représenté n’a pas de bras. L’intéressé répond qu’il n’a pas eu le temps de les faire. On frise le génie !
Alors que notre société est en quête de sens permanent, des artistes font de la résistance en ne répondant pas aux questions.
Il y a bien sûr de l’humour dans ce personnage d’origine allemande.

Thomas Schutte

Ensuite, il s’intéresse autant aux stéréotypes masculins que féminins. Les hommes sont majoritairement représentés les pieds dans la boue. Les femmes sont tantôt lascives, tantôt détruites.

Et surprise, l’homme est aussi architecte. Il a réalisé plusieurs habitats pour une seule personne. Quelle bonne idée !
Fait rare, il a aussi conçu les plans de sa propre fondation à Hombroich, près de Düsseldorf. Et quand on apprend que le toit lui a été inspiré par un Pringles : on rit et on a une folle envie de prendre la route pour découvrir le bâtiment en vrai.

Thomas SchutteThomas Schutte

Thomas Schütte a réalisé une série de pièces sculptées avec du verre de Murano. Les têtes exposées sont éclatantes et jouent divinement avec la lumière.

Enfin, l’artiste est fasciné par la mort. Sa première œuvre présentée est une pierre tombale avec une date de mort imaginaire. Il était persuadé qu’il mourrait à l’âge de 42 ans et ne passerait pas le changement de millénaire. Raté ! Il a atteint les 64 ans.
Preuve que les artistes ne sont pas toujours prophètes.
Et preuve que Schütte pratique l’autodérision. Il aurait pu faire disparaitre cette œuvre, plutôt que de la présenter à nouveau au grand public.

Beaucoup d’autres pièces ponctuent le parcours Trois Actes à la Monnaie de Paris. Il suffit de prendre le temps de les contempler.

Thomas Schütte 
exposition Trois Actes

jusqu’au 16 juin 2019 

à la Monnaie de Paris 
11 quai de Conti
75006 PARIS

Horaires :
du mardi au dimanche de 11h à 19h
nocturne le mercredi jusqu’à 21h

Thomas Schutte

Thomas Schutte

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Levalet exposition Ellipses boisées à la Galerie Openspace

LEVALET, vous l’avez forcément croisé dans une rue à Paris, dans une galerie ou à la Gare Saint-Lazare. Une silhouette d’homme dessinée en taille réelle improvisant en fonction du décor dans lequel il se trouve, de l’imagination folle de son créateur. 

Levalet est de retour à la Galerie Openspace pour une deuxième exposition très boisée baptisée Ellipses, composée de 37 œuvres inédites. Elles sont sorties d’atelier, il y a un peu plus d’un mois.

#CONCOURS inside 

Levalet Levalet

Le bois matière vivante de Levalet

Levalet joue avec le bois, en le découpant, le gravant, le brûlant aussi. Son jumeau de dessin, ses doubles sortent très souvent du cadre, rebelles à tout enfermement ou contrainte. Et c’est ce qui accroche autant l’œil et l’adhésion : cet attrait pour le relief et ce jeu de perspective.

Installé près de Reims, l’artiste a gagné en surface pour son atelier et en terrain de chasse pour chiner à sa guise objets et meubles qui vont avoir les honneurs de devenir œuvre d’art exposée en galerie. Le dos d’une armoire lui a inspiré Recomposition, attiré par ses “super qualités plastiques“. Ensuite, il lui a fallu partir à la recherche de supports similaires pour la suite de la série. Un coffre a squatté 6 mois dans son atelier sans savoir quoi en faire et avant de devenir A bout de souffle et de trôner en plein milieu de la Galerie Openspace.

Levalet

Le cœur de Levalet semble battre pour les horloges qui lui permettent de “bricoler des espaces scénographiques intéressants” avec leurs portes et différents espaces. Chronos est une œuvre surréaliste par excellence. Ne serait-ce pas les moustaches de Salvador Dali ? 😉

L’artiste avoue qu’il a parfois peine à modifier, détourner les supports qu’il a entre les mains : “pour une autre expo, les trois premiers livres anciens avec leur belle couverture qu’il a fallu déchirer, ont été durs à sacrifier.”

LevaletLevalet

“Je pense plus à la personne qui va voir qu’à celle qui va acheter”

Levalet nous confie la veille du vernissage : “J’ai une manière de travailler protocolaire. Je débute par le concept, ensuite le travail sur le support, la photo, le dessin et le montage.” Et de rajouter : “Il y a autant de boulot sur la préparation des supports que la partie dessinée en tant que telle.”
Et n’imaginez pas que le trentenaire mène de front plusieurs créations en même temps comme d’autres artistes. Il doit finir l’oeuvre en cours pour enchainer sur une autre.

Levalet
selfie original de Levalet, Nicolas Chenus, Samantha Longhi, directeur et directrice de la Galerie Openspace

Les directeur et directrice de la galerie, Samantha Longhi et Nicolas Chenus, sont en confiance totale avec Levalet. Ils n’ont pas eu à lui rendre visite à son atelier et ont découvert ses œuvres au fur et à mesure de leur production. 
Le couple se réjouit de sa grande productivité. Levalet préfère nuancer : “Je ne suis pas forcément rapide, mais je travaille beaucoup.

Chose plutôt rare en galerie : l’artiste a livré ses œuvres un mois et demi avant le vernissage. Si bien que Samantha et Nicolas ont pu éditer leur tout premier catalogue d’exposition et ainsi renouer avec les joies de la rédaction, de la mise en page…
Cette édition limitée à 300 exemplaires a un prix de lancement spécial vernissage. Foncez !

BONUS – seul indice des goûts musicaux de Levalet qu’il écoute dans son atelier : “Je suis plus tendance Fip !

Levalet

LEVALET
Exposition Ellipses

du 16 mars au 13 avril 2019

à la Galerie Openspace 
116 boulevard Richard Lenoir
75011 PARIS

ouverture :
mercredi au samedi de 14h à 19h

Levalet

CONCOURS 

Des catalogues de l’exposition Levalet – Ellipses édités par la Galerie Openspace sont à gagner ici !

Pour participer au tirage au sort, il suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Ce concours terminé

Bonne chance à tous et toutes !

 

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Concours Gratuits

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Mircea Cantor au Musée de la Chasse – l’art roumain foisonnant

Le Musée de la Chasse et de la Nature aime bousculer les codes de l’art contemporain. Avec l’exposition Vânătorul de imagini de Mircea Cantor l’étonnement est total.
Œuvres en tissu, dessins, vidéos et sculpture en verre : aucune corde ne manque à l’art de l’artiste roumain.
En plus, il a voulu mettre en avant certains de ses pairs contemporains. Et l’on découvre alors que la Roumanie est un vivier de talents, à travers tous les supports.

Voici nos coups de cœur piochés dans le parcours dédié à Mircea Cantor, des costumes traditionnels exposés et des artistes roumains en quelques œuvres. 

Mircea Cantor en 3 œuvres

L’art de Mircea Cantor est axé essentiellement sur la chute de la dictature roumaine,  en 1989, et aussi de l’apparition de la démocratie.

Hidden meridians over a disrupt landscape
Dans cette œuvre, il utilise une tenue de militaire US  décousue puis recousue pour former ce carré.

Mircea Cantor

La corde brodée sur l’ensemble évoque un souvenir d’enfance. Les poutres dans les maisons étaient traditionnellement taillées en forme de corde pour convoquer la force, la résistance.
Derrière, sur le mur, une peinture faite à base de vin rouge. Réalisée sur place, au Musée de la Chasse et de la Nature, elle a grandement évolué avec le temps, passant du rouge tannique au gris, puis à cette teinte ocre par oxydation naturelle.

Aquilat non capit muscas
Rare sont les vidéos d’art qui nous semblent pertinentes.
Ici, après des mois de négociations avec deux pays, il  capte l’entrainement de rapaces à l’interception de drones : l’une des plus grande menace actuelle pour la sécurité intérieure de nos pays.

Mircea Cantor

Cette captation a servi de base à une version dessinée à l’encre de chine. Des croquis qui captent la force des rapaces.

Mircea Cantor

Breat Separator
Cette frontière de verre est le symbole de l’envahissement consumériste qu’a subi la Roumanie après la chute du régime dictatorial.

Mircea Cantor

Mircea Cantor voit d’un mauvais œil l’arrivée des grands groupes industriels qui déstabilisent la société. Et c’est avec son pouce qu’il crée ce motif de barbelés symbolique dans son travail.

Colinde : les fêtes de l’ours

C’est aussi le marqueur de cette exposition : le folklore roumain à travers les fêtes de fin d’année.
Entre Noël et le jour de l’an, dans les villes, les Roumains organisent des défilés avec les costumes les plus laids possibles.
Arpentant les rues en faisant un maximum de bruit, ils font ainsi fuir les mauvais esprits.Mircea Cantor

Ces masques de chèvres, vieillards, ours et autres figures effrayantes, sont le reflet de cette période de fêtes.
Le musée de paysan roumain a réussi à recueillir ces masques qui sont normalement brûlés à la fin des Colinde.

Le Musée de la Chasse et de la Nature expose aussi beaucoup d’autres costumes traditionnellement portés pour cette fête païenne : diable et chevaux sur roulettes. Certains costumes sont en vraie peau de bête se transmettent de père en fils ou en fille.

Mircea Cantor

Mircea Cantor

Les artistes contemporains roumains

A l’opposé de Mircea Cantor, la scène contemporaine roumaine est plutôt figurative. Comme si elle voulait s’émanciper de son passé.

Dans cet univers de création, Radu Oreain est l’un de nos coups de cœur.

Mircea Cantor Mircea Cantor

Ses dessins sont vifs. Hunting Archive et ses traits foisonnants pourraient le rapprocher d’un Jérôme Bosch moderne. On pourrait passer des heures à chercher les détails dans ses créations.

A l’opposé, on aime la naïveté de Serban Savu.

Mircea Cantor

Ces chasseurs dans la neige sont empreints d’une vérité proche des impressionnistes du XIXe siècle. On ressent la quiétude de la scène, et une certaine misère sociale aussi.

Et pour finir ce tour d’horizon des artistes contemporains roumains, il ne faut pas oublier Cornel Brudașcu. Un maître roumain.

Mircea Cantor

Dans ce tableau on ressent toute l’énergie créatrice d’un pays qui est encore en devenir.
En off, ce tableau est aussi un hommage à Mircea Cantor, mais on vous laisse  chercher pourquoi. 😉

Mircea Cantor
Remus et Romulus – Mircea Cantor

Exposition Mircea Cantor : Vânătorul de imagini

Jusqu’au 31 mars 2019

du mardi au dimanche de de 11h à 18h
le mercredi jusqu’à 21h30

au Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
75003 Paris

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Collection Courtauld : fabuleuse exposition impressionniste

La Fondation Louis Vuitton a le don de créer l’événement à chacune de ses nouvelles expositions.
La Collection Courtauld, le parti de l’impressionnisme, à l’affiche en ce moment, regroupe des joyaux de l’impressionnisme et du postimpressionnisme.
Ce n’est pas moins de 110 œuvres tableaux, dessins, gravures et sculptures que les spectateurs pourront contempler jusqu’au 17 juin 2019.
Focus sur cinq chefs-d’œuvre de l’exposition. 

Collection Courtauld

Samuel Courtauld (1876-1947), industriel du textile anglais, a réuni cette impressionnante collection en seulement 6 ans, de 1923 et 1929. Et son goût immodéré pour l’art fait de lui l’un des plus grands mécènes du XXe siècle.
Cette collection quitte exceptionnellement la Courtauld Gallery à Londres. Celle-ci étant fermée pendant 2 ans pour cause de travaux, c’est une chance de pouvoir l’admirer à Paris.

5 œuvres pour une exposition remarquable

Condenser cette exposition à cinq toiles est forcément réducteur.
Commençons par le tableau symbolique du collectionneur.

Un bar aux Folies-Bergère

Cette toile d’Édouard Manet de 1882 entre dans la Collection Courtauld en 1926.

Collection Courtauld

Véritable instantané d’une soirée, il rend compte intégralement de l’espace du lieu. Avec les balcons et les spectateurs qui se reflètent dans le miroir derrière la serveuse Suzon. D’ailleurs, cette dernière se reflète elle aussi dans le miroir, de dos avec son interlocuteur. Miroir déformant donc, car il devrait être normalement présent devant elle et cacher la scène. Une incongruité qui retenu l’attention des critiques à l’époque.

Le Chenal à Gravelines, Grand Fort-Philippe

Quelle beauté ce tableau de Seurat. Le peintre pointilliste offre une toile lumineuse et exaltante.

Collection CourtauldLes points de peinture titillent nos yeux. Les couleurs pétillent. On a vraiment l’impression de vivre le paysage, de voir le bateau osciller sur le courant du cours d’eau. Et ce qui fascine surtout, c’est la finesse de la peinture, la délicatesse du rendu.

Antibes

Oh, la douceur de Monet ! Peinte en 1888, on sent toujours la douce chaleur du soleil du Sud sortir de cette toile.

Collection CourtauldEt quel contraste dans les couleurs, dans la lumière. L’œil se focalise d’abord sur le pin avant d’être attiré par l’eau et les vaguelettes. Les ondulations nous conduisent doucement vers l’arrière-plan qui révèle des collines finement azurées. Et de suite, on a rêvé de cette chaleur du sud français pour nous réchauffer de l’hiver parisien.

Le lac d’Annecy

Ce n’est pas forcément la toile majeure de Cézanne sur laquelle nous nous arrêtons.

Collection CourtauldOn connait ce lac plus lumineux. Mais les reflets des bâtiments et de la végétation dans l’eau sont si finement maîtrisés. On a envie d’un peu de repos sous cet arbre et d’accompagner l’artiste.

Champ de blé, avec cyprès

On aurait pu choisir l’emblématique Autoportrait à l’oreille coupée de Van Gogh, mais la puissance des paysages du peintre hollandais nous subjugue à chaque fois.

Collection CourtauldLe vent dans les nuages et dans le champ donnent à la toile une puissance particulière. On ressent les coups de pinceaux dans les toiles de Vincent Van Gogh. Les cyprès, qu’il compare aux obélisques égyptiens, accrochent l’œil et donnent une dynamique particulière au tableau.
On bouillonne de plaisir devant une peinture qui transmet autant de force naturelle.

Collection Courtauld

Avec ces cinq toiles, la Collection Courtauld ne nous révèle que quelques-uns de ces plaisirs particuliers.
Et même si dans les 110 œuvres présentent, toutes ne sont pas à ce niveau, il est certain que vos yeux sortiront de la visite remplis de merveilles.
Un kiff artistique à voir de toute urgence avant les longues files d’attente des dernières semaines.

Collection Courtauld

La Collection Courtauld : le parti de l’impressionnisme

Jusqu’au 17 juin 2019

Fermeture hebdomadaire le mardi

Fondation Louis Vuitton
8, Avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne
75116 Paris

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DAU à Paris : expérience immersive très intriguante

DAU garde encore un peu de son mystère.
La presse a eu droit à une matinée de « dévoilement ».
Une déambulation dans des décors. Les loges du Théâtre du Châtelet transformées en pièces d’un appartement soviétique. Une salle inconnue du public peinte par des artistes russes. Le Théâtre de la ville dépouillé de tout confort.
T
out est mystère. Tout est source de fascination aussi comme ce projet qui serait plus que du théâtre immersif, plus qu’une simple projection de film, plus qu’une folie visuelle. Un projet de 12 ans.

DAU

DAU : fiction / réalité

A l’origine de DAU, un cinéaste russe Ilya Khrzhanovsky fasciné par le scientifique Prix Nobel, Lev Landau.
Il se lance dans un biopic qui va devenir en fait un vrai institut scientifique en Ukraine avec l’intention de faire de la « vraie science. »
Une centaine de personnes seront invitées à participer à ce projet : scientifiques, rabbins, chamans, artistes… En 3 ans, ils ont vécu 30 ans de la vie soviétique.
Le résultat : 13 longs-métrages réalisés à partir des 7 000 heures de pellicule tournées.

DAUDAU

Décors originaux

Deux théâtres parisiens en chantier s’ouvrent pour quelques semaines alors que les ouvriers s’affairent encore.
Les gradins du Théâtre de la ville ont perdu leurs sièges et révèlent leur béton. Une petite porte de service pour entrer dans le Théâtre du Châtelet et s’engager dans les coulisses et les loges.
Enfin, la reconstitution d’un appartement d’un scientifique russe au Centre Pompidou.

DAUDAU

La bande-son, une création en continu

De la musique en live menée par un orchestre, des enregistrements en continu, de la data sonore.
Plusieurs concepts vont être menés pendant cette expérience : la propagation d’une même bande-son au Châtelet et au Théâtre de la Ville, une boucle de sons conçue en live.
Il y aura des artistes invités : Brian Eno, Robert del Naja, membre du groupe Massive Attack…

DAU
Brian Eno

Brian Eno présent à Paris : « c’est le projet le plus ambitieux auquel je participe ! »
Le musicien brave les conditions difficiles : l’acoustique du Théâtre de la ville qui l’horrifie et le froid qui le glace.
Il est en pleine composition. Les visiteurs seront témoins de cette création en cours.

« DAU est un système en constante mutation. Ce n’est pas du cinéma, ce n’est pas du théâtre, ni de l’art contemporain… »
Martine d’Anglejan-Chatillon, productrice exécutive du projet.

Bonus : un triangle rouge russe viendra illuminer le ciel de Paris chaque soir.

Pour participer à l’aventure, demandez votre visa sur dau.com

DAU

DAU
première mondiale

jusqu’au 17 février 2019
au Théâtre du Châtelet, au Théâtre de la ville et au Centre Pompidou

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JR / MOMENTUM à la MEP : artiste engagé & novateur

On ne présente plus JR, photographe et artiste de rue mondialement connu qui depuis plus de 15 ans recouvre les murs du monde entier de portraits d’inconnus grâce à des collages surdimensionnés.

En 2004/2006, JR signe un immense projet Portraits d’une génération réalisé à la suite des émeutes qui se déroulent alors en banlieue. Il veut faire changer le regard que porte l’opinion publique sur ces jeunes des quartiers défavorisés. Il colle donc d’immenses portraits de ces garçons et de ces filles sur les murs des cités.

En 2006, JR est invité à coller cette fresque gigantesque sur les murs de la Maison Européenne de la Photographie (MEP).

En 2018, c’est donc tout naturellement qu’il s’approprie l’intérieur de l’institution pour l’exposition MOMEMTUM, la mécanique de l’épreuve.

JRJR

MOMEMTUM, la mécanique de l’épreuve : une exposition immersive, hypnotique et interactive.

Sur les trois étages de la MEP, nous partons à la découverte des oeuvres qui ont fait la notoriété de JR.

Nous commençons par étudier les premiers graffitis de l’artiste puis nous admirerons de nouveau ses œuvres emblématiques que sont Portraits d’une génération mais surtout Women are heroes, série qui me touche particulièrement, qui rend hommage aux femmes qui occupent un rôle essentiel dans les sociétés, mais qui sont les principales victimes des guerres, des crimes, des viols ou des fanatismes politiques et religieux.

La série Unframed dans laquelle JR s’approprie des œuvres réalisées par d’autres photographes en leur donnant un sens nouveau ne laisse pas non plus le visiteur indifférent ! Mon ami Alexandre rentre quasiment en transe quand il tombe nez-à-nez sur la photo du cultissime Guy Bourdin par Agnès Varda, mise en scène par JR sur une plage. 

JR

JR

Des installations mécanisées, hypnotiques et inédites

Nous continuerons la visite de l’exposition par des oeuvres plus inattendues comme cette maquette gigantesque du cargo quittant Le Havre avec le portrait géant d’une Kenyane collée sur 180 conteneurs JR, Eyes on Boat, 1 455 containers, 2018 ou ces 7 trains électriques JR, Eye contact # 71, trains, 2018 qui rappellent le projet Women Are Heroes.

JR

L’exposition se termine par une immense fresque interactive, faite d’une multitude de portraits, qui grâce à une application téléchargeable sur smartphone, nous dévoile les opinions de centaines d’américains sur le port d’armes aux États-Unis. Fascinant.

Pour les fans de l’artiste ou les moins aguerris, Momentum est une exposition qui mérite d’être vu.

by Caroline 

JR

JR / MOMENTUM

La mécanique de l’épreuve

jusqu’au 10 février 2019

Du mercredi au vendredi : de 11h à 19h45
du samedi au dimanche : de 10h à 19h45

Fermé lundi, mardi

à la Maison Européenne de la photographie
5/7 Rue de Fourcy
75004 Paris

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Photo du mois #82 – Drôle(s) de machine(s)

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour d’Amartia de proposer le thème : Drôle(s) de machine(s).

C’est à la Monnaie de Paris que j’ai découverte une drôle de machine, une drôle de bécane. C’est l’oeuvre de l’artiste britannique Grayson Perry.
Il va à l’encontre de la démonstration virile toute puissante liée à l’univers de la moto. Il prône l’humilité, la patience, le doute et la douceur en promenant son ourson d’enfant dans la mini-chapelle à l’arrière.
Grayson Perry

D’autres belles machines à explorer :
Akaieric, Alexinparis, Amartia, Aude, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD’épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J’habite à Waterford, Jakline, Josiane, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanie, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, Who cares?, Xoliv’, écri’turbulente.

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Un rêve d’Italie – Collection Campana : l’ambition d’un homme passionné

Faut-il nécessairement choisir entre rêve et vie ? Au final, l’un et l’autre ne restent qu’une question de désir… Un rêve d’Italie au Musée du Louvre présente celui du Marquis Campana. Un homme dont la passion dévorante lui a permis de constituer une des plus importantes collections privées du XIXème siècle.
Dispersée aujourd’hui, cette collection a servi à étoffer de nombreux musées dont celui du Louvre ou de l’Ermitage de Saint-Saint-Pétersbourg. Comme un hommage, ils s’associent afin de nous livrer un rare et magnifique aperçu d’un héritage sans égal.

Collection CampanaCollection Campana

La volonté d’un homme

Le marquis Giampetro Campana a eu la chance de vivre dans une période de pleine effervescence, propice aux explorations archéologiques. Il est totalement fasciné par l’aspect pédagogique mais également par la mémoire intrinsèque de ces découvertes. C’est pourquoi il sillonne très tôt l’Italie afin de rassembler des œuvres en tout genre. Son désir est d’offrir une vision globale de l’art italien.

Il s’agit pour lui d’un vaste projet culturel mais également politique. En effet, dans une nation encore divisée, il cherche à unir ses habitants grâce au génie de leur patrimoine riche et foisonnant. Il finance alors ses propres fouilles archéologiques mais ce n’est pas suffisant. Profitant de son poste de directeur du mont-de-piété à Rome, il agrandit assez rapidement sa collection, de façon plus ou moins légale…

Attisant les jalousies, le marquis est arrêté et emprisonné en 1857. S’organise alors une vente historique de plus de 12 000 pièces ! De nombreux pays se portent acquéreurs dont la France, la Russie et la Grande-Bretagne.

Ironie du sort : c’est au même moment qu’a lieu l’unification italienne. Bien que la finalité n’était pas celle désirée, le rêve de Giampetro Campana se réalise d’une certaine façon…

Collection CampanaCollection Campana

Des goûts éclectiques

Vous l’aurez bien compris, le marquis est un collectionneur boulimique, que tout passionne. Ainsi, son immense collection se caractérise par sa diversité dont voici un petit aperçu…

Tout d’abord les vases antiques. À eux seuls, ils fournissent une encyclopédie de la céramique et de la peinture sur vase. Ensuite, de nombreuses terres cuites avec statues, urnes funéraires ou plaques à décor figuré. D’ailleurs, Giampetro Campana en était tellement friand qu’il les a rebaptisées les «plaques Campana» !

Les bronzes honorent les objets du quotidien tels que miroirs ou figurines, mais aussi de nombreuses armes. Elles évoquent au marquis les exploits des guerriers italiens. Quant aux sculptures antiques et de la renaissance, nombreuses et variées, elles tentent de rivaliser avec les grandes collections romaines des Borghèse ou des Ludovisi.

Les peintures sont particulièrement représentées. Se mêlent alors toutes les époques, techniques, formats ainsi que l’évocation des différentes écoles régionales (toscane, florentine, Italie du nord…).

Les bijoux et monnaies montrent à l’Europe la virtuosité des orfèvres de la péninsule. Les verres ne sont pas en reste avec des vases à parfum, des coupelles… Autant d’objets préfigurant les plus belles créations de Murano. Nous sommes également surpris par de magnifiques majoliques, faïences typiques de la renaissance italienne.

Et, enfin, les objets de curiosité. Totalement inclassables et surprenants ! Fragments de mobiliers, épingles, instruments de musique mais également de plaisir…

En arrivant, une citation un peu présomptueuse attise la curiosité. Pour autant, après avoir visité cette exposition, nous ne pouvons que la partager…

« C’est une histoire belle comme une légende que celle de la collection Campana et pourtant une histoire vraie… »

by Jean-Philippe

Collection CampanaCollection Campana

Un rêve d’Italie. La collection du marquis Campana

Jusqu’au 18 février 2019

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h.
21h45 les mercredis et vendredis.
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45.

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

Collection Campana

Collection Campana

Collection Campana

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Dorothea Lange au Jeu de Paume : une oeuvre magnifique et puissante

L’exposition Politiques du visible proposée par le Jeu de Paume est la première exposition sur Dorothea Lange organisée en France depuis 20 ans. Elle mêle à la fois les images iconiques réalisées par la photographe ainsi que des images inédites tout autant puissantes.

Dorothea Lange

 Dorothea Lange, une photographe humaniste engagée

Qui ne connait pas Dorothea Lange (1895-1965), photographe américaine emblématique connue pour son oeuvre humaniste ? 

Tout d’abord portraitiste, Dorothea décide, dés 1932, de se concentrer sur des scènes de rue à San Francisco. Elle témoigne ainsi des conséquences de la terrible crise sociale que connurent les États-Unis pendant les années de la Grande dépression.

Dorothea Lange
Damaged Child, Shacktown, Elm Grove, Oklahoma 1936 Dorothea Lange © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

C’est à cette période qu’elle rencontrera celui qui deviendra son deuxième mari, Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley. Spécialiste des conflits agricoles des années 1930, Taylor utilise les photographies de Dorothea pour illustrer ses articles.
A partir de 1935, ils travailleront ensemble au profit des agences fédérales dans le cadre du New Deal.

Dorothea Lange

Leur collaboration durera plus de trente ans. Dorothea Lange ne cessera jamais, par sa pratique documentaire, de vouloir témoigner des injustices sociales.

Une exposition inédite et fascinante

L’exposition s’articule autour de cinq chapitres bien distincts qui soulignent, des années 30 jusqu’à la fin des années 50, le contexte des images réalisées par la photographe mais aussi la puissance émotionnelle qui s’en dégage. 

Dorothea Lange
Manzanar Relocation Center, Manzanar, California 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland

Plus d’une centaine de photographies est exposée : œuvres majeures de la photographe dont la célèbre et controversée Migrant Mother, réalisée en 1936.

Dorothea Lange
Migrant Mother, Nipomo, California 1936
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Mais également des photographies inédites en France comme celles, magnifiques d’humanité, retraçant l’histoire des citoyens américains d’origine japonaise internés durant la Seconde Guerre mondiale.

Dorothea Lange
Japanese Children with Tags, Hayward, California, May 8 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Les photographies de Dorothea Lange sont sensibles, émouvantes, sans artifice. Accompagnées de légendes détaillées, nous sommes profondément touchés par l’empathie de la photographe avec ses sujets et par son engagement social sans limite.

On ne s’en lasse pas. A voir absolument !

by Caroline

Exposition Dorothea Lange : Politiques du visible

jusqu’au 27 janvier 2019

au Jeu de Paume 
1, place de la Concorde
75008 Paris

tous les mardis de 11h à 21h
du mercredi au dimanche de 11h à 19h
fermé le lundi et les jours féries

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La Goulue magistralement incarnée par Delphine Grandsart

Elle a été croquée par l’un des plus grands artistes du XIXe siècle, Toulouse-Lautrec. Elle a eu une vie aussi folle que dure, un tempérament enflammé et un cœur écorché.
Delphine Grandsart nous fait rencontrer une femme, artiste de scène, allumeuse, provocante : Louise Weber dite La Goulue.
La comédienne a chaque parcelle de son corps habitée par cette personnalité d’un autre siècle. Fascinant !

Louise Weber

La salle voûtée avec pierres apparentes de l’Essaïon Théâtre se prête idéalement à l’évocation de la vie de La Goulue.
Le spectacle débute par la fin, la misère, l’oubli, la vieillesse de ce personnage incontournable de la vie de Montmartre. Une figure effacée qui apparaît dans une sorte de clair-obscur, la voix éraillée, mais l’esprit toujours aussi vif.
Et l’on remonte le temps avec La Goulue brillamment incarnée par Delphine Grandsart qui pousse aussi la chanson, accompagnée à l’accordéon.

Les changements d’époque sont fluides, on comprend vite les fêlures, les douces illusions mais aussi le force qui irriguaient le corps entier de La Goulue.

On se laisse emporter dans cette évocation intense et rythmée de la vie d’une artiste, d’une muse qui a brillé et que Paris ne peut oublier.
Un portrait aussi touchant, joyeux qu’original.

Delphine Grandsart a reçu le Prix de la meilleure interprète féminine aux Trophées de la Comédie Musicale 2018.

Louise Weber

Louise Weber dite La Goulue

un spectacle musical avec Delphine Grandsart
avec Matthieu Michard à l’accordéon
auteure : Delphine Gustau

à l’Essaïon Théâtre
6, rue Pierre au Lard
75004 Paris

les vendredis et samedis à 21h30

du 9 novembre au 19 janvier 2019

Prolongations pour cause de succès :
du 1er février au 30 mars les vendredi et samedi à 21h30
du 15 avril au 25 juin les lundi et mardi à 21h30

FB officiel du spectacle : louiseweberditelagoulue

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